Vendredi dans l’Octave de l’Ascension
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Présentation
Présentation
En 1955, le Décret de simplification des rubriques a supprimé l’Octave de l’Ascension. Les jours dans l’octave sont devenus des féries du Temps pascal, où l’on reprend la Messe de l’Ascension sans Credo ni Communicántes propre. Au bréviaire, l’Office est réduit à la lecture de l’Écriture occurrente (ancien premier nocturne des Matines), la psalmodie est celle du jour de la semaine et non plus celle du Jour de l’Ascension.
Le Code des Rubriques de 1960 a entériné cet état de fait.
L’Octave de l’Ascension était du même degré que celui de Noël, c’est à dire de IIIᵉ ordre [1] : il acceptait les fêtes de saints de rite double. Dom Pius Parsch regrettait déjà cet état de fait : « On doit alors prendre la messe et l’office de cette fête (de saint). Cela est d’autant plus regrettable que l’office de l’Octave est très beau. Il est peu de fêtes qui contiennent d’aussi belles lectures des Pères. » [2] : Qu’aurait-il dit devant la suppression complète de l’Octave ? Par une sorte de contamination liturgique, le vendredi après l’Octave, coincé entre le jour Octave et la Vigile de la Pentecôte se vit affecté l’Office de l’Octave avec aussi deux lecture patristiques. De fait, du Jour de l’Ascension au vendredi après l’Octave, la liturgie offrait une neuvaine préparatoire à la Pentecôte.
Nous donnerons donc ici l’Office des Matines avec les deux lectures patristiques propres à chaque jour, et les commentaires habituels.
Le 1ᵉʳ nocturne des Matines était consacré (sauf le jour de la fête : récit de l’Ascension dans les Actes des Apôtres et le jour octave de l’Ascension, où les lectures de St Paul aux Éphésiens ont un rapport direct avec la fête) à la lecture continue de l’Écriture comme il convient en temps de férie (vendredi et samedi, la 2ᵈᵉ Épître de St Pierre ; du dimanche au mardi, la 1ʳᵉ Épître de St Jean, le mercredi la 2ᵈᵉ, le vendredi après l’Octave, la 3ᵉ, enfin la Vigile de Pentecôte, l’Épître catholique de St Jude.
Le 2ᵈ nocturne donnait des lectures patristiques de :
– St Léon le Grand :
— 1ᵉʳ Sermon sur l’Ascension (Jeudi de l’Ascension)
— 2ᵈ Sermon sur l’Ascension (Vendredi et Samedi de l’Ascension)
– St Augustin :
— 2ᵈ Sermon sur l’Ascension (Dimanche dans l’Octave)
— 3ᵉ sermon sur l’Ascension (Jour Octave et Vendredi après l’Octave)
– St Jean Chrysostome : Sermon de l’Ascension, tome 3 (Lundi de l’Ascension)
– St Maximin de Turin : 2ᵉ sermon de la Pentecôte [3] (Mardi de l’Ascension)
– St Grégoire de Nysse (Mercredi de l’Ascension)
Le 3ᵉ nocturne concerne bien sûr (sauf le Dimanche qui a son Évangile propre) l’Évangile du jour de la fête (Marc. 16, 14-20) et son commentaire : c’est, pendant tout l’Octave, la célèbre homélie 29 de St Grégoire le Grand, prononcée à Saint-Pierre le jour de l’Ascension 24 mai 591 qui est lue. Le Dimanche dans l’Octave (et le Vendredi après l’Octave, où l’on reprend le même Évangile), pour commenter l’Évangile de saint Jean, le bréviaire fait appel à St Augustin et son Traité 92 sur St Jean.
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Nous voici arrivés, pour ainsi dire, au point culminant de l’œuvre divine, et ce n’est véritablement qu’aujourd’hui qu’elle nous apparaît dans son entier. Chaque jour la sainte Église, dans l’auguste Sacrifice, à la suite des paroles sacrées qui ont amené sur l’autel celui qui est à la fois le Dieu et la victime, s’adressant à la majesté du Père, exprime ainsi les motifs de sa confiance : « Ayant donc présents a la pensée, nous vos serviteurs et votre peuple saint, la bienheureuse Passion de ce même Christ, votre Fils et notre Seigneur, sa Résurrection du tombeau, et aussi sa glorieuse Ascension dans les cieux, nous vous offrons cette hostie pure, sainte et immaculée » [43]. Il ne suffit donc pas à l’homme de s’appuyer sur les mérites de la Passion du Rédempteur qui a lavé nos iniquités dans son sang ; il ne lui suffit pas de joindre à ce souvenir celui de la Résurrection qui a donné à ce divin Libérateur la victoire sur la mort ; l’homme n’est sauvé, n’est rétabli, que par l’union de ces deux mystères avec un troisième, avec le mystère de la triomphante Ascension de Celui qui est mort et ressuscité. Jésus, durant les quarante jours de sa vie glorieuse sur la terre, n’est encore qu’un exilé ; et nous demeurons exilés comme lui, jusqu’à ce que la porte du ciel, close depuis quatre mille ans, se rouvre pour lui et pour nous.
