La vie au séminaire

Laissons-nous conter la vie au séminaire par un séminariste.

La cloche

Dès le premier son de la cloche, à six heures du matin, nous nous apprêtons à vivre une nouvelle journée ponctuée par les Offices, les cours, les repas, les récréations, les temps libres…

« Quand la cloche sonne et nous appelle pour quoi que ce soit, il faut être prompt à partir et quitter tout. Il ne faut jamais rien faire contre l’obéissance, spécialement quand il nous vient en l’esprit que cela n’est pas bien, que le scrupule nous prend ou que nous ne voudrions pas que nos Supérieurs le sussent. » Saint François de Sales.

« Chaque moment amène un devoir qu’il faut remplir avec fidélité. » R. P. Jean-Pierre de Caussade.

La médidation et l’Office des Laudes

Après le petit-déjeuner, à sept heures, nous renouvelons à genoux la consécration à l’Immaculée-Conception, patronne principale de l’Institut. Suivent ensuite une demi-heure de méditation silencieuse et l’Office des Laudes, la première des quatre Heures canoniales que nous chantons en communauté : Laudes, Sexte, Vêpres et Complies. Ainsi, la journée du séminariste est placée dès son commencement sous le regard bienveillant du Créateur. En lui offrant toutes nos actions à venir, nous les sanctifions dans leur principe.

Dom Guéranger nous enseigne l’importance primordiale de la prière dans l’Introduction de son Année liturgique : « La prière est pour l’homme le premier des biens. Elle est sa lumière, sa nourriture, sa vie même, puisqu’elle le met en rapport avec Dieu, qui est lumière, nourriture et vie. »

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La récolte des olives au séminaire

Travaux et charges

Dès huit heures, le séminaire se transforme en une ruche bourdonnante, où chacun vaque à sa tâche… Hôtellerie, lingerie, sacristie, secrétariat, propriété, jardin, atelier, cuisine, cave, sans oublier les ménages et les travaux d’entretien de notre chère maison !

Les études au séminaire

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Des séminaristes en étude

Le séminaire vit au rythme de la liturgie et des études… mais aussi, deux fois par an, des examens ! Révisions obligent, la semaine qui précède les examens est spécialement consacrée à l’étude, avec un emploi du temps aménagé en conséquence. Selon le nombre d’années passées au séminaire, les séminaristes se penchent sur les œuvres philosophiques d’Aristote et de saint Thomas, ou encore sur les traités de théologie, principalement ceux de saint Thomas d’Aquin, maître pour les études ecclésiastiques, comme l’ont rappelé le deuxième Concile du Vatican ainsi que de nombreux papes, Léon XIII, Pie XI, le Bienheureux pape Jean-Paul II, Benoît XVI, et comme l’exige le Code de Droit canonique. Sans oublier l’Histoire de l’Église, la Patrologie, le chant grégorien… Avec un tel programme, les trois semaines d’examens sont bien remplies !

La Sainte Messe

Le séminaire nous préparant à devenir des prêtres selon le Cœur de Dieu, il s’ensuit tout naturellement que la Sainte Messe constitue le centre et le soleil de la journée. Cet aspect essentiel de notre vie quotidienne est bien mis en avant par le Directoire du Séminaire : « À mesure qu’augmentera leur foi, doit s’épanouir leur amour de Dieu, qui se manifestera et s’alimentera dans leur piété, c’est-à-dire dans l’exercice de leur vertu de Religion. Les séminaristes apprendront en effet à mieux comprendre que le prêtre est celui qui est choisi par Dieu pour l’Acte principal de la vertu de Religion : le Sacrifice. C’est pourquoi ils auront à cœur de faire du Saint Sacrifice de la Messe l’âme de leur vie sacerdotale et donc de leur vie d’aspirant au sacerdoce. Toute leur vie de prière et leurs exercices de piété s’orienteront vers lui. Les prières de la journée et l’oraison exprimeront leur désir de s’offrir à Dieu avec Jésus-Hostie, de participer à ses souffrances expiatrices, de s’unir à sa louange et à ses actions de grâce. Ils aspireront à vivre cette vie de prière dès le Séminaire, persuadés qu’elle sera l’âme de leur apostolat. Ils y ajouteront volontiers des prières personnelles qui orienteront leurs âmes vers Dieu. » Après un quart d’heure d’action de grâces en silence, nous chantons l’Office de Sexte.

Les repas de Communauté

Le christianisme est une religion de l’Incarnation : nous sommes des êtres à la fois spirituels et corporels, et si l’âme est nourrie par la prière et les Sacrements, le corps ne doit pas être oublié. C’est pourquoi les repas de communauté ont leur place dans la vie du séminaire. Chaque jour, le repas se prend midi et soir en silence tandis que la lecture, effectuée recto tono, nous fait découvrir des textes variés, spirituels, historiques ou littéraires. Les jours de grande fête, la musique remplace la lecture.

Les récréations

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Jouer au football pour se détendre

Extrait du Directoire du Séminaire : Leur vie commune sera fraternelle dans la mesure des liens de respect et d’affection qui les attacheront à la Communauté. Ils auront pour leurs condisciples une profonde affection (…) Ils s’efforceront de manifester envers tous la même estime, le même dévouement, surtout à l’occasion des récréations, des sorties. Ils considéreront toujours plus ce qui les unit que ce qui les sépare. Qu’ils sachent que le souvenir des années de Séminaire vécues dans une sainte charité mutuelle, inspirée par le don de piété et la vertu de justice, procurera à toute leur vie sacerdotale un réconfort inappréciable. O quam bonum et quam jucundum habitare fratres in unum ! Ps. 132, 1. « Combien il est bon et agréable pour des frères d’habiter ensemble ! »

Le chapelet

L’après-midi commence par la récitation du chapelet en communauté, à l’intention de nos bienfaiteurs ; par ailleurs, des intentions de prière particulières nous sont régulièrement envoyées. Durant le mois d’octobre, conformément à la demande du Pape Léon XIII, de glorieuse mémoire, nous récitons le chapelet devant le Saint-Sacrement exposé.

Complies et Grand Silence

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Tous les séminaristes rassemblés à la chapelle pour le chant de l’Office Divin

La journée s’achève par l’Office des Complies, action de grâces pour la journée écoulée, mais aussi demande de protection pour la nuit à venir : le Malin rôde dans les ténèbres, comme nous en avertit saint Pierre dans la lectio brevis. Pour autant, le sentiment qui domine n’est pas la crainte mais une confiance filiale : « Entre vos mains Seigneur je remets mon esprit » chantons-nous dans le Répons, en union avec Notre-Seigneur sur la Croix, s’abandonnant à la volonté de son Père. Après l’Office, chacun s’agenouille quelques instants aux pieds de l’Immaculée- Conception, si miséricordieuse envers ceux qui l’invoquent et se recommandent à sa maternelle protection. Depuis les Complies jusqu’à l’Office des Laudes du lendemain, nous gardons avec rigueur le « Grand Silence » qui favorise ce tête à tête intime entre l’âme et son Créateur et sanctifie jusqu’à notre repos.