Sᵗᵉ Marguerite-Marie Alacoque, Vierge

Textes de la Messe

Férie • Mém. de S. Blaise, Évêque & Martyr ou Messe de S. Blaise

Mercredi 3 février 2027

Tous les textes, sans date : temporal et sanctoral

Messe du jour

Messe (Sacerdotes Dei) de S. Blaise (4ᵉ cl./Rouge). Gloria. Or. pro Papa. Trait. Préf. commune.

Textes du Commun : le propre du saint manque encore (« N. » à la place de son nom).

Commentaires

Présentation

Présentation

La passion latine de St Blaise indique le 3 février pour sa mort et c’est à ce jour qu’il apparaît dans les calendriers au IXᵉ siècle, tandis que les byzantins le fêtent le 11.

A partir du Xᵉ et du XIᵉ siècles, son culte connu une exceptionnelle diffusion due à un passage de sa passion, et à la bénédiction des cierges pour guérir les maux de gorges (voir ici)

A Rome la première mention du saint est de 955 par une bulle du pape Agapit II.

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Maintenant que l’Église a clos pour nous la touchante Quarantaine de la Naissance du Sauveur, et qu’elle nous a ouvert la source des fortes et sérieuses méditations qui doivent nous préparer pour la pénitence, chaque Fête des Bienheureux doit nous apporter une impression propre à nourrir en nous l’esprit de ce saint Temps. Dans la période dont nous sortons, tous les amis de Dieu que nous avions à fêter, nous apparaissaient rayonnants des joies de la Naissance de l’Emmanuel ; ils formaient sa cour radieuse et triomphante. D’ici à la Résurrection du Fils de Dieu, nous aimerons à les considérer surtout dans les labeurs du pèlerinage de cette vie. Ce qui nous importe aujourd’hui, c’est de voir et d’étudier comment ils ont vaincu le monde et la chair. « Ils allaient, dit le Psalmiste, et ils jetaient la semence sur le sillon, l’arrosant de leurs pleurs ; mais ils reviendront dans l’allégresse, chargés des gerbes que leurs sueurs auront produites [1]. » Espérons qu’il en sera de même pour nous, à la fin de cette laborieuse carrière, et que le Christ ressuscité nous saluera comme ses membres vivants et renouvelés. Dans la période que nous avons présentement à traverser, les Martyrs abondent, et nous débutons aujourd’hui par un des plus célèbres. Sébaste, en Arménie, fut honorée par ses vertus pastorales et par sa glorieuse Passion ; bientôt la même ville nous fournira dans un seul jour quarante soldats Martyrs. La dévotion envers saint Blaise est demeurée très vive en Orient, surtout en Arménie, et son culte, introduit de bonne heure dans les Églises de l’Occident, y a toujours été très populaire. Sa fête n’étant néanmoins que du degré simple, l’Église Romaine n’a consacré à son honneur que la courte Légende que nous donnons ici.

Blaise fleurissait en toute sorte de vertus à Sébaste en Arménie, lorsqu’il fut élu évêque de cette ville. Au temps où Dioclétien exerçait son insatiable cruauté contre les Chrétiens, le saint se retira dans une caverne du mont Argée, où il demeura caché jusqu’à ce qu’ayant été découvert par des soldats du gouverneur Agricolaüs, qui se livraient à la chasse, il fut conduit devant ce magistrat et jeté en prison par son ordre. Là, il guérit plusieurs malades qu’on lui amena, à cause de la réputation de sainteté dont il jouissait, et entre autres un enfant qui se mourait pour avoir avalé une arête qui lui était demeurée de travers dans le gosier, en sorte que les médecins désespéraient de le sauver. Biaise comparut deux fois devant le gouverneur, sans que l’on pût, ni par caresses, ni par menaces, le persuader de sacrifier aux idoles. Il fut donc d’abord battu de verges, ensuite déchiré avec des peignes de fer sur le chevalet, et enfin il eut la tête tranchée, rendant un glorieux témoignage au Seigneur Jésus-Christ, le trois des nones de février.

Nous unissons nos voix au concert de louanges que vous adressent toutes les Églises qui sont sous le ciel, ô glorieux Martyr ! En retour de nos hommages, du sommet de la gloire où vous régnez, abaissez vos regards sur nous, et voyez les fidèles de la chrétienté tout entière qui se préparent aux saintes expiations de la pénitence, et qui songent à revenir au Seigneur leur Dieu par les larmes et la componction. Souvenez-vous de vos propres combats, et assistez-nous dans le travail de renouvellement que nous allons entreprendre. Vous n’avez pas craint les tourments de la mort ; et quelque rude qu’ait été l’épreuve, vous l’avez subie avec courage. Obtenez-nous la constance dans une carrière moins périlleuse. Nos ennemis ne sont rien auprès de ceux qu’il vous a fallu vaincre ; mais ils sont perfides, et si nous les ménageons, ils peuvent nous abattre. Obtenez-nous le secours divin par lequel vous avez triomphé. Nous sommes les fils des Martyrs ; que leur sang ne dégénère pas en nous. Souvenez-vous aussi, saint Pontife, des heureuses contrées que vous arrosâtes de votre sang. La foi pour laquelle vous avez donné votre vie s’y était altérée ; des jours meilleurs semblent briller enfin. Par vos prières paternelles, rendez l’Arménie à l’Église catholique, et consolez, par le retour de leurs frères, les fidèles qui ont su s’y conserver orthodoxes, parmi tant de périls.

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Ce saint évêque, martyrisé à Sébaste de Cappadoce sous Licinius, est entré dans le calendrier romain vers le XIᵉ siècle, en raison du grand développement que prit alors son culte dans la Ville éternelle, où s’élevèrent en son honneur trente-cinq églises au moins. La plus célèbre était celle ad caput seccutae, près de l’actuelle via Giulia, et qui, refaite en 1072 par l’abbé Dominique, atteint une telle renommée qu’elle fut mise au nombre des vingt-quatre abbayes privilégiées de Rome.

