Sᵗᵉ Hedwige, Veuveabstinence

Textes liturgiques

Dimanche de la Sexagésime

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Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

DANS le cours de la semaine qui commence aujourd'hui, la sainte Eglise présente à notre attention l'histoire de Noé et du déluge universel. Malgré la sévérité de ses avertissements, Dieu n'a pu obtenir la fidélité et la soumission de la race humaine. Il est contraint d'employer un châtiment terrible contre ce nouvel ennemi. Toutefois, il a trouvé un homme juste, et, dans sa personne, il fera encore alliance avec nous. Mais auparavant il veut faire sentir qu'il est le souverain Maître, et que tout aussitôt qu'il lui plaira, l'homme si fier d'un être emprunté s'abîmera sous les ruines de sa demeure terrestre.

Nous placerons d'abord ici, comme base des enseignements de cette semaine, quelques lignes du Livre de la Genèse empruntées à l'Office des Matines d'aujourd'hui.

Du Livre de la Genèse. Chap. VI.

Dieu voyant que la malice des Hommes était extrême sur la terre, et que toutes les pensées de leur cœur se tournaient continuellement vers le mal, il se repentit d'avoir fait l'homme sur la terre. Et, étant touché de douleur jusqu'au fond du cœur, il dit: J'exterminerai de dessus la terre l'homme que j'ai créé ; je les détruirai tous, depuis l'homme jusqu'aux animaux, depuis ceux qui rampent sur la terre jusqu'aux oiseaux du ciel ; car je me repens de les avoir faits. Mais Noé trouva grâce devant le Seigneur.

Voici les enfants qu'engendra Noé : Noé, homme juste et parfait dans toute la conduite de sa vie, marcha avec Dieu, et engendra trois fils, Sem, Cham et Japheth. Or la terre était corrompue devant Dieu, et remplie d'iniquité. Dieu, voyant donc cette corruption de la terre (car toute chair avait corrompu sa voie sur la terre), dit à Noé : J'ai résolu de faire périr tous les hommes ; ils ont rempli la terre d'iniquité; je les exterminerai avec la terre.

La catastrophe qui fondit alors sur l'espèce humaine fut encore le fruit du péché ; mais du moins un homme juste s'était rencontré,et le monde fut sauvé d'une ruine totale par lui et par sa famille. Après avoir daigné renouveler son alliance, Dieu permit que la terre se repeuplât, et que les trois enfants de Noé devinssent les pères des trois grandes races qui l'habitent.

Tel est le mystère de l'Office durant cette semaine. Celui de la Messe, qui est figuré par le précédent, est plus important encore. Dans le sens moral, la terre n'est-elle pas submergée sous un déluge de vices et d'erreurs ? Il faut qu'elle se peuple d'hommes craignant Dieu, comme Noé. Cette génération nouvelle, c'est la Parole de Dieu, semence de vie, qui la suscite. C'est elle qui produit ces heureux enfants dont parle le Disciple bien-aimé, « qui ne sont point nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu même. » Efforçons-nous d'entrer dans cette famille, et, si nous en sommes déjà membres, gardons chèrement notre bonheur. Il s'agit, dans ces jours, d'échapper aux flots du déluge, de chercher un abri dans l'arche du salut ; il s'agit de devenir cette bonne terre dans laquelle la semence fructifie au centuple. Songeons à fuir la colère à venir, pour ne pas périr avec les pécheurs, et montrons-nous avides de la Parole de Dieu qui éclaire et convertit les âmes.

Chez les Grecs, ce Dimanche est le septième jour de la semaine qu'ils appellent Apocreos, laquelle commence dès le lundi qui suit notre Dimanche de la Septuagésime. Cette semaine est ainsi nommée dans l’Église grecque, parce qu'elle annonce et précède immédiatement celle où l'on suspend déjà l'usage de la viande, jusqu'à la fête de Pâques.

A LA MESSE.

