St Urbain I, Pape et Martyr
Textes de la Messe
Commentaires
Présentation
Présentation
À la fin du Ve siècle, la Passion de sainte Cécile identifie un martyr inhumé au cimetière de Prétextat avec le pape Urbain Iᵉʳ qui mourut le 19 mai 230 et fut inhumé dans la crypte des papes au cimetière de Callixte. Au VIIᵉ siècle, le sacramentaire grégorien entérine cette identification, à la suite du Liber Pontificalis.
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Cette journée est marquée par le triomphe de deux saints papes, et le septième Grégoire, en quittant la terre, est introduit dans le séjour céleste par un de ses prédécesseurs : Urbain, martyr par l’effusion de son sang ; Grégoire, martyr par les douleurs qu’éprouva sa grande âme. La cause était la même. Urbain donnait sa vie plutôt que de céder à la puissance terrestre qui eût voulu courber toute âme généreuse devant les idoles des faux dieux ; Grégoire préféra encourir toutes les disgrâces de cette vie plutôt que de laisser la sainte Église sous le joug de César. Tous deux embellissent le cycle pascal de leurs palmes et de leurs couronnes. Jésus ressuscité avait dit à Pierre : « Suis-moi [1]. » Pierre suivit son Maître jusqu’à la croix. Héritiers de Pierre, Urbain et Grégoire se sont attachés à la suite du même chef, et nous saluons leur commun triomphe, en lequel brille la force invincible que le triomphateur de la mort a communiquée dans tous les siècles à ceux qu’il a choisis pour rendre témoignage ici-bas à la vérité de sa résurrection.
Saint Pontife, nous célébrons votre triomphe avec une joie augmentée encore par l’anniversaire du départ de votre illustre successeur pour le séjour où vous l’attendiez dans la gloire. Du haut du ciel vous aviez suivi ses combats, et vous aviez reconnu que son courage n’était pas au-dessous de celui des martyrs. Lui, sur sa couche funèbre à Salerne, s’animait à la dernière lutte par la pensée de votre dernier combat en ce même jour. O lien merveilleux de l’Église triomphante et de l’Église militante ! ô sublime fraternité des saints ! ô espérance immortelle pour nos cœurs ! Jésus ressuscité nous convie à nous réunir à lui pour l’éternité. Chaque génération lui envoie ses élus, et ils viennent tour à tour se grouper au-dessous de ce divin Chef, comme autant de membres qui forment la plénitude de son corps. Il est « le premier-né entre les morts », et il nous fera participer à sa vie, selon que nous aurons participé à ses souffrances et à sa mort. Priez, ô Urbain, afin que le désir de nous réunir à Jésus qui est « la voie, la vérité et la vie », s’enflamme en nous toujours plus. Rendez-nous supérieurs aux calculs terrestres, et donnez-nous de sentir toujours que tant que nous restons en ce monde, « nous sommes exilés du Seigneur [2] ».
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Station dans le cimetière de Prétextat.
Aujourd’hui le Hiéronymien annonce le natalis d’un saint Urbain, enseveli sur la voie Appienne dans le cimetière de Prétextat, et qui fut, à Rome, l’objet d’une grande vénération. Selon toute probabilité, il faut pourtant distinguer cet évêque martyr dont le souvenir est lié au triopium d’Hérode Atticus, du pape du même nom, enseveli dans la crypte papale du cimetière de Callixte (224-233), où l’on a retrouvé un fragment du couvercle de marbre de son sarcophage, avec l’épigraphe :
En effet, pour de nombreuses raisons d’ordre chronologique et hagiographique que nous ne pouvons exposer ici, il semble que le saint Urbain du cimetière de Prétextat, mis par les actes de sainte Cécile en relation avec les martyrs Tiburce et Valérien, ait été évêque d’un de ces petits villages qui s’étaient développés autour du triopium et comme il en existait alors plusieurs dans la campagne romaine.
Urbain fut victime de la persécution où furent aussi mis à mort sainte Cécile, Tiburce, Valérien et Maxime. Il fut enseveli par une femme nommée Marmenia ou Armenia dans le cimetière local de Prétextat, dans la crypta magna, où, en effet, nous l’indiquent constamment les Itinéraires des anciens pèlerins. Intrabis in speluncam magnam, et ibi invenies sanctum Urbanum episcopum et confessorem (Itin. de Salzbourg). Jean, abbé de Monza au VIᵉ siècle, recueillit l’huile de sa lampe sépulcrale qu’il unit aux autres huiles des tombeaux des martyrs vénérés dans les deux cimetières Ad Catacumbas et de Prétextat.
Le corps de saint Urbain demeura en ce lieu jusqu’au temps de Paschal Iᵉʳ qui transporta dans la basilique transtévérine de Sainte-Cécile les ossements de l’évêque Urbain comme il avait transféré les reliques de saint Urbain Iᵉʳ à Sainte-Praxède, et il repose en paix, maintenant encore, près de la vierge Cécile, de Tiburce, de Valérien, de Maxime et du pape Lucius.
