Sᵗᵉ Hedwige, Veuveabstinence

Textes liturgiques

Dimanche des Rameaux avant 1955

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Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Dès le matin de cette journée, Jésus laissant à Béthanie Marie sa mère, les deux sœurs Marthe et Marie-Madeleine avec Lazare, se dirige vers Jérusalem, dans la compagnie de ses disciples. La mère des douleurs frémit en voyant son fils se rapprocher ainsi de ses ennemis, qui ne songent qu’à répandre son sang ; cependant ce n’est pas la mort que Jésus va chercher aujourd’hui à Jérusalem : c’est le triomphe. Il faut que le Messie, avant d’être attaché à la croix, ait été proclamé Roi dans Jérusalem par le peuple ; qu’en face des aigles romaines, sous les yeux des Pontifes et des Pharisiens muets de rage et de stupeur, la voix des enfants, se mêlant aux acclamations de la cite, fasse retentir la louange au Fils de David.

Le prophète Zacharie avait prédit cette ovation préparée de toute éternité pour le Fils de l’homme, à la veille de ses humiliations : « Tressaille d’allégresse, fille de Sion, avait-il dit ; livre-toi aux transports de la joie, fille de Jérusalem : voici ton Roi qui vient vers toi ; il est le Juste et le Sauveur. Il est pauvre, et il s’avance monté sur l’ânesse et sur le petit de l’ânesse [1]. » Jésus, voyant que l’heure de l’accomplissement de cet oracle était venue, détache deux de ses disciples, et leur ordonne de lui amener une ânesse et un ânon qu’ils trouveront à quelque distance. Le Sauveur était déjà arrivé à Bethphagé, sur le mont des Oliviers. Les deux disciples s’empressent de remplir la commission de leur maître ; et bientôt l’ânesse et l’ânon sont amenés aux pieds du Sauveur.

Les saints Pères nous ont donné la clef du mystère de ces deux animaux. L’ânesse figure le peuple juif qui, dès longtemps, avait été placé sous le joug de la Loi ; « l’ânon sur lequel, dit l’Évangile, aucun homme n’était encore monté [2] », représente la gentilité, que nul n’avait domptée jusqu’alors. Le sort de ces deux peuples se décidera d’ici à quelques jours. Pour avoir repoussé le Messie, le peuple juif sera délaissé ; en sa place Dieu adoptera les nations qui, de sauvages qu’elles étaient, deviendront dociles et fidèles.

Les disciples étendent leurs vêtements sur l’ânon ; alors Jésus, pour accomplir la figure prophétique, monte sur cet animal [3], et se prépare à faire ainsi son entrée dans la ville. En même temps le bruit se répand dans Jérusalem que Jésus approche. Par un mouvement de l’Esprit divin, la multitude de Juifs qui s’était réunie de toutes parts dans la cité sainte pour y célébrer la fête de Pâques, sort à sa rencontre, portant des palmes et faisant retentir l’air d’acclamations. Le cortège qui accompagnait Jésus depuis Béthanie se confond avec cette foule que l’enthousiasme transporte ; les uns étendent leurs vêtements sur la terre qu’il doit fouler, d’autres jettent des branches de palmier sur son passage. Le cri d’Hosannah retentit ; et la grande nouvelle dans la cite, c’est que Jésus, fils de David, vient d’y faire son entrée comme Roi.

C’est ainsi que Dieu, dans sa puissance sur les cœurs, ménagea un triomphe à son Fils au sein même de cette ville qui devait, si peu de temps après, demandera grands cris le sang de ce divin Messie. Cette journée fut un moment de gloire pour Jésus, et la sainte Église, comme nous l’allons voir tout à l’heure, veut que nous renouvelions chaque année la mémoire de ce triomphe de l’Homme-Dieu. Dans les temps de la naissance de l’Emmanuel, nous vîmes les Mages arriver du fond de l’Orient, cherchant et demandant à Jérusalem le Roi des Juifs, afin de lui rendre leurs hommages et de lui offrir leurs présents ; aujourd’hui c’est Jérusalem elle-même qui se levé comme un seul homme pour aller au-devant de lui. Ces deux faits se rapportent au même but ; ils sont une reconnaissance de la royauté de Jésus-Christ : le premier de la part des Gentils, le second de la part des Juifs. Il fallait que le Fils de Dieu, avant de souffrir sa Passion, eût recueilli l’un et l’autre hommage. L’inscription que bientôt Pilate placera au-dessus de la tête du Rédempteur : Jésus de Nazareth, Roi des Juifs, exprimera l’indispensable caractère du Messie. En vain les ennemis de Jésus feront tous leurs efforts pour faire changer les termes de cet écriteau : ils n’y réussiront pas. « Ce que j’ai écrit est écrit », répondra le gouverneur romain, dont la main païenne et lâche a déclaré, sans le savoir, l’accomplissement des Prophéties. Israël aujourd’hui proclame Jésus son Roi ; Israël bientôt sera dispersé, en punition de sa révolte contre le fils de David ; mais Jésus, qu’il a proclamé, demeure Roi à jamais. Ainsi s’accomplissait à la lettre l’oracle de l’Ange parlant à Marie, et lui annonçant les grandeurs du fils qui devait naître d’elle : « Le Seigneur lui donnera le trône de David son aïeul, et il régnera sur la maison de Jacob à jamais [4] ». Jésus commence aujourd’hui son règne sur la terre ; et si le premier Israël ne doit pas tardera se soustraire à son sceptre, un nouvel Israël, issu de la portion fidèle de l’ancien, va s’élever, formé de tous les peuples de la terre, et offrir au Christ un empire plus vaste que jamais conquérant ne l’a ambitionné.

Tel est, au milieu du deuil de la Semaine des douleurs, le glorieux mystère de ce jour. La sainte Église veut que nos cœurs se soulagent par un moment d’allégresse, et que Jésus aujourd’hui soit salué par nous comme notre Roi. Elle a donc dispose le service divin de cette journée de manière à exprimer à la fois la joie et la tristesse : la joie, en s’unissant aux acclamations dont retentit la cité de David ; la tristesse, en reprenant bientôt le cours de ses gémissements sur les douleurs de son Époux divin. Toute la fonction est partagée comme en trois actes distincts, dont nous allons successivement expliquer les mystères et les intentions.

La bénédiction des Palmes, ou des Rameaux, comme nous disons en France, est le premier rite qui s’accomplit sous nos yeux ; et l’on peut juger de son importance par la solennité que l’Église y déploie. On dirait d’abord que le Sacrifice va s’offrir [5], sans autre intention que de célébrer l’anniversaire de rentrée de Jésus à Jérusalem. Introït, Collecte, Épître, Graduel, Évangile, Préface même, se succèdent comme pour préparer l’immolation de l’Agneau sans tache ; mais après le Trisagion : Sanctus ! Sanctus ! Sanctus ! L’Église suspend ces solennelles formules, et son ministre procède à la sanctification de ces mystiques rameaux qui sont devant lui. Les prières employées à leur bénédiction sont éloquentes et remplies d’enseignements. Ces branches d’arbres, objet de la première partie de la fonction, reçoivent par ces oraisons, accompagnées de l’encens et de l’aspersion de l’eau sainte, une vertu qui les élève à l’ordre surnaturel, et les rend propres à aider à la sanctification de nos âmes, et à la protection de nos corps et de dos demeures. Les fidèles doivent tenir respectueusement ces rameaux dans leurs mains durant la procession, et à la Messe durant le chant de la Passion, et les placer avec honneur dans leurs maisons, comme un signe de leur foi, et une espérance dans le secours divin.

Il n’est pas besoin d’expliquer au lecteur que les palmes et les branches d’olivier, qui reçoivent en ce moment la bénédiction de l’Église, sont portées en mémoire de celles dont le peuple de Jérusalem honora la marche triomphale du Sauveur ; mais il est à propos de dire quelques mots sur l’antiquité de cette coutume. Elle commença de bonne heure en Orient, et probablement, dès la paix de l’Église, à Jérusalem. Déjà au IVᵉ siècle, saint Cyrille, Évêque de cette ville, atteste que le palmier qui avait fourni ses branches au peuple qui vint au-devant du Christ, existait encore dans la vallée de Cédron [6] ; rien n’était plus naturel que d’en tirer occasion pour instituer une commémoration anniversaire de ce grand événement. Au siècle suivant, on voit cette cérémonie établie, non plus seulement dans les Églises de l’Orient, mais jusque dans les monastères dont les solitudes de l’Égypte et de la Syrie étaient peuplées. A l’entrée du Carême, beaucoup de saints moines obtenaient de leur abbé la permission de s’enfoncer dans le désert, afin d’y passer ce temps dans une profonde retraite ; mais ils devaient rentrer au monastère pour le Dimanche des Palmes, comme nous l’apprenons de la Vie de saint Euthymius, écrite par son disciple Cyrille [7]. En Occident, ce rite ne s’établit pas aussi promptement ; la première trace que l’on en trouve est dans le Sacramentaire de saint Grégoire : ce qui donne la fin du VIᵉ siècle, ou le commencement du vue. A mesure que la foi pénétrait dans le Nord, il n’était même plus possible de solenniser cette cérémonie dans toute son intégrité, le palmier et l’olivier ne croissant pas dans nos climats. On fut obligé de les remplacer par des branches d’autres arbres ; mais l’Église ne permet pas de rien changer aux oraisons prescrites pour la bénédiction de ces humbles rameaux, parce que les mystères qui sont exposés dans ces belles prières sont fondés sur l’olivier et la palme du récit évangélique, figurés par nos branches de buis ou de laurier.

Le second rite de cette journée est la Procession célèbre qui fait suite à la bénédiction solennelle des Rameaux. Elle a pour objet de représenter la marche du Sauveur vers Jérusalem et son entrée dans cette ville ; et c’est afin que rien ne manque à l’imitation du fait raconté dans le saint Évangile., que les rameaux qui viennent d’être bénits sont portés par tous ceux qui prennent part à cette Procession. Chez les Juifs, tenir en main des branches d’arbres était un signe d’allégresse ; et la loi divine sanctionnait pour eux cet usage. Dieu avait dit au livre du Lévitique, en établissant la fête des Tabernacles : « Le premier jour de la fête, vous tiendrez dans vos mains des fruits pris sur les plus beaux arbres ; vous porterez des rameaux de palmier, des branches avec leur feuillage, vous en détacherez des saules du torrent, et vous vous livrerez à la joie, en présence du Seigneur votre Dieu [8]. » C’est donc dans l’intention de témoigner leur enthousiasme pour l’arrivée de Jésus dans leurs murs que les habitants de Jérusalem, et jusqu’aux enfants, eurent recours à cette joyeuse démonstration. Nous aussi allons au-devant de notre Roi, et chantons Hosannah à ce vainqueur de la mort, à ce libérateur de son peuple.

Au moyen âge, en beaucoup d’églises, on portait avec pompe, à cette Procession, le livre des saints Évangiles qui représentait Jésus-Christ dont il contient les paroles. A un lieu marqué et préparé pour une station, la Procession s’arrêtait : le diacre ouvrait alors le livre sacré, et chantait le passage où l’entrée de Jésus dans Jérusalem est racontée. On découvrait ensuite la croix, qui jusqu’alors était demeurée voilée ; tout le clergé venait solennellement lui rendre ses adorations, et chacun déposait à ses pieds un fragment du rameau qu’il tenait à la main. La Procession repartait ensuite précédée de la croix, qui demeurait alors sans voile, jusqu’à ce que le cortège fût rentré à l’église.

En Angleterre et en Normandie, dès le XIᵉ siècle, on pratiquait un rite qui représentait plus vivement encore la scène qui eut lieu, en ce jour, à Jérusalem. La sainte Eucharistie était portée en triomphe à la Procession. L’hérésie de Bérenger contre la présence réelle de Jésus-Christ dans l’Eucharistie venait d’éclater à cette époque ; et ce triomphe de l’Hostie sacrée était un prélude lointain à l’institution de la Fête et de la Procession du très saint Sacrement.

Un usage touchant avait lieu aussi à Jérusalem, dans la Procession des Palmes, toujours dans la même intention de renouveler la scène évangélique qui se rapporte à ce jour. Toute la communauté des Franciscains qui veille à la garde des saints lieux se rendait dès le matin à Bethphagé. Là, le Père Gardien de Terre Sainte, en habits pontificaux, montait sur un ânon qu’on avait couvert de vêtements ; et accompagné des religieux et des catholiques de Jérusalem, tous portant des palmes, il faisait son entrée dans la ville et descendait à la porte de l’Église du Saint-Sépulcre, où la Messe était célébrée avec la plus grande solennité. Depuis deux siècles environ, les autorités turques de Jérusalem ont interdit cette belle cérémonie, qui remontait aux temps du royaume latin de Jérusalem.

Nous avons réuni ici, selon notre usage, les différents faits qui peuvent servir à élever la pensée des fidèles aux divers mystères de la Liturgie ; ces manifestations de la foi les aideront à comprendre que, dans la Procession des Palmes, l’Église veut qu’ils honorent Jésus-Christ comme présent au triomphe qu’elle lui décerne aujourd’hui. Cherchons donc par l’amour « cet humble et doux Sauveur qui vient visiter la fille de Sion », comme parle le Prophète. Il est là au milieu de nous ; c’est à lui que s’adresse l’hommage de nos palmes ; joignons-y celui de nos cœurs. Il se présente pour être notre Roi ; accueillons-le, et disons à notre tour : Hosannah au fils de David !

La fin de la Procession est marquée par une cérémonie empreinte du plus haut et du plus profond symbolisme. Au moment de rentrer dans l’église, le pieux cortège en trouve les portes fermées. La marche triomphale est arrêtée ; mais les chants d’allégresse ne sont pas suspendus. Une hymne spéciale au Christ-Roi retentit dans les airs avec son joyeux refrain, jusqu’à ce qu’enfin le sous-diacre ayant frappé la porte avec le bâton de la croix, cette porte s’ouvre, et la foule, précédée du clergé, rentre dans l’église en célébrant celui qui seul est la Résurrection et la Vie.

Cette scène mystérieuse a pour but de retracer l’entrée du Sauveur dans une autre Jérusalem, dont celle de la terre n’était que la figure. Cette Jérusalem est la patrie céleste dont Jésus nous a procuré l’entrée. Le péché du premier homme en avait fermé les portes ; mais Jésus, le Roi de gloire, les a rouvertes par la vertu de sa Croix, a laquelle elles n’ont pu résister. Continuons donc de suivre les pas du fils de David ; car il est aussi le Fils de Dieu, et il nous convie à venir prendre part à son royaume. C’est ainsi que la sainte Église, dans la Procession des Palmes, qui n’est d’abord que la commémoration de l’événement accompli en ce jour, élève notre pensée jusqu’au glorieux mystère de l’Ascension, par lequel se termine au ciel la mission du Fils de Dieu sur la terre. Mais, hélas ! Les jours qui séparent l’un de l’autre ces deux triomphes du Rédempteur ne sont pas tous des jours d’allégresse, et la Procession ne sera pas plutôt terminée, que la sainte Église, qui a soulevé un moment le poids de ses tristesses, n’aura plus à faire entendre que des gémissements.

La troisième partie de la fonction de ce jour est l’offrande du saint Sacrifice. Tous les chants qui l’accompagnent sont empreints de désolation ; et pour mettre le comble au deuil qui signale désormais le reste de cette journée, le récit de la Passion du Rédempteur va être lu par avance dans l’assemblée des fidèles. Depuis cinq à six siècles. L’Église a adopté un récitatif particulier pour cette narration du saint Évangile, qui devient ainsi un véritable drame. On entend d’abord l’historien qui raconte les faits sur un mode grave et pathétique ; les paroles de Jésus ont un accent noble et doux, qui contraste d’une manière saisissante avec le ton élevé des autres interlocuteurs, et avec les clameurs de la populace juive. Durant le chant de la Passion, tous les assistants doivent tenir leur rameau à la main, afin de protester par cet emblème de triomphe contre les humiliations dont le Rédempteur est l’objet de la part de ses ennemis. C’est au moment où, dans son amour pour nous, il se laisse fouler sous les pieds des pécheurs, que nous devons le proclamer plus haut notre Dieu et notre souverain Roi.

Tels sont les rites généraux de cette grande journée ; nous insérerons dans le cours des prières et des lectures sacrées, selon notre coutume, les détails qui seront nécessaires pour en compléter l’intelligence.

Ce Dimanche, outre son nom liturgique et populaire de Dimanche des Rameaux, ou des Palmes, est appelé aussi Dimanche d’Hosannah, à cause du cri de triomphe dont les Juifs saluèrent l’arrivée de Jésus. Nos pères l’ont nommé longtemps Dimanche de Pâque fleurie, parce que la Pâque, qui n’est plus qu’à huit jours d’intervalle, est aujourd’hui comme en floraison, et que les fidèles peuvent remplir dès maintenant le devoir de la communion annuelle. C est en souvenir de cette appellation, que les Espagnols ayant découvert, le Dimanche des Rameaux de l’an 1513, la vaste contrée qui avoisine le Mexique, lui donnèrent le nom de Floride. On trouve ce Dimanche appelé aussi Capitilavium, c’est-à-dire lave-tête, parce que, dans les siècles de la moyenne antiquité, où l’on renvoyait au Samedi-Saint le baptême des enfants nés dans les mois précédents, et qui pouvaient attendre cette époque sans danger, les parents lavaient aujourd’hui la tête de ces enfants, afin que le samedi suivant on pût avec décence y faire l’onction du Saint-Chrême. A une époque plus reculée, ce Dimanche, dans certaines Églises, était nommé la Pâque des Compétents. On appelait Compétents les catéchumènes admis au baptême. Ils se rassemblaient en ce jour à l’église, et on leur faisait une explication particulière du Symbole qu’ils avaient reçu au scrutin précédent. Dans l’Église gothique d’Espagne, on ne le donnait mère qu’aujourd’hui. Enfin, chez les Grecs, ce Dimanche est désigné sous le nom de Baïphore, c’est-à-dire Porte-Palmes.

LA BÉNÉDICTION DES RAMEAUX.

La fonction commence par le chant de l’Hosannah, dans cette Antienne qui sert comme d’Introït : Hosannah au fils de David ! Béni celui qui vient au nom du Seigneur. O roi d’Israël ! Hosannah au plus haut des cieux !

Le Prêtre prend ensuite la parole, et recueillant les vœux de toute l’assemblée, il demande à Dieu, pour son peuple, la grâce d’arriver, après ce monde passager, au terme heureux que la mort et la résurrection de Jésus-Christ nous ont préparé : « O Dieu que nous devons aimer pour être justes, multipliez en nous les dons de votre grâce ineffable : par la mort de votre Fils, vous nous avez donné droit d’espérer ce qui est l’objet de notre foi ; faites-nous arriver, par sa résurrection, au terme vers lequel nous aspirons. Par Jésus-Christ notre Seigneur, qui, étant Dieu, vit et règne avec vous, en l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen. »

Après cette Oraison, le sous-diacre lit un passage du livre des Nombres, dans lequel on voit le peuple de Dieu sortant de l’Égypte, et venant camper à Élim, à l’ombre de soixante-dix palmiers, et auprès de douze fontaines. C’est là qu’il reçoit avis de la part de Moïse que la manne ne tardera pas à descendre du ciel pour le nourrir, et que dès le jour suivant, au matin, il en pourra apaiser sa faim. Toutes ces figures s’accomplissent dans le peuple chrétien. Par une sincère conversion, les fidèles ont rompu avec l’Égypte qui représente le monde. Les voici qui empruntent au palmier ses branches pour faire honneur à Jésus leur Roi. Les fontaines figurent le baptême qui sera confère bientôt à nos catéchumènes ; elles sont au nombre de douze, parce que les douze articles du Symbole ont été annoncés au monde par les douze Apôtres Enfin, le jour de Pâques, au matin, Jésus, Pain de vie, Manne céleste, sortira du tombeau et manifestera sa gloire.

Après cette lecture, le chœur chante l’un des dRépons suivants, qui rappellent.

Le diacre monte ensuite à l’Ambon, et lit le récit de saint Matthieu sur l’entrée triomphante de Jésus-Christ dans Jérusalem. Les palmes du Nouveau Testament s’unissent à celles de l’Ancien pour glorifier l’Homme-Dieu, qui est le nœud de l’un et de l’autre.

Le moment approche où les palmes mystérieuses vont recevoir la bénédiction de l’Église. Le Prêtre invoque d’abord les souvenirs de Noé, à qui la branche d’olivier annonça la fin du déluge, et de Moïse, dont le peuple, à sa sortie d’Égypte, vint camper à l’ombre de soixante-dix palmiers ; ensuite, empruntant le mode solennel de la Préface, il adjure tous les êtres de confesser en ce moment le grand nom du Fils de Dieu, auquel va être rendu un si éclatant hommage. L’assistance répond par l’acclamation au Dieu trois fois Saint, et crie, à sa gloire : Hosannah au plus haut des cieux.

Les Oraisons qui suivent expliquent le mystère des rameaux, et attirent sur ceux que l’on présente à la bénédiction du Prêtre, et sur les fidèles qui les porteront et les conserveront avec foi, les faveurs célestes.

Le Prêtre consomme la sanctification des rameaux, en les arrosant de l’eau sainte et en les parfumant avec l’encens qu’il vient de bénir. Puis il conclut ce rite imposant par l’Oraison suivante :

Après cette Oraison, le Prêtre procède à la distribution des rameaux ; et pendant qu’elle dure, le chœur rappelle, dans les deux Antiennes suivantes, l’enthousiasme des enfants hébreux portant des palmes, et chantant Hosannah au fils de David.

LA PROCESSION DES RAMEAUX.

Le Prêtre ayant béni l’encens qui, selon l’usage de l’Église, doit toujours purifier et parfumer la voie que parcourt une Procession, le Diacre se tourne vers le peuple et donne le signal du départ, en disant : Mettons-nous en marche dans la paix. Le Chœur répond : Au nom du Christ. Amen.

La Procession commence à défiler, chacun tenant en main son rameau. Le Chœur chante les Antiennes qui suivent, à l’honneur de Jésus, Roi d’Israël :

La Procession a achevé son cours, et se dispose à rentrer dans l’église. Elle en trouve les portes fermées. Nous avons expliqué plus haut le sens de ce mystère. Tout à coup des voix retentissent dans l’intérieur du temple : elles saluent le Roi-Christ et Rédempteur. Ces voix représentent celles des saints Anges, qui, au plus haut des cieux, célébrèrent l’arrivée de Jésus dans l’éternelle Jérusalem. Au dehors de l’église, le Chœur répète ces accents de triomphe ; mais ces voix sont celles de la terre, qui ne célèbrent encore que l’entrée du fils de David dans la Jérusalem terrestre. Un dialogue chanté s’établit entre les deux chœurs, à travers les portes du temple qui demeurent toujours fermées, jusqu’au moment où la Croix victorieuse, faisant violence à ces portes qui figurent celles du ciel, ouvre à l’Église militante un passage pour se réunir à l’Église triomphante. L’Hymne qui se chante ainsi à deux chœurs fut composée par Théodulphe, Évêque d’Orléans, lorsqu’il était prisonnier à Angers, par ordre de Louis le Débonnaire. L’Église romaine, en adoptant les six premières strophes de ce petit poème pour servir en celte rencontre, l’a rendu célèbre dans le monde entier.

Les chantres qui sont au dedans de l’église font entendre, comme on vient de le dire, la première strophe ; au dehors, le chœur chante le refrain.
Quand le dernier refrain a cessé de retentir, le Sous-Diacre frappe la porte avec le bâton de la croix, et elle s’ouvre aussitôt. En plusieurs lieux, c’est le célébrant lui-même qui accomplit cet acte mystérieux, en prononçant les paroles du Psaume XXIII, par lequel David célèbre l’entrée du Rédempteur dans le ciel, au moment de sa glorieuse Ascension.
La Procession rentre dans l’église, en chantant le Répons Ingrediénte.

A LA MESSE.

A Rome, la Station est dans la Basilique de Latran. Une si auguste fonction ne demandait pas moins que l’Église Mère et Maîtresse de toutes les autres. De nos jours, cependant, la Fonction papale a lieu à Saint-Pierre ; mais cette dérogation est sans préjudice des droits de l’Archibasilique qui, dans l’antiquité, avait en ce jour l’honneur delà présence du Souverain Pontife, et a conservé les indulgences accordées à ceux qui la visitent aujourd’hui.

La Messe de ce Dimanche ne retient plus aucune trace de la joie qui éclatait dans la cérémonie des Palmes. L’Introït est extrait du Psaume XXI, dans lequel David exprime les angoisses du Christ sur la croix.

Dans la Collecte, l’Église demande pour nous la grâce d’imiter la patience et l’humilité du Sauveur. C’est pour l’homme pécheur que Jésus-Christ souffre et qu’il s’abaisse ; il est juste que l’homme profite de l’exemple, et opère son salut par les moyens que lui révèle la conduite de son Rédempteur.

ÉPÎTRE.

La sainte Église nous prescrit de fléchir le genou à l’endroit de cette Épître où l’Apôtre dit que tout doit s’abaisser quand le nom de Jésus est prononcé. Nous venons d’accomplir ce commandement. Comprenons que, s’il est une époque dans l’année où le Fils de Dieu ait droit à nos plus profondes adorations, c’est surtout en cette Semaine, où sa divine majesté est violée, où nous le voyons foulé sous les pieds des pécheurs. Sans doute nos cœurs doivent être animés de tendresse et de compassion à la vue des douleurs qu’il endure pour nous ; mais nous devons ressentir avec non moins de vivacité les outrages et les indignités dont il est abreuvé, lui qui est l’égal du Père, et Dieu comme lui. Rendons-lui par nos abaissements, autant du moins qu’il est en nous, la gloire dont il se prive pour réparer notre orgueil et nos révoltes, et unissons-nous aux saints Anges qui, témoins de tout ce que lui a fait accepter son amour pour l’homme, s’anéantissent plus profondément encore, en voyant l’ignominie à laquelle il est réduit.

Dans le Graduel, l’Église se sert des paroles du Roi-Prophète qui prédit les grandeurs futures de la victime du Calvaire, mais qui, en même temps, confesse que l’affreuse sécurité avec laquelle les Juifs devaient commettre le déicide avait ébranlé son âme tout entière.

Le Trait est formé d’une partie considérable du Psaume XXI, dont Jésus-Christ répéta les premières paroles sur la Croix, et qui est autant une histoire de la Passion du Sauveur qu’une prophétie : tant les paroles en sont claires et évidentes.

Il est temps d’écouter le récit de la Passion de notre Sauveur ; mais afin de montrer au ciel et à la terre que nous ne sommes pas scandalisés, comme le furent les disciples, par le spectacle de son apparente faiblesse et du triomphe de ses ennemis, tenons en mains [9] les rameaux avec lesquels tout à l’heure nous l’avons proclamé notre Roi.

L’Église lit, à quatre jours différents de cette Semaine, la narration des quatre Évangiles. Elle commence aujourd’hui parcelle de saint Matthieu, qui le premier a écrit son récit sur la vie et la mort du Rédempteur. En signe de tristesse, les Acolytes ne viennent pas à l’ambon avec leurs cierges, et le livre n’est pas encensé. Sans saluer le peuple fidèle par le souhait ordinaire, le Diacre qui remplit le rôle de l’historien commence immédiatement son lamentable récit.

