St Pierre Célestin, Pape et Confesseur
19 mai
Textes de la Messe
Commentaires
Présentation
Présentation
A Ferentino, en 1296, déposition de saint Pierre ermite, qui fut pape de juillet à décembre 1294 sous le nom de Célestin V.
Canonisé à Avignon par Clément V en 1313, d’abord honoré comme simple confesseur et non pontife : ‘Sancti Petri, confessoris, olim Celestini, papæ’ annonce le calendrier de la chapelle papale du XIVᵉ siècle.
En 1668 : fête de Saint Pierre Célestin, pape.
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
A côté de Léon, l’insigne Docteur, Jésus ressuscité appelle en ce jour l’humble Pierre Célestin, Pontife suprême comme Léon, mais à peine assis sur la chaire apostolique, qu’il en est descendu pour retourner au désert. Entre tant de héros dont est formée la chaîne des Pontifes romains, il devait s’en rencontrer à qui fût donnée la charge de représenter plus spécialement la noble vertu d’humilité ; et c’est à Pierre Célestin que la grâce divine a dévolu cet honneur. Arraché au repos de sa solitude pour être élevé sur le trône de saint Pierre et tenir dans ses mains tremblantes les formidables clefs qui ouvrent et ferment le ciel, le saint ermite a regardé autour de lui ; il a considéré les besoins de l’immense troupeau du Christ, et sondé ensuite sa propre faiblesse. Oppressé sous le fardeau d’une responsabilité qui embrasse la race humaine tout entière, il s’est jugé incapable de supporter plus longtemps un tel poids ; il a déposé la tiare, et imploré la faveur de se cacher de nouveau à tous les regards humains dans sa chère sollicitude. Ainsi le Christ, son Maître, avait d’abord enfoui sa gloire dans une obscurité de trente années, et plus tard sous le nuage sanglant de sa Passion et sous les ombres du sépulcre. Les splendeurs de la divine Pâque ont tout à coup dissipé ces ténèbres, et le vainqueur de la mort s’est révélé dans tout son éclat. Mais il veut que ses membres aient part à son triomphe, et que la gloire dont ils brilleront éternellement soit, comme la sienne, en proportion de leur empressement à s’humilier dans les jours de cotte vie mortelle. Quelle langue pourrait décrire l’auréole qui entoure le front de Pierre Célestin, en retour de cette obscurité au sein de laquelle il a cherché l’oubli des hommes avec plus d’ardeur que d’autres ne recherchent leur estime et leur admiration ? Grand sur le trône pontifical, plus grand au désert, sa grandeur dans les cieux dépasse toutes nos pensées.
Vous avez obtenu l’objet de votre ambition, ô Célestin ! Il vous a été accordé de descendre les degrés du trône apostolique, et de rentrer dans le calme de cette vie cachée qui avait si longtemps fait toutes vos délices. Jouissez des charmes de l’obscurité que vous aviez tant aimée ; elle vous est rendue avec tous les trésors de la contemplation, dans le secret de la face de Dieu. Mais cette obscurité n’aura qu’un temps, et quand l’heure sera venue, la Croix que vous avez préférée à tout se dressera lumineuse à la porte de votre cellule, vous invitant à prendre part au triomphe pascal de celui qui est descendu du ciel pour nous apprendre que quiconque s’abaisse sera élevé. Votre nom, ô Célestin, brillera jusqu’au dernier jour du monde sur la liste des Pontifes romains ; vous êtes l’un des anneaux de cette chaîne qui rattache la sainte Église à Jésus son fondateur et son époux ; mais une plus grande gloire vous est réservée, celle de faire cortège à ce divin Christ ressuscité. La sainte Église, qui un moment s’est inclinée devant vous pendant que vous teniez les clefs de Pierre, vous rend depuis des siècles et vous rendra jusqu’au dernier jour l’hommage de son culte, parce qu’elle reconnaît en vous un des élus de Dieu, un des princes de la céleste cour. Et nous aussi, ô Célestin ! nous sommes appelés à monter là où vous êtes, à contempler éternellement comme vous le plus beau des enfants des hommes, le vainqueur de la mort et de l’enfer. Mais une seule voie peut nous y conduire : celle que vous avez vous-même suivie, la voie de l’humilité. Fortifiez en nous cette vertu, ô Célestin ! et allumez-en le désir dans nos cœurs. Substituez le mépris de nous-mêmes à l’estime que nous avons trop souvent le malheur d’en faire. Rendez-nous indifférents à toute gloire mondaine, fermes et joyeux dans les abaissements, afin qu’ayant « bu l’eau du torrent », comme notre Maître divin, nous puissions un jour, comme lui et avec vous, « relever notre tête [1] » et entourer éternellement le trône de notre commun libérateur.
