XXIᵉ Dimanche après la Pentecôte (4ᵉ d’octobre)

Textes de la Messe

Férie • Mém. des Quatre Saints couronnés, Martyrs ou Messe propre des SS. Martyrs

Lundi 8 novembre 2027

Tous les textes, sans date : temporal et sanctoral

Messe du jour

Messe propre (Intret) des SS. Martyrs (4ᵉ cl./Rouge) : Gloria. Or. pro Papa. Préf. commune.

Textes du Commun : le propre du saint manque encore (« N. » à la place de son nom).

Commentaires

Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique

Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique

Cette messe diffère beaucoup des autres messes de martyrs ; car ici ce n’est plus tant le triomphe qui est au premier plan que les tortures du martyre. La messe commence par un ardent appel de l’Église qui voit ses enfants languir dans les prisons. Imaginons que nous sommes au tombeau de nos martyrs ; pendant la vigile nocturne, nous avons lu les actes des martyrs ; nous sommes là maintenant pour célébrer la messe. Les saints se tiennent au milieu de nous. Tout d’abord, c’est le sentiment de l’homme selon la nature qui s’empare de nous devant le spectacle présent : nous entendons les “soupirs des martyrs enchaînés”, nous voyons comment leur sang a coulé. Alors l’homme naturel se révolte, il fait appel à la justice (Intr.). Notre mère l’Église cherche maintenant à nous inspirer des sentiments plus élevés. L’Épître prend le ton d’une consolation venue du ciel : “Les âmes des justes sont entre les mains de Dieu. Aux yeux des insensés ils ont semblé mourir, mais ils sont dans la paix (c’est-à-dire dans la gloire) ; Dieu les a éprouvés et les a trouvés dignes de lui... Ils ont été pris comme victimes, maintenant ils resplendissent et ils règnent ; le Seigneur est leur roi à jamais.” Comme l’Église sait nous enthousiasmer nous aussi pour le sacrifice ! Maintenant nos pensées sont déjà tout autres ; de la plainte nous avons passé à la louange de Dieu. Si, à l’Introït, nous n’avons pu comprendre le regard impassible de Dieu, maintenant nous glorifions sa souveraineté et la force de son bras dans le martyre des saints. Comme la nature et la grâce jugent différemment d’une seule et même chose ! A présent nous comprenons le secret du martyre : “Les corps des saints sont ensevelis dans la paix ; mais leur nom vit” (Allel.). A l’Evangile, nous entendons de la bouche même du Christ l’annonce de son retour ; les paroles suivantes font également allusion au martyre : “Ils porteront la main sur vous, ils vous persécuteront... ils vous traîneront devant les rois et les juges à cause de mon nom... vous serez haïs par tous.” Cela s’est réalisé à la lettre pour nos saints. Nous aussi, unis à eux par le lien du corps mystique du Christ, nous devons être les témoins du Christ : “Par votre patience vous serez maîtres de votre âme.” Aujourd’hui apportons au moins à l’autel le martyre de notre vie en sacrifice. La Communion est pour nous une force dans les épreuves.

Remarquons encore la différence qui existe entre les deux chants extrêmes de la messe : A l’Introït, nous avons sur le martyre des pensées encore toutes naturelles ; au cours de la messe, notre regard s’est purifié. Maintenant, à la fin de la messe, à la Communion, nous portons sur le martyre un regard surnaturel : c’est Dieu qui éprouve les martyrs. Ils sont l’or qui doit être débarrassé de ses scories, ce qui n’est possible que par le feu de la souffrance. Le martyre est le sacrifice total, agréable à Dieu, qui, uni au sacrifice du Christ, constitue l’œuvre la plus haute. Mais le contraste entre ces deux pensées trouve une application particulièrement typique dans la messe : L’homme entre au sanctuaire avec ses sentiments naturels, comme s’il n’était pas racheté ; mais, au Saint-Sacrifice, il est consacré avec ses souffrances et son travail. Il vient à la messe encore tout charnel ; il repart chez lui pacifié et consolé. Dieu ne lui a pas enlevé la croix, il l’a seulement transfigurée.

