IIIᵉ Dimanche après la Pentecôte • Solennité du Sacré-Cœur de Jésus
Dimanche 14 juin 2026
Tous les textes, sans date : temporal et sanctoral
Messe propre (Respice in me) : Gloria. Or. pro Papa. Credo. Préf. de la T. Sᵗᵉ Trinité.
Commentaires
Présentation
Présentation
La liturgie de ce jour chante la miséricorde divine à l’égard des hommes. Comme Jésus « qui était venu appeler non les justes mais les pécheurs », l’Esprit-Saint, qui continue l’action du Christ dans les cœurs, vient établir le règne de Dieu dans les âmes pécheresses. C’est ce que l’Église proclame dans le bréviaire et le missel.
Les lectures du bréviaire sont consacrées en ce jour à l’histoire de Saül. Après la mort d’Héli, les Israélites s’étaient soumis à Samuel comme à un nouveau Moïse. Mais lorsque Samuel devint vieux le peuple lui demanda d’avoir un roi. Dans la tribu de Benjamin vivait alors un homme appelé Cis qui avait un fils du nom de Saül. Aucun enfant d’Israël ne l’égalait en beauté et il les surpassait tous d’une tête. Les ânesses de son père s’étant égarées, Saül s’en alla à leur recherche. Il arriva au pays de Rama, où demeurait Samuel. Il se dit : « L’homme de Dieu me dira où je les trouverai ». Comme il était en présence de Samuel, Dieu dit à ce dernier : « Voici l’homme que j’ai choisi pour régner sur mon peuple ». Samuel dit à Saül : « Les ânesses que tu as perdues il y a trois jours sont retrouvées ». Le lendemain Samuel prit sa corne à huile, et la répandit sur la tête de Saül puis il l’embrassa en lui disant : « Le Seigneur t’a oint comme chef sur son héritage et tu délivreras son peuple des mains de ses ennemis qui sont autour de lui. » « Saül ne fut oint qu’avec un petit vase d’huile, dit S. Grégoire, parce qu’à la fin il allait être réprouvé. Ce vase contenant en effet peu d’huile, Saül a peu reçu, recevant la grâce spirituelle pour la rejeter ensuite »(Matines). « En tout, ajoute-t-il ailleurs, Saül désigne les superbes et les obstinés ».
S. Grégoire dit que Saül qui fut envoyé par son père « pour chercher des ânesses perdues, est une figure de Jésus qui fut envoyé par son Père pour chercher les âmes qui étaient perdues ». « Les ennemis sont à l’entour, in circuitu, continue-t-il, aussi le bienheureux Pierre dit : « Votre adversaire, le diable, rôde (circuit) autour de vous ». Et comme Saül fut oint roi pour délivrer son peuple des ennemis qui l’assaillaient, ainsi le Christ, l’Oint par excellence, vint nous délivrer des démons qui cherchaient à nous perdre. On comprend dès lors le choix de l’Évangile et de l’Épître de cette messe. L’Évangile nous montre la brebis perdue et le bon Pasteur qui la recherche, la met sur ses épaules et la rentre ainsi au bercail. C’est une des plus anciennes représentations de Nptre-Seigneur dans l’iconographie chrétienne. On la trouve déjà dans les catacombes. L’Epitre expose à son tour les dangers auxquels sont exposés les hommes, que cette brebis perdue représente. Veillez, car le démon, comme un lion rugissant, cherche une proie à dévorer. Résistez-lui en étant forts dans votre foi. Jetez en Dieu toutes vos sollicitudes, car lui-même prend soin de vous (Ep.), (Les leçons et les répons du 1ᵉʳ Nocturne parlent simultanément de l’histoire de Saül et de Dieu qui délivre David des griffes du lion.), Il vous mettra à l’abri des atteintes de vos ennemis (Grad.) lui qui est le protecteur de ceux qui espèrent en lui (Or.) et qui n’abandonne jamais ceux qui le cherchent (Off.). Nous rappelant le sort de Saül qui, d’abord petit à ses yeux, s’enorgueillit ensuite de sa dignité royale, désobéit à Dieu et ne voulut pas reconnaître ses torts, « humilions-nous devant Dieu » (Ép.) et disons-lui : « Ô mon Dieu, voyez ma misère et prenez-moi en pitié ; j’ai confiance en vous, faites que je ne sois pas confondu (Intr.) ; et puisque sans vous, rien n’est solide, rien n’est saint, faites que nous usions de telle façon des biens temporels que nous ne perdions pas les biens éternels (Or.), donnez-nous donc,au milieu des tentations, une stabilité inébranlable » (Ép.).
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
C’est aujourd’hui qu’a lieu la seconde Procession du Saint-Sacrement dans la plupart des églises de France, de même que la première s’était célébrée au Dimanche précédent. La coutume est aussi dans plusieurs lieux de chanter en ce même jour, avec mémoire du Dimanche, la Messe solennelle du Sacré-Cœur, à laquelle beaucoup de fidèles ne pourraient assister le jour même de la fête.
Nous terminerons donc ce volume [21], en y insérant la Messe du IIIᵉ Dimanche après la Pentecôte, qui se rattache encore pour ces raisons aux fêtes que nous venons de parcourir.
A LA MESSE.