A Rome, la Station est dans la Basilique de Saint-Paul-hors-les-Murs. C'est autour du tombeau du Docteur des nations, du propagateur de la divine semence, du père de tant de peuples par sa prédication, que l'Eglise Romaine réunit les fidèles en ce jour où elle veut leur rappeler que le Seigneur a épargné la terre, à la condition qu'elle se peuplera de vrais croyants et d'adorateurs de son Nom.

L'Introït, emprunté au livre des Psaumes, implore le secours du Seigneur. La race humaine est réduite aux abois, elle va s'éteindre; c'est pourquoi elle supplie son auteur de la féconder de nouveau. La sainte Eglise s'associe à ce cri, en demandant au divin Sauveur de multiplier aujourd'hui les enfants de la Parole, comme aux jours antiques.

INTROÏT.

Levez-vous, Seigneur; pourquoi dormez-vous ? Levez-vous, et ne nous rejetez pas pour jamais. Pourquoi détournez-vous de nous votre visage ? Pourquoi oubliez-vous notre pauvreté et notre misère ? Notre poitrine est collée contre terre : levez-vous, Seigneur ; assistez-nous et délivrez-nous.

Ps. O Dieu ! nous avons ouï de nos oreilles ; nos pères nous ont annoncé vos œuvres. Gloire au Père. Levez-vous.

Dans la Collecte, l'Eglise exprime sa confiance dans l'intercession du grand Apôtre saint Paul, ce puissant ministre de la semence divine, qui a travaillé plus que tous les autres à la répandre parmi les Gentils.

COLLECTE.

O Dieu qui voyez que ne nous confions en aucune de nos œuvres, daignez nous accorder d'être protégés contre tous les maux par l'assistance du Docteur des Gentils. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

On ajoute les autres Collectes, comme à la Messe de la Septuagésime, page 140.

L'Epître est ce beau passage d'une des Lettres du grand Apôtre dans lequel, contraint pour l'honneur et le succès de son ministère d'avoir recours à l'apologie contre ses ennemis, il nous apprend à quel prix les hommes apostoliques ont semé la divine Parole dans les champs arides de la gentilité, et opéré la régénération chrétienne.

EPITRE.

Lecture de l'Epître du bienheureux Paul, Apôtre, aux Corinthiens. II, Chap. XI.

Mes Frères, étant sages comme vous êtes, vous supportez sans peine les imprudents , puisque vous souffrez même qu'on vous réduise en servitude , qu'on vous dévore, qu'on vous pille , qu'on s'élève contre vous, qu'on vous frappe au visage. C'est à ma confusion que je rappelle cela : puisque nous passons pour avoir été trop faibles dans des épreuves semblables. Cependant aucun d'eux (excusez mon imprudence) ne saurait se glorifier de rien que je ne le puisse aussi moi-même. Sont-ils Hébreux ? je le suis aussi.