(Après la mort de Notre-Seigneur) l’historien fait une pause dans sa lecture, pour honorer par un acte solennel de deuil la mort du Sauveur des hommes. Toute l’assistance se met à genoux, et demeure quelque temps dans le silence. En beaucoup de lieux, on se prosterne et on baise humblement la terre. Le Diacre reprend ensuite son récit.

Afin que la Messe de ce jour ne soit pas privée d’un rite essentiel, qui consiste dans la lecture solennelle de l’Évangile, le Diacre réserve une dernière partie du récit lugubre qu’il a fait entendre, et s’approchant de l’autel, il vient y faire bénir l’encens par le Prêtre et recevoir la bénédiction. Il se rend ensuite à l’Ambon ; mais les Acolytes ne l’accompagnent pas avec leurs flambeaux. Après avoir encensé le livre, il termine la narration évangélique.

L’Offertoire est une nouvelle prophétie de David. Elle annonce l’abandon où le Messie se verra réduit au milieu de ses angoisses, et la férocité de ses ennemis qui dans sa faim lui présenteront le fiel, et dans sa soif l’abreuveront de vinaigre. Ainsi a été traité celui qui s’apprête à nous donner son corps pour nourriture et son sang pour breuvage.

La Secrète demande à Dieu pour ses serviteurs le double fruit de la Passion du Christ : la grâce dans le temps et la gloire pour l’éternité.

Dans l’Antienne de la Communion, l’Église, qui vient d’aspirer la vie du Christ dans le calice du salut, rappelle cet autre calice que le Christ a dû boire pour nous mériter le breuvage de l’immortalité.

La sainte Église conclut les demandes du Sacrifice qu’elle vient d’offrir, en implorant la rémission des péchés pour tous ses enfants, et l’accomplissement du désir qu’ils ont d’avoir part à la résurrection glorieuse de l’Homme-Dieu.

Achevons cette journée du Rédempteur à Jérusalem, en repassant dans notre mémoire les autres faits qui la signalèrent. Saint Luc nous apprend que ce fut pendant sa marche triomphale vers celle ville que Jésus, près d’y entrer, pleura sur elle, et exprima sa douleur par ces lugubres paroles : « Oh ! Si tu connaissais, aujourd’hui surtout, ce qui pourrait te donner la paix ! Mais tout cela est maintenant caché à tes yeux. Il viendra des jours où tes ennemis t’environneront, te renverseront par terre, et ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas connu le temps de ta visite [10]. »

Il y a peu de jours, le saint Évangile nous montrait Jésus pleurant sur le tombeau de Lazare ; aujourd’hui nous le voyons répandre de nouvelles larmes sur Jérusalem. A Béthanie, il pleurait en songeant à la mort du corps, suite et châtiment du péché ; mais cette mort n’est pas sans remède. Jésus est « la résurrection et la vie ; et celui qui croit en lui ne demeurera pas dans la mort toujours [11] ». Mais l’état de l’infidèle Jérusalem figure la mort de l’âme, et cette mort est sans résurrection, si l’âme ne revient pas à temps vers l’auteur de la vie. Voilà pourquoi les larmes que Jésus répand aujourd’hui sont si amères. Au milieu des acclamations qui accueillent son entrée dans la cité de David, son cœur est triste ; car il sait que beaucoup « ne connaîtront pas le temps de leur visite ». Consolons le cœur de notre Rédempteur, et soyons-lui une Jérusalem fidèle.

Le divin récit nous apprend que Jésus, aussitôt après son entrée dans la ville, se rendit au Temple, et qu’il en chassa les vendeurs [12]. C’était la seconde fois qu’il accomplissait cet acte d’autorité dans la maison de son Père, et nul n’osa lui résister. Les princes des prêtres et les Pharisiens murmurèrent, ils se plaignirent à lui du tumulte qu’avait causé son entrée ; mais leur audace était déconcertée. C’est ainsi que, dans la suite des siècles, quand il plaît à Dieu de glorifier, à certaines époques, son Fils et l’Église de son Fils, les ennemis de l’un et de l’autre protestent dans la rage de leur cœur ; le char triomphal n’en poursuit pas moins sa marche. Mais sitôt que Dieu, dans sa haute sagesse, a résolu de faire succéder des jours de persécution et d’épreuves à ces heures de gloire, ces lâches ennemis se retrouvent, et, plus irrités que jamais, ils ne se donnent point de repos qu’ils n’aient entraîné une partie de ce peuple, qui criait Hosannah au fils de David, à demander qu’on le lui livre et qu’il soit crucifie. Mais Jésus et son Église n’en ont pas moins régné ; et si leur règne visible semble interrompu, c’est pour reparaître plus tard, jusqu’à ce que, après une succession de gloire et d’ignominies, la royauté de l’Époux et de l’Épouse soit proclamée éternelle sur les ruines du monde « qui n’aura pas connu le temps de sa visite ».

Nous apprenons de saint Matthieu [13] que le Sauveur alla terminer cette journée à Béthanie. Sa présence dut suspendre les maternelles inquiétudes de Marie et rassurer la pieuse famille de Lazare. Mais dans Jérusalem nul ne se présenta pour offrir l’hospitalité à Jésus ; du moins l’Évangile ne fait aucune mention à ce sujet. Les âmes pieuses qui ont médité la vie de notre Seigneur ont appuyé sur cette considération : Jésus honoré le matin d’un triomphe solennel, et réduit, le soir, à aller chercher la nourriture et le repos hors de la ville qui l’avait accueilli avec tant d’acclamations. Dans les monastères de Carmélites de la réforme de sainte Thérèse, il existe un usage touchant qui a pour but d’offrir au Sauveur une réparation pour l’abandon dont il fut l’objet de la part des habitants de Jérusalem. On dresse une table au milieu du réfectoire, et on y sert un repas, après le dîner de la communauté, ce repas offert au Sauveur du monde est distribué aux pauvres qui sont ses membres.
Nous terminerons cette journée en insérant ici quelques strophes d’une Hymne de la Liturgie Grecque, en ce Dimanche des Palmes. Elle a pour auteur le célèbre hymnographe Côme de Jérusalem.

In Dominica Palmarum.

Le Dieu qui est assis sur les Chérubins, au plus haut des cieux, et qui abaisse ses regards sur ce qu’il y a de plus humble, vient aujourd’hui dans la gloire et la puissance ; tout est rempli de sa divine grandeur. Paix sur Israël, et salut pour les gentils !

Les âmes des justes s’écrièrent dans l’allégresse : Une nouvelle alliance se prépare aujourd’hui pour le monde ; les peuples vont être renouvelés par l’aspersion du sang divin.

Le peuple et les disciples fléchissent les genoux avec joie, et portant des palmes chantent : Hosannah au fils de David : vous êtes digne de toute louange, Seigneur, Dieu de nos pères ; vous êtes béni.

La multitude au cœur simple, l’enfance naïve vous ont célébré comme il convient à un Dieu, vous, roi d’Israël et souverain des Anges : Vous êtes digne de toute louange, Seigneur, Dieu de nos pères ; vous êtes béni.

Ton roi s’est présenté, ô Sion ! Le Christ monte sur le petit de l’ânesse. Il vient délier le joug de l’erreur grossière qui poussait l’homme à adorer les idoles ; il vient arrêter le cours des passions aveugles qui règnent sur toutes les nations ; tous chanteront maintenant : Œuvres du Seigneur, bénissez-le, et exaltez son nom dans tous les siècles.

Livre-toi à la joie, ô Sion ! Le Christ ton Dieu règne à jamais. Il est doux, et il vient pour sauver, comme il est écrit de lui ; il est le juste, notre rédempteur qui s’avance monté sur le petit de l’ânesse. Il brisera l’audace de ceux qui ne veulent pas chanter en ce jour ; Œuvres du Seigneur, bénissez-le, et exaltez son nom dans tous les siècles.

L’inique et obstiné Sanhédrin, qui usurpait le Temple sacré, est chassé aujourd’hui ; il avait fait de la maison de prière, de la maison de Dieu, une caverne de voleurs, et refusait son amour au Rédempteur à qui nous chantons : Œuvres du Seigneur, bénissez-le, et exaltez son nom dans tous les siècles.

Le Seigneur Dieu parait devant nous ; faites-lui fête solennelle ; accourez pleins de joie ; chantons le Christ, et portant des palmes, crions à sa louange : Béni celui qui vient au nom de Dieu, notre Sauveur !

Peuple, pourquoi as-tu frémi contre les Écritures ? Prêtres, pourquoi méditez-vous de vains projets ? Pourquoi dites-vous : Quel est celui devant qui les enfants portant des palmes s’écrient : Béni celui qui vient au nom de Dieu, notre Sauveur ?

Hommes sans frein, pourquoi semez-vous le scandale sur la voie ? Vos pieds sont rapides pour répandre le sang du Seigneur ; mais il ressuscitera pour sauver tous ceux qui crieront : Béni celui qui vient au nom de Dieu notre Sauveur !

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Station au Latran à la basilique du Sauveur.
(Station à Saint-Pierre, collecte à Sainte-Marie « in Turri »)

Il était de règle, au moyen âge, que les grandes cérémonies de la semaine pascale, comme les anciens appelaient ce solennel septénaire que nous allons commencer, se célébrassent auprès de la résidence pontificale, dans le palais des Laterani. C’est pourquoi aussi la procession des rameaux et la messe stationnale se célèbrent aujourd’hui dans la vénérable basilique du Sauveur, trophée permanent des victoires du Pontificat romain sur l’idolâtrie, sur les hérésies et sur toutes les puissances infernales qui, depuis plus de dix-neuf siècles, conspirent contre l’Église et sont toujours repoussées et vaincues. Non praevalebunt adversus eam, a dit Jésus, et le ciel et la terre passeront avant que vienne à manquer une syllabe sortie des lèvres du Sauveur.

Dans le bas moyen âge, la station de ce jour, suivant le bon plaisir du Pape, se célébrait parfois au Vatican, et alors la bénédiction des palmes se faisait dans l’église de Sainte-Marie in Turri qui s’élevait dans l’atrium de la basilique.

La bénédiction des rameaux nous conserve l’ancien type des synaxes aliturgiques, c’est-à-dire des réunions tenues pour la récitation de l’office divin, l’instruction des fidèles, etc., sans l’offrande du saint Sacrifice. Ce type de synaxes provient des coutumes juives dans les synagogues de la Diaspora, et entra dans le rituel chrétien dès l’âge apostolique.

La procession avec les branches d’olivier provient du rite hiérosolymitain, tel que nous le décrit la pèlerine Éthérie vers la fin du Ve siècle [14]. En Occident, à l’origine, on tenait les rameaux en main durant la lecture de l’évangile ; dans les Gaules, on commença par donner une bénédiction spéciale, non point aux rameaux, mais à ceux qui rendaient cet hommage à la parole évangélique. La procession avant la messe s’y ajouta et vint conférer une pompe et une importance spéciale aux rameaux, lesquels finirent par être, à leur tour, sanctifiés par la bénédiction sacerdotale.

Bénédiction des Palmes.
Collecte à Saint-Sylvestre au Latran.

Selon les Ordines Romani du XIVᵉ siècle, les palmes étaient d’abord bénites par le cardinal de Saint-Laurent, puis transportées, par le ministère des clercs, à l’intérieur du Patriarchium, en l’oratoire de Saint-Sylvestre, où les acolytes de la basilique Vaticane avaient mission d’en faire la distribution au peuple. Quant à la distribution des palmes au clergé, elle était accomplie par le Pontife en personne, dans la salle du triclinium de Léon IV, d’où partait aujourd’hui la procession qui se dirigeait vers l’église stationnale du Sauveur.

Quand le Pape était arrivé sous le portique, il s’asseyait au trône, et tandis que les portes de l’église demeuraient encore fermées, le primicier des chantres et le prieur de la basilique, à la tête de leur personnel de service, entonnaient l’hymne Gloria, laus, etc. prescrite encore aujourd’hui dans le missel. Enfin s’ouvraient les portes, et le cortège faisait son entrée triomphale dans la basilique du Sauveur, pour commencer par la messe le grand drame de la Rédemption des hommes. Le Pape prenait les vêtements sacrés dans le secretarium, mais, pour indiquer la tristesse funèbre qui remplit toute la liturgie de cette semaine, les basilicarii omettaient en ce jour de tendre sur la tête du Pontife la mappula traditionnelle, ou baldaquin, qui était l’un des signes du respect et de la vénération chez les anciens.

La « collecte » pour la bénédiction des palmes commence par l’introït : « Salut, ô fils de David ; béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur ; ô Roi d’Israël, salut, vivat ! » Voilà le salut messianique que le Christ, acclamé aujourd’hui par les Gentils, par les enfants, par le bas peuple et par les simples, attendit en vain de la Synagogue. La conséquence en est que Jésus répudie le Sanhédrin obstiné, et se tourne au contraire vers les nations des Gentils, qui l’accueillent comme leur Dieu et leur Rédempteur. La miséricorde du Seigneur est pourtant infinie et Israël lui-même peut espérer le salut, à la condition toutefois qu’il se dirige lui aussi au-devant du Christ, chantant avec le psalmiste et avec les enfants : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. »

Nous devons professer une grande dévotion pour cet acte de foi messianique, tant désiré par Jésus-Christ. L’Église le renouvelle au moment le plus solennel du sacrifice, quand Jésus est sur le point de descendre, à l’appel du prêtre, sur nos autels, à l’état de victime.

Voici la collecte de bénédiction sur l’assemblée : « O Dieu, qu’il est juste d’aimer par-dessus tout, multipliez sur nous les dons de votre grâce, et, tandis que par les mérites de la mort de votre Fils, vous nous faites espérer cette éternité glorieuse qui forme précisément l’objet de notre foi, accordez-nous, à cause de votre résurrection, d’arriver là où nous tendons. » La forme est vraiment solennelle, et le concept est clair et précis : la mort de Jésus est la cause méritoire de notre salut, mais sa résurrection en est la cause exemplaire ; car Jésus glorieux répand dans son corps et dans ses membres mystiques cette sainteté et cette béatitude qui inondent le Chef au jour de son solennel triomphe sur la mort et sur le péché.

Le passage de l’Exode qui suit (XV, 27 et XVI, 1-7) avec le récit de la révolte des Israélites contre Moïse, n’a vraiment pas grand’chose à voir avec le mystère de ce dimanche ; les liturgistes gallicans du moyen âge le choisirent cependant à cause des sources d’eau et des soixante-dix palmiers à l’ombre desquels campa le peuple du Seigneur.

Les Israélites, tirés de la servitude d’Égypte d’une façon si prodigieuse, murmurent néanmoins contre le Seigneur et regrettent les oignons et les viandes de l’Égypte. Ils préludaient à ce que leurs descendants devaient faire un jour contre le véritable Moïse, le vrai libérateur de l’esclavage de l’enfer, qui serait maudit et tué au moment même où, pour les racheter, il donnerait sa vie pour eux.

Les deux répons de rechange qui suivent n’ont aucune relation avec la cérémonie de la bénédiction des palmes, et ont été assignés ici seulement pour combler les lacunes et séparer les deux lectures scripturaires. Comme l’on voit, toute l’ordonnance de la fonction de ce jour est un peu factice, malgré son aspect archaïque ; il s’agit d’éléments d’origine et d’inspiration très diverses, qui furent fondus ensemble tant bien que mal, sans une réelle unité de concept.

Le premier répons est emprunté à saint Jean (XI, 47-53) et a trait à l’assemblée tenue dans la maison de Caïphe. A ceux qui lui faisaient observer que Jésus attirait à lui les foules et exposait le Sanhédrin au péril de voir tôt ou tard les Romains, très jaloux, étouffer ces mouvements d’insurrection nationale, Caïphe répondit qu’il était préférable d’envoyer un seul homme, c’est-à-dire Jésus, à la mort, pour sauver tous les autres. L’écrivain sacré fait remarquer avec insistance que les paroles du rusé pontife ont une portée bien supérieure à ses intentions, et que, en raison de ses fonctions, elles furent mises sur ses lèvres par le Saint-Esprit.

Le second répons est une pièce de rechange ; il a été emprunté au 1ᵉʳ Nocturne du Jeudi saint. Il est tiré de l’évangile selon saint Matthieu (XXVI, 39-41) et nous montre Jésus qui, dans son agonie au jardin des Oliviers, supplie le Père, se conforme à sa sainte volonté et exhorte ses disciples assoupis à chercher dans l’oraison un abri contre la tentation et l’épreuve qui va commencer. Il ne suffit pas que les dispositions habituelles de la volonté soient droites ; la nature mortelle est fragile, et, sans l’aide de la grâce, elle défaille en présence du bien à faire. Il faut donc prier et ne jamais se lasser d’implorer ce secours si nécessaire. Les saints, et en particulier saint Alphonse, résumaient en ces termes l’enseignement chrétien relativement à la nécessité de la prière : « Qui prie se sauve, et qui ne prie pas se damne. »

La lecture de saint Matthieu faite en ce jour, racontant l’entrée solennelle de Jésus dans la Cité sainte (XXI, 1-9) était déjà désignée par la liturgie de Jérusalem dès la seconde moitié du IVᵉ siècle. Selon la prophétie de Zacharie, le Rédempteur entre dans la Cité sainte assis sur l’ânon, pour symboliser le caractère doux et bénin de sa première apparition messianique. Il ne veut pas effrayer par les éclairs et la foudre, mais il désire ardemment amener tous les hommes à son Cœur par la douceur de ses attraits. L’ânesse et l’ânon qui, selon le saint Évangile, se trouvaient liés aux murs du village voisin du mont des Oliviers, d’où ils furent détachés par les apôtres et conduits à Jésus, représentent le peuple Gentil exilé de la patrie d’Abraham, déshérité du patrimoine d’Israël, abêti sous la hart de l’idolâtrie. Aux apôtres est confiée la mission de le dégager de ses erreurs et de le ramener au Sauveur.

Selon l’usage de la liturgie romaine, quand il s’agit de prières d’une importance spéciale, la collecte suivante vient préluder à l’anaphore consécratoire des rameaux. Elle est donc parallèle à la secreta qui précède la préface de la messe : « Accroissez, ô Dieu, la foi de ceux qui espèrent en vous, et exaucez avec clémence les prières de ceux qui vous supplient. Que votre miséricorde descende avec abondance sur nous ; et que soient également bénits ces rejets de palmier et d’olivier ; et de même que pour préfigurer l’Église, vous concédâtes une race nombreuse à Noé sorti de l’arche, et à Moïse sorti de l’Égypte avec les fils d’Israël, que nous aussi, portant dans nos mains des palmes et des rameaux d’olivier, nous puissions, au moyen d’une vie sainte, aller à la rencontre du Christ, et que, par ses mérites, nous soyons dignes d’entrer dans la joie éternelle. Lui qui, Dieu avec vous et dans l’unité du Saint-Esprit, vit et règne dans tous les siècles. Amen. »

Cette prière, d’un goût si exquis et d’une piété si profonde, explique très bien le symbolisme de la procession qui va s’accomplir, et détermine la raison pour laquelle on a lu la péricope de l’Exode où il est question des soixante-dix palmiers. La palme se donne au vainqueur, et celui qui sort indemne de l’Égypte peut bien mériter la gloire du triomphe.

Après quoi vient l’anaphore, qui, selon sa signification primitive, est aujourd’hui un véritable chant eucharistique, un hymne de louange et d’action de grâces à Dieu pour son infinie sainteté et la délicatesse de sa miséricorde envers les hommes : « Il est vraiment convenable et juste, droit et profitable, que toujours et partout nous vous rendions grâces, ô Seigneur saint, Père tout-puissant, Dieu éternel ; vous qui êtes glorifié dans la multitude de vos saints, et à qui toutes les créatures obéissent. En effet, c’est vous seul qu’elles reconnaissent pour leur auteur et leur Dieu, en sorte que non seulement toute chose créée proclame votre louange, mais vos saints vous bénissent d’une manière spéciale, quand ils confessent librement le grand nom de votre Fils unique devant les rois et les puissants de ce monde. Les Anges et les Archanges l’assistent, avec les Trônes et les Dominations, qui, avec toutes les milices de l’armée céleste, chantent sans cesse un hymne à votre gloire, disant : Saint, saint, saint est le Seigneur des armées. Votre gloire remplit le ciel et la terre. Salut, vivat jusqu’aux étoiles. Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. Salut, vivat ! »

Après cela vient une série de collectes de saveur assez antique et d’inspiration très élevée, où il semble que l’Église veuille épancher tout son amour envers le Rédempteur, tout près de s’immoler pour elle. Ces différentes prières constituaient primitivement une série de collectes de rechange ; aujourd’hui, au contraire, la cérémonie est devenue très prolixe puisque toutes ces diverses formules de bénédiction, préface, collecte, etc. qui, au début, se substituaient l’une à l’autre, ou plutôt, s’excluaient l’une l’autre, font partie intégrante, dans le missel actuel, de la cérémonie de la bénédiction des palmes. Il en est sorti une fonction pieuse, à la vérité, mais peut-être sans proportion ni harmonie, ce qui révèle sa tardive introduction dans la liturgie romaine.

La première collecte se rapporte exclusivement aux rameaux d’olivier, sans aucune allusion aux palmes, qui, au moyen âge, étaient devenues extrêmement rares en Europe.

Dieu se plaît à humilier l’orgueil de Satan en l’empêchant de nuire aux chrétiens grâce aux sacramentaux, lesquels consistent le plus souvent en petits objets de dévotion bénits par le prêtre et conservés avec foi par les fidèles. A cette espèce de sacramentaux appartiennent précisément les rameaux.

Dans la troisième prière est expliqué tout le symbolisme de la cérémonie de ce jour. De même que les foules, avec des palmes, allèrent à la rencontre du triomphateur de la mort et de l’enfer, ainsi aujourd’hui Dieu nous donne par anticipation la palme, pour nous stimuler à lutter courageusement, afin d’obtenir, au seuil de l’éternité, une autre palme, non plus sujette à se flétrir et à se dessécher, mais à jamais fraîche et verdoyante.

Dans la quatrième collecte on ne parle plus de palmiers, mais de l’olivier sont rapprochés d’autres arbres, puisque, dans les pays du Nord, où se développa principalement le rite de ce jour, ni le palmier ni l’olivier ne poussent, à cause du froid : « Seigneur, qui avez voulu que la colombe apportât à la terre l’annonce de la paix au moyen d’un rameau d’olivier, sanctifiez par votre bénédiction ces branches d’olivier et d’autres arbres, afin qu’elles servent au salut de tout votre peuple. Par le Christ, etc. ». Le rite extérieur est vain, si à la bouche qui prie ne s’unit le cœur qui adore : « Nous vous en prions, Seigneur, bénissez ces rameaux de palmier et d’olivier, et faites que ce que le peuple exécute aujourd’hui en votre honneur d’une manière sensible, il l’accomplisse aussi intérieurement avec une ardente dévotion, remportant la victoire sur l’ennemi spirituel, et se vouant avec le plus grand élan aux œuvres de miséricorde. Par notre Seigneur. »

Ici le prêtre asperge les rameaux avec l’eau sainte et les encense.

Durant la distribution des palmes ou de rameaux d’olivier bénits, le chœur des chantres exécute les antiennes suivantes, tirées de l’évangile récité auparavant : « Les enfants hébreux allèrent au-devant du Seigneur avec des branches d’olivier, et ils disaient : « Salut, jusqu’aux étoiles ! » Aujourd’hui les enfants font les honneurs de la fête, parce que Dieu se complaît dans les âmes simples et innocentes, et c’est à elles qu’il révèle ses secrets. « Les enfants hébreux étendaient leurs vêtements le long de la route, et criaient : « Salut au Fils de David ; béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur. »

Après la distribution des rameaux bénits, on récite la collecte suivante, avant de commencer la procession : « O Dieu éternel et tout-puissant qui avez décrété que notre Seigneur Jésus-Christ s’assiérait sur le petit d’une ânesse, et qui avez, vous-même, inspiré à la foule du peuple d’étendre sur la route des vêtements et des branches d’arbres, et de chanter Salut en son honneur ; ah ! faites que nous imitions leur innocence, afin que nous méritions d’en obtenir aussi le prix. Par le même notre Seigneur. »

La procession a lieu alors ; et bien qu’aujourd’hui elle ait une signification spéciale et veuille rappeler l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, elle est néanmoins un vestige de l’antique procession stationnale et dominicale, qui au moyen âge, dans les abbayes bénédictines en particulier, précédait régulièrement la messe.

Durant le parcours, le chœur des chantres exécute les antiennes.

Après cela vient l’hymne Gloria, laus, etc., avec la cérémonie par laquelle le sous-diacre frappe aux portes du temple pour les faire ouvrir au cortège. Quant au rite, Rome ne connut que fort tard cette cérémonie ; quant au symbole, les deux chœurs qui se répondent, au dedans et au dehors du temple, figureraient la louange divine que font alterner l’Église triomphante et l’Église militante.

A la Messe.
Station à Saint-Jean de Latran.

Après la procession commence la messe ; celle-ci a toutefois un caractère tout différent de celui de la bénédiction des palmes, et elle est en relation plus intime avec la liturgie des jours précédents. En effet, tandis que les prières et les antiennes rapportées plus haut acclament le Rédempteur comme triomphateur de la mort et du péché, la messe stationnale, d’inspiration entièrement romaine, considère plutôt ses intimes sentiments de profond anéantissement, d’humiliation et de douleur, en tant que victime d’expiation pour les péchés du monde.

La sainte liturgie de ces jours-ci ne sépare point le souvenir de la passion du Sauveur de celui des triomphes de sa résurrection — et c’est la raison du titre antique de Hebdomada paschalis donné jadis à cette semaine et des mentions fréquentes de la sainte résurrection qui se présentent dans la messe et l’Office divin, tant aujourd’hui que le vendredi saint. En effet, si le Pascha nostrum immolatus Christus [15], commence le soir du jeudi saint et se poursuit dans la parascève, il a toutefois son véritable accomplissement au matin de la résurrection, alors que Celui qui était mortuus propter delicta nostra, resurrexit propter iustificationem nostram [16]. Pour les anciens, le Paschale Sacramentum comprenait ce triple mystère, en sorte que, même le vendredi saint, en présence du Bois adorable de la Croix, ils annonçaient déjà les gloires du Sauveur ressuscité : Crucem Tuam adoramus... et sanctam resurrectionem tuam laudamus et glorificamus.

L’introït est tiré de ce psaume 21 que Jésus-Christ entonna sur la Croix, et qui dépeint si admirablement ses souffrances, les ignominies qu’il endura, les battements de son Cœur et ses espérances pour son heureuse et prochaine résurrection : « Seigneur, n’éloignez pas de moi votre secours ; soyez attentif à ma défense. Sauvez-moi des dents du lion et délivrez ma faiblesse de la corne des licornes. »

La collecte est d’une délicatesse de composition qui révèle l’âge d’or de la liturgie romaine : « O Dieu tout-puissant et éternel, qui, pour donner au genre humain un exemple d’humilité à imiter, avez disposé que notre Sauveur s’incarnerait et subirait le supplice de la Croix, accordez-nous de recevoir avec fruit l’enseignement de sa patience, afin d’avoir part à sa résurrection. »

Cela explique toute la signification du rite sacré qui devra s’accomplir durant cette semaine. Jésus crucifié est comme un livre, dans lequel l’âme lit tout ce que Dieu désire d’elle pour la rendre sainte. La phrase de la collecte : patientiæ ipsius habere documenta perd beaucoup de son énergie quand elle est traduite en langue vulgaire. Elle signifie que nous devons réaliser dans notre vie ces leçons de souffrance et d’expiation que Jésus nous donne du haut de la chaire qu’est sa Croix. Puis vient l’espérance de la résurrection, que l’Église ne veut jamais séparer des souffrances du Golgotha.