Voici la curieuse épigraphe léonine qui rappelle la construction de cette église :

HOC • FVIT • INCOEPTVM • RENOVARI • TEMPORE • TEMPLVM
VRBIS • ALEXANDRI • ROMANI • PRAESVLIS • ANNIS
ANNVS • ERAT • DVODENVS • ET • IPSE • SECVNDVS
ANNVS • MILLENVS • GEMINVS • TVNC • SEPTVAGENVS
TEMPORE • QVO • VERBVM • CONCEPIT • VIRGO • SVPERNVM
ANNVS • IN • AVGVSTO • CVRREBAT • MENSE • PERVSTO
SEXTA • DIADENA • ET • FVERAT • INDICTIO • DENA
ABBAS • DOMINICVS • MERITIS • ET • NOMINE • DIGNVS
HANC • AEDEM • COEPIT • PLENE • COMPLEVIT • ET IDEM
HICQVE • CRVCIS • LIGNVM • POSVIT • VENERABILE • DIGNVM
ET • VESTEM • DIVAE • GENITRICIS • QVIPPE • MARIAE
ANDREAS • SCI • BLASII • DARIAEQVE • CRISANTHI
PAPAE • SYLVESTRI • DIONYSII • NECNON • SEVERI
HONORI • STEPHANI • MARCI • MARCELLIQVE
TRANQV1LLINI • NICOSTRATI • CAESARISQVE
AC • AQVILAE • NEREI • VEL • ACHILLEI
VEL • ERASMI • ATQVE • CATHARINAE • SEV • SANCTORVM • XL • SCE • CAECILIAE
PRISCAE • ZOESQVE • SOPHIAE
HAE • SVNT • RELIQVIAE • QVIBVS • ALMVS • FIT • LOCVS • ISTE
NECNON • MVLTORVM • NESCIMVS • NOMINA • QVORVM

Les Orientaux célèbrent la fête de ce célèbre évêque de Sébaste le 11 février.

On dit que l’on conserve, dans la basilique vaticane, parmi les saintes reliques, la gorge du Martyr, transportée là sous Eugène IV, de l’abbaye ad caput seccutae, où on la conservait auparavant. Dans une autre église de la région Arenula, S. Blasius arcariorum, on conservait au moyen âge — du moins le croyait-on alors — l’anneau épiscopal du saint, aujourd’hui gardé dans l’église de Saint-Charles a’ Catinari, qui lui a succédé à peu près sur le même emplacement.

La messe est entièrement celle du Commun des martyrs pontifes, Sacerdótes Dei.

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Bénédiction de saint Blaise.

1. Saint Blaise. — Jour de mort : 3 février, vers 316. Tombeau : à Paris. Image : On le représente en évêque avec un séran de fer (l’instrument de son supplice), avec deux cierges dans la main. Sa vie : Le martyrologe relate : « A Sébaste, en Arménie (Asie Mineure), la mort de saint Blaise, évêque et martyr ; il avait accompli plusieurs miracles, quand le gouverneur Agricolaus le fit battre très longtemps de verges et le fit étendre sur un chevalet de bois. Là, avec des peignes de fer, on lui arracha la chair des os et ensuite on l’enferma dans un horrible cachot. Après avoir essayé en vain de le noyer dans un lac, le juge dont on a parlé le fit décapiter avec deux jeunes compagnons. Déjà avant lui, sept femmes, qu’on avait arrêtées comme chrétiennes, au moment où elles recueillaient, comme une relique, le sang du martyr qui coulait à terre, furent mises à mort par le glaive, après de terribles tortures. » (Cette relation est en grande partie légendaire). Blaise, avant son élévation à l’épiscopat, exerçait la médecine et, en imitation du Sauveur, l’unissait, pour des motifs de zèle pastoral, au ministère sacerdotal. Il souffrit probablement sous Licinius (316). Il compte, comme thaumaturge, parmi les quatorze saints auxquels on a recours dans les besoins extrêmes ; on l’invoque particulièrement dans la détresse spirituelle causée par des péchés graves non avoués, ainsi que contre les maux de gorge. On recourt à lui, dans ce dernier cas, à cause de la guérison miraculeuse d’un enfant qui avait avalé une arête de poisson. C’est pour la même raison que, dans nos régions, on donne, le jour de sa fête, la bénédiction de saint Blaise, contre tous les maux de gorge.

2. La messe (Sacerdótes Dei). — La messe est la seconde du commun d’un martyr pontife. L’entrée du cortège sacerdotal symbolise le vénérable évêque. L’Église exhorte non seulement les prêtres mais encore les laïcs de cœur saint et humble » à louer Dieu et, dans le Benedicite qui suit, toute la création s’unit à ce chant de louange. Les deux lectures représentent le martyr, toutes deux sont riches d’enseignements. Immédiatement après la profession solennelle de saint Pierre, près de Césarée de Philippe, Notre Seigneur entreprend de préparer les siens à sa mort sur la Croix. Il prédit pour la première fois sa Passion et donne son premier sermon de la Croix. Dans ce sermon, il fait un pas de plus. Il ne suffit qu’il souffre lui-même, ses disciples doivent, eux aussi, se charger de leur croix et le suivre. L’Église nous adresse ce sermon de la Croix en la fête de notre saint martyr pontife, car celui-ci l’a mis en pratique dans sa vie. Il s’est renoncé lui-même, il s’est chargé de la croix et il a haï sa vie sur la terre, c’est pourquoi, il a part à la promesse : le Fils de l’Homme viendra dans la majesté de son Père, entouré de ses anges et il donnera la récompense (Év.). Notre saint, au jour de sa mort, a vu le Seigneur venir à lui. A l’Épître, le saint martyr se tient devant nous et nous dit : ce n’est qu’en participant à mes souffrances que vous aurez part à ma « consolation ». Ainsi, nous déposons, à l’Offertoire, notre croix sur l’autel et nous recevons, à la Communion, le gage de la céleste « couronne ornée de pierres précieuses » (Comm.).

3. Les sacramentaux. — Aujourd’hui, l’Église nous donne la bénédiction de saint Blaise. Ceci nous invite à penser aux bénédictions. L’amour maternel de l’Église ne se manifeste pas seulement dans les riches dons, qu’elle nous accorde à pleines mains dans le Sacrifice eucharistique, dans les sacrements et dans le Saint-Office ; il se montre encore dans le souci qu’elle a de nos petits besoins journaliers. Elle nous suit dans nos occupations les plus simples et nous aide dans nos besoins personnels. Et cela, elle le fait au moyen des sacramentaux, que nous appelons aussi bénédictions. Nous Pouvons distinguer trois sortes de sacramentaux : ceux qui nous facilitent la voie de la sainteté, ceux qui rehaussent pour nous le culte divin et ceux qui nous accompagnent dans la vie quotidienne. Les premiers sont les bénédictions d’objets qui servent au culte ; ce dont on se sert pour Dieu doit être séparé du monde qui se trouve encore sous la malédiction du péché, mis à part et sanctifié. Les seconds ont pour objet de donner au culte divin plus d’attrait et d’édification pour notre foi ; à ce second genre appartiennent : tout l’ensemble des cérémonies, l’encens, les lumières, l’eau bénite, les ornements et les vases précieux. Le troisième groupe essaie de faire dériver le flot de la Rédemption jusque dans les occupations ordinaires de la vie de chaque jour. Ce dernier groupe n’est pas encore assez connu et honoré. L’Église a, pour presque chaque objet d’usage dans la vie, pour chaque action et chaque démarche du chrétien, une bénédiction spéciale, pour chaque mal, un adoucissement et une guérison. Dans cette catégorie rentrent : la bénédiction de saint Blaise d’aujourd’hui, en partie la bénédiction des cierges d’hier, la bénédiction des maisons le jour de l’Épiphanie, la bénédiction du vin à la fête de Saint-Jean, la bénédiction des aliments à Pâques, etc. Assurément le chrétien obéit à la parole du Seigneur : « Cherchez d’abord le royaume de Dieu », la vie divine de la grâce est ce qui lui tient le plus au cœur et il se soumet de bon gré à la volonté de Dieu même lorsque quelque désagrément le menace ; mais il sait aussi que la seconde partie de la parole du Sauveur s’applique à lui : « tout le reste vous sera donné par surcroît. »

