(Litanies Mineures) VIGILE DE L’ASCENSION
Mercredi 13 mai 2026
Tous les textes, sans date : temporal et sanctoral
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Présentation
Présentation
En dehors des Rogations (aujourd’hui, on peut aussi célébrer le 3ᵉ jour des Rogations), l’Église ressent une grande allégresse et, se revêtant d’ornements blancs, elle se prépare à la grande solennité de l’Ascension par une Vigile où elle chante le Gloria in excelsis. La messe est débordante de sentiments de joie parce que le Sauveur va entrer au ciel comme un triomphateur dans la gloire de son Père après nous avoir délivrés de Satan et du péché.
La messe est celle du 5ᵉ dimanche après Pâques, sauf les lectures. La messe de la vigile de l’Ascension n’est pas primitive, elle est indiquée dans certaines listes romaines du milieu du VIIᵉ siècle, mais elle est antérieure aux Rogations introduites à Rome sous Léon III.
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
La troisième matinée des Rogations s’est écoulée, l’heure de midi se fait entendre ; elle vient ouvrir la dernière journée que le Fils de Dieu doit passer sur la terre avec les hommes. Nous avons semblé perdre de vue, durant ces trois jours, le moment si proche de la séparation ; toutefois, le sentiment de la perte qui nous menace vivait au fond de nos cœurs, et les humbles supplications que nous présentions au ciel, en union avec la sainte Église, nous préparaient à célébrer le dernier des mystères de notre Emmanuel.
A ce moment, les disciples sont tous rassemblés à Jérusalem. Groupés autour de Marie dans le Cénacle, ils attendent l’heure à laquelle leur Maître doit se manifester à eux pour la dernière fois. Recueillis et silencieux, ils repassent dans leurs cœurs les divines marques de bonté et de condescendance qu’il leur a prodiguées durant ces quarante jours, et les solennels enseignements qu’ils ont reçus de sa bouche. C’est maintenant qu’ils le connaissent, qu’ils savent qu’il est sorti de Dieu ; quant à ce qui les concerne, ils ont appris de lui la mission à laquelle il les a destinés : ce sera d’enseigner, eux ignorants, les peuples de la terre ; mais, ô regret inconsolable ! Il s’apprête à les quitter ; « encore un peu de temps, et ils ne le verront plus [8]. »
Par un touchant contraste avec leurs tristes pensées, la nature entière semble s’être mise en devoir d’offrir à son auteur le plus splendide triomphe ; car ce départ doit être un départ triomphant. La terre s’est parée des prémices de sa fécondité, la verdure des campagnes le dispute à l’émeraude, les fleurs embaument l’air de leurs parfums, sous le feuillage des arbres les fruits se hâtent de mûrir, et les moissons grandissent de toutes parts. Tant d’heureux dons sont dus à l’influence de l’astre qui brille au ciel pour vivifier la terre, et qui a reçu le noble privilège de figurer par son royal éclat, et dans ses phases successives, le passage de l’Emmanuel au milieu de nous.
Rappelons-nous ces jours sombres du solstice d’hiver, où son disque pâle, tardif vainqueur des ténèbres, ne montait dans le ciel que pour y parcourir une étroite carrière, dispensant la lumière avec mesure, et n’envoyant à la terre aucun rayon assez ardent pour résoudre la constriction qui tenait glacée toute sa surface. Tel se leva, comme un astre timide, notre divin Soleil, dissipant à peine les ombres autour de lui, tempérant son éclat, afin que les regards des hommes n’en fussent pas éblouis. Comme le soleil matériel, il élargit peu à peu sa carrière ; mais des nuages vinrent souvent dissimuler son progrès. Le séjour en la terre d’Égypte, la vie obscure de Nazareth, dérobèrent sa marche aux yeux des hommes ; mais l’heure étant venue où il devait laisser poindre les rayons de sa gloire, il brilla d’un souverain éclat sur la Galilée et sur la Judée, lorsqu’il se mit à parler « comme ayant puissance » [9], lorsque ses œuvres rendirent témoignage de lui [10], et que l’on entendit la voix des peuples qui faisait retentir « Hosannah au fils de David ».
