Sᵗᵉ Hedwige, Veuveabstinence

Textes de la Messe

Férie • Messe votive du Christ Roi

Mardi 27 octobre 2026

Tous les textes, sans date : temporal et sanctoral

Messe du jour

Messe votive (Dignus est) du Christ Roi (4ᵉ cl./Blanc) : Or. pro Papa. Préf. du Christ Roi.

Commentaires

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Les textes de l’office qui ont été publiés pour la Fête du Christ Roi instituée par Pie XI permettent de célébrer la fête liturgiquement avec l’Église dans toutes ses parties. Nous allons donc examiner déjà l’annonce solennelle de la fête, dès la veille, par les premières vêpres. Là se dresse, pour ainsi dire, devant nous l’image du Roi : le Christ, le Roi de paix, dont le royaume est éternel et auquel tous les rois sont soumis. — Le soir, pendant la veillée nocturne, nous récitons et chantons en commun ou, du moins, en union d’esprit avec l’Église universelle les Matines, la prière dramatique de la fête. L’on a choisi dans le psautier huit psaumes royaux qui sont encadrés par des antiennes exprimant avec beauté et clarté le mystère de la fête. Les leçons ont été choisies, elles aussi, avec à-propos : celles du premier nocturne (il en est de même pour l’Épître) sont tirées de la lettre christologique de saint Paul aux Colossiens : l’universelle royauté du Christ sur le monde et sur l’Église y est magistralement exposée. Au second nocturne, nous entendons l’Encyclique de Pie XI exposer officiellement l’objet et la portée de la fête. Au troisième nocturne, la lecture la plus importante, le commentaire de l’Évangile, est faite avec beaucoup de pénétration par saint Augustin, le célèbre Père de l’Église. Les répons qui suivent les leçons offrent tout un parterre de passages bibliques riches de pensées et de sentiments sur la royauté du Christ (les quatre premiers sont empruntés à l’Ancien Testament ; les quatre derniers, au Nouveau). Dès le matin du jour de la fête, nous saluons, à laudes, dans le soleil levant, le Divin Soleil royal “ qui nous a arrachés à la puissance des ténèbres et nous a rendus dignes de partager le sort de ses saints dans la lumière ”. Ainsi préparés, nous nous rendons à la Messe. Au chant de l’Introït, le regard prophétique de saint Jean nous conduit devant le trône du Roi céleste ; celui-ci est le Divin Agneau immolé qui nous révèle maintenant encore sa grandeur royale et qui doit être proclamé Roi par tous. Le psaume 71 de l’Introït chante avec enthousiasme la royauté pacifique du Christ. Après une prière d’action de grâces pour notre incorporation au royaume et à la famille de Dieu, l’Apôtre des nations nous présente, dans l’Épître, le portrait du Roi sublime et tout-puissant de ce royaume et de cette famille. Le Christ est “ l’image du Dieu invisible ” ; “ en lui tout a été créé ”, “ il est avant toutes choses et toutes choses subsistent en lui ”, il est “ la tête de l’Église ”, “ il devrait avoir en toutes choses la première place. ” Un portrait fouillé et magnifique de l’Homme-Dieu, notre Roi, adressé par l’Apôtre à la communauté qui lui était si chère ! Les chants psalmodiques unissent leur richesse de pensées et de sentiments aux lectures, comme un écho de l’Épître et une première note de l’Évangile. Le Graduel est une acclamation enthousiaste à l’adresse du Roi (Ps. 51) ; le chant de l’Alléluia y ajoute un mot pénétrant du prophète Daniel sur le Roi immortel de l’univers. A l’Évangile, le Christ est debout, prisonnier, devant Pilate. Le représentant officiel de l’empereur romain qui règne sur le monde est assis à son tribunal et il pose au Christ cette question : “ Es-tu roi ? ” “ Je le suis. ” La réponse ne pouvait être plus précise, plus claire ni plus vraie. Elle sortait de la bouche de celui qui allait bientôt, en signe de suprême dérision, être couronné d’épines et nanti d’un manteau et d’un sceptre de roi, et qui règne à jamais sur le trône céleste comme Roi du temps et de l’éternité. — La scène que nous venons de rappeler, extraite de l’Évangile de saint Jean, le disciple bien aimé, n’avait été chantée jusqu’ici, au cours de l’année liturgique, que dans la Passion du vendredi-saint. Elle est désormais utilisée comme Évangile dans tout le monde catholique à la grande fête royale de Notre Seigneur Jésus Christ. C’est un point culminant dans la liturgie de cette nouvelle fête solennelle. Les deux dernières processions sont accompagnées par deux chants royaux : le psaume 2 (Off.) et le psaume 28 (Comm.). Au Saint Sacrifice, le Christ paraît au milieu de nous : “ Le Seigneur règne en Roi pour l’éternité et bénit son peuple dans la paix ” (Comm.), la communion est aujourd’hui un festin royal.

Office du jour

Office du jour

Office

Leçons des Matines

AU PREMIER NOCTURNE.

De l’Épître de saint Paul Apôtre aux Colossiens.

Première leçon. Chap. 1, 3-8 Nous ne cessons de rendre grâces à Dieu, Père de notre Seigneur Jésus Christ, en pensant à vous dans nos prières, depuis que nous avons appris votre foi dans le Christ Jésus, et la charité que vous avez à l’égard de tous les Saints, en raison de l’espérance qui vous est réservée dans les cieux. Cette espérance, vous en avez naguère entendu l’annonce dans la Parole de vérité, la Bonne Nouvelle, qui est parvenue chez vous de même que dans le monde entier elle fructifie et se développe ; chez vous elle fait de même depuis le jour où vous avez appris et compris dans sa vérité la grâce de Dieu. C’est Épaphras, notre cher compagnon de service, qui vous en a instruits ; il nous supplée fidèlement comme ministre du Christ, et c’est lui-même qui nous a fait connaître votre dilection dans l’Esprit.
R/. Sur le trône de David et sur son royaume, il siégera à jamais. * Il sera appelé Dieu, Fort, Prince de la paix. V/. Son empire s’étendra et la paix n’aura pas de fin. * Il.

Deuxième leçon. Chap. 1, 9-17 C’est pourquoi nous aussi, depuis le jour où nous avons reçu ces nouvelles, nous ne cessons de prier pour vous et de demander à Dieu qu’il vous fasse parvenir à la pleine connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle. Vous pourrez ainsi mener une vie digne du Seigneur et qui Lui plaise en tout : vous produirez toutes sortes de bonnes œuvres et grandirez dans la connaissance de Dieu ; animés d’une puissante énergie par la vigueur de sa gloire, vous acquerrez une parfaite constance et endurance ; avec joie vous remercierez le Père qui vous a mis en mesure de partager le sort des Saints dans la lumière. Il nous a en effet arrachés à l’empire des ténèbres et nous a transférés dans le royaume de son Fils bien-aimé, en qui nous avons la rédemption, la rémission des péchés. Il est l’image du Dieu invisible, Premier-Né de toute créature, car c’est en lui qu’ont été créées toutes choses, dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, Trônes, Seigneuries, Principautés, Puissances ; tout a été créé par lui et pour lui. Il est avant toutes choses et tout subsiste en lui.
R/. Je contemplais dans les visions de la nuit. Voici, venant sur les nuées du ciel, le Fils de l’homme. A lui fut conféré empire et honneur, * Tous peuples, nations et langue le servirent, V/. Son empire est empire à jamais, qui ne passera point, et son royaume ne sera pas détruit. * Tous.

Troisième leçon. Chap. 1, 18-23 Et il est aussi la Tête du Corps, c’est-à-dire de l’Église : II est le Principe, Premier-Né d’entre les morts, (il fallait qu’il obtînt en tout la primauté), car Dieu s’est plu à faire habiter en lui toute la Plénitude et par lui à réconcilier tous les êtres pour lui, aussi bien sur la terre que dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix. Vous-mêmes, qui étiez devenus jadis des étrangers et des ennemis, par vos pensées et vos œuvres mauvaises, voici qu’à présent II vous a réconciliés dans son corps de chair, le livrant à la mort, pour vous faire paraître devant Lui saints, sans tache et sans reproche. Il faut seulement que vous persévériez dans la foi, affermis sur des bases solides, sans vous laisser détourner de l’espérance promise par l’Évangile que vous avez entendu, qui a été prêché à toute créature sous le ciel, et dont moi, Paul, je suis devenu le ministre.
R/. Toi, Bethléem, Ephrata, le plus petit des clans de Juda : de toi sortira celui qui sera le chef d’Israël. * Il sera la paix. V/. Son origine est dès le commencement depuis les jours d’éternité. Il sera ferme et paîtra son troupeau dans la force du Seigneur. * Il. Gloire au Père. * Il.

AU DEUXIÈME NOCTURNE.

De la lettre encyclique du Pape Pie XI.