Office du jour

Office du jour

Office

Leçons des Matines avant 1960

Troisième leçon. Blaise brillait par toutes les vertus, à Sébaste en Arménie, lorsqu’il fut élu Évêque de cette ville. A l’époque où Dioclétien exerçait son insatiable cruauté contre les Chrétiens, le Saint se retira dans une caverne du mont Argée, et il y demeura caché jusqu’à ce que, découvert par les soldats du gouverneur Agricola qui se livraient à la chasse, il fut conduit devant ce magistrat et jeté, par son ordre, en prison. Là il guérit beaucoup de malades qu’on lui amenait à cause de sa réputation de sainteté ; parmi ces malades se trouva un enfant qui se mourait parce qu’une arête s’était fixée transversalement dans sa gorge : les médecins avaient désespéré de le guérir. Blaise comparut à deux reprises devant le gouverneur, et comme ni les flatteries ni les menaces ne pouvaient le déterminer à sacrifier aux idoles, il fut d’abord battu de verges, ensuite déchiré avec des peignes de fer sur le chevalet ; il eut enfin la tête tranchée, et donna ainsi un glorieux témoignage de sa foi au Christ, notre Seigneur, le trois des nones de février.

Pour un Martyr Évêque, Seconde Messe

Pro Martyre Pontifice · Altera Missa

IntroïtAnt. ad Introitum. Dan. 3, 84 et 87.
Sacerdótes Dei, benedícite Dóminum : sancti et húmiles corde, laudáte Deum.
Prêtres du Seigneur, bénissez le Seigneur ; saints et humbles de cœur, louez Dieu.
Ibid., 57.
Benedícite, ómnia ópera Dómini, Dómino : laudáte et superexaltáte eum in sǽcula.
Œuvres du Seigneur, louez toutes le Seigneur, louez-le, et exaltez-le à jamais.
V/.Glória Patri.
CollecteOratio.
Deus, qui nos beáti N. Mártyris tui atque Pontíficis ánnua sollemnitáte lætíficas : concéde propítius ; ut, cuius natalítia cólimus, de eiúsdem étiam protectióne gaudeámus. Per Dóminum.
Dieu, vous nous donnez chaque année un nouveau sujet de joie par la solennité de votre Martyr et Pontife, le bienheureux N. : accordez-nous, dans votre miséricorde, de pouvoir ressentir les effets de la protection de celui dont nous célébrons la naissance.
ÉpîtreLéctio Epístolæ beáti Pauli Apóstoli ad Corínthios.
Lecture de l’Épître de saint Paul aux Corinthiens.
2. Cor. 1, 3-7.
Fratres : Benedíctus Deus et Pater Dómini nostri Iesu Christi, Pater misericordiárum, et Deus totíus consolatiónis, qui consolátur nos in omni tribulatióne nostra : ut póssimus et ipsi consolári eos, qui in omni pressúra sunt, per exhortatiónem, qua exhortámur et ipsi a Deo. Quóniam sicut abúndant passiónes Christi in nobis : ita et per Christum abúndat consolátio nostra. Sive autem tribulámur pro vestra exhortatióne et salúte, sive consolámur pro vestra consolatióne, sive exhortámur pro vestra exhortatióne et salúte, quæ operátur tolerántiam earúndem passiónum, quas et nos pátimur : ut spes nostra firma sit pro vobis : sciéntes, quod, sicut sócii passiónum estis, sic éritis et consolatiónis : in Christo Iesu, Dómino nostro.
Mes Frères, béni soit Dieu, qui est aussi le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toutes nos tribulations, afin que nous puissions, nous aussi, par l’encouragement que nous recevons nous-mêmes de Dieu, consoler ceux qui sont pressés par toutes sortes de maux ; car, de même que les souffrances du Christ abondent en nous, notre consolation abonde aussi par le Christ. Or, soit que nous soyons affligés, c’est pour votre encouragement et votre salut ; soit que nous soyons consolés, c’est pour votre consolation ; soit que nous soyons encouragés, c’est pour votre encouragement et votre salut, qui s’accomplit par le support des mêmes souffrances que nous souffrons aussi : ce qui nous donne une ferme espérance pour vous, sachant que si vous avez part aux souffrances, vous aurez part aussi à la consolation, en Jésus-Christ Notre-Seigneur.
GraduelGraduale. Ps. 8, 6-7.
Glória et honóre coronásti eum.
Vous l’avez couronné de gloire et d’honneur.
V/. Et constituísti eum super ópera mánuum tuárum, Dómine.
V/. Et vous l’avez établi sur les ouvrages de vos mains, Seigneur.
TraitTractus. Ps. 111, 1-3.
Beátus vir, qui timet Dóminum : in mandátis eius cupit nimis.
Heureux l’homme qui craint le Seigneur et qui met ses délices dans ses commandements.
V/. Potens in terra erit semen eius : generátio rectórum benedicétur
V/. Sa race sera puissante sur la terre ; la postérité des justes sera bénie.
V/. Glória et divítiæ in domo eius : et iustítia eius manet in sǽculum sǽculi.
V/. La gloire et les richesses sont dans sa maison, et sa justice demeure dans tous les siècles.
Évangile+ Sequéntia sancti Evangélii secúndum Matthǽum.
Suite du Saint Évangile selon saint Matthieu.
Matth. 16, 24-27.
In illo témpore : Dixit Iesus discípulis suis : Si quis vult post me veníre, ábneget semetípsum, et tollat crucem suam, et sequátur me. Qui enim voluerit ánimam suam salvam fácere, perdet eam : qui autem perdíderit ánimam suam propter me, invéniet eam. Quid enim prodest hómini, si mundum univérsum lucrétur, ánimæ vero suæ detriméntum patiátur ? Aut quam dabit homo commutatiónem pro ánima sua ? Fílius enim hóminis ventúrus est in glória Patris sui cum Angelis suis : et tunc reddet unicuíque secúndum ópera eius.
En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, et qu’il porte sa croix, et qu’il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie, la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi, la trouvera. Que sert à l’homme de gagner le monde entier, s’il perd son âme ? Ou qu’est-ce que l’homme donnera en échange de son âme ? Car le Fils de l’homme viendra dans la gloire de son Père avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon ses œuvres.
OffertoireAnt. ad Offertorium. Ps. 88, 21-22.
Invéni David servum meum, oleo sancto meo unxi eum : manus enim mea auxiliábitur ei, et bráchium meum confortábit eum.
J’ai trouvé David mon serviteur ; je l’ai oint de mon huile sainte ; car ma main l’assistera et mon bras le fortifiera.
SecrèteSecreta.
Múnera tibi, Dómine, dicáta sanctífica : et, intercedénte beáto N. Mártyre tuo atque Pontífice, per éadem nos placátus inténde. Per Dóminum.
Sanctifiez, Seigneur, ces dons qui vous sont consacrés, grâce à eux et le bienheureux N., votre Martyr et Pontife, jetez sur nous un regard de paix et de bonté.
CommunionAnt. ad Communionem. Ps. 20, 4.
Posuísti, Dómine, in cápite eius corónam de lápide pretióso.
Vous avez mis sur sa tête, Seigneur, une couronne de pierres précieuses.
PostcommunionPostcommunio.
Hæc nos commúnio, Dómine, purget a crímine : et, intercedénte beáto N. Mártyre tuo atque Pontífice, cæléstis remédii fáciat esse consórtes. Per Dóminum nostrum.
Que cette communion, Seigneur, nous purifie de nos fautes, et, par l’intercession du bienheureux N., Martyr et Pontife, nous rende participants du céleste salut.

