Sᵗᵉ Hedwige, Veuveabstinence

Textes de la Messe

Sᵗᵉ Élisabeth de Hongrie, Duchesse & Veuve

Jeudi 19 novembre 2026

Tous les textes, sans date : temporal et sanctoral

Messe (Cognovi) d’une Sᵗᵉ Femme : Gloria. Mém. de S. Pontien & pro Papa. Préf. commune.

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Présentation

Présentation

Veuve à 20 ans du Roi Louis IV de Thuringe, elle mourut tertiaire franciscaine à 24 ans le 16 novembre 1231. Canonisée par Grégoire IX en 1235. On trouve sa fête dans le Missel de la Curie Romaine de 1474 mais saint Pie V la supprima en 1568.

Elle fut rétablie comme semidouble ad libitum en 1670, puis l’année suivante comme double par Clément X qui introduisit alors dans le missel romain la collecte composée dès sa canonisation.

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Bien que tous les élus resplendissent au ciel d’un éclat propre à chacun d’eux, Dieu se complaît à les grouper par familles, comme il le fait dans la nature pour les astres du firmament. C’est la grâce qui préside à ce groupement des constellations dans le ciel des Saints ; mais parfois Dieu semble vouloir nous rappeler ici que nature et grâce l’ont pour commun auteur ; et les conviant malgré la chute à l’honorer ensemble dans ses élus, il fait de la sainteté comme un patrimoine auguste que se transmettent de générations en générations les membres d’une même famille de la terre [1]. Parmi ces races bénies ne le cède à aucune la royale lignée qui, de l’antique Pannonie, étendit sur le monde aux meilleurs temps de la chrétienté l’ombre de ses rameaux ; riche en vertu, éprise du beau, comme parle l’Écriture, portant la paix dans ces maisons couronnées de la vieille Europe que tant d’alliances avaient rendues siennes [2], les noms qu’elle inscrivit au livre d’or des bienheureux perpétuent sa gloire.

Mais, de ces noms illustres, entouré d’eux comme un diamant serti d’une couronne de perles, le plus grand pour l’Église et les peuples est celui de l’aimable Sainte, mûre pour le ciel à vingt-quatre ans, qui rejoint aujourd’hui les Etienne, les Emeric et les Ladislas. Élisabeth ne demeura pas au-dessous de leurs mâles vertus ; mais la simplicité de son âme aimante imprégna l’héroïsme de sa race comme d’une huile parfumée dont la senteur, se répandant sous tous les cieux, entraîne dans la voie des Bienheureux et des Saints, avec sa fille Gertrude de Thuringe, sa tante Hedwige de Silésie, et ses cousines ou nièces et petites-nièces Agnès de Bohême, Marguerite de Hongrie, Cunégonde de Pologne, Élisabeth de Portugal.

Le Dieu des humbles sembla vouloir rivaliser avec toute la poésie de ces temps chevaleresques, pour idéaliser dans la mémoire des hommes la douce enfant qui, transplantée, fleur à peine éclose, de la cour de Hongrie à celle de Thuringe, ne sut qu’aimer et se dévouer pour lui. Quelle fraîcheur d’idylle, mais d’une idylle du ciel, en ces pages des contemporains où nous est racontée la vie de la chère Sainte avec l’époux si tendrement aimé qui fut le digne témoin des extases de sa piété sublime et naïve, le défenseur envers et contre tous de ses héroïques et candides vertus ! Aux intendants qui se plaignent que, dans une absence du duc Louis, elle a malgré eux épuisé le trésor pour les pauvres : « J’entends, dit-il, qu’on laisse mon Élisabeth agir à sa guise ; qu’elle donne tout ce qu’elle voudra, pourvu qu’elle me laisse la Wartbourg et Naumbourg. »

Aussi le Seigneur, ouvrant les yeux du landgrave, lui montrait sous la forme de roses, dignes déjà des parterres du ciel, les provisions qu’Élisabeth portait aux malheureux dans son manteau.

Jésus lui-même apparaissait en croix dans le lépreux qu’elle recueillait en ses appartements pour le soigner plus à l’aise. S’il arrivait que d’illustres hôtes survenant à l’improviste, la duchesse dont les bijoux passaient comme le reste en aumônes se trouvât dépourvue de la parure qui eût convenu pour leur faire honneur, les Anges y suppléaient si bien qu’aux yeux émerveillés des visiteurs, selon le dire des chroniqueurs allemands de l’époque, la reine de France n’eût pas été plus admirablement belle, plus richement parée.

