Sᵗᵉ Hedwige, Veuveabstinence

Textes liturgiques

Mercredi dans l’Octave de l’Ascension

Commentaires

Présentation

Présentation

En 1955, le Décret de simplification des rubriques a supprimé l’Octave de l’Ascension. Depuis, au bréviaire, l’Office est réduit à la lecture de l’Écriture occurrente (ancien premier nocturne des Matines), la psalmodie est celle du jour de la semaine et non plus celle du Jour de l’Ascension.

Nous donnons ici l’Office des Matines avec les deux lectures patristiques propres à chaque jour, et les commentaires habituels.

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Abaissons sur la terre nos regards, que nous avons tenus jusqu’ici fixés au ciel pour y suivre Celui qui nous a quittés. Recherchons maintenant les effets du divin mystère de l’Ascension jusque dans notre humble et passagère demeure, où le Fils de Dieu a cessé de résider visiblement. Quel étonnant spectacle attire notre attention ici-bas ! Ce Jésus, qui monta aux cieux en ce jour, sans que la ville de Jérusalem s’en émût, sans qu’elle s’en fût même aperçue, sans que le genre humain s’ébranlât à la nouvelle du départ de son hôte divin ; ce même Jésus, en ce simple anniversaire d’aujourd’hui, dix-huit siècles après l’événement, émeut encore la terre tout entière de l’éclat de son Ascension. En nos tristes jours la foi est languissante ; quelle est cependant la région du globe où n’habitent pas les chrétiens, soit à l’état de peuple, soit à l’état d’individus ? C’en est assez pour que l’univers entier entende dire que Jésus est monté aux cieux, et que ce jour est consacré à fêter sa glorieuse Ascension.

Durant trente-trois années il vécut de notre vie sur la terre. Fils éternel de Dieu, son séjour parmi nous fut ignoré de toutes les nations sauf une seule. Cette nation le crucifia ; les Gentils ne l’eussent pas même regardé ; car « la lumière a beau luire dans les ténèbres, les ténèbres ne la comprennent pas » [48] ; et Dieu a pu « venir dans son œuvre même, et ne pas être accueilli par les siens » [49]. Au sein du peuple préparé pour sa visite, sa parole a été cette semence qui tombe sur un terrain pierreux et ne germe pas, dans les épines et est bientôt étouffée par elles, et qui rencontre à peine un coin de cette bonne terre où elle peut fructifier [50]. Si, à force de patience et de bonté, il maintient autour de lui quelques disciples, leur confiance en lui est demeurée faible, hésitante, toujours prête à s’éteindre.

Et néanmoins, depuis la prédication de ces mêmes Apôtres, le nom et la gloire de Jésus sont partout ; en toutes les langues, dans toutes les races, il est proclamé le Fils de Dieu incarné ; les peuples les plus civilisés comme les plus barbares sont venus à lui ; on fête sa naissance dans l’étable de Bethléhem, sa mort douloureuse sur la croix où il paya la rançon du monde coupable, sa résurrection par laquelle il confirma la mission divine qu’il était venu accomplir, enfin son Ascension qui le fait asseoir en ce jour Homme-Dieu, à la droite de son Père. Dans l’univers entier la grande voix de l’Église fait retentir le mystère de la glorieuse Trinité, qu’il est venu révéler au monde. Cette sainte Église qu’il a fondée enseigne à toutes les nations la vérité révélée, et dans toutes les nations elle rencontre des âmes dociles qui répètent son symbole.

Comment s’est accomplie cette merveille ? Comment a-t-elle persévéré et persévère-t-elle depuis dix-huit siècles ? Jésus, qui s’élève au ciel en ce jour, nous l’explique d’un seul mot : « Je m’en vais, dit-il, et il vous est avantageux que je m’en aille. » Qu’est-ce à dire, sinon que, dans notre état actuel, il y a pour nous quelque chose Je plus avantageux que sa présence sensible ? Cette vie n’est donc pas le moment de le voir et de le contempler, même dans sa nature humaine. Pour le connaître, pour le goûter, même dans cette humaine nature, un autre élément nous est nécessaire : c’est la foi. Or, la foi aux mystères du Verbe incarné ne commence à régner sur la terre qu’à partir du moment où il cesse d’être visible ici-bas.