Ou

ou Messe de Dim. : Mém. de S. Blaise & pro Papa. Préf. commune.

Commentaires

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

DANS le cours de la semaine qui commence aujourd'hui, la sainte Eglise présente à notre attention l'histoire de Noé et du déluge universel. Malgré la sévérité de ses avertissements, Dieu n'a pu obtenir la fidélité et la soumission de la race humaine. Il est contraint d'employer un châtiment terrible contre ce nouvel ennemi. Toutefois, il a trouvé un homme juste, et, dans sa personne, il fera encore alliance avec nous. Mais auparavant il veut faire sentir qu'il est le souverain Maître, et que tout aussitôt qu'il lui plaira, l'homme si fier d'un être emprunté s'abîmera sous les ruines de sa demeure terrestre.

Nous placerons d'abord ici, comme base des enseignements de cette semaine, quelques lignes du Livre de la Genèse empruntées à l'Office des Matines d'aujourd'hui.

Du Livre de la Genèse. Chap. VI.

Dieu voyant que la malice des Hommes était extrême sur la terre, et que toutes les pensées de leur cœur se tournaient continuellement vers le mal, il se repentit d'avoir fait l'homme sur la terre. Et, étant touché de douleur jusqu'au fond du cœur, il dit: J'exterminerai de dessus la terre l'homme que j'ai créé ; je les détruirai tous, depuis l'homme jusqu'aux animaux, depuis ceux qui rampent sur la terre jusqu'aux oiseaux du ciel ; car je me repens de les avoir faits. Mais Noé trouva grâce devant le Seigneur.

Voici les enfants qu'engendra Noé : Noé, homme juste et parfait dans toute la conduite de sa vie, marcha avec Dieu, et engendra trois fils, Sem, Cham et Japheth. Or la terre était corrompue devant Dieu, et remplie d'iniquité. Dieu, voyant donc cette corruption de la terre (car toute chair avait corrompu sa voie sur la terre), dit à Noé : J'ai résolu de faire périr tous les hommes ; ils ont rempli la terre d'iniquité; je les exterminerai avec la terre.

La catastrophe qui fondit alors sur l'espèce humaine fut encore le fruit du péché ; mais du moins un homme juste s'était rencontré,et le monde fut sauvé d'une ruine totale par lui et par sa famille. Après avoir daigné renouveler son alliance, Dieu permit que la terre se repeuplât, et que les trois enfants de Noé devinssent les pères des trois grandes races qui l'habitent.

Tel est le mystère de l'Office durant cette semaine. Celui de la Messe, qui est figuré par le précédent, est plus important encore. Dans le sens moral, la terre n'est-elle pas submergée sous un déluge de vices et d'erreurs ? Il faut qu'elle se peuple d'hommes craignant Dieu, comme Noé. Cette génération nouvelle, c'est la Parole de Dieu, semence de vie, qui la suscite. C'est elle qui produit ces heureux enfants dont parle le Disciple bien-aimé, « qui ne sont point nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu même. » Efforçons-nous d'entrer dans cette famille, et, si nous en sommes déjà membres, gardons chèrement notre bonheur. Il s'agit, dans ces jours, d'échapper aux flots du déluge, de chercher un abri dans l'arche du salut ; il s'agit de devenir cette bonne terre dans laquelle la semence fructifie au centuple. Songeons à fuir la colère à venir, pour ne pas périr avec les pécheurs, et montrons-nous avides de la Parole de Dieu qui éclaire et convertit les âmes.

Chez les Grecs, ce Dimanche est le septième jour de la semaine qu'ils appellent Apocreos, laquelle commence dès le lundi qui suit notre Dimanche de la Septuagésime. Cette semaine est ainsi nommée dans l’Église grecque, parce qu'elle annonce et précède immédiatement celle où l'on suspend déjà l'usage de la viande, jusqu'à la fête de Pâques.

A LA MESSE.

A Rome, la Station est dans la Basilique de Saint-Paul-hors-les-Murs. C'est autour du tombeau du Docteur des nations, du propagateur de la divine semence, du père de tant de peuples par sa prédication, que l'Eglise Romaine réunit les fidèles en ce jour où elle veut leur rappeler que le Seigneur a épargné la terre, à la condition qu'elle se peuplera de vrais croyants et d'adorateurs de son Nom.

L'Introït, emprunté au livre des Psaumes, implore le secours du Seigneur. La race humaine est réduite aux abois, elle va s'éteindre; c'est pourquoi elle supplie son auteur de la féconder de nouveau. La sainte Eglise s'associe à ce cri, en demandant au divin Sauveur de multiplier aujourd'hui les enfants de la Parole, comme aux jours antiques.

INTROÏT.

Levez-vous, Seigneur; pourquoi dormez-vous ? Levez-vous, et ne nous rejetez pas pour jamais. Pourquoi détournez-vous de nous votre visage ? Pourquoi oubliez-vous notre pauvreté et notre misère ? Notre poitrine est collée contre terre : levez-vous, Seigneur ; assistez-nous et délivrez-nous.