Quatrième leçon. L’Année sainte ayant offert plus d’une occasion de glorifier la royauté du Christ, Nous agirons, semble-t-il, de manière pleinement conforme à Notre charge apostolique si, répondant aux demandes qui Nous ont été adressées individuellement ou en commun par de très nombreux cardinaux, évêques et fidèles, Nous terminons cette année en introduisant dans la liturgie de l’Église une fête spéciale de Notre-Seigneur Jésus Christ Roi. Que le Christ soit appelé Roi au sens figuré, en raison du degré suprême d’excellence par lequel il surpasse et domine toutes les créatures, c’est là depuis longtemps un usage communément reçu. On dit ainsi de lui qu’il règne "sur les esprits des hommes", non pas tant à cause de la pénétration de son intelligence ou de la profondeur de sa science que parce qu’il est lui-même la Vérité et que les hommes doivent puiser en lui la vérité et l’accepter avec soumission ; il règne de même "sur les volontés des hommes", non seulement parce qu’à la sainteté de la volonté divine correspondent en lui l’intégrité et l’obéissance parfaites de la volonté humaine, mais aussi parce qu’il donne à notre volonté libre les inspirations qui la portent à s’enflammer pour de nobles buts. Le Christ est enfin reconnu "Roi des cœurs" en raison de sa "charité qui surpasse toute connaissance", ainsi que de sa bonté et de sa tendresse qui attirent les âmes : personne n’a jamais eu et personne n’aura jamais à l’avenir le privilège d’être aimé par toutes les nations, comme l’a été le Christ Jésus. Mais, pour entrer plus profondément dans notre sujet, nul ne saurait nier que le titre de roi et le pouvoir royal doivent, au sens propre du mot, être reconnus au Christ Homme ; c’est seulement en tant qu’il est homme qu’il a reçu du Père "la puissance, l’honneur et la royauté" ; en effet, le Verbe de Dieu, qui a la même substance que le Père, possède nécessairement tout en commun avec le Père et il a donc le pouvoir suprême et absolu sur toutes les créatures.
R/. Exulte, fille de Sion, jubile, fille de Jérusalem, car ton roi vient à toi, le juste, le sauveur. * Il annoncera la paix aux nations. V/. Sa puissance s’étendra de la mer à la mer, et depuis les fleuves jusqu’aux confins de la terre. * Il.

Cinquième leçon. Le fondement sur lequel reposent cette dignité et cette puissance de Notre-Seigneur est bien Indiqué par Cyrille d’Alexandrie en ces termes : "II possède, en résumé, sur toutes les créatures, un pouvoir qui n’a pas été conquis par la violence, ni reçu d’ailleurs, mais il l’a par son essence et sa nature" ; sa souveraineté se fonde en effet sur cette union admirable qu’on appelle hypostatique. Il en résulte non seulement que le Christ doit être adoré comme Dieu par les anges et par les hommes, mais aussi que les anges et les hommes doivent obéir et se soumettre au pouvoir de cet Homme : ainsi, même au seul titre de l’union hypostatique, le Christ possède l’autorité sur toutes les créatures. Si nous voulons maintenant expliquer brièvement la grandeur et la nature de cette dignité, il est à peine nécessaire de dire qu’elle comporte trois pouvoirs, à défaut desquels elle ne peut guère se concevoir. Des témoignages recueillis dans la Sainte Écriture et concernant la suprématie universelle de notre Rédempteur le montrent de manière surabondante et il faut le croire de foi catholique : le Christ Jésus a été donné aux hommes comme le Rédempteur en qui ils doivent avoir confiance, mais aussi comme le législateur à qui ils doivent obéir. Les évangiles ne rapportent pas tant qu’il a établi des lois qu’ils ne le font voir lui-même établissant ces lois : tous ceux qui observeront ces préceptes, déclare le divin Maître en divers endroits et en des termes différents, prouveront leur charité envers lui et demeureront en son amour. Quant au pouvoir judiciaire, Jésus déclare lui-même aux Juifs qu’il lui a été attribué par le Père, lorsque ceux-ci l’accusent d’avoir violé le repos du sabbat en guérissant miraculeusement un malade : "Le Père ne juge personne, mais il a donné tout jugement au Fils". Ce pouvoir comporte également pour lui le droit (car cette prérogative ne peut être séparée du jugement) de décerner aux hommes encore vivants des récompenses et des châtiments. Mais il faut encore reconnaître au Christ le pouvoir qu’on appelle exécutif : la nécessité d’obéir à son commandement s’impose en effet à tous et cela sous la menace faite aux rebelles de supplices auxquels nul ne saurait se soustraire.
R/. Il faut qu’il règne car Dieu a tout mis sous ses pieds, * Afin que Dieu soit tout en tous. V/. Quand toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même se soumettra au Père. * Afin.

Sixième leçon. Il n’en est pas moins vrai que cette royauté est principalement de nature spirituelle et se rapporte aux réalités spirituelles, ainsi que le montrent les textes bibliques que nous avons rappelés et comme le Christ Seigneur le confirme par sa façon d’agir. En plus d’une occasion en effet, comme les Juifs et les Apôtres eux-mêmes croyaient faussement que le Messie allait rendre la liberté au peuple et rétablir le royaume d’Israël, il leur enleva et détruisit cette opinion et cette espérance vaines ; lorsque la foule d’admirateurs qui l’environnaient voulut le proclamer roi, il refusa le nom et l’honneur, en fuyant et en se cachant ; devant le magistrat romain, il déclara que son royaume n’était pas "de ce monde". Le royaume qu’il propose dans les évangiles est tel que les hommes doivent se préparer à y entrer en faisant pénitence, mais qu’ils ne peuvent y entrer que par la foi et par le baptême, lequel, tout en étant un rite extérieur, signifie et opère cependant la régénération intérieure ; il s’oppose uniquement au royaume de Satan et à la puissance des ténèbres et il demande à ses membres non seulement que, détachant leur cœur des richesses et des biens terrestres, ils pratiquent la douceur et aient faim et soif de la justice, mais encore qu’ils renoncent à eux-mêmes et portent leur croix. Comme le Christ Rédempteur a acquis l’Église par son sang et s’est offert et s’offre perpétuellement comme Prêtre en victime pour les péchés, qui ne voit que la fonction royale elle-même revêt le caractère de ces deux fonctions et y participe ? Ce serait d’ailleurs une grossière erreur de refuser au Christ Homme l’autorité sur les choses civiles, puisqu’il reçoit de son Père un pouvoir tellement absolu sur les êtres créés que tout est placé sous sa souveraineté. C’est pourquoi, par Notre autorité apostolique, Nous instituons la fête de Notre-Seigneur Jésus Christ Roi, qui devra être célébrée dans tout l’univers, chaque année, le dernier dimanche d’octobre, c’est-à-dire le dimanche qui précède la fête de Tous les Saints. Nous ordonnons aussi que soit renouvelée chaque année en ce même jour la consécration du genre humain au Sacré-Cœur de Jésus.

R/. Le Christ a fait de nous une royauté de prêtres pour Dieu son Père. * A lui gloire et empire dans les siècles des siècles. V/. Il est le premier né des morts, le prince des rois de la terre. * A lui Gloire au Père. * A lui

AU TROISIÈME NOCTURNE.

Lecture du saint Évangile selon saint Jean.
En ce temps-là, Pilate dit à Jésus "Tu es le roi des Juifs ?" Jésus lui répondit : "Dis-tu cela de toi-même ou d’autres te l’ont-ils dit de moi ?’ : Et la suite.

Homélie de saint Augustin, évêque.

Septième leçon. Quel intérêt pour le Roi des siècles de devenir le roi des hommes ? Le Christ n’est pas roi d’Israël pour lever un tribut, pour équiper une armée ou pour combattre des ennemis visibles, mais pour gouverner les âmes, pour veiller à leur salut éternel, et pour conduire au royaume des cieux ceux qui croient, espèrent et aiment. Pour le Fils de Dieu égal au Père, Verbe "par qui tout fut fait", c’est donc une condescendance de consentir à être roi d’Israël et non une promotion. C’est la marque de sa miséricorde, bien loin d’être un accroissement de pouvoir. II est au ciel le Seigneur des anges celui qui reçoit sur terre le nom de roi des Juifs... Mais le Christ n’est-il que roi des Juifs ? Ne l’est-il pas de toutes les nations ? — Bien sûr que si ! Il l’avait dit prophétiquement : "J’ai été constitué par Dieu roi sur Sion, sa montagne sainte, je publierai le décret du Seigneur." Mais, puisqu’il s’agit de la montagne de Sion, on pourrait dire qu’il a été constitué roi des Juifs seulement, aussi les versets suivants déclarent-ils : "Le Seigneur m’a dit : tu es mon fils, c’est moi qui t’engendre aujourd’hui ; demande et je te donnerai les nations pour héritage et pour ta possession les confins de la terre."
R/. Le royaume de ce monde est devenu celui de notre Seigneur et de son Christ, * Il régnera dans les siècles des siècles, V/. Toutes les familles des nations se prosterneront devant sa face, car au Seigneur est la royauté. * Il.

Huitième leçon. Jésus répondit : "Mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes gens auraient combattu pour que je ne fusse pas livré aux Juifs. Mais mon royaume n’est pas d’ici." Voici l’enseignement que notre bon Maître a voulu nous donner ; mais il fallait d’abord nous faire connaître quelle fausse opinion les gens (païens ou juifs de qui Pilate l’avait recueillie) s’étaient faite sur le royaume de Dieu. Gomme si le Christ avait été condamné à mort, pour avoir brigué un règne indu ou comme s’il avait fallu s’opposer prudemment au danger que son royaume aurait fait courir soit aux Romains, soit aux Juifs, étant donné la jalousie réciproque habituelle aux souverains !
R/. Les dix cornes que tu vois, ce sont dix rois. Ils combattront contre l’Agneau et l’Agneau les vaincra, * Car il est le Seigneur des seigneurs et le Roi des rois. V/. Le Seigneur notre Dieu tout-puissant est roi, réjouissons-nous, exultons, donnons-lui gloire. * Car. Gloire au Père. * Car.

Neuvième leçon. Le Seigneur aurait pu répondre : "Mon royaume n’est pas de ce monde", dès la première question du procurateur : "Es-tu le roi des Juifs ?". Mais i ! préféra interroger Pilate à son tour : "Dis-tu cela de toi-même, ou d’autres te l’ont-ils dit de moi ?", pour lui prouver d’après sa réponse qu’il s’agissait là d’une accusation jetée par les juifs devant le gouverneur. Ainsi le Christ nous dévoile-t-il les pensées des hommes dans toute leur vanité qu’il connaît fort bien. Après la réponse de Pilate, c’est donc avec plus d’à-propos encore qu’il peut rétorquer, s’adressant à la fois aux Juifs et aux païens : "Mon royaume n’est pas de ce monde."