Qui pourrait dire la force triomphante de la foi ? Saint Jean l’appelle d’un nom glorieux. « La foi, dit-il, c’est la victoire qui abat le monde « sous nos pieds » [51]. C’est elle qui a abattu aux pieds de notre divin Chef absent de ce monde, la puissance, l’orgueil et les superstitions de la société antique ; et l’hommage en est monté jusqu’au trône où prend place aujourd’hui Jésus, Fils de Dieu et fils de Marie.

Saint Léon le Grand, le sublime interprète du mystère de l’Incarnation, a pénétré cette doctrine de son coup d’œil toujours si sûr, et il l’a rendue avec l’éloquence qui lui est familière.

Après avoir accompli la prédication de l’Évangile et les mystères de la nouvelle Alliance, nous dit-il, Jésus-Christ notre Seigneur s’élevant au ciel sous les yeux de ses disciples, a mis un terme à sa présence corporelle ici-bas, et il doit demeurer à la droite de son Père jusqu’à ce que soient accomplis les temps divinement destinés à la multiplication des enfants de l’Église ; après quoi il reviendra pour être le Juge des vivants et des morts, dans la même chair avec laquelle il est monté. Ainsi donc, tout ce qui avait été visible ici-bas en notre Rédempteur a passé dans l’ordre des Mystères ; et afin de rendre la foi plus excellente et plus ferme, la vue a été remplacée par un enseignement dont l’autorité, entourée d’un rayonnement céleste, entraîne les cœurs des croyants.

C’est par la vertu de cette foi dont l’Ascension du Seigneur a accru l’énergie, et que le don de l’Esprit-Saint est venu fortifier, que ni les chaînes, ni les cachots, ni l’exil, ni la faim, ni les bûchers, ni la dent des bêtes féroces, ni les supplices inventés par la cruauté des persécuteurs, n’ont pu effrayer les chrétiens. C’est pour leur fidélité à cette foi que, dans le monde entier, non seulement des hommes, mais même des femmes, non seulement des enfants et des adolescents, mais des jeunes filles délicates, ont combattu jusqu’à l’effusion de leur sang. C’est cette foi qui a chassé les démons, fait disparaître les maladies, ressuscité les morts. De là, nous avons vu les bienheureux Apôtres eux-mêmes qui, après avoir été confirmés par tant de miracles, instruits par tant de discours du Seigneur, s’étaient laissé effrayer par les indignités de sa Passion, et n’acceptèrent la vérité de sa résurrection qu’après avoir hésité ; nous les avons vus changés aussitôt après son Ascension, à tel point que les choses qui jusqu’alors ne leur inspiraient que de la terreur, devinrent tout à coup pour eux une source d’allégresse. Toute la force du regard de leur âme s’était dirigée sur la divinité de celui qui est assis à la droite du Père ; la vue de son corps ne retardait plus la vigueur de leur œil, dès lors qu’ils pénétraient le Mystère, et arrivaient à comprendre qu’en descendant des cieux il ne s’était pas séparé de son Père, pas plus qu’en y remontant il ne s’était isolé de ceux qui avaient été ses disciples.

Le moment donc où le Fils de l’homme, qui est aussi le Fils de Dieu, s’est manifesté d’une façon plus excellente et plus auguste, est celui où il s’est retiré dans la gloire et la majesté de son Père ; car c’est alors que, par un procédé ineffable, il s’est rendu plus présent par sa divinité, à mesure que son humanité s’éloignait de nous davantage. C’est alors que la foi plus éclairée que l’œil terrestre s’est approchée d’un pas plus ferme de celui qui est le Fils égal au Père, qu’elle n’a plus eu besoin de palper dans le Christ cette nature humaine par laquelle il lui est inférieur. La substance de ce corps glorifié est demeurée la même ; mais la foi des croyants avait désormais son rendez-vous là où non plus une main de chair, mais une intelligence spirituelle est admise à toucher le Fils égal au Père. De là vient que le Seigneur ressuscité, lorsque Marie-Madeleine, qui représentait l’Église, s’élançait pour saisir ses pieds, l’arrêta par ces paroles : « Ne me touche pas ; car je ne suis pas monté encore vers mon Père » ; comme s’il eût dit : « Je ne veux plus que tu arrives à moi par une voie sensible, ni que tu me reconnaisses au contact humain ; je t’ai réservée à une plus sublime expérience ; j’ai préparé pour toi un sort plus digne d’envie. Lorsque je serai monté vers mon Père, c’est alors que tu me saisiras, mais d’une manière plus parfaite et plus vraie, parce que les sens étant dépassés, la foi te révélera ce que tes yeux ne verront pas encore. [52]