Dans son ineffable bonté, Dieu n’avait pas seulement appelé l’homme à la royauté sur tous les êtres dont cette terre est couverte ; il ne l’avait pas destiné seulement à connaître la vérité dans la proportion des besoins de sa nature, à réaliser le bien selon les forces de sa vie morale, à rendre un lointain hommage à son créateur. Par un dessein de sa toute-puissance unie à son amour, Dieu avait assignée cet être si chétif et si faible une fin au-dessus de sa nature.
Inférieur à l’Ange, et réalisant dans son être l’union de l’esprit et de la matière, l’homme était appelé à la même fin que l’Ange. Le ciel devait les recevoir l’un et l’autre ; l’un et l’autre étaient appelés à trouver éternellement leur bonheur dans la vue de Dieu face à face, dans la possession intime du souverain bien. La grâce, secours divin et mystérieux, devait les adapter à cette fin sublime que leur avait gratuitement préparée la bonté de leur créateur. Telle était la pensée dans laquelle Dieu s’était complu éternellement : élever jusqu’à lui ces fils du néant et verser sur eux, selon la mesure de leur être agrandi, les torrents de son amour et de sa lumière.
Nous savons quelle catastrophe arrêta tout à coup une partie des Anges sur le chemin de la béatitude suprême. Au moment de l’épreuve qui devait décider de l’admission de chacun d’eux au bonheur sans fin, un cri de révolte se fit entendre. Dans tous les chœurs angéliques il y eut des rebelles, des esprits qui refusèrent de s’abaisser devant le commandement de l’ordre divin ; mais leur chute ne nuisit qu’à eux-mêmes, et les Esprits fidèles admis en récompense à la vue et à la possession béatifiante du souverain bien, commencèrent leur éternité de bonheur. Dieu daignait admettre des êtres créés à la jouissance de sa propre félicité, et les neuf chœurs glorifiés s’épanouirent sous son regard éternel.
Créé plus tard, l’homme aussi tomba, et son péché brisa le lien qui l’unissait à Dieu. La race humaine n’était alors représentée que par un seul homme et une seule femme : tout avait donc sombré à la fois. Après la faute, le ciel demeurait fermé désormais à notre race ; car dans leur chute Adam et Ève avaient entraîné leur postérité future, à laquelle ils ne pouvaient transmettre un droit qu’ils avaient perdu. Au lieu de ce passage agréable et rapide sur la terre, auquel devait mettre fin une heureuse ascension vers le séjour éternel de la gloire, il ne nous restait plus qu’une courte vie remplie de douleurs, et, pour perspective, le tombeau où notre chair sortie de la poussière serait elle-même réduite en poussière. Quant à notre âme, créée pour le bonheur surnaturel, lors même qu’elle y eût aspiré, ce n’eût été que pour s’en voir à jamais frustrée. L’homme avait préféré la terre ; elle lui demeurait pour quelques jours, après lesquels il la laisserait à d’autres qui disparaîtraient également jusqu’à ce qu’il plût à Dieu d’en finir avec cette œuvre manquée.
Ainsi avions-nous mérité d’être traités ; mais telle ne fut pas cependant l’issue de notre création. Quelle que soit la haine que Dieu porte au péché, il avait appelé l’homme à jouir des trésors de sa gloire, et il ne consentit pas à déroger aux desseins sublimes de sa sagesse et de sa bonté. Non, la terre ne sera pas un séjour où l’homme ne fera que naître et s’éteindre bientôt. Lorsque la plénitude des temps sera arrivée, un homme paraîtra ici-bas, non point le premier d’une création nouvelle, mais un homme comme nous, de notre race, « fait de la femme », comme parle l’Apôtre [44]. Or, cet homme à la fois céleste et terrestre s’associera à notre disgrâce ; comme nous il passera par la mort, et la terre le possédera trois jours dans son sein. Mais elle sera forcée de le rendre, et vivant, il apparaîtra aux regards éblouis des autres hommes. Nous l’avons vu, et nous qui sentons en nous-mêmes une « réponse de mort » [45], nous nous sommes réjouis de voir la chair de notre chair, le sang de notre sang remporter une si belle victoire.
