Vigile des Apôtres
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Présentation
Présentation
La suppression des vigiles des Apôtres, lors du décret de simplification des rubriques de 1955, a rendu ce formulaire de messe obsolète : il disparaît donc du missel de 1962.
Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique
Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique
En souvenir probablement des arbres plantés dans l’atrium des antiques basiliques (nommé paradis), nous nous tenons à l’entrée de la maison de Dieu comme “l’olivier chargé de fruits” (le juste est volontiers comparé à un arbre couvert de fruits ; olivier — oint, le Christ et nous). “Nous espérons en la miséricorde de Dieu”, c’est-à-dire le sacrifice eucharistique, et nous “attendons” en même temps le retour du Christ (la prière nocturne est consacrée à l’attente de la parousie). Nous sommes, ainsi, heureux de demeurer dans la compagnie des Apôtres (Intr.). Nous ne pouvons pas attendre la célébration de la fête ; c’est pourquoi nous la devançons par la célébration de la vigile. Que le résultat soit double : l’augmentation de la dévotion et des grâces du salut, c’est-à-dire le complet abandon de notre côté, et la grâce du salut du côté de Dieu (Or.). Dans l’Épître, l’Église décrit l’élection et la dignité de l’Apôtre : “La bénédiction de Dieu” (le Christ l’a consacré lui-même prêtre) lui a donné part aux douze tribus, c’est-à-dire le pouvoir universel. Le Christ a fait de lui la terreur de l’esprit malin ; Dieu fait cesser par lui les maux (péché et punition). Il le glorifie devant les rois. La fidélité et la patience de l’Apôtre sont louées ; le Christ lui-même lui a donné des commandements (l’Évangile nous indiquera le plus important), et maintenant Dieu le ceint de la couronne de gloire. L’Épître a ainsi peint sous des images empruntées à l’Ancien Testament la dignité de l’Apôtre. Dans le Graduel, nous voyons de nouveau l’arbre ; c’est maintenant le palmier, symbole du martyre, et le cèdre, image de la haute croissance. L’Apôtre “fleurit comme le palmier et s’élève comne le cèdre” en nous qui nous unissons mystiquement à lui au Saint-Sacrifice, “dans la maison du Seigneur”. Maintenant, “nous proclamons dans la nuit” (la vigile) combien le Seigneur a été fidèle et à lui et à nous ; mais, au matin, nous proclamons au Saint-Sacrifice “sa miséricorde”. L’Évangile nous donne une leçon du Maître à ses disciples. Il parle du commandement de l’amour ; la mesure de l’amour est “son amour qui va jusqu’à la mort” (maintenant, à la messe, nous rappelons cette mort, la sienne) ; l’Apôtre a appris du Maître cet amour, il l’a traduit en acte dans son martyre. Les Apôtres sont les amis du Christ (une pensée capitale du commun des Apôtres). A l’Offertoire et à la Communion, nous chantons la glorification de l’Apôtre, qui a été réalisée dans sa mort et à laquelle nous prenons part au Saint-Sacrifice.