Pour plusieurs Martyrs

Pro pluribus Martyribus

IntroïtAnt. ad Introitum. Ps. 78, 11, 12 et 10.
Intret in conspéctu tuo, Dómine, gémitus compeditórum : redde vicínis nostris séptuplum in sinu eórum : víndica sánguinem Sanctórum tuórum, qui effúsus est.
Que le gémissement des captifs pénètre jusqu’à vous, Seigneur ; et pour ceux qui nous entourent faites retomber dans leur sein au septuple l’outrage qu’ils ont fait tomber sur vous ; vengez le sang de vos Saints, qui a été répandu.
Ps. Ibid., 1.
Deus, venérunt gentes in hereditátem tuam : polluérunt templum sanctum tuum : posuérunt Ierúsalem in pomórum custódiam.
Ô Dieu, les nations sont venues dans votre héritage, elles ont souillé votre saint temple, elles ont fait de Jérusalem une cabane à garder les fruits.
V/.Glória Patri.
CollecteOratio.
Beatórum Mártyrum paritérque Pontíficum N. et N. nos, quǽsumus, Dómine, festa tueántur : et eórum comméndet orátio veneránda. Per Dóminum.
Nous vous en prions, Seigneur, faites qu’en célébrant les fêtes de vos bienheureux Martyrs et Pontifes N. et N., nous obtenions leur protection, et que leur sainte prière nous serve de recommandation auprès de vous.

Si non fuerint Pontifices, dicitur oratio ut in sequenti Missa. · ¶ S’ils n’étaient pas Évêques, on prend l’oraison de la messe suivante.