Il est donc inauguré par le départ de notre Emmanuel, ce règne de la foi qui doit nous préparer à l’éternelle vue du souverain bien ; et cette heureuse foi, qui est notre élément, nous donne en même temps toute la lumière compatible avec notre faible condition présente pour saisir et adorer le Verbe consubstantiel au Père, et pour avoir l’intelligence des Mystères que ce Verbe incarné a opérés ici-bas dans son humanité. Un grand nombre de siècles nous séparent du moment où il se rendit visible sur la terre, et nous le connaissons mieux que ne le connurent et ne le goûtèrent ses propres disciples avant son Ascension sur le mont des Oliviers. Il nous était donc véritablement avantageux qu’il s’éloignât ; sa présence eût gêné l’essor de notre foi, et notre foi seule pouvait remplir l’intervalle qui le sépare de nous, jusqu’à ce que nous ayons pénétré « à l’intérieur du voile ».

Combien est profond l’aveuglement de ces hommes qui ne sentent pas la puissance surhumaine de cet élément de la foi, par lequel le monde a été non seulement vaincu, mais transformé ! Ils prétendent avoir découvert la fabrication des Évangiles, et ils ne voient pas cet Évangile vivant qui résulte de dix-huit siècles de foi unanime, qui ressort de la confession généreuse de tant de millions de martyrs, de la sainteté de tant de justes, de la conversion successive de tant de nations, à commencer par les plus civilisées et à finir par les plus barbares. Certes, celui-là qui, après avoir visité un coin de cette terre durant quelques années, n’a eu besoin que de disparaître pour attirer à lui la foi des plus grands génies comme des cœurs les plus simples et les plus droits, est bien ce qu’il nous a dit être : le Fils éternel de Dieu. Gloire et action de grâces soient donc à vous, Seigneur, qui, pour nous consoler de votre départ, nous avez donné la foi par laquelle l’œil de notre âme s’épure, l’espérance de notre cœur s’enflamme, et les divines réalités que nous possédons se font sentir à nous dans toute leur puissance ! Conservez en nous ce don précieux de votre bonté toute gratuite, accroissez-le sans cesse, faites qu’il s’épanouisse dans toute sa maturité, au moment solennel qui doit précéder celui où vous vous révélerez à nous face à face.

Nous célébrerons aujourd’hui le mystère de l’Ascension en empruntant la voix d’une de nos Églises les plus septentrionales, tombée, hélas ! Comme toutes ses sœurs de la Suède, sous le joug du luthéranisme. C’est une Séquence tirée du dernier missel d’Abô, dans la Finlande. La composition de cette pièce se rapporte au XIVᵉ ou au XVᵉ siècle.