Sont-ils enfants d'Israël ? je le suis aussi. Sont-ils de la race d'Abraham ? j'en suis aussi. Sont-ils ministres du Christ? au risque de passer encore comme imprudent, j'ose dire que je le suis plus qu'eux : j'ai plus souffert de travaux, plus enduré de prisons , plus reçu de coups. Souvent je me suis vu près de la mort. J'ai reçu des Juifs, à cinq différentes fois, trente-neuf coups de fouet; j'ai été battu de verges trois fois ; j'ai été lapidé une fois ; j'ai fait naufrage trois fois ; j'ai passé un jour et une nuit au fond de la mer. Fréquemment j'ai été en péril dans les voyages ; en péril sur les fleuves ; en péril du côté des voleurs ; en péril de la part de ceux de ma nation ; en péril de la part des gentils ; en péril dans les villes ; en péril dans les solitudes ; en péril sur la mer; en péril au milieu des faux frères. J'ai souffert toutes sortes de travaux et de fatigues, des veilles fréquentes, fa faim, la soif, des jeûnes réitérés, le froid et la nudité. A ces maux extérieurs ajoutez mes préoccupations quotidiennes, la sollicitude de toutes les Eglises. Qui est faible, sans que je me fasse faible avec lui ? Qui est scandalisé, sans que j'en sois brûlé ? Que s'il est permis de se glorifier, je me glorifierai de mes souffrances. Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ qui est béni dans tous les siècles , sait que je ne mens pas. A Damas, le gouverneur de la province pour le roi Arétas faisait faire la garde dans la ville pour m'arrêter prisonnier : on me descendit par une fenêtre, le long de la muraille, dans une corbeille ; et je m'échappai ainsi de ses mains. S'il faut se glorifier, quoique cela ne convienne pas, je viendrai maintenant aux visions et aux révélations du Seigneur. Je connais en Jésus-Christ un homme qui fut ravi, il y a quatorze ans ; si ce fut en son corps, ou hors de son corps, je n'en sais rien, Dieu le sait ; qui fut ravi, dis-je, jusqu'au troisième ciel. Et je sais que cet homme, si ce fut en son corps, ou hors de son corps, je ne sais, Dieu le sait ; que cet homme, dis-je , fut ravi dans le Paradis, et qu'il entendit des paroles mystérieuses qu'il n'est pas permis à un homme de rapporter. Je pourrais me glorifier en parlant d'un tel homme ; mais, pour moi, je ne veux me glorifier que dans mes infirmités. Ce ne serait cependant pas imprudence à moi, si je voulais me glorifier, car je dirais la vérité ; mais je me retiens, de peur que quelqu'un ne m'estime au-dessus de ce qu'il voit en moi, ou de ce qu'il entend de moi. Aussi, de peur que la grandeur des révélations ne me causât de l'orgueil, il m'a été donné un aiguillon dans ma chair, un ange de Satan, qui me donne des soufflets. C'est pourquoi j'ai prié trois fois le Seigneur de l'éloigner de moi, et il m'a répondu : Ma grâce te suffit ; car la force se perfectionne dans l'infirmité. Je prendrai donc plaisir à me glorifier dans mes infirmités, afin que la force du Christ habite en moi.

Dans le Graduel, l'Eglise implore le secours du D Seigneur contre ceux qui s'opposent à la mission qu'elle a reçue de susciter partout des adorateurs au vrai Dieu, un peuple nouveau.

GRADUEL.

Que les nations sachent que votre nom est Dieu ; vous êtes le seul Très-Haut sur toute la terre.

V/. Mon Dieu , que mes ennemis soient devant vous comme la roue qui tourne sous l'effort du vent, comme la paille devant le souffle de la tempête.

Au milieu des commotions de la terre, de ces révolutions violentes qui renouvellent parfois les scènes terribles du déluge, au sein des nations sur lesquelles elles s'accomplissent, l'Eglise prie pour ses fidèles enfants, afin qu'ils soient épargnés, et que l'espérance du monde ne périsse pas en eux. C'est l'objet du Trait qui précède l'Evangile.

TRAIT.

Seigneur, vous avez ébranlé la terre, et vous avez entr'ouvert son sein.

V/. Refermez ses blessures, car elle est ébranlée.

V/. Protégez la fuite de vos élus devant l'arc bandé contre eux, et qu'ils soient délivrés.

EVANGILE.

La suite du saint Evangile selon saint Luc. Chap. VIII.