La lecture est tirée de la lettre aux Philippiens (II, 5-11) où saint Paul nous décrit le Christ qui, pour notre amour, voile la gloire de sa consubstantialité avec le Père, prend les livrées du serviteur et obéit à Dieu jusqu’à la mort la plus cruelle et la plus infamante. Jusqu’ici c’est l’expiation mais voici immédiatement le triomphe et le commencement de l’empire messianique. Par le feu de sa divinité, Dieu réchauffe ces membres glacés que Jésus lui avait offerts sur la Croix. Il répand en eux sa propre vie, et, au nom du Sauveur tracé par Pilate sur l’écriteau placé par dérision sur la branche verticale de la croix, il attribue tant de gloire et tant de puissance, que ce nom devient à jamais le caractère et le sceau de tous les prédestinés à la gloire du Ciel.

Le répons-graduel est emprunté au psaume 72 et prélude déjà au triomphe de dimanche prochain : « Il s’en est fallu de peu que je chancelle, puisque j’étais ému à la vue des méchants, indigné de la torpeur mortelle où gisaient, abattus, les pécheurs. Toi pourtant, ô mon Père, tu m’as pris par la main, tu m’as conduit selon ton vouloir, et tu m’as accueilli en triomphe. » Le zèle de Jésus voyant la ruine de tant et tant d’âmes, brûla d’une sainte ardeur durant sa passion ; Il affronta, intrépide, les ennemis de l’humanité, les démons et leurs alliés, c’est-à-dire les impies. Il était même sur le point de succomber sous leurs coups, car sur la Croix, en raison de la violence des tourments, son âme bénie fut séparée du corps, lequel subit jusqu’à l’humiliation du sépulcre. Mais en tout cela, la main du Tout-Puissant a toujours guidé son Fils unique, elle l’a conduit sur le sentier de la vie, et l’a couronné dans la gloire triomphale de sa résurrection et de son ascension au Ciel.

Le trait, ou psaume in directum, est le 21ᵉ, dans lequel sont d’abord décrits l’agonie déchirante du Christ et ses sentiments d’humilité, de désolation intérieure et de confiant abandon en Dieu ; puis on y exalte le triomphe de la rédemption messianique, et l’on annonce la nouvelle génération, c’est-à-dire l’Église, à laquelle sera adressé le message évangélique.

La lecture de l’Évangile selon saint Matthieu contient tout le récit de la passion du Seigneur (XXVI-XXVII), depuis la dernière Cène avec les apôtres jusqu’à l’apposition des sceaux à son sépulcre. Le choix de cette lecture évangélique est fort ancien pour Rome, puisqu’il nous est attesté par les Ordines du IXᵉ siècle.

Le souvenir des peines supportées pour notre amour par Jésus-Christ doit se conserver toujours plus vif dans notre cœur, y produisant ces sentiments d’amour et de gratitude qu’il causait en saint Paul quand il écrivait : « Le Christ m’a aimé et s’est donné Lui-même pour moi ; je vis, mais ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. Moi je vis dans sa foi. »

Le crucifix doit nous enseigner par-dessus tout trois choses : D’abord, combien grand a été l’amour que toute l’auguste Trinité nous a porté, jusqu’à sacrifier pour nous Jésus, le Fils unique de Dieu ; en second lieu, quelle horrible chose est le péché, qui n’a pu être expié que par la mort très atroce du Sauveur ; troisièmement, combien vaut notre âme, qui n’a pu être rachetée à un prix moindre que le sang de Jésus. Saint Paul concluait ainsi sa méditation sur la passion de Jésus : Empti enim estis pretio magno ; glorificate et portate Deum in corpore vestro [17].

L’antienne pour l’offertoire est prise au psaume 68, qui prélude aussi à la passion du Sauveur : « Venant au milieu des hommes, mon cœur n’a attendu d’eux qu’ignominies et ingratitude. J’ai guetté quelqu’un qui prît part à ma peine, mais en vain. Je cherchai un consolateur, mais n’en trouvai aucun. Ils me donnèrent du fiel pour nourriture, et, dans l’ardeur de ma soif, ils m’abreuvèrent de vinaigre. »

Jésus répéta ces mêmes accents de désolation à sainte Gertrude et à sainte Marguerite-Marie, manifestant son vif désir que les âmes qui lui sont particulièrement consacrées, comme les prêtres et les personnes religieuses, prennent part à ses sentiments, réparent, expient avec lui et le consolent par leur amour.

La prière sur les oblations, de même que celle après la communion, sont empruntées au dimanche dans l’octave de Noël. Elles sont de caractère général.

L’antienne pour la communion a été prise dans saint Matthieu (XXVI, 42) : « Père, s’il ne peut se faire que je ne boive pas ce calice, que ta volonté s’accomplisse. » Quand, durant le chant de ces paroles, les fidèles s’approchaient pour boire réellement au calice soutenu par le diacre le sang du Christ, ils comprenaient parfaitement que le fait de communier nous rend solidaires de la Passion.

En effet, ce n’est pas seulement Jésus-Christ, qui, à la messe, renouvelle mystérieusement son sacrifice, mais c’est nous aussi qui, grâce surtout à la sainte communion, nous unissons à lui comme les membres au Chef, pour nous humilier, pour nous immoler, pour nous offrir avec Lui, pour mourir dans sa mort afin d’avoir part à sa vie.

Ce calice de la Passion ne peut s’éloigner de nous ; il est nécessaire que nous le buvions, si nous voulons vivre et accomplir la volonté de Dieu.

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Nous entrons maintenant dans le saint des saints de l’année liturgique. Comme l’Église nous a préparés progressivement avant de nous laisser entrer ! N’avons-nous pas, depuis la Septuagésime, remarqué un crescendo perpétuel ? Chaque semaine nous a fait monter et nous a rapprochés. L’Église, sans doute, nous a parlé souvent de la Croix et de la Résurrection du Seigneur, mais elle le faisait toujours sous le voile des signes et des symboles, comme si elle craignait d’exposer ce qu’elle a de plus cher aux regards profanes. Aujourd’hui, enfin, elle soulève le voile et nous pouvons contempler le saint des saints. Bien plus, nous prenons part au plus sublime mystère de l’histoire du salut.

Nous commençons la grande et sainte semaine. Nous pensons à la Croix et à la Résurrection qui sont inséparables. L’œuvre rédemptrice du Christ ne se termine pas à sa mort, mais se prolonge dans la victoire de sa Résurrection. Nous n’avons donc pas le droit de séparer la Passion du Christ de sa Résurrection. La liturgie ne veut pas seulement être une lamentation sur la mort du Christ et une compassion pour ses souffrances. Ce serait une conception médiévale et moderne de ce temps. Non, dans toute cette semaine nous entendons des accents de victoire et de joie. Nous voyons, dans la Passion du Christ, une transition qui nous mène à la gloire de la Résurrection. Nous ne comprendrions pas l’ancienne liturgie si nous ne soulignions pas précisément cette pensée. Il n’est pas de jour, pendant toute cette semaine, où nous n’entendions, d’une manière distincte et claire, des thèmes de Pâques et des chants de victoire. Songeons seulement au dimanche des Rameaux avec les hommages royaux rendus au Seigneur, au Jeudi Saint avec la messe solennelle de la Cène et la bénédiction des Saintes-Huiles, au Vendredi Saint avec l’élévation de la Croix comme signe de victoire, au Samedi Saint qui est le commencement de la solennité pascale.

Extérieurement, quatre jours ressortent particulièrement dans cette semaine : le dimanche des Rameaux et les trois derniers jours. Les trois autres jours, le lundi, le mardi et le mercredi, ne se distinguent guère des jours précédents du temps de la Passion. Le dimanche des Rameaux est la porte d’entrée monumentale qui nous introduit dans les saints mystères de Pâques.

LE DIMANCHE DES RAMEAUX.

STATION A SAINT-JEAN DE LATRAN

Le Roi conduit les siens au combat et à la victoire.

La fête du jour. — Le sens de ce jour n’est pas seulement la commémoration de l’entrée de Jésus à Jérusalem. Le sens est plutôt celui-ci : nous voulons accompagner solennellement le Seigneur dans sa Passion. Mais nous ne pouvons le faire que si nous sommes d’abord consacrés comme combattants et martyrs. C’est ce que signifie la cérémonie des Rameaux. Nous ne l’entendrons et nous ne la célébrerons comme il faut que si nous nous représentons vivement que le Christ est au milieu de nous, que nous sommes ses disciples et que nous lui préparons un triomphe. Nous accompagnons le Seigneur du Mont des Oliviers dans la ville sainte où il va souffrir. C’est donc un drame sacré dans lequel nous ne sommes pas seulement spectateurs, mais acteurs. Considérons les personnages et les lieux. Le drame a trois actes qui se passent en trois lieux différents : le premier acte se passe au Mont des Oliviers (c’est la bénédiction des palmes dans l’église de rassemblement) ; le second se passe sur le chemin qui mène du Mont des Oliviers aux portes de la ville de Jérusalem (c’est la procession des Rameaux) ; le troisième se déroule dans la ville sainte elle-même (c’est la messe dans l’église de station). Les personnages sont : le Christ, les disciples, les enfants. Nous devons nous représenter le Christ comme présent et le voir soit dans le symbole de la croix qui marche devant nous, soit dans la personne du prêtre ; autrefois, même, on introduisait dans la procession un âne traînant un petit char dans lequel se trouvait une statue du Christ ; on appelait cet âne l’âne des Rameaux. Les disciples, ce sont tous les fidèles. Aujourd’hui, les enfants jouent un rôle important ; ils représentent les enfants Juifs qui criaient : hosannah. Maintenant, prenons réellement part au drame sacré.

1ᵉʳ Acte : La bénédiction des Rameaux. — Nous nous rassemblons aujourd’hui dans une église plus petite ; elle représente le Mont des Oliviers. C’est là que, de fait ; la bénédiction des rameaux a lieu ; ces rameaux ne sont pas apportés par les fidèles individuellement, ils sont rassemblés sur une table près de l’autel. La bénédiction des rameaux se fait sous la forme d’une messe qui n’a pas de consécration ni de communion. La consécration est remplacée par la bénédiction même des rameaux ; et la communion, par la distribution de ces rameaux. La cérémonie commence quand le prêtre fait son entrée, nous le saluons comme le Christ, qu’il représente, par le chant des disciples : « Hosannah au Fils de David. Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ; ô Roi d’Israël, hosannah dans les hauteurs ». C’est l’Introït.

Vient, immédiatement après, l’Oraison. Cette oraison envisage les grands événements de la semaine, la mort et la résurrection du Seigneur, et demande la grâce sur la terre et la gloire dans le ciel. On dirait que l’entrée solennelle du prêtre qui s’avance vers l’autel nous fait songer à notre entrée un jour au ciel. Cette pensée nous sera, d’ailleurs, présentée une seconde fois, aujourd’hui, dans la procession des rameaux devant la porte de l’église.

Suit la Leçon. Celle-ci nous conduit dans le désert où les Juifs, au sortir de l’Égypte, campèrent dans une oasis de douze sources et de soixante-douze palmiers. Nous les entendons murmurer contre Moïse et regretter les marmites de viande d’Égypte. Mais nous entendons aussi Dieu leur promettre la manne qui doit les nourrir chaque jour dans le désert. « Demain, vous verrez la gloire de Dieu » (par ces paroles, l’Église indique la fête de Pâques qui approche).

Après la leçon, nous chantons un répons. L’âme pieuse quitte le désert aux soixante-dix palmiers et se rend sur le Mont des Oliviers. Elle voit le Seigneur en agonie au jardin des Oliviers ; elle voit les princes des prêtres se réunir et décider sa mort. Puis, on chante l’Évangile.

L’Évangile nous raconte l’entrée solennelle du Christ à Jérusalem, au milieu des acclamations du peuple.

Ensuite, se fait la bénédiction solennelle des rameaux. Dans les oraisons de bénédiction, on explique le sens des branches de palmier et d’olivier. Elles symbolisent le martyre du Christ, mais aussi celui des chrétiens. Le Seigneur va maintenant librement à la mort et nous le suivons en portant une palme à la main. Le prêtre chante alors une préface avec les invocations habituelles. C’est une antique préface des martyrs « qui confessent le grand nom du Fils unique devant les rois et les puissances de ce siècle ». Le Sanctus est chanté et suivi de six Oraisons de bénédiction qui expliquent le sens des rameaux. L’Église rappelle le souvenir de la colombe de l’arche qui apporta le rameau d’olivier comme signe de paix. Elle demande que les rameaux soient une bénédiction pour tous les fidèles. « Que, dans les maisons où ils seront placés, les habitants reçoivent ta bénédiction ; que ta main chasse toute puissance ennemie et protège les tiens ». « Les rameaux, est-il dit plus loin, annoncent la victoire du Seigneur sur le prince de la mort ; les rameaux nous promettent l’effusion des dons du Saint-Esprit ». Quand la bénédiction des rameaux est achevée, les prêtres doivent les distribuer au peuple. L’Église prévoit une distribution solennelle. C’est notre promotion annuelle à la dignité de chevaliers et de martyrs. En recevant les rameaux, nous nous déclarons martyrs et nous sommes désormais capables de suivre le Roi des martyrs, Jésus-Christ, dans sa Passion. Pendant la distribution, nous sentons que nous sommes déjà « les enfants des Hébreux » qui allèrent au-devant du Seigneur, portant des palmes dans leurs mains.

L’Église n’entend pas accomplir une vaine cérémonie en nous mettant une palme dans la main, pas plus qu’au jour de la Chandeleur quand elle nous remet un cierge. A la Chandeleur, nous nous sommes engagés à être des hommes de lumière ; aujourd’hui, nous promettons d’être des martyrs et des confesseurs de la foi. Comprenons-nous bien ce que cela veut dire : être martyr du Christ ? Être martyr, cela signifie rendre témoignage au Christ dans nos œuvres et dans notre vie, par la parole et la profession de foi, devrait-il nous en coûter la perte de nos biens, la perte de notre vie... Quand nous suspendons le rameau bénit dans notre chambre, souvenons-nous, toute l’année, que nous sommes voués au martyre.

Encore une remarque. Quelle différence y a-t-il entre l’histoire de la Passion et la célébration de la Semaine Sainte ? Autrefois, le Seigneur a souffert seul ; aujourd’hui, il veut conduire ses membres, c’est-à-dire nous, les chrétiens, par la croix à la résurrection. La palme que nous portons à la main signifie : Nous allons, avec le Christ et le Christ en nous, à la Passion et à la Résurrection.

2ᵉ Acte : La procession des Rameaux. — C’est seulement comme chevaliers du Christ, comme martyrs, que nous sommes dignes de suivre le Seigneur, le Roi des martyrs, dans son combat héroïque. Le deuxième acte est donc lui aussi une action importante. Nous accompagnons au combat le vainqueur de la mort et de l’enfer, tel est le sens de la procession. Nous devons y prendre part avec une profonde émotion. Figurons-nous que nous vivons au temps des martyrs, que l’un des nôtres vient d’être condamné à mort pour la foi et que nous l’accompagnons au lieu de son supplice. Avec quel respect nous suivrions ses pas !

La procession se met en marche, précédée de la croix. Les beaux chants nous rappellent sans cesse que c’est comme disciples du Seigneur que nous accompagnons, dans son entrée dans la ville, « le vainqueur de la mort et de l’enfer ».

Aujourd’hui, malheureusement, la procession des Rameaux n’est qu’esquissée. Au Moyen Age, c’était une manifestation magnifique, un hommage solennel à Jésus, le Roi du royaume de Dieu. On sortait en ville, portant à la main les palmes, signe de victoire. Jésus était représenté symboliquement soit par la croix, soit par l’Évangile, soit par une statue portée sur un âne. Quelle signification profonde ! Les chrétiens s’avancent avec le Christ ; c’est une procession de vainqueurs et de héros. Aujourd’hui, encore, on devrait ressusciter cette procession. Il faudrait le demander aux curés. Surtout qu’on laisse les enfants prendre part à la procession et aux chants. Toutes les fois qu’on chante l’hosannah, les assistants devraient agiter joyeusement leurs palmes.

Le cortège arrive à la porte de l’église paroissiale ; les chantres pénètrent dans l’église et on ferme la porte derrière eux. Le clergé et toute la communauté se rassemblent devant la porte fermée. Alors, le chœur entonne, à l’intérieur de l’église, une hymne de louange au Christ-Roi, et le peuple, qui est au dehors, répète toujours le même refrain. Cette hymne merveilleuse est l’œuvre de l’évêque Théodulphe d’Orléans ; il la composa vers l’an 800, alors qu’il était en prison ; c’est un magnifique hommage au Christ-Roi. Quand le chant est fini, le sous-diacre frappe trois fois à la porte avec le pied de la croix ; la porte s’ouvre et la communauté entre dans l’église. Cette cérémonie élargit le symbolisme de la procession ; c’est toute l’humanité qui arrive au but éternel, au ciel. Depuis le péché originel, les portes du paradis étaient fermées. Mais Jésus est venu sur la terre et, avec sa Croix, il a frappé à la porte du ciel. La porte s’est ouverte et l’entrée au ciel a commencé ; elle ne s’achèvera qu’au dernier jour. Ainsi, la procession terrestre devient une procession céleste.

Examinons l’émouvant hommage rendu au Christ-Roi devant la porte de l’Église. Le portail de l’Église rappelait aux chrétiens romains les antiques arcs de triomphe construits pour les vainqueurs. Le portail doit être, aujourd’hui, un arc de triomphe pour le Christ victorieux. On pourrait, aujourd’hui, parer ce portail de rameaux. On devrait rendre à cet hommage au Christ son caractère populaire. Il faudrait que toute la paroisse soit rassemblée sur la grande place de l’église et tout le monde, les enfants comme les grandes personnes, devraient chanter : Il Gloire, louange et honneur soient à toi, Christ-Roi et Rédempteur, à qui la troupe des enfants chanta un pieux hosannah ».

3ᵉ Acte : La Messe. — L’église de station, Saint-Jean de Latran, représente la ville de Jérusalem. Ainsi donc le Christ entre dans la ville sainte et nous, ses disciples, nous le suivons : « Quand le Seigneur entra dans la ville sainte, les enfants des Hébreux annoncèrent la résurrection de la vie » (Antienne au moment de l’entrée dans l’église). Or pourquoi le Christ a-t-il fait son entrée ? Pour se faire couronner roi ? Non ; pour souffrir. Aussi le ton de la liturgie change soudain, la messe nous place au milieu de la Passion ; toutes les parties de la messe sont d’une profonde tristesse ; l’Église nous montre l’image douloureuse du Sauveur souffrant ; les chants sont des lamentations que fait entendre le Christ ; dans son délaissement complet, il crie vers son Père. Trois hommes récitent le prologue du drame de la Croix : le Roi-prophète, David (Introït, Trait, Offertoire), le docteur des nations et le prédicateur de la Croix, saint Paul (Épître), et, enfin, l’Apôtre et évangéliste saint Matthieu (Passion).

a) David. Le prophète royal entonne le célèbre psaume messianique, le psaume 21. De l’avis unanime des Pères de l’Église et même de la Synagogue, ce psaume est directement messianique, c’est-à-dire qu’il traite au sens littéral de la Passion du Christ. Nous le concevons comme une vision de David dans laquelle lui est montrée la scène du crucifiement. Ce psaume nous est d’autant plus cher que le Seigneur, sur la Croix, en a récité un verset, peut-être même le psaume entier. Ce psaume représente le paroxysme de la Passion : le délaissement du Seigneur sur la Croix. En récitant ce psaume, nous nous transporterons en esprit sur le Golgotha et nous nous laisserons pénétrer par l’image douloureuse. Assurément, nous ne pourrons pas appliquer chaque mot et chaque image à une scène particulière de la Passion. Le psalmiste essaie de décrire l’effroyable délaissement du Crucifié ; il cherche des expressions et des images qui lui permettront de donner une idée approximative de la terrible réalité. Dans la première partie, nous voyons une hésitation dans les sentiments : d’un côté, l’attachement à Dieu, l’abandon à sa volonté, la confiance, l’obéissance envers le Père ; d’un autre côté, le délaissement, la désolation. Dans la seconde partie, nous voyons défiler devant nos yeux divers aspects de la Passion. Le psalmiste aime à représenter les ennemis du Messie sous la figure de bêtes dévorantes. Nous entendons aussi des prophéties littérales : « Ils ont percé mes mains et mes pieds, ils se sont partagé mes vêtements. » « Ma langue est desséchée comme un tesson. » La fin du psaume amène un changement complet de sentiments : Le calice a été vidé jusqu’à la lie et, maintenant, au milieu des ténèbres, brille déjà un rayon de la gloire de la Résurrection. Le Christ fait entendre un chant d’action de grâces pour la rédemption du monde.

b) Saint Paul. Le second témoignage est apporté par le grand prédicateur de la Croix, saint Paul. Dans son Épître à sa chère Église de Philippes, il esquisse à grands traits l’image du Crucifié. Ce passage est peut-être ce qui a été dit de plus magnifique sur Jésus. Le verset principal : « Le Christ a été obéissant jusqu’à la mort et à la mort de la Croix, c’est pourquoi Dieu l’a exalté... » constituera l’antienne des trois derniers jours de la Semaine Sainte et résumera toute la Passion.

c) Saint Matthieu. Le troisième héraut est saint Matthieu dans son histoire de la Passion. C’est Précisément saint Matthieu qui nous décrit le Seigneur dans tout ce qu’il a d’humain, dans son délaissement, tel que le Prophète l’avait prédit.

Dans de nombreuses églises, la Passion est chantée solennellement par trois prêtres (ou diacres). Le premier représente l’évangéliste ; le second, le Christ ; et le troisième, les autres personnages, pendant que le chœur représente le peuple. Pendant l’Évangile, les chantres et le peuple doivent tenir les rameaux à la main. C’est une affirmation de fidélité envers le Christ, le Roi souffrant.

Cependant, même dans cette messe, le thème pascal ne fait pas entièrement défaut.

A l’Épître, notre regard s’élève, par-delà le Vendredi Saint, jusqu’à la gloire pascale du Christ.

A l’Offertoire et à la Communion, l’Église fait un rapprochement significatif entre le pain et le vin du sacrifice et la Passion du Christ. Quand la communauté apporte à l’autel le pain et le vin, la Schola chante cette antienne : « Ils m’ont donné du fiel pour nourriture et ils m’ont abreuvé de vinaigre ».

Et quand la communauté, au moment de la communion, reçoit la sainte Eucharistie, l’Église répète cette antienne : « Mon Père, si ce calice ne peut passer sans que je le boive, que ta volonté soit faite » (Com.). (Nous voyons ici que les chants ne se comprennent bien qu’en union avec la procession correspondante). La liturgie d’aujourd’hui a commencé au Mont des Oliviers, elle s’achève au Mont des Oliviers.

Si nous jetons un dernier regard sur la solennité du dimanche des Rameaux, nous verrons que l’Église nous fait gravir trois degrés. Nous préparons un triomphe au Christ, notre Roi vainqueur ; nous ne le laissons pas aller seul au combat, nous sommes nous-mêmes promus combattants et, à la messe, nous allons à la mort avec le Christ. Mais tout ne se termine pas à la mort. L’Église nous montre un but plus élevé ; si nous l’avons accompagné fidèlement dans la vie et dans la lutte, si « nous avons porté devant les rois son nom sublime » (Préface), nous entrerons avec lui dans le royaume du ciel pour régner éternellement avec lui. C’est aussi le sens symbolique de la procession des Rameaux.

Dominica IN PALMIS

Dominica IN PALMIS

I classis, semiduplex

In Choro, dicta Tertia, fit aspersio aquæ more solito. Deinde Sacerdos, indutus Pluviali violaceo, vel sine Casula, cum Ministris similiter indutis, procedit ad benedicendum ramos palmarum, et olivarum, sive aliarum arborum, in medio ante Altare, vel ad cornu Epistolæ positos. Et primo cantatur a Choro Antiphona :

Antiphona. Matth. 21, 9.

Hosánna fílio David : benedíctus, qui venit in nómine Dómini. O Rex Israël : Hosánna in excélsis.

Deinde Sacerdos stans in cornu Epistolæ, non vertens se ad populum, dicit, manibus junctis, in tono Orationis ferialis :

V. Dóminus vobíscum.

R. Et cum spíritu tuo.

Orémus. Oratio.
Deus, quem dilígere et amáre justítia est, ineffábilis grátiæ tuæ in nobis dona multíplica : et qui fecísti nos in morte Fílii tui speráre quæ crédimus ; fac nos eódem resurgénte perveníre quo téndimus : Qui tecum.

Postea Subdiaconus in loco solito cantat sequentem Lectionem in tono Epistolæ, et in fine osculatur manum Sacerdotis.

Léctio libri Exodi.

Exodi 15, 27 ; 16, 1-7. In diébus illis : Venérunt fílii Israël in Elim, ubi erant duódecim fontes aquárum et septuagínta palmæ : et castrametáti sunt juxta aquas. Profectíque sunt de Elim, et venit omnis multitúdo filiórum Israël in desértum Sin, quod est inter Elim et Sínai : quintodécimo die mensis secúndi, postquam egréssi sunt de terra Ægýpti. Et murmurávit omnis congregátio filiórum Israël contra Móysen et Aaron in solitúdine. Dixerúntque fílii Israël ad eos : Utinam mórtui essëmus per manum Dómini in terra Ægýpti, quando sedebámus super oílas cárnium, et comedebámus panem in saturitáte : cur eduxístis nos in desértum istud, ut occiderétis omnem multitúdinem fame ? Dixit autem Dóminus ad Móysen : Ecce, ego pluam vobis panes de coelo : egrediátur pópulus, et cólligat quæ suffíciunt per síngulos dies : ut tentem eum, utrum ámbulet in lege mea an non. Die autem sexto parent quod ínferant : et sit duplum, quam collígere sciébant per síngulos dies. Dixerúntque Móyses et Aaron ad omnes fílios Israël : Véspere sciétis, quod Dóminus edúxerit vos de terra Ægýpti : et mane vidébitis glóriam Dómini.

Deinde cantatur pro Graduali.

R. Joann. 11, 47-49, 50 et 53. Collegérunt pontífices et pharisǽi concílium, et dixérunt : Quid fácimus, quia hic homo multa signa facit ? Si dimíttimus eum sic, omnes credent in eum : * Et vénient Románi, et tollent nostrum locum et gentem. V. Unus autem ex illis, Cáiphas nómine, cum esset póntifex anni illíus, prophetávit dicens : Expedit vobis, ut unus moriátur homo pro pópulo, et non tota gens péreat. Ab illo ergo die cogitavérunt interfícere eum, dicéntes. Et vénient.

Vel aliud R. Matth. 28, 39 et 41. In monte Olivéti orávit ad Patrem : Pater, si fíeri potest, tránseat a me calix iste. * Spíritus quidem promptus est, caro autem infírma : fiat volúntas tua. V. Vigiláte et oráte, ut non intrétis in tentatiónem. Spíritus quidem.