Ps. O Dieu ! nous avons ouï de nos oreilles ; nos pères nous ont annoncé vos œuvres. Gloire au Père. Levez-vous.

Dans la Collecte, l'Eglise exprime sa confiance dans l'intercession du grand Apôtre saint Paul, ce puissant ministre de la semence divine, qui a travaillé plus que tous les autres à la répandre parmi les Gentils.

COLLECTE.

O Dieu qui voyez que ne nous confions en aucune de nos œuvres, daignez nous accorder d'être protégés contre tous les maux par l'assistance du Docteur des Gentils. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

On ajoute les autres Collectes, comme à la Messe de la Septuagésime, page 140.

L'Epître est ce beau passage d'une des Lettres du grand Apôtre dans lequel, contraint pour l'honneur et le succès de son ministère d'avoir recours à l'apologie contre ses ennemis, il nous apprend à quel prix les hommes apostoliques ont semé la divine Parole dans les champs arides de la gentilité, et opéré la régénération chrétienne.

EPITRE.

Lecture de l'Epître du bienheureux Paul, Apôtre, aux Corinthiens. II, Chap. XI.

Mes Frères, étant sages comme vous êtes, vous supportez sans peine les imprudents , puisque vous souffrez même qu'on vous réduise en servitude , qu'on vous dévore, qu'on vous pille , qu'on s'élève contre vous, qu'on vous frappe au visage. C'est à ma confusion que je rappelle cela : puisque nous passons pour avoir été trop faibles dans des épreuves semblables. Cependant aucun d'eux (excusez mon imprudence) ne saurait se glorifier de rien que je ne le puisse aussi moi-même. Sont-ils Hébreux ? je le suis aussi.

Sont-ils enfants d'Israël ? je le suis aussi. Sont-ils de la race d'Abraham ? j'en suis aussi. Sont-ils ministres du Christ? au risque de passer encore comme imprudent, j'ose dire que je le suis plus qu'eux : j'ai plus souffert de travaux, plus enduré de prisons , plus reçu de coups. Souvent je me suis vu près de la mort. J'ai reçu des Juifs, à cinq différentes fois, trente-neuf coups de fouet; j'ai été battu de verges trois fois ; j'ai été lapidé une fois ; j'ai fait naufrage trois fois ; j'ai passé un jour et une nuit au fond de la mer. Fréquemment j'ai été en péril dans les voyages ; en péril sur les fleuves ; en péril du côté des voleurs ; en péril de la part de ceux de ma nation ; en péril de la part des gentils ; en péril dans les villes ; en péril dans les solitudes ; en péril sur la mer; en péril au milieu des faux frères. J'ai souffert toutes sortes de travaux et de fatigues, des veilles fréquentes, fa faim, la soif, des jeûnes réitérés, le froid et la nudité. A ces maux extérieurs ajoutez mes préoccupations quotidiennes, la sollicitude de toutes les Eglises. Qui est faible, sans que je me fasse faible avec lui ? Qui est scandalisé, sans que j'en sois brûlé ? Que s'il est permis de se glorifier, je me glorifierai de mes souffrances. Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ qui est béni dans tous les siècles , sait que je ne mens pas. A Damas, le gouverneur de la province pour le roi Arétas faisait faire la garde dans la ville pour m'arrêter prisonnier : on me descendit par une fenêtre, le long de la muraille, dans une corbeille ; et je m'échappai ainsi de ses mains. S'il faut se glorifier, quoique cela ne convienne pas, je viendrai maintenant aux visions et aux révélations du Seigneur. Je connais en Jésus-Christ un homme qui fut ravi, il y a quatorze ans ; si ce fut en son corps, ou hors de son corps, je n'en sais rien, Dieu le sait ; qui fut ravi, dis-je, jusqu'au troisième ciel. Et je sais que cet homme, si ce fut en son corps, ou hors de son corps, je ne sais, Dieu le sait ; que cet homme, dis-je , fut ravi dans le Paradis, et qu'il entendit des paroles mystérieuses qu'il n'est pas permis à un homme de rapporter. Je pourrais me glorifier en parlant d'un tel homme ; mais, pour moi, je ne veux me glorifier que dans mes infirmités. Ce ne serait cependant pas imprudence à moi, si je voulais me glorifier, car je dirais la vérité ; mais je me retiens, de peur que quelqu'un ne m'estime au-dessus de ce qu'il voit en moi, ou de ce qu'il entend de moi. Aussi, de peur que la grandeur des révélations ne me causât de l'orgueil, il m'a été donné un aiguillon dans ma chair, un ange de Satan, qui me donne des soufflets. C'est pourquoi j'ai prié trois fois le Seigneur de l'éloigner de moi, et il m'a répondu : Ma grâce te suffit ; car la force se perfectionne dans l'infirmité. Je prendrai donc plaisir à me glorifier dans mes infirmités, afin que la force du Christ habite en moi.

Dans le Graduel, l'Eglise implore le secours du D Seigneur contre ceux qui s'opposent à la mission qu'elle a reçue de susciter partout des adorateurs au vrai Dieu, un peuple nouveau.

GRADUEL.

Que les nations sachent que votre nom est Dieu ; vous êtes le seul Très-Haut sur toute la terre.

V/. Mon Dieu , que mes ennemis soient devant vous comme la roue qui tourne sous l'effort du vent, comme la paille devant le souffle de la tempête.

Au milieu des commotions de la terre, de ces révolutions violentes qui renouvellent parfois les scènes terribles du déluge, au sein des nations sur lesquelles elles s'accomplissent, l'Eglise prie pour ses fidèles enfants, afin qu'ils soient épargnés, et que l'espérance du monde ne périsse pas en eux. C'est l'objet du Trait qui précède l'Evangile.

TRAIT.

Seigneur, vous avez ébranlé la terre, et vous avez entr'ouvert son sein.

V/. Refermez ses blessures, car elle est ébranlée.

V/. Protégez la fuite de vos élus devant l'arc bandé contre eux, et qu'ils soient délivrés.

EVANGILE.

La suite du saint Evangile selon saint Luc. Chap. VIII.