Le dernier Dimanche d’octobre, N. S. Jésus-Christ Roi

Dominica ultima octobris · D. N. Iesu Christi Regis

IntroïtAnt. ad Introitum. Apoc. 5, 12 ; 1, 6.
Dignus est Agnus, qui occísus est, accípere virtútem, et divinitátem, et sapiéntiam, et fortitúdinem, et honórem. Ipsi glória et impérium in sǽcula sæculórum.
L’Agneau qui a été égorgé, est digne de recevoir la puissance, la divinité, la sagesse, la force, l’honneur. A Lui la gloire et le pouvoir dans les siècles des siècles.
Ps. 71, 1.
Deus, iudícium tuum Regi da : et iustítiam tuam Fílio Regis.
O Dieu, donnez au Roi votre jugement : et au Fils du Roi votre justice.
V/. Glória Patri.
CollecteOratio.
Omnípotens sempitérne Deus, qui in dilécto Fílio tuo, universórum Rege, ómnia instauráre voluísti : concéde propítius ; ut cunctæ famíliæ géntium, peccáti vúlnere disgregátæ, eius suavissímo subdántur império : Qui tecum vivit et regnat.
Dieu tout-puissant et éternel, qui avez voulu restaurer tout dans la personne de votre Fils bien-aimé, le Roi de l’univers : accordez dans votre bonté, que toutes les familles des nations, qui vivent en désaccord à cause de la blessure du péché, se soumettent à son très doux pouvoir. Lui qui vit.
ÉpîtreLéctio Epístolæ beáti Pauli Apóstoli ad Colossénses.
Lecture de l’Épître de Saint Apôtre Paul aux Colossiens.
Coloss. 1, 12-20.
Fratres : Grátias ágimus Deo Patri, qui dignos nos fecit in partem sortis sanctórum in lúmine : qui eripuit nos de potestáte tenebrárum, et tránstulit in regnum Fílii dilectiónis suæ, in quo habémus redemptiónem per sánguinem eius, remissiónem peccatórum : qui est imágo Dei invisíbilis, primogénitus omnis creatúra : quóniam in ipso cóndita sunt univérsa in cælis et in terra, visibília et invisibília, sive Throni, sive Dominatiónes, sive Principátus, sive Potestátes : ómnia per ipsum, et in ipso creáta sunt : et ipse est ante omnes, et ómnia in ipso constant. Et ipse est caput córporis Ecclésiæ, qui est princípium, primogénitus ex mórtuis : ut sit in ómnibus ipse primátum tenens ; quia in ipso complácuit omnem plenitúdinem inhabitáre ; et per eum reconciliáre ómnia in ipsum, pacíficans per sánguinem crucis eius, sive quæ in terris, sive quæ in cælis sunt, in Christo, Iesu, Dómino nostro.
Mes Frères : Rendons grâces à Dieu le Père, qui nous a rendus dignes d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière, qui nous a arrachés à la puissance des ténèbres, et nous a fait passer dans le royaume de son Fils bien-aimé, en qui nous avons la rédemption, par son sang et la rémission des péchés ; qui est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute créature. Car c’est par lui que toutes choses ont été créées dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, soit Trônes, soit Dominations, soit Principautés, soit Puissances : tout a été créé par lui, et en lui ; et lui-même est avant tous, et tout subsiste en lui. Et lui-même est le chef du corps de l’Église : if est le principe, le premier-né d’entre les morts, afin qu’en toutes choses il garde la primauté ; parce qu’il a plu au Père que toute plénitude habitât en lui ; et de se réconcilier par lui toutes choses, pacifiant par le sang de sa croix, soit ce qui est sur la terre, soit ce qui est dans les cieux, en Jésus-Christ Notre-Seigneur.
GraduelGraduale. Ps. 71, 8 et 11.
Dominábitur a mari usque ad mare, et a flúmine usque ad términos orbis terrárum.
Il dominera de la mer à la mer, et depuis le fleuve jusqu’aux extrémités de la terre.
V/. Et adorábunt eum omnes reges terræ : omnes gentes sérvient ei.
V/. Et tous les rois de la terre l’adoreront, toutes les nations lui seront assujetties.
Alléluia
Allelúia, allelúia. V/. Dan. 7, 14. Potéstas eius, potéstas ætérna, quæ non auferétur : et regnum eius, quod non corrumpétur. Allelúia.
Allelúia, allelúia. V/. Sa puissance, est une puissance éternelle, qui ne sera pas emportée, et son règne est un règne qui ne sera point bouleversé. Alléluia.
Évangile+ Sequéntia sancti Evangélii secúndum Ioánnem.
Lecture du Saint Evangile selon saint Jean.
Io. 18, 33-37.
In illo témpore : Dixit Pilátus ad Iesum : Tu es Rex Iudæórum ? Respóndit Iesus : A temetípso hoc dicis, an alii dixérunt tibi de me ? Respóndit Pilátus : Numquid ego Iudǽus sum ? Gens tua et pontífices tradidérunt te mihi : quid fecísti ? Respóndit Iesus : Regnum meum non est de hoc mundo. Si ex hoc mundo esset regnum meum, minístri mei útique decertárent, ut non tráderer Iudǽis : nunc autem regnum meum non est hinc. Dixit ítaque ei Pilátus : Ergo Rex es tu ? Respóndit Iesus : Tu dicis, quia Rex sum ego. Ego in hoc natus sum et ad hoc veni in mundum, ut testimónium perhíbeam veritáti : omnis, qui est ex veritáte, audit vocem meam.
En ce temps-là : Pilate dit à Jésus : Es-tu le roi des Juifs ? Jésus répondit : Dis-tu cela de toi-même, ou d’autres te l’ont-ils dit de moi ? Pilate répondit : Est-ce que je suis Juif, moi ? Ta nation et les princes des prêtres t’ont livré à moi ; qu’as-tu fait ? Jésus répondit : Mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu, pour que je ne fusse pas livré aux Juifs ; mais mon royaume n’est point d’ici. Pilate lui dit alors : Tu es donc roi ? Jésus répondit : Tu le dis, je suis roi. Voici pourquoi je suis né, et pourquoi je suis venu dans le monde : pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité, écoute ma voix.
OffertoireAnt. ad Offertorium. Ps. 2, 8.
Póstula a me, et dabo tibi gentes hereditátem tuam, et possessiónem tuam términos terræ.
Demande-moi, et je te donnerai les nations pour ton héritage, et pour ton domaine les extrémités de la terre.
SecrèteSecreta
Hóstiam tibi, Dómine, humánæ reconciliatiónis offérimus : præsta, quǽsumus ; ut, quem sacrifíciis præséntibus immolámus, ipse cunctis géntibus unitátis et pacis dona concédat, Iesus Christus Fílius tuus, Dóminus noster : Qui tecum.
Nous vous offrons, Seigneur, le sacrifice de la réconciliation de l’homme : faites, nous vous prions, que Celui que nous immolons dans ce sacrifice, accorde Lui-même à toutes les nations les dons d’unité et de paix Jésus-Christ votre Fils, notre Seigneur : Qui vit.
PréfacePræfatio propria.
Préface propre.
Vere dignum et iustum est, æquum et salutáre,
nos tibi semper et ubíque grátias ágere :
Dómine, sancte Pater, omnípotens ætérne Deus :
Il est vraiment juste et nécessaire,
c’est notre devoir et c’est notre salut,
de vous rendre grâces toujours et partout,
Seigneur, Père saint, Dieu éternel et tout-puissant :
Qui unigénitum Fílium tuum, Dóminum nostrum Jesum Christum,
Sacerdótem ætérnum et universórum Regem,
óleo exsultatiónis unxísti :
ut seípsum in ara crucis
hóstiam immaculátam et pacíficam ófferens,
redemptiónis humánæ sacraménta perágeret :
Qui avez oint avec l’huile d’allégresse
votre Fils unique, notre Seigneur Jésus-Christ,
Prêtre éternel et Roi de l’univers :
pour que s’immolant lui-même sur l’autel de la croix,
comme une victime sans tache et pacifique,
il accomplît le mystère sacré de la rédemption de l’homme :
et suo subjéctis império ómnibus creatúris,
ætérnum et universále regnum, imménsæ tuæ tráderet Majestáti.
Regnum veritátis et vitæ :
Regnum sanctitátis et grátiæ :
Regnum justítiæ, amóris et pacis.
et qu’après avoir soumis toutes les créatures à son pouvoir,
il procurât à votre immense Majesté un royaume éternel et universel,
un royaume de vérité et de vie,
un royaume de sainteté et de grâce,
un royaume de justice, d’amour et de paix.
Et ídeo cum Angelís et Archángelis,
cum Thronis et Dominatiónibus,
cumque omni milítia cæléstis exércitus,
hymnum glóriæ tuæ cánimus, sine fine dicéntes.
C’est pourquoi avec les Anges et les Archanges,
avec les Trônes et les Dominations,
avec toute l’armée céleste,
nous chantons une hymne à votre gloire, disant sans cesse.
CommunionAnt. ad Communionem. Ps. 28, 10 et 11.
Sedébit Dóminus Rex in ætérnum : Dóminus benedícet pópulo suo in pace.
Le Seigneur siègera comme Roi éternellement : le Seigneur bénira son peuple dans la paix.
PostcommunionPostcommunio
Immortalitátis alimóniam consecúti, quǽsumus, Dómine : ut, qui sub Christi Regis vexíllis militáre gloriámur, cum ipso, in cælésti sede, iúgiter regnáre póssimus : Qui tecum.
Ayant reçu l’aliment de l’immortalité, nous vous prions, Seigneur : puissions-nous, qui nous glorifions de combattre sous l’étendard du Christ, régner toujours avec Lui dans le céleste séjour : Lui qui vit.