Ainsi donc les intentions divines n’auront pas été frustrées en tout. Voici que la terre présente au Créateur un second Adam qui, ayant vaincu la mort, ne peut plus s’arrêter ici-bas. Il faut qu’il monte ; et si la porte du ciel est fermée, il faut qu’elle s’ouvre pour lui. « Princes, élevez vos portes ; portes éternelles, élevez-vous, et le Roi de gloire entrera dans le séjour qui l’attend » [46]. Oh ! S’il daignait nous attirer après lui ! Car il est notre frère, et nous savons que « ses délices ici-bas étaient d’être avec les enfants des hommes » [47]. Mais qu’il monte, que son Ascension soit dès aujourd’hui. Il est le plus pur sang de notre race, le fils d’une mère sans tache ; qu’il aille nous représenter tous dans cet heureux séjour que nous devions habiter. C’est la terre qui l’envoie ; elle n’est plus stérile du moment qu’elle l’a produit ; car elle a enfin fructifié pour le ciel. Ne semble-t-il pas qu’un rayon de lumière est descendu jusqu’au fond de cette vallée de larmes, lorsque les portes du ciel se sont levées pour lui ouvrir passage ? « Élevez-vous donc, ô Seigneur des hommes ! Élevez-vous dans votre puissance, et nous, sur cette terre, nous chanterons les grandeurs de votre triomphe ! » [48] Père des siècles, recevez cet heureux frère que vos fils disgraciés vous envoient. Toute maudite qu’elle semblait être, « la terre a donné son fruit » [49]. Oh ! s’il nous était permis de voir en lui les prémices d’une plus abondante moisson que votre majesté daignerait agréer, nous oserions penser alors que ce jour est celui où vous rentrez en possession de votre œuvre primitive.
Empruntons aujourd’hui la voix de l’Église arménienne, toujours si mélodieuse, et unissons-nous comme elle aux transports qu’éprouvèrent les saints Anges, au moment où ils virent s’élever de la terre l’homme nouveau qui venait s’asseoir au plus haut des cieux.
HYMNE
Les Puissances du ciel ont été émues en vous voyant monter, ô Christ ! Elles se disaient l’une à l’autre dans leur tremblement : « Quel est ce Roi de gloire ? »
— C’est le Dieu Verbe incarné, qui a anéanti le péché sur la croix, et qui, s’étant envolé avec gloire, vient au ciel, Seigneur qu’il est, dans sa force et sa vertu.
— C’est celui qui s’est levé du sépulcre et a détruit la mort ; aujourd’hui il monte avec gloire, et vient au Père : il est le Seigneur puissant dans les combats.
— C’est lui qui, par un pouvoir divin, est monté aujourd’hui sur le char de son Père, servi par les chœurs des Anges, qui chantaient et s’écriaient : « Princes, ouvrez vos portes, et le Roi de gloire entrera. »
Les Puissances célestes étaient dans l’étonnement, et se demandaient d’une voix tremblante : « Quel est ce Roi de gloire qui vient dans la chair et revêtu d’un si merveilleux pouvoir ? Princes, ouvrez vos portes, et le Roi de gloire entrera. »
Les Hiérarchies supérieures faisaient entendre un concert harmonieux ; elles chantaient un cantique nouveau, et disaient : « C’est le Roi de gloire, le sauveur du monde et le libérateur du genre humain. Princes, ouvrez vos portes, et le Roi de gloire entrera. »
Et nous, qui avons été entés sur toi par la ressemblance de ta mort, ô Fils de Dieu, rends-nous dignes d’obtenir aussi cette autre ressemblance, ô Roi de gloire ! Toutes les Églises des saints célèbrent ton triomphe par des cantiques spirituels.
Tu as crucifié avec toi le vieil homme, tu as brisé l’aiguillon du péché, tu nous as délivrés par ce bois vivifiant auquel tu fus attaché, et les gouttes de ton sang ont enivré le monde : toutes les Églises des saints célèbrent ton triomphe par des cantiques spirituels.
Dans ta compassion pour nous, ta nature divine a daigné s’incarner, et tu nous as fait participer à ton corps et à ton sang dans le Sacrifice d’agréable odeur que tu as offert à ton Père, en lui immolant ton corps, emprunté à notre nature. Ensuite tu es monté sur un nuage éclatant, à la vue des Puissances et des Principautés qui, dans leur admiration, se demandaient : « Quel est celui qui arrive d’Édom d’un pas si rapide ? » Et les membres de ton Église ont appris à connaître les ressources de ton infinie sagesse. Que toutes les Églises des saints célèbrent ton triomphe par des cantiques spirituels.