En ce temps-là, le peuple s'assemblant en foule et se pressant de sortir des villes pour venir au-devant de Jésus, il leur dit en parabole : Celui qui sème s'en alla pour semer son grain ; et comme il semait , une partie de la semence tomba le long du chemin, où elle fut foulée aux pieds, et les oiseaux du ciel la mangèrent. Et une autre partie tomba sur la pierre , et , après avoir levé, elle sécha, parce qu'elle n'avait point d'humidité. Et une autre tomba au milieu des épines, et les épines croissant avec la semence l'étouffèrent. Et une autre partie tomba sur de bonne terre, et ayant levé, elle porta du fruit, cent pour un. En disant cela, il criait : Que celui-là entende qui a des oreilles pour entendre. Ses disciples l'interrogèrent sur le sens de cette parabole, et il leur dit : Pour vous, il vous a été donné de connaître le mystère du royaume de Dieu ; mais pour les autres, il ne leur est proposé qu'en paraboles,de sorte que voyant ils ne voient point, et qu'entendant ils ne comprennent point. Voici donc le sens de cette parabole : La semence est la Parole de Dieu. Ceux qui sont marqués par ce qui tombe le long du chemin , sont ceux qui écoutent ; mais le diable vient, et enlève de leurs cœurs la parole, de peur que croyant, ils ne soient sauvés. Ceux qui sont marqués par ce qui tombe sur la pierre, sont ceux qui, avant écouté la parole, la reçoivent avec joie ; mais ils n'ont point de racines ; ils croient pour un temps, et ils se retirent à l'heure de la tentation. Cequi tombe dans es épines, ce sont ceux qui écoutent la parole, mais en qui elle est étouffée par les inquiétudes, par les richesses et parles plaisirs de cette vie, et ils ne portent point de fruit. Enfin, ce qui tombe dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant écouté la parole, la conservent dans un cœur bon et excellent, et portent du fruit par la patience.

Saint Grégoire le Grand observe avec raison que la parabole qui vient d'être lue n'a pas besoin d'explication, la Sagesse éternelle s'étant chargée elle-même de nous en donner la clef. Il ne nous reste donc plus qu'à profiter d'un si précieux enseignement, et qu'à recevoir en bonne terre la semence céleste qui tombe sur nous. Combien de fois jusqu'ici ne l'avons-nous pas laissée fouler aux passants, ou enlever par les oiseaux du ciel ? Combien de fois ne s'est-elle pas desséchée sur le rocher de notre cœur, ou n'a-t-elle pas été étouffée par de funestes épines ?Nous écoutions la Parole; elle avait pour nous un certain charme qui nous rassurait. Souvent même nous la reçûmes avec joie et empressement; mais, si quelquefois elle germait en nous, sa croissance était bientôt arrêtée. Désormais, il nous faut produire et fructifier ; et telle est la vigueur de la semence qui nous est confiée, que le divin Semeur en attend cent pour un. Si la terre de notre cœur est bonne, si nous avons soin de la préparer en mettant à profit les secours que nous offre la sainte Eglise, la moisson sera abondante au jour où le Seigneur, s'échappant vainqueur de son sépulcre, viendra associer ses fidèles croyants aux splendeurs de sa Résurrection.

Ranimés par cette espérance, et pleins de confiance en celui qui daigne ensemencer de nouveau une terre si longtemps rebelle à ses soins, chantons avec l'Eglise, dans l'Offertoire, ces belles paroles du Roi-Prophète par lesquelles l'Eglise demande pour nous la fermeté et la persévérance.

OFFERTOIRE.

Affermissez mes pas dans vos sentiers, afin que mes pieds ne soient pas chancelants ; inclinez votre oreille, et exaucez mes paroles. Montrez vos miséricordes, ô vous, Seigneur ! qui sauvez ceux qui espèrent en vous.

SECRETE.

Faites, Seigneur, que le Sacrifice qui vous est offert nous vivifie, et nous fortifie toujours. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

On ajoute les autres Secrètes, comme au Dimanche de la Septuagésime, page 148.

La visite du Seigneur dans le Sacrement de son amour est le grand moyen qui fertilisera notre âme et la rendra féconde. C'est pour cette raison que l'Eglise nous invite, dans l'Antienne de la Communion, à nous approcher de l'autel de Dieu ; notre cœur y recouvrera sa vigueur et sa jeunesse.

COMMUNION.

Je m'approcherai de l'autel de Dieu, du Dieu qui réjouit ma jeunesse.

POSTCOMMUNION.

Nous vous supplions, Dieu tout-puissant, de faire la grâce à ceux que vous nourrissez de vos Sacrements, de vous servir d'une manière digne de vous, par des mœurs qui vous soient agréables. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

On ajoute les autres Postcommunions comme ci-dessus, au Dimanche de la Septuagésime, page 149.

A VÊPRES.

Les Psaumes, le Capitule, l’Hymne et le Verset ci-dessus, pages 83 et suivantes.

Antienne de Magnificat.

A vous il a été donné de connaître les mystères du royaume de Dieu : aux autres, seulement en paraboles, dit Jésus à ses disciples.

ORAISON.

O Dieu , qui voyez que nous ne nous confions en aucune de nos oeuvres, daignez nous accorder d'être protégés contre tous les maux par l'assistance du Docteur des Gentils. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

Nous terminerons cette journée par une Hymne que nous empruntons aux anciens Bréviaires des Eglises de France, et qui exprime les sentiments dont les fidèles doivent être animés au temps de la Septuagésime.

HYMNE.

Les jours de liberté s'écoulent ; ceux des saintes observances arrivent : le temps de la sobriété est proche ; d'un cœur pur cherchons le Seigneur.

Nos cantiques et nos louanges apaiseront celui qui est notre juge et Seigneur : il ne refuse pas le pardon, lui qui veut que l'homme implore de lui sa grâce.

Après avoir subi le joug de Pharaon , après avoir porté les chaînes de la cruelle Babylone , que l'homme affranchi cherche la céleste Jérusalem, sa patrie.

Fuyons de cet exil; cherchons demeure auprès du Fils de Dieu : la plus grande gloire pour le serviteur, c'est de devenir le cohéritier de son maître.

O Christ ! soyez notre guide dans cette nouvelle souvenez-vous que nous sommes vos brebis pour lesquelles, ô pasteur, vous avez donné votre vie et subi la mort.

Au Père, au Fils, soit la gloire; honneur pareil au saint Paraclet ; comme il était au commencement, et maintenant et toujours.

Amen.