L’âme fidèle a vu se clore dans la sainte Liturgie la succession des mystères du Sauveur. L’Esprit-Saint est descendu pour la soutenir dans cette autre partie de la carrière, où ne se déroulera plus devant elle que la féconde simplicité de la vie chrétienne. Il l’instruit et la forme sur les données du Maître divin remonté dans les deux. Et d’abord il lui montre à prier. Car la prière, disait le Seigneur, doit être de tous les jours et de tous les instants [22] ; et cependant, nous ne savons ni ce qu’il faut demander, ni comment il convient de le faire. Mais Celui-là le sait, qui aide notre faiblesse, et demande en nous et pour nous par des gémissements inénarrables [23].
La prière donc, appuyée sur l’humble repentir des fautes passées et la confiance dans les miséricordes infinies, respire dans l’Introït et toute cette Messe du IIIᵉ Dimanche après la Pentecôte, le premier qui se présente à nous en dehors des fêtes et dans toute la simplicité de l’Office du Temps.
ÉPÎTRE.
Les misères de cette vie sont l’épreuve que Dieu fait subir à ses soldats, pour les juger et les classer dans l’autre selon leur valeur. Aussi tous, en ce monde, ont leur part de souffrances. Le concours est ouvert, le combat engagé ; l’Arbitre des jeux regarde et compare : bientôt il prononcera sur les mérites divers des combattants, et les appellera du labeur de l’arène au repos du trône où il siège lui-même. Heureux alors ceux qui, reconnaissant la main de Dieu dans l’épreuve, se seront abaissés sous cette main puissante avec amour et confiance ! Contre ces âmes fortes dans la foi, le lion rugissant n’aura pu prévaloir. Sobres et vigilantes dans cette carrière de leur pèlerinage, sans se poser en victimes, sachant bien que tout souffre ici-bas, elles auront uni joyeusement leurs souffrances à celles du Christ, et elles tressailliront dans la manifestation éternelle de sa gloire qui sera aussi leur partage pour les siècles sans fin.
Le Graduel continue d’exciter la confiance de l’âme fidèle. Qu’elle jette tout souci dans le sein du Seigneur : ne l’a-t-il pas toujours exaucée dans ses besoins pressants ? Il la vengera, au jour marqué, de tous ses ennemis.
ÉVANGILE.
Cette parabole de la brebis rapportée au bercail sur les épaules du Pasteur était chère aux premiers chrétiens ; on la rencontre partout dans les monuments figures des premiers siècles. En même temps qu’elle continue d’affermir notre confiance dans la miséricorde infinie, elle nous rappelle ineffablement le Seigneur Jésus qui naguère rentrait triomphalement dans les cieux, portant avec lui l’humanité perdue et reconquise. « Car quel est ce Pasteur de notre parabole, s’écrie saint Ambroise, sinon le Christ qui te porte en son corps et a pris sur lui tes péchés ? Cette brebis est une par le genre, non par le nombre. Riche Pasteur, dont nous tous formons la centième partie du troupeau ! Car il a les Anges, il a les Archanges, les Dominations, les Puissances, les Trônes, et le reste, innombrables troupeaux qu’il a laissés sur les montagnes, pour courir après la brebis perdue » [24].
Mais c’est à saint Grégoire que l’Église demandait aujourd’hui, dans l’Office de la nuit, le commentaire de l’Évangile ; la suite de l’Homélie qu’elle lui emprunte complète l’enseignement, par l’explication de la parabole de la femme et des dix drachmes.
« Celui qui est signifié par le Pasteur », dit saint Grégoire le Grand, « l’est aussi par la femme. Car il est Dieu, et il est la Sagesse de Dieu. Et parce que l’image du prince est requise sur la drachme, la femme (mulier) [25] a perdu sa drachme, lorsque l’homme, créé à l’image de Dieu, s’est éloigné par le péché de la ressemblance de son Créateur. Mais la femme allume sa lampe, la divine Sagesse apparaît dans l’humanité. Lampe en effet dit lumière dans un vase d’argile ; et la lumière dans l’argile, c’est la divinité dans la chair. De cette argile de son corps, la Sagesse dit elle-même : Ma force a séché comme l’argile [26]. Car de même que l’argile durcit au feu, sa force a séché comme l’argile, parce qu’elle a affermi pour la gloire de la résurrection, dans le creuset des souffrances, la chair qu’elle avait prise. Ayant donc retrouvé la drachme perdue, elle convoque ses amies et ses voisines, disant : Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la drachme que j’avais perdue. Quelles sont ces amies sinon les célestes Puissances, d’autant plus voisines de la Sagesse éternelle, qu’elles s’en approchent dans la gloire d’une vision sans fin ? Mais nous ne devons pas négliger de rechercher pourquoi cette femme, qui figure l’éternelle Sagesse, a dix drachmes, dont elle retrouve l’une, après l’avoir perdue. Il faut donc savoir que le Seigneur a créé, pour le connaître éternellement, la nature des anges et des hommes, et qu’il a fait cette double nature à son image. La femme en conséquence eut dix drachmes ; car neuf est le chiffre des chœurs des anges, et l’homme fut créé dixième pour parfaire le nombre des élus ; séparé de son Créateur, il ne fut point perdu sans retour, parce que la divine Sagesse, revêtant chair, fit briller à ses yeux sa douce lumière à travers l’argile » [27].