Ou

ou Messe (Si iniquitates) du 22ᵉ dim. ap. Pent. : Or. pro Papa. Préf. commune.

Commentaires

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

D’après Honorius d’Autun, la Messe du jour se rapporte au temps de l’Antéchrist [1]. L’Église jette ses yeux dans l’avenir sur le règne de cet homme de péché [2], et comme déjà sous le coup de la persécution redoutable des derniers jours, elle emprunte l’Introït au psaume CXXIX.

Si, concurremment avec le sens prophétique que revêtent aujourd’hui les paroles de ce psaume, nous en voulons une application présente et toujours pratique, étant donnée notre misère, rappelons-nous l’Évangile de la semaine précédente, qui était autrefois celui du présent Dimanche. Chacun de nous se reconnaîtra dans la personne du débiteur insolvable qui n’a d’espoir qu’en la bonté de son maître ; et nous nous écrierons, dans la confusion de notre âme humiliée : Si vous considérez les iniquités, Seigneur, qui subsistera devant vous [3] ?

Nous venons de ranimer notre confiance, en chantant que la miséricorde est en Dieu. C’est lui-même qui donne leur pieux accent aux prières de son Église, parce qu’il veut l’exaucer. Mais nous ne serons écoutés avec elle qu’à la condition de prier comme elle selon la foi, c’est-à-dire conformément aux enseignements de l’Évangile. Prier selon la foi, c’est donc aujourd’hui remettre à nos compagnons leurs dettes envers nous, si nous demandons à être absous nous-mêmes par le Maître commun [4].

ÉPÎTRE.

Saint Paul, au nom de l’Église, attire de nouveau notre attention sur l’approche de la fin. Mais ce dernier des jours, qu’il nommait Dimanche le jour mauvais, est appelé aujourd’hui par deux fois, dans le court passage de l’Épître aux Philippiens qu’on vient d’entendre, le jour du Christ Jésus. La lettre aux Philippiens est toute à la confiance, l’allégresse y déborde ; et cependant elle nous montre la persécution sévissant sur l’Église, et l’ennemi mettant à profit la tempête pour exciter les passions mauvaises au sein même du troupeau du Christ. L’Apôtre est enchaîné ; la jalousie et la trahison des faux frères ajoutent à ses maux [5].

Mais la joie domine sur la souffrance en son cœur, parce qu’il est arrivé à cette plénitude de l’amour où la douleur alimente mieux que toutes délices la divine charité. Pour lui, Jésus-Christ est sa vie, et la mort est un gain [6] : entre la mort qui répondrait au plus intime désir de son cœur en le rendant au Christ [7], et la vie qui multiplie ses mérites et le fruit de ses œuvres [8], il ne sait que choisir. Que peuvent, en effet, sur lui les considérations personnelles ? Sa joie présente, sa joie future, est que le Christ soit connu et glorifié, peu lui importe en quelle manière [9]. Son attente ne sera point confondue, puisque la vie et la mort n’aboutiront qu’à glorifier le Christ en sa chair [10].

De là, dans l’âme de Paul, cette indifférence sublime qui est le sommet de la vie chrétienne, et n’a rien de commun, on le voit, avec l’engourdissement fatal où les faux mystiques prétendirent, au XVIIᵉ siècle, enfermer l’amour. Quelle tendresse prodigue à ses frères le converti de Damas, à cette hauteur où il est parvenu dans le chemin de la perfection ! Dieu m’est témoin, dit-il, combien je vous aime et désire tous dans les entrailles de Jésus-Christ ! L’aspiration qui le remplit et l’absorbe [11], est que le Dieu qui a commencé en eux l’œuvre bonne par excellence, cette œuvre de la perfection du chrétien arrivée à sa consommation dans l’Apôtre, la poursuive et l’achève en tous pour le jour où le Christ apparaîtra dans sa gloire [12]. Il prie pour que la charité, cette robe nuptiale des bénis du Père qu’il a fiancés à l’unique Époux [13], les entoure d’un éclat non pareil au grand jour des noces éternelles [14].

Or le moyen que la charité se développe en eux sûrement, c’est qu’elle y grandisse dans l’intelligence et la science du salut, c’est-à-dire dans la foi. C’est la foi, en effet, qui forme la base de toute justice surnaturelle. Une foi diminuée ne peut, dès lors, porter qu’une charité restreinte. Combien donc ils se trompent, ces hommes pour qui le souci de la vérité révélée ne va pas de pair avec celui de l’amour ! Leur christianisme se résume à ne croire que le moins possible, à prêcher l’inopportunité de nouvelles définitions, à rétrécir savamment et sans fin l’horizon surnaturel par égard pour l’erreur. La charité, disent-ils, est la reine des vertus ; elle leur inspire de ménager même le mensonge ; reconnaître à l’erreur les mêmes droits qu’à la vérité, est pour eux le dernier mot de la civilisation chrétienne établie sur l’amour. Et ils perdent de vue que le premier objet de la charité étant Dieu, qui est la vérité substantielle, n’a pas de pire ennemi que le mensonge ; et ils oublient qu’on ne fait point acte d’amour, en plaçant sur le même pied l’objet aimé et son ennemi mortel.

Ce n’est point ainsi que l’entendaient les Apôtres : pour faire germer la charité dans le monde, ils y semaient la vérité. Tout rayon nouveau dans l’âme de leurs disciples profitait à l’amour ; et ces disciples, devenus lumière eux-mêmes au saint baptême [15], n’avaient rien tant à cœur que de ne pactiser point avec les ténèbres. Renier la vérité était, dans ces temps, le plus grand des crimes ; s’exposer par mégarde à diminuer quoi que ce fût de ses droits, était la souveraine imprudence [16].

Le christianisme avait trouvé l’erreur maîtresse du monde ; devant la nuit qui retenait la race humaine immobilisée dans la mort [17], il ne connut point d’autre procédé de salut que de faire briller la lumière ; il n’eut point d’autre politique que de proclamer la puissance de la seule vérité pour sauver l’homme, et d’affirmer ses droits exclusifs à régner sur le monde. Ce fut le triomphe de l’Évangile, après trois siècles de lutte acharnée et violente du côté des ténèbres, qui se prétendaient souveraines et voulaient rester telles, de lutte sereine et radieuse du côté des chrétiens, dont le sang versé ne faisait qu’augmenter l’allégresse en affermissant sur la terre le règne simultané de l’amour et de la vérité.

Aujourd’hui que par la connivence des baptisés l’erreur reprend ses prétendus droits, la charité d’un grand nombre a diminué du même coup [18] ; la nuit s’étend de nouveau sur un monde agonisant et glacé. La ligne de conduite des fils de lumière [19] reste la même qu’aux premiers jours. Sans terreur et sans trouble, fiers de souffrir pour Jésus-Christ, comme leurs devanciers et comme les Apôtres [20] ils gardent chèrement la parole de vie [21] ; car ils savent que, tant qu’il restera pour le monde une lueur d’espérance, elle sera dans la vérité [22]. Ne se préoccupant que de marcher d’une manière digne de l’Évangile [23], ils poursuivent, dans la simplicité des enfants de Dieu, leur carrière au milieu d’une génération mauvaise et perverse, comme font les astres au firmament dans la nuit [24]. « Les astres brillent dans la nuit, dit saint Jean Chrysostome, ils éclatent dans les ténèbres ; bien loin de perdre à l’obscurité qui les entoure, ils en apparaissent plus brillants : ainsi en sera-t-il de toi-même, si tu demeures juste au milieu des pervers ; ta lumière en ressortira davantage [25]. » — « Comme les étoiles, dit de même saint Augustin, poursuivent leur course dans les sentiers tracés par Dieu, sans se lasser de projeter leur lumière au sein des ténèbres, sans se troubler des maux qui arrivent sur la terre : ainsi doivent faire les saints, dont la conversation est vraiment au ciel [26], ne se préoccupant pas plus que les astres eux-mêmes de ce qui se dit ou se fait contre eux [27]. »

Le Graduel chante la douce et puissante unité maintenue jusqu’à la fin dans l’Église par la charité, à l’accroissement de laquelle nous exhorte l’Épître, et que l’ancien Évangile de ce Dimanche recommandait comme l’unique moyen de salut pour le jour du jugement [28].

ÉVANGILE.

Il faut bien que la diminution des vérités [29] doive être le danger tout spécial des derniers temps, puisque l’Église, en ces semaines qui ont pour objet de représenter les derniers jours du monde, nous ramène saris cesse à la prudence de l’entendement comme à la grande vertu qui doit alors garder ses fils. Dimanche, elle leur remettait comme arme défensive le bouclier de la foi, comme arme offensive la parole de Dieu [30] ; huit jours plus tôt, c’était la circonspection de l’intelligence qui leur était recommandée [31], pour conserver, dans les jours mauvais, leur sainteté fondée sur la vérité [32] leur richesse consistant dans la science [33]. Aujourd’hui, dans l’Épître, c’était encore l’intelligence et la science qui leur étaient proposées, comme pouvant seules accroître leur amour et parfaire l’œuvre de leur sanctification pour le jour du Christ. L’Évangile vient conclure opportunément ces leçons de l’Apôtre parle récit d’un fait tiré de l’histoire du Sauveur, et leur donner l’autorité qu’apporte avec soi tout exemple emprunté à la vie du divin modèle de l’Église. Jésus-Christ, en effet, s’y montre à nous comme l’exemple des siens dans les embûches tendues à leur bonne foi par les complots des méchants.

