Les Soeurs Adoratrices

Mère Caroline-Marie de la Trinité, Supérieure des Sœurs Adoratrices du Cœur Royal de Jésus Christ Souverain Prêtre, nous présente sa communauté en répondant à quelques questions.

Quelle est la vocation des Adoratrices du Cœur Royal de Jésus et pourquoi ce nom ?

1 Postulants taking their vows
Postulantes faisant leur vœux

Le nom complet de la communauté est : Adoratrices du Cœur Royal de Jésus Christ Souverain Prêtre, en tant que branche féminine de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre, nous aimons et tenons à porter le même nom. La vocation des religieuses consacrées au Cœur Sacré du Roi -Prêtre par Excellence- est d’établir une continuation concrète entre leur contemplation de la liturgie toute centrée sur le culte sacré de l’Eucharistie et leur vie quotidienne. Elles veulent rendre présente cette adoration de Dieu dans leurs maisons et autour d’elles. Si elles prient pour les prêtres-particulièrement ceux de leur institut-, elles ont pour mission de soutenir les apostolats qu’ils exercent, notamment par leur collaboration à transmettre ces valeurs si importantes aujourd’hui du Beau, du Vrai, du Bien qui découlent de l’Amour Divin.

De quand date votre fondation et qui est à l’origine de celle-ci ?

En 2001, le Prieur Général de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre, Mgr Wach, a permis à l’essai que plusieurs jeunes filles désireuses de vivre de la spiritualité de cet institut se réunissent. En 2004, une première « reconnaissance » leur a été accordée par le don de l’habit religieux donné par la Sainte Église en la personne de l’archevêque de Florence, S.E.R le Cardinal Antonnelli.

7 Sisters newly vested in their habit
De jeunes novices venant de revêtir leur habit religieux

Votre spiritualité s’enracine-t-elle comme les chanoines de l’Institut du Christ-Roi dans le grand courant salésien ?

Bien sûr ! Nous sommes de la même famille et vivons du même esprit. La thèse de doctorat de notre fondateur montre combien la pédagogie du « docteur de l’Amour » est d’actualité notamment par l’équilibre et la douceur dont les esprits si fragiles d’aujourd’hui ont besoin. A cette école, nous expérimentons chaque jour ce que nous voulons transmettre : « on attire plus de mouches avec une cuillère de miel qu’avec cent barils de vinaigre ».

Où êtes-vous implantées aujourd’hui et quelle mission remplissez-vous ?

La Maison Mère de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre est à Gricigliano près de Florence. Les sœurs exercent là un apostolat en participant au catéchisme des enfants.

3 The sisters
Des Sœurs appliquées au chant de la Messe en leur couvent allemand de Maria Engelport

Nous sommes aussi présentes dans la Maison du Cœur-Eucharistique, dans le Jura Suisse. Comme dans chacune de nos maisons, le Saint Sacrement y est exposé tout le jour, et les sœurs se relaient auprès de Lui, la sainte Messe et l’office divin étant leur premier apostolat. La beauté des lieux, le calme et l’atmosphère de prière qui règnent  attirent de nombreux fidèles (personnes seules, familles, retraites, colonies de vacances) qui profitent de l’hôtellerie. Nous voulons, sur le modèle de l’hospitalité de Saint Benoît, leur faire bénéficier du repos et de la charité. N’étant pas religieuses de clôture, nous aimons si l’opportunité se présente, partager un repas avec nos hôtes, prendre les enfants avec nous pour le quotidien, etc. Nous visitons également des personnes malades ou seules ; le constat est toujours le même : le monde a besoin de voir des signes visibles de la présence bien vivante et jeune de l’Église universelle.

En Allemagne, le diocèse de Trèves nous a accueillies il y a deux ans : le Kloster Maria Engelport est un sanctuaire marial et une étape pour les pèlerins de Compostelle qui veulent faire une halte. Comme en Suisse, l’adoration et l’hôtellerie ont la première place dans le quotidien des sœurs. Le sanctuaire représente pour les habitants de la région un lieu central de piété ; les mois de mai et d’octobre ainsi que les fêtes de la Sainte Vierge y sont particulièrement honorés.

 Quelles sont les étapes de la vie d’une religieuse à partir de son entrée ?

En théorie, un an de postulat, trois ans de noviciat sont requis pour la religieuse qui va prononcer ses premiers vœux mais  cela reste de nos jours un minimum ; si nous voyons la nécessité de prendre notre temps avant les premiers vœux, nous le prenons.

Quelle formation recevez-vous ?

Avant d’être une bonne religieuse, il faut être une bonne maîtresse de maison ! « Femme qui astique garde la tête sur les épaules » disait la grande Sainte Thérèse d’Avila. Nous constatons souvent des lacunes importantes dans les travaux du quotidien les plus élémentaires : si les secrets de l’informatique sont connus de beaucoup l’acquis s’arrête là. Avant la théologie pourtant si importante, il faut réapprendre aux jeunes filles les bases concrètes de la propreté et tenue d’une maison ; la première année de postulat se passe donc dans les charges les plus communes, qui constituent en même temps le terrain fertile sur lequel   se fonde toute vie religieuse. Le catéchisme de base doit être recommencé puis approfondi par des cours de doctrine donnés au noviciat.

5 Sisters during recreation
Des Sœurs en récréation

Les premières années permettent à la personne de découvrir des talents souvent cachés. Nous voyons avec joie que si les mains ont été auparavant trop rarement  éduquées à produire du beau, stimulées, elles deviennent des instruments gratifiants pour le service de la gloire de Dieu : couture, peinture, broderie, sculpture, etc.

L’apprentissage du chant grégorien offre une possibilité d’unir leurs voix, de chanter en rythme, d’éduquer notre capacité à écouter. Les musiciennes forment vite de modestes orchestres mais suffisants pour égayer les récréations.

Que diriez-vous à une jeune fille qui souhaiterait vous rejoindre ?

Tout dépend de sa question : nous rejoindre pour nous connaître ? En ce cas, qu’elle vienne sans tarder, quand Dieu appelle, on ne le fait pas attendre ! Et on verra bien !

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Postulantes avec leur père avant la cérémonie de prise d’habit

Que si elle entrait, les craintes, questions, et hésitations trouveront leurs réponses au cours de la première année du postulat qui n’est faite que pour cela. Aujourd’hui, nous sommes encore vis-à-vis de la conception de la vie religieuse comme il y a un siècle : on rentrait, pour toujours, c’était fini. La postulante recevait au plus tard son habit deux mois après son entrée au couvent ! Les temps ont bien changé, les premières années de vie religieuse, surtout le postulat, répondent vite à nos manques d’assurance.

D’un autre côté, tout comme pour la vocation au mariage, l’aide d’un père spirituel est essentielle pour le discernement. Osez dire oui ! Un prêtre disait récemment : « aujourd’hui, on parle de crise de vocation ; ce n’est pas une crise de vocation dit-il, Dieu n’appelle pas moins qu’avant, mais les couvents sont vides. C’est une crise de réponse ! » Si souvent la peur de l’engagement, l’insécurité (notre société matérialiste nous offre à gogo des sécurités et assurances pour tout !) de l’avenir, le peu de goût pour l’aventure (les âmes les plus généreuses peuvent être anesthésiées par le confort matériel ambiant), et la perte du sens du sacrifice paralysent beaucoup d’âmes réellement appelées à la vie consacrée ou au mariage même.

Et avec saint Jean-Paul II je dirais, « n’ayez pas peur » !