L’Offertoire est un épanchement de reconnaissance et d’amour pour le Dieu qui habite en Sion : il n’abandonne point ceux qui le cherchent, il n’a point oublié la prière du pauvre.
L’Antienne de la Communion rappelle, non sans mystère, le miséricordieux enseignement de l’Évangile du jour, au moment où la Sagesse éternelle rentre pleinement en possession de la drachme perdue, dans le banquet préparé par elle-même au prodigue repentant.
En hommage au Sacré-Cœur de Jésus, dont la fête illumine encore pour ainsi dire le ciel de la sainte Église, nous emprunterons quelques strophes de la Séquence composée en son honneur par le Vénérable Jean Eudes, et revêtue de l’approbation du Saint-Siège pour le Propre de sa Congrégation.
| SÉQUENCE. | |
| Gaudeamusus exsultantes, Cordis Jesu personantes Divina præconia. | Publions en des chants d’allégresse les divines louanges du Cœur de Jésus. |
| Cor beatum summi Regis, Cor et vitam novæ legis, Omnes linguas concinant. | Cœur bienheureux du Roi suprême, Cœur et vie de la loi nouvelle, que toute langue le célèbre. |
| Cor mirandum Redemptoris Coadunans terram cœlis, Unitatis speculum. | Cœur admirable du Rédempteur, il réunit la terre aux cieux, miroir d’unité. |
| Digna sedes Trinitatis, Plenitudo Deitatis, Amoris miraculum. | Digne trône de la Trinité, plénitude de divinité, c’est le miracle de l’amour. |
| Amoris evangelium, Puri cordis incendium, Magna Dei gloria. | C’est l’évangile de l’amour, l’embrasement des cœurs purs, pour Dieu sa gloire immense. |
| Cœli nectar vivificans, Cordis manna deificans, Amor et lætitia. | Nectar du ciel qui donne la vie, manne déifiante du cœur, son amour et sa joie. |
| Cleri sacri præsidium, Rector benigne cordium, Nostra rege pectora. | Défense de la tribu sainte, guide bienveillant, guidez nos cœurs. |
| Fons æternæ pietatis, Ardens fornax caritatis, Corda flammis devora. | Source de tendresse éternelle, ardente fournaise de charité, dévorez les cœurs de vos flammes. |
| Domus amoris aurea, Turris amantum flammea, Cœtus nostri lex ignea, Fons perennis gratias. | Vous êtes la maison d’or de l’amour, la tour enflammée de ceux qui aiment, la loi de feu de notre assemblée, le réservoir inépuisable de la grâce. |
| Cor, thesaurus sanctitatis, Abyssus humilitatis, Thronus Dei voluntatis, Et centrum clementiæ. | Cœur, trésor de sainteté, abîme de l’humilité, trône de la volonté de Dieu et centre de sa clémence ! |
| Paradisus beatorum, Consolator afflictorum, Pax, et salus peccatorum, Cor omnibus omnia. | Paradis pour les bienheureux, consolateur des affligés, paix et salut des pécheurs, Cœur qui pour tous êtes toute chose ! |
| O Cor ! summa benignitas, Immensa liberalitas, Incomprehensa caritas, Cordis vera felicitas, Cor esto supplicibus. | O Cœur, bonté souveraine, munificence immense, charité incompréhensible, du cœur vraie félicité, montrez-vous tel à ceux qui prient. |
| Fac nos, Jesu, flammescentem Cordis tui caritatem, Et divinam pietatem, Summam quoque sanctitatem Sanctis sequi moribus. | Faites, ô Jésus, que dans nos mœurs devenues saintes nous imitions de votre Cœur la charité de flamme, la divine piété, la sainteté souveraine. |
| O beata Trinitas, Cordis Jesu caritas, Immensæ clementiæ Immensæ sint gratiæ, Immensa sit gloria, Amen dicant omnia. . Amen. Alleluia. | Bienheureuse Trinité, du Cœur de Jésus l’amour, qu’à l’immensité de votre clémence soient rendues grâces immenses, qu’immense aussi soit votre gloire, que toute créature dise Amen à nos vœux ! Amen. Alleluia. |
Enfin, terminant ce volume comme nous l’avons commencé, à la gloire de la Trinité souveraine, il convient de placer ici le Répons que la sainte Liturgie ramènera désormais chaque Dimanche jusqu’à l’Avent dans l’Office de la nuit. Nous le ferons suivre de l’antique acclamation dont la date remonte au delà de l’âge de la paix vers les temps apostoliques, et que redisent encore les Églises de l’Orient et la famille bénédictine.
