Notre-Dame de Bonne-Nouvelle
21 mai
Commentaires
Présentation
Présentation
«
»
La fête fut supprimée en 1955 du calendrier du diocèse de Nancy et de Toul par le déplacement de Saint Firmin au 21 mai, mais fut conservée dans le propre comme messe votive.
Statue réalisée au XVᵉ siècle, elle représentait une Vierge allaitant l’enfant Jésus.
Elle fut installée dans la Collégiale Saint-Georges. Aujourd’hui disparue, cette église se trouvait à côté du Palais Ducal et était celle par excellence des ducs de Lorraine : serment à leur avènement, obsèques, sépulture.
A la fin du XVᵉ siècle, la statue de la Vierge de Bonne Nouvelle rentre dans l’histoire et dans la légende. Le Duc Antoine dit "Le Bon" (1503-1544) devait faire face à des bandes de paysans originaires d’Allemagne et acquises aux doctrines luthériennes. Révoltés contre les seigneurs et le clergé, ces paysans réclament la suppression du régime féodal. Après l’Alsace, puis Saverne, ils menacent la Lorraine. Le Duc de Lorraine leur livre bataille devant Molsheim, puis Saverne. Le 17 mai 1525, une jeune fille muette, en dévotion devant Notre-Dame de Saint-Georges entendit une voix qui l’enjoignait d’annoncer la victoire du Duc Antoine à son épouse très inquiète. Pour transmettre cette "bonne nouvelle", elle retrouve miraculeusement sa voix.
La statue de la Vierge dénommée depuis "de Bonne Nouvelle" devient l’objet d’un culte et les pélerins affluent. De nombreux miracles sont également relatés. A la destruction de la Collégiale Saint-Georges, la statue est installée en 1745 dans la chapelle latérale de l’actuelle cathédrale de Nancy.
En 1792 lors des troubles révolutionnaires, la statue est brisée. Ces morceaux recueillis, elle retrouve sa place après la signature du Concordat. Hélas les restaurateurs suivis d’une "pudibonderie" excessive cachèrent le seine de cette vierge allaitante. Ce sein gênant fut abrasé et une tunique ciselé à sa place. La tête de l’enfant Jésus fut recollée mais non pas incliné comme un bébé tétant le sein de sa mère. Cette statue ressemble ainsi malheureusement au classique canon des "Vierges à l’Enfant".
Histoire de Nancy, Christian Pfister, 1909
Histoire de Nancy, Christian Pfister, 1909
La collégiale Saint-Georges, si riche en reliques, devint en outre, au XVIᵉ siècle, le but d’un pèlerinage. Au XVᵉ siècle, une statue assez curieuse de la Vierge allaitant l’enfant Jésus fut placée sur un autel à gauche en entrant dans l’église, contre la paroi. Puis tout d’un coup cette statue montra ses vertus miraculeuses : elle accomplit un prodige qui fut souvent rapporté à la fin du XVIᵉ siècle. En l’année 1525, nous dit-on, tandis que le duc Antoine marchait contre rustauds révoltés en Alsace, sa femme, la duchesse Renée de Bourbon, priait, à Nancy, Dieu de le protéger et de lui donner la victoire. Or, un jour, une jeune fille, muette de naissance, était agenouillée dans l’église Saint- Georges devant la statue de la Vierge, lorsqu’elle entendit la Mère de Dieu lui ordonner d’aller vers la duchesse et de l’assurer que son mari sortirait triomphant de la lutte. La muette obéit et parla. Ce jour-là, Antoine remporta la victoire de Saverne, et la Vierge de Saint-Georges devint désormais la Vierge de Bonne-Nouvelle. On l’a para d’habits plus beaux, de robes plus empesées ; on plaça devant son autel des fleurs plus belles ; on brûla plus de cierges en son honneur. Dès lors la statue fut visitée par un grand concours de pèlerins. Trois autels qui étaient élevés devant elle suffisaient à peine aux prêtres pour y célébrer la messe. Des dons nombreux faits aux chanoines attestèrent, la popularité de la statue, el l’écolâtre de Saint-Georges, Didier Jullelt, nous a raconté en détail les miracles qu’elle accomplit. Nous trouvons dans son récit la liste ordinaire des prodiges : goutteux soulagés, paralytiques se