Interim dum cantatur R., Diaconus ponit librum Evangeliorum super Altare : et Sacerdos, ministrante Diacono naviculam, ponit incensum in thuribulo. Deinde Diaconus dicit : Munda cor meum, accipit librum de Altari, petit benedictionem a Sacerdote : postea, Subdiacono librum tenente, médius inter duos Acolythos tenentes candelábra accensa, signat librum, incensat, et cantat Evangelium, ut infra, more consueto : quo finito, Subdiaconus defert librum osculandum Sacerdoti, qui et incensatur a Diacono.

+ Sequéntia sancti Evangélii secúndum Matthǽum. Matth. 21, 1-9.

In illo témpore : Cum appropinquásset Jesus Jerosólymis, et venísset Béthphage ad mon tem Olivéti : tunc misit duos discípulos suos, dicens eis : Ite in castéllum, quod contra vos est, et statim inveniétis ásinam alligátam et pullum cum ea : sólvite et addúcite mihi : et si quis vobis áliquid dixerit, dícite, quia Dóminus his opus habet, et conféstim dimíttet eos. Hoc autem totum factum est, ut adimplerétur, quod dictum est per Prophétam, dicéntem : Dícite fíliae Sion : Ecce, Rex tuus venit tibi mansuétus, sedens super ásinam et pullum, fílium subjugális. Eúntes autem discípuli, fecérunt, sicut præcépit illis Jesus. Et adduxérunt ásinam et pullum : et imposuérunt super eos vestiménta sua, et eum désuper sedére tecérunt. Plúrima autem turba stravérunt vestiménta sua in via : álii autem cædébant ramos de arbóribus, et sternébant in via : turbæ autem, quæ præcedébant et quæ sequebántur, clamábant, dicéntes : Hosánna fílio David : benedíctus, qui venit in nómine Dómini.

Post hæc benedicuntur rami. Sacerdos stans in eodem cornu Epistolæ, dicit in tono Orationis ferialis :

V. Dóminus vobíscum.

R. Et cum spíritu tuo.

Orémus. Oratio.
Auge fidem in te sperántium, Deus, et súpplicum preces cleménter exáudi : véniat super nos múltiplex misericórdia tua : bene + dicántur et hi pálmites palmárum seu olivárum : et sicut in figúra Ecclésiæ multiplicásti Noë egrediéntem de arca, et Móysen exeúntem de Ægýpto cum fíliis Israël : ita nos, portántes palmas et ramos olivárum, bonis áctibus occurrámus óbviam Christo : et per ipsum in gáudium introëámus ætérnum : Qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti Deus. Per omnia sǽcula sæculórum.
R. Amen.
V. Dóminus vobíscum.
R. Et cum Spíritu tuo.
V. Sursum corda.
R. Habémus ad Dóminum.
V. Grátias agámus Dómino Deo nostro.
R. Dignum et justum est.
Vere dignum et justum est æquum et salutáre, nos tibi semper et ubíque grátias ágere : Dómine sancte, Pater omnípotens æterne Deus : Qui gloriáris in consílio sanctórum tuórum. Tibi enim sérviunt creatúræ tuæ : qui a te solum auctórem et Deum cognóscunt, et omnis factúra tu a te colláudat, et benedícunt te sancti tui. Qui a illud magnum Unigéniti tui nomen coram régibus et potestátibus hujus sǽculi líbera voce confiténtur. Cui assístunt Angeli et Archángeli, Throni et Dominatiónes : cumque omni milítia coeléstis exércitus hymnum glóriæ tuæ cóncinunt sine fine dicéntes.

Et cantatur Sanctus a Choro. Sanctus, Sanctus, Sanctus Dóminus, Deus Sábaoth. Pleni sunt coeli et terra glória tua. Hosánna in excélsis. Benedíctus, qui venit in nómine Dómini. Hosánna in excélsis.

Sequitur. V. Dóminus vobíscum.
R. Et cum spíritu tuo. Orémus. oratio.
Pétimus, Dómine sancte, Pater omnípotens, ætérne Deus : ut hanc creatúram olívæ, quam ex ligni matéria prodíre jussísti, quamque colúmba rédiens ad arcam próprio pértulit ore, bene+dícere et sancti+ficáre dignéris : ut, quicúmque ex ea recéperint, accípiant sibi pro tectiónem ánimæ et córporis : fiátque, Dómine, nostræ salútis remédium tuæ grátiæ sacraméntum. Per Dóminum nostrum.

Orémus. oratio.
Deus, qui dispérsa cóngregas, et congregáta consérvas : qui pópulis, óbviam Jesu ramos portántibus, benedixísti : béne+dic étiam hos ramos palmæ et olívæ, quos tui fámuli ad honórem nóminis tui fidéliter suscípiunt ; ut, in quemcúmque locum introdúcti fúerint, tuam benedictiónem habitatóres loci illíus consequántur : et, omni adversitáte effugáta, déxtera tua prótegat, quos rédemit Jesus Christus, Fílius tuus, Dóminus noster : Qui tecum.

Orémus. oratio.
Deus, qui miro dispositiónis órdine, ex rebus étiam insensibílibus, dispensatiónem nostræ salútis osténdere voluísti : da, quǽsumus ; ut devota tuórum corda fidélium salúbriter intéllegant, quid mýstice desígnet in facto, quod hódie, coelésti lúmine affláta, Redemptóri óbviam procédens, palmárum atque olivárum ramos vestígiis ejus turba substrávit. Palmárum igitur rami de mortis príncipe triúmphos exspéctant ; súrculi vero olivárum spirituálem unctiónem advenísse Quodámmodo clamant. Intelléxit enim jam tunc illa hóminum beáta multitúdo præfigurári : quia Redémptor noster, humánis cóndolens misériis, pro totíus mundi vita cum mortis príncipe esset pugnatúrus ac moriéndo triumphatúrus. Et ídeo tália óbsequens administrávit, quæ in illo ei triúmphos victóriæ et misericórdiæ pinguédinem declarárent. Quod nos quoque plena fide, et factum et significátum retinéntes, te, Dómine sancte, Pater omnípotens, ætérne Deus, per eúndem Dóminum nostrum Jesum Christum supplíciter exorámus : ut in ipso atque per ipsum, cujus nos membra fíeri voluísti, de mortis império victóriam reportántes, ipsíus gloriósæ resurrectiónis partícipes esse mereámur : Qui tecum.

Orémus. oratio.
Deus, qui, per olívæ ramum, pacem terris colúmbam nuntiáre jussísti : præsta, quǽsumus ; ut hos olívæ ceterarúmque arbórum ramos coelésti bene+dictióne sanctífices : ut cuncto pópulo tuo profíciant ad salútem. Per Christum, Dóminum nostrum. R.< Amen.

Orémus. oratio.
Bene+dic, quǽsumus, Dómine, hos palmárum seu olivárum ramos : et præsta ; ut, quod pópulus tuus in tui veneratiónem hodiérna die corpo ráliter agit, hoc spirituáliter summa devotióne perfíciat, de hoste victóriam reportándo et opus misericórdiæ summópere diligéndo. Per Dóminum.

Hic Celebrans ponit incensum in thuribulum, deinde ter aspergit ramos aqua benedicta, dicendo Antiphonam Aspérges me sine cantu, et sine Psalmo : et ter adolet incenso. Postea dicit :

V. Dóminus vobíscum.
R. Et cum spíritu tuo.
Orémus. oratio.
Deus, qui Fílium tuum Jesum Christum, Dóminum nostrum, pro salute nostra in hunc mundum misísti, ut se humiliáret ad nos et nos revocáret ad te : cui etiam, dum Jerúsalem veniret, ut adimpléret Scripturas, credentium populorum turba, fidelissima devotione, vestimenta sua cum ramis palmarum in via sternébant : præsta, quæsumus ; ut illi fídei viam præparémus, de qua, remoto lápide offensiónis et petra scándali, fróndeant apud te ópera nostra justítiæ ramis : ut ejus vestigia sequi mereámur : Qui tecum.

Completa benedictione, dignior ex Clero accedit ad Altare, et dat ramum benedictum Celebranti, qui non genuflectit, nec osculatur manum dantis. Postea Celebrans stans ante Altare versus ad populum, distríbuit ramos, primum digniori, a quo ipse accepit, deinde Diacono et Subdiacono paratis, et aliis Clericis singulatim per ordinem, ultimo laicis : omnibus genuflectentibus et ramum ac manum Celebrantis osculantibus, exceptis Prælatis, si adsint. Et cum sequentes Antiphonæ :

Antiphona. Joann. 12, 13. Pueri Hebræórum, portántes ramos olivárum, obviavérunt Dómino, clamántes et dicéntes : Hosánna in excélsis.

Alia Antiphona. Matth. 21, 8 et 9. Pueri Hebræórum vestiménta prosternébant in via et clamábant, dicéntes : Hosánna fílio David : benedíctus, qui venit in nómine Dómini.

Quæ si non sufficiant, repetantur, quousque ramorum distributio finiatur. Deinde Sacerdos dicit :

V. Dóminus vobíscum.
R. Et cum spíritu tuo.

Orémus. oratio.
Omnípotens sempitérne Deus, qui Dóminum nostrum Jesum Christum super pullum ásinæ sedére fecísti, et turbas populórum vestiménta vel ramos arbórum in via stérnere et Hosánna decantáre in laudem ipsíus docuísti : da, quǽsumus ; ut illórum innocéntiam imitári póssimus, et eórum méritum cónsequi mereámur. Per eúndem Christum, Dóminum nostrum. R. Amen.

Postea fit Processio. Et primo Celebrans imponit incensum in thuribulum : et Diaconus vertens se ad populum, dicit : Procedámus in pace. Et Chorus respondet : In nómine Christi. Amen.
Præcedit Thuriferarius cum thuribulo fumiganti : deinde Subdiaconus paratus, deferens Crucem, medius inter duos Acolythos cum candelabris accensis : sequitur Clerus per ordinem, ultimo Celebrans cum Diacono a sinistris, omnes cum ramis in manibus : et cantantur sequentes Antiphonæ, vel omnes vel aliquæ, quousque durat Processio.

Antiphona. Matth. 21, 1-3, 7, 8 et 9. Cum appropinquáret Dóminus Jerosólymam, misit duos ex discípulis suis, dicens : Ite in castéllum, quod contra vos est : et inveniétis pullum ásinæ alligátum, super quem nullus hóminum sedit : sólvite et addúcite mihi. Si quis vos interrogáverit, dícite : Opus Dómino est. Solvéntes adduxérunt ad Jesum : et imposuérunt illi vestiménta sua, et sedit super eum : alii expandébant vestiménta sua in via : alii ramos de arbóribus sternébant : et qui sequebántur, clamábant : Hosánna, benedíctus, qui venit in nómine Dómini : benedíctum regnum patris nostri David : Hosánna in excélsis : miserére nobis, fili David.

Alia Antiphona. Joann. 12, 12 et 13. Cum audísset pópulus, quia Jesus venit Jerosólymam, accepérunt ramos palmárum : et exiérunt ei óbviam, et clamábant púeri, dicéntes : Hic est, qui ventúrus est in salútem pópuli. Hic est salus nostra et redémptio Israël. Quantus est iste, cui Throni et Dominatiónes occúrrunt ! Noli timére, fília Sion : ecce, Rex tuus venit tibi, sedens super pullum ásinæ, sicut scriptum est, Salve, Rex, fabricátor mundi, qui venísti redímere nos.

Alia Antiphona. Ante sex dies sollémnis Paschæ, quando venit Dóminus in civitátem Jerúsalem, occurrérunt ei pueri : et in mánibus portábant ramos palmárum, et clamábant voce magna, dicéntes : Hosánna in excélsis : benedíctus, qui venísti in multitúdine misericórdiæ tuae : Hosánna in excélsis.

Alia Antiphona. Occúrrunt turbæ cum flóribus et palmis Redemptóri óbviam : et victóri triumphánti digna dant obséquia : Fílium Dei ore gentes prǽdicant : et in laudem Christi voces tonant per núbila : Hosánna in excélsis.

Alia Antiphona. Cum Angelis et púeris fidéles inveniántur, triumphatóri mortis damántes : Hosánna in excélsis.

Alia Antiphona. Turba multa, quæ convénerat ad diem festum, clamábat Dómino : Benedíctus, qui venit in nómine Dómini : Hosánna in excélsis.

In reversione Processionis, duo vel quatuor Cantores intrant in ecclesiam, et clauso ostio, stantes versa facie ad Processionem, incipiunt V. Glória, laus, et decantant duos primos versus. Sacerdos vero, cum aliis extra ecclesiam, repetit eosdem. Deinde, qui sunt intus, cantant alios versus sequentes : vel omnes vel partem, prout videbitur : et, qui sunt extra, ad quoslibet duos versus respondent : Glória, laus, sicut a principio V. Glória, laus et honor tibi sit, Rex Christe, Redémptor : Cui pueríle decus prompsit Hosánna pium. R. Glória, laus. Israël es tu Rex, Davidis et ínclita proles : Nómine qui in Dómini, Rex benedícte, venis. R. Glória, laus. Coetus in excélsis te laudat cǽlicus omnis, Et mortális homo, et cuncta creáta simul. R. Glória, laus. Plebs Hebrǽa tibi cum palmis óbvia venit : Cum prece, voto, hymnis, ádsumus ecce tibi. R. Glória, laus. Hi tibi passúro solvébaní múnia laudis : Nos tibi regnánti pángimus ecce melos. R. Glória, laus. Hi placuére tibi, pláceat devótio nostra : Rex bone, Rex clemens, cui bona cuncta placent. R. Glória, laus.

Postea Subdiaconus hastili Crucis percutit portam : qua statim aperta, Processio intrat ecclesiam, cantando : R. Ingrediénte Dómino in sanctam civitátem, Hebræórum púeri resurrectiónem vitæ pronuntiántes, * Cum ramis palmárum : Hosánna, clamábant, in excélsis, V. Cum audísset pópulus, quod Jesus veníret Jerosólymam, exiérunt óbviam ei. Cum ramis. Et non dicitur Glória Patri.

Deinde celebratur Missa, et rami tenentur in manibus, dum cantatur Passio et Evangelium tantum.

Statio ad S. Joannem in Laterano

Introitus. Ps. 21, 20 et 22.
Dómine, ne longe fácias auxílium tuum a me, ad defensiónem meam áspice : líbera me de ore leonis, et a córnibus unicórnium humilitátem meam. Ps. ibid., 2. Deus, Deus meus, réspice in me : quare me dereliquísti ? longe a salúte mea verba delictórum meórum. Dómine, ne longe. oratio.
Omnípotens sempitérne Deus, qui humáno generi, ad imitandum humilitátis exémplum, Salvatórem nostrum carnem súmere et crucem subíre fecísti : concéde propítius ; ut et patiéntiæ ipsíus habére documénta et resurrectiónis consórtia mereámur. Per eúndem Dóminum nostrum.

Et dicitur hæc tantum Oratio, etiam si qua ad Laudes facta fuerit Commemoratio.

Léctio Epístolæ beáti Pauli Apóstoli ad Philippénses.
Philipp. 2, 511.
Fratres : Hoc enim sentíte in vobis, quod et in Christo Jesu : qui, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æqualem Deo : sed semetípsum exinanívit, formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus, et hábitu invéntus ut homo. Humiliávit semetípsum, factus obǿdiens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus exaltávit illum : ei donávit illi nomen, quod est super omne nomen : (hic genuflectitur) ut in nómine Jesu omne genu flectátur coeléstium, terréstrium et inférno rum : et omnis lingua confiteátur, quia Dóminus Jesus Christus in glória est Dei Patris.

Graduale. Ps. 72, 24 et 1-3. Tenuísti manum déxteram meam : et in voluntáte tua deduxísti me : et cum glória assumpsísti me. V. Quam bonus Israël Deus rectis corde ! mei autem pæne moti sunt pedes : pæne effúsi sunt gressus mei : quia zelávi in peccatóribus, pacem peccatórum videns.

Tractus. Ps. 21, 2-9, 18, 19, 22, 24 et 32. Deus, Deus meus, réspice in me : quare me dereliquísti ? V. Longe a salúte mea verba delictórum meórum. V. Deus meus, clamábo per diem, nec exáudies : in nocte, et non ad insipiéntiam mihi. V. Tu autem in sancto hábitas, laus Israël. V. In te speravérunt patres nostri : speravérunt, et liberásti eos. V. Ad te clamavérunt, et salvi facti sunt : in te speravérunt, et non sunt confusi. V. Ego autem sum vermis, et non homo : oppróbrium hóminum et abjéctio plebis. V. Omnes, qui vidébant me, aspernabántur me : locúti sunt lábiis et movérunt caput. V. Sperávit in Dómino, erípiat eum : salvum fáciat eum, quóniam vult eum. V. Ipsi vero consideravérunt et conspexérunt me : divisérunt sibi vestiménta mea, et super vestem meam misérunt mortem. V. Líbera me de ore leónis : et a córnibus unicórnium humilitátem meam. V. Qui timétis Dóminum, laudáte eum : univérsum semen Jacob, magnificáte eum. V. Annuntiábitur Dómino generátio ventúra : et annuntiábunt coeli justítiam ejus. V. Pópulo, qui nascétur, quem fecit Dóminus.

Passio Domini incipitur absolute : non dicitur Munda cor meum, non petitur benedíctio, non deferuntur luminaria, nec incensum : non dicitur Dóminus vobíscum, nec respondetur Glória tibi, Dómine, et Celebrans, seu Diaconus, dum pronuntiat Pássio Dómini nostri, non sitjnat librum neque seipsum. Quod et in aliis diebus servatur, quando legitur Passio.

Passio Dómini nostri Jesu Christi secúndum Matthǽum.
Matth. 26, 1-75 ; 27, 1-66.
In illo témpore : Dixit Jesus discípulis suis : + Scitis, quid post bíduum Pascha fiet, et Fílius hóminis tradétur, ut crucifigátur. C. Tunc congregáti sunt príncipes sacerdótum et senióres pópuli in átrium príncipis sacerdótum, qui dicebátur Cáiphas : et consílium fecérunt, ut Jesum dolo tenérent et occíderent. Dicébant autem : S. Non in die festo, ne forte tumúltus fíeret in pópulo. C. Cum autem Jesus esset in Bethánia in domo Simónis leprósi, accéssit ad eum múlier habens alabástrum unguénti pretiósi, et effúdit super caput ipsíus recumbéntis. Vidéntes autem discípuli, indignáti sunt, dicéntes : S. Ut quid perdítio hæc ? pótuit enim istud venúmdari multo, et dari paupéribus. C. Sciens autem Jesus, ait illis : + Quid molésti estis huic mulíeri ? opus enim bonum operáta est in me. Nam semper páuperes habétis vobíscum : me autem non semper habétis. Mittens enim hæc unguéntum hoc in corpus meum, ad sepeliéndum me fecit. Amen, dico vobis, ubicúmque prædicátum fúerit hoc Evangélium in toto mundo, dicétur et, quod hæc fecit, in memóriam ejus. C. Tunc ábiit unus de duódecim, qui dicebátur Judas Iscariótes, ad príncipes sacerdótum, et ait illis : S. Quid vultis mihi dare, et ego vobis eum tradam ? C. At illi constituérunt ei trigínta argénteos. Et exínde quærébat opportunitátem, ut eum tráderet. Prima autem die azymórum accessérunt discípuli ad Jesum, dicéntes : S. Ubi vis parémus tibi comédere pascha ? C. At Jesus dixit : + Ite in civitátem ad quendam, et dícite ei : Magíster dicit : Tempus meum prope est, apud te fácio pascha cum discípulis meis. C. Et fecérunt discípuli, sicut constítuit illis Jesus, et paravérunt pascha. Véspere autem facto, discumbébat cum duódecim discípulis suis. Et edéntibus illis, dixit : + Amen, dico vobis, quia unus vestrum me traditúrus est. C. Et contristáti valde, coepérunt sínguli dícere : S. Numquid ego sum, Dómine ? C. At ipse respóndens, ait : + Qui intíngit mecum manum in parópside, hic me tradet. Fílius quidem hóminis vadit, sicut scriptum est de illo : væ autem hómini illi, per quem Fílius hóminis tradétur : bonum erat ei, si natus non fuísset homo ille. C. Respóndens autem Judas, qui trádidit eum, dixit : S. Numquid ego sum, Rabbi ? C. Ait illi : + Tu dixísti. C. Cenántibus autem eis, accépit Jesus panem, et benedíxit, ac fregit, dedítque discípulis suis, et ait : + Accípite et comédite : hoc est corpus meum. C. Et accípiens cálicem, grátias egit : et dedit illis, dicens : + Bíbite ex hoc omnes. Hic est enim sanguis meus novi Testaménti, qui pro multis effundétur in remissiónem peccatórum. Dico autem vobis : non bibam ámodo de hoc genímine vitis usque in diem illum, cum illud bibam vobíscum novum in regno Patris mei. C. Et hymno dicto, exiérunt in montem Olivéti. Tunc dicit illis Jesus : + Omnes vos scándalum patiémini in me in ista nocte. Scriptum est enim : Percútiam pastórem, et dispergéntur oves gregis. Postquam autem resurréxero, præcédam vos in Galilǽam. C. Respóndens autem Petrus, ait illi : S. Et si omnes scandalizáti fúerint in te, ego numquam scandalizábor. C. Ait illi Jesus : + Amen, dico tibi, quia in hac nocte, antequam gallus cantet, ter me negábis. C. Ait illi Petrus : S. Etiam si oportúerit me mori tecum, non te negábo. C. Simíliter et omnes discípuli dixérunt. Tunc venit Jesus cum illis in villam, quæ dícitur Gethsémani, et dixit discípulis suis : + Sedéte hic, donec vadam illuc et orem. C. Et assúmpto Petro et duóbus fíliis Zebedǽi, coepit contristári et mæstus esse. Tunc ait illis : + Tristis est ánima mea usque ad mortem : sustinéte hic, et vigilate mecum. C. Et progréssus pusíllum, prócidit in fáciem suam, orans et dicens : + Pater mi, si possíbile est, tránseat a me calix iste : Verúmtamen non sicut ego volo, sed sicut tu. C. Et venit ad discípulos suos, et invénit eos dormiéntes : et dicit Petro : + Sic non potuístis una hora vigiláre mecum ? Vigiláte et oráte, ut non intrétis in tentatiónem. Spíritus quidem promptus est, caro autem infírma. C. Iterum secúndo ábiit et orávit, dicens : + Pater mi, si non potest hic calix transíre, nisi bibam illum, fiat volúntas tua. C. Et venit íterum, et invenit eos dormiéntes : erant enim óculi eórum graváti. Et relíctis illis, íterum ábiit et orávit tértio, eúndem sermónem dicens. Tunc venit ad discípulos suos, et dicit illis : + Dormíte jam et requiéscite : ecce, appropinquávit hora, et Fílius hóminis tradétur in manus peccatórum. Súrgite, eámus : ecce, appropinquávit, qui me tradet. C. Adhuc eo loquénte, ecce, Judas, unus de duódecim, venit, et cum eo turba multa cum gládiis et fústibus, missi a princípibus sacerdótum et senióribus pópuli. Qui autem trádidit eum, dedit illis signum, dicens : S. Quemcúmque osculátus fúero, ipse est, tenéte eum. C. Et conféstim accédens ad Jesum, dixit : S. Ave, Rabbi. C. Et osculátus est eum. Dixítque illi Jesus : + Amíce, ad quid venísti ? C. Tunc accessérunt, et manus injecérunt in Jesum et tenuérunt eum. Et ecce, unus ex his, qui erant cum Jesu, exténdens manum, exémit gládium suum, et percútiens servum príncipis sacerdótum, amputávit aurículam ejus. Tunc ait illi Jesus : + Convérte gládium tuum in locum suum. Omnes enim, qui accéperint gládium, gládio períbunt. An putas, quia non possum rogáre Patrem meum, et exhibébit mihi modo plus quam duódecim legiónes Angelórum ? Quómodo ergo implebúntur Scripturae, quia sic oportet fíeri ? C. In illa hora dixit Jesus turbis : + Tamquam ad latrónem exístis cum gládiis et fústibus comprehéndere me : cotídie apud vos sedébam docens in templo, et non me tenuístis. C. Hoc autem totum factum est, ut adimpleréntur Scripturae Prophetárum. Tunc discípuli omnes, relícto eo, fugérunt. At illi tenéntes Jesum, duxérunt ad Cáipham, príncipem sacerdótum, ubi scribæ et senióres con vénerant. Petrus autem sequebátur eum a longe, usque in átrium príncipis sacerdótum. Et ingréssus intro, sedébat cum minístris, ut vidéret finem. Príncipes autem sacerdótum et omne concílium quærébant falsum testimónium contra Jesum, ut eum morti tráderent : et non invenérunt, cum multi falsi testes accessíssent. Novíssime autem venérunt duo falsi testes et dixérunt : S. Hic dixit : Possum destrúere templum Dei, et post tríduum reædificáre illud. C. Et surgens princeps sacerdótum, ait illi : S. Nihil respóndes ad ea, quæ isti advérsum te testificántur ? C. Jesus autem tacébat. Et princeps sacerdótum ait illi : S. Adjúro te per Deum vivum, ut dicas nobis, si tu es Christus, Fílius Dei. C. Dicit illi Jesus : + Tu dixísti. Verúmtamen dico vobis, ámodo vidébitis Fílium hóminis sedéntem a dextris virtútis Dei, et veniéntem in núbibus coeli. C. Tunc princeps sacerdótum scidit vestiménta sua, dicens : S. Blasphemávit : quid adhuc egémus téstibus ? Ecce, nunc audístis blasphémiam : quid vobis vidétur ? C. At illi respondéntes dixérunt : S. Reus est mortis. C. Tunc exspuérunt in fáciem ejus, et cólaphis eum cecidérunt, álii autem palmas in fáciem ejus dedérunt, dicéntes : S. Prophetíza nobis, Christe, quis est, qui te percússit ? C. Petrus vero sedébat foris in átrio : et accéssit ad eum una ancílla, dicens : S. Et tu cum Jesu Galilǽo eras. C. At ille negávit coram ómnibus, dicens : S. Néscio, quid dicis. C. Exeúnte autem illo jánuam, vidit eum ália ancílla, et ait his, qui erant ibi : S. Et hic erat cum Jesu Nazaréno. C. Et íterum negávit cum juraménto : Quia non novi hóminem. Et post pusíllum accessérunt, qui stabant, et dixérunt Petro : S. Vere et tu ex illis es : nam et loquéla tua maniféstum te facit. C. Tunc coepit detestári et juráre, quia non novísset hóminem. Et contínuo gallus cantávit. Et recordátus est Petrus verbi Jesu, quod díxerat : Priúsquam gallus cantet, ter me negábis. Et egréssus foras, flevit amáre. Mane autem facto, consílium iniérunt omnes príncipes sacerdótum et senióres pópuli advérsus Jesum, ut eum morti tráderent. Et vinctum adduxérunt eum, et tradidérunt Póntio Piláto prǽsidi. Tunc videns Judas, qui eum trádidit, quod damnátus esset, pæniténtia ductus, réttulit trigínta argénteos princípibus sacerdótum et senióribus, dicens : S. Peccávi, tradens sánguinem justum. C. At illi dixérunt : S. Quid ad nos ? Tu vidéris. C. Et projéctis argénteis in templo, recéssit : et ábiens, láqueo se suspéndit. Príncipes autem sacerdótum, accéptis argénteis, dixérunt : S. Non licet eos míttere in córbonam : quia prétium sánguinis est. C. Consílio autem ínito, emérunt ex illis agrum fíguli, in sepultúram peregrinórum. Propter hoc vocátus est ager ille Hacéldama, hoc est, ager sánguinis, usque in hodiérnum diem. Tunc implétum est, quod dictum est per Jeremíam Prophétam, dicéntem : Et accepérunt trigínta argénteos prétium appretiáti, quem appretiavérunt a fíliis Israël : et dedérunt eos in agrum fíguli, sicut constítuit mihi Dóminus. Jesus autem stetit ante prǽsidem, et interrogávit eum præses, dicens : S. Tu es Rex Judæórum ? C. Dicit illi Jesus : + Tu dicis. C. Et cum accusarétur a princípibus sacerdótum et senióribus, nihil respóndit. Tunc dicit illi Pilátus : S. Non audis, quanta advérsum te dicunt testimónia ? C. Et non respóndit ei ad ullum verbum, ita ut mirarétur præses veheménter. Per diem autem sollémnem consuéverat præses pópulo dimíttere unum vinctum, quem voluíssent. Habébat autem tunc vinctum insígnem, qui dicebátur Barábbas. Congregátis ergo illis, dixit Pilátus : S. Quem vultis dimíttam vobis : Barábbam, an Jesum, qui dícitur Christus ? C. Sciébat enim, quod per invídiam tradidíssent eum. Sedénte autem illo pro tribunáli, misit ad eum uxor ejus, dicens : S. Nihil tibi et justo illi : multa enim passa sum hódie per visum propter eum. C. Príncipes autem sacerdótum et senióres persuasérunt populis, ut péterent Barábbam, Jesum vero pérderent. Respóndens autem præses, ait illis : S. Quem vultis vobis de duóbus dimítti ? C. At illi dixérunt : S. Barábbam. C. Dicit illis Pilátus : S. Quid ígitur fáciam de Jesu, qui dícitur Christus ? C. Dicunt omnes : S. Crucifigátur. C. Ait illis præses : S. Quid enim mali íecit ? C. At illi magis clamábant,dicéntes : S. Crucifigátur. C. Videns autem Pilátus, quia nihil profíceret, sed magis tumúltus fíeret : accépta aqua, lavit manus coram pópulo, dicens : S. Innocens ego sum a sánguine justi hujus : vos vidéritis. C. Et respóndens univérsus pópulus, dixit : S. Sanguis ejus super nos et super fílios nostros. C. Tunc dimísit illis Barábbam : Jesum autem flagellátum trádidit eis, ut crucifigerétur. Tunc mílites prǽsidis suscipiéntes Jesum in prætórium, congregavérunt ad eum univérsam cohórtem : et exuéntes eum, chlámydem coccíneam circumdedérunt ei : et plecténtes corónam de spinis, posuérunt super caput ejus, et arúndinem in déxtera ejus. Et genu flexo ante eum, illudébant ei, dicéntes : S. Ave, Rex Judæórum. C. Et exspuéntes in eum, accepérunt arúndinem, et percutiébant caput ejus. Et postquam illusérunt ei, exuérunt eum chlámyde et induérunt eum vestiméntis ejus, et duxérunt eum, ut crucifígerent. Exeúntes autem, invenérunt hóminem Cyrenǽum, nómine Simónem : hunc angariavérunt, ut tólleret crucem ejus. Et venérunt in locum, qui dícitur Gólgotha, quod est Calváriæ locus. Et dedérunt ei vi num bíbere cum felle mixtum. Et cum gustásset, nóluit bibere. Postquam autem crucifixérunt eum, divisérunt vestiménta ejus, sortem mitténtes : ut implerétur, quod dictum est per Prophétam dicentem : Divisérunt sibi vestiménta mea, et super vestem meam misérunt sortem. Et sedéntes, servábant eum. Et imposuérunt super caput ejus causam ipsíus scriptam : Hic est Jesus, Rex Judæórum. Tunc crucifíxi sunt cum eo duo latrónes : unus a dextris et unus a sinístris. Prætereúntes autem blasphemábant eum, movéntes cápita sua et dicéntes : S. Vah, qui déstruis templum Dei et in tríduo illud reædíficas : salva temetípsum. Si Fílius Dei es, descénde de cruce. C. Simíliter et príncipes sacerdótum illudéntes cum scribis et senióribus, dicébant : S. Alios salvos fecit, seípsum non potest salvum fácere : si Rex Israël est, descéndat nunc de cruce, et crédimus ei : confídit in Deo : líberet nunc, si vult eum : dixit enim : Quia Fílius Dei sum. C. Idípsum autem et latrónes, qui crucifíxi erant cum eo, improperábant ei. A sexta autem hora ténebræ factæ sunt super univérsam terram usque ad horam nonam. Et circa horam nonam clamávit Jesus voce magna, dicens : + Eli, Eli, lamma sabactháni ? C. Hoc est : + Deus meus, Deus meus, ut quid dereliquísti me ? C. Quidam autem illic stantes et audiéntes dicébant : S. Elíam vocat iste. C. Et contínuo currens unus ex eis, accéptam spóngiam implévit acéto et impósuit arúndini, et dabat ei bíbere. Céteri vero dicébant : S. Sine, videámus, an véniat Elías líberans eum. C. Jesus autem íterum clamans voce magna, emísit spíritum. (Hic genuflectitur, et pausatur aliquántulum) Et ecce, velum templi scissum est in duas partes a summo usque deórsum : et terra mota est, et petræ scissæ sunt, et monuménta apérta sunt : et multa córpora sanctórum, qui dormíerant, surrexérunt. Et exeúntes de monuméntis post resurrectiónem ejus, venérunt in sanctam civitátem, et apparuérunt multis. Centúrio autem et qui cum eo erant, custodiéntes Jesum, viso terræmótu et his, quæ fiébant, timuérunt valde, dicéntes : S. Vere Fílius Dei erat iste. C. Erant autem ibi mulíeres multæ a longe, quæ secútæ erant Jesum a Galilǽa, ministrántes ei : inter quas erat María Magdaléne, et María Jacóbi, et Joseph mater, et mater filiórum Zebedǽi. Cum autem sero factum esset, venit quidam homo dives ab Arimathǽa, nómine Joseph, qui et ipse discípulus erat Jesu. Hic accéssit ad Pilátum, et pétiit corpus Jesu. Tunc Pilátus jussit reddi corpus. Et accépto córpore, Joseph invólvit illud in síndone munda. Et pósuit illud in monuménto suo novo, quod excíderat in petra. Et advólvit saxum magnum ad óstium monuménti, et ábiit. Erat autem ibi María Magdaléne et áltera María, sedéntes contra sepúlcrum.