| RÉPONS. | |
| R/. Duo Séraphim clamábant alter ad álterum : * Sanctus, sanctus, sanctus Dóminus Deus Sábaoth : * Plena est omnis terra glória eius. | R/. Deux Séraphins criaient l’un à l’autre [28] : * Saint, Saint, Saint le Seigneur, le Dieu des armées ; * Toute la terre est remplie de sa gloire. |
| V/. Tres sunt qui testimónium dant in cælo : Pater, Verbum, et Spíritus Sanctus : et hi tres unum sunt. | V/. Il y en a trois au ciel qui rendent témoignage : le Père, le Verbe et le Saint-Esprit ; et ces trois sont une même chose [29]. |
| * Sanctus, sanctus, sanctus Dóminus Deus Sábaoth : Glória Patri. * Plena est omnis terra glória eius. | * Saint, Saint, Saint le Seigneur, le Dieu des armées ; Gloire au Père. * Toute la terre est remplie de sa gloire. |
| HYMNE [30]]]. | |
| Te decet laus, | A vous convient la louange, |
| Te decet hymnus, | à vous nos chants, |
| Tibi gloria Deo Patri, | à vous la gloire, Dieu Père |
| Et Filio cum Sancto Spiritu, | et Fils avec le Saint-Esprit, |
| In sæcula sæculorum. Amen. | dans les siècles des siècles. Amen. |
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Selon l’homiliaire de saint Grégoire le Grand, le discours sur la lecture évangélique de ce jour aurait été prononcé sur le Cœlius, dans le Titre de Pammachius. Mais parce que, dans l’exorde, le saint Docteur observe que l’été étant passé, saison très dangereuse pour sa santé, il reprend désormais l’exercice interrompu de la prédication, il est possible que, contrairement au titre donné postérieurement à l’homélie, celle-ci ait été prononcée non le IIIᵉ dimanche après la Pentecôte, mais en quelque station de l’automne, dans la basilique des martyrs Jean et Paul. C’est une nouvelle preuve que la liste des péricopes évangéliques expliquées au peuple par saint Grégoire ne correspond pas toujours exactement à celle que nous indique le Sacramentaire qui porte son nom. En quelques listes romaines du VIIᵉ siècle, la parabole de la drachme et de la brebis égarée est assignée au premier vendredi après l’octave de la Pentecôte.
L’introït emprunte son antienne au psaume 24 qui, dans le texte hébreu, dispose ses versets conformément à l’ordre alphabétique des consonnes initiales. « Regardez-moi, ô Seigneur, et soyez touché de pitié, parce que je suis seul, moi, et abandonné. Voyez ma peine et ma misère, et pardonnez-moi toutes mes fautes. » L’introduction de l’âme dans le royaume messianique qui nous fut promise à Pâques et à la Pentecôte, doit être prise au sens spirituel, signifiant que la grâce contient en germe la gloire future. Pour ce qui regarde notre condition de voyageurs sur la terre, la grâce ne change pas notre état de soldats pauvres et combattants, continuellement exposés à mille assauts de tentations et d’orages. C’est cet état d’âpre bataille qu’esquisse précisément aujourd’hui le Psalmiste. Il se plaint d’être seul, parce que la lutte est au dedans, et le combat est plus vif dans l’intime de notre être, là où ne peut parvenir l’aide des créatures.
Du haut du ciel, Dieu regarde notre combat, c’est-à-dire qu’il le connaît, l’ordonne à notre plus grand bien et s’apprête finalement à le récompenser par la couronne et la palme de l’immortalité.
Les luttes et les tribulations de la vie présente ont aussi un autre avantage ; non seulement l’âme tire le fruit le plus abondant précisément de la tentation, mais l’humiliation et la peine que celle-ci nous impose sont un excellent moyen d’expier nos fautes passées.
La collecte est moins concise qu’à l’ordinaire et prend aujourd’hui un rythme presque oratoire. Dieu agit envers nous dans la mesure où nous le lui permettons. Sans lui, rien n’est stable, même dans l’ordre naturel, rien n’est saint, parce que la sainteté de nos actes est constituée par la correspondance de ceux-ci avec la règle suprême de la moralité, qui est l’infinie sainteté de Dieu. Or l’obstacle réside dans la fascination exercée sur notre nature viciée par les différentes créatures, en sorte que souvent nous ne nous élevons pas jusqu’à cette règle suprême du bien, et nous nous bornons à un bien limité et apparent.
Contre cette fatale illusion provoquée en nous par le miroitement des choses créées, — que, d’ailleurs, nous ne pouvons pas même fuir entièrement, ayant besoin d’un grand nombre d’entre elles pour les nécessités de la vie, — nous supplions aujourd’hui le Seigneur afin que, par sa céleste prudence, il nous guide dans le labyrinthe de l’existence, et que le juste usage des choses créées, loin de tout désordre et de tout excès, nous serve au contraire de moyen pour acquérir les biens éternels.
Suit un passage de la Iʳᵉ épître de saint Pierre (V, 6-11) : les tribulations et les tentations de cette vie doivent être supportées en esprit d’humilité et de foi : d’humilité, parce qu’elles sont permises par la puissante main de Dieu à qui aucune créature n’a le droit de demander : pourquoi faites-vous cela ? de foi, parce que Dieu n’abandonne jamais l’âme affligée ; au contraire, l’affliction exhale comme un parfum qui attire à elle l’Époux divin. La persécution dont parle aujourd’hui saint Pierre est celle qu’inaugura Néron avec les bûchers du Vatican, après qu’il eut consommé l’incendie de la Ville. L’Apôtre en parlait aussi au chapitre IV, verset 12, comparant cette épreuve terrible à un feu ; langage où n’est que trop claire l’allusion aux supplices infligés aux chrétiens par ces horribles torches qui illuminèrent les fêtes néroniennes du Cirque Vatican.
