Lundi de la 1ʳᵉ semaine de Carême
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Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Chacune des féries du Carême a sa Messe propre, au lieu que, dans les féries de l’Avent, on répète simplement la Messe du Dimanche précèdent. Cette richesse de la Liturgie dans la sainte Quarantaine nous aide puissamment à entrer dans la pensée de l’Église, en multipliant l’expression des sentiments qu’elle veut nous inspirer. Nous extrairons de chacune de ces Messes fériales la Collecte, qui est toujours la prière la plus solennelle, l’Épître, l’Évangile et l’Oraison qui se dit sur le peuple à la fin de la Messe. Cet ensemble renferme la plus solide instruction, et nous fait passer en revue tout ce que les saintes Écritures contiennent de plus substantiel et de plus convenable au temps où nous sommes.
A Rome, la Station est aujourd’hui dans l’Église de Saint-Pierre-aux-Liens. Bâtie au Ve siècle par l’impératrice Eudoxie, femme de Valentinien III, elle garde avec honneur les chaînes du Prince des Apôtres. Nous aurons occasion de parler encore de cette Basilique au 1ᵉʳ août, lorsque le Cycle nous ramènera la fête de saint Pierre délivré de prison.
LEÇON.
Le Seigneur nous apparaît ici sous les traits d’un Pasteur plein de tendresse pour ses brebis : c’est en effet ce qu’il est pour les hommes, en ces jours de miséricorde et de pardon. Une partie de son troupeau s’était égarée et dispersée, au milieu des ténèbres de ce monde ; mais Jésus n’a point oublié ses brebis. Il s’est mis en marche pour les aller chercher et les réunir. Il n’est point de désert si écarté, point de montagne si abrupte, point de hallier si épineux, qu’il ne visite pour les retrouver. Il fait entendre à toutes sa voix par celle de la sainte Église qui les convie au retour ; et dans la crainte qu’elles ne se troublent à cause de leurs égarements, et qu’elles ne soient inquiètes de reparaître devant lui, il daigne les rassurer. Qu’elles reviennent seulement, qu’elles se laissent trouver ; et les plus doux pâturages sont pour elles, au bord des eaux, sur l’herbe la plus verdoyante, sur des montagnes pleines de délices. Elles sont blessées, le divin Pasteur bandera leurs plaies ; elles sont faibles, il les rendra fortes. Il les réunira aux brebis fidèles qui ne l’avaient pas quitté, et il demeurera toujours avec elles. Que le pécheur se laisse donc enfin fléchir à la vue de tant de bonté, et qu’il ne craigne plus les efforts qu’il lui faut faire pour se rapprocher du Seigneur son Dieu. Le retour lui semble pénible, l’expiation effraie sa faiblesse ; qu’il se rappelle les jours où il habitait dans la sécurité du bercail, sous l’œil du plus tendre Pasteur ; ces jours peuvent renaître pour lui. La porte de la bergerie est ouverte ; de nombreuses brebis, naguère égarées, s’y précipitent remplies de joie et de confiance ; qu’il les suive, et qu’il se rappelle « qu’il y a plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui fait pénitence, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de pénitence [12] ».
ÉVANGILE.