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
L’Octave reprenant la Messe de la Fête, le Bhx Schuster ne donne pas de commentaire propre.
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
Sois notre chemin sur la montée du ciel.
La fête de l’Ascension ayant une Octave de troisième ordre (un peu comme Noël), cette Octave doit céder la place à toute fête double. On doit alors prendre la messe et l’office de cette fête. Cela est d’autant plus regrettable que l’office de l’Octave est très beau. Il est peu de fêtes qui contiennent d’aussi belles lectures des Pères. Les lecteurs qui ne sont pas tenus à l’Ordo peuvent, pendant toute l’Octave, réciter l’office de l’Ascension.
1. Une fête de Roi. — Autrefois, on considérait aujourd’hui le Seigneur comme un vainqueur, un triomphateur qui, chargé de butin, « monte vers les hauteurs et emmène les prisonniers » (Ps. 67) ; nous le considérions comme le Fils, qui rentre dans la maison paternelle après avoir rempli la mission que lui a confiée son Père. Mais, depuis que le Pape Pie XI à établi la fête du Christ-Roi, nous aimons, à l’exemple de l’ancienne Église, voir dans le Christ le Roi assis sur son trône dans tout l’éclat de sa majesté. Nous avons, au cours de l’année, une foule de fêtes royales à célébrer, nous en célébrons une, aujourd’hui, qui est particulièrement belle. La fête de l’Ascension est la fête de l’accession au trône, la fête du couronnement du Roi Jésus-Christ.
Le Seigneur était Roi aussi dans les jours de sa vie terrestre ; il était Roi quand il était couché dans la Crèche (Rex pacificus) ; il était Roi à Nazareth (Rex absconditus) ; il était Roi dans sa Passion : dans son plus profond abaissement, il dit devant Pilate : « Je suis Roi ». Suspendu à la Croix, il régnait par le bois (Regnavit a ligno Deus) : la Croix était son trône, sa couronne était la couronne d’épines, et il portait un sceptre de roseau. Mais cette royauté était encore une royauté cachée. Aujourd’hui commence sa royauté dans la puissance et la majesté.
a) Accompagnons en esprit le Seigneur au moment de son entrée royale. Quelle ne fut pas sa réception ! Si, sur la terre, on organise des triomphes pour les grands hommes, quels honneurs ne réservèrent pas à leur Roi les phalanges célestes ! Représentons-nous, aux portes du ciel, cette scène que décrit saint Grégoire de Nysse, le mercredi dans l’Octave. Quand les gardiens des portes de la citadelle céleste apprennent que celui qui fait son entrée est « le Seigneur des armées et le Roi de gloire », ils ouvrent joyeusement les « portes éternelles ». Et le Père reçoit avec empressement son Fils et le conduit sur le trône de gloire. — Aujourd’hui, l’Église triomphante célèbre, elle aussi, dans le ciel, l’accession au trône de son Roi : « la brillante troupe des anges s’envole vers lui, le glorieux Sénat des Apôtres va à sa rencontre, la blanche troupe des confesseurs l’entoure, le chœur des vierges le salue avec des cantiques d’allégresse » (Recommandation de l’âme). Nous aussi, pauvres pèlerins terrestres, joignons-nous humblement à la troupe des saints et, avec eux, rendons hommage au Roi.
b) Considérons maintenant le Père céleste recevant son Fils, le conduisant sur le trône de gloire et lui disant les mémorables paroles : « Assieds-toi à ma droite jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis l’escabeau de tes pieds » (Ps. 109). Désormais, le Christ règne comme Roi sur le ciel et la terre. Le Père lui a tout remis et il exercera sa souveraineté jusqu’à la fin du monde. Quand le dernier racheté aura été incorporé à son corps mystique, quand tous ses ennemis seront devenus l’escabeau de ses pieds, c’est-à-dire après le jugement dernier, il remettra sa souveraineté à son Père afin que Dieu soit tout en tous » (1 Cor. XV, 28).