Il allait atteindre à son zénith, quand tout à coup l’éclipse momentanée de sa passion et de sa mort persuada pour quelques heures à ses ennemis jaloux que leur malice avait suffi pour éteindre à jamais sa lumière importune à leur orgueil. Vain espoir ! Notre divin Soleil échappait dès le troisième jour à cette dernière épreuve ; et il plane maintenant au sommet des cieux, versant sa lumière sur tous les êtres qu’il a créés, mais nous avertissant que sa carrière est achevée. Car il ne saurait descendre ; pour lui, pas de couchant ; là s’arrête son rapport avec l’humble flambeau qui éclaire nos yeux mortels. C’est du haut du ciel qu’il brille désormais, et pour toujours, ainsi que l’avait annoncé Zacharie, lors de la naissance de Jean [11] ; et comme l’avait prédit encore auparavant le sublime Psalmiste, en disant : « Il a fourni sa carrière comme un géant, il est arrivé au sommet des cieux, d’où il était parti, et nul ne peut se soustraire à l’action de sa puissante chaleur » [12].
Cette Ascension, qui établit l’Homme-Dieu centre de lumière pour les siècles des siècles, il en a fixé le moment précis à l’un des jours du mois que les hommes appellent Mai, et qui révèle dans son plus riant éclat l’œuvre que ce Verbe divin trouva belle lui-même, au jour où, l’ayant fait sortir du néant, il la disposa avec tant de complaisance. Heureux mois, non plus triste et sombre comme Décembre, qui vit les joies modestes de Bethléhem, non plus sévère et lugubre comme Mars, témoin du Sacrifice sanglant de l’Agneau sur la croix, mais radieux, épanoui, surabondant de vie et digne d’être offert, chaque année, en hommage à Marie, Mère de Dieu ; car c’est le mois du triomphe de son fils.
O Jésus, notre créateur et notre frère, nous vous avons suivi des yeux et du cœur depuis le moment de votre aurore ; nous avons célébré, dans la sainte liturgie, chacun de vos pas de géant par une solennité spéciale ; mais en vous voyant monter ainsi toujours, nous devions prévoir le moment où vous iriez prendre possession de la seule place qui vous convienne, du trône sublime où vous serez assis éternellement à la droite du Père. L’éclat qui vous entoure depuis votre résurrection n’est pas de ce monde ; vous ne pouvez plus demeurer avec nous ; vous n’êtes resté durant ces quarante jours, que pour la consolidation de votre œuvre ; et demain, la terre qui vous possédait depuis trente-trois années sera veuve de vous. Avec Marie votre mère, avec vos disciples soumis, avec Madeleine et ses compagnes, nous nous réjouissons du triomphe qui vous attend ; mais à la veille de vous perdre, permettez à nos cœurs aussi de ressentir la tristesse ; car vous étiez l’Emmanuel, le Dieu avec nous, et vous allez être désormais l’astre divin qui planera sur nous ; et nous ne pourrons plus « vous voir, ni vous entendre, ni vous toucher de nos mains, ô Verbe de vie ! » [13]. Nous n’en disons pas moins : Gloire et amour soient à vous ! Car vous nous avez traités avec une miséricorde infinie. Vous ne nous deviez rien, nous étions indignes d’attirer vos regards, et vous êtes descendu sur cette terre souillée par le péché ; vous avez habité parmi nous, vous avez payé notre rançon de votre sang, vous avez rétabli la paix entre Dieu et les hommes. Oui, il est juste maintenant que « vous retourniez à celui qui vous a envoyé » [14]. Nous entendons la voix de votre Église, de votre Épouse chérie qui accepte son exil, et qui ne pense qu’à votre gloire : « Fuis donc, ô mon bien-aimé, vous dit-elle ; fuis avec la rapidité du chevreuil et du faon de la biche, jusqu’à ces montagnes où les fleurs du ciel exhalent leurs parfums » [15]. Pourrions-nous, pécheurs que nous sommes ne pas imiter la résignation de celle qui est à la fois votre Épouse et notre mère ?
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Bien qu’elle ne soit pas primitive, puisqu’elle ne s’accorde pas avec l’antique caractère de la liturgie papale qui considérait comme festifs les cinquante jours séparant Pâques de la Pentecôte, la messe de la vigile de l’Ascension, indiquée dans certaines listes romaines du milieu du VIIᵉ siècle, est pourtant antérieure à l’introduction même de la procession des Rogations à Rome sous Léon III.
L’origine post-grégorienne de cette messe se trahit par l’absence de chants et de prières propres. Sauf les deux lectures, tous les textes sont empruntés à la messe du dimanche précédent.