SÉQUENCE.
Omnes gentes plaudite,
Festos choros ducite,
Christo triumphante ;
Redit cum victoria,
Capta ducens spolia,
Tuba jubilante.
Nations, applaudissez,
menez des chœurs de fête :
le Christ triomphe,
il remonte victorieux,
traînant après lui les dépouilles qu’il a conquises ;
il monte au son joyeux de la trompette.
Papæ ! quam magnificum
Hodie dominicum
Germen gloriatur !
Terrae fructus hodie
Super thronos curiæ
Cœli sublimatur.
Oh ! Quelle gloire
entoure aujourd’hui
le Fils du souverain Seigneur !
Comme il s’élève,
le fruit de la terre,
au-dessus de tous les trônes du ciel.
Intrat tabernaculum
Moyses, et populum
Trahit ad spectaculum
Tantæ virtus rei :
Stant suspensis vultibus,
Intendentes nubibus
Jesum subducentibus,
Viri Galilæi.
De même que Moïse
étant entré dans le Tabernacle,
le peuple est entraîné
à contempler un spectacle si étonnant ;
ainsi les hommes de Galilée
ne peuvent détacher
leurs regards de la nuée
qui leur a soustrait Jésus.
Dum Elias sublevatur,
Elisæo duplex datur
Spiritus et pallium :
Alta Christus dum conscendit,
Servis suis mnas appendit
Gratiarum omnium.
Élie s’élève au ciel,
laissant à Élisée
son double esprit et son manteau ;
le Christ, montant à son tour,
fait part à ses serviteurs
du trésor de ses grâces.
Transit Jacob hunc Jordanem,
Luctum gerens non inanem,
Crucis usus baculo ;
Redit turmis cum duabus,
Angelis et animabus,
Et thesauri sacculo.
Le véritable Jacob a passé le Jourdain,
et à travers la souffrance,
se servant de la croix pour bâton,
aujourd’hui il revient escorté de deux bataillons,
les Anges et les âmes rachetées,
et il porte avec lui le trésor qu’il a conquis.
Hic est fortis,
Qui de mortis
Victor portis
Introit cum gloria ;
Rex virtutum,
Cujus nutum
Et obtutum
Trina tremit regia.
C’est le vaillant
qui, vainqueur
des portes de la mort,
entre avec gloire ;
c’est le Seigneur des armées,
dont un signe,
un regard,
fait trembler le triple univers.
Vocat Pater Filium
Ad consessus solium,
Donec suppedaneos,
Victos vel spontaneos,
Ponat inimicos.
Sedet in altissimis,
Fruitur potissimis ;
Redit ex novissimis,
Judicans ex intimis
Justos et iniquos.
Le Père invite son Fils
à s’asseoir sur le trône
jusqu’à ce qu’il ait réduit,
de gré ou de force,
ses ennemis à lui servir de marchepied.
Le voilà siégeant
au plus haut des cieux,
en possession d’honneurs infinis ;
mais à la fin il doit revenir,
pour juger les bons et les méchants
sur leurs actions même les plus secrètes.
Veni, Deus ultionum,
Veni cum clementia :
Dum sistemur ante thronum
Tua in præsentia :
Mane nobis tunc auditam
Fac misericordiam ;
In perennem transfer vitam
Ad futuram gloriam.
Amen.
Dieu vengeur,
venez avec clémence,
on ce jour où nous serons présentés
en face de votre trône ;
en cette vie, faites-nous goûter
dès le matin votre miséricorde ;
et transportez-nous
bientôt dans la vie éternelle,
pour y prendre part à la gloire future.
Amen.

Nous terminerons, comme les jours précédents, par une des belles prières du Bréviaire mozarabe dans le cours de l’Octave.

CAPITULA.
Domine Jesu Christe, qui sublimius exaltasti thronum tuum in Jerusalem civitatem tuam, quas est utique Ecclesia, dum eam gloriose conquiris et ab ea triumphanter ad Patrem ascendis : dum in assumpto homine Assumptionis tuæ gloriam manifestas : sint ergo in nobis, et vota tibi placita, et opera ipsa accepta ; ut ex hoc tecum possideamus regnum in gloria sempiterna. Amen.Seigneur Jésus-Christ, qui avez élevé avec tant de gloire votre trône dans votre cité de Jérusalem qui est l’Église ; vous qui en avez fait si glorieusement la conquête et qui de son sein vous élevez dans un si beau triomphe jusqu’au Père, et nous manifestez les grandeurs de votre Ascension dans la nature humaine que vous avez revêtue, daignez agréer nos vœux et accepter nos œuvres, afin que nous puissions posséder le royaume avec vous dans la gloire éternelle. Amen.
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

L’Octave reprenant la Messe de la Fête, le Bhx Schuster ne donne pas de commentaire propre.

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Le Roi de gloire veut entrer.