En ce temps-là, le peuple s'assemblant en foule et se pressant de sortir des villes pour venir au-devant de Jésus, il leur dit en parabole : Celui qui sème s'en alla pour semer son grain ; et comme il semait , une partie de la semence tomba le long du chemin, où elle fut foulée aux pieds, et les oiseaux du ciel la mangèrent. Et une autre partie tomba sur la pierre , et , après avoir levé, elle sécha, parce qu'elle n'avait point d'humidité. Et une autre tomba au milieu des épines, et les épines croissant avec la semence l'étouffèrent. Et une autre partie tomba sur de bonne terre, et ayant levé, elle porta du fruit, cent pour un. En disant cela, il criait : Que celui-là entende qui a des oreilles pour entendre. Ses disciples l'interrogèrent sur le sens de cette parabole, et il leur dit : Pour vous, il vous a été donné de connaître le mystère du royaume de Dieu ; mais pour les autres, il ne leur est proposé qu'en paraboles,de sorte que voyant ils ne voient point, et qu'entendant ils ne comprennent point. Voici donc le sens de cette parabole : La semence est la Parole de Dieu. Ceux qui sont marqués par ce qui tombe le long du chemin , sont ceux qui écoutent ; mais le diable vient, et enlève de leurs cœurs la parole, de peur que croyant, ils ne soient sauvés. Ceux qui sont marqués par ce qui tombe sur la pierre, sont ceux qui, avant écouté la parole, la reçoivent avec joie ; mais ils n'ont point de racines ; ils croient pour un temps, et ils se retirent à l'heure de la tentation. Cequi tombe dans es épines, ce sont ceux qui écoutent la parole, mais en qui elle est étouffée par les inquiétudes, par les richesses et parles plaisirs de cette vie, et ils ne portent point de fruit. Enfin, ce qui tombe dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant écouté la parole, la conservent dans un cœur bon et excellent, et portent du fruit par la patience.

Saint Grégoire le Grand observe avec raison que la parabole qui vient d'être lue n'a pas besoin d'explication, la Sagesse éternelle s'étant chargée elle-même de nous en donner la clef. Il ne nous reste donc plus qu'à profiter d'un si précieux enseignement, et qu'à recevoir en bonne terre la semence céleste qui tombe sur nous. Combien de fois jusqu'ici ne l'avons-nous pas laissée fouler aux passants, ou enlever par les oiseaux du ciel ? Combien de fois ne s'est-elle pas desséchée sur le rocher de notre cœur, ou n'a-t-elle pas été étouffée par de funestes épines ?Nous écoutions la Parole; elle avait pour nous un certain charme qui nous rassurait. Souvent même nous la reçûmes avec joie et empressement; mais, si quelquefois elle germait en nous, sa croissance était bientôt arrêtée. Désormais, il nous faut produire et fructifier ; et telle est la vigueur de la semence qui nous est confiée, que le divin Semeur en attend cent pour un. Si la terre de notre cœur est bonne, si nous avons soin de la préparer en mettant à profit les secours que nous offre la sainte Eglise, la moisson sera abondante au jour où le Seigneur, s'échappant vainqueur de son sépulcre, viendra associer ses fidèles croyants aux splendeurs de sa Résurrection.

Ranimés par cette espérance, et pleins de confiance en celui qui daigne ensemencer de nouveau une terre si longtemps rebelle à ses soins, chantons avec l'Eglise, dans l'Offertoire, ces belles paroles du Roi-Prophète par lesquelles l'Eglise demande pour nous la fermeté et la persévérance.

OFFERTOIRE.

Affermissez mes pas dans vos sentiers, afin que mes pieds ne soient pas chancelants ; inclinez votre oreille, et exaucez mes paroles. Montrez vos miséricordes, ô vous, Seigneur ! qui sauvez ceux qui espèrent en vous.

SECRETE.

Faites, Seigneur, que le Sacrifice qui vous est offert nous vivifie, et nous fortifie toujours. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

On ajoute les autres Secrètes, comme au Dimanche de la Septuagésime, page 148.

La visite du Seigneur dans le Sacrement de son amour est le grand moyen qui fertilisera notre âme et la rendra féconde. C'est pour cette raison que l'Eglise nous invite, dans l'Antienne de la Communion, à nous approcher de l'autel de Dieu ; notre cœur y recouvrera sa vigueur et sa jeunesse.

COMMUNION.

Je m'approcherai de l'autel de Dieu, du Dieu qui réjouit ma jeunesse.

POSTCOMMUNION.

Nous vous supplions, Dieu tout-puissant, de faire la grâce à ceux que vous nourrissez de vos Sacrements, de vous servir d'une manière digne de vous, par des mœurs qui vous soient agréables. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

On ajoute les autres Postcommunions comme ci-dessus, au Dimanche de la Septuagésime, page 149.

A VÊPRES.