C’est qu’en effet Élisabeth entendait ne se dérober à aucune des obligations ni convenances de sa situation de princesse souveraine ou d’épouse. Aussi gracieusement simple en ses vertus qu’affable pour tous, elle s’étonnait de l’attitude sombre et morose que plusieurs affectaient dans leurs prières ou leurs austérités : « Ils ont l’air de vouloir épouvanter le Bon Dieu [3], disait-elle, tandis qu’il aime celui qui donne joyeusement [4]. »

Le temps, hélas ! vint vite pour elle de donner sans compter. Ce fut d’abord le départ en croisade du duc Louis, son époux, dont il sembla qu’elle ne se pourrait jamais séparer ; puis la scène déchirante où lui fut annoncée sa mort, au moment où pour la quatrième fois elle venait d’être mère ; enfin l’acte d’odieuse félonie par lequel Henri Raspon, l’indigne frère du landgrave, trouvant l’occasion bonne pour s’emparer des états du défunt, chassa ses enfants et sa veuve, avec défense à qui que ce fût de les recevoir. Dans ce pays où toute misère avait éprouvé ses bontés, Élisabeth dut mendier, en butte à mille rebuts, le pain des pauvres enfants, réduits comme elle à se contenter pour gîte d’une étable à pourceaux.

L’heure des réparations devait sonner avec le retour des chevaliers partis en la compagnie du duc Louis. Mais Élisabeth, devenue l’amante passionnée de la sainte pauvreté, resta parmi les pauvres. Première professe du Tiers-Ordre séraphique, le manteau que saint François lui avait envoyé comme à sa très chère fille demeura son unique trésor. Bientôt les sentiers du renoncement absolu l’eurent conduite au terme. Celle que, vingt ans auparavant, on apportait dans un berceau d’argent à son fiancé vêtue de soie et d’or, s’envolait à Dieu d’une masure de terre glaise, n’ayant pour vêtement qu’une robe rapiécetée ; les ménestrels dont les assauts de gai savoir avaient rendu fameuse l’année de sa naissance n’étaient plus là, mais on entendit les Anges qui chantaient, montant vers les cieux : Regnum mundi contempsi, propter amorem Domini mei Jesu Christi, quem vidi, quem amavi, in quem credidi,quem dilexi [5].

Quatre ans après, Élisabeth, déclarée Sainte par le Vicaire de Jésus-Christ, voyait tous les peuples du Saint-Empire, empereur en tête, affluer à Marbourg où elle reposait au milieu de ces pauvres dont elle avait ambitionné la vie. Son corps sacré fut remis à la garde des chevaliers Teutoniques, qui reconnurent l’honneur en faisant de Marbourg un chef-lieu de l’Ordre, et en élevant à la Sainte la première église ogivale que l’Allemagne ait possédée. De nombreux miracles y attirèrent longtemps l’univers chrétien.

Et maintenant, bien que toujours debout, toujours belle en son deuil, Sainte-Élisabeth de Marbourg ne connaît plus que de nom celle qui fut sa gloire. A la Wartbourg embaumée des grâces de la chère Sainte, où s’écoula au milieu des plus suaves épisodes sa vie d’enfant et d’épouse, le grand souvenir qu’on montre au voyageur est la chaire d’un moine en rupture de ban, et la tache d’encre dont, en un jour de démence ou d’ivresse, il salit les murs, comme il devait de sa plume tenter de tout profaner et souiller dans l’Église de Dieu.

L’Allemagne chantait au XIVᵉ siècle l’Hymne qui suit en l’honneur de sainte Élisabeth.

HYMNE.

L’Église en accents mélodieux offre à Dieu la louange ; Sion est dans la joie ; la mère fait fête à son illustre fille s’élevant du fond de la vallée de misère.

De royale descendance, enfant encore elle est fiancée ; les plus beaux dons l’ornent pour l’époux auquel elle est unie : union dont la pureté répond à ses vœux.

Fidélité, fécondité, grâce du sacrement consacrent ce mariage ; qu’il la conduise au ciel où sont ses pères, la preuve en est dans sa sainteté croissante.

Bien donc que soumise à la loi de la chair, l’esprit en elle ne s’y éteignit pas ; fidèle à des engagements sacrés, elle ne négligea pas les inspirations qu’elle recevait de Dieu dans son cœur.