Le graduel est identique à celui du jeudi après les Cendres. Celui qui se confie en Dieu, comme le dit le psaume 54, trouve en lui le salut dans les périls, l’aide dans la détresse, le réconfort dans la douleur. Les hommes promettent eux aussi tout cela, mais dans le besoin personne ne se suffit à soi-même ; moins encore pourra-t-on aider les autres ! Dieu seul est un bien universel, pouvant donner largement toutes choses, et voulant en effet enrichir tout le monde. Bref, le fait est qu’espérer dans l’homme est une chose inutile, sinon nuisible, comme le dit ailleurs le psalmiste : Vana salus hominis [31]. Béni, au contraire, celui qui s’appuie sur le Seigneur.
Le verset alléluiatique est tiré du psaume 7. Dieu est un juge juste, fort et patient. Il n’exerce pas la justice à tout instant, puisque avant de punir il veut expérimenter toutes les voies de sa bonté et de sa paternelle miséricorde. La justice humaine est pressée de faire prévaloir ses droits, tandis que la justice divine qui a à sa disposition toute l’éternité, laisse dans la vie présente le champ libre à la miséricorde.
La lecture évangélique (Luc., XV, 1-10) nous décrit l’auditoire habituel de Jésus : les publicains et les pauvres pécheurs. Le Cœur du Sauveur s’y trouvait comme dans son centre, et répandait en ces malheureux l’humble confiance et la joie qui emplissaient son âme. Tandis qu’il leur narrait la parabole du bon Pasteur qui va chercher la brebis égarée sur les monts, ou de la femme qui met sens dessus dessous sa maison pour chercher la petite pièce de monnaie perdue, Il accomplissait réellement ce qu’il disait, puisque alors, grâce à ces discours tenus en plein air, aux carrefours des routes, il allait à la recherche de l’âme du pécheur fourvoyé.
Dieu associe aussi les Anges dans le ciel à sa joie pour un pécheur qui se décide à faire pénitence, puisque les saints ont part à ces sentiments de divine miséricorde envers la pauvre humanité ; d’autant plus que celle-ci est appelée à occuper en paradis les places laissées vides par les anges apostats.
L’antienne pour le psaume de l’offertoire, le 9ᵉ, est la même qu’à la troisième férie après le dimanche de Passion : « A vous se confient, ô Dieu, ceux qui, dans l’épreuve, connaissent votre nom, c’est-à-dire qui savent que vous n’abandonnez pas ceux qui vous cherchent. Chantez donc des hymnes au Seigneur qui, sur le mont Sion, a établi son sanctuaire. Du malheureux Il n’oublie pas le cri. »
Combien douce est cette divine insistance du Seigneur, dans la sainte Écriture, à nous présenter les motifs les plus décisifs pour nous faire mettre en Lui notre confiance ! Il semblerait qu’il doive en être tout autrement, et que, de la part du coupable, ce fût comme une audacieuse témérité que de mettre son espérance en la miséricorde du juge. Et pourtant, c’est tout le contraire qui arrive. Dieu veut que nous espérions en Lui ; il nous l’ordonne, il menace de sa colère filios diffidentiæ [32] ; c’est pourquoi, tandis que toutes les années de notre vie lui sont favorables pour user envers nous de miséricorde, il ne réserve à sa justice qu’un unique moment décisif : celui de notre entrée dans l’éternité.
La collecte sur les oblations a un caractère général : « Regardez, Seigneur, l’offrande de votre famille suppliante, et faites qu’elle y participe de telle sorte qu’elle obtienne un continuel accroissement de sainteté et de salut. » Il faut remarquer ici le caractère éminemment social et collectif qui informe l’esprit de l’antique prière liturgique. Il ne s’agit pas ici du sacrifice du prêtre seul, ou de l’offrande que seul un individu quelconque a présentée à l’autel. Au contraire, c’est toute l’Église qui entoure son pasteur au jour de fête, qui dépose entre ses mains le pain et le vin pour le sacrifice dominical, et, au moyen de la sainte Communion, participe ensuite aux fruits du sacrement.
L’antienne pour le psaume de la Communion est empruntée à l’Évangile du jour : « Au ciel il y a fête quand un pécheur fait pénitence. » Voulons-nous augmenter cette joie de Dieu et de ses bons anges ? Contraignons-nous à une véritable pénitence nous aussi, et faisons en sorte que, par notre exemple, par notre parole ou au moins par notre prière, les autres aussi cessent de mal faire et se convertissent à Dieu.
La prière eucharistique a une exquise saveur classique. Que le Sanctum — c’est précisément le beau nom donné par les anciens à l’Eucharistie — nous communique la vie de Jésus. Que son Sang lave toutes nos fautes et nous rende dignes de la dernière grâce, celle qui est vraiment l’acte extrême de la miséricorde du Seigneur envers nous : l’éternelle récompense. La conversion d’un pécheur est un regard d’amour de Jésus sur celui qui le hait, et ce trait d’infinie miséricorde réjouit extrêmement les saints anges qui s’associent aux sentiments du Rédempteur. Le saint Évangile dit qu’au Ciel il y a plus de fête pour la conversion d’un pécheur que pour la persévérance des justes, en ce sens que l’amour dont Dieu daigne regarder son ennemi apparaît d’autant plus admirable qu’il est moins mérité.