Les Psaumes, le Capitule, l’Hymne et le Verset ci-dessus, pages 83 et suivantes.

Antienne de Magnificat.

A vous il a été donné de connaître les mystères du royaume de Dieu : aux autres, seulement en paraboles, dit Jésus à ses disciples.

ORAISON.

O Dieu , qui voyez que nous ne nous confions en aucune de nos oeuvres, daignez nous accorder d'être protégés contre tous les maux par l'assistance du Docteur des Gentils. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

Nous terminerons cette journée par une Hymne que nous empruntons aux anciens Bréviaires des Eglises de France, et qui exprime les sentiments dont les fidèles doivent être animés au temps de la Septuagésime.

HYMNE.

Les jours de liberté s'écoulent ; ceux des saintes observances arrivent : le temps de la sobriété est proche ; d'un cœur pur cherchons le Seigneur.

Nos cantiques et nos louanges apaiseront celui qui est notre juge et Seigneur : il ne refuse pas le pardon, lui qui veut que l'homme implore de lui sa grâce.

Après avoir subi le joug de Pharaon , après avoir porté les chaînes de la cruelle Babylone , que l'homme affranchi cherche la céleste Jérusalem, sa patrie.

Fuyons de cet exil; cherchons demeure auprès du Fils de Dieu : la plus grande gloire pour le serviteur, c'est de devenir le cohéritier de son maître.

O Christ ! soyez notre guide dans cette nouvelle souvenez-vous que nous sommes vos brebis pour lesquelles, ô pasteur, vous avez donné votre vie et subi la mort.

Au Père, au Fils, soit la gloire; honneur pareil au saint Paraclet ; comme il était au commencement, et maintenant et toujours.

Amen.