Tout à l’heure, un Prophète de l’Ancien Testament nous invitait de la part de Dieu à répondre aux avances du Pasteur de nos âmes ; le Seigneur épuisait tous les moyens de sa tendresse pour faire naitre dans le cœur de ses brebis égarées le désir de se rallier autour de lui ; et voici que la sainte Église, le même jour où elle nous a montre ce grand Dieu sous les traits d’un Pasteur si compatissant, nous le découvre sous l’aspect terrible d’un juge que rien ne saurait fléchir. Comment le caractère si débonnaire de notre Sauveur, du charitable médecin de nos âmes, s’est-il ainsi transformé ? « Retirez-vous de moi, maudits ; allez au feu éternel ! » et c’est dans l’Évangile même, dans le code de la loi de l’amour, que l’Église a trouvé ce formidable récit. Cependant, pécheur, ne vous y trompez pas ; lisez attentivement, et vous reconnaîtrez avec épouvante en celui qui prononce cet affreux anathème, le même Dieu dont le Prophète vous a décrit la miséricorde, la patience, le zèle pour toutes ses brebis. Sur son tribunal, il porte encore les traits d’un Pasteur : voyez, il sépare les brebis des boucs ; il place les unes à sa droite, les autres à sa gauche ; c’est toujours d’un troupeau qu’il s’agit. Le Fils de Dieu veut remplir la charge de berger jusqu’au dernier jour. Mais les conditions sont changées ; il n’y a plus de temps, l’éternité ouvre ses profondeurs ; le règne de la justice commence : justice qui accorde aux amis de Dieu la récompense promise ; justice qui précipite le pécheur impénitent dans l’abîme sans fond. Il serait trop tard alors de songer à la pénitence ; elle n’a lieu que dans le temps, et le temps n’est plus. Comment le chrétien qui sait que nous devons tous nous trouver réunis au pied de ce tribunal, hésite-t-il à se rendre aux invitations de l’Église qui le presse de satisfaire pour ses péchés ? Comment dispute-t-il à Dieu la faible expiation dont sa miséricorde veut bien encore se contenter aujourd’hui ? En vérité, l’homme est à lui-même son plus cruel ennemi, lorsqu’il écoute avec insensibilité cette parole de son Sauveur présent, de son Juge à venir : « Si vous ne faites pénitence, vous périrez tous [13] ».
Terminons cette journée, en récitant cette belle Hymne composée par saint Grégoire le Grand, et que l’Église emploie, dans le Carême, à l’Office des Matines.
Ex more docti mýstico (matines du Carême)
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Collecte aux Saints-Côme-et-Damien. Station à Saint-Pierre « ad Vincula ».
La basilique où se fait la collecte de ce jour, et qui est dédiée aux deux célèbres anargyres orientaux, fut érigée par Félix IV dans les salles du templum Romuli et du templum sacrae Urbis, où étaient conservées les archives de la Ville. Durant la période byzantine, elle fut en grande vénération, et le peuple affluait au sanctuaire des deux martyrs médecins, comme à une source assurée de santé. Les vers que Félix IV fit apposer sous la mosaïque de l’abside l’attestent encore :
Martyribus medicis, populo spes certa salutis
Fecit, et ex sacro crevit honore locus.
Optulit hoc Domino Felix antistite dignum
Munus ut ætheria vivat in arce poli.
Après le Latran, pour bien inaugurer le jeûne, l’Église désigne aujourd’hui pour la station la basilique in exsquiliis, dédiée par Sixte III aux apôtres Pierre et Paul, les grands patrons de Rome. Bien que leurs sépulcres soient distincts et se trouvent aux deux extrémités de la Ville, Rome ne les a toutefois jamais séparés dans sa vénération, et, quand, dans la liturgie, elle fête la mémoire de l’un, elle y unit immédiatement la commémoraison de l’autre.
L’insistance avec laquelle le pontife fondateur du titre joint ensemble les gloires des deux princes du collège apostolique est digne de remarque :
Haec Petri Paulique simul nunc nomine signa
Xystus, Apostolicæ Sedis honore fruens. Unum quæso, pares, unum duo sumite munus
Unus honor celebrat quos habet una fides.
Plus tard, toutefois, le titre de Saint-Pierre ad Vincula prévalut, en raison des chaînes de l’apôtre Pierre, conservées en ce lieu. Celles de saint Paul, comme l’atteste saint Grégoire le Grand, sont conservées dans la basilique de la voie d’Ostie.
Les lectures d’Ézéchiel et de saint Matthieu, que l’on fait à la messe, évoquent le souvenir du munus pastorale des deux apôtres, quos operis vicarios... eidem (c’est-à-dire à Rome), contulisti praeesse pastores [14]. Sous l’autel, sont également conservées de reliques des sept martyrs Macchabées.