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
L’image du cœur de Jésus dans l’ancienne Église.
Cette semaine, l’Église nous montre l’amour de Dieu à la recherche des pécheurs dans deux paraboles, celle de la brebis perdue et celle de la drachme perdue (Évang.). C’est surtout l’image du Bon Pasteur qui prend sur ses épaules la brebis perdue, qui doit nous accompagner pendant la semaine, Elle convient parfaitement à la fête du Sacré-Cœur. Pourrions-nous trouver une plus belle expression de l’amour du cœur de Jésus que dans l’image du Bon Pasteur avec la brebis perdue sur ses épaules ? L’Épître nous enseigne ce que doit être une brebis du Bon Pasteur : obéissante et vigilante. L’homme a le choix entre deux chefs : le Bon Pasteur (Évang.), ou le lion rugissant, le diable (Ép.).
1. La messe (Respice). — Suivons, pour une fois, une autre méthode dans l’explication de la messe.
L’Évangile est tiré de la collection de paraboles de saint Luc. Au chapitre XVᵉ, nous trouvons trois paraboles qui ont à proprement parler le même sens. Ce sont les paraboles des trois perdus et retrouvés : la parabole de la brebis perdue, de la drachme perdue et de l’Enfant prodigue. Les deux premières paraboles se trouvent dans l’Évangile d’aujourd’hui. Qu’est-ce que le Christ voulait nous dire à tous par ces trois paraboles ? Il nous donne un enseignement très consolant, un véritable message joyeux : celui de la miséricorde de Dieu. Le Seigneur nous l’expose lui-même après chaque parabole : « Je vous le dis, il y aura joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit ». L’Église, elle aussi, veut nous donner cet enseignement consolant.
C’est ce que nous voyons dans l’antienne de Communion. Au moment où les fidèles reçoivent la sainte hostie, le chœur chante : « Je vous le dis, il y aura joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit ». Nous avons ici une belle antienne de communion. Quand l’Église veut souligner particulièrement un enseignement de l’Évangile, elle extrait cette phrase et la répète dans un de ses chants ; par exemple elle en fait le verset de l’Alléluia ou l’antienne de Communion. Quand elle en fait l’antienne de Communion, elle lui attache encore une autre signification. Elle veut souvent nous dire que c’est précisément dans la communion que cette phrase trouve son accomplissement. Nous sommes, pour ainsi dire, venus à la messe comme des brebis égarées ; mais le bon Pasteur nous a trouvés au Saint-Sacrifice et nous a chargés sur ses épaules. Maintenant, à la communion, nous voyons ses yeux briller de la joie de nous avoir ramenés au bercail. Les cieux s’ouvrent pour ainsi dire au-dessus de nous ; nous voyons les anges rayonner de joie et célébrer avec allégresse notre conversion. A la vérité, cette conversion s’est faite il y a longtemps, au moment de notre baptême. Alors, les cieux s’ouvrirent réellement pour nous et les anges saluèrent avec des transports de joie le nouveau citoyen du ciel. Or, chaque messe renouvelle et perfectionne la grâce du baptême, surtout la messe du dimanche. La sainte communion est pour nous comme le gage et la garantie que le Bon Pasteur nous emporte sur ses épaules vers le bercail.
La seconde parabole est peut-être moins connue. Que signifie-t-elle ? La femme qui cherche la drachme perdue, c’est notre Mère l’Église. Sa tâche, en effet, sur la terre, est de chercher ce qui est perdu. Elle cherche les âmes pécheresses des hommes pour les sanctifier et les conduire au ciel. Elle fouille la pauvre et sordide cabane qui représente la terre avec toutes les souillures du péché ; elle allume une lumière ; sa lumière, c’est le Christ. Quelle belle image !
L’Église porte dans ses mains la lumière du monde, le Christ, le Christ dans l’Eucharistie. Avec cette lumière, elle illumine l’obscurité de la vie terrestre et même l’obscurité de notre intérieur. Elle y trouve la monnaie perdue, c’est-à-dire l’âme immortelle que le péché a fait tomber dans la boue. C’est encore une belle comparaison : l’âme est une monnaie. Une monnaie porte une empreinte, qui est souvent l’effigie du souverain. L’âme aussi porte une empreinte : l’effigie du Roi des cieux. Elle est l’image de Dieu. Bien plus, le Christ doit être de plus en plus profondément gravé dans notre âme. Laissons donc notre Mère l’Église nous chercher, nous trouver et nous faire rentrer dans le trésor du ciel.
L’Épître forme presque contraste avec l’Évangile. Dans l’Évangile, il est question du Bon Pasteur qui, plein d’amour, charge sur ses épaules la brebis perdue. Ici, nous entendons parler du « lion rugissant qui rôde, cherchant quelqu’un à dévorer ». L’homme est donc à la croisée des chemins ; il a à choisir entre deux chefs : le Bon Pasteur, le Christ ; le lion rugissant, le diable. L’un veut guérir les éraflures des épines ; l’autre veut déchirer l’âme. L’un veut porter la brebis sur ses épaules jusqu’au bercail ; l’autre veut la dévorer et l’entraîner dans l’enfer. Pouvons-nous hésiter dans le choix ? N’avons-nous pas déjà, au baptême, renoncé au démon, à ses pompes et à ses œuvres ? Et pourtant, combien de chrétiens se laissent tromper par cet archifourbe !