IntroïtAnt. ad Introitum. Ps. 43, 23-26.
Exsúrge, quare obdórmis, Dómine ? exsúrge, et ne repéllas in finem : quare fáciem tuam avértis, oblivísceris tribulatiónem nostram ? Adhǽsit in terra venter noster : exsúrge, Dómine, ádiuva nos, et líbera nos.
Levez-vous ; pourquoi dormez-vous, Seigneur ? Levez-vous, et ne nous repoussez pas à jamais. Pourquoi détournez-vous votre visage et oubliez-vous notre tribulation ? Notre corps est attaché à la terre. Levez-vous, Seigneur, secourez-nous et délivrez-nous.
Ps. ibid., 2.
Deus, áuribus nostris audívimus : patres nostri annuntiavérunt nobis.
O Dieu, nous avons entendu de nos oreilles ; nos pères nous ont annoncé votre œuvre.
V/.Glória Patri.
CollecteOratio.
Deus, qui cónspicis, quia ex nulla nostra actióne confídimus : concéde propítius ; ut, contra advérsa ómnia, Doctóris géntium protectióne muniámur. Per Dóminum.
O Dieu, qui voyez que nous ne nous confions en aucune de nos œuvres, accordez-nous, dans votre bonté, d’être fortifiés contre tous les maux, grâce à la protection du Docteur des Gentils.
ÉpîtreLéctio Epístolæ beáti Pauli Apóstoli ad Corínthios.
Lecture de l’Epître de Saint Paul Apôtre aux Corinthiens.
2 Cor. 11, 19-33 ; 12, 1-9.
Fratres : Libénter suffértis insipiéntens : cum sitis ipsi sapiéntes. Sustinétis enim, si quis vos in servitútem rédigit, si quis dévorat, si quis áccipit, si quis extóllitur, si quis in fáciem vos cædit. Secúndum ignobilitátem dico, quasi nos infírmi fuérimus in hac parte. In quo quis audet, (in insipiéntia dico) áudeo et ego : Hebrǽi sunt, et ego : Isrælítæ sunt, et ego : Semen Abrahæ sunt, et ego : Minístri Christi sunt, (ut minus sápiens dico) plus ego : in labóribus plúrimis, in carcéribus abundántius, in plagis supra modum, in mórtibus frequénter. A Iudǽis quínquies quadragénas, una minus, accépi. Ter virgis cæsus sum, semel lapidátus sum, ter naufrágium feci, nocte et die in profúndo maris fui : in itinéribus sæpe, perículis flúminum, perículis latrónum, perículis ex génere, perículis ex géntibus, perículis in civitáte, perículis in solitúdine, perículis in mari, perículis in falsis frátribus : in labóre et ærúmna, in vigíliis multis, in fame et siti, in ieiúniis multis, in frigóre et nuditáte : præter illa, quæ extrínsecus sunt, instántia mea cotidiána, sollicitúdo ómnium Ecclesiárum. Quis infirmátur, et ego non infírmor ? quis scandalizátur, et ego non uror ? Si gloriári opórtet : quæ infirmitátis meæ sunt, gloriábor. Deus et Pater Dómini nostri Iesu Christi, qui est benedíctus in sǽcula, scit quod non méntior.Damásci præpósitus gentis Arétæ regis, custodiébat civitátem Damascenórum, ut me comprehénderet : et per fenéstram in sporta dimíssus sum per murum, et sic effúgi manus eius. Si gloriári opórtet (non éxpedit quidem), véniam autem ad visiónes et revelatiónes Dómini. Scio hóminem in Christo ante annos quatuórdecim, (sive in córpore néscio, sive extra corpus néscio, Deus scit :) raptum huiúsmodi usque ad tértium cælum. Et scio huiúsmodi hóminem, (sive in córpore, sive extra corpus néscio, Deus scit :) quóniam raptus est in paradisum : et audivit arcána verba, quæ non licet homini loqui. Pro huiúsmodi gloriábor : pro me autem nihil gloriábor nisi in infirmitátibus meis. Nam, et si volúero gloriári, non ero insípiens : veritátem enim dicam : parco autem, ne quis me exístimet supra id, quod videt in me, aut áliquid audit ex me. Et ne magnitúdo revelatiónem extóllat me, datus est mihi stímulus carnis meæ ángelus sátanæ, qui me colaphízet. Propter quod ter Dóminum rogávi, ut discéderet a me : et dixit mihi : Súfficit tibi grátia mea : nam virtus in infirmitáte perfícitur. Libénter ígitur gloriábor in infirmitátibus meis, ut inhábitet in me virtus Christi.
Mes Frères : vous qui êtes sensés, vous supportez volontiers les insensés. Vous supportez bien qu’on vous asservisse, qu’on vous dévore, qu’on vous pille, qu’on vous traite avec arrogance, qu’on vous frappe au visage. Je le dis à ma honte, nous avons été bien faibles ! Cependant, de quoi que ce soit qu’on ose se vanter, — je parle en insensé, moi aussi je l’ose. Sont-ils Hébreux ? Moi aussi, je le suis. Sont-ils Israélites ? Moi aussi. Sont-ils de la postérité d’Abraham ? Moi aussi. Sont-ils ministres du Christ ? — Ah ! je vais parler en homme hors de sens : — je le suis plus qu’eux : bien plus qu’eux par les travaux, biens plus par les coups, infiniment plus par les emprisonnements ; souvent j’ai vu de près la mort ; cinq fois j’ai reçu des Juifs quarante coups de fouet moins un ; trois fois, j’ai été battu de verges ; une fois j’ai été lapidé ; trois fois j’ai fait naufrage ; j’ai passé un jour et une nuit dans l’abîme. Et mes voyages sans nombre, les périls sur les fleuves, les périls de la part des brigands, les périls de la part de ceux de ma nation, les périls de la part des Gentils, les périls dans les villes, les périls dans les déserts, les périls sur la mer, les périls de la part des faux frères, les labeurs et les peines, les nombreuses veilles, la faim, la soif, les jeûnes multipliés, le froid, la nudité ! Et sans parler de tant d’autres choses, rappellerai-je mes soucis de chaque jour, la sollicitude de toutes les Eglises ? Qui est faible que je ne sois faible aussi ? Qui vient à tomber sans qu’un feu me dévore ? S’il faut se glorifier, c’est de ma faiblesse que je me glorifierai. Dieu, qui est le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, et qui est béni éternellement, sait que je ne mens point. A Damas, l’ethnarque du roi Arétas faisait garder la ville pour se saisir de moi ; mais on me descendit par une fenêtre, dans une corbeille, le long de la muraille, et j’échappai ainsi de ses mains. Faut-il se glorifier ? Cela n’est pas utile ; j’en viendrai néanmoins à des visions et à des révélations du Seigneur. Je connais un homme dans le Christ qui, il y a quatorze ans, fut ravi jusqu’au troisième ciel (si ce fut dans son corps, je ne sais ; si ce fut hors de son corps, je ne sais : Dieu le sait). 