S. Marcel Iᵉʳ, Pape & Martyr
Samedi 16 janvier 2027
Tous les textes, sans date : temporal et sanctoral
Messe (Si diligis me) des Souv. Pontifes : Gloria. Or. pro Papa. Préf. commune.
Textes du Commun : le propre du saint manque encore (« N. » à la place de son nom).

Commentaires
Commentaire (Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique)
Commentaire (Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique)
Le 9 janvier 1942, le Pape Pie XII a introduit dans le Missel et dans le Bréviaire un nouveau Commun pour un ou plusieurs Souverains Pontifes. Il base cette nouveauté sur les motifs suivants : « La Sainte Église a toujours entouré d’un honneur particulier les Souverains Pontifes qui ont défendu avec zèle les droits du Saint-Siège, ont propagé par toute la terre la vérité de l’Évangile et ont donné aux membres de leur troupeau un lumineux exemple par la sainteté de leur vie et leur mort. Si les portes de l’enfer ont, en tout temps, attaqué la solidité du roc apostolique par des persécutions vaines, mais toujours cruelles et sanglantes, les ennemis de l’Église essayent actuellement de .couvrir les papes de leur bave et de les déshonorer par leurs calomnies. Pour lutter contre ces attaques et relever toujours davantage la dignité de la papauté qui est une charge conférée par Dieu et pour célébrer en même temps la mémoire des papes qui se sont distingués par leur sainteté, Pie XII a institué le nouveau Commun ».
Ce nouveau Commun ne comporte dans le Bréviaire que les Oraisons et l’homélie du troisième nocturne sur le nouvel Évangile ; tous les autres textes sont empruntés au Commun des Martyrs ou des Confesseurs Pontifes.
Mais la messe offre un formulaire complètement propre qui est désigné par les premiers mots de son Introït « Si ditigis me ». Ce formulaire est dominé par cette pensée que les promesses du Christ à Saint Pierre se continuent et demeurent efficaces chez ses successeurs. Il y a, en particulier, deux paroles du Christ à Saint Pierre qui reviennent dans toute la messe comme leitmotive : « Si tu m’aimes, Simon Pierre, pais mes brebis, pais mes agneaux » ; elles servent de thème à l’Introït et continuent dans la première partie de la messe ; puis cette autre parole « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église », elle domine le reste de la messe à partir de l’Alléluia.
L’Introït ne suit pas la règle classique et emploie comme verset la parole du Christ. Le psaume 29 est mis dans la bouche du saint Pape qui remercie pour sa vocation de pasteur du troupeau du Christ ainsi que pour la protection divine contre ses ennemis. C’est là un écho de cette autre parole du Sauveur « les portes de l’enfer ne prévaudront point » (la suite du psaume n’est pas évoquée).
Dans les deux Oraisons aussi il est fait allusion aux paroles du Christ ; Dieu est appelé « Pasteur éternel » à qui l’on demande de regarder avec bienveillance son troupeau et de le protéger par l’intercession du saint Pape que Dieu a établi Pasteur de toute l’Église. Nous voyons que l’on insiste sur le motif du Pasteur. La seconde Oraison qui trouve rarement son emploi est inspirée par la parole « Les portes de l’enfer... ».
L’Épître est entièrement nouvelle : c’est Saint Pierre qui parle. Le premier Pape s’adresse à ses successeurs : « J’exhorte les Anciens qui sont parmi vous, moi qui -suis Ancien comme eux et témoin des souffrances du Christ et qui ai part aussi à la gloire qui va se révéler (Saint Pierre en effet a été témoin de l’agonie au Jardin des Oliviers, témoin de l’arrestation de Jésus, comme il avait été témoin de la Transfiguration) ; faites paître le troupeau de Dieu qui est parmi vous, non par contrainte, mais de bon gré, non par vénalité, mais avec générosité, non pas comme si vous tyrannisiez vos sujets, mais en vous faisant des modèles pour votre troupeau. Et quand paraîtra le chef des pasteurs (le Christ), vous recevrez la couronne de vie qui ne se flétrit pas. Que le Dieu de toute gloire qui vous a appelés à sa gloire éternelle dans le Christ Jésus, après de brèves souffrances (allusion aux Papes Martyrs) vous rende parfaits, forts, inébranlables. A lui puissance et gloire dans les siècles. Amen ». Il est inutile de souligner que cette Épître constitue un enrichissement éminent du trésor des lectures du Missel.
Le Graduel qui doit être l’écho de l’Épître se rattache aux mots seniores et consenior et vise l’élévation du saint Pape sur la chaire de Saint Pierre.
L’Alléluia est une préparation à l’Évangile et en met en relief le passage principal « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église ». Cette promesse du Christ s’est vérifiée aussi dans la Papauté ; la Papauté est, en tous les temps, le roc qui sert de base inébranlable à la sainte Eglise.
L’Évangile apporte, pour tous les siècles, la preuve que la primauté de Saint Pierre et de ses successeurs a été voulue et instituée par le Christ. Les Papes sont, pour tous les temps, le rocher fondamental ainsi que les gardiens des clefs de l’Église et ils ont reçu la promesse que l’enfer avec toute sa puissance ne pourra rien contre eux.
L’Offertoire renferme un passage du prophète Jérémie (1,9-10) que la liturgie aime à appliquer au Précurseur du Christ : « Voici que je mets mes paroles sur tes lèvres ; je te donne aujourd’hui le pouvoir sur les nations et les royaumes, pour arracher et pour détruire, pour ruiner et pour démolir, pour bâtir et pour planter ». Le Christ s’adresse ici à Saint Pierre et à ses successeurs ; il leur transmet le magistère de l’infaillibilité et pose sur la tête la triple couronne : il leur donne le pouvoir de lier et de délier.
Dans la Secrète réapparaît le thème du Pasteur : puissent le Pasteur et le troupeau trouver la complaisance de Dieu. Pendant que la communauté s’avance vers la table du Seigneur, nous entendons encore une fois : « Tu es Pierre et sur cette Pierre je bâtirai mon Église ». Mais ces paroles ne s’appliquent pas seulement au saint Pape, elles valent aussi pour chaque fidèle. Lui aussi doit être un roc dans sa foi, dans la grâce et dans l’amour ; c’est sur lui que le Christ bâtira l’Église spirituelle.
La première Postcommunion est d’une beauté classique ; elle ne vise pas tant le chrétien isolé que l’Église qui « goûte un sain rafraîchissement » dans la Communion ; elle demande liberté et unité de foi pour l’Église par rapport à la papauté. La seconde Postcommunion fait encore écho au thème du Pasteur : « que l’obéissance du troupeau ne fasse pas défaut au Pasteur et que le Pasteur prenne soin de son troupeau ». Nous avons donc là un formulaire de messe magnifique et riche d’idées. Peut-être est-il permis de regretter que sa trop fréquente répétition (24 fois dans l’année) ne nuise à la ferveur, alors qu’autrefois il y avait plus de variété dans les offices et les messes des saints Papes.
Commun d’un ou plusieurs Souverains Pontifes
Commune unius aut plurium Summorum Pontificum
Si agenda sit commemoratio alterius Summi Pontificis · S’il faut faire mémoire d’un autre Souverain Pontife
Pro commemoratione alterius vel aliorum Summorum Pontificum · Pour la commémoraison d’un ou de plusieurs autres Souverains Pontifes
Eadem postcommunio in plurali · La meme postcommunion au pluriel