Dimanche de la Sexagésime, Station à St-Paul

Dominica in Sexagesima · Statio ad S. Paulum

IntroïtAnt. ad Introitum. Ps. 43, 23-26.
Exsúrge, quare obdórmis, Dómine ? exsúrge, et ne repéllas in finem : quare fáciem tuam avértis, oblivísceris tribulatiónem nostram ? Adhǽsit in terra venter noster : exsúrge, Dómine, ádiuva nos, et líbera nos.
Levez-vous ; pourquoi dormez-vous, Seigneur ? Levez-vous, et ne nous repoussez pas à jamais. Pourquoi détournez-vous votre visage et oubliez-vous notre tribulation ? Notre corps est attaché à la terre. Levez-vous, Seigneur, secourez-nous et délivrez-nous.
Ps. ibid., 2.
Deus, áuribus nostris audívimus : patres nostri annuntiavérunt nobis.
O Dieu, nous avons entendu de nos oreilles ; nos pères nous ont annoncé votre œuvre.
V/.Glória Patri.
CollecteOratio.
Deus, qui cónspicis, quia ex nulla nostra actióne confídimus : concéde propítius ; ut, contra advérsa ómnia, Doctóris géntium protectióne muniámur. Per Dóminum.
O Dieu, qui voyez que nous ne nous confions en aucune de nos œuvres, accordez-nous, dans votre bonté, d’être fortifiés contre tous les maux, grâce à la protection du Docteur des Gentils.
ÉpîtreLéctio Epístolæ beáti Pauli Apóstoli ad Corínthios.
Lecture de l’Epître de Saint Paul Apôtre aux Corinthiens.
2 Cor. 11, 19-33 ; 12, 1-9.
Fratres : Libénter suffértis insipiéntens : cum sitis ipsi sapiéntes. Sustinétis enim, si quis vos in servitútem rédigit, si quis dévorat, si quis áccipit, si quis extóllitur, si quis in fáciem vos cædit. Secúndum ignobilitátem dico, quasi nos infírmi fuérimus in hac parte. In quo quis audet, (in insipiéntia dico) áudeo et ego : Hebrǽi sunt, et ego : Isrælítæ sunt, et ego : Semen Abrahæ sunt, et ego : Minístri Christi sunt, (ut minus sápiens dico) plus ego : in labóribus plúrimis, in carcéribus abundántius, in plagis supra modum, in mórtibus frequénter. A Iudǽis quínquies quadragénas, una minus, accépi. Ter virgis cæsus sum, semel lapidátus sum, ter naufrágium feci, nocte et die in profúndo maris fui : in itinéribus sæpe, perículis flúminum, perículis latrónum, perículis ex génere, perículis ex géntibus, perículis in civitáte, perículis in solitúdine, perículis in mari, perículis in falsis frátribus : in labóre et ærúmna, in vigíliis multis, in fame et siti, in ieiúniis multis, in frigóre et nuditáte : præter illa, quæ extrínsecus sunt, instántia mea cotidiána, sollicitúdo ómnium Ecclesiárum. Quis infirmátur, et ego non infírmor ? quis scandalizátur, et ego non uror ? Si gloriári opórtet : quæ infirmitátis meæ sunt, gloriábor. Deus et Pater Dómini nostri Iesu Christi, qui est benedíctus in sǽcula, scit quod non méntior.Damásci præpósitus gentis Arétæ regis, custodiébat civitátem Damascenórum, ut me comprehénderet : et per fenéstram in sporta dimíssus sum per murum, et sic effúgi manus eius. Si gloriári opórtet (non éxpedit quidem), véniam autem ad visiónes et revelatiónes Dómini. Scio hóminem in Christo ante annos quatuórdecim, (sive in córpore néscio, sive extra corpus néscio, Deus scit :) raptum huiúsmodi usque ad tértium cælum. Et scio huiúsmodi hóminem, (sive in córpore, sive extra corpus néscio, Deus scit :) quóniam raptus est in paradisum : et audivit arcána verba, quæ non licet homini loqui. Pro huiúsmodi gloriábor : pro me autem nihil gloriábor nisi in infirmitátibus meis. Nam, et si volúero gloriári, non ero insípiens : veritátem enim dicam : parco autem, ne quis me exístimet supra id, quod videt in me, aut áliquid audit ex me. Et ne magnitúdo revelatiónem extóllat me, datus est mihi stímulus carnis meæ ángelus sátanæ, qui me colaphízet. Propter quod ter Dóminum rogávi, ut discéderet a me : et dixit mihi : Súfficit tibi grátia mea : nam virtus in infirmitáte perfícitur. Libénter ígitur gloriábor in infirmitátibus meis, ut inhábitet in me virtus Christi.
Mes Frères : vous qui êtes sensés, vous supportez volontiers les insensés. Vous supportez bien qu’on vous asservisse, qu’on vous dévore, qu’on vous pille, qu’on vous traite avec arrogance, qu’on vous frappe au visage. Je le dis à ma honte, nous avons été bien faibles ! Cependant, de quoi que ce soit qu’on ose se vanter, — je parle en insensé, moi aussi je l’ose. Sont-ils Hébreux ? Moi aussi, je le suis. Sont-ils Israélites ? Moi aussi. Sont-ils de la postérité d’Abraham ? Moi aussi. Sont-ils ministres du Christ ? — Ah ! je vais parler en homme hors de sens : — je le suis plus qu’eux : bien plus qu’eux par les travaux, biens plus par les coups, infiniment plus par les emprisonnements ; souvent j’ai vu de près la mort ; cinq fois j’ai reçu des Juifs quarante coups de fouet moins un ; trois fois, j’ai été battu de verges ; une fois j’ai été lapidé ; trois fois j’ai fait naufrage ; j’ai passé un jour et une nuit dans l’abîme. Et mes voyages sans nombre, les périls sur les fleuves, les périls de la part des brigands, les périls de la part de ceux de ma nation, les périls de la part des Gentils, les périls dans les villes, les périls dans les déserts, les périls sur la mer, les périls de la part des faux frères, les labeurs et les peines, les nombreuses veilles, la faim, la soif, les jeûnes multipliés, le froid, la nudité ! Et sans parler de tant d’autres choses, rappellerai-je mes soucis de chaque jour, la sollicitude de toutes les Eglises ? Qui est faible que je ne sois faible aussi ? Qui vient à tomber sans qu’un feu me dévore ? S’il faut se glorifier, c’est de ma faiblesse que je me glorifierai. Dieu, qui est le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, et qui est béni éternellement, sait que je ne mens point. A Damas, l’ethnarque du roi Arétas faisait garder la ville pour se saisir de moi ; mais on me descendit par une fenêtre, dans une corbeille, le long de la muraille, et j’échappai ainsi de ses mains. Faut-il se glorifier ? Cela n’est pas utile ; j’en viendrai néanmoins à des visions et à des révélations du Seigneur. Je connais un homme dans le Christ qui, il y a quatorze ans, fut ravi jusqu’au troisième ciel (si ce fut dans son corps, je ne sais ; si ce fut hors de son corps, je ne sais : Dieu le sait). 