Collecte
(Deus, qui nos concédis sanctórum Mártyrum tuórum N. et N. natalítia cólere : da nobis in ætérna beatitúdine de eórum societéte gaudére. Per Dóminum.)
(O Dieu qui nous faites la grâce d’honorer la naissance au ciel de vos Saints Martyrs N. et N., accordez-nous de jouir de leur société dans l’éternité bienheureuse.)
ÉpîtreLéctio libri Sapiéntiæ.
Lecture du livre de la Sagesse.
Sap. 3, 1-8.
Iustorum ánimæ in manu Dei sunt, et non tanget illos torméntum mortis. Visi sunt oculis insipiéntium mori : et æstimála est afflíctio exitus illórum : et quod a nobis est iter, extermínium : illi autem sunt in pace. Et si coram homínibus torménta passi sunt, spes illórum immortalitáte plena est. In paucis vexáti, in multis bene disponéntur : quóniam Deus tentávit eos, et invenit illos dignos se. Tamquam aurum in fornáce probávit illos, et quasi holocáusti hóstiam accépit illos, et in témpore erit respéctus illorum. Fulgébunt iusti, et tamquam scintíllæ in arundinéto discúrrent. Iudicábunt natiónes, et dominabúntur pópulis, et regnábit Dóminus illórum in perpétuum.
Les âmes des justes sont dans la main de Dieu, et le tourment de la mort ne les touchera pas. Aux yeux des insensés ils ont paru mourir, et leur sortie de ce monde a été regardée comme une affliction, et leur séparation d’avec nous comme un anéantissement, et cependant ils sont en paix ; et s’ils ont souffert des tourments devant les hommes, leur espérance est pleine d’immortalité. Leur tribulation a été légère, et leur récompense sera grande, car Dieu les a éprouvés, et les a trouvés dignes de lui. Il les a mis à l’épreuve comme l’or dans la fournaise, il les a agréés comme une hostie d’holocauste, et quand leur temps sera venu, il les regardera favorablement. Les justes brilleront, et ils étincelleront comme les feux qui courent à travers les roseaux. Ils jugeront les nations, et ils domineront les peuples, et leur Seigneur régnera éternellement.
GraduelGraduale. Exodi 15,11.
Gloriósus Deus in Sanctis suis : mirábilis in maiestáte, fáciens prodígia.
Dieu est glorifié dans ses Saints ; admirable dans sa majesté, il fait des prodiges.
V/. Ibid., 6. Déxtera tua, Dómine, glorificáta est in virtúte : déxtera manus tua confrégit inimícos.
V/. Votre droite, Seigneur, s’est signalée par sa force ; votre main droite a brisé ses ennemis.
Alléluia
Allelúia, allelúia. V/. Eccli. 44, 14. Córpora Sanctórum in pace sepúlta sunt, et nómina eórum vivent in generatiónem et generatiónem. Allelúia.
Allelúia, allelúia. V/. Votre droite, Seigneur, s’est signalée par sa force ; votre main droite a brisé ses ennemis.
Évangile+ Sequéntia sancti Evangélii secúndum Lucam.
Suite du Saint Évangile selon saint Luc.
Luc. 21, 9-19.
In illo témpore : Dixit Iesus discípulis suis : Cum audieritis pr.lia et seditiónes, nolíte terréri : opórtet primum hæc fíeri, sed nondum statim finis. Tunc dicébat illis : Surget gens contra gentem, et regnum advérsus regnum. Et terræmótus magni erunt per loca, et pestiléntiæ, et fames, terrorésque de cælo, et signa magna erunt. Sed ante hæc ómnia iniícient vobis manus suas, et persequéntur tradéntes in synagógas et custódias, trahéntes ad reges et pr.sides propter nomen meum : contínget autem vobis in testimónium. Pónite ergo in córdibus vestris non præmeditári, quemádmodum respondeátis. Ego enim dabo vobis os et sapiéntiam, cui non potérunt resístere et contradícere omnes adversárii vestri. Tradémini autem a paréntibus, et frátribus, et cognátis, et amícis, et morte affícient ex vobis : et éritis ódio ómnibus propter nomen meum : et capíllus de cápite vestro non períbit. In patiéntia vestra possidébitis ánimas vestras.
En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : Lorsque vous entendrez parler de guerres et de séditions, ne soyez pas effrayés ; car il faut que ces choses arrivent d’abord, mais ce ne sera pas encore aussitôt la fin. Alors il leur dit : Nation se soulèvera contre nation, et royaume contre royaume. Et il y aura de grands tremblements de terre en divers lieux, et des pestes, et des famines, et des choses effrayantes dans le ciel, et de grands signes. Mais, avant tout cela, on mettra les mains sur vous, et on vous persécutera, vous livrant aux synagogues et aux prisons, vous traînant devant les rois et les gouverneurs, à cause de mon nom ; et cela vous arrivera pour que vous rendiez témoignage. Mettez donc dans vos cœurs que vous n’aurez pas a méditer d’avance comment vous répondrez ; car je vous donnerai une bouche et une sagesse auxquelles tous vos adversaires ne pourront résister et contredire. Vous serez livrés par vos parents, et par vos frères, et par vos proches, et par vos amis, et l’on fera mourir plusieurs d’entre vous ; et vous serez haïs de tous à cause de mon nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne périra. C’est par votre patience que vous sauverez vos vies.

Post Septuagesimam in fine sequentæ antiphonæ Allelúia omittitur. · Après la Septuagésime, on omet l’Allelúia à la fin de l’antienne qui suit.

OffertoireAnt. ad Offertorium. Ps. 67, 36.
Mirábilis Deus in Sanctis suis : Deus Israël, ipse dabit virtútem et fortitúdinem plebi suæ : benedíctus Deus, allelúia.
Dieu est admirable dans ses saints. Le Dieu d’Israël donnera lui-même à son peuple la puissance et la force. Dieu soit béni. Alléluia.
SecrèteSecreta.
Adésto, Dómine, supplicatiónibus nostris, quas in Sanctórum tuórum commemoratióne deférimus : ut, qui nostræ iustítiæ fidúciam non habémus, eórum, qui tibi placuérunt, méritis adiuvémur. Per Dóminum.
Prêtez attention, Seigneur, aux supplications que nous vous adressons en faisant mémoire de vos saints, afin que nous, qui n’avons point de confiance en notre propre justice, nous soyons aidés par les mérites de ceux qui vous ont plu.
CommunionAnt. ad Communionem. Sap. 3, 4, 5 et 6.
Et si coram homínibus torménta passi sunt, Deus tentávit eos : tamquam aurum in fornáce probávit eos, et quasi holocáusta accépit eos.
S’ils ont souffert des tourments devant les hommes, c’est que Dieu les a éprouvés, il les a mis à l’épreuve comme l’or dans la fournaise, et il les a agréés comme une hostie d’holocauste.
PostcommunionPostcommunio.
Quǽsumus, Dómine, salutáribus repléti mystériis : ut, quorum sollémnia celebrámus, eórum oratiónibus adiuvémur. Per Dóminum.
Rassasiés par la participation à ces mystères de salut, nous vous demandons, Seigneur, d’être aidés grâce aux prières de ceux dont nous célébrons la solennité.