C’était le dernier jour des enseignements publics de l’Homme-Dieu, presque à la veille de sa sortie de ce monde [34]. Ses ennemis, tant de fois déjoués dans leurs ruses, essayèrent un suprême effort. Les Pharisiens, qui ne reconnaissaient point la domination de César et son droit au tribut, s’unirent à leurs adversaires, les partisans d’Hérode et de Rome, pour poser à Jésus la question insidieuse : Est-il permis ou non de payer le tribut à César ? Si la réponse du Sauveur était négative, il encourait la colère du prince ; s’il se prononçait pour l’affirmative, il perdait tout crédit dans l’esprit du peuple. Avec sa divine prudence, Jésus déconcerta leurs menées. Les deux partis, si étrangement alliés par la passion, se refusèrent à comprendre l’oracle qui pouvait les unir dans la vérité, et retournèrent bientôt sans doute à leurs querelles. Mais la coalition formée contre le juste était rompue ; l’effort de l’erreur, comme toujours, avait tourné contre elle ; et la parole qu’elle avait suscitée, passant des lèvres de l’Époux à celles de l’Épouse, ne devait plus cesser de retentir en ce monde, où elle forme la base du droit social au sein des nations.

Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu, redisaient les Apôtres ; et s’ils proclamaient bien haut qu’il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes [35] ils ajoutaient : « Que toute âme soit soumise aux puissances supérieures ; car il n’y a point de puissance qui ne procède de Dieu, et celles qui existent, c’est Dieu qui les a établies. Celui donc qui résiste à la puissance, résiste à l’ordre établi de Dieu, et s’attire la damnation. Demeurez donc soumis, parce qu’il est nécessaire, soumis non seulement par le sentiment de la crainte, mais aussi parle devoir de la conscience. C’est pour la même raison que vous payez des tributs aux princes, parce qu’ils sont les ministres de Dieu [36]. »

La volonté de Dieu [37], telle est donc la source comme la vraie grandeur de toute autorité parmi les hommes. L’homme, par lui-même, n’a aucun droit de commander à son semblable. Le nombre ne change rien à cette impuissance des hommes sur ma conscience, puisque, nombreux ou non, je suis l’égal de chacun d’eux par nature, et qu’additionner les droits sur moi de chacun, c’est additionner le néant. Mais Dieu, voulant que les hommes vécussent en société, a voulu par là même qu’il y eût à leur tête un pouvoir chargé de ramener les volontés multiples à l’unité du but social. Il laisse aux événements conduits par sa providence, aux hommes eux-mêmes à l’origine des sociétés, une grande latitude pour déterminer la forme sous laquelle devra s’exercer le pouvoir civil et son mode de transmission. Mais, une fois régulièrement investis, les dépositaires souverains du pouvoir ne relèvent que de Dieu dans la sphère de leurs attributions légitimes, parce que c’est de lui seul que leur vient la puissance, non de leurs peuples qui, n’ayant point cette puissance en eux-mêmes, ne pourraient la donner. Tant qu’ils observent les conditions du pacte social, ou ne tournent pas à la ruine de la société le pouvoir reçu pour son bien, leur droit à l’obéissance est celui de Dieu même : soit qu’ils prélèvent les tributs nécessaires à leur gouvernement ; soit que les lois portées par eux viennent restreindre, dans le commerce ordinaire de la vie, la liberté laissée par le droit naturel, ou que leurs ordres envoient le soldat à une mort certaine pour la défense de la patrie. Dans tous ces cas, c’est Dieu même qui commande par eux et veut être obéi : dès ce monde, il met le glaive en leurs mains pour la punition des rebelles [38] ; il châtiera lui-même dans l’autre éternellement ceux qui ne se seront pas amendés.

Combien grande n’est donc pas cette dignité de la loi humaine, qui fait du législateur le vicaire même de Dieu, en même temps qu’elle épargne au sujet l’humiliation de l’abaissement devant un autre homme ! Mais, pour que la loi oblige et soit vraiment loi, il est clair qu’elle doit avant tout se conformer aux prescriptions et aux défenses de l’Être souverain dont la volonté seule peut lui donner son caractère auguste, en la faisant entrer dans le domaine de la conscience. C’est pour cela qu’il ne peut y avoir de loi contre Dieu, contre son Christ ou son Église. Dès lors que Dieu n’est plus avec l’homme qui commande, la puissance de celui-ci n’est que force brutale. Le prince ou l’assemblée qui prétend réglementer les mœurs d’un pays à l’encontre de Dieu, n’a donc droit qu’à la révolte et au mépris de tous les gens de cœur ; donner le nom sacré de loi à ces tyranniques élucubrations, est une profanation indigne d’un chrétien comme de tout homme libre.

L’Antienne de l’Offertoire et ses anciens Versets se réfèrent, comme l’Introït, au temps de la dernière persécution. La prière d’Esther au moment de paraître devant Assuérus, pour combattre Aman figure de l’Antéchrist, en fournit les paroles. Esther est l’image de l’Église ; et nous ne pouvons indiquer mieux les sentiments dans lesquels il convient de chanter l’Offertoire du jour, qu’en traduisant ici l’en-tête consacré par l’Esprit-Saint lui-même, dans l’Écriture, à cette prière sublime. « La reine Esther eut recours au Seigneur, épouvantée du péril imminent. Déposant ses habits royaux, elle prit des vêtements propres aux pleurs ; sur sa tête, les parfums variés furent remplacés par la cendre et l’ordure ; son corps s’humilia dans les jeûnes ; tous les lieux, auparavant témoins de sa joie, furent remplis de ses cheveux qu’elle arrachait dans sa douleur. Et elle priait le Seigneur Dieu d’Israël, disant : « Mon Seigneur, « qui êtes seul notre roi, assistez-moi solitaire [39] »

OFFERTOIRE.

R/. Souvenez-vous de moi, Seigneur, qui dominez toute puissance, et mettez en ma bouche le discours convenable, afin que mes paroles soient agréées du prince.
V/. Souvenez-vous que je me suis présentée devant vous.
V/. Tournez son cœur à la haine de nos ennemis et de leurs complices ; et délivrez-nous par votre puissante main, ô vous qui êtes notre Dieu à jamais.
V/. Roi d’Israël, écoutez-nous, ô vous qui conduisez Joseph comme une brebis.
R/. Souvenez-vous de moi, Seigneur…

La plus sûre garantie contre l’adversité est l’absence du péché dans les âmes, le péché excitant la colère de Dieu et appelant sa vengeance. Disons avec l’Église, dans la Secrète :

L’Antienne de la Communion nous donne à remarquer, pour nous porter à les imiter, la persévérance et l’instance des supplications de la sainte Église.

En célébrant la mémoire du Sauveur selon sa recommandation, dans les Mystères, nous ne devons point perdre de vue que ces Mystères sacrés sont aussi le refuge de notre misère. Ce serait présomption ou folie que de ne point songer a les utiliser par la prière en ce sens, comme fait l’Église dans la Postcommunion.

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

« VII post nat. sancti Cypriani. »

L’introït est mélancolique, mais plein de confiance ; plus nous sommes misérables, plus splendide sera la gloire de la divine miséricorde qui nous relèvera d’une telle bassesse. Plus grande est la misère humaine, plus le Cœur de Dieu se sent porté à la compassion ; aussi la multitude de nos péchés, loin de nous décourager, doit-elle au contraire nous inspirer une confiance encore plus tendre et plus énergique en l’infinie bonté divine.

L’antienne d’introït est tirée du psaume 129 : « Si vous, ô Seigneur, regardez nos démérites, qui, Seigneur, pourra soutenir votre jugement ? Traitez-nous au contraire selon votre habituelle miséricorde. ». Comme l’observe fort bien saint Grégoire le Grand commentant Job, l’homme peut présumer de sa propre justice quand il se replie sur lui-même et abaisse sou regard pour se concentrer dans son égoïsme. C’est là un état qui prélude à la réprobation. Au contraire, à peine élève-t-il vers Dieu son regard et médite-t-il la sainteté divine, ses droits souverains sur les créatures et l’inscrutabilité de ses jugements, alors, à la lumière du Saint-Esprit, il sent toute l’ignominie de sa propre laideur, et ce qui, auparavant, était pour l’âme un objet de vaine gloire, devient ensuite le sujet d’anxiété et de peine, alors que l’âme voit ses bonnes œuvres elles-mêmes souillées de mille défauts. Cette lumière divine, qui abaisse l’âme et l’établit sur la base solide de l’humilité, est une grâce fort désirable, car elle est la source première de la sainte crainte de Dieu, principe de toute sagesse.

Dans la collecte, nous appelons le Seigneur notre salut et notre force ; notre salut, parce qu’au moment de la lutte, son doux nom, le Cœur de son Verbe incarné, la divine Eucharistie, sont un asile très sûr pour l.’âme qui s’y cache ; notre force, parce que, au moyen des Sacrements et de la grâce, il est la source de toutes les énergies spirituelles dont nous avons besoin en cette vie de combat et d’épreuve.

On prie donc le Seigneur, premier auteur de notre piété, — la piété, en effet, au sens déjà expliqué, est l’un des sept dons du Saint-Esprit, — d’accueillir les pieuses prières de son Église. Voici de nouveau la prière sociale et collective. On appelle pieuses les prières de la famille chrétienne, non seulement parce qu’inspirées par ce même Spiritus pietatis qui s’est répandu sur elle, mais aussi parce qu’elles ont pour objet la gloire de Dieu et le bonum divinum en quoi consiste précisément notre piété. L’effet de ces pieuses prières, informées par les intimes motions du Saint-Esprit, en tant qu’il est Esprit de piété, est que Dieu qui, par la grâce du Paraclet, a daigné nous inspirer ce que nous devons demander, les accueille aussi, non comme purement nôtres, mais comme venant du Saint-Esprit, lequel prie en nous gemitibus inenarrabilibus, et daigne les exaucer.