explication détaillée
L’Introït commence par les mots “Ego autem” — “Quant à moi.” Nous pourrions nous demander quel est celui qui débute d’une façon si impertinente, en insistant par ce “quant à”. Si nous feuilletons le Missel, nous constatons que plusieurs Introïts commencent par “moi” ; ou du moins parlent à la première personne. C’est tout à fait dans l’esprit d’une entrée. Je viens du monde avec mon pauvre “Moi”. La prière graduelle s’exprime de la même façon : “Je me présenterai à l’autel de Dieu” ; “Je confesse à Dieu...mes péchés...” Mais ce “Je” devient bientôt un “Nous” : Kyrie eleison : aie pitié de nous ; Gloria : nous te louons, nous te bénissons ; Oremus : prions. Plus nous avançons, plus l’idée de communauté s’affirme pour atteindre son point culminant au Canon. A la Communion, le “Nous” fait volontiers place au “Tu” ; maintenant la grâce de la Rédemption s’incline vers les individus ; le Christ se tient devant chaque âme et lui dit : “Tu.” — Continuons à nous demander qui est ce Moi. C’est en premier lieu l’Apôtre. La liturgie voit présent le saint qu’elle honore ; dès l’Introït, il se tient devant nous ; l’église, surtout quand elle est consacrée au saint, représente ce saint lui-même. Celui-ci célèbre avec nous, nous parle. — Toutefois, ce “Moi”, c’est encore nous, qui sommes unis au saint par une union mystique ; aujourd’hui, par exemple, je suis uni à saint Jacques ; il me prête sa sainteté, son martyre ; je puis, en lui, aller à la rencontre du Seigneur qui revient. Maintenant nous comprenons pourquoi la liturgie place en tête les mots “Quant à moi”. — “Comme un olivier qui porte des fruits dans la maison du Seigneur” : il y avait des arbres à l’entrée du Temple de Jérusalem, il y en avait autrefois aussi à l’entrée des anciennes basiliques, dans ce que l’on appelait l’atrium ou le paradis ; à l’Introït, nous passons justement de l’atrium dans la maison de Dieu ; ainsi la comparaison se précise. La comparaison du juste avec un arbre qui porte des fruits est nettement biblique (psaume 1), nettement évangélique (Matth. VII, 16 et suiv.), nettement liturgique (voir les vieilles mosaïques). La comparaison avec l’olivier convient bien ; l’huile appartient au symbolisme le plus cher à la liturgie ; elle rappelle “l’Oint”, le Christ. Le chrétien baptisé est un “oint”, un autre Christ. — Maintenant l’image de l’Introït empruntée à la littérature de l’Église primitive devient très vivante : le saint Apôtre et moi avec lui, nous sommes dans la maison du Seigneur comme un olivier qui porte des fruits ! Pénétrons bien le symbolisme de cette image ! “J’espère en la miséricorde de mon Dieu”, car l’Eucharistie, c’est pour nous le Christ et l’œuvre de la rédemption (opus redemptionis) ; “et j’attends ton nom.” Le nom signifie ici la personne = je t’attends ! Oui, c’est l’esprit de la primitive Église ; elle “attend” le Seigneur. C’est pourquoi elle se rassemble si volontiers pendant la nuit (Grad.) ; la nuit est l’image de la vie terrestre, de l’exil ; la prière nocturne, la vigile, était dans la primitive Église la prière de la parousie ; les chrétiens aimaient cette prière parce qu’elle était l’expression de leur état d’âme ; ils attendaient, en priant, le matin, le “lever d’en-haut”, de la célébration matinale du sacrifice eucharistique dans laquelle ils voyaient l’anticipation du retour du Christ. Dans l’Eucharistie, le Seigneur vient comme il viendra au jugement dernier. “Car il fait bon ici en présence de tes saints.” “Seigneur, il fait bon ici”, pouvons-nous dire avec Pierre ; c’est l’heure bénie de la transfiguration ; le Seigneur n’est pas seul là, il apparaît avec ses saints. Par l’Eucharistie, les saints sont aussi présents : ce n’est pas pour rien que nous énumérons deux fois au canon tout le chœur des saints et que nous disons “Communicantes et memoriam venerantes”, c’est-à-dire “nous nous unissons et nous honorons le souvenir” ; ce n’est pas une union et un souvenir tout platoniques, c’est une union et une présence sacramentelle. Ainsi, à la messe, le Christ nous apparaît dans la lumière de ses saints ! Nous laissons de côté le verset de l’Introït, il n’entre pas dans le cadre de nos pensées. Ceci prouve bien que le premier verset du psaume n’offre par lui-même aucun sens, mais qu’il suppose justement le psaume tout entier.
Aux Vigiles des Apôtres
In vigiliis Apostolorum
¶Si tamen præcedens Oratio dicta iam fuerit in Missa vel Commemoratione de Communi Confessoris Pontificis, tunc dicatur sequens : · ¶Si l’oraison précédente a déjà été dite à la messe ou à la commémoraison du Commun d’un Confesseur Pontife, on dit la suivante :
Eccli. 44, 25-27 ; 45, 2-4 et 6-9.