Ou

ou Messe de Dim. : Mém. des SS. Martyrs & pro Papa. Préf. commune.

Commentaires

Présentation

Présentation

Selon ce qui a pu être dit dans les commentaires des 23ᵉ et 24ᵉ Dimanches après la Pentecôte, et dans l’article sur les Dimanches Mobiles, ce dimanche reprend les chants (Introït, Graduel, Alléluia, Offertoire, Communion) du 23ᵉ Dimanche, on en trouvera donc les commentaires avec ce dimanche, et les oraisons (collecte, secrète, postcommunion) et lectures (Épître, Évangile) du 5ᵉ dimanche après l’Épiphanie.

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Voir Commentaires des Lectures au 5ᵉ dimanche après l’Épiphanie.

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Voir Commentaires des Lectures au 5ᵉ dimanche après l’Épiphanie.

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Ramassez l’ivraie pour la brûler, portez le bon grain dans mon grenier.

Ce dimanche, célébré à la fin de l’année liturgique, présente dans son Évangile de très belles pensées. Que signifiait l’Évangile de l’ivraie dans le temps après l’Épiphanie ?

L’interprétation de la parabole se divise en trois parties : 1. Les semailles du froment et de l’ivraie ; 2. La conduite du maître envers l’ivraie pendant la croissance ; 3. La récolte ou moisson. Au temps de l’Épiphanie, c’est plutôt la seconde partie que nous considérions. Nous voyions le Christ, en Juge et Roi sage et patient, laisser croître et mûrir la bonne et la mauvaise semence. Mais, maintenant, à l’automne liturgique où nous avons les yeux fixés sur la fin de la vie et du monde, le Seigneur nous montre le ciel et l’enfer. L’Église soulève aujourd’hui le voile de l’au-delà ; elle nous fait jeter un regard dans l’abîme fumant de l’enfer, et aussi lever les yeux vers les bienheureux dans le ciel. En outre, l’Église nous apprend à comprendre le mystère du mal ; car, justement dans les derniers temps, à la fin du monde, le mal relèvera encore une fois la tête. Enfin nous pensons que, aujourd’hui aussi, à la messe, le Christ veut jeter dans nos âmes la bonne semence, le froment divin ; celui-ci doit croître dans une vie bien chrétienne (pensée de Pâques).

1. Pensées du Dimanche. — Les chants psalmodiques sont du XXIIIᵉ dimanche après la Pentecôte ; ils nous sont donc déjà connus. Quiconque aime approfondir ces morceaux les entend résonner de tous les thèmes de l’automne liturgique (depuis la crainte et le pèlerinage terrestre jusqu’à la nostalgie et au désir du ciel). Les lectures nous montrent deux images de l’Église qui s’opposent, l’une gracieuse, l’autre sévère, une image idéale et une image réaliste. Dans l’Épître, saint Paul nous décrit l’idéal de la vie chrétienne. C’est une communauté de saints que pare toute une couronne de vertus ; la charité y commande en reine, à sa suite marche la paix du Christ. L’Apôtre nous fait jeter un regard sur la vie cultuelle et sur la vie privée. La parole de Dieu règne dans toute sa richesse au sein de cette communauté ; nous l’entendons chanter des psaumes et des cantiques spirituels ; mais, en leur particulier, ses membres vivant en toutes choses au nom de Jésus. L’Évangile nous montre une image toute différente : nous voyons encore une communauté de chrétiens, mais là avec des faiblesses humaines, des péchés, ainsi que de graves scandales, de la tiédeur, de l’indifférence, de la jalousie chez les chrétiens ; nous en éprouvons de la peine. Toutefois le Sauveur nous aide à résoudre le problème du mal dans l’Église et dans les âmes.