Quelles conséquences tirer de ces deux lectures ? Nous devons être, à l’égard du Bon Pasteur, des brebis obéissantes et dociles qui s’abandonnent absolument à la conduite de Dieu. Nous devons combattre énergiquement contre le lion rugissant. Le jeune berger David attaquait les lions qui voulaient lui dérober une brebis. C’est ce que nous devons faire, dans le combat contre le diable, pour défendre notre âme précieuse.
Il y a quelque chose qui nous surprend dans cette messe. Pendant le temps pascal, nous n’avons point entendu de choses pareilles. Il n’était pas question du diable, pas plus que du péché. Notre Mère l’Église ne nous apportait guère que des messages joyeux. Le joyeux Alléluia n’avait pas de cesse. Nous étions dans le joyeux temps de l’enfance. En effet, le jour de Pâques nous avons tous été régénérés. Mais maintenant la Pentecôte est venue et nous avons été déclarés majeurs ; nous avons reçu la Confirmation, le sacrement de la virilité chrétienne. Maintenant, l’Église nous envoie dans la vie rude du combat, du travail et de la tentation. Le dimanche d’aujourd’hui nous place dans le présent et nous arme pour le combat de la vie. Nous voyons paraître devant nous un ennemi que nous avions entièrement perdu de vue pendant le temps pascal : le péché. La messe d’aujourd’hui nous dit : il y a un destructeur de la joie dans le royaume de Dieu : c’est le péché. Mais l’Église ne veut pas pour autant nous décourager. Elle nous apporte ce joyeux message : Le Seigneur tient compte du péché. Le péché ne l’empêche pas d’accomplir son œuvre rédemptrice. Plein d’amour, il va à la recherche de l’âme pécheresse. Lui-même a entrepris, en mourant sur la Croix, le combat contre le lion rugissant. Pour protéger ses brebis, il a savouré l’amertume de la mort. En outre, il nous a donné une Mère, l’Église, qui nous cherche et nous trouve. Tel est le sens de ce dimanche. Rendons-nous à l’office dans ce sentiment : Nous avons un Bon Pasteur qui va à la recherche des pécheurs.
2. Le Bon Pasteur. — De notre temps, quand on veut se représenter l’amour du Christ on songe à une image du Sacré-Cœur. L’antique Église songeait à l’image du Bon Pasteur. Sur tous les murs des catacombes, dans les basiliques antiques, sur les monuments funéraires, partout, cette aimable image abaissait son doux regard sur ceux qui passaient. De même, les textes liturgiques nous montrent souvent l’image du Bon Pasteur, et cela presque toujours au début d’une nouvelle époque de l’année ecclésiastique. Cette image du Sacré-Cœur de l’ancienne Église est aussi expressive et profonde que l’image courante aujourd’hui.
Demandons-nous ce que cette image du Bon Pasteur disait aux premiers chrétiens.
1. Qu’indique l’image du Bon Pasteur portant la brebis sur ses épaules ? C’est l’image du Christ, du Rédempteur. Une brebis s’est écartée du troupeau de Dieu ; elle est tombée dans les épines. Cette brebis, c’est l’humanité, qui, par le péché, a perdu le paradis et la grâce. Or le Christ fut envoyé dans le monde pour aller à la recherche de cette brebis. Il l’a cherchée, appelé ; il a même dû lutter contre les loups, contre le lion rugissant ; bien plus, il a subi la mort. Maintenant, il charge amoureusement la brebis retrouvée sur ses épaules et la porte dans le bercail céleste. Ainsi donc le Bon Pasteur avec la brebis sur ses épaules représente le Christ notre Rédempteur. Cela nous fait comprendre que cette image était si chère aux premiers chrétiens.
2. L’image rappelle aussi un moment des plus importants de la vie de tout chrétien. Saint Paul dit pendant le Carême : « Vous étiez autrefois ténèbres ; vous êtes maintenant lumière dans le Seigneur ». Saint Pierre, le premier représentant du Bon Pasteur, dit : « Vous étiez comme des brebis errantes, mais vous êtes revenus vers le pasteur et l’évêque de vos âmes ». Ce grand moment dans notre vie fut celui du saint baptême. C’est alors que le Bon Pasteur nous a trouvés et nous a pris sur ses épaules. Ce fut aussi le moment dont le Seigneur parle dans l’Évangile, le moment où les anges de Dieu se sont réjouis de la conversion d’un pécheur. L’image nous rappelle donc notre baptême.
3. Mais l’image va encore plus loin. Le Bon Pasteur ne dépose plus la brebis de ses épaules. Il lui demeure intimement uni. Savez-vous ce qu’il y a de plus profond dans la foi chrétienne ? C’est la vie divine, la grâce de la filiation. Cette union intime du Christ avec l’Église, avec chaque chrétien, est le plus grand bien que nous possédions. « Demeurez dans mon amour » ; tel fut le legs du Maître à son départ. Ne pas perdre cette vie divine, l’entretenir, la développer, rendre de plus en plus profonde et intime cette union avec le Christ, tel doit être notre plus grand souci. L’image du Bon Pasteur nous rappelle notre union avec le Christ.