redressant et marchant, aveugles recouvrant la vue, sourds entendant, tumeurs fondues, enfants morts rappelés à la vie pour recevoir le sacrement du baptême. Pour chacun de ces miracles, l’on nous indique le mois et le jour, le nom de celui qui a été favorisé ; souvent le fait est attesté par des religieux, des notaires apostoliques, voire même des médecins. Nous détachons de tous ces récits un seul qui nous montre bien l’esprit de l’époque. A Gondreville, près de Toul, vivait, au début du XVIIᵉ siècle, une femme d’environ cinquante ans, Diane Bonne, mariée à Jean Étienne. Elle reçut un jour la visite d’une pauvre mendiante, la Poinsorte ; dans sa bonté elle lui offrit une tasse de lait. Mais la méchante, qui était sorcière, en feignant d’enlever du cou de sa bienfaitrice « quelque araigne », de peur qu’elle ne tombât dans le lait, lui jeta une poudre, ce qui rendit celle-ci aussitôt très gravement malade. La sorcière la vint visiter, lui donna un œuf qui fut avalé, et le mal augmenta. Là-dessus on arrête la Poinsorte et on la brûle, le jour de la Pentecôte 1617 ; ce néanmoins, sa victime demeura deux années encore en proie à de fortes crises. « Enfin — et ici je cite notre document —venue en dévotion à Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, elle jeta une grenouille par la bouche à la vue de plusieurs personnes, environ les 11 heures du matin ; laquelle fut vue sauteler jusques au milieu de la rue (notre Grande-Rue). Puis la femme, de retour à Gondreville, ne ressentit plus aucun de ses maux précédents. » Depuis 1620, les miracles produits par Notre-Dame de Bonne-Nouvelle n’ont plus été enregistrés ; du reste, les Français allaient bientôt occuper Nancy pour de longues années, et ces sanctuaires nationaux lorrains étaient mal vus. La Vierge y fit moins de prodiges. Puis, quand Léopold rentra dans ses États, les idées du public avaient changé ; l’on ne croyait plus à la sorcellerie, même plus aux miracles. Le clergé cependant continua d’entourer la statue de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle d’une vénération particulière, et, après la suppression du chapitre Saint-Georges, elle fut transférée en grande solennité, le Iᵉʳ novembre 1745, dans l’église primatiale. L’on grava à cette occasion une image qui est très recherchée des collectionneurs ; elle nous représente le duc Charles III et sa femme Claude de France avec leurs enfants, aux pieds de la Vierge de Bonne-Nouvelle, et au-dessous on lit ces vers médiocres :
Nancy, que tu dois bien respecter celle Image, Elle est un scur secours pour le Pais Lorrain ; Et dès que tu lui rens un humble et juste hommage, Tu ressens dans tes maux son pouvoir souverain.
Une chapelle spéciale fut dédiée à la Primatiale à Notre-Dame de Bonne- Nouvelle : celle qui se trouve dans le transept à gauche en entrant, faisant vis-à-vis à la chapelle du Sacré-Cœur. La statue est placée sur l’autel rocaille, d’un goût assez douteux, présent que fit à l’église le chanoine de Ravinel. Lors de la Révolution, cette statue de la Vierge fut sauvée ; ou du moins on en garda les fragments dans un lieu sûr. On la restaura après le Concordat, en la dénaturant. Par suite d’une pudeur exagérée, l’on couvrit d’une draperie le sein de la Vierge ; l’on plaça de profil la tête de l’enfant qui était jadis penchée vers le sein. Devant l’image, des fidèles allument encore quelques cierges ; des légionnaires y ont accroché leurs croix ; mais bien loin est le temps où Notre-Dame de Bonne-Nouvelle balançait la gloire de Notre-Dame de Bonsecours et où les pèlerins se partageaient, entre les deux sanctuaires.
¶ Extra Tempus Paschale : · ¶ Hors du Temps pascal :
In missis votivis post Septuagesimam, ommissis Allelúia et versu sequenti, dicitur · Aux messes votives après la Septuagésime, on omet l’Alléluia et son verset et on dit
Credo · Credo