Nous entendons aujourd’hui l’Apôtre saint Jean et deux autres saints représentant, l’un l’Église d’Occident et l’autre, l’Église d’Orient : saint Grégoire le Grand et saint Grégoire de Nysse, évêque et docteur de l’Église, l’un des trois Cappadociens.

1. L’Ascension du Christ. — Saint Grégoire de Nysse nous offre un exemple classique d’application liturgique d’un psaume à propos du psaume 23. « La solennité de ce jour, déjà assez grande en elle-même, le Prophète David la rend plus grande encore en lui ajoutant la joie tirée des psaumes. En effet, cet illustre Prophète s’élève au-dessus de lui-même, se débarrasse, pour ainsi dire, du poids de son corps, se mêle aux puissances célestes et nous expose leurs voix quand elles accompagnent le Seigneur qui rentre au ciel. Elles commandent aux anges qui séjournent sur la terre et ont été chargés de la direction de la vie humaine, de cette manière : « Princes, élevez vos portes, élevez-vous portes éternelles, et le Roi de gloire fera son entrée ». Le Seigneur, qui contient tout en lui, se laisse mesurer, en quelque lieu qu’il soit, selon l’intelligence de ceux qui le reçoivent (en effet, il ne fut pas seulement un homme parmi les hommes, mais encore, quand il se trouve parmi les anges, il se rabaisse à leur langage). C’est pourquoi, aussi, les gardiens de la porte (du ciel) demandent : « Quel est ce Roi de gloire ? » Ils reçoivent cette réponse et cette indication : « Le Seigneur, le Fort, le Puissant dans le combat ». C’est lui, en effet, qui était destiné à combattre contre celui qui a réduit la nature humaine en servitude et a renversé celui à qui avait été donnée la puissance de la mort. Après avoir triomphé du terrible ennemi, il devait rendre au genre humain la liberté et la paix. Les gardiens des portes s’avancent à sa rencontre, donnent l’ordre de lui ouvrir les portes et lui rendent eux-mêmes l’hommage convenable. Seulement, ils ne le connaissent pas, car il a revêtu l’humble vêtement de notre humanité et parce que Il ses habits, dans le pressoir des souffrances humaines, ont été maculés de sang [53]. C’est pourquoi ils interrogèrent, une seconde fois, l’escorte du Roi qui fait son entrée : « Quel est ce Roi de gloire ? » Mais la réponse n’est plus, cette fois : « Le Seigneur, le Fort, le Puissant dans le combat », mais elle se formule ainsi : « Le Seigneur des armées », celui qui possède la puissance sur tout, qui rassemble et réunit tout sous lui, qui ramène tout à l’état primitif. C’est le « Roi de gloire ».

Saint Grégoire 1ᵉʳ explique l’Évangile de la fête à sa manière directe et simple.

2. Lecture d’Écriture (II Jean). — Cette brève Épître est une lettre pastorale du vieil Apôtre à une Église chrétienne. Jean se nomme « l’Ancien » — « Presbyter » — car il était le seul survivant des Douze. L’Épître contient une recommandation d’amour fraternel et une mise en garde contre les docteurs d’erreur. Jean appelle la communauté « dame », et les chrétiens « ses enfants », car cette Église était l’image de la Mater Ecclesia, l’Épouse du Christ et la Mère des chrétiens. « Ce fut pour moi une grande joie de rencontrer de tes enfants qui marchent dans la vérité, selon le commandement que nous avons reçu du Père. Maintenant, je te prie, Dame, non comme si je te prescrivais un commandement nouveau, car c’est celui que nous avons reçu dès le commencement — aimons-nous les uns les autres. L’amour consiste à marcher selon ses commandements ; et c’est là son commandement, comme vous l’avez appris dès le commencement, de marcher dans la charité. Car plusieurs séducteurs ont paru dans le monde ; ils ne confessent pas que Jésus-Christ est venu dans la chair. Par leur bouche parle le séducteur, l’antéchrist. Prenez garde à vous-mêmes, afin que vous ne perdiez pas le fruit de votre travail, mais que vous receviez une pleine récompense. Quiconque va au-delà et ne demeure pas dans la doctrine du Christ, ne possède point Dieu ; celui qui demeure dans cette doctrine possède le Père et le Fils ».

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