4. Et par quel moyen demeurons-nous unis avec le Christ ? C’est la Passion du Christ qui nous a acquis la vie divine : c’est la commémoration de sa Passion qui doit nous la conserver. Cette commémoration, c’est le sacrifice de la messe, la Sainte Eucharistie. Car rien ne nous montre mieux le Christ comme Bon Pasteur que la Sainte Eucharistie. Rien ne maintient mieux notre union intime avec le Christ que l’Eucharistie. Le baptême nous a donné la vie divine ; l’Eucharistie la conserve et la développe. Le Seigneur ne nous dit-il pas lui-même : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui » ?
5. L’image du Bon Pasteur nous parle donc de ce qu’il y a de plus profond dans le christianisme. Elle nous parle du Rédempteur, du baptême, de notre union de grâce avec le Christ et de l’Eucharistie. Elle nous annonce une dernière chose : notre entrée bienheureuse dans le royaume du ciel. Le Bon Pasteur porte sa brebis retrouvée dans le bercail du ciel. C’est la raison profonde de la présence de cette image dans les catacombes, les antiques cimetières des chrétiens, et sur les sarcophages. L’image du Bon Pasteur apportait aux fidèles ce joyeux message : Après les peines de la vie terrestre, le Bon Pasteur emportera vos âmes dans le grand bercail de la béatitude, là-haut. Cette espérance était si forte chez les premiers chrétiens qu’elle leur faisait considérer comme peu de chose les souffrances de la vie et même le martyre. Ils vivaient non seulement dans la foi et l’amour envers le Christ, mais aussi dans la ferme espérance de la gloire éternelle. Cette vertu nous fait trop défaut à nous, chrétiens d’aujourd’hui. Nous nous attachons trop aux choses terrestres. Puisse l’image du Bon Pasteur allumer en nous l’attente et le désir de la béatitude éternelle !
Office du jour
Office du jour
Office
| Ad Magnificat Ant. Cognovérunt omnes * a Dan usque Bersabée, quod fidélis Sámuel prophéta esset Dómini. | Ant. au Magnificat Tous connurent, * depuis Dan jusqu’à Bersabée, que Samuel était un fidèle Prophète du Seigneur. |
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| Oratio | Prière |
| Protéctor in te sperántium, Deus, sine quo nihil est válidum, nihil sanctum : multíplica super nos misericórdiam tuam ; ut, te rectóre, te duce, sic transeámus per bona temporália, ut non amittámus ætérna. Per Dóminum. | Dieu, protecteur de ceux qui espèrent en vous, et sans lequel il n’y a rien de ferme, ni de saint : multipliez sur nous vos miséricordes ; afin que, sous votre loi et votre conduite, nous passions de telle sorte par les biens temporels, que nous ne perdions pas les éternels. |
A MATINES
1ᵉʳ Nocturne
2ᵈ Nocturne
3ᵉ Nocturne
A LAUDES.
| Ad Bened. Ant. Quis ex vobis * homo, qui habet centum oves et, si perdíderit unam ex illis, nonne dimíttit nonagínta novem in desérto et vadit ad illam quæ períerat, donec invéniat eam ? Allelúia. | Ant. au Benedictus Quel est celui d’entre vous * qui a cent brebis, et qui, s’il en perd une, ne laisse les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert et ne va après celle qui est perdue jusqu’à ce qu’il la retrouve [18] ? Alléluia [19]. |
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| Oratio | Prière |
| Protéctor in te sperántium, Deus, sine quo nihil est válidum, nihil sanctum : multíplica super nos misericórdiam tuam ; ut, te rectóre, te duce, sic transeámus per bona temporália, ut non amittámus ætérna. Per Dóminum. | Dieu, protecteur de ceux qui espèrent en vous, et sans lequel il n’y a rien de ferme, ni de saint : multipliez sur nous vos miséricordes ; afin que, sous votre loi et votre conduite, nous passions de telle sorte par les biens temporels, que nous ne perdions pas les éternels. |
AUX DEUXIÈMES VÊPRES.
| Ad Magnificat Ant. habens drachmas decem, et si perdíderit drachmam unam, nonne accéndit lucérnam et evérrit domum et quærit diligénter, donec invéniat ? * Quæ múlier | Ant. au Magnificat Quelle est la femme * qui, ayant dix drachmes, si elle en perd une, n’allume sa lampe, ne balaie sa maison, et ne cherche soigneusement jusqu’à ce qu’elle la trouve [20] ? |
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| Oratio | Prière |
| Protéctor in te sperántium, Deus, sine quo nihil est válidum, nihil sanctum : multíplica super nos misericórdiam tuam ; ut, te rectóre, te duce, sic transeámus per bona temporália, ut non amittámus ætérna. Per Dóminum. | Dieu, protecteur de ceux qui espèrent en vous, et sans lequel il n’y a rien de ferme, ni de saint : multipliez sur nous vos miséricordes ; afin que, sous votre loi et votre conduite, nous passions de telle sorte par les biens temporels, que nous ne perdions pas les éternels. |
Credo