Programme de la semaine : En ce qui nous concerne, efforçons-nous de réaliser parfaitement en nous et autour de nous l’image idéale ; en ce qui concerne les autres, essayons d’imiter la patience de Dieu à l’égard du mal et à ne pas nous en scandaliser ; mais pensons aussi à l’enfer.

2. La Messe (Dicit Dominus). — L’Église et l’âme attendent « le jour du Christ ». Déjà nous entendons l’amicale invitation du Roi clément, déjà nous voyons les exilés se rendre dans la patrie (Intr.) ; l’Oraison implore protection pour les derniers jours : « Garde ta famille ; elle n’a d’autre appui que la grâce céleste. » Maintenant l’Église nous met au cœur deux enseignements : a) La fin est proche ; c’est maintenant qu’il faut atteindre l’idéal ; vivons donc comme si le jour du Christ devait venir demain. Menons, dans la perspective du retour, une vie chrétienne idéale ; « revêts-toi, pour recevoir le grand Roi, du vêtement de la miséricorde, de la bonté, de l’humilité, de la modestie, de la patience » b) Il y a un enfer et un ciel ; l’ivraie est brûlée, le bon grain va dans les greniers célestes. C’est une image saisissante du jugement dernier que le Sauveur esquisse ici : Là, les gerbes embrasées des malheureux damnés éclairent les profondeurs de la nuit de leurs abominables flammes rouges et les remplissent de leurs inutiles cris de désespoir ; mais, là-haut, brillant comme de magnifiques soleils à l’heure du coucher, les bienheureux franchissent la porte ouverte de l’éternel royaume. Les pensées de la parabole peuvent nous inspirer de réciter les versets suppliants du De profundis (Off., Allél.). Combien d’ivraie dans mon âme ! Puisse l’actuel sacrifice de « la réconciliation » écarter l’ivraie et relever nos « cœurs chancelants » (Secr.). L’Eucharistie est le « gage du salut » ; reportons-nous à l’Évangile : dès aujourd’hui, le Divin Moissonneur place nos gerbes mûres dans les greniers célestes (Postc.).

Office du jour

Office du jour

Office

Leçons des Matines avant 1960

Au troisième nocturne.

Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu.
En ce temps-là : Jésus proposa aux foules cette parabole : "Le royaume des cieux est semblable à un homme qui avait semé de bonne semence dans son champ. Et le reste.

Homélie de saint Augustin, évêque.

Septième leçon. Tandis que les chefs de l’Église se montraient négligents ou bien, si l’on préfère, lorsque les Apôtres se furent endormis du sommeil de la mort, le diable vint et il sema ceux que le Seigneur appelle les mauvais fils. Mais qui sont-ils ? Il y a lieu de le rechercher. Des hérétiques ou bien des mauvais catholiques ? Les hérétiques peuvent bien être dits aussi de mauvais fils, car nés de la même semence de l’Évangile, et procréés au nom du Christ, ils se sont laissé détourner par des opinions erronées vers de fausses doctrines.

Huitième leçon. Mais comme le Seigneur nous dit qu’ils ont été semés au milieu du blé, il semblerait bien qu’ils signifient ceux qui appartiennent à une même communion. D’autre part, le Seigneur interprète le champ comme étant non pas l’Église mais ce monde ; on peut aussi comprendre qu’il s’agit d’hérétiques car en ce monde, ils sont mêlés aux bons non pas dans la société d’une même Église ou dans celle d’une même foi, mais dans la société du seul nom chrétien. Quant à ceux qui, au sein d’une même foi, sont mauvais, il faut les regarder comme de la paille, plutôt que comme de l’ivraie, car la paille a la même souche que le blé et une racine commune.

Neuvième leçon. Dans ce filet également, où se trouvent capturés ensemble mauvais et bons poissons, il n’est pas absurde de reconnaître les mauvais catholiques. Autre chose est la mer qui signifie plutôt ce monde, autre chose le filet qui semble symboliser la communion d’une même foi, d’une même Église. Entre les hérétiques et les mauvais catholiques, il y a cette différence : les hérétiques croient des erreurs tandis que les autres, tout en croyant la vérité, ne vivent pas selon leur foi.