c) Considérons encore le manteau royal du Seigneur et sa couronne. Son manteau royal, c’est sa sainte humanité. C’est ce qui fait que les gardiens des portes ne le reconnaissaient pas, « c’est qu’il avait revêtu, l’humble vêtement de notre nature et que son vêtement, dans le pressoir de la Passion humaine, avait été maculé de sang » (Saint Grégoire de Nysse dans l’homélie ci-dessus). Le Christ Homme est assis sur le trône de gloire. C’est cela qui jetait les Pères dans un profond étonnement. Notre nature a été élevée, par l’accession du Christ au trône, à la plus haute dignité. « L’Ascension du Christ, c’est notre élévation », dit le pape saint Léon. Nous pouvons dire avec joie que l’un des nôtres est assis sur le trône de Dieu. Et quelle est sa couronne ? Au psaume 20, nous chantons aujourd’hui : « Tu as mis sur sa tête une couronne de pierres précieuses ». Que signifie cette couronne ? Si saint Paul a pu dire de son Église de prédilection : Vous êtes ma couronne, nous pouvons dire, de même, que la couronne du Christ, c’est le chœur de ses saints. Cette couronne porte des pierres précieuses : les rubis des martyrs, les perles des vierges, les améthystes des confesseurs. Nous aussi, faibles enfants de Dieu, nous voulons être une petite pierre de la couronne de notre Roi.
2 La prière des Heures. — Au bréviaire, ce sont encore deux papes qui nous adressent la parole dans la fête liturgique de l’Ascension. Saint Léon 1ᵉʳ exprime encore sa pensée de prédilection : par l’Ascension du Christ notre nature humaine est élevée. « De même que, dans la solennité pascale, la Résurrection du Seigneur fut pour nous une cause de joie, de même son Ascension dans les cieux est pour nous, aujourd’hui, l’occasion d’une grande allégresse, car nous célébrons et vénérons le jour où, dans le Christ, notre pauvre nature humaine a été élevée au-dessus de tous les ordres des anges, au-dessus de la sublimité de toutes les puissances, célestes, jusqu’au trône de Dieu le Père ». Il expose ensuite, d’une manière lumineuse, les raisons pour lesquelles le Christ devait quitter la terre. « La force des grandes âmes, la lumière des Ames fidèles se montre en ce qu’elles croient sans hésiter ce qu’elles ne voient pas de leurs yeux corporels, et fixent leur désir là où leur regard ne peut pénétrer. Mais comment ce pieux sentiment naîtrait-il dans notre cœur, ou bien comment pourrait-on être justifié par la foi si notre salut n’avait son fondement que dans ce qui s’offre aux regards extérieurs ? C’est pourquoi le Christ dit à cet homme qui aurait, semble-t-il, douté de sa Résurrection s’il n’avait pas constaté les blessures de son corps par la vue et le toucher : « Parce que tu m’as vu, tu as cru ; bienheureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru cependant ».
D’un tout autre genre est l’homélie de saint Grégoire qui fut prononcée, environ 150 ans plus tard, dans la même église de Saint-Pierre. Nous avons, ici, le seul cas où une homélie est répartie entre les jours de l’Octave et lue tout entière au bréviaire. Le saint pape s’étend sur la parole du Seigneur dans son discours d’adieu : « Celui qui croit et sera baptisé, celui-là sera sauvé ; celui qui ne croit pas sera condamné ». Quelqu’un pourrait penser : je crois, je serai sauvé. Cela n’est vrai que lorsque les œuvres sont conformes à la foi. Car la vraie foi est celle qui, quand elle confesse quelque chose en parole, ne le nie pas dans les œuvres. C’est pourquoi saint Paul dit de certains qui ont une foi fausse : « Ils prétendent connaître Dieu, mais en réalité ils le nient (Tit., l, 16). C’est pourquoi aussi saint Jean dit : « Celui qui dit qu’il connaît Dieu et n’observe pas ses commandements, celui-là est un menteur » (1 Jean, II, 22).
3. Lecture d’Écriture (II Pierre, chap. 1). — La seconde Épître de saint Pierre est une lettre pastorale et, en même temps, la lettre d’adieu du premier vicaire du Christ. L’Épître prépare au retour du Christ et au jugement. Saint Pierre, en considération des fins dernières, exhorte à la vie chrétienne : « Mes frères, prenez garde d’assurer votre vocation et votre élection par des bonnes œuvres. En agissant ainsi, vous ne ferez jamais de faux pas et, ainsi, vous sera largement ouverte l’entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ... Aussi longtemps que je suis dans cette tente, je crois de mon devoir de vous tenir en éveil par mes avertissements. Je sais, en effet, que ma tente sera bientôt renversée, ainsi que Notre-Seigneur Jésus-Christ me l’a fait connaître ».
Office du jour
Office
A MATINES