Hic dicitur Munda cor meum, petitur benedictio, defertur incensum sine luminaribus, et incensatur liber : non dicitur Dóminus vobíscum, et Celebrans aut Diaconus non signat librum neque seipsum : et quod sequitur, cantatur in tono Evangelii : in cujus fine Celebrans osculatur librum, et incensatur. Quæ omnia et in aliis Passionibus servantur, præterquam Feria VI in Parasceve.

Altera autem die, quæ est post Parascéven, convenérunt príncipes sacerdótum et pharisǽi ad Pilátum, dicéntes : Dómine, recordáti sumus, quia sedúctor ille dixit adhuc vivens : Post tres dies resúrgam. Jube ergo custodíri sepúlcrum usque in diem tértium : ne forte véniant discípuli ejus, et furéntur eum, et dicant plebi : Surréxit a mórtuis ; et erit novíssimus error pejor prióre. Ait illis Pilátus : Habétis custódiam, ite, custodíte, sicut scitis. Illi autem abeúntes, muniérunt sepúlcrum, signántes lápidem, cum custódibus.

Credo.

Offertorium. Ps. 68, 2122. Impropérium exspectávit cor meum et misériam : et sustínui, qui simul mecum contristarétur, et non fuit : consolántem me quæsívi, et non invéni : et dedérunt in escam meam fel, et in siti mea potavérunt me acéto.

Secreta.
Concéde, quæsumus, Dómine : ut oculis tuæ majestátis munus oblátum, et grátiam nobis devotionis obtineat, et efféctum beátæ perennitátis acquírat. Per Dóminum nostrum.

Præfatio de Cruce.

Communio. Matth. 26, 42. Pater, si non potest hic calix transíre, nisi bibam illum : fiat volúntas tua.

Postcommunio.
Per hujus, Dómine, operatiónem mystérii : et vitia nostra purgéntur, et justa desidéria compleántur. Per Dóminum nostrum.

In Missis privatis legitur in fine Evangelium Cum appropinquásset Jesus, ut supra in benedictione Palmarum

In Choro, dicta Tertia, fit aspersio aquæ more solito. Deinde Sacerdos, indutus Pluviali violaceo, vel sine Casula, cum Ministris similiter indutis, procedit ad benedicendum ramos palmarum, et olivarum, sive aliarum arborum, in medio ante Altare, vel ad cornu Epistolæ positos. Et primo cantatur a Choro Antiphona :
Au choeur, après Tierce, on fait l’aspersion de manière habituelle. Ensuite, le prêtre, revêtu de la chape violette, ou sans chasuble, avec les ministres vêtus de même, s’avance pour bénir les rameaux de palmiers et d’olivier, ou d’autres arbres, placés au milieu de l’autel, ou au coin de l’épître. Et d’abord, le chœur chante l’antienne :
Antiphona. Matth. 21, 9. Hosánna fílio David : benedíctus, qui venit in nómine Dómini. O Rex Israël : Hosánna in excélsis.
Antienne Hosanna au fils de David ! Béni celui qui vient au nom du Seigneur. O Roi d’Israël ! Hosanna au plus haut des cieux.
Deinde Sacerdos stans in cornu Epistolæ, non vertens se ad populum, dicit, manibus iunctis, in tono Orationis ferialis :
Ensuite, le prêtre, debout au coin de l’épître, sans se tourner vers le peuple, dit, les mains jointes, sur le ton férial de l’oraison :
V/. Dóminus vobíscum.
Le Seigneur soit avec vous.
R/. Et cum spíritu tuo.
Et avec votre esprit.
Orémus. Oratio.
Deus, quem dilígere et amáre iustítia est, ineffábilis grátiæ tuæ in nobis dona multíplica : et qui fecísti nos in morte Fílii tui speráre quæ crédimus ; fac nos eódem resurgénte perveníre quo téndimus : Qui tecum.
Dieu, que nous devons aimer pour avoir la justice, multipliez en nous les dons de votre grâce ineffable, et, comme par la mort de votre Fils vous nous avez donné droit d’espérer ce qui est l’objet de notre foi, faites-nous arriver, par sa résurrection, au terme vers lequel nous aspirons.
Postea Subdiaconus in loco solito cantat sequentem Lectionem in tono Epistolæ, et in fine osculatur manum Sacerdotis.
Après cela, le sous-diacre, à l’endroit habituel chante la leçon suivante sur le ton de l’épître, et à la fin baise la main du prêtre :
ÉpîtreLéctio libri Exodi.
Lecture du livre de l’Exode.
Exodi 15, 27 ; 16, 1-7.
In diébus illis : Venérunt fílii Israël in Elim, ubi erant duódecim fontes aquárum et septuagínta palmæ : et castrametáti sunt iuxta aquas. Profectíque sunt de Elim, et venit omnis multitúdo filiórum Israël in desértum Sin, quod est inter Elim et Sínai : quintodécimo die mensis secúndi, postquam egréssi sunt de terra Ægýpti. Et murmurávit omnis congregátio filiórum Israël contra Móysen et Aaron in solitúdine. Dixerúntque fílii Israël ad eos : Utinam mórtui essémus per manum Dómini in terra Ægýpti, quando sedebámus super ollas cárnium, et comedebámus panem in saturitáte : cur eduxístis nos in desértum istud, ut occiderétis omnem multitúdinem fame ? Dixit autem Dóminus ad Móysen : Ecce, ego pluam vobis panes de cælo : egrediátur pópulus, et cólligat quæ suffíciunt per síngulos dies : ut tentem eum, utrum ámbulet in lege mea an non. Die autem sexto parent quod ínferant : et sit duplum, quam collígere sciébant per síngulos dies. Dixerúntque Móyses et Aaron ad omnes fílios Israël : Véspere sciétis, quod Dóminus edúxerit vos de terra Ægýpti : et mane vidébitis glóriam Dómini.
En ces jours-là, les enfants d’Israël arrivèrent à Elim, où il y avait douze sources d’eau et soixante-dix palmiers, et ils campèrent là, près de l’eau. Ils partirent d’Elim, et toute l’assemblée des enfants d’Israël arriva au désert de Sin, qui est entre Elim et le Sinaï, le quinzième jour du second mois après leur sortie du pays d’Egypte. Et toute l’assemblée des enfants d’Israël murmura dans le désert contre Moïse et Aaron. Les enfants d’Israël leur dirent : « Que ne sommes-nous morts par la main de Jéhovah dans le pays d’Egypte, quand nous étions assis devant les pots de viande et que nous mangions du pain à satiété ! Car vous nous avez amenés dans ce désert pour faire mourir de faim toute cette multitude. ». Dieu dit à Moïse : « Je vais faire pleuvoir pour vous du pain du haut du ciel. Le peuple sortira et en ramassera jour par jour la provision nécessaire, afin que je le mette à l’épreuve pour voir s’il marchera ou non dans ma loi. Le sixième jour, ils prépareront ce qu’ils auront rapporté et il y en aura le double de ce qu’ils en ramassent chaque jour. » Moïse et Aaron dirent à tous les enfants d’Israël : « Ce soir, vous reconnaîtrez que c’est Jéhovah qui vous a tait sortir d’Egypte et au matin vous verrez la gloire de Dieu. »

Deinde cantatur pro Graduali. · Ensuite on chante à la place du gradual :

Épître
V/. Ioann. 11, 47-49, 50 et 53. Collegérunt pontífices et pharisǽi concílium, et dixérunt : Quid fácimus, quia hic homo multa signa facit ? Si dimíttimus eum sic, omnes credent in eum : * Et vénient Románi, et tollent nostrum locum et gentem.
Les pontifes et les pharisiens assemblèrent le conseil et dirent : Que faisons-nous ? car cet homme opère beaucoup de prodiges. Si nous le laissons ainsi, tous croiront en lui. *Craignons que les Romains ne viennent, qu’ils ne ruinent notre pays et ne fassent disparaître notre nation.
V/. Unus autem ex illis, Cáiphas nómine, cum esset póntifex anni illíus, prophetávit dicens : Expedit vobis, ut unus moriátur homo pro pópulo, et non tota gens péreat. Ab illo ergo die cogitavérunt interfícere eum, dicéntes. Et vénient.
Mais l’un d’eux, nommé Caïphe, qui était grand-prêtre cette année-là, prophétisa et dit : Il vous est avantageux qu’un seul homme meure pour le peuple et que toute la nation ne périsse point. De ce jour donc, ils songèrent à le faire mourir, disant : Craignons que les Romains ne viennent.
Vel aliud V/. Matth. 28, 39 et 41. In monte Olivéti orávit ad Patrem : Pater, si fíeri potest, tránseat a me calix iste. * Spíritus quidem promptus est, caro autem infírma : fiat volúntas tua.
Ou bien Sur le mont des Oliviers, Jésus fit cette prière à son Père : Mon Père, s’il est possible, que ce calice s’éloigne de moi, * car l’esprit est prompt, mais la chair est faible ; que votre volonté soit faite.
V/. Vigiláte et oráte, ut non intrétis in tentatiónem. Spíritus quidem.
Veillez et priez pour n’entrer point en tentation. Car l’esprit
Interim dum cantatur V/., Diaconus ponit librum Evangeliorum super Altare : et Sacerdos, ministrante Diacono naviculam, ponit incensum in thuribulo. Deinde Diaconus dicit : Munda cor meum, accipit librum de Altari, petit benedictionem a Sacerdote : postea, Subdiacono librum tenente, médius inter duos Acolythos tenentes candelábra accensa, signat librum, incensat, et cantat Evangelium, ut infra, more consueto : quo finito, Subdiaconus defert librum osculandum Sacerdoti, qui et incensatur a Diacono.
Pendant qu’on chante le V/., le diacre pose le livre des évangiles sur l’autel : et le prêtre, le diacre lui présentant la navette, impose l’encens. Ensuite le diacre dit : Purifiez mon cœur , prend le livre de l’autel, demande la bénédiction au prêtre : après, le sous-diacre tenant le livre, entre les deux acolytes tenant les chandeliers allumés, il signe le livre, l’encense, et chante l’évangile de la manière habituelle : cela finit, le sous-diacre porte le livre à baiser au prêtre qui est encensé par le diacre.
Évangile+ Sequéntia sancti Evangélii secundum Matthǽum.
Lecture du Saint Evangile selon saint Mathieu.
Matth. 21, 1-9.
In illo témpore : Cum appropinquásset Iesus Ierosólymis, et venísset Béthphage ad montem Olivéti : tunc misit duos discípulos suos, dicens eis : Ite in castéllum, quod contra vos est, et statim inveniétis ásinam alligátam et pullum cum ea : sólvite et addúcite mihi : et si quis vobis áliquid dixerit, dícite, quia Dóminus his opus habet, et conféstim dimíttet eos. Hoc autem totum factum est, ut adimplerétur, quod dictum est per Prophétam, dicéntem : Dícite fíliae Sion : Ecce, Rex tuus venit tibi mansuétus, sedens super ásinam et pullum, fílium subiugális. Eúntes autem discípuli, fecérunt, sicut præcépit illis Iesus. Et adduxérunt ásinam et pullum : et imposuérunt super eos vestiménta sua, et eum désuper sedére tecérunt. Plúrima autem turba stravérunt vestiménta sua in via : álii autem cædébant ramos de arbóribus, et sternébant in via : turbæ autem, quæ præcedébant et quæ sequebántur, clamábant, dicéntes : Hosánna fílio David : benedíctus, qui venit in nómine Dómini.
En ce temps-là, comme il approchait de Jérusalem, et qu’il était arrivé à Bethphagé, au mont des Oliviers, Jésus envoya deux de ses disciples, en leur disant : « Allez au village qui est devant vous et vous trouverez aussitôt une ânesse attachée et un ânon avec elle ; détachez-les et amenez-les-moi. Si on vous dit quelque chose, vous direz : Le Seigneur en a besoin, et aussitôt on les laissera aller. » Or, cela se faisait afin que s’accomplît ce qui avait été dit par le Prophète : Dites à la fille de Sion : Voici que ton roi vient à toi plein de douceur et monté sur un âne et sur un ânon, le petit de celui qui porte le joug. Les disciples allèrent et firent comme Jésus leur avait ordonné. Ils amenèrent l’ânesse et l’ânon, mirent sur eux leurs manteaux et l’y firent monter. Beaucoup de gens de la foule étendirent leurs vêtements sur le chemin ; d’autres coupèrent des branches d’arbres et en jonchèrent la route. Les foules qui précédaient Jésus et celles qui le suivaient criaient : « Hosanna au Fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »
Post hæc benedicuntur rami. Sacerdos stans in eodem cornu Epistolæ, dicit in tono Orationis ferialis :
Après, on bénit les rameaux. Le prêtre debout du côté de l’épître dit sur le ton ferial de l’oraison :
V/. Dóminus vobíscum.
Le Seigneur soit avec vous.
R/. Et cum spíritu tuo.
Et avec votre esprit.
Orémus. Oratio.
Auge fidem in te sperántium, Deus, et súpplicum preces cleménter exáudi : véniat super nos múltiplex misericórdia tua : bene + dicántur et hi pálmites palmárum seu olivárum : et sicut in figúra Ecclésiæ multiplicásti Noë egrediéntem de arca, et Móysen exeúntem de Ægýpto cum fíliis Israël : ita nos, portántes palmas et ramos olivárum, bonis áctibus occurrámus óbviam Christo : et per ipsum in gáudium introëámus ætérnum : Qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti Deus.
O Dieu, augmentez la foi de ceux qui espèrent en vous et, dans votre clémence, exaucez leurs supplications : que votre miséricorde descende sur nous en grâces multiples, que ces rameaux de palmier ou d’olivier soient bénits, et de même que, voulant figurer l’Église, vous avez multiplié vos grâces sur Noé sortant de l’arche et sur Moïse quittant l’Egypte avec les enfants d’Israël, ainsi faites que, portant ces rameaux de palmier et ces branches d’olivier, nous allions au-devant du Christ par nos bonnes œuvres et que, par lui, nous entrions dans la joie éternelle. Lui qui étant Dieu vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit.
V/. Per omnia sǽcula sæculórum.
Dans tous les siècles des siècles.
R/. Amen.
Amen.
V/. Dóminus vobíscum.
Le Seigneur soit avec vous.
R/. Et cum Spíritu tuo.
Et avec votre esprit.
V/. Sursum corda.
Élevons nos cœurs.
R/. Habémus ad Dóminum.
Nous les avons élevés vers le Seigneur.
V/. Grátias agámus Dómino Deo nostro.
Rendons grâces au Seigneur notre Dieu.
R/. Dignum et iustum est.
C’est convenable et juste.
Vere dignum et iustum est æquum et salutáre, nos tibi semper et ubíque grátias ágere : Dómine sancte, Pater omnípotens æterne Deus : Qui gloriáris in consílio sanctórum tuórum. Tibi enim sérviunt creatúræ tuæ : qui a te solum auctórem et Deum cognóscunt, et omnis factúra tua te colláudat, et benedícunt te sancti tui. Quia illud magnum Unigéniti tui nomen coram régibus et potestátibus huius sǽculi líbera voce confiténtur. Cui assístunt Angeli et Archángeli, Throni et Dominatiónes : cumque omni milítia cæléstis exércitus hymnum glóriæ tuæ cóncinunt, sine fine dicéntes.
Oui, il est convenable et juste, équitable et salutaire de vous rendre grâces en tout temps et en tous lieux, Seigneur saint, Père tout-puissant, Dieu éternel, qui êtes glorifié dans l’assemblée de vos saints. Toutes vos créatures vous reconnaissent comme leur seul auteur et leur seul Dieu. Votre œuvre tout entière vous loue et vos saints vous bénissent en confessant avec liberté, devant les princes et les puissances de ce siècle, le grand nom de votre Fils unique, auquel font cortège les anges et les archanges, les trônes et les dominations, chantant, avec toute l’armée de la céleste milice, l’hymne de votre gloire et disant sans fin :
Et cantatur Sanctus a Choro.
Et le chœur chante le Sanctus
Sanctus, Sanctus, Sanctus Dó- minus, Deus Sábaoth. Pleni sunt cæli et terra glória tua. Hosánna in excélsis. Benedíctus, qui venit in nómine Dómini. Hosánna in excélsis.
Saint, saint, saint est le Seigneur, Dieu des armées ! Les cieux et la terre sont remplis de sa gloire. Hosanna au plus haut des deux ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux !
Sequitur. V/. Dóminus vobís-cum.
Le Seigneur soit avec vous.
R/. Et cum spíritu tuo.
Et avec votre esprit.
Orémus. Oratio.
Pétimus, Dómine sancte, Pater omnípotens, ætérne Deus : ut hanc creatúram olívæ, quam ex ligni matéria prodíre iussísti, quamque colúmba rédiens ad arcam próprio pértulit ore, bene + dícere et sancti + ficáre dignéris : ut, quicúmque ex ea recéperint, accípiant sibi protectiónem ánimæ et córporis : fiátque, Dómine, nostræ salútis remédium tuæ grátiæ sacraméntum. Per Dóminum nostrum.
ous vous demandons. Seigneur saint. Père tout-puissant. Dieu éternel, de daigner bénir et sanctifier ces rameaux d’olivier, vos créatures, que vous avez fait naître sur l’arbre qui les portait et que la colombe, rentrant dans l’arche, apporta dans son bec, afin que ceux qui en recevront obtiennent votre protection pour leur âme et pour leur corps, et que ce symbole de votre grâce, Seigneur, devienne pour nous un remède efficace de salut.
Orémus. Oratio.
Deus, qui dispérsa cóngregas, et congregáta consérvas : qui pópulis, óbviam Iesu ramos portántibus, benedixísti : béne + dic étiam hos ramos palmæ et olívæ, quos tui fámuli ad honórem nóminis tui fidéliter suscípiunt ; ut, in quemcúmque locum introdúcti fúerint, tuam benedictiónem habitatóres loci illíus consequántur : et, omni adversitáte effugáta, déxtera tua prótegat, quos rédemit Iesus Christus, Fílius tuus, Dóminus noster : Qui tecum.
O Dieu, qui réunissez les choses séparées et les conservez après les avoir réunies, vous qui avez béni le peuple qui vint au-devant de Jésus avec des rameaux, bénissez aussi ces branches de palmier et d’olivier que vos fidèles serviteurs reçoivent en l’honneur de votre nom, afin que partout où on les introduira, les habitants en éprouvent votre bénédiction et que, toute adversité étant éloignée d’eux, votre droite protège ceux qu’a rachetés Jésus-Christ, votre Fils, Notre Seigneur.
Orémus. Oratio.
Deus, qui miro dispositiónis órdine, ex rebus étiam insensibílibus, dispensatiónem nostræ salútis osténdere voluísti : da, quǽsumus ; ut devota tuórum corda fidélium salúbriter intéllegant, quid mýstice desígnet in facto, quod hódie, cælésti lúmine affláta, Redemptóri óbviam procédens, palmárum atque olivárum ramos vestígiis eius turba substrávit. Palmárum igitur rami de mortis príncipe triúmphos exspéctant ; súrculi vero olivárum spirituálem unctiónem advenísse quodámmodo clamant. Intelléxit enim iam tunc illa hóminum beáta multitúdo præfigurári : quia Redémptor noster, humánis cóndolens misériis, pro totíus mundi vita cum mortis príncipe esset pugnatúrus ac moriéndo triumphatúrus. Et ídeo tália óbsequens administrávit, quæ in illo ei triúmphos victóriæ et misericórdiæ pinguédinem declarárent. Quod nos quoque plena fide, et factum et significátum retinéntes, te, Dómine sancte, Pater omnípotens, ætérne Deus, per eúndem Dóminum nostrum Iesum Christum supplíciter exorámus : ut in ipso atque per ipsum, cuius nos membra fíeri voluísti, de mortis império victóriam reportántes, ipsíus gloriósæ resurrectiónis partícipes esse mereámur : Qui tecum.
O Dieu qui, par un ordre merveilleux de votre providence, avez voulu vous servir des choses même insensibles pour exprimer l’admirable économie de notre salut, éclairez les cœurs de vos fidèles et faites qu’ils comprennent, pour leur utilité, le mystère représenté par l’action de ce peuple, qui, poussé par l’inspiration céleste, marcha en ce jour au-devant du Rédempteur et joncha de rameaux de palmier et d’olivier la route qu’il devait parcourir. En effet, les branches de palmier marquaient la victoire qui allait être remportée sur le prince de la mort et les branches d’olivier publiaient en quelque manière que l’onction spirituelle allait se répandre. Cette heureuse multitude d’hommes pressentit alors que notre Rédempteur, touché des misères de l’humanité, allait lutter avec le prince de la mort pour la vie du monde entier et que, par sa mort, il triompherait. C’est pourquoi ce peuple offrit au Seigneur l’hommage de ces branches d’arbre, dont les unes exprimaient sa victoire et son triomphe et les autres l’abondante effusion de sa miséricorde. Nous donc, qui possédons la foi dans sa plénitude, voyant dans cet événement le fait et sa signification, nous vous supplions, Seigneur saint, Père tout-puissant, Dieu éternel, par le même Jésus-Christ Notre Seigneur, dont vous nous avez faits les membres, de nous faire triompher en lui et par lui de l’empire de la mort et de nous rendre participants de sa glorieuse résurrection.
Orémus. Oratio.
Deus, qui, per olívæ ramum, pacem terris colúmbam nuntiáre iussísti : præsta, quǽsumus ; ut hos olívæ ceterarúmque arbórum ramos cælésti bene .dictióne sanctífices : ut cuncto pópulo tuo profíciant ad salútem. Per Christum, Dóminum nostrum.
O Dieu, qui avez voulu qu’une colombe annonçât par une branche d’olivier la paix à la terre, daignez sanctifier par votre bénédiction céleste ces rameaux pris sur l’olivier et sur d’autres arbres, afin qu’ils servent à tout votre peuple pour son salut. Par le Christ Notre Seigneur.
R/. Amen.
Orémus. Oratio.
Béne + dic, quǽsumus, Dómine, hos palmárum seu olivárum ramos : et præsta ; ut, quod pópulus tuus in tui veneratiónem hodiérna die corporáliter agit, hoc spirituáliter summa devotióne perfíciat, de hoste victóriam reportándo et opus misericórdiæ summópere diligéndo. Per Dóminum.
Daignez, Seigneur bénir ces branches de palmier ou d’olivier et faites que votre peuple accomplisse spirituellement, avec une dévotion véritable, ce qu’il fait extérieurement aujourd’hui en votre honneur, et que, remportant la victoire sur l’ennemi, il réponde par l’amour à l’œuvre de miséricorde que vous avez accomplie pour son salut.
Hic Celebrans ponit incensum in thuribulum, deinde ter aspergit ramos aqua benedicta, dicendo Antiphonam Aspérges me sine cantu, et sine Psalmo : et ter adolet incenso. Postea dicit :
Ici le célébrant met l’encens dans l’encensoir, ensuite il asperge trois fois les rameaux d’eau bénite, en disant l’antienne Aspérges me sans la chanter et sans le psaume : et il les vénère trois fois en encensant. Après, il dit :
V/. Dóminus vobíscum.
Le Seigneur soit avec vous.
R/. Et cum spíritu tuo.
Et avec votre esprit.
Orémus. Oratio.
Deus, qui Fílium tuum Iesum Christum, Dóminum nostrum, pro salute nostra in hunc mundum misísti, ut se humiliáret ad nos et nos revocáret ad te : cui etiam, dum Ierúsalem veniret, ut adimpléret Scripturas, credentium populorum turba, fidelissima devotione, vestimenta sua cum ramis palmarum in via sternébant : præsta, quæsumus ; ut illi fídei viam præparémus, de qua, remoto lápide offensiónis et petra scándali, fróndeant apud te ópera nostra iustítiæ ramis : ut eius vestigia sequi mereámur : Qui tecum.
O Dieu, qui, pour notre salut, avez envoyé en ce monde votre Fils Jésus-Christ Notre Seigneur, afin qu’en s’abaissant jusqu’à nous il nous fît remonter à vous, et qui avez voulu que, lorsqu’il entra à Jérusalem pour accomplir les Écritures, un peuple fidèle étendît avec une piété sincère ses vêtements et des palmes sur son passage, faites que nous aussi, par notre foi, nous lui préparions une voie, que nous étions la pierre d’achoppement et de scandale et que de nos œuvres poussent des rameaux de justice, afin que nous méritions de marcher sur ses traces.
Completa benedictione, dignior ex Clero accedit ad Altare, et dat ramum benedictum Celebranti, qui non genuflectit, nec osculatur manum dantis. Postea Celebrans stans ante Altare versus ad populum, distríbuit ramos, primum digniori, a quo ipse accepit, deinde Diacono et Subdiacono paratis, et aliis Clericis singulatim per ordinem, ultimo laicis : omnibus genuflectentibus et ramum ac manum Celebrantis osculantibus, exceptis Prælatis, si adsint. Et cum incœperit distribuere, a Choro cantantur sequentes Antiphonæ :
La benediction terminée, le plus digne du clergé monte à l’autel et donne un rameau bénit au célébrant qui ne génuflecte pas et ne baise pas la main de celui qui lui donne. Après, le célébrant se tient debout devant l’autel tourné vers le peuple et distribue les rameaux, d’abord au plus digne duquel il a reçu le sien, puis au diacre et au sous-diacre parés, et aux autres clercs selon leur ordre, enfin aux laïcs : tous sont à genoux et baise le rameau et la main du prêtre, sauf les prélats, s’il y en a. En pendant qu’on commence à distribuer, le chœur chante les antiennes suivantes :
Pueri Hebræórum, portántes ramos olivárum, obviavérunt Dómino, clamántes et dicéntes : Hosánna in excélsis.
Les enfants des Hébreux, portant des branches d’olivier, allèrent au-devant du Seigneur ; ils criaient et disaient : Hosanna au plus haut des cieux.
Alia Antiphona. Matth. 21, 8 et 9. Pueri Hebræórum vestiménta prosternébant in via et clamábant, dicéntes : Hosánna fílio David : benedíctus, qui venit in nómine Dómini.
Autre Antienne. Les enfants des Hébreux étendaient leurs vêtements sur le chemin ; ils criaient et disaient : Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !
Quæ si non sufficiant, repetantur, quousque ramorum distributio finiatur. Deinde Sacerdos dicit :
Si elles ne suffisent pas, elles sont répétés jusqu’à ce que la distribution des rameaux soit terminée. Ensuite le prêtre dit :
V/. Dóminus vobíscum.
Le Seigneur soit avec vous.
R/. Et cum spíritu tuo.
Et avec votre esprit.
Orémus. Oratio.
Omnípotens sempitérne Deus, qui Dóminum nostrum Iesum Christum super pullum ásinæ sedére fecísti, et turbas populórum vestiménta vel ramos arbórum in via stérnere et Hosánna decantáre in laudem ipsíus docuísti : da, quǽsumus ; ut illórum innocéntiam imitári póssimus, et eórum méritum cónsequi mereámur. Per eúndem Christum, Dóminum nostrum.
Dieu tout-puissant et éternel, qui avez envoyé la foule du peuple au-devant de Jésus-Christ Notre Seigneur monté sur l’ânesse et leur avez inspiré d’étendre leurs vêtements, de jeter des branches sur son passage et de chanter Hosanna à sa louange, faites-nous la grâce d’imiter leur innocence et d’avoir part à leur mérite.
R/. Amen.
Postea fit Processio. Et primo Celebrans imponit incensum in thuribulum : et Diaconus vertens se ad populum, dicit : Procedámus in pace. Et Chorus respondet : In nómine Christi. Amen.
Ensuite on fait la procession. D’abord le célébrant impose l’encens : et le diacre se tournant vers le peuple dit : Avançons dans la paix. Et le chœur répond : Au nom du Christ, Amen.