Des pauvres elle se fit la bienheureuse et noble nourricière , n’ayant aux pompes du monde nul égard, non plus qu’à la gloire des aïeux, crucifiant les vices en sa chair mortifiée.

Comme à Jahel Sisara [6], l’ennemi de l’innocence lui demande un peu d’eau ; mais trompé par le lait qu’elle lui donne en breuvage, elle le transperce avec le clou de la pénitence, sauvant ainsi son renoncement et sa vertu.

Son époux mort, elle dépouille sans jamais en avoir été souillée la mondanité : celle qui depuis longtemps a revêtu le Christ en son âme, donne un sac à son corps pour vêtement ; comme une lampe ardente elle resplendit au milieu de ce siècle.

Elle se procure au prix de la pauvreté les véritables richesses ; elle répand du trésor de sa piété des flots d’or : de combien de malheureux n’a-t-elle pas secouru l’indigence !

Pour elle, elle gagne son pain en travaillant et en filant ; vile à ses propres yeux, elle dédaigne de se voir abaissée, n’ignorant pas qu’à vous seul, Christ, est due légitimement la gloire.

Gloire soit à vous, ô bon Jésus, maintenant et toujours vous qui fidèlement aidez les combattants du bon combat, et donnez en récompense au vainqueur vaillant la couronne.

Amen.

Quelle leçon vous laissez à la terre en montant au ciel, ô bienheureuse Elisabeth ! Nous le demandons avec l’Église pour nous et tous nos frères dans la foi : puissent vos prières glorieuses obtenir de Dieu miséricordieux que nos cœurs s’ouvrent à la lumière des enseignements de votre vie, et méprisent le bonheur du monde pour n’estimer que les consolations célestes [7]. L’Évangile nous le dit aujourd’hui même à votre honneur : Le royaume des cieux est semblable à un trésor caché, à une perle sans prix ; l’homme sage et entendu en affaires vend tout ce qu’il a pour s’assurer le trésor ou la perle [8]. Bon négoce dont vous eûtes l’intelligence, atteste l’Épître [9], et qui fit autour de vous la fortune de tous : de vos heureux sujets, dont il secourut les corps et releva les âmes ; de votre noble époux siégeant, grâce à vous, en bon lieu parmi les princes qui surent échanger un diadème périssable pour la couronne éternelle ; de tous les vôtres enfin, dont vous êtes la plus douce gloire, dont plusieurs vous suivirent de si près sur le chemin du renoncement qui conduit aux cieux. Pourquoi faut-il que d’autres, en un siècle de ruine, aient abdiqué leur titre de fils des Saints, entraînant après eux les peuples à faire litière des plus suaves souvenirs comme des plus nobles traditions ? Daigne le Seigneur rendre à son Église et à vous-même le pays qui fut pour vous celui de son amour ; puissent vos supplications se joindre aux nôtres en ce jour, et ramener l’antique foi dans ces rameaux de votre descendance que ne parcourt plus la sève du salut ; puisse la glorieuse tige, en ses branches fidèles, nous donner toujours des Saints.

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Cette douce et angélique créature, fille du roi de Hongrie et épouse du landgrave de Thuringe, a des points de contact avec le pape Pontien. Élisabeth elle aussi, du sommet de son trône, fut traînée dans la poussière après la mort de son mari ; mais la vertu de la Sainte, membre du Tiers Ordre séraphique, fut supérieure à l’adversité. Ses miracles, après sa mort, propagèrent son culte de toutes parts, aussi fut-elle canonisée en 1235.

La messe Cognóvi est du commun, mais la première collecte est propre.

II y avait à Rome plusieurs églises dédiées à cette illustre fille spirituelle de l’Ordre des Mineurs : Sainte-Élisabeth des boulangers allemands, sur la voie papale ; Sainte-Élisabeth alle Muratte ; Sainte-Élisabeth a Pozzo bianco ; Sainte-Élisabeth in Banchi ; Sainte-Élisabeth au -Transtévère. Comme on le voit, les tertiaires franciscains avaient largement répandu le culte de leur insigne patronne.