Ant. du Benedictus à Laudes "Maître, * n’avez-vous pas semé de bonne semence dans votre champ ? D’où vient donc qu’il s’y trouve de l’ivraie ?" Il leur dit : "C’est un ennemi qui a fait cela."

Ant. du Magnificat aux 2ᵉˢ Vêpres "Ramassez d’abord l’ivraie, et liez-la en bottes pour la brûler ; quant au froment, amassez-le dans mon grenier.", dit le Seigneur.

23ᵉ Dimanche après la Pentecôte,  [Rubrique avant 1960]

Dominica Vigesima tertia post Pentecosten ·  [Rubrica ante 1960]

IntroïtAnt. ad Introitum. Ier. 29,11,12 et 14.
Dicit Dóminus : Ego cógito cogitatiónes pacis, et non afflictiónis : in vocábitis me, et ego exáudiam vos : et redúcam captivitátem vestram de cunctis locis.
Moi, j’ai des pensées de paix et non d’affliction, dit le Seigneur ; vous m’invoquerez et je vous exaucerai, et je ramènerai vos captifs de tous les lieux.
Ps. 84, 2.
Benedixísti, Dómine, terram tuam : avertísti captivitátem Iacob.
Vous avez béni, Seigneur, votre terre, vous ayez délivré Jacob de la captivité.
V/.Glória Patri.
CollecteOratio.
Famíliam tuam, quǽsumus, Dómine, contínua pietáte custódi : ut, quæ in sola spe grátiæ cæléstis innítitur, tua semper protectióne muniátur. Per Dóminum.
Nous vous en supplions, Seigneur, gardez votre famille avec une constante bonté afin que celle qui s’appuie sur l’unique espérance de votre grâce céleste, soit toujours munie de votre protection.
ÉpîtreLéctio Epístolæ beáti Páuli Apóstoli ad Colossénses.
Lecture de l’Epître de Saint Paul Apôtre aux Colossiens.
Col. 3, 12-17.
Fratres : Indúite vos sicut electi Dei, sancti et dilecti, víscera misericórdiæ, benignitátem, humilitátem, modéstiam, patiéntiam : supportántes ínvicem, et donántes vobismetípsis, si quis advérsus áliquem habet querélam : sicut et Dóminus donávit vobis, ita et vos. Super ómnia autem hæc caritátem habéte, quod est vínculum perfectionis : et pax Christi exsúltet in córdibus vestris, in qua et vocáti estis in uno córpore : et grati estóte. Verbum Christi hábitet in vobis abundánter, in omni sapiéntia, docéntes et commonéntes vosmetípsos psalmis, hymnis et cánticis spirituálibus, in grátia cantántes in córdibus vestris Deo. Omne, quodcúmque fácitis in verbo aut in ópere, ómnia in nómine Dómini Iesu Christi, grátias agéntes Deo et Patri per Iesum Christum, Dóminum nostrum.
Mes frères : comme élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, et patience, vous supportant les uns les autres et vous pardonnant réciproquement, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre. Comme le Seigneur vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. Mais surtout revêtez-vous de la charité, qui est le lien de la perfection. Et que la paix du Christ, à laquelle vous avez été appelés de manière à former un seul corps, règne dans vos cœurs ; soyez reconnaissants. Que la parole du Christ demeure en vous avec abondance, de telle sorte que vous vous instruisiez et vous avertissiez les uns les autres en toute sagesse : sous l’inspiration de la grâce que vos cœurs s’épanchent vers Dieu en chants, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels. En quoi que ce soit que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, en rendant par lui des actions de grâces à Dieu le Père.
GraduelGraduale. Ps. 43, 8-9.
Liberásti nos, Dómine, ex affligéntibus nos : et eos, qui nos odérunt, confudísti.
Vous nous avez délivrés, Seigneur, de ceux qui nous affligeaient et vous avez confondu ceux qui nous haïssaient.