Præcedit Thuriferarius cum thuribulo fumiganti : deinde Subdiaconus paratus, deferens Crucem, medius inter duos Acolythos cum candelabris accensis : sequitur Clerus per ordinem, ultimo Celebrans cum Diacono a sinistris, omnes cum ramis in manibus : et cantantur sequentes Antiphonæ, vel omnes vel aliquæ, quousque durat Processio. · Le thuriféraire avance entête avec l’encensoir fumant ; ensuite le sous-diacre paré portant la Croix entre les deux acolytes avec les chandeliers allumés, puis le clergé par ordre, enfin le célébrant avec le diacre à sa gauche, tous portant les rameaux en main : et on chantes les antiennes suivantes, ou toutes ou quelques unes, selon que dure la procession.

Évangile
Alia Antiphona. Matth. 21, 1-3, 7, 8 et 9. Cum appropinquáret Dóminus Ierosólymam, misit duos ex discípulis suis, dicens : Ite in castéllum, quod contra vos est : et inveniétis pullum ásinæ alligátum, super quem nullus hóminum sedit : sólvite et addúcite mihi. Si quis vos interrogáverit, dícite : Opus Dómino est. Solvéntes adduxérunt ad Iesum : et imposuérunt illi vestiménta sua, et sedit super eum : alii expandébant vestiménta sua in via : alii ramos de arbóribus sternébant : et qui sequebántur, clamábant : Hosánna, benedíctus, qui venit in nómine Dómini : benedíctum regnum patris nostri David : Hosánna in excélsis : miserére nobis, fili David.
Autre Antienne. Notre Seigneur, étant proche de Jérusalem, envoya deux de ses disciples, en disant : Allez au village qui est devant vous ; vous y trouverez un ânon attaché, sur lequel personne ne s’est encore assis ; détachez-le et amenez-le-moi. Si on vous interroge, dites : Le Seigneur en a besoin. Ayant donc détaché l’ânon, ils l’amenèrent à Jésus et le couvrirent de leurs vêtements, et Jésus le monta. Les uns étendaient leurs vêtements sur la route, les autres jetaient des branches d’arbres, et la foule qui l’accompagnait, criait : Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le règne de David notre père ! Hosanna au plus haut des cieux ! Ayez pitié de nous, fils de David !
Alia Antiphona. Ioann. 12, 12 et 13. Cum audísset pópulus, quia Iesus venit Ierosólymam, accepérunt ramos palmárum : et exiérunt ei óbviam, et clamábant púeri, dicéntes : Hic est, qui ventúrus est in salútem pópuli. Hic est salus nostra et redémptio Israël. Quantus est iste, cui Throni et Dominatiónes occúrrunt ! Noli timére, fília Sion : ecce, Rex tuus venit tibi, sedens super pullum ásinæ, sicut scriptum est, Salve, Rex, fabricátor mundi, qui venísti redímere nos.
Autre Antienne. Le peuple, ayant appris que Jésus venait à Jérusalem, prit des branches de palmier et marcha au-devant de lui. Les enfants criaient : Voici celui qui doit venir pour sauver son peuple ; il est notre salut et la rédemption d’Israël. Qu’il est grand ! Les trônes et les dominations viennent au-devant de lui. Ne crains point, fille de Sion : voici ton roi qui vient à toi, monté sur un ânon, comme il est écrit. Salut, ô Roi, créateur du monde, qui êtes venu pour nous racheter !
Alia Antiphona. Ante sex dies sollémnis Paschæ, quando venit Dóminus in civitátem Ierúsalem, occurrérunt ei pueri : et in mánibus portábant ramos palmárum, et clamábant voce magna, dicéntes : Hosánna in excélsis : benedíctus, qui venísti in multitúdine misericórdiæ tuae : Hosánna in excélsis.
Autre Antienne. Six jours avant la solennité de la Pâque, lorsque le Seigneur vint dans la ville de Jérusalem, des enfants allèrent au-devant de lui. Ils portaient dans leurs mains des rameaux de palmier et criaient à pleine voix : Hosanna au plus haut des cieux ! Soyez béni, vous qui êtes venu plein de miséricorde ! Hosanna au plus haut des cieux !
Alia Antiphona. Occúrrunt turbæ cum flóribus et palmis Redemptóri óbviam : et victóri triumphánti digna dant obséquia : Fílium Dei ore gentes pr.dicant : et in laudem Christi voces tonant per núbila : Hosánna in excélsis.
Autre Antienne. Des foules viennent au-devant du Rédempteur avec des fleurs et des palmes ; elles rendent un digne hommage à ce vainqueur triomphant. Les gentils publient la grandeur du Fils de Dieu et l’air retentit d’acclamations à la gloire du Christ : Hosanna dans les hauteurs !
Alia Antiphona. Cum Angelis et púeris fidéles inveniántur, triumphatóri mortis damántes : Hosánna in excélsis.
Autre Antienne. Fidèles , unissons-nous aux anges et aux enfants ; chantons le vainqueur de la mort : Hosanna dans les cieux !
Alia Antiphona. Turba multa, quæ convénerat ad diem festum, clamábat Dómino : Benedíctus, qui venit in nómine Dómini : Hosánna in excélsis.
Autre Antienne. Une foule nombreuse, qui était venue pour la fête, acclama Notre Seigneur : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux !
In reversione Processionis, duo vel quatuor Cantores intrant in ecclesiam, et clauso ostio, stantes versa facie ad Processionem, incipiunt R/. Glória, laus, et decantant duos primos versus. Sacerdos vero, cum aliis extra ecclesiam, repetit eosdem.
Au retour de la procession, deux ou quatre chantres entre dans l’église, et la porte fermée, tournés vers la procession, ils commencent le R/. Glória, laus et chantent les deux premiers versets. Le prêtre, avec les autres hors de l’église, les répète.
Deinde, qui sunt intus, cantant alios versus sequentes : vel omnes vel partem, prout videbitur : et, qui sunt extra, ad quoslibet duos versus respondent : Glória, laus, sicut a principio R/.
Ensuite, ceux qui sont à l’intérieur chantes les versets suivants, ou tous ou en partie, selon qu’il semble bon. Et ceux qui sont à l’extérieur, à chaque deux versets, répondent Glória, laus comme au début.
Glória, laus et honor tibi sit, Rex Christe, Redémptor : Cui pueríle decus prompsit Hosánna pium.
Gloire, louange, honneur à vous, Christ-Roi, Rédempteur, à qui l’élite des enfants chanta avec amour : Hosanna !
R/. Glória, laus.
Israël es tu Rex, Davidis et ínclita proles : Nómine qui in Dómini, Rex benedícte, venis.
Vous êtes le roi d’Israël, le noble fils de David, ô Roi béni, qui venez au nom du Seigneur.
R/. Glória, laus.
Cœtus in excélsis te laudat cǽlicus omnis, Et mortális homo, et cuncta creáta simul.
L’armée angélique, au plus haut des cieux, l’homme mortel et toute créature vous louent ensemble.
R/. Glória, laus.
Plebs Hebrǽa tibi cum palmis óbvia venit : Cum prece, voto, hymnis, ádsumus ecce tibi.
Le peuple hébreu vint au-devant de vous avec des palmes ; nous voici avec des prières, des vœux et des cantiques.
R/. Glória, laus.
Hi tibi passúro solvébant múnia laudis : Nos tibi regnánti pángimus ecce melos.
Avant votre Passion ce peuple vous paya son tribut de louange : nous, nous vous adressons ces hymnes à vous qui régnez dans les cieux.
R/. Glória, laus.
Hi placuére tibi, pláceat devótio nostra : Rex bone, Rex clemens, cui bona cuncta placent.
Leurs vœux furent agréés ; que notre dévotion le soit aussi, Roi de bonté. Roi de clémence, à qui tout ce qui est bon plaît toujours.
R/. Glória, laus.

Postea Subdiaconus hastili Crucis percutit portam : qua statim aperta, Processio intrat ecclesiam, cantando : · Ensuite le sous-diacre frappe de la hamper de la Croix la porte. Celle-ci aussitôt ouverte, la procession entre dans l’église en chantant :

Évangile
R/. Ingrediénte Dómino in sanctam civitátem, Hebræórum púeri resurrectiónem vitæ pronuntiántes, * Cum ramis palmárum : Hosánna, clamábant, in excélsis.
Comme le Seigneur entrait dans la ville sainte, les enfants des Hébreux annoncèrent la résurrection de celui qui est la vie. Et, tenant des rameaux de palmier, ils criaient : Hosanna au plus haut des cieux !
V/.Cum audísset pópulus, quod Iesus veníret Ierosólymam, exiérunt óbviam ei. Cum ramis.Et non dicitur Glória Patri.
Ayant appris que Jésus venait à Jérusalem, le peuple sortit au-devant de lui ; et tenant des rameaux de palmier, il criait : Hosanna au plus haut des cieux ! Et on ne dit pas Gloire au Père.
Deinde celebratur Missa, et rami tenentur in manibus, dum cantatur Passio et Evangelium tantum.
Ensuite on célèbre la messe, et les rameaux sont tenus en main quand on chante la Passion et l’évangile seulement.
DE MISSA
LA MESSE
Statio ad S. Ioannem in Laterano
Station à St-Jean de Latran
3. Ant. ad Introitum. Ps. 21, 20 et 22.
Introït
Dómine, ne longe fácias auxílium tuum a me, ad defensiónem meam áspice : líbera me de ore leonis, et a córnibus unicórnium humilitátem meam.
Seigneur, n’éloignez pas de moi votre secours : soyez attentif à me défendre ; délivrez-moi de la gueule du lion et des cornes des buffles, car je suis bien faible et humilié.
Ps. ibid., 2.
Deus, Deus meus, réspice in me : quare me dereliquísti ? longe a salúte mea verba delictórum meórum.
O Dieu, mon Dieu, tournez vers moi votre regard ; pourquoi m’avez-vous abandonné ? La voix de mes péchés éloigne de moi le salut.
4. OrémusOratio.
Collecte
Omnípotens sempitérne Deus, qui humáno generi, ad imitandum humilitátis exémplum, Salvatórem nostrum carnem súmere et crucem subíre fecísti : concéde propítius ; ut et patiéntiæ ipsíus habére documénta et resurrectiónis consórtia mereámur. Per eúndem Dóminum nostrum.
Dieu tout-puissant et éternel, qui avez voulu que notre Sauveur prît la chair humaine et supportât les tourments de la croix, afin de servir de modèle d’humilité au genre humain, accordez-nous, dans votre bonté, d’être, à son exemple, toujours courageux dans les épreuves et de mériter par là d’avoir part à sa résurrection.

Et dicitur hæc tantum Oratio · Et on ne dit que cette oraison, même si on a fait une commémoraison à Laudes.