Aujourd’hui commence la lecture de l’épître aux Philippiens, qui continuera dimanche prochain. Dans le passage lu en ce jour (1, 6-11) saint Paul leur atteste son affection, il les assure que, bien qu’enchaîné à Rome pour la défense de l’Évangile, il les a néanmoins toujours présents à la mémoire et il veut qu’ils participent à la joie qui inondait alors son âme. Parmi les lettres de l’Apôtre, c’est celle aux habitants de Philippes qui révèle le mieux le cœur tendre et aimant de saint Paul, qui considérait ces fidèles comme la portion choisie de son champ d’apostolat. Dans les autres épîtres, l’Apôtre donne des avis, enseigne et ordonne ; celle aux Philippiens, au contraire, est toute intime, et il y épanche sur ses chers disciples la surabondance des affections de son noble cœur, lequel se sentait alors plus heureux que jamais, parce que la prison et les chaînes le rapprochaient davantage du Christ.

Le répons-graduel, tiré du psaume 132, chante les avantages et la joie de la communion des saints, grâce à l’unité de l’Église. Parfum de grâce, de sainteté, et splendeurs de gloire descendent de Jésus, notre Chef mystique, et enveloppent tous ses membres, à la façon de cette symbolique onction que reçut Aaron, au jour de sa consécration pontificale, alors que le baume répandu sur sa tête descendit sur sa barbe, sur l’éphod et jusqu’aux franges de ses vêtements sacrés.

Le verset alléluiatique est emprunté au psaume 113. Qui sont ceux qui mettent leur confiance non en eux-mêmes, non dans les trompeuses promesses humaines, mais dans le Seigneur ? Ce sont précisément les sages, ceux qui connaissent le néant des choses créées et la suprême bonté de Dieu. Ce sont les âmes pénétrées d’un intime sentiment de la souveraine transcendance de Dieu : Voilà la crainte de Dieu, fruit de la présence du Saint-Esprit dans l’âme du juste. Ces âmes ne sont certainement pas frustrées dans leur attente, puisque la mesure selon laquelle Dieu se donne aux âmes est celle de leur foi en Lui.

La lecture évangélique (Matth., XXII, 15-21) rapporte les embûches tendues à Jésus à propos du tribut à payer à Tibère. Les honteuses intentions des Pharisiens et des Hérodiens ne méritaient aucune réponse de Jésus ; pourtant le Sauveur, évitant dans sa divine sagesse le piège que lui tendaient ses adversaires, harmonise la piété et la prudence, et, sans tomber dans le guet-apens, il élève la question politique en une région entièrement spirituelle, attribuant une valeur générale à cette maxime : il faut rendre à l’homme ce qui lui appartient, mais on doit donner avant tout à Dieu ce qui est à Lui seul. Il voulait dire : il n’y a point d’antithèse entre le devoir social de patrie et le devoir pieux de religion. Donnez donc à la patrie le tribut, l’activité, l’obéissance qu’elle exige légitimement ; mais à travers la somme de tous ces devoirs sociaux imposés par Dieu et accomplis selon sa volonté, souvenez-vous que l’homme appartient d’abord à Dieu, et que, par suite, ses œuvres, ses intentions, les battements de son cœur, doivent être tous pour Lui.

Le verset de l’offertoire est emprunté au livre d’Esther (14, 12 et 13), comme l’introït du dimanche précédent, mais probablement est-il aujourd’hui hors de sa place primitive. Avant de commencer l’Action sacrée, l’Église fait siennes les paroles de la reine Esther, et demande l’esprit de grâce et de prière, pour que sa supplication puisse s’élever jusqu’au trône du Monarque et être agréée de Lui.

En effet, pour que notre prière puisse plaire au Seigneur et être efficace, il faut qu’elle soit informée par la grâce divine, et que le Père éternel, à travers notre supplication, reconnaisse les gémissements du Paraclet qui prie en nous d’une manière ineffable et accomplit, au nom de Jésus et en notre faveur, la fonction d’avocat.

Dans la collecte avant le canon, nous faisons appel à la divine miséricorde, afin que l’oblation sacrée du Corps et du Sang du Christ nous délivre des fautes commises et soit notre salut contre tous les périls. C’est là une pensée sur laquelle, fort utilement, pourront insister les prédicateurs et les confesseurs. Beaucoup s’approchent certainement du Sacrement de pénitence, mais après qu’ils ont obtenu l’absolution sacramentelle, ils ne pensent point à l’expiation de leurs fautes et à l’obligation où ils sont de faire de dignes fruits de pénitence. Plusieurs, en outre, s’effraient rien qu’à entendre parler de pénitence. La pénitence est dure, quand on doit la faire tout seul ; faite, au contraire, en compagnie de Jésus, alors qu’il prend sur Lui la part la plus lourde, elle devient facile et douce.

Or le divin sacrifice vient précisément à notre secours. En lui, le fruit satisfactoire de la Passion de Jésus nous obtient, comme l’enseigne le saint Concile de Trente, le pardon de nos fautes, même les plus graves.

Il serait donc fort utile aux âmes de faire célébrer pour leurs péchés le divin Sacrifice, de fonder des legs de messes, etc., ob remedium animae. Ainsi faisait-on au moyen âge.

L’antienne pour la Communion est tirée du psaume 16, et autrefois elle était commune au vendredi après le IIIᵉ dimanche de Carême, avant qu’on assignât à celui-ci le verset évangélique du colloque de Jésus avec la Samaritaine. « O Dieu, vous m’avez secouru dès que je vous ai invoqué. Abaissez vers moi votre oreille et exaucez mon cri. »

L’humilité a la force d’attirer Dieu du sommet de sa majesté jusqu’à l’abîme de notre néant. Quelquefois les auteurs ascétiques demandent si la vertu d’humilité peut exister en Dieu. Ils répondent au moyen d’une distinction. La vertu d’humilité appartient formellement à la créature pour ce qui regarde la sujétion due à son Créateur. Toutefois, comme de l’humilité fait aussi partie cette facilité, cette propension, que nous devons avoir à nous approcher des petits et à leur prêter secours, ainsi, en ce sens, l’humilité resplendit premièrement en Dieu, qui, dans l’Incarnation, est descendu du ciel en terre et a caché sa gloire sous des apparences serviles, afin de secourir l’humanité prévaricatrice. D’autre part, Dieu qui ne dédaigne pas d’abaisser son oreille aux prières .de l’homme pécheur, et qui, pour ainsi dire, a mis sa sainte grâce, ses sacrements, la divine Eucharistie, à la disposition et au service de l’homme, ne révèle-t-il pas sinon l’humilité, parce que celle-ci ne peut se trouver formellement dans la Souveraine Divinité, du moins un immense amour pour cette chère vertu ?

Dans la collecte d’action de grâces, nous rappelons aujourd’hui l’ordre formel de Jésus de renouveler l’offrande du divin Sacrifice en mémoire de sa Passion. Que ce que nous venons donc d’accomplir tout à l’heure par sa volonté, ne nous soit pas imputé comme une présomption coupable, mais devienne le soutien de notre faiblesse. Il n’a pas suffi à Jésus de s’immoler une fois seulement pour nous sur la Croix. Il a voulu nous en communiquer sans cesse les mérites, et c’est pourquoi il a disposé que cette première immolation sanglante fût, pour ainsi dire, perpétuée, au moyen du non sanglant sacrifice Eucharistique.

Dieu se révèle aux cœurs simples et droits ; ceux qui le cherchent au contraire dans un esprit de duplicité demeurent comme éblouis par sa splendeur, sans rien pouvoir comprendre de ses secrets.

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Rendez à Dieu ce qui est à Dieu.

Tour à tour, l’Église porte ses regards sur le « jour du Christ » qui vient et nous supplie d’envisager la vie terrestre à la lumière de la parousie (du second avènement) du Seigneur. Pensée principale de cette messe : la meilleure préparation au jour du jugement (Ép.) est le parfait accomplissement du devoir d’état (« Rendez à César ce qui est à César ; rendez à Dieu ce qui est à Dieu »). « Nous devons nous présenter purs et irréprochables au jour du Christ, abondamment pourvus des fruits d’une vie juste. » — A cet effet, l’avant-messe (était-ce le dessein primitif ? Question qu’il est inutile de chercher à résoudre) nous présente, en une belle gradation, l’ensemble de nos devoirs envers notre entourage : sentiment de paternelle sollicitude envers les inférieurs (à l’exemple de saint Paul, Ép.), attitude de charité fraternelle envers les égaux (Grad.), témoignage de l’obéissance due envers les supérieurs et don complet de l’âme à Dieu (Év.).

Les antiennes directrices du jour nous font pénétrer en plein récit évangélique : « Maître, nous savons que tu es véridique et que tu enseignes le chemin de Dieu dans la vérité, Alléluia » (Ant. de Bened.). Dans l’Évangile, les Pharisiens avaient prononcé ces paroles avec une intention feinte ; mais nous, nous y mettons l’affirmation de notre foi dans le Sauveur, notre Maître ! Ceci nous montre une fois de plus comment la liturgie sait tirer parti des paroles de l’Écriture. « Rendez donc à César ce qui est à César ; rendez à Dieu ce qui est à Dieu, Alléluia » (Ant. de Magnif.). Cette parole pleine de majesté, nous voulons la redire également pendant la semaine comme oraison jaculatoire.