V/. In Deo laudábimur tota die, et in nómine tuo confitébimur in sǽcula.
En Dieu nous nous glorifierons tout le jour et nous célébrerons à jamais votre nom.
AlléluiaAllelúia, allelúia. V/.Ps, 129, 1-2.
De profúndis clamávi ad te, Dómine : Dómine, exáudi oratiónem meam. Allelúia.
Du fond des abîmes je crie vers vous, ô Seigneur ; Seigneur, exaucez ma prière. Alléluia.
Évangile+ Sequéntia sancti Evangélii secundum Matthǽum.
Lecture du Saint Evangile selon saint Mathieu.
Matth. 13, 24-30.
In illo témpore : Dixit Iesus turbis parábolam hanc : Símile factum est regnum cælórum hómini, qui seminávit bonum semen in agro suo. Cum autem dormírent hómines, venit inimícus eius, et superseminávit zizánia in médio trítici, et ábiit. Cum autem crevísset herba et fructum fecísset, tunc apparuérunt et zizánia. Accedéntes autem servi patrisfamílias, dixérunt ei : Dómine, nonne bonum semen seminásti in agro tuo ? Unde ergo habet zizánia ? Et ait illis : Inimícus homo hoc fecit. Servi autem dixérunt ei : Vis, imus, et collígimus ea ? Et ait : Non : ne forte colligéntes zizánia eradicétis simul cum eis et tríticum. Sínite utráque créscere usque ad messem, et in témpore messis dicam messóribus : Collígite primum zizáania, et alligáte ea in fascículos ad comburéndum, tríticum autem congregáta in hórreum meum.
En ce temps là : Jésus proposa aux foules cette parabole : "Le royaume des cieux est semblable à un homme qui avait semé de bonne semence dans son champ. Or, pendant que les hommes dormaient, son ennemi vint et sema de l’ivraie au milieu du froment par dessus, et il s’en alla. Quand l’herbe eut poussé et donné son fruit, alors apparut aussi l’ivraie. Et les serviteurs du maître de maison vinrent lui dire : "Maître, n’avez-vous pas semé de bonne semence dans votre champ ? D’où (vient) donc qu’il s’y trouve de l’ivraie ?" Il leur dit : "C’est un ennemi qui a fait cela." Les serviteurs lui disent : "Voulez-vous que nous allions la ramasser ?" Et il leur dit : "Non, de peur qu’en ramassant l’ivraie vous n’arrachiez aussi le froment. Laissez croître ensemble l’un et l’autre jusqu’à la moisson, et au temps de la moisson je dirai aux moissonneurs : Ramassez d’abord l’ivraie, et liez-la en bottes pour la brûler ; quant au froment, amassez-le dans mon grenier."
OffertoireAnt. ad Offertorium. Ps. 129, 1-2.
De profúndis clamávi ad te, Dómine : Dómine, exáudi oratiónem meam : de profúndis clamávi ad te. Dómine.
Du fond des abîmes. je crie vers vous, ô Seigneur, Seigneur, exaucez, ma prière. Du fond des abîmes je crie vers vous, Seigneur.
SecrèteSecreta.
Hóstias tibi, Dómine, placatiónis offérimus : ut et delícta nostra miserátus absólvas, et nutántia corda tu dírigas. Per Dóminum.
Nous vous offrons, Seigneur, ces hosties de propitiation, afin que, dans votre miséricorde, vous nous pardonniez nos fautes et que vous dirigiez nos cœurs chancelants.
CommunionAnt. ad Communionem. Marc. 11, 24.
Amen, dico vobis, quidquid orántes pétitis, crédite, quia accipiétis, et fiet vobis.
En vérité, je vous le dis, tout ce que vous demandez en priant, croyez que vous le recevrez et cela vous sera donné.
PostcommunionPostcommunio.
Quǽsumus, omnípotens Deus : ut illíus salutáris capiámus efféctum, cuius per hæc mystéria pignus accépimus. Per Dóminum.
Nous vous en supplions, Dieu tout-puissant, accordez-nous les faveurs dont, par ces mystères, nous avons reçu le gage.
Mémoire de SS. Martyrs

Ses oraisons ne sont pas encore disponibles.

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