Évangile
5. Léctio Epístolæ beáti Pauli Apóstoli ad Philippénses.
Lecture de la lettre de l’Apôtre saint Paul aux Philippiens.
Philipp. 2, 5-11.
Fratres : Hoc enim sentíte in vobis, quod et in Christo Iesu : qui, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æqualem Deo : sed semetípsum exinanívit, formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus, et hábitu invéntus ut homo. Humiliávit semetípsum, factus obœdiens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus exaltávit illum : ei donávit illi nomen, quod est super omne nomen : (hic genuflectitur) ut in nómine Iesu omne genu flectátur cæléstium, terréstrium et inférno rum : et omnis lingua confiteátur, quia Dóminus Iesus Christus in glória est Dei Patris.
Mes frères : Ayez en vous les mêmes sentiments dont était animé le Christ Jésus : bien qu’il fût Dieu par nature, il n’a pas retenu avidement son égalité avec Dieu, mais il s’est anéanti lui-même en prenant la condition d’esclave, en devenant semblable aux hommes, à l’extérieur absolument comme un homme. Il s’est abaissé lui-même, se faisant obéissant jusqu’à la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a souverainement élevé et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom (ici on fléchit le genou), afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse, au ciel, sur la terre et dans les enfers, et que toute langue proclame, à la gloire de Dieu le Père, que Jésus-Christ est Dieu.
6. Graduale. Ps. 72, 24 et 1-3.
Graduel
Tenuísti manum déxteram meam : et in voluntáte tua deduxísti me : et cum glória assumpsísti me.
Mon Dieu, vous m’avez pris la main droite ; vous m’avez conduit selon votre volonté et vous m’avez glorifié.
V/. Quam bonus Israël Deus rectis corde ! mei autem pæne moti sunt pedes : pæne effúsi sunt gressus mei : quia zelávi in peccatóribus, pacem peccatórum videns.
Qu’il est bon, le Dieu d’Israël, pour tous ceux qui ont le cœur droit. J’étais sur le point de fléchir, mon pied a presque glissé, car je portais envie aux impies en voyant le bonheur de ces méchants.
7. Tractus. Ps. 21, 2-9, 18, 19, 22, 24 et 32.
Trait.
Deus, Deus meus, réspice in me : quare me dereliquísti ?
Mon Dieu, mon Dieu, tournez vers moi votre regard, pourquoi m’avez-vous abandonné ?
V/. Longe a salúte mea verba delictórum meórum.
La voix de mes péchés éloigne de moi le salut.
V/. Deus meus, clamábo per diem, nec exáudies : in nocte, et non ad insipiéntiam mihi.
Mon Dieu, je crie pendant le jour et vous ne m’écoutez pas ; la nuit, et je n’obtiens pas de soulagement.
V/. Tu autem in sancto hábitas, laus Israël.
Pourtant vous habitez dans votre sanctuaire et vers vous montent les louanges d’Israël.
V/. In te speravérunt patres nostri : speravérunt, et liberásti eos.
Nos pères ont espéré en vous et vous les avez délivrés.
V/. Ad te clamavérunt, et salvi facti sunt : in te speravérunt, et non sunt confusi.
Ils ont mis en vous leur confiance et ils n’ont pas été trompés.
V/. Ego autem sum vermis, et non homo : oppróbrium hóminum et abiéctio plebis.
Mais moi, je suis un ver de terre et non un homme, l’opprobre des hommes et le rebut du peuple.
V/. Omnes, qui vidébant me, aspernabántur me : locúti sunt lábiis et movérunt caput.
Tous ceux qui me voient me méprisent. Ils ouvrent les lèvres et branlent la tête, en disant
V/. Sperávit in Dómino, erípiat eum : salvum fáciat eum, quóniam vult eum.
« Il a mis sa confiance dans le Seigneur, qu’il le sauve, puisqu’il l’aime. »
V/. Ipsi vero consideravérunt et conspexérunt me : divisérunt sibi vestiménta mea, et super vestem meam misérunt mortem.
Ils m’observent et me regardent. Ils se partagent mes vêtements, ils tirent au sort ma tunique.
V/. Líbera me de ore leónis : et a córnibus unicórnium humilitátem meam.
« Seigneur, délivrez-moi de la gueule du lion et des cornes des buffles. »
V/. Qui timétis Dóminum, laudáte eum : univérsum semen Iacob, magnificáte eum.
Vous qui craignez le Seigneur, louez-le, vous tous, descendants de Jacob, chantez ses louanges.
V/. Annuntiábitur Dómino generátio ventúra : et annuntiábunt cæli iustítiam eius.
On parlera du Seigneur à la génération future. Ils viendront et ils annonceront ce qu’il a accompli.
V/. Pópulo, qui nascétur, quem fecit Dóminus.
Au peuple qui naîtra, ils diront ce qu’il a fait.
8. Passio Domini incipitur absolute : non dicitur Munda cor meum, non petitur benedíctio, non deferuntur luminaria, nec incensum : non dicitur Dóminus vobíscum, nec respondetur Glória tibi, Dómine, et Celebrans, seu Diaconus, dum pronuntiat Pássio Dómini nostri, non signat librum neque seipsum. Quod et in aliis diebus servatur, quando legitur Passio.
La Passion du Seigneur commence directement : on ne dit pas Purifiez mon cœur, on ne demande pas la bénédiction, on ne porte pas les chandeliers, on ne dit pas Le Seigneur soit avec vous et on ne répond pas Gloire à Vous Seigneur, et le célébrant ou le diacre, quand il prononce Passion de Notre-Seigneur, ne signe ni le livre ni lui-même. Ce qu’on observera les autres jours où on lit la Passion.
10. Evangelium passionis et mortis Domini secundum Matthæum. 26, 1-75 ; 27, 1-54.
Passio Dómini nostri Iesu Christi secúndum Matthǽum.
Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ selon saint Mathieu.
In illo témpore : Dixit Iesus discípulis suis : + Scitis, quid post bíduum Pascha fiet, et Fílius hóminis tradétur, ut crucifigátur. C. Tunc congregáti sunt príncipes sacerdótum et senióres pópuli in átrium príncipis sacerdótum, qui dicebátur Cáiphas : et consílium fecérunt, ut Iesum dolo tenérent et occíderent. Dicébant autem : S. Non in die festo, ne forte tumúltus fíeret in pópulo. C. Cum autem Iesus esset in Bethánia in domo Simónis leprósi, accéssit ad eum múlier habens alabástrum unguénti pretiósi, et effúdit super caput ipsíus recumbéntis. Vidéntes autem discípuli, indignáti sunt, dicéntes : S. Ut quid perdítio hæc ? pótuit enim istud venúmdari multo, et dari paupéribus. C. Sciens autem Iesus, ait illis : + Quid molésti estis huic mulíeri ? opus enim bonum operáta est in me. Nam semper páuperes habétis vobíscum : me autem non semper habétis. Mittens enim hæc unguéntum hoc in corpus meum, ad sepeliéndum me fecit. Amen, dico vobis, ubicúmque prædicátum fúerit hoc Evangélium in toto mundo, dicétur et, quod hæc fecit, in memóriam eius. C. Tunc ábiit unus de duódecim, qui dicebátur Iudas Iscariótes, ad príncipes sacerdótum, et ait illis : S. Quid vultis mihi dare, et ego vobis eum tradam ? C. At illi constituérunt ei trigínta argénteos. Et exínde quærébat opportunitátem, ut eum tráderet. Prima autem die azymórum accessérunt discípuli ad Iesum, dicéntes : S. Ubi vis parémus tibi comédere pascha ? C. At Iesus dixit : + Ite in civitátem ad quendam, et dícite ei : Magíster dicit : Tempus meum prope est, apud te fácio pascha cum discípulis meis. C. Et fecérunt discípuli, sicut constítuit illis Iesus, et paravérunt pascha. Véspere autem facto, discumbébat cum duódecim discípulis suis. Et edéntibus illis, dixit : + Amen, dico vobis, quia unus vestrum me traditúrus est. C. Et contristáti valde, coepérunt sínguli dícere : S. Numquid ego sum, Dómine ? C. At ipse respóndens, ait : + Qui intíngit mecum manum in parópside, hic me tradet. Fílius quidem hóminis vadit, sicut scriptum est de illo : væ autem hómini illi, per quem Fílius hóminis tradétur : bonum erat ei, si natus non fuísset homo ille. C. Respóndens autem Iudas, qui trádidit eum, dixit : S. Numquid ego sum, Rabbi ? C. Ait illi : + Tu dixísti. C. Cenántibus autem eis, accépit Iesus panem, et benedíxit, ac fregit, dedítque discípulis suis, et ait : + Accípite et comédite : hoc est corpus meum. C. Et accípiens cálicem, grátias egit : et dedit illis, dicens : + Bíbite ex hoc omnes. Hic est enim sanguis meus novi Testaménti, qui pro multis effundétur in remissiónem peccatórum. Dico autem vobis : non bibam ámodo de hoc genímine vitis usque in diem illum, cum illud bibam vobíscum novum in regno Patris mei. C. Et hymno dicto, exiérunt in montem Olivéti. Tunc dicit illis Iesus : + Omnes vos scándalum patiémini in me in ista nocte. Scriptum est enim : Percútiam pastórem, et dispergéntur oves gregis. Postquam autem resurréxero, præcédam vos in GalilǼam. C. Respóndens autem Petrus, ait illi : S. Et si omnes scandalizáti fúerint in te, ego numquam scandalizábor. C. Ait illi Iesus : + Amen, dico tibi, quia in hac nocte, antequam gallus cantet, ter me negábis. C. Ait illi Petrus : S. Etiam si oportúerit me mori tecum, non te negábo. C. Simíliter et omnes discípuli dixérunt. Tunc venit Iesus cum illis in villam, quæ dícitur Gethsémani, et dixit discípulis suis : + Sedéte hic, donec vadam illuc et orem. C. Et assúmpto Petro et duóbus fíliis Zebedǽi, coepit contristári et mæstus esse. Tunc ait illis : + Tristis est ánima mea usque ad mortem : sustinéte hic, et vigilate mecum. C. Et progréssus pusíllum, prócidit in fáciem suam, orans et dicens : + Pater mi, si possíbile est, tránseat a me calix iste : Verúmtamen non sicut ego volo, sed sicut tu. C. Et venit ad discípulos suos, et invénit eos dormiéntes : et dicit Petro : + Sic non potuístis una hora vigiláre mecum ? Vigiláte et oráte, ut non intrétis in tentatiónem. Spíritus quidem promptus est, caro autem infírma. C. Iterum secúndo ábiit et orávit, dicens : + Pater mi, si non potest hic calix transíre, nisi bibam illum, fiat volúntas tua. C. Et venit íterum, et invenit eos dormiéntes : erant enim óculi eórum graváti. Et relíctis illis, íterum ábiit et orávit tértio, eúndem sermónem dicens. Tunc venit ad discípulos suos, et dicit illis : + Dormíte iam et requiéscite : ecce, appropinquávit hora, et Fílius hóminis tradétur in manus peccatórum. Súrgite, eámus : ecce, appropinquávit, qui me tradet. C. Adhuc eo loquénte, ecce, Iudas, unus de duódecim, venit, et cum eo turba multa cum gládiis et fústibus, missi a princípibus sacerdótum et senióribus pópuli. Qui autem trádidit eum, dedit illis signum, dicens : S. Quemcúmque osculátus fúero, ipse est, tenéte eum. C. Et conféstim accédens ad Iesum, dixit : S. Ave, Rabbi. C. Et osculátus est eum. Dixítque illi Iesus : + Amíce, ad quid venísti ? C. Tunc accessérunt, et manus iniecérunt in Iesum et tenuérunt eum. Et ecce, unus ex his, qui erant cum Iesu, exténdens manum, exémit gládium suum, et percútiens servum príncipis sacerdótum, amputávit aurículam eius. Tunc ait illi Iesus : + Convérte gládium tuum in locum suum. Omnes enim, qui accéperint gládium, gládio períbunt. An putas, quia non possum rogáre Patrem meum, et exhibébit mihi modo plus quam duódecim legiónes Angelórum ? Quómodo ergo implebúntur Scripturae, quia sic oportet fíeri ? C. In illa hora dixit Iesus turbis : + Tamquam ad latrónem exístis cum gládiis et fústibus comprehéndere me : cotídie apud vos sedébam docens in templo, et non me tenuístis. C. Hoc autem totum factum est, ut adimpleréntur Scripturae Prophetárum. Tunc discípuli omnes, relícto eo, fugérunt. At illi tenéntes Iesum, duxérunt ad Cáipham, príncipem sacerdótum, ubi scribæ et senióres convénerant. Petrus autem sequebátur eum a longe, usque in átrium príncipis sacerdótum. Et ingréssus intro, sedébat cum minístris, ut vidéret finem. Príncipes autem sacerdótum et omne concílium quærébant falsum testimónium contra Iesum, ut eum morti tráderent : et non invenérunt, cum multi falsi testes accessíssent. Novíssime autem venérunt duo falsi testes et dixérunt : S. Hic dixit : Possum destrúere templum Dei, et post tríduum reædificáre illudǽ C. Et surgens princeps sacerdótum, ait illi : S. Nihil respóndes ad ea, quæ isti advérsum te testificántur ? C. Iesus autem tacébat. Et princeps sacerdótum ait illi : S. Adiúro te per Deum vivum, ut dicas nobis, si tu es Christus, Fílius Dei. C. Dicit illi Iesus : + Tu dixísti. Verúmtamen dico vobis, ámodo vidébitis Fílium hóminis sedéntem a dextris virtútis Dei, et veniéntem in núbibus cæli. C. Tunc princeps sacerdótum scidit vestiménta sua, dicens : S. Blasphemávit : quid adhuc egémus téstibus ? Ecce, nunc audístis blasphémiam : quid vobis vidétur ? C. At illi respondéntes dixérunt : S. Reus est mortis. C. Tunc exspuérunt in fáciem eius, et cólaphis eum cecidérunt, álii autem palmas in fáciem eius dedérunt, dicéntes : S. Prophetíza nobis, Christe, quis est, qui te percússit ? C. Petrus vero sedébat foris in átrio : et accéssit ad eum una ancílla, dicens : S. Et tu cum Iesu Galilǽo eras. C. At ille negávit coram ómnibus, dicens : S. Néscio, quid dicis. C. Exeúnte autem illo iánuam, vidit eum ália ancílla, et ait his, qui erant ibi : S. Et hic erat cum Iesu Nazaréno. C. Et íterum negávit cum iuraménto : Quia non novi hóminem. Et post pusíllum accessérunt, qui stabant, et dixérunt Petro : S. Vere et tu ex illis es : nam et loquéla tua maniféstum te facit. C. Tunc coepit detestári et iuráre, quia non novísset hóminem. Et contínuo gallus cantávit. Et recordátus est Petrus verbi Iesu, quod díxerat : Priúsquam gallus cantet, ter me negábis. Et egréssus foras, flevit amáre. Mane autem facto, consílium iniérunt omnes príncipes sacerdótum et senióres pópuli advérsus Iesum, ut eum morti tráderent. Et vinctum adduxérunt eum, et tradidérunt Póntio Piláto pr.sidi. Tunc videns Iudas, qui eum trádidit, quod damnátus esset, pæniténtia ductus, réttulit trigínta argénteos princípibus sacerdótum et senióribus, dicens : S. Peccávi, tradens sánguinem iustum. C. At illi dixérunt : S. Quid ad nos ? Tu vidéris. C. Et proiéctis argénteis in templo, recéssit : et ábiens, láqueo se suspéndit. Príncipes autem sacerdótum, accéptis argénteis, dixérunt : S. Non licet eos míttere in córbonam : quia prétium sánguinis est. C. Consílio autem ínito, emérunt ex illis agrum fíguli, in sepultúram peregrinórum. Propter hoc vocátus est ager ille Hacéldama, hoc est, ager sánguinis, usque in hodiérnum diem. Tunc implétum est, quod dictum est per Ieremíam Prophétam, dicéntem : Et accepérunt trigínta argénteos prétium appretiáti, quem appretiavérunt a fíliis Israël : et dedérunt eos in agrum fíguli, sicut constítuit mihi Dóminus. Iesus autem stetit ante pr.sidem, et interrogávit eum præses, dicens : S. Tu es Rex Iudæórum ? C. Dicit illi Iesus : + Tu dicis. C. Et cum accusarétur a princípibus sacerdótum et senióribus, nihil respóndit. Tunc dicit illi Pilátus : S. Non audis, quanta advérsum te dicunt testimónia ? C. Et non respóndit ei ad ullum verbum, ita ut mirarétur præses veheménter. Per diem autem sollémnem consuéverat præses pópulo dimíttere unum vinctum, quem voluíssent. Habébat autem tunc vinctum insígnem, qui dicebátur Barábbas. Congregátis ergo illis, dixit Pilátus : S. Quem vultis dimíttam vobis : Barábbam, an Iesum, qui dícitur Christus ? C. Sciébat enim, quod per invídiam tradidíssent eum. Sedénte autem illo pro tribunáli, misit ad eum uxor eius, dicens : S. Nihil tibi et iusto illi : multa enim passa sum hódie per visum propter eum. C. Príncipes autem sacerdótum et senióres persuasérunt populis, ut péterent Barábbam, Iesum vero pérderent. Respóndens autem præses, ait illis : S. Quem vultis vobis de duóbus dimítti ? C. At illi dixérunt : S. Barábbam. C. Dicit illis Pilátus : S. Quid ígitur fáciam de Iesu, qui dícitur Christus ? C. Dicunt omnes : S. Crucifigátur. C. Ait illis præses : S. Quid enim mali íecit ? C. At illi magis clamábant,dicéntes : S. Crucifigátur. C. Videns autem Pilátus, quia nihil profíceret, sed magis tumúltus fíeret : accépta aqua, lavit manus coram pópulo, dicens : S. Innocens ego sum a sánguine iusti huius : vos vidéritis. C. Et respóndens univérsus pópulus, dixit : S. Sanguis eius super nos et super fílios nostros. C. Tunc dimísit illis Barábbam : Iesum autem flagellátum trádidit eis, ut crucifigerétur. Tunc mílites pr.sidis suscipiéntes Iesum in prætórium, congregavérunt ad eum univérsam cohórtem : et exuéntes eum, chlámydem coccíneam circumdedérunt ei : et plecténtes corónam de spinis, posuérunt super caput eius, et arúndinem in déxtera eius. Et genu flexo ante eum, illudébant ei, dicéntes : S. Ave, Rex Iudæórum. C. Et exspuéntes in eum, accepérunt arúndinem, et percutiébant caput eius. Et postquam illusérunt ei, exuérunt eum chlámyde et induérunt eum vestiméntis eius, et duxérunt eum, ut crucifígerent. Exeúntes autem, invenérunt hóminem Cyren.um, nómine Simónem : hunc angariavérunt, ut tólleret crucem eius. Et venérunt in locum, qui dícitur Gólgotha, quod est Calváriæ locus. Et dedérunt ei vinum bíbere cum felle mixtum. Et cum gustásset, nóluit bibere. Postquam autem crucifixérunt eum, divisérunt vestiménta eius, sortem mitténtes : ut implerétur, quod dictum est per Prophétam dicentem : Divisérunt sibi vestiménta mea, et super vestem meam misérunt sortem. Et sedéntes, servábant eum. Et imposuérunt super caput eius causam ipsíus scriptam : Hic est Iesus, Rex Iudæórum. Tunc crucifíxi sunt cum eo duo latrónes : unus a dextris et unus a sinístris. Prætereúntes autem blasphemábant eum, movéntes cápita sua et dicéntes : S. Vah, qui déstruis templum Dei et in tríduo illud reædíficas : salva temetípsum. Si Fílius Dei es, descénde de cruce. C. Simíliter et príncipes sacerdótum illudéntes cum scribis et senióribus, dicébant : S. Alios salvos fecit, seípsum non potest salvum fácere : si Rex Israël est, descéndat nunc de cruce, et crédimus ei : confídit in Deo : líberet nunc, si vult eum : dixit enim : Quia Fílius Dei sum. C. Idípsum autem et latrónes, qui crucifíxi erant cum eo, improperábant ei. A sexta autem hora ténebræ factæ sunt super univérsam terram usque ad horam nonam. Et circa horam nonam clamávit Iesus voce magna, dicens : + Eli, Eli, lamma sabactháni ? C. Hoc est : + Deus meus, Deus meus, ut quid dereliquísti me ? C. Quidam autem illic stantes et audiéntes dicébant : S. Elíam vocat iste. C. Et contínuo currens unus ex eis, accéptam spóngiam implévit acéto et impósuit arúndini, et dabat ei bíbere. Céteri vero dicébant : S. Sine, videámus, an véniat Elías líberans eum. C. Iesus autem íterum clamans voce magna, emísit spíritum. (Hic genuflectitur, et pausatur aliquántulum) Et ecce, velum templi scissum est in duas partes a summo usque deórsum : et terra mota est, et petræ scissæ sunt, et monuménta apérta sunt : et multa córpora sanctórum, qui dormíerant, surrexérunt. Et exeúntes de monuméntis post resurrectiónem eius, venérunt in sanctam civitátem, et apparuérunt multis. Centúrio autem et qui cum eo erant, custodiéntes Iesum, viso terræmótu et his, quæ fiébant, timuérunt valde, dicéntes : S. Vere Fílius Dei erat iste. C. Erant autem ibi mulíeres multæ a longe, quæ secútæ erant Iesum a Galilǽa, ministrántes ei : inter quas erat María Magdaléne, et María Iacóbi, et Ioseph mater, et mater filiórum Zebedǽi. Cum autem sero factum esset, venit quidam homo dives ab Arimathǽa, nómine Ioseph, qui et ipse discípulus erat Iesu. Hic accéssit ad Pilátum, et pétiit corpus Iesu. Tunc Pilátus iussit reddi corpus. Et accépto córpore, Ioseph invólvit illud in síndone munda. Et pósuit illud in monuménto suo novo, quod excíderat in petra. Et advólvit saxum magnum ad óstium monuménti, et ábiit.
En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : « Vous savez que la Pâque se fera dans deux jours et que le Fils de l’Homme sera livré pour être crucifié. » Alors les princes des prêtres et les anciens du peuple s’assemblèrent à la cour du prince des prêtres, appelé Caïphe, et tinrent conseil ensemble pour trouver le moyen de se saisir adroitement de Jésus et de le faire mourir. Mais ils disaient : « Il ne faut pas que ce soit pendant la fête, de peur qu’il n’y ait du tumulte parmi le peuple. » Or, comme Jésus était à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux, une femme vint à lui avec un vase d’albâtre plein de parfum d’un grand prix qu’elle répandit sur sa tête lorsqu’il était à table. En voyant cela, ses disciples s’indignèrent et dirent : « A quoi bon cette perte ? On aurait pu vendre ce parfum bien cher et en donner l’argent aux pauvres. » Mais Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit : « Pourquoi faites-vous de la peine à cette femme ? Ce qu’elle vient de faire pour moi est une bonne œuvre, car vous aurez toujours des pauvres parmi vous, mais moi vous ne m’aurez pas toujours ; elle a répandu ce parfum sur mon corps en vue de ma sépulture. Je vous dis en vérité que partout où sera prêché cet Évangile, qui le doit être par tout le monde, on racontera à sa louange ce qu’elle vient de faire. » Alors l’un des douze, appelé Judas Iscariote, alla trouver les princes des prêtres et leur dit : « Que voulez-vous me donner et je vous le livrerai ? » Et ils convinrent avec lui de trente pièces d’argent. Dès ce moment, il cherchait une occasion de le livrer entre leurs mains. Or, le premier jour des azymes, les disciples, venant à Jésus, lui dirent : « Où voulez-vous que nous préparions ce qu’il faut pour manger la Pâque ? » Jésus répondit : « Allez dans la ville chez un tel et dites-lui : Le Maître vous fait dire : Mon temps est proche ; je ferai la Pâque chez vous avec mes disciples. » Et les disciples firent ce que Jésus leur avait commandé et ils préparèrent la Pâque. Le soir étant venu, il se mit à table avec ses douze disciples. Et pendant qu’ils mangeaient, il leur dit : « Je vous dis en vérité que l’un de vous me trahira. » Cette parole les contrista beaucoup et chacun d’eux se mit à lui dire : « Seigneur ; est-ce moi ? » Il leur répondit : « Celui qui porte avec moi la main au piaf, celui-là me trahira. Le Fils de l’Homme s’en va selon ce qui a été écrit de lui ; mais malheur à celui par qui le Fils de l’Homme sera trahi ! Il vaudrait mieux pour cet homme qu’il ne fût pas né. Judas, celui qui le trahit, dit alors : " Maître, est-ce moi ? » Il répondit : « Vous l’avez dit. » Or, pendant qu’ils soupaient, Jésus prit du pain, le bénit, le rompit et le donna à ses disciples, en disant : « Prenez et mangez, ceci est mon corps. » Et prenant le calice, il rendit grâces et le leur donna, disant : « Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance : qui sera répandu pour plusieurs en rémission des péchés. Or, je vous le dis : je ne boirai plus désormais de ce fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai de nouveau avec vous dans le royaume de mon Père. » Après avoir dit l’hymne, ils se rendirent au mont des Oliviers. Alors Jésus leur dit : « Je vous serai cette nuit à tous une occasion de scandale ; car il est écrit : Je frapperai le pasteur, et les brebis du troupeau seront dispersées ; mais, après que je serai ressuscité je vous précéderai en Galilée. » Pierre lui répondit : « Quand tous seraient scandalisés à cause de vous, pour moi je ne le serai jamais. » Jésus lui répondit : « Je vous le dis en vérité, cette nuit même, avant que le coq chante, vous me renierez trois fois. » Pierre lui dit : « Quand il me faudrait mourir avec vous, je ne vous renierai point. » Et tous les autres parlèrent de même. Alors Jésus arriva avec eux dans une propriété appelée Gethsémani, et dit à ses disciples : « Asseyez vous ici, pendant que j’irai là pour prier. » Et ayant pris avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, il commença à être centriste et rempli d’amertume. Alors il leur dit : « Mon âme est triste jusqu’à la mort : demeurez ici et veillez avec moi. » Et, s’étant éloigné un peu, il se prosterna le visage contre terre, priant et disant : « Mon Père, s’il est possible, que ce calice s’éloigne de moi ; néanmoins, non pas comme je veux, mais comme vous voulez. » Il vint ensuite à ses disciples et, les trouvant endormis, il dit à Pierre ; « Ainsi, vous n’avez pu veiller une heure avec moi ! Veillez et priez, pour ne point tomber dans la tentation ; l’esprit est prompt, mais la chair est faible. » Il s’en alla une seconde fois et pria, disant : « Mon Père, si ce calice ne peut passer sans que je le boive, que votre volonté soit faite. » Et il vint de nouveau et les trouva endormis, car leurs yeux étaient appesantis. Et, les laissant, il s’en alla encore et pria une troisième fois, répétant les mêmes paroles. Après, il revint à ses disciples et leur dit : « Dormez maintenant et reposez-vous. Voici que l’heure approche où le Fils de l’homme va être livré entre les mains des pécheurs. Levez-vous et allons : celui qui doit me trahir est près d’ici. » Il parlait encore lorsque Judas, l’un des douze, arriva, et avec lui une troupe nombreuse de gens armés d’épées et de bâtons, envoyés par les princes des prêtres et les anciens du peuple. Or, le traître leur avait donné un signe, disant : « Celui que je baiserai, c’est lui, arrêtez-le. » Et aussitôt, s’approchant de Jésus, il lui dit : « Salut, Maître », et il le baisa. Jésus lui dit : « Mon ami, pourquoi êtes-vous venu ? » Alors les autres s’avancèrent, mirent la main sur Jésus et se saisirent de lui. Et voilà qu’un de ceux qui étaient avec Jésus, étendant la main, tira son épée et, frappant un des gens du grand-prêtre, lui coupa l’oreille. Alors Jésus lui dit : « Remettez votre épée en place, car tous ceux qui prendront l’épée périront par l’épée. Croyez-vous que je ne puisse pas prier mon Père et qu’il ne m’enverrait pas aussitôt plus de douze légions d’Anges ? Comment donc s’accompliront les Écritures, car il faut que cela arrive ? » En même temps, Jésus dit à cette troupe : « Vous êtes venu à moi comme à un voleur, avec des épées et des bâtons, pour me saisir ; j’étais tous les jours au milieu de vous, enseignant dans le temple, et vous ne m’avez pas arrêté. Or, tout cela s’est fait afin que les paroles des prophètes fussent accomplies. » Alors tous les disciples l’abandonnèrent et ils s’enfuirent. Mais ceux qui s’étaient saisi de Jésus l’emmenèrent chez Caïphe, grand-prêtre, où les scribes et les anciens s’étaient réunis. Or, Pierre le suivit de loin jusque dans la cour de la maison du grand-prêtre et, y étant entrés, il s’assit avec les domestiques pour voir la fin. Cependant les princes des prêtres et tout le conseil cherchaient un faux témoignage contre Jésus pour le faire mourir et ils n’en trouvèrent point, quoique plusieurs faux témoins se fussent présentés. Enfin, deux faux témoins vinrent déposer : « Il a dit : Je puis détruire le temple de Dieu et le rebâtir après trois jours. » Et le grand-prêtre se leva et lui dit : « Vous ne répondez rien à ce qu’ils déposent contre vous ? » Mais Jésus se taisait. Et le grand-prêtre lui dit : « Je vous adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si vous êtes le Christ, le Fils de Dieu ? » Jésus lui répondit : « f Vous l’avez dit ; au reste, je vous le déclare, vous verrez un jour le Fils de l’homme assis à la droite du Dieu tout-puissant et venant sur les nuées du ciel. » Alors le grand-prêtre déchira ses vêtements, disant : « Il a blasphémé, qu’avons-nous encore besoin de témoins ? Vous venez d’entendre le blasphème ; que vous en semble ? » Ils répondirent : « Il mérite la mort. » Aussitôt, on lui cracha au visage, on le frappa à coups de poing et d’autres lui donnèrent des soufflets, disant : a Christ, prophétise-nous, qui est-ce qui t’a frappé ? » Pierre cependant était dehors assis dans la cour et une servante, s’approchant, lui dit : « Vous aussi, vous étiez avec Jésus de Galilée. » Mais il le nia devant tous, disant : « Je ne sais ce que vous voulez dire. » Et comme il sortait, une autre servante, l’ayant vu, dit à ceux qui étaient là : « Celui-ci accompagnait également Jésus de Nazareth. » Et il le nia une seconde fois avec serment, disant : « Je ne connais point cet homme. » Et peu après, ceux qui étaient là, s’approchant, dirent à Pierre : « Vous êtes certainement de ces gens-là, car votre langage vous trahit. » Alors il se mit à faire des imprécations et à jurer qu’il ne connaissait point cet homme, et aussitôt le coq chanta. Et Pierre se ressouvint de la parole que Jésus lui avait dite : i Avant que le coq chante, vous me renierez trois fois. » Et, étant sorti, il pleura amèrement. Le lendemain matin, tous les princes des prêtres et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus pour le faire mourir. Et, l’ayant lié, ils l’emmenèrent et le livrèrent au gouverneur Ponce Pilate. Alors Judas, le traître, voyant qu’il était condamné, se repentit et reporta les trente pièces d’argent aux princes des prêtres et aux anciens, leur disant : « J’ai péché en livrant le sang innocent. » Mais ils lui dirent : « Que nous importe ? c’est votre affaire. » Et ayant jeté cet argent dans le temple, il se retira et alla se pendre. Mais les princes des prêtres, ayant pris l’argent, dirent : « Il n’est pas permis de le mettre dans le trésor, parce que c’est le prix du sang. » Et ayant délibéré là-dessus, ils en achetèrent le champ d’un potier pour y ensevelir les étrangers. C’est pourquoi ce champ est appelé encore aujourd’hui Hacéldama, c’est-à-dire, le champ du sang. Alors cette parole du prophète Jéré-mie fut accomplie : « Ils ont reçu trente pièces d’argent, suivant l’appréciation des enfants d’Israël, et ils les ont données pour le champ d’un potier, comme le Seigneur me l’a ordonné. » Or, Jésus comparut devant le gouverneur, qui l’interrogea en ces termes : « Êtes-vous le Roi des Juifs ? » Jésus lui répondit ; t « Vous le dites. » Et comme les princes des prêtres et les anciens l’accusaient, il ne répondit rien. Alors Pilate lui dit : « N’entendez-vous pas tout ce dont ils vous accusent ? » Et il ne lui répondit pas un seul mot, de sorte que le gouverneur en était fort étonné. Or, le gouverneur avait coutume, à la solennité de Pâque, de délivrer un prisonnier, celui que le peuple voulait. Il y en avait alors un fameux, nommé Barabbas. Comme ils étaient donc réunis, Pilate leur dit : « Lequel voulez-vous que je vous délivre. Barabbas ou Jésus, qui est appelé le Christ ? » Car il savait qu’ils l’avaient livré par envie. Pendant qu’il était assis à son tribunal, sa femme lui envoya dire : a Ne vous impliquez point dans l’affaire de ce juste, car j’ai été aujourd’hui étrangement tourmentée en songe à cause de lui. » Mais les princes des prêtres et les anciens persuadèrent au peuple de demander Barabbas et de faire périr Jésus. Le gouverneur leur dit donc : « Lequel des deux voulez-vous que je vous délivre ? » Ils lui répondirent : « Barabbas. » Pilate leur dit : « Que ferai-je donc de Jésus, qu’on appelle le Christ ? » Ils dirent tous : « Qu’il soit crucifié I » Le gouverneur dit : « Quel mal a-t-il donc fait ? » Mais ils se mirent à crier encore plus fort : « Qu’il soit crucifié I » Alors Pilate, voyant qu’il ne gagnait rien, mais que le tumulte croissait de plus en plus, prit de l’eau et, se lavant les mains devant le peuple, il dit : « Je suis innocent du sang de ce juste ; vous en répondrez. » Et tout le peuple répondit : « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! » Alors il leur délivra Barabbas, et ayant fait fouetter Jésus, il le leur livra pour être crucifié. Alors les soldats du gouverneur, ayant mené Jésus dans le prétoire, assemblèrent autour de lui toute la cohorte et, l’ayant dépouillé, ils le revêtirent d’un manteau d’écarlate. Et tressant une couronne d’épines, ils la lui mirent sur la tête, et un roseau dans la main droite, et s’agenouillant devant lui, ils se moquaient de lui, disant : « Salut, Roi des Juifs. » Et, lui crachant au visage, ils prenaient le roseau et lui en frappaient la tête. Après s’être ainsi joués de lui, ils lui ôtèrent le manteau, lui remirent ses habits et l’emmenèrent pour le crucifier. Comme ils sortaient, ils rencontrèrent un homme de Cyrène, nommé Simon, qu’ils contraignirent à porter la croix de Jésus. Et étant arrivés au lieu appelé le Golgotha, c’est-à-dire le lieu du Crâne (Calvaire), ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel ; et Jésus, l’ayant goûté, n’en voulut point boire. Après qu’ils l’eurent crucifié, ils se partagèrent ses vêtements, les tirant au sort, afin que s’accomplît ce qu’avait dit le prophète : « Ils se sont partagé mes vêtements et ils ont tiré ma robe au sort. » Et, s’étant assis, ils le gardaient. Ils mirent au-dessus de sa tête une inscription indiquant la cause de sa condamnation : C’est Jésus, le Roi des Juifs. En même temps, on crucifia avec lui deux voleurs, l’un à sa droite et l’autre à sa gauche. Et les passants l’accablaient d’injures, branlant la tête et lui disant : « Eh bien, toi qui détruis le temple de Dieu et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même ; si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix. » Les princes des prêtres se moquaient aussi de lui, avec les scribes et les anciens, disant : « Il a sauvé les autres et il ne peut se sauver lui-même. S’il est le Roi d’Israël, qu’il descende maintenant de la croix et nous croirons en lui. Il met sa confiance en Dieu ; si Dieu l’aime, qu’il le délivre : car il a dit qu’il était le Fils de Dieu. » Les voleurs qui étaient crucifiés avec lui, lui disaient les mêmes injures. Or, depuis la sixième heure jusqu’à la neuvième, toute la terre fut couverte de ténèbres, et vers la neuvième heure, Jésus poussa un grand cri, disant : « Eli, Eli, lamma sabachthâni ? » c’est-à-dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’avez-vous abandonné ? » Quelques-uns de ceux qui étaient là, ayant entendu cela, disaient : « Il appelle Élie. » Et aussitôt, l’un d’eux courut prendre une éponge qu’il remplit de vinaigre, et, l’ayant mise au bout d’un roseau, il lui présenta à boire. Les autres disaient : « Attendez, voyons si Élie viendra le délivrer. » Mais Jésus, poussant encore un grand cri, rendit l’esprit. (Ici on se met à genoux, l’espace d’un Pater.) Et voilà que le voile du temple fut déchiré en deux, du haut jusqu’en bas ; la terre trembla, les pierres se fendirent, les sépulcres s’ouvrirent et plusieurs corps de Saints, qui étaient morts, ressuscitèrent et sortant de leurs tombeaux après sa résurrection, ils vinrent dans la ville sainte et apparurent à plusieurs. Or, le centurion et ceux qui étaient avec lui pour garder Jésus, ayant vu le tremblement de terre et tout ce qui se passait, furent saisis d’une grande crainte et dirent : « Cet homme était vraiment le Fils de Dieu. » Il y avait là aussi, un peu plus loin, plusieurs femmes qui avaient suivi Jésus depuis la Galilée pour le servir, parmi lesquelles étaient Marie-Madeleine, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée. Sur le soir, un homme riche d’Arimathie, nommé Joseph, qui était lui aussi disciple de Jésus, alla trouver Pilate et lui demanda le corps de Jésus. Pilate commanda qu’on le lui donnât. Joseph ayant pris le corps, l’enveloppa dans un linceul blanc et le mit dans un sépulcre neuf qu’il avait fait tailler dans le roc : et ayant roulé une grande pierre à l’entrée du sépulcre, il s’en alla.
Hic dicitur Munda cor meum , petitur benedictio, defertur incensum sine luminaribus, et incensatur liber : non dicitur Dóminus vobíscum, et Celebrans aut Diaconus non signat librum neque seipsum : et quod sequitur, cantatur in tono Evangelii : in cuius fine Celebrans osculatur librum, et incensatur. Quæ omnia et in aliis Passionibus servantur, præterquam Feria VI in Parasceve.
Ici on dit Purifiez mon Coeur, on demande la benediction, on porte l’encens sans les chandeliers et on encense le livre. On ne dit pas Le Seigneur soit avec vous, et le célébrant ou le diacre ne signe ni le livre ni lui-même. On chante ce qui suit sur le ton de l’évangile. A la fin, le célébrant baise le livre et est encensé. On observe cela pour les autres Passions, sauf le Vendredi Saint.
Altera autem die, quæ est post Parascéven, convenérunt príncipes sacerdótum et pharisǽi ad Pilátum, dicéntes : Dómine, recordáti sumus, quia sedúctor ille dixit adhuc vivens : Post tres dies resúrgam. Iube ergo custodíri sepúlcrum usque in diem tértium : ne forte véniant discípuli eius, et furéntur eum, et dicant plebi : Surréxit a mórtuis ; et erit novíssimus error peior prióre. Ait illis Pilátus : Habétis custódiam, ite, custodíte, sicut scitis. Illi autem abeúntes, muniérunt sepúlcrum, signántes lápidem, cum custódibus.
Le lendemain, qui était le jour du Sabbat, les princes des prêtres et les pharisiens, s’étant assemblés, vinrent trouver Pilate et lui dirent : « Seigneur, nous nous sommes souvenus que cet imposteur a dit, lorsqu’il vivait encore : Après trois jours, je ressusciterai. Commandez donc que le sépulcre soit gardé jusqu’au troisième jour, de peur que ses disciples ne viennent dérober son corps et ne disent ensuite au peuple : Il est ressuscité d’entre les morts ; et ainsi la dernière erreur serait pire que la première. » Pilate leur dit : « Vous avez des gardes, allez, et gardez-le comme vous l’entendez, » Ils s’en allèrent donc, et pour s’assurer du sépulcre, ils en scellèrent la pierre et y mirent des gardes.
12. Dicitur Credo
13. Ant. ad Offertorium. Ps. 68, 21-22.
Offertoire
Impropérium exspectávit cor meum et misériam : et sustínui, qui simul mecum contristarétur, et non fuit : consolántem me quæsívi, et non invéni : et dedérunt in escam meam fel, et in siti mea potavérunt me acéto.
Mon coeur est dans l’attente des humiliations et des souffrances. Je cherche quelqu’un qui s’attriste avec moi, mais en vain ; un consolateur, et je n’en trouve pas. Pour nourriture, ils me donnent du fiel ; et dans ma soif, ils m’abreuvent de vinaigre.
14. Secreta.
Secrète
Concéde, quæsumus, Dómine : ut oculis tuæ maiestátis munus oblátum, et grátiam nobis devotionis obtineat, et efféctum beátæ perennitátis acquírat. Per Dóminum nostrum.
Faites, Seigneur, nous vous en prions, que ce sacrifice que nous offrons à votre divine Majesté nous obtienne la grâce de la dévotion et nous acquière la récompense du bonheur éternel.
15. Præfatio de Cruce [*].
Préface de la Croix.
16. Ant. ad Communionem. Matth. 26, 42.
Communion
Pater, si non potest hic calix transíre, nisi bibam illum : fiat volúntas tua.
Père, si ce calice de souffrances ne peut passer sans que je le boive, que votre volonté soit faite.
17. Postcommunio.
Postcommunion
Per huius, Dómine, operatiónem mystérii : et vitia nostra purgéntur, et iusta desidéria compleántur. Per Dóminum nostrum.
Seigneur, que, par l’action de ce divin sacrement, nous soyons délivrés de nos vices et que nos désirs légitimes soient comblés.
In Missis privatis legitur in fine Evangelium Cum appropinquásset Iesus ut supra in benedictione Palmarum.
Aux messes privées, on lit à la fin l’Evangile Cum appropinquásset Iesus comme ci-desus à la bénédiction des Rameaux.
Office du jour