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

« Le rossignol de Dieu »

Sainte Élisabeth. — Jour de mort : 17 novembre 1231, à l’âge de 24 ans. Tombeau : Ses reliques, qui subirent divers destins, reposent dans l’église Sainte Élisabeth à Marbourg ; son chef est à Vienne (église Sainte Élisabeth) Image : On la représente en princesse, distribuant des aumônes. Vie : Sainte Élisabeth, un bijou parmi les saints allemands, patronne des œuvres de charité chrétienne à l’égard du prochain, se distingue par son courage joyeux dans la souffrance. Elle était fille (née en 1207) du roi de Hongrie, André. Dès l’âge de quatre ans, elle vint à la cour de son futur époux, et fut mariée (1221) à Louis, landgrave de Thuringe. Elle remplit avec une fidélité consciencieuse aussi bien ses devoirs d’épouse que ceux de servante de Dieu. Elle quittait son lit durant la nuit et demeurait longtemps en prière ; elle exerçait avec zèle les œuvres de charité chrétienne ; elle se faisait la servante des veuves, des orphelins, des malades et des indigents ; au cours d’une grande famine, elle distribua généreusement tout le blé de ses greniers ; elle recueillait les lépreux dans un hôpital fondé par elle et leur baisait les mains et les pieds. Elle fit construire aussi un vaste hospice pour recevoir et soigner les nécessiteux. Après la mort prématurée de son époux (en 1227, à Otrante, en Basse-Italie, au cours de la croisade que l’empereur Frédéric II fit traîner en longueur), elle quitta tous ses ornements princiers pour pouvoir servir Dieu plus facilement, revêtit un costume simple, devint tertiaire de Saint François et se signala par sa patience et son humilité. Son domaine fut saisi, et on l’obligea à quitter le château de la Wartbourg. Cependant, à Eisenach, personne n’osait lui offrir un abri par crainte du souverain. Ce n’est qu’après bien des prières qu’un aubergiste compatissant lui céda une écurie abandonnée. Mais la cour lui renvoya ses enfants qu’elle avait d’abord laissés au château et interdit à tous les habitants d’héberger la veuve du landgrave, de sorte qu’elle dut errer en plein froid de l’hiver avec ses trois enfants dont le plus jeune avait à peine quelques mois. En 1228, elle prit le voile des sœurs du tiers-ordre de Saint François et se rendit à Marbourg où elle fit construire un hôpital avec son pécule de veuve, ne se réservant qu’une pauvre maisonnette de torchis. Toutes ses forces et tous ses soins étaient pour les pauvres et les malades ; quant à elle, elle gagnait sa vie en filant. Encore jeune par l’âge, mais riche en bonnes œuvres de noble charité, elle mourut là le 17 novembre 1231 ; elle n’avait que 24 ans. — La Messe est du commun des saintes femmes (Cognóvi).

[1] Eccli. XLIV.

[2] Ibid. 6.

[3] Montalembert. Histoire de sainte Élisabeth de Hongrie, Ch. VII.

[4] II Cor. IX, 7.

[5] J’ai méprisé les trônes du monde en considération du Seigneur Jésus-Christ, l’attrait de mes yeux et de mon cœur, qui eut ma foi et mon amour.

[6] Judic. IV.

[7] Collecte de la fête.

[8] Évangile, ex Matth. XII.

[9] Épître, ex Prov. XXXI.

Office du jour

Office du jour

Office

Quatrième leçon. Élisabeth, fille d’André, roi de Hongrie, commença dès son enfance à craindre Dieu ; croissant en âge, elle croissait aussi en piété. Ayant été mariée à Louis, Landgrave de Hesse et de Thuringe, elle ne mit pas moins de zèle à remplir ses devoirs envers Dieu, que ses devoirs envers son mari. Se levant la nuit, elle vaquait longuement à l’oraison ; elle s’appliquait à diverses œuvres de charité, se dépensant au service des veuves, des orphelins, des malades, des indigents ; on la vit, durant une famine cruelle, distribuer libéralement le blé de sa maison. Elle donnait asile aux lépreux, leur baisait les mains et les pieds, et fit construire un grand hôpital, destiné à soigner et à nourrir les pauvres.

Cinquième leçon. A la mort de son époux, voulant servir Dieu avec plus de liberté, Élisabeth déposa toutes les parures du siècle, se revêtit d’une robe grossière et entra dans l’Ordre des Pénitents de saint François, où elle se fit particulièrement remarquer par les vertus de patience et d’humilité. Car, dépouillée de tous ses biens, chassée de son propre palais, délaissée de tout le monde, elle supporta avec un courage invincible, les injures, les sarcasmes et les médisances, ressentant même une très grande joie de souffrir ainsi pour Dieu, s’abaissant jusqu’aux plus vils offices auprès des pauvres et des malades, leur procurant les soulagements nécessaires, et se contentant d’herbes et de légumes pour sa nourriture.