3 Et je sais que cet homme (si ce fut dans son corps ou sans son corps, je ne sais, Dieu le sait) fut enlevé dans le paradis, et qu’il a entendu des paroles ineffables qu’il n’est pas permis à un homme de révéler. C’est pour cet homme-là que je me glorifierai ; mais pour ce qui est de ma personne, je ne me ferai gloire que de mes faiblesses. Certes, si je voulais me glorifier, je ne serais pas un insensé, car je dirais la vérité ; mais je m’en abstiens afin que personne ne se fasse de moi une idée supérieure à ce qu’il voit en moi ou à ce qu’il entend de moi. Et de crainte que l’excellence de ces révélations ne vînt à m’enfler d’orgueil, il m’a été mis une écharde dans ma chair, un ange de Satan pour me souffleter. A son sujet, trois fois j’ai prié le Seigneur de l’écarter de moi, et il m’a dit : "Ma grâce te suffit, car c’est dans la faiblesse que ma puissance se montre tout entière." Je préfère donc bien volontiers me glorifier de mes faiblesses, afin que la puissance du Christ habite en moi.
GraduelGraduale. Ps. 82, 19 et 14.
Sciant gentes, quóniam nomen tibi Deus : tu solus Altíssimus super omnem terram.
Que les nations sachent que votre nom est Dieu ; que vous êtes le seul Très-Haut dans toute la terre.
V/. Deus meus, pone illos ut rotam, et sicut stípulam ante fáciem venti.
Mon Dieu, rendez-les semblables à une roue et à la paille emportée par le vent.
TraitTractus. Ps. 59, 4 et 6.
Commovísti, Dómine, terram, et conturbásti eam.
Vous avez ébranlé la terre, Seigneur, et vous l’avez troublée.
V/. Sana contritiónes eius, quia mota est.
Guérissez ses brisures, car elle est ébranlée.
V/. Ut fúgiant a fácie arcus : ut liberéntur elécti tui.
Afin que vous élus fuient devant l’arc : qu’ils soient délivrés.
Évangile+ Sequéntia sancti Evangélii secundum Lucam.
Lecture du Saint Evangile selon saint Luc.
Luc. 8, 4-15.
In illo témpore : Cum turba plúrima convenírent, et de civitátibus properárent ad Iesum, dixit per similitúdinem : Exiit, qui séminat, semináre semen suum : et dum séminat, áliud cécidit secus viam, et conculcátum est, et vólucres cæli comedérunt illud. Et áliud cécidit supra petram : et natum áruit, quia non habébat humórem. Et áliud cécidit inter spinas, et simul exórtæ spinæ suffocavérunt illud. Et áliud cécidit in terram bonam : et ortum fecit fructum céntuplum. Hæc dicens, clamábat : Qui habet aures audiéndi, audiat. Interrogábant autem eum discípuli eius, quæ esset hæc parábola. Quibus ipse dixit : Vobis datum est nosse mystérium regni Dei, céteris autem in parábolis : ut vidéntes non videant, et audientes non intéllegant. Est autem hæc parábola : Semen est verbum Dei. Qui autem secus viam, hi sunt qui áudiunt : déinde venit diábolus, et tollit verbum de corde eórum, ne credéntes salvi fiant. Nam qui supra petram : qui cum audierint, cum gáudio suscipiunt verbum : et hi radíces non habent : qui ad tempus credunt, et in témpore tentatiónis recédunt. Quod autem in spinas cécidit : hi sunt, qui audiérunt, et a sollicitudínibus et divítiis et voluptátibus vitæ eúntes, suffocántur, et non réferunt fructum. Quod autem in bonam terram : hi sunt, qui in corde bono et óptimo audiéntes verbum rétinent, et fructum áfferunt in patiéntia.
En ce temps là : Comme une foule nombreuse s’amassait et que de toutes les villes on venait vers lui, il dit par parabole : "Le semeur sortit pour semer sa semence ; et, pendant qu’il semait, du (grain) tomba le long du chemin ; il fut foulé aux pieds, et les oiseaux du ciel le mangèrent. D’autre tomba sur de la pierre, et, après avoir poussé, se dessécha, parce qu’il n’avait pas d’humidité. D’autre tomba dans les épines, et les épines poussant avec, l’étouffèrent. D’autre tomba dans la bonne terre, et, après avoir poussé, donna du fruit au centuple." Parlant ainsi, il clamait : "Qui a des oreilles pour entendre, entende !" Ses disciples lui demandèrent ce que signifiait cette parabole : "A vous, leur dit-il, il a été donné de connaître les mystères du royaume de Dieu ; mais pour les autres, (c’est) en paraboles, pour que regardant ils ne voient point, et qu’écoutant ils ne comprennent point. Voici ce que signifie la parabole : La semence, c’est la parole de Dieu. Ceux qui sont le long du chemin sont creux qui ont entendu ; ensuite le diable vient, et il enlève la parole de leur cœur, de peur qu’ils ne croient et ne se sauvent. Ceux qui sont sur de la pierre sont ceux qui, en entendant la parole, l’accueillent avec joie ; mais ils n’ont point de racine : ils croient pour un temps, et ils se retirent à l’heure de l’épreuve. Ce qui est tombé dans les épines, ce sont ceux qui ont entendu, mais vont et se laissent étouffer par les sollicitudes, les richesses et les plaisirs de la vie, et ils n’arrivent point à maturité. Ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui, après avoir entendu la parole avec un cœur noble et bon, la gardent et portent du fruit grâce à la constance.