1. La Messe (Si iniquitates). — Nous entrons aujourd’hui dans le sanctuaire, pénétrés des graves sentiments de la pénitence, et l’âme tremblante ; c’est une anticipation du jugement. Chargés de nos péchés, nous jetons vers le Seigneur, de la profondeur de notre exil terrestre, un appel au pardon (Intr.). Nous apprenons à réciter le psaume 129 qui renferme des sentiments si puissants, comme l’expression de notre repentir et du désir de la parousie.

L’Oraison, pleine d’une ardente confiance, n’exprime pas une demande déterminée, mais apparaît comme l’enveloppe d’or dans laquelle nous déposons nos prières du jour et de la semaine : fidèle accomplissement de la vocation et accroissement en perfection pour le jour de la consommation.

Dans l’Épître (l’Épître aux Philippiens est la plus charmante et la plus personnelle des lettres de saint Paul), le grand Apôtre parle à sa communauté favorite ; les versets de cette lettre respirent un profond amour, voire la tendresse, Le principal souci de l’Apôtre est que l’œuvre de bien soit accomplie jusqu’au jour (du retour) du Christ ; nous devons ressembler à des arbres chargés de fruits, croître dans la charité ! Disons-nous bien que c’est à nous que l’Église, la mère tendrement attentionnée, adresse ces paroles.

Dans le combat contre le monde et l’enfer, le chrétien trouve une profonde consolation dans la compagnie des saints : le Graduel chante cet idéal : je vois une assemblée réunie pour la messe du dimanche, je vois une heureuse famille, je vois une communauté de religieux. (Ayons l’esprit de communauté).

L’Évangile est celui du tribut ; il n’ya guère des cènes qui montrent aussi bien que celle-ci le Sauveur devant ses ennemis dans sa majesté divine. Que veut nous dire le Christ par les paroles pleines de majesté qu’il emploie pour parler du tribut ? » « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » C’est la même leçon que dans l’Épître : Chrétiens, remplissez sur terre vos devoirs. Ces devoirs se présentent sous un double aspect : à l’égard des hommes et à l’égard de Dieu ; ce sont les deux tables de la loi. De même que le précepte de la charité embrasse l’amour de Dieu et l’amour du prochain, amours qui ne s’opposent pas, mais se complètent, de même ces deux devoirs se complètent l’un l’autre. Dieu se cache derrière nos supérieurs, il sanctionne leurs ordres.

Les deux lectures sont donc remplies d’une même pensée : Dans l’attente du jour du Christ, menez une vie active et conforme au devoir.

A l’Offertoire, la reine Esther demande la grâce d’adresser au roi les paroles qui conviennent : nous demandons la grâce d’adresser au Christ, notre Roi, les paroles qui conviennent : notre mère l’Église nous les enseigne dans la liturgie !

La Secrète implore, conformément au caractère grave de la messe, le pardon des péchés et la protection contre tous les maux.

L’antienne de la communion est, elle aussi, un cri de détresse pénétrant ; l’Eucharistie est une anticipation du jugement : maintenant il vient en ami, alors il viendra en juge.

La Sainte Messe est un souvenir du Seigneur (Postc.). — Il y a donc deux pensées qui circulent à travers la messe, l’une plutôt négative : nos péchés nous remplissent de crainte en face du jugement ; l’autre positive : nous voulons mener une vie chrétienne droite en prévision du jugement.

2. L’Évangile. — Méditons l’Évangile. C’était dans les derniers jours de la vie mortelle de Jésus ; le Sauveur se trouvait au Temple ; les Juifs se pressaient autour de lui, lui posaient des questions pour l’embarrasser, pour trouver un motif de l’accuser. La question la plus insidieuse et la plus perfide est celle que rapporte l’Évangile d’aujourd’hui. Tout d’abord ils le flattent : Maître, nous savons que tu dis et enseignes la vérité ; nous savons aussi que tu ne fais acception de personne ; tu ne tiens aucun compte de la force ni de l’influence. Dis-nous donc ce que tu en penses : Nous est-il permis à nous, Juifs, de payer le tribut à l’empereur païen ?

Nous nous demandons où est la perfidie de cette question. Il nous faut connaître la situation politique du peuple juif au temps du Christ. Le peuple juif était placé primitivement sous la souveraineté de Dieu ; plus tard, il se choisit un roi ; toutefois, ce roi était souverain, lui aussi, par la grâce de Dieu. Mais il ne consentit jamais à se soumettre à la domination d’un roi ou d’un empereur païen. Les Juifs considéraient cela comme une offense à Dieu lui-même. Mais maintenant, à l’époque du Christ, l’empereur romain régnait en maître sur la Palestine ; les Juifs ne payaient qu’en gémissant impôt et tribut au maître étranger. D’autre part, quelle idée les Juifs se faisaient-ils du Messie ? Ils attendaient un roi puissant qui les délivrerait du joug de la domination étrangère et ferait d’eux un peuple puissant. Maintenant nous comprenons la perfidie de la question. Les Pharisiens veulent dire : Tu te dis le Messie ; peux-tu approuver que nous, le peuple de Dieu, peuple libre, nous payions tribut au païen ? D’autre part, les Romains étaient sans cesse sur leurs gardes : ils savaient que les Juifs ne supportaient leur joug qu’en grinçant des dents. Aussi réprimaient-ils dans le sang toute tentative de révolte.

La question des Pharisiens était un glaive à deux tranchants. Si Jésus disait : Oui, vous devez payer le tribut, alors il se jouait du peuple. S’il disait au contraire : Non, vous n’avez pas à le payer, le Messie vous en affranchit, ce serait la réponse qu’ils attendaient, ils l’accuseraient aussitôt auprès de Pilate, et Jésus serait infailliblement mis à mort comme coupable de haute trahison. Le plan était habilement conçu ; c’était l’attaque la plus insidieuse contre Jésus.

Maintenant admirons le Maître dans son calme et sa supériorité divine. Les flatteries de ses ennemis ne font aucune impression sur lui ; il pénètre leur hypocrisie et leur malice. Il prononce un mot énergique dont la profondeur ne peut être épuisée. Il se fait montrer une pièce à l’effigie de César, une pièce de monnaie courante. Il n’a sur lui aucun argent ; c’est pourquoi il se fait présenter un denier. Le denier est la monnaie d’argent romaine. Sur la pièce, il y avait l’effigie de l’empereur Tibère, entourée de la devise latine. Il dit : Regardez l’effigie ; de qui est-elle ? Ils répondent : de César ! De la sorte ils ont résolu leur propre question. C’est de César que vous avez reçu la pièce. Effigie et devise témoignent que l’empereur est vraiment maître ici. Quiconque accepte la monnaie de l’empereur doit aussi payer son tribut à l’empereur. Le Christ dit donc brièvement : « Rendez à César ce qui est à César » ; et il ajoute : « Mais rendez aussi à Dieu ce qui est à Dieu. » Que veut dire par-là Jésus ? Nous, les hommes, nous devons rendre à l’autorité constituée ce qui lui appartient, c’est-à-dire lui obéir dans le domaine de ses attributions ; aujourd’hui, c’est l’empereur ; demain, ce sera le président. La dénomination importe peu. Toutefois, n’oubliez pas que vous devez rendre aussi à Dieu ce qui lui appartient dans le domaine de ses attributions. Cette réponse, qui, dans sa profondeur et sa simplicité, est inattaquable, mit les adversaires en fuite.

Dans cette courte parole du Christ, il y a beaucoup de pensées qui se cachent. Le Maître dit d’abord : l’homme est enfant de deux mondes, l’un terrestre, visible, et l’autre surnaturel, invisible ; il doit remplir ses devoirs dans ces deux mondes. Comme enfant de Dieu et citoyen du royaume de Dieu, il a des devoirs envers son souverain Maître. Alors on pourrait croire que le chrétien n’a pas à s’occuper du monde, qu’il est dégagé de tous les devoirs temporels. Non ; précisément parce que nous sommes citoyens de Dieu, nous devons aussi remplir nos devoirs envers nos supérieurs temporels. Nous faisons partie d’une famille, d’une société, d’une nation ; par conséquent, Dieu nous impose aussi des devoirs envers parents et supérieurs temporels : Ces deux catégories de devoirs ne sont pas en opposition. Le chrétien doit donc être le meilleur citoyen, le meilleur sujet dans la famille, à la fabrique, dans le commerce. Et cette obéissance à l’autorité temporelle n’est pas un service des hommes, mais un véritable service de Dieu. Le chrétien dit : Tu es le représentant de Dieu ; Dieu t’a donné la puissance, la couronne, et, pour cette raison, et uniquement pour cette raison, je te respecte ou plutôt je respecte en toi la souveraine puissance de Dieu, mais seulement dans la mesure où tu représentes cette puissance. Donnes-tu un ordre contraire à la volonté de Dieu ? Alors tu n’es plus son représentant ; alors j’obéis à Dieu.

Cela, le Sauveur n’a pas négligé de l’ajouter, bien qu’on ne lui ait pas posé de question à ce sujet : Vous devez être de bons citoyens de l’État ; mais vous devez encore davantage être de bons citoyens du royaume de Dieu. « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu ! » Mais qu’est-ce qui est à Dieu ? Tout ce que vous avez et tout ce que vous êtes, tout cela est de Dieu et pour Dieu ; ne gardez rien pour vous. Corps et âme, intelligence et volonté, cœur et esprit lui appartiennent ; donnez-les lui donc. Nous sommes là en présence du grand commandement du royaume de Dieu : Que ta volonté soit faite sur la terre, comme au ciel !

Office du jour

Office du jour

Office

Leçons des Matines avant 1960

Au troisième nocturne.

Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu.
En ce temps-là : les pharisiens, s’étant retirés, tinrent conseil sur le moyen de surprendre Jésus dans ses paroles. Et le reste.

Homélie de saint Hilaire, évêque.

Septième leçon. Souvent les pharisiens s’agitent et ne peuvent tirer des faits passés l’occasion d’incriminer Jésus. Car aucun défaut ne pouvait se glisser ni dans ses actes ni dans ses paroles. Mais dans leur malice, ils s’efforcent de découvrir la moindre faille pour l’accuser. Or Jésus appelait tout le monde à passer des vices du siècle et des superstitions religieuses humaines à l’espérance du Royaume des Cieux. Les pharisiens, par conséquent, tendent un piège subtil dans la façon de formuler leur question : ou bien violer le pouvoir séculier, ou bien admettre évidemment l’obligation de payer le tribut à César.

Huitième leçon. Connaissant le secret de leurs pensées, (car Dieu observe ce qui est caché au plus intime des hommes) Jésus se fait apporter un denier, et il s’informe de qui sont l’inscription et l’effigie. Les pharisiens répondent : « De César. » Il leur dit : « A César il faut rendre ce qui est à César, et à Dieu, ce qui est à Dieu. » Réponse vraiment admirable, et solution parfaite que cette parole céleste ! Le Seigneur équilibre si bien tout entre le mépris du siècle et l’injure blessante pour César, qu’il décharge les âmes consacrées à Dieu de tous les soucis et embarras humains en décrétant qu’il faut rendre à César ce qui lui appartient. Car s’il ne reste rien de lui chez nous nous ne serons pas obligés de lui rendre ce qui lui appartient.

Neuvième leçon. Si au contraire, nous couvons son bien, si nous recourons à son pouvoir, nous nous astreignons aussi comme des mercenaires, à gérer un patrimoine étranger, et il n’y a point à se plaindre d’injustice : il faut rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui lui revient : notre corps, notre âme, notre volonté. C’est de lui en effet que nous les tenons au départ et dans leur accroissement ; il est donc juste qu’ils retournent entièrement à celui dont ils reconnaissent tirer tout ensemble l’origine et le progrès.

Ant. du Benedictus à Laudes Maître, nous savons que vous êtes véridique, et que vous enseignez la voie de Dieu dans la vérité, Alléluia.

Ant. du Magnificat aux 2ᵉˢ Vêpres Rendez donc à César ce qui est à César ; rendez à Dieu ce qui est à Dieu, Alléluia.

22ᵉ Dimanche après la Pentecôte

Dominica Vigesima secunda post Pentecosten

2ᵉ Classe

IntroïtAnt. ad Introitum. Ps. 129, 3-4.
Si iniquitátes observáveris, Dómine : Dómine, quis sustinébit ? quia apud te propitiátio est, Deus Israël.
Si vous demandez un compte rigoureux des iniquités, Seigneur ; Seigneur, qui pourra soutenir votre jugement ? Mais vous aimez à pardonner, ô Dieu d’Israël.
Ps. ibid., 1-2.
De profúndis clamávi ad te, Dómine : Dómine, exáudi vocem meam.
Des profondeurs de ma misère, j’ai crié vers vous, Seigneur ; Seigneur, exaucez ma voix.
V/.Glória Patri.
CollecteOratio.
Deus, refúgium nostrum et virtus : adésto piis Ecclésiæ tuæ précibus, auctor ipse pietátis, et præsta ; ut, quod fidéliter pétimus, efficáciter consequámur. Per Dóminum.
O Dieu, notre refuge et notre force, écoutez favorablement les pieuses supplications de votre Église, vous l’auteur même de toute pitié, et faites que nous obtenions sûrement ce que nous demandons avec foi.
ÉpîtreLéctio Epístolæ beáti Pauli Apóstoli ad Philippénses.
Lecture de l’Épître de saint Paul Apôtre aux Philippiens.
Philipp, 1, 6-11.
Fratres : Confídimus in Dómino Iesu, quia, qui cœpit in vobis opus bonum, perfíciet usque in diem Christi Iesu. Sicut est mihi iustum hoc sentíre pro ómnibus vobis : eo quod hábeam vos in corde, et in vínculis meis, etin defensióne, et confirmatióne Evangélii, sócios gáudii mei omnes vos esse. Testis enim mihi est Deus, quómodo cúpiam omnes vos in viscéribus Iesu Christi. Et hoc oro, ut cáritas vestra magis ac magis abúndet in sciéntia et in omni sensu : ut probétis potióra, ut sitis sincéri et sine offénsa in diem Christi, repléti fructu iustítiæ per Iesum Christum, in glóriam et laudem Dei.
Mes frères, j’ai confiance que celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la perfectionnera jusqu’au jour du Christ Jésus. Et il est juste que j’aie ce sentiment de vous tous, parce que je vous ai dans mon cœur, vous qui,soit dans mes liens, soit dans la défense et l’affermissement de l’évangile, participez tous à ma joie. Car Dieu m’est témoin combien je vous chéris tous dans les entrailles de Jésus-Christ. Et ce que je demande, c’est que votre charité abonde de plus en plus en connaissance et en toute intelligence, pour apprécier ce qui est meilleur, afin que vous soyez purs et irrépréhensibles pour le jour du Christ, étant remplis du fruit de justice par Jésus-Christ, pour la gloire et la louange de Dieu.
GraduelGraduale. Ps. 132, 1-2.
Ecce, quam bonum et quam iucúndum, habitáre fratres in unum !
Qu’il est bon, qu’il est doux pour des frères de vivre unis ensemble.
V/. Sicut unguéntum in cápite, quod descéndit in barbam, barbam Aaron.
Comme le parfum répandu sur la tête d’Aaron, qui descendit sur sa barbe et sur son visage.
AlléluiaAllelúia, allelúia. V/.Ps. 113, 11.
Alléluia, alleluia.
Qui timent Dóminum sperent in eo : adiútor et protéctor eórum est. Allelúia.
Que ceux qui craignent le Seigneur mettent en lui leur espérance, il est leur soutien et leur protecteur.
Évangile+ Sequéntia sancti Evangélii secundum Matthǽum.
Lecture du Saint Evangile selon saint Mathieu.
Matth. 22, 15-21.
In illo témpore : Abeúntes pharisǽi consílium iniérunt, ut cáperent Iesum in sermóne. Et mittunt ei discípulos suos cum Herodiánis, dicéntes : Magíster, scimus, quia verax es et viam Dei in veritáte doces, et non est tibi cura de áliquo : non enim réspicis persónam hóminum : dic ergo nobis, quid tibi vidétur, licet censum dare Cǽsari, an non ? Cógnita autem Iesus nequítia eórum, ait : Quid me tentátis, hypócritæ ? Osténdite mihi numísma census. At illi obtulérunt ei denárium. Et ait illis Iesus : Cuius est imágo hæc et superscríptio ? Dicunt ei : Cǽsaris. Tunc ait illis : Réddite ergo, quæ sunt Cǽsaris, Cǽsari ; et, quæ sunt Dei, Deo.
En ce temps-là, les pharisiens, s’étant retirés, tinrent conseil sur le moyen de surprendre Jésus dans ses paroles. Et ils lui envoyèrent leurs disciples avec les hérodiens, qui lui dirent : Maître, nous savons que vous êtes véridique, et que vous enseignez la voie de Dieu dans la vérité, sans vous inquiéter de personne, car vous ne regardez pas la condition des hommes. Dites-nous ce qu’il vous en semble : Est-il permis de payer le tribut à César ou non ? Mais Jésus, connaissant leur malice, dit : Pourquoi me tentez-vous, hypocrites ? Montrez-moi la monnaie du tribut. Et ils lui présentèrent un denier. Et Jésus leur dit : De qui est cette image et cette inscription ? Ils lui dirent : De César. Alors il leur dit : Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.

Credo · Credo

OffertoireAnt. ad Offertorium. Esth. 14, 12 et 13.
Recordáre mei, Dómine, omni potentátui dóminans : et da sermónem rectum in os meum, ut pláceant verba mea in conspéctu príncipis.
Souvenez vous de moi, Seigneur, vous qui dominez toute puissance terrestre, et mettez sur mes lèvres un langage plein de droiture, en sorte que mes paroles, prononcées en présence de celui qui est le principe de toutes choses lui soient agréables.
SecrèteSecreta.
Da, miséricors Deus : ut hæc salutáris oblátio et a própriis nos reátibus indesinénter expédiat, et ab ómnibus tueátur advérsis. Per Dóminum.
Faites, ô Dieu de miséricorde, que cette oblation salutaire nous délivre sans cesse de nos propres fautes et nous protège contre toute adversité.
Préface
Præfatio de sanctissima Trinitate ; non vero in feriis, quando adhibetur Missa huius dominicæ, sed tunc dicitur præfatio communis.
Préface de la Sainte Trinité  ; mais les jours de Féries, où l’on reprend la Messe de ce Dimanche, on dit la Préface Commune .
CommunionAnt. ad Communionem. Ps. 16, 6.
Ego clamávi, quóniam exaudísti me, Deus : inclína aurem tuam et exáudi verba mea.
J’ai crié vers vous, ô Dieu, parce que vous m’avez exaucé ; inclinez votre oreille vers moi et écoutez mes paroles.
PostcommunionPostcommunio.
Súmpsimus, Dómine, sacri dona mystérii, humíliter deprecántes : ut, quæ in tui commemoratiónem nos fácere præcepísti, in nostræ profíciant infirmitátis auxílium : Qui vivis et regnas.
Nous avons reçu, Seigneur, les dons propres à ces saints mystères en vous demandant humblement de faire servir de secours à notre faiblesse le sacrifice que vous nous avez prescrit d’offrir en mémoire de vous.
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