A proximité du cimetière de Prétextat, on dédia de bonne heure à la mémoire de saint Urbain un vieil édifice classique que les archéologues identifient communément avec le temple dédié par Hérode Atticus, précepteur de Marc-Aurèle, à la mémoire d’Annia Regilla (165), sa première femme. L’action missionnaire de saint Urbain s’était déroulée dans ces parages ; aussi fut-ce très à propos qu’on donna son nom à ce qui représentait peut-être le monument le plus considérable du triopium. Cette église, ornée d’anciennes et très importantes peintures, conserva longtemps le souvenir du martyr dans cette région de la voie Appienne jadis évangélisée par lui ; souhaitons que, après une longue période de désolation, elle soit de nouveau rendue au culte de cet ancien évêque de la campagne romaine.
Au temps pascal [3], la messe est celle du Commun des Martyrs : Protexisti, avec des collectes spéciales. Hors du temps pascal, la messe emprunte divers éléments des communs d’un pontife.
Le graduel Inveni est le même que le 6 décembre, fête de saint Nicolas ; le verset alléluiatique est tiré du commencement du psaume 131 : « Souvenez-vous, Seigneur, de David et de toutes ses souffrances. »
La vie d’un évêque est comme un nouveau crucifiement, parce que dans son Église, où il tient la place du Christ, il en partage aussi les labeurs et les opprobres.
La lecture évangélique rapporte la parabole des cinq talents ; elle est empruntée à la messe des Confesseurs Pontifes. Les évêques ont atteint dans l’Église le sommet de la dignité hiérarchique. Le Seigneur exige d’eux en retour, non seulement qu’ils lui rendent les cinq talents, mais qu’ils lui en apportent cinq autres en plus.
Le Sacramentaire Grégorien en assigne une autre postcommunion : Beati Urbani martyris lui atque pontificis, Domine, intercessione placatus, praesta, quaesumus, ut quae temporali celebramus actione, perpétua salvatione capiamus.
Bien qu’au moyen âge cet évêque Urbain, des Actes de sainte Cécile, ait été identifié à tort avec le Pape du même nom, les reliques de ce dernier ont néanmoins une histoire tout à fait distincte de celles du saint Urbain du cimetière de Prétextat. Le corps de saint Urbain pape, comme en fait foi l’épigraphe du pape Paschal Iᵉʳ qui se trouve à Sainte-Praxède, fut transféré le 20 juillet 818 dans cette basilique, où, aujourd’hui encore, il est conservé dans la crypte, sous l’autel majeur.
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
Saint Urbain fut le successeur de saint Callixte 1ᵉʳ (v. 14 octobre). Il gouverna l’Église de 222-230. Pendant son pontificat, l’Église connut le calme, car l’empereur Alexandre Sévère n’appliqua pas les décrets de persécution. Ce qui est intéressant pour nous, c’est la décision concernant les offrandes des fidèles au moment de l’Offertoire de la messe : « Les dons des fidèles qui sont offerts au Seigneur ne doivent pas servir à autre chose qu’aux besoins ecclésiastiques ou aux besoins généraux soit de la communauté chrétienne, soit des nécessiteux. Ce sont, en effet, des offrandes sacrées des fidèles, l’expiation des péchés et le patrimoine des pauvres » (Bréviaire). Le corps du saint pape fut transporté en 818 dans l’église de Sainte-Praxède où il repose encore aujourd’hui.
Messe après 1942, ce même 25 mai, Saint Urbain Iᵉʳ, Pape et Martyr
Missa post 1942 · Eodem die 25 maii · Sancti Urbani I · Papæ et Mart.
Commemoratio · Commémoraison
Office du jour
Office
Leçon des Matines avant 1960
Neuvième leçon. Urbain était de Rome. Sous l’empereur Alexandre-Sévère il convertit, par son enseignement et la sainteté de sa vie, un grand nombre de personnes à la foi chrétienne. De ce nombre étaient Valérien, époux de la bienheureuse Cécile, et Tiburce, frère de Valérien, qui, dans la suite, subirent très courageusement le martyre. Urbain a écrit ces paroles au sujet des biens attribués à l’Église : « Les choses que les fidèles offrent au Seigneur ne doivent être employées que pour les besoins de l’Église et des Chrétiens, nos frères, ou des indigents ; parce que ce sont les oblations sacrées des fidèles, des aumônes faites en vue de racheter les péchés, et le patrimoine des pauvres ». Ce Pape siégea six ans, sept mois et quatre jours ; ayant reçu la couronne du martyre, il fut enseveli dans le cimetière de Prétextât, le huit des calendes de juin. En cinq ordinations faites au mois de décembre, il ordonna neuf Prêtres, cinq Diacres et sacra huit Évêques pour divers lieux.
Textes de la Messe
Messe avant 1942, ce même 25 mai, Saint Urbain Iᵉʳ, Pape et Martyr
Missa ante 1942 · Eodem die 25 maii · Sancti Urbani I · Papæ et Mart.
Commemoratio · Commémoraison
Tempore paschali, Missa Protexísti, de Communi Martyrum I loco, cum orationibus ut infra : · Au Temps pascal, Messe Protexísti, du Commun des Martyrs au T.P. I, avec les oraisons ci-dessous :