Office

AUX PREMIÈRES VÊPRES.

Capitulum Phil. 2, 5-7.Capitule
Fratres : Hoc enim sentíte in vobis, quod et in Christo Iesu : qui, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æqualem Deo : sed semetípsum exinanívit, formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus, et hábitu invéntus ut homo.Mes frères : Ayez en vous les mêmes sentiments dont était animé le Christ Jésus : bien qu’il fût Dieu par nature, il n’a pas retenu avidement son égalité avec Dieu, mais il s’est anéanti lui-même en prenant la condition d’esclave, en devenant semblable aux hommes, à l’extérieur absolument comme un homme.
Hymnus Hymne
Vexílla Regis pródeunt :
Fulget Crucis mystérium,
Qua vita mortem pértulit,
Et morte vitam prótulit.
Les étendards du Roi s’avancent :
il resplendit le mystère de la Croix,
sur laquelle la Vie a souffert la mort,
et par la mort a produit la vie.
Quæ, vulneráta lánceæ
Mucróne diro, críminum
Ut nos laváret sórdibus,
Manávit unda et sánguine.
C’est là que, transpercé du fer
cruel d’une lance,
son côté épancha l’eau et le sang,
pour laver la souillure de nos crimes.
Impléta sunt quæ cóncinit
David fidéli cármine,
Dicéndo natiónibus :
Regnávit a ligno Deus.
Il s’est accompli, l’oracle de David
qui, dans un chant inspiré,
avait dit aux nations :
« Dieu régnera par le bois. »
Arbor decóra et fúlgida,
Ornáta Regis púrpura,
Elécta digno stípite
Tam sancta membra tángere.
Tu es beau, tu es éclatant,
arbre paré de la pourpre du Roi ;
noble tronc appelé à l’honneur
de toucher des membres si sacrés.
Beáta, cuius bráchiis
Prétium pepéndit sǽculi,
Statéra facta córporis,
Tulítque prædam tártari.
Arbre bienheureux, dont les bras
ont porté la rançon du monde !
Tu es la balance où fut pesé ce corps,
et tu as enlevé à l’enfer sa proie.
Sequens stropha dicitur flexis genibus.La strophe suivante se dit à genoux.
O Crux, ave, spes única,
Hoc Passiónis témpore
Piis adáuge grátiam,
Reísque dele crímina.
Salut, ô Croix, unique espérance !
En ces jours de la Passion,
accrois la grâce chez les justes,
efface le crime des coupables.
Te, fons salútis, Trínitas,
Colláudet omnis spíritus :
Quibus Crucis victóriam
Largíris, adde prǽmium.
Amen.
O Trinité, source de notre salut,
que tous les esprits vous louent ensemble :
vous nous donnez la victoire par la Croix :
daignez y ajouter la récompense.
Amen.
V/. Eripe me, Dómine, ab hómine malo.V/. Arrachez-moi, Seigneur, à l’homme mauvais.
R/. A viro iníquo éripe me.R/. A l’homme d’iniquité, arrachez-moi.
Ad Magnificat Ant. Pater iuste, * mundus te non cognóvit : ego autem novi te, quia tu me misísti.Ant. au Magnificat Père juste, * le monde ne vous a point connu, mais moi je vous ai connu, car c’est vous qui m’avez envoyé.

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A MATINES avant 1960

A LAUDES.

Ant. 1 Dóminus Deus * auxiliator meus : et ídeo non sum confúsus.Ant. 1 Le Seigneur Dieu [19] * est mon aide : et c’est pour cela que je n’ai pas été confondu.
Ant. 2 Circumdántes * circumdedérunt me : et in nómine Dómini vindicábor in eis.Ant. 2 Environnant [20], * ils m’ont environné : et c’est au nom du Seigneur que je me suis vengé d’eux.
Ant. 3 Iúdica causam meam : * defénde, quia potens es, Dómine.Ant. 3 Jugez ma cause : * défendez-moi, car vous êtes puissant, Seigneur.
Ant. 4 Cum Angelis * et púeris fidéles inveniámur, triumphatóri mortis clamántes : Hosánna in excélsis.Ant. 4 Avec les Anges * et les enfants, que nous soyons trouvés fidèles, acclamant le triomphateur de la mort : Hosanna au plus haut des cieux.
Ant. 5 Confundántur * qui me persequúntur, et non confúndar ego, Dómine, Deus meus.Ant. 5 Qu’ils soient confondus [21] * ceux qui me persécutent, et que je ne sois pas confondu moi-même, ô Seigneur mon Dieu.
Capitulum Phil. 2, 5-7.Capitule
Fratres : Hoc enim sentíte in vobis, quod et in Christo Iesu : qui, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æqualem Deo : sed semetípsum exinanívit, formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus, et hábitu invéntus ut homo.Mes frères : Ayez en vous les mêmes sentiments dont était animé le Christ Jésus : bien qu’il fût Dieu par nature, il n’a pas retenu avidement son égalité avec Dieu, mais il s’est anéanti lui-même en prenant la condition d’esclave, en devenant semblable aux hommes, à l’extérieur absolument comme un homme.
Hymnus Hymne
Lustra sex qui iam peregit,
Tempus implens córporis,
Sponte líbera Redémptor
Passióni deditus,
Agnus in Crucis levátur
Immolándus stipite.
Le temps de six lustres [22] est écoulé,
la durée de sa vie mortelle est accomplie,
le Rédempteur, de lui-même,
se livre aux tourments de sa Passion,
Agneau, il est cloué à la croix,
s’immolant sur le bois.
Felle potus ecce languet :
Spina, clavi, láncea
Mite corpus perforárunt :
Unda manat, et cruor :
Terra, pontus, astra, mundus,
Quo lavántur flúmine !
On l’abreuve de fiel, il languit :
les épines, les clous et la lance
transpercent le doux corps :
De l’eau jaillit, avec elle, du sang :
Terre, océan, astres, monde,
que le fleuve vous purifie !
Crux fidélis, inter omnes
Arbor una nóbilis :
Silva talem nulla profert
Fronde, flore, gérmine :
Dulce ferrum, dulce lignum,
Dulce pondus sústinent.
O Croix, objet de notre confiance,
arbre illustre entre tous :
nulle forêt n’en produit de semblable
par le feuillage, les fleurs et les fruits [23] :
O doux bois aimable, ô doux clous,
quel doux fardeau vous supportez !
Flecte ramos, arbor alta,
Tensa laxa víscera,
Et rigor lentéscat ille,
Quem dedit natívitas ;
Et supérni membra Regis
Tende miti stípite.
Ploie tes rameaux, arbre altier,
relâche tes fibres tendues,
que s’adoucisse cette rigidité
que t’a donnée la nature ;
Offre un soutien plus doux
aux membres sacrés du Roi du ciel.
Sola digna tu fuísti
Ferre mundi víctimam ;
Atque portum præparáre
Arca mundo naufrago,
Quam sacer cruor perúnxit,
Fusus Agni córpore.
Seul tu fus digne
de porter la victime du monde ;
Et de préparer un port
à l’arche du monde naufragé,
car tu fus empourpré du sang divin
qui s’échappe du corps de l’Agneau.
Sempitérna sit beátæ
Trinitáti glória,
Æqua Patri, Filióque ;
Par decus Paráclito :
Unius Triníque nomen
Laudet univérsitas.
Amen.
Gloire soit éternellement
à la bienheureuse Trinité,
honneur égal au Père et au Fils,
comme aussi au Paraclet :
Que le nom du Dieu un et trois
soit loué dans tout l’univers.
Amen.
V/. Eripe me de inimícis meis, Deus meus.V/. Arrachez-moi à mes ennemis, ô mon Dieu.
R/. Et ab insurgéntibus in me líbera me.R/. Et délivrez-moi de ceux qui se dressent contre moi.
Ad Bened. Ant. Turba multa, * quæ convénerat ad diem festum, clamábat Dómino : Benedíctus qui venit in nómine Dómini : Hosánna in excélsis.Ant. au Bénédictus Une foule nombreuse, * qui s’était rassemblée pour le jour de la fête, acclamait le Seigneur : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur : Hosanna au plus haut des cieux.

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AUX DEUXIÈMES VÊPRES.

Capitulum Phil. 2, 5-7.Capitule
Fratres : Hoc enim sentíte in vobis, quod et in Christo Iesu : qui, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æqualem Deo : sed semetípsum exinanívit, formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus, et hábitu invéntus ut homo.Mes frères : Ayez en vous les mêmes sentiments dont était animé le Christ Jésus : bien qu’il fût Dieu par nature, il n’a pas retenu avidement son égalité avec Dieu, mais il s’est anéanti lui-même en prenant la condition d’esclave, en devenant semblable aux hommes, à l’extérieur absolument comme un homme.
Hymnus Hymne
Vexílla Regis pródeunt :
Fulget Crucis mystérium,
Qua vita mortem pértulit,
Et morte vitam prótulit.
Les étendards du Roi s’avancent :
il resplendit le mystère de la Croix,
sur laquelle la Vie a souffert la mort,
et par la mort a produit la vie.
Quæ, vulneráta lánceæ
Mucróne diro, críminum
Ut nos laváret sórdibus,
Manávit unda et sánguine.
C’est là que, transpercé du fer
cruel d’une lance,
son côté épancha l’eau et le sang,
pour laver la souillure de nos crimes.
Impléta sunt quæ cóncinit
David fidéli cármine,
Dicéndo natiónibus :
Regnávit a ligno Deus.
Il s’est accompli, l’oracle de David
qui, dans un chant inspiré,
avait dit aux nations :
« Dieu régnera par le bois. »
Arbor decóra et fúlgida,
Ornáta Regis púrpura,
Elécta digno stípite
Tam sancta membra tángere.
Tu es beau, tu es éclatant,
arbre paré de la pourpre du Roi ;
noble tronc appelé à l’honneur
de toucher des membres si sacrés.
Beáta, cuius bráchiis
Prétium pepéndit sǽculi,
Statéra facta córporis,
Tulítque prædam tártari.
Arbre bienheureux, dont les bras
ont porté la rançon du monde !
Tu es la balance où fut pesé ce corps,
et tu as enlevé à l’enfer sa proie.
Sequens stropha dicitur flexis genibus.La strophe suivante se dit à genoux.
O Crux, ave, spes única,
Hoc Passiónis témpore
Piis adáuge grátiam,
Reísque dele crímina.
Salut, ô Croix, unique espérance !
En ces jours de la Passion,
accrois la grâce chez les justes,
efface le crime des coupables.
Te, fons salútis, Trínitas,
Colláudet omnis spíritus :
Quibus Crucis victóriam
Largíris, adde prǽmium.
Amen.
O Trinité, source de notre salut,
que tous les esprits vous louent ensemble :
vous nous donnez la victoire par la Croix :
daignez y ajouter la récompense.
Amen.
V/. Eripe me, Dómine, ab hómine malo.V/. Arrachez-moi, Seigneur, à l’homme mauvais.
R/. A viro iníquo éripe me.R/. A l’homme d’iniquité, arrachez-moi.
Ad Magnificat Ant. Scriptum est enim : * Percútiam pastórem, et dispergéntur oves gregis : postquam autem resurréxero, præcédam vos in Galilǽam : ibi me vidébitis, dicit Dóminus.Ant. au Magnificat Il est écrit : * Je frapperai le pasteur et les brebis du troupeau seront dispersées : mais après que je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée, c’est là que vous me verrez, dit le Seigneur.

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Office

AUX PREMIÈRES VÊPRES.

Capitulum Phil. 2, 5-7.Capitule
Fratres : Hoc enim sentíte in vobis, quod et in Christo Iesu : qui, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æqualem Deo : sed semetípsum exinanívit, formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus, et hábitu invéntus ut homo.Mes frères : Ayez en vous les mêmes sentiments dont était animé le Christ Jésus : bien qu’il fût Dieu par nature, il n’a pas retenu avidement son égalité avec Dieu, mais il s’est anéanti lui-même en prenant la condition d’esclave, en devenant semblable aux hommes, à l’extérieur absolument comme un homme.
Hymnus Hymne
Vexílla Regis pródeunt :
Fulget Crucis mystérium,
Qua vita mortem pértulit,
Et morte vitam prótulit.
Les étendards du Roi s’avancent :
il resplendit le mystère de la Croix,
sur laquelle la Vie a souffert la mort,
et par la mort a produit la vie.
Quæ, vulneráta lánceæ
Mucróne diro, críminum
Ut nos laváret sórdibus,
Manávit unda et sánguine.
C’est là que, transpercé du fer
cruel d’une lance,
son côté épancha l’eau et le sang,
pour laver la souillure de nos crimes.
Impléta sunt quæ cóncinit
David fidéli cármine,
Dicéndo natiónibus :
Regnávit a ligno Deus.
Il s’est accompli, l’oracle de David
qui, dans un chant inspiré,
avait dit aux nations :
« Dieu régnera par le bois. »
Arbor decóra et fúlgida,
Ornáta Regis púrpura,
Elécta digno stípite
Tam sancta membra tángere.
Tu es beau, tu es éclatant,
arbre paré de la pourpre du Roi ;
noble tronc appelé à l’honneur
de toucher des membres si sacrés.
Beáta, cuius bráchiis
Prétium pepéndit sǽculi,
Statéra facta córporis,
Tulítque prædam tártari.
Arbre bienheureux, dont les bras
ont porté la rançon du monde !
Tu es la balance où fut pesé ce corps,
et tu as enlevé à l’enfer sa proie.
Sequens stropha dicitur flexis genibus.La strophe suivante se dit à genoux.
O Crux, ave, spes única,
Hoc Passiónis témpore
Piis adáuge grátiam,
Reísque dele crímina.
Salut, ô Croix, unique espérance !
En ces jours de la Passion,
accrois la grâce chez les justes,
efface le crime des coupables.
Te, fons salútis, Trínitas,
Colláudet omnis spíritus :
Quibus Crucis victóriam
Largíris, adde prǽmium.
Amen.
O Trinité, source de notre salut,
que tous les esprits vous louent ensemble :
vous nous donnez la victoire par la Croix :
daignez y ajouter la récompense.
Amen.
V/. Eripe me, Dómine, ab hómine malo.V/. Arrachez-moi, Seigneur, à l’homme mauvais.
R/. A viro iníquo éripe me.R/. A l’homme d’iniquité, arrachez-moi.
Ad Magnificat Ant. Pater iuste, * mundus te non cognóvit : ego autem novi te, quia tu me misísti.Ant. au Magnificat Père juste, * le monde ne vous a point connu, mais moi je vous ai connu, car c’est vous qui m’avez envoyé.

A MATINES avant 1960

A LAUDES.

Ant. 1 Dóminus Deus * auxiliator meus : et ídeo non sum confúsus.Ant. 1 Le Seigneur Dieu [19] * est mon aide : et c’est pour cela que je n’ai pas été confondu.
Ant. 2 Circumdántes * circumdedérunt me : et in nómine Dómini vindicábor in eis.Ant. 2 Environnant [20], * ils m’ont environné : et c’est au nom du Seigneur que je me suis vengé d’eux.
Ant. 3 Iúdica causam meam : * defénde, quia potens es, Dómine.Ant. 3 Jugez ma cause : * défendez-moi, car vous êtes puissant, Seigneur.
Ant. 4 Cum Angelis * et púeris fidéles inveniámur, triumphatóri mortis clamántes : Hosánna in excélsis.Ant. 4 Avec les Anges * et les enfants, que nous soyons trouvés fidèles, acclamant le triomphateur de la mort : Hosanna au plus haut des cieux.
Ant. 5 Confundántur * qui me persequúntur, et non confúndar ego, Dómine, Deus meus.Ant. 5 Qu’ils soient confondus [21] * ceux qui me persécutent, et que je ne sois pas confondu moi-même, ô Seigneur mon Dieu.
Capitulum Phil. 2, 5-7.Capitule
Fratres : Hoc enim sentíte in vobis, quod et in Christo Iesu : qui, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æqualem Deo : sed semetípsum exinanívit, formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus, et hábitu invéntus ut homo.Mes frères : Ayez en vous les mêmes sentiments dont était animé le Christ Jésus : bien qu’il fût Dieu par nature, il n’a pas retenu avidement son égalité avec Dieu, mais il s’est anéanti lui-même en prenant la condition d’esclave, en devenant semblable aux hommes, à l’extérieur absolument comme un homme.
Hymnus Hymne
Lustra sex qui iam peregit,
Tempus implens córporis,
Sponte líbera Redémptor
Passióni deditus,
Agnus in Crucis levátur
Immolándus stipite.
Le temps de six lustres [22] est écoulé,
la durée de sa vie mortelle est accomplie,
le Rédempteur, de lui-même,
se livre aux tourments de sa Passion,
Agneau, il est cloué à la croix,
s’immolant sur le bois.
Felle potus ecce languet :
Spina, clavi, láncea
Mite corpus perforárunt :
Unda manat, et cruor :
Terra, pontus, astra, mundus,
Quo lavántur flúmine !
On l’abreuve de fiel, il languit :
les épines, les clous et la lance
transpercent le doux corps :
De l’eau jaillit, avec elle, du sang :
Terre, océan, astres, monde,
que le fleuve vous purifie !
Crux fidélis, inter omnes
Arbor una nóbilis :
Silva talem nulla profert
Fronde, flore, gérmine :
Dulce ferrum, dulce lignum,
Dulce pondus sústinent.
O Croix, objet de notre confiance,
arbre illustre entre tous :
nulle forêt n’en produit de semblable
par le feuillage, les fleurs et les fruits [23] :
O doux bois aimable, ô doux clous,
quel doux fardeau vous supportez !
Flecte ramos, arbor alta,
Tensa laxa víscera,
Et rigor lentéscat ille,
Quem dedit natívitas ;
Et supérni membra Regis
Tende miti stípite.
Ploie tes rameaux, arbre altier,
relâche tes fibres tendues,
que s’adoucisse cette rigidité
que t’a donnée la nature ;
Offre un soutien plus doux
aux membres sacrés du Roi du ciel.
Sola digna tu fuísti
Ferre mundi víctimam ;
Atque portum præparáre
Arca mundo naufrago,
Quam sacer cruor perúnxit,
Fusus Agni córpore.
Seul tu fus digne
de porter la victime du monde ;
Et de préparer un port
à l’arche du monde naufragé,
car tu fus empourpré du sang divin
qui s’échappe du corps de l’Agneau.
Sempitérna sit beátæ
Trinitáti glória,
Æqua Patri, Filióque ;
Par decus Paráclito :
Unius Triníque nomen
Laudet univérsitas.
Amen.
Gloire soit éternellement
à la bienheureuse Trinité,
honneur égal au Père et au Fils,
comme aussi au Paraclet :
Que le nom du Dieu un et trois
soit loué dans tout l’univers.
Amen.
V/. Eripe me de inimícis meis, Deus meus.V/. Arrachez-moi à mes ennemis, ô mon Dieu.
R/. Et ab insurgéntibus in me líbera me.R/. Et délivrez-moi de ceux qui se dressent contre moi.
Ad Bened. Ant. Turba multa, * quæ convénerat ad diem festum, clamábat Dómino : Benedíctus qui venit in nómine Dómini : Hosánna in excélsis.Ant. au Bénédictus Une foule nombreuse, * qui s’était rassemblée pour le jour de la fête, acclamait le Seigneur : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur : Hosanna au plus haut des cieux.

AUX DEUXIÈMES VÊPRES.

Capitulum Phil. 2, 5-7.Capitule
Fratres : Hoc enim sentíte in vobis, quod et in Christo Iesu : qui, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æqualem Deo : sed semetípsum exinanívit, formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus, et hábitu invéntus ut homo.Mes frères : Ayez en vous les mêmes sentiments dont était animé le Christ Jésus : bien qu’il fût Dieu par nature, il n’a pas retenu avidement son égalité avec Dieu, mais il s’est anéanti lui-même en prenant la condition d’esclave, en devenant semblable aux hommes, à l’extérieur absolument comme un homme.
Hymnus Hymne
Vexílla Regis pródeunt :
Fulget Crucis mystérium,
Qua vita mortem pértulit,
Et morte vitam prótulit.
Les étendards du Roi s’avancent :
il resplendit le mystère de la Croix,
sur laquelle la Vie a souffert la mort,
et par la mort a produit la vie.
Quæ, vulneráta lánceæ
Mucróne diro, críminum
Ut nos laváret sórdibus,
Manávit unda et sánguine.
C’est là que, transpercé du fer
cruel d’une lance,
son côté épancha l’eau et le sang,
pour laver la souillure de nos crimes.
Impléta sunt quæ cóncinit
David fidéli cármine,
Dicéndo natiónibus :
Regnávit a ligno Deus.
Il s’est accompli, l’oracle de David
qui, dans un chant inspiré,
avait dit aux nations :
« Dieu régnera par le bois. »
Arbor decóra et fúlgida,
Ornáta Regis púrpura,
Elécta digno stípite
Tam sancta membra tángere.
Tu es beau, tu es éclatant,
arbre paré de la pourpre du Roi ;
noble tronc appelé à l’honneur
de toucher des membres si sacrés.
Beáta, cuius bráchiis
Prétium pepéndit sǽculi,
Statéra facta córporis,
Tulítque prædam tártari.
Arbre bienheureux, dont les bras
ont porté la rançon du monde !
Tu es la balance où fut pesé ce corps,
et tu as enlevé à l’enfer sa proie.
Sequens stropha dicitur flexis genibus.La strophe suivante se dit à genoux.
O Crux, ave, spes única,
Hoc Passiónis témpore
Piis adáuge grátiam,
Reísque dele crímina.
Salut, ô Croix, unique espérance !
En ces jours de la Passion,
accrois la grâce chez les justes,
efface le crime des coupables.
Te, fons salútis, Trínitas,
Colláudet omnis spíritus :
Quibus Crucis victóriam
Largíris, adde prǽmium.
Amen.
O Trinité, source de notre salut,
que tous les esprits vous louent ensemble :
vous nous donnez la victoire par la Croix :
daignez y ajouter la récompense.
Amen.
V/. Eripe me, Dómine, ab hómine malo.V/. Arrachez-moi, Seigneur, à l’homme mauvais.
R/. A viro iníquo éripe me.R/. A l’homme d’iniquité, arrachez-moi.
Ad Magnificat Ant. Scriptum est enim : * Percútiam pastórem, et dispergéntur oves gregis : postquam autem resurréxero, præcédam vos in Galilǽam : ibi me vidébitis, dicit Dóminus.Ant. au Magnificat Il est écrit : * Je frapperai le pasteur et les brebis du troupeau seront dispersées : mais après que je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée, c’est là que vous me verrez, dit le Seigneur.
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