3 Et je sais que cet homme (si ce fut dans son corps ou sans son corps, je ne sais, Dieu le sait) fut enlevé dans le paradis, et qu’il a entendu des paroles ineffables qu’il n’est pas permis à un homme de révéler. C’est pour cet homme-là que je me glorifierai ; mais pour ce qui est de ma personne, je ne me ferai gloire que de mes faiblesses. Certes, si je voulais me glorifier, je ne serais pas un insensé, car je dirais la vérité ; mais je m’en abstiens afin que personne ne se fasse de moi une idée supérieure à ce qu’il voit en moi ou à ce qu’il entend de moi. Et de crainte que l’excellence de ces révélations ne vînt à m’enfler d’orgueil, il m’a été mis une écharde dans ma chair, un ange de Satan pour me souffleter. A son sujet, trois fois j’ai prié le Seigneur de l’écarter de moi, et il m’a dit : "Ma grâce te suffit, car c’est dans la faiblesse que ma puissance se montre tout entière." Je préfère donc bien volontiers me glorifier de mes faiblesses, afin que la puissance du Christ habite en moi.
GraduelGraduale. Ps. 82, 19 et 14.
Sciant gentes, quóniam nomen tibi Deus : tu solus Altíssimus super omnem terram.
Que les nations sachent que votre nom est Dieu ; que vous êtes le seul Très-Haut dans toute la terre.
V/. Deus meus, pone illos ut rotam, et sicut stípulam ante fáciem venti.
Mon Dieu, rendez-les semblables à une roue et à la paille emportée par le vent.
TraitTractus. Ps. 59, 4 et 6.
Commovísti, Dómine, terram, et conturbásti eam.
Vous avez ébranlé la terre, Seigneur, et vous l’avez troublée.
V/. Sana contritiónes eius, quia mota est.
Guérissez ses brisures, car elle est ébranlée.
V/. Ut fúgiant a fácie arcus : ut liberéntur elécti tui.
Afin que vous élus fuient devant l’arc : qu’ils soient délivrés.
Évangile+ Sequéntia sancti Evangélii secundum Lucam.
Lecture du Saint Evangile selon saint Luc.
Luc. 8, 4-15.
In illo témpore : Cum turba plúrima convenírent, et de civitátibus properárent ad Iesum, dixit per similitúdinem : Exiit, qui séminat, semináre semen suum : et dum séminat, áliud cécidit secus viam, et conculcátum est, et vólucres cæli comedérunt illud. Et áliud cécidit supra petram : et natum áruit, quia non habébat humórem. Et áliud cécidit inter spinas, et simul exórtæ spinæ suffocavérunt illud. Et áliud cécidit in terram bonam : et ortum fecit fructum céntuplum. Hæc dicens, clamábat : Qui habet aures audiéndi, audiat. Interrogábant autem eum discípuli eius, quæ esset hæc parábola. Quibus ipse dixit : Vobis datum est nosse mystérium regni Dei, céteris autem in parábolis : ut vidéntes non videant, et audientes non intéllegant. Est autem hæc parábola : Semen est verbum Dei. Qui autem secus viam, hi sunt qui áudiunt : déinde venit diábolus, et tollit verbum de corde eórum, ne credéntes salvi fiant. Nam qui supra petram : qui cum audierint, cum gáudio suscipiunt verbum : et hi radíces non habent : qui ad tempus credunt, et in témpore tentatiónis recédunt. Quod autem in spinas cécidit : hi sunt, qui audiérunt, et a sollicitudínibus et divítiis et voluptátibus vitæ eúntes, suffocántur, et non réferunt fructum. Quod autem in bonam terram : hi sunt, qui in corde bono et óptimo audiéntes verbum rétinent, et fructum áfferunt in patiéntia.
En ce temps là : Comme une foule nombreuse s’amassait et que de toutes les villes on venait vers lui, il dit par parabole : "Le semeur sortit pour semer sa semence ; et, pendant qu’il semait, du (grain) tomba le long du chemin ; il fut foulé aux pieds, et les oiseaux du ciel le mangèrent. D’autre tomba sur de la pierre, et, après avoir poussé, se dessécha, parce qu’il n’avait pas d’humidité. D’autre tomba dans les épines, et les épines poussant avec, l’étouffèrent. D’autre tomba dans la bonne terre, et, après avoir poussé, donna du fruit au centuple." Parlant ainsi, il clamait : "Qui a des oreilles pour entendre, entende !" Ses disciples lui demandèrent ce que signifiait cette parabole : "A vous, leur dit-il, il a été donné de connaître les mystères du royaume de Dieu ; mais pour les autres, (c’est) en paraboles, pour que regardant ils ne voient point, et qu’écoutant ils ne comprennent point. Voici ce que signifie la parabole : La semence, c’est la parole de Dieu. Ceux qui sont le long du chemin sont creux qui ont entendu ; ensuite le diable vient, et il enlève la parole de leur cœur, de peur qu’ils ne croient et ne se sauvent. Ceux qui sont sur de la pierre sont ceux qui, en entendant la parole, l’accueillent avec joie ; mais ils n’ont point de racine : ils croient pour un temps, et ils se retirent à l’heure de l’épreuve. Ce qui est tombé dans les épines, ce sont ceux qui ont entendu, mais vont et se laissent étouffer par les sollicitudes, les richesses et les plaisirs de la vie, et ils n’arrivent point à maturité. Ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui, après avoir entendu la parole avec un cœur noble et bon, la gardent et portent du fruit grâce à la constance.
OffertoireAnt. ad Offertorium. Ps. 16, 5, 6-7.
Pérfice gressus meos in sémitis tuis, ut non moveántur vestígia mea : inclína aurem tuam, et exáudi verba mea : mirífica misericórdias tuas, qui salvos facis sperántes in te, Dómine.
Affermissez mes pas dans vos sentiers, afin que mes pieds ne soient pas ébranlés. Inclinez vers moi votre oreille et exaucez mes paroles. Faites éclater vos miséricordes, vous qui sauvez ceux qui espèrent en vous, Seigneur.
SecrèteSecreta.
Oblátum tibi, Dómine, sacrifícium, vivíficet nos semper et múniat. Per Dóminum nostrum.
Que le sacrifice qui vous est offert, Seigneur, augmente en nous la vie surnaturelle et nous fortifie.
CommunionAnt. ad Communionem. Ps. 42, 4.
Introíbo ad altáre Dei, ad Deum, qui lætíficat iuventútem meam.
Je m’avancerai à l’autel de Dieu, du Dieu qui réjouis ma jeunesse.
PostcommunionPostcommunio.
Súpplices te rogámus,omnípotens Deus : ut, quos tuis réficis sacraméntis, tibi étiam plácitis móribus dignánter deservíre concédas. Per Dóminum.
Nous vous adressons nos supplications, ô Dieu tout puissant, afin quà ceux que nous nourrissez de votre sacrement, vous accordiez aussi la grâce de vous servir dignement par une conduite qui vous soit agréable.
Mémoire de S. Blaise

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