les développements du Sanctoral de Grégoire XIII à Jean XXIII
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Présentation
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Un examen rapide de l’augmentation du nombre des fêtes de saints entre le calendrier de saint pie V et celui de Jean XXIII par le spécialiste Français du culte des Saints, La Maison Dieu, n° 63bis, 1960.Le calendrier promulgué par saint Pie V avec le Bréviaire de 1568 avait opéré une sérieuse remise en ordre du Sanctoral romain. Non seulement le pape avait supprimé de nombreuses fêtes, mais il avait réduit considérablement le nombre des doubles. Du 14 janvier au 21 décembre le calendrier comptait 65 fêtes doubles (sans distinction de classes, celles-ci n’apparaissant qu’en 1602), 29 semi-doubles, 78 simples (fêtes ou vigiles) et 29 commémoraisons. Dans l’esprit de la réforme de saint Pie V, il n’y avait donc que 65 jours où l’on dût obligatoirement .célébrer la messe d’un saint. Le calendrier de 1961 renferme plus de 200 fêtes de 1ʳᵉ, 2ᵉ ou 3ᵉ classe. Il ne sera pas sans intérêt de suivre les développements du Sanctoral d’un pontificat à l’autre, à partir du successeur immédiat de saint Pie V, le pape Grégoire XIII.
Dans le tableau qui suit, la date retenue est celle où chaque saint a été inscrit au calendrier comme devant être obligatoirement fêté. Jusqu’à la réforme de saint Pie X, une fête pouvait être instituée ad libitum avant de devenir obligatoire. Souvent une fête commençait par être semi-double ad libitum, elle devenait ensuite semi-double obligatoire, et enfin double. Cela explique que les dates données pour l’institution d’une fête puissent parfois diverger d’un auteur à l’autre. Notre travail est surtout tributaire du Thesaurus sacrorum Rituum de Gavanti-Merati (Venise, 1749) et de l’édition critique du Martyrologium romanum des Bollandistes (Bruxelles, 1940).
Tout cet apport postérieur à 1568 représente exactement 139 fêtes nouvelles au calendrier de 1961 : 4 fêtes de 1ʳᵉ classe, 9 fêtes de 2ᵉ classe, 8 commémoraisons et 118 fêtes de 3ᵉ classe. Sur le nombre, 63 sont entièrement prises au Commun des Saints ou n’ont que la collecte comme partie propre. Pas un instant les compositeurs de ces offices n’ont songé que l’élément le plus important d’une messe n’est pas la collecte, mais les lectures. Or, même les messes propres empruntent le plus souvent leurs lectures au Commun.
Il serait assez éclairant d’étudier l’origine de chacune de ces fêtes. Au premier rang des influences qui se sont exercées viendrait évidemment la perpétuelle floraison de sainteté dans l’Église, chaque siècle de vie chrétienne fournissant au siècle suivant son lot de fêtes nouvelles. Sur un autre plan, on noterait que le 17ᵉ siècle, qui fut le grand siècle monarchique, a introduit au calendrier une procession de têtes couronnées, tandis que le pontificat de Léon XIII l’a paré de l’éclat des Docteurs de l’Église d’Orient et des Apôtres de l’unité. On relèverait aussi que les canonisations ont souvent amené l’inscription du nouveau saint au calendrier universel. Mais il ne faudrait pas négliger de déceler le rôle exercé par la piété personnelle de chaque pape. Plus d’un parmi eux a voulu accorder cet honneur à un saint de sa famille naturelle ou religieuse, de sa province natale ou du diocèse dont il avait été évêque : c’est ainsi que Sixte-Quint réintroduisit les fêtes franciscaines supprimées en 1568, que Clément X institua la fête de saint Venant, patron de Camerino, son ancienne cité épiscopale, que Clément XI ordonna la mémoire de saint Liboire, qui l’avait guéri de la maladie de la pierre, et que Clément XII - Corsini - éleva au rite double la fête de son parent saint André Corsini (1731), auquel il érigea une somptueuse chapelle dans la basilique du Latran (1738). Tout compte fait, l’ensemble accuse un grand nombre de motifs très secondaires, qui ont pu avoir en leur temps un intérêt passager, mais qui ne représentent plus rien pour nous.
Puisque la mode est aux enquêtes, il ne serait pas sans intérêt de soumettre la liste de ces 189 fêtes à une fraction notable du clergé de diverses régions pour savoir quel stimulant spirituel il reçoit de leur célébration, quelle nourriture il puise dans leurs formulaires liturgiques.
Pierre Jounel.