Sixième leçon. Après avoir passé très religieusement sa vie dans l’accomplissement de ces œuvres de piété et de beaucoup d’autres non moins saintes, le terme de son pèlerinage arriva enfin ; elle l’avait déjà prédit à ceux qui l’entouraient. Ce fut pendant qu’elle se livrait à la contemplation divine, les yeux fixés au ciel, qu’elle s’endormit dans le Seigneur, après avoir été merveilleusement assistée de Dieu et fortifiée par la réception des sacrements. Il se fit aussitôt plusieurs miracles à son tombeau ; en ayant eu connaissance et les ayant constatés, Grégoire IX l’inscrivit au nombre des Saints.

Commun des Saintes Femmes, Pour une sainte Femme non Martyre

Commune non Virginum · Pro nec Virgine nec Martyre

IntroïtAnt. ad Introitum. Ps. 118, 75 et 120.
Cognóvi, Dómine, quia .quitas iudícia tua, et in veritáte tua humiliásti me : confíge timóre tuo carnes meas, a mandátis tuis tímui.
J’ai reconnu, Seigneur, que vos jugements sont équitables, et que vous m’avez humilié selon votre justice. Transpercez ma chair par votre crainte ; je redoute vos jugements.
Ps. Ibid., 1.
Beáti immaculáti in via : qui ámbulant in lege Dómini.
Heureux ceux qui sont immaculés dans la voie, qui marchent dans la loi du Seigneur.
V/.Glória Patri.
CollecteOratio.
Tuórum corda fidélium, Deus miserátor, illústra : et, beátæ Elisabeth précibus gloriósis ; fac nos próspera mundi despícere, et cælésti semper consolatióne gaudére. Per Dóminum.
Dieu de miséricorde, éclairez les cœurs de vos fidèles, et, touché des glorieuses prières de sainte Élisabeth, faites-nous mépriser les prospérités du monde et jouir sans cesse des consolations célestes.
ÉpîtreLéctio libri Sapiéntiæ.
Prov. 31, 10-31.
Mulíerem fortem quis invéniet ? Procul et de últimis fínibus prétium eius. Confídit in ea cor viri sui, et spóliis non indigébit. Reddet ei bonum, et non malum, ómnibus diébus vitæ suæ. Quæsívit lanam et linum, et operáta est consílio mánuum suárum. Facta est quasi navis institóris, de longe portans panem suum. Et de nocte surréxit, dedítque prædam domésticis suis, et cibária ancíllis suis. Considerávit agrum, et emit eum : de fructu mánuum suárum plantávit víneam. Accínxit fortitúdine lumbos suos, et roborávit bráchium suum. Gustávit, et vidit, quia bona est negotiátio eius : non exstinguétur in nocte lucérna eius. Manum suam misit ad fórtia, et dígiti eius apprehénderent fusum. Manum suam apéruit ínopi, et palmas suas exténdit ad páuperem. Non timébit dómui suæ a frigóribus nivis : omnes enim doméstici eius vestíti sunt duplícibus. Stragulátam vestem fecit sibi : byssus et púrpura induméntum eius. Nóbilis in portis vir eius, quando séderit cum senatóribus terræ. Síndonem fecit et véndidit, et cíngulum tradidit Chananǽo. Fortitúdo et decor induméntum eius, et ridébit in die novíssimo. Os suum apéruit sapiéntiæ, et lex cleméntiæ in lingua eius. Considerávit sémitas domus suæ, et panem otiósa non comédit. Surrexérunt fílii eius, et beatíssimam prædicavérunt : vir eius, et laudávit eam. Multæ fíliæ congregavérunt divítias, tu supergréssa es univérsas. Fallax grátia, et vana est pulchritúdo : mulier timens Dóminum, ipsa laudábitur. Date ei de fructu mánuum suárum, et laudent eam in portis ópera eius.
Qui trouvera la femme forte ? C’est au loin et aux extrémités du monde qu’on doit chercher son prix. Le cœur de son mari se confie en elle, et il ne manquera point de dépouilles. Elle lui rendra le bien, et non le mal, tous les jours de sa vie. Elle a cherché la laine et le lin, et elle a travaillé avec des mains ingénieuses. Elle est comme le vaisseau d’un marchand, qui apporte son pain de loin. Elle se lève lorsqu’il est encore nuit, et elle donne la nourriture à ses domestiques, et les vivres à ses servantes. Elle a considéré un champ, et elle l’a acheté ; du fruit de ses mains elle a planté une vigne. Elle a ceint ses reins de force, et elle a affermi son bras. Elle a goûté, et elle a vu que son trafic est bon ; sa lampe ne s’éteindra point pendant la nuit. Elle a porté sa main à des choses fortes, et ses doigts ont saisi le fuseau. Elle a ouvert sa main à l’indigent, et elle a étendu ses bras vers le pauvre. Elle ne craindra point pour sa maison le froid de la neige, car tous ses domestiques ont un double vêtement. Elle s’est fait un vêtement de tapisserie ; elle se couvre de lin et de pourpre. Son mari est illustre aux portes de la ville, lorsqu’il est assis avec les anciens du pays. Elle a fait une tunique de lin et elle l’a vendue, et elle a livré une ceinture au Chananéen. Elle est revêtue de force et de beauté, et elle rira au dernier jour. Elle a ouvert sa bouche à la sagesse, et la loi de la clémence est sur sa langue. Elle a considéré les sentiers de sa maison, et elle n’a pas mangé son pain dans l’oisiveté. Ses fils se sont levés, et l’ont proclamée bienheureuse ; son mari s’est levé aussi, et l’a louée. Beaucoup de filles ont amassé des richesses ; toi, tu les as toutes surpassées. La grâce est trompeuse, et la beauté est vaine ; la femme qui craint le Seigneur est celle qui sera louée. Donnez-lui du fruit de ses mains, et que ses œuvres la louent aux portes de la ville.