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Déjà avant ce saint moine, fils spirituel du patriarche saint Benoît, plusieurs autres papes, saint Pontien par exemple, saint Martin, Jean XVIII et Benoît IX, en des circonstances qui leur rendaient personnellement des plus difficiles le gouvernement de l’Église, avaient abdiqué le suprême pontificat. Au XIIIᵉ siècle, ces cas avaient été presque oubliés, et les canonistes discutaient pour savoir si une telle renonciation fut jamais permise au pape. Célestin V, en une constitution solennelle, résolut la question dans le sens de la tradition romaine primitive, après quoi, invoquant en sa faveur un semblable droit, il déposa les vêtements pontificaux et retourna aux anciens exercices de sa vie monastique.
On l’accusait d’excessive simplicité dans les affaires, — de plenitudine simplicitatis plutôt que potestatis, — comme disaient avec malice ses adversaires ; et lui-même ne méconnaissait pas la vérité de cette imputation. Mais Dieu, et durant son pontificat, et surtout après son humble abdication, se plut à l’illustrer par une abondance de miracles. Quand, par ordre de Boniface VIII, Célestin fut conduit au château de Fumone qui devait lui servir de résidence, il opéra de très nombreuses guérisons durant le voyage ; il semblait que Dieu se plût à exalter la grandeur de son sénateur dans la mesure où le monde méconnaissait ses hauts mérites (+ 1296).
La messe [2] est du Commun des Confesseurs Pontifes : Statuit, comme le 4 février, avec la première collecte propre. L’Évangile est du Commun des Abbés, pour rappeler la renonciation de Célestin à la suprême dignité de l’Église, en vue de retourner à l’humilité du froc monastique si hautement glorifié par ses vertus.
Dans la Divine Comédie, Dante, emporté par sa haine de partisan, met dans l’enfer ... l’ombra di celui che fece per viltade il gran rifiuto.
L’Église, au contraire, loua l’humilité du pape Célestin et le proposa même à l’imitation des fidèles, car il est plus prudent et plus sûr de servir le Seigneur dans la simplicité du cœur, que d’ambitionner des places élevées et de graves responsabilités, auxquelles peut-être nos pauvres épaules ne sont ni préparées ni proportionnées.
Prière. — « O Dieu qui, ayant élevé au faîte du pontificat suprême le bienheureux Pierre Célestin, lui avez appris à préférer une vie humble ; faites que, méprisant à son exemple toutes les choses du monde, nous méritions d’arriver heureusement aux récompenses réservées aux humbles. Par notre Seigneur, etc. »
Ne pas ambitionner les honneurs et les charges est certes l’indice d’une âme humble ; mais renoncer, comme saint Célestin, à la suprême Chaire pontificale, quand semblaient de plus en plus l’illustrer une éminente sainteté, la vénération des peuples, le don des miracles, c’est le signe d’une âme qui, habituellement absorbée dans la contemplation de Dieu, s’est solidement abîmée dans la connaissance de son néant. Toute la grandeur de la terre n’arrive pas à enorgueillir de telles âmes.