Dans la lecture (Eph., IV, 7-13) l’Apôtre nous enseigne que divers sont les dons de Dieu aux âmes ; cette variété a pour but la perfection et l’intégrité même du corps mystique de Jésus-Christ qui requiert une infinie variété d’organes et de fonctions vitales. Cela non seulement doit nous rendre généreux envers les natures et les caractères différents des nôtres, mais nous oblige aussi à respecter en chacun la grâce et la fonction particulière que lui a attribuées le Christ, sans prétendre vouloir ramener tout le monde à nos goûts et à nos caprices.
La lecture évangélique (Ioan., XVII, 1-11) continue la dernière prière de Jésus après la Cène. Ici-bas, l’âme humaine tente vainement de s’élever si haut, aux sommets sublimes de la vision béatifique, d’où le Rédempteur nous adresse pourtant un appel plein d’amour. Connaître Dieu et son Christ, voici la suprême félicité. Mais pour le connaître dans la splendeur de la gloire, il est nécessaire auparavant de le connaître à travers les voiles de la foi ; et de même que la lumière de la gloire est la vie des bienheureux dans le ciel, qu’ainsi celle de la foi soit la vie de l’âme croyante durant ce pèlerinage mortel.
Jésus prie pour moi ! Quelle espérance ne doit pas nous inspirer une telle pensée ? Jésus prie afin que je ne me sépare jamais de lui, que je n’aie jamais rien de commun avec l’esprit du monde. Quelle horreur ne dois-je donc pas concevoir pour ce monde maudit, que le miséricordieux Rédempteur a positivement exclu de l’objet de sa prière !
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
Père, l’heure est venue, glorifie ton Fils.
Nous célébrons aujourd’hui le troisième jour des Rogations. Si nous le pouvons, nous assisterons à l’antique et vénérable procession de station, nous y réciterons et y chanterons les litanies des saints. La station est à saint Pierre de Rome ; nous nous y rendrons en esprit avec toute la chrétienté. -Aujourd’hui est l’un des rares cas où nous pouvons choisir une seconde messe qui est, elle aussi, dans le sens de l’année liturgique : la messe de la vigile de l’Ascension.
1. La messe de la vigile de l’Ascension (Vocem jucunditatis). — Les chants psalmodiques et les oraisons de cette messe sont ceux de Dimanche dernier (l’office de la vigile n’a été établie qu’entre le VIIᵉ et le IXᵉ siècle). Seules, les lectures sont nouvelles. Elles ont été très heureusement choisies et nous offrent deux belles images de l’Ascension. La première image est une entrée triomphale au ciel ; le divin vainqueur de la mort et de l’enfer s’avance vers le ciel, chargé d’un riche butin, et là il partage son butin ; ce sont les dons spirituels qu’il communique à son Église. Ces dons sont les charismes, les grâces d’état pour la construction du corps mystique du Christ, c’est-à-dire l’Église (Ep.).
La seconde image est, si possible, plus belle encore : le Fils rentre dans la maison paternelle ; maintenant, il frappe à la porte et demande l’entrée (le rétablissement dans sa gloire) pour lui et pour l’humanité rachetée. C’est une pensée délicate de la liturgie de mettre dans la bouche du Sauveur, à la porte du ciel, la prière sacerdotale (Ev.).
2. Lecture d’Écriture (1 Pierre, chap. 5). — « J’exhorte les Anciens qui sont parmi vous, moi qui suis Ancien comme eux, témoin des souffrances du Christ, et qui prendrai part avec eux à la gloire qui doit être manifestée : paissez le troupeau de Dieu qui vous est confié, veillant sur lui non par contrainte, mais de bon gré ; non dans un intérêt sordide, mais par dévouement ; non en dominateurs des Églises, mais en devenant les modèles du troupeau... Tous, les uns à l’égard des autres, revêtez-vous d’humilité, car « Dieu résiste aux superbes et donne sa grâce aux humbles »... Soyez sobres, et veillez : votre adversaire le diable, comme un lion rugissant, rôde autour de vous, cherchant qui dévorer. Résistez-lui dans la foi... Le Dieu de toute grâce, qui vous a appelés à la gloire éternelle dans le Christ, après quelque souffrance, achèvera lui-même son œuvre, vous affermira, vous rendra inébranlables. A lui soient la gloire et la puissance dans les siècles des siècles. Amen ».
Office du jour
Office du jour
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A MATINES (Avant 1960)
A LAUDES.
| Ad Bened. Ant. Pater, venit hora, * clarífica Fílium tuum claritáte quam hábui, priúsquam mundus esset, apud te, allelúia. | Ant. au Bénédictus Mon Père, l’heure est venue, * glorifiez votre Fils de la gloire que j’ai eue en vous avant que le monde fût, alléluia. [7] |