GraduelGraduale. Ps. 44, 3 et 5.
Diffúsa est grátia in labiis tuis : proptérea benedíxit te Deus in ætérnum.
La grâce est répandue sur vos lèvres ; c’est pourquoi Dieu vous a bénie à jamais et pour tous les siècles.
V/. Propter veritátem et mansuetúdinem et iustítiam : et de ducet te mirabíliter déxtera tua.
V/. Pour la vérité, la douceur et la justice ; et votre droite voua conduira merveilleusement.
Alléluia
Allelúia, allelúia. V/. Ibid., 5. Spécie tua et pulchritúdine tua inténde, próspere procéde et regna. Allelúia.
Allelúia, allelúia. V/. Avec votre gloire et votre majesté, avancez, marchez victorieusement et régnez. Alléluia.
Évangile+ Sequéntia sancti Evangélii secundum Matthǽum.
Suite du Saint Évangile selon saint Matthieu.
Matt 13, 44-52
In illo témpore : Dixit Iesus discípulis suis parábolam me : Símile est regnum cælórum thesáuro abscóndito in agro : quem qui invénit homo, abscóndit, et præ gáudio illíus vadit, et vendit univérsa, quæ habet, et emit agrum illum. Iterum símile est regnum cælórum hómini negotiatóri, quærénti bonas margarítas. Invénta autem una pretiósa margaríta, ábiit, et véndidit ómnia, quæ hábuit, et emit eam. Iterum símile est regnum cælórum sagénse, missæ in mare et ex omni génere píscium congregánti. Quam, cum impléta esset, educéntes, et secus litus sedéntes, elegérunt bonos in vasa, malos autem foras misérunt. Sic erit in consummatióne sǽculi : exíbunt Angeli, et separábunt malos de médio iustórum, et mittent eos in camínum ignis : ibi erit fletus et stridor déntium. Intellexístis hæc ómnia ? Dicunt ei : Etiam. Ait illis : Ideo omnis scriba doctus in regno cælórum símilis est hómini patrifamílias, qui profert de thesáuro suo nova et vétera.
En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples cette parabole : "Le Royaume des Cieux est comparable à un trésor caché dans un champ. Quand un homme le trouve, il le cache, puis, dans sa joie, il s’en va, il vend tout ce qu’il possède, et il achète ce champ. Ou encore : Le Royaume des Cieux est comparable à un marchand qui recherche des perles fines. Quand il trouve une perle de grand prix, il s’en va, il vend tout ce qu’il possède, et il l’achète. Ou encore : Le Royaume des Cieux est comparable à un filet qu’on jette dans la mer et qui ramasse des poissons de toutes sortes. Quand il est rempli, on le tire sur le rivage ; on s’assied, et on recueille dans des paniers ce qui est bon, mais le mauvais, on le jette. Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges sortiront, ils sépareront les méchants d’avec les justes, et ils les jetteront dans la fournaise de feu. Là, seront les pleurs et les grincements de dents. Avez-vous compris tout cela ?" Ils répondirent : "Oui". Il leur dit : "C’est pourquoi tout scribe instruit du Royaume des Cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien."
OffertoireAnt. ad Offertorium. Ps. 44. 3.
Diffúsa est grátia in lábiis tuis : proptérea benedíxit te Deus in ætérnum, et in sǽculum sǽculi.
La grâce est répandue sur vos lèvres ; c’est pourquoi Dieu vous a bénie à jamais et pour tous les siècles.
SecrèteSecreta C
Secrète C
Accépta tibi sit, Dómine, sacrátæ plebis oblátio pro tuórum honóre Sanctórum : quorum se méritis de tribulatióne percepísse cognóscit auxílium. Per Dóminum nostrum.
Qu’elle vous soit agréable, Seigneur, l’offrande que vous fait votre peuple saint en l’honneur de vos Saints, par les mérites desquels il reconnaît avoir reçu du secours dans la tribulation.
CommunionAnt. ad Communionem. Ps. 44, 8.
Dilexísti iustítiam, et odísti iniquitátem : proptérea unxit te Deus, Deus tuus, óleo lætítiæ præ consórtibus tuis.
Vous avez aimé la justice et haï l’iniquité ; c’est pourquoi Dieu, votre Dieu, vous a ointe d’une huile d’allégresse d’une manière plus excellente que toutes vos compagnes.
PostcommunionPostcommunio.
Satiásti, Dómine, famíliam tuam munéribus sacris : eius, quǽsumus, semper interventióne nos réfove, cuius sollémnia celebrámus. Per Dóminum.
Vous avez, Seigneur, nourri votre famille de dons sacrés ; ranimez-nous toujours grâce à l’intervention de la sainte dont nous célébrons la fête.