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
Saint Pierre. — Jour de mort : 19 mai 1296, Tombeau : à Aquila (Abruzzes), dans l’église de Sainte-Marie di Collemaggio. Image : On le représente en pape, avec une colombe ou bien avec un diable qui le trouble au moment où il écrit. Vie : Le pieux solitaire Pierre de Morone, fondateur de l’Ordre des Célestins, fut élu pape le 5 juillet 1294, après la mort de Nicolas V, dans un conclave qui avait duré plus de deux ans. Il prit le nom de Célestin V. L’élection de cet homme, qui était sans doute un saint, mais ne connaissait ni le monde ni les hommes, ne s’explique que par l’embarras où on se trouvait et aussi, semble-t-il, par les intrigues de Charles II, roi de Naples. Il apparut bientôt que le choix n’était pas heureux. Célestin sentit que ses épaules étaient trop faibles pour cette lourde charge. Il abdiqua (13 décembre 1294, cinq mois après l’élection) et il retourna à sa chère et simple vie monastique. Son successeur, Boniface VIII, craignant avec raison que ses adversaires ne se servent du saint pour créer un schisme, le fit garder étroitement et l’enferma dans le château de Fumone, près d’Anagni. Il y trouva une cellule semblable à celle qu’il avait dans son ermitage. Il passa ses dernières années, jusqu’à sa mort, dans une pénitence austère.
Pratique : « Avoir préféré à la plus haute dignité ecclésiastique la vie d’humilité », voilà l’événement principal dans la vie du saint que l’Église nous fait admirer dans l’oraison du jour et qu’elle nous demande d’imiter à notre manière. — La messe est du commun des Souverains Pontifes, sauf la première oraison, dont nous venons de donner la teneur.
Missa Si díligis me, de Communi Summorum Pontificum, præter orationem sequentem :
Messe Si díligis me, du Commun des Souverains Pontifes, sauf l’oraison suivante :
Et fit commemoratio S. Pudentianæ, Virginis : · Et on fait mémoire de Sᵗᵉ Pudentienne, Vierge :
Pro S. Pudentiana · Pour Sᵗᵉ Pudentienne
Pro S. Pudentiana · Pour Sᵗᵉ Pudentienne
Office du jour
Office
Leçon des Matines avant 1960
Quatrième leçon. Pierre, nommé Célestin, du nom qu’il prit lorsqu’il fut élu Pape, naquit de parents honnêtes et catholiques à Isernia dans les Abruzzes. A peine adolescent, il se retira dans le désert pour garantir son âme des séductions du monde. Là, il se nourrissait l’esprit de contemplation, réduisait son corps en servitude, et portait sur lui une chaîne de fer. Il institua, d’après la règle de saint Benoît, la congrégation connue depuis sous le nom de Célestins. Il ne devait pas demeurer caché, et c’est de sa solitude, qu’à son insu et malgré son éloignement, il fut appelé à occuper la chaire de saint Pierre. L’Église romaine avait été longtemps sans pasteur : il fut placé à sa tête, comme on place la lumière sur le chandelier ; tout le monde en fut non moins étonné que ravi. Élevé à la dignité sublime du pontificat, Pierre sentit que la multitude des affaires lui permettait à peine de vaquer à ses méditations, et il renonça volontairement aux honneurs et aux charges. Ayant repris son ancien genre de vie, il s’endormit dans le Seigneur. Sa belle mort fut rendue plus glorieuse encore par l’apparition d’une croix lumineuse que l’on vit briller dans les airs devant la porte de sa retraite. Pendant sa vie et après sa mort il fit d’éclatants miracles : ils furent examinés suivant les règles, et Clément V l’inscrivit au nombre des Saints, onze ans après sa mort.
Les autres leçons au Commun.
Textes de la Messe
Et fit commemoratio S. Pudentianæ, Virginis : · Et on fait mémoire de Sᵗᵉ Pudentienne, Vierge :
Tempore paschali omittitur graduale, et eius loco dicitur : · Au Temps pascal, on omet le graduel et à sa place on dit :
Pro S. Pudentiana · Pour Sᵗᵉ Pudentienne
Pro S. Pudentiana · Pour Sᵗᵉ Pudentienne