Credo

OffertoireAnt. ad Offertorium. Ps. 16, 5, 6-7.
Pérfice gressus meos in sémitis tuis, ut non moveántur vestígia mea : inclína aurem tuam, et exáudi verba mea : mirífica misericórdias tuas, qui salvos facis sperántes in te, Dómine.
Affermissez mes pas dans vos sentiers, afin que mes pieds ne soient pas ébranlés. Inclinez vers moi votre oreille et exaucez mes paroles. Faites éclater vos miséricordes, vous qui sauvez ceux qui espèrent en vous, Seigneur.
SecrèteSecreta.
Oblátum tibi, Dómine, sacrifícium, vivíficet nos semper et múniat. Per Dóminum nostrum.
Que le sacrifice qui vous est offert, Seigneur, augmente en nous la vie surnaturelle et nous fortifie.

Praefatio de sanctissima Trinitate ; non vero in feriis, quando adhibetur Missa huius dominicæ, sed tunc dicitur praefatio communis. · Préface de la Sainte Trinité  ; mais les jours de Féries, où l’on reprend la Messe de ce Dimanche, on dit la Préface Commune .

CommunionAnt. ad Communionem. Ps. 42, 4.
Introíbo ad altáre Dei, ad Deum, qui lætíficat iuventútem meam.
Je m’avancerai à l’autel de Dieu, du Dieu qui réjouis ma jeunesse.
PostcommunionPostcommunio.
Súpplices te rogámus,omnípotens Deus : ut, quos tuis réficis sacraméntis, tibi étiam plácitis móribus dignánter deservíre concédas. Per Dóminum.
Nous vous adressons nos supplications, ô Dieu tout puissant, afin quà ceux que nous nourrissez de votre sacrement, vous accordiez aussi la grâce de vous servir dignement par une conduite qui vous soit agréable.
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