Item alia Epistola pro Vidua : · ¶ Autre Epître pour les Veuves :

ÉpîtreLéctio Epístolæ beáti Pauli Apóstoli ad Timotheum.
Lecture de l’Épître de saint Paul Apôtre à Timothée.
1. Tim. 5, 3-10.
Caríssime : Víduas hónora, quæ vere víduæ sunt. Si qua autem vídua fílios aut nepótes habet, discat primum domum suam régere, et mútuam vicem réddere paréntibus : hoc enim accéptum est coram Deo. Quæ autem vere vídua est et desoláta, speret in Deum, et instet obsecratiónibus et oratiónibus nocte ac die. Nam quæ in delíciis est, vivens mórtua est. Et hoc prǽcipe, ut irreprehensíbiles sint. Si quis autem suórum, et máxime domesticórum curam non habet, fidem negávit, et est infidéli detérior. Vídua eligátur non minus sexagínta annórum, quæ fúerit uníus viri uxor, in opéribus bonis testimónium habens, si fílios educávit, si hospítio recépit, si sanctórum pedes lavit, si tribulatiónem patiéntibus subministrávit, si omne opus bonum subsecúta est.
Mon bien-aimé : Honore les veuves qui sont vraiment veuves. Si une veuve a des fils ou des petits-fils, qu’elle apprenne avant tout à gouverner sa maison et à rendre la pareille à ses parents ; car cela est agréable à Dieu. Mais que celle qui est vraiment veuve et délaissée, espère en Dieu, et persévère nuit et jour dans les supplications et les prières. Car celle qui vit dans les délices est morte, quoique vivante. Rappelle-leur également cela, pour qu’elles soient irréprochables. Si quelqu’un n’a pas soin des siens et surtout de ceux de sa maison, il a renié la foi, et il est pire qu’un infidèle. Qu’une veuve, pour être admise, n’ait pas moins de soixante ans, qu’elle ait été la femme d’un seul mari, qu’on rende témoignage à ses bonnes œuvres : si elle a élevé des enfants, exercé l’hospitalité, lavé les pieds des saints, secouru les affligés, si elle s’est appliquée à toute sorte de bonnes œuvres.
Mémoire de S. Pontien

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