L’introït est pris au psaume 122. Remarquons-le ici une fois pour toutes : la psalmodie de la messe était destinée à être revêtue des splendeurs mélodieuses de l’antiphonaire grégorien. En conséquence, celui qui veut goûter tout l’art liturgique romain, ne doit pas se contenter de lire, ni même de méditer les textes du missel ; ceux-ci peuvent être comparés à un livret de théâtre, qui ne peut donner l’idée de toute la beauté de la pièce ; il faut la voir et l’entendre interpréter. C’est pourquoi la liturgie romaine veut être goûtée dans les basiliques, avec les chants, dans l’appareil solennel des ministres sacrés, des rites et des processions qui la rendent si riche et si variée, si sublime et si efficace. Réalisée comme le prescrivent le cérémonial des évêques et le missel, la liturgie est un chef-d’œuvre de tant de beauté et de grâce céleste qu’elle dépasse tout art et toute manifestation de culture.
Voici le texte de l’antienne d’introït : « Comme les yeux des serviteurs sont attentifs au signe des maîtres, ainsi nos yeux sont levés vers le Seigneur notre Dieu, afin qu’il soit touché de pitié envers nous ; ayez pitié de nous, Seigneur, ayez pitié de nous. »
La collecte conjure le Seigneur d’éclairer notre âme par sa céleste lumière ; afin que le jeûne soit quelque chose de plus qu’une simple affliction du corps, et s’élève au caractère d’un vrai sacrifice de l’esprit contrit et pieux.
La belle lecture d’Ézéchiel (XXXIV, 11-16) vient ensuite, où le Seigneur se compare au bon Pasteur qui paît amoureusement son troupeau. Il le conduit à travers les prés fleuris et rafraîchis par les ruisseaux, et si quelque brebis se sépare et se perd, il va à sa recherche et la reconduit au bercail.
La docilité de l’âme aux soins du divin Pasteur l’éloigné de tout péril et fait qu’elle devient l’objet des ineffables sollicitudes de son Cœur si tendre. La scène décrite ici par Ézéchiel avait été souvent reproduite dans les cubicula des anciens cimetières, et, peut-être, dans l’abside même de la basilique de l’Esquilin. Lorsqu’on lisait ce passage du Prophète, le peuple pouvait probablement le voir représenté dans la coquille absidale, telle une première page de cette célèbre Biblia pauperum imaginée dans le bas moyen âge, et qui servit tant à l’instruction catéchétique des classes populaires.
Le répons-graduel est tiré du psaume 83 : « O Dieu, notre gage de protection, regardez-nous ; dirigez votre regard sur vos serviteurs ; Seigneur, Dieu des puissances, écoutez les prières de vos serviteurs. »
La lecture de saint Matthieu (XXV, 31-46) revient à l’image du bon Pasteur qui sépare les brebis des boucs, mettant les premières à sa droite et les seconds à sa gauche. Le divin Maître insiste sur l’absolue nécessité, pour notre foi, d’être agissante, sans quoi elle est morte et ne peut nous sauver. En effet, les élus et les réprouvés sont récompensés ou condamnés, non précisément pour avoir ou non écouté l’Évangile, mais pour l’avoir, ou non, vécu. Le christianisme n’est pas simplement une philosophie, une conception abstraite ; c’est une vie qui se révèle dans l’action et dans le sacrifice.
L’antienne d’offertoire vient du psaume 118 : « Je porterai mes yeux en haut, et je considérerai les merveilles de votre loi ; enseignez-moi les voies de votre sainteté, et donnez-moi la lumière pour comprendre vos commandements. »
Dans la secrète, présentant à Dieu notre oblation pour qu’il la sanctifie, nous le prions de nous purifier aussi de toute tache de péché.
L’antienne de la communion devrait être tirée du psaume 3 ; elle a été remplacée de bonne heure par une autre, empruntée à l’évangile d’aujourd’hui : « Je vous le dis en vérité, tout ce que vous aurez fait à l’un de ces malheureux qui sont miens, vous l’aurez fait à moi-même. Venez donc, bénis de mon Père ; entrez en possession du royaume qui vous a été préparé depuis le commencement du monde. » La série des antiennes psalmodiques présente une lacune, puisque, le 3ᵉ psaume étant omis, nous aurons demain le 4ᵉ. Ces stratifications de la liturgie romaine sont donc fort anciennes.
Voici la belle collecte eucharistique : « Fortifiés par le don du salut éternel, nous vous prions, ô Dieu, afin que le Sacrement auquel nous venons de participer avec une sainte joie nous renouvelle par son efficacité. »
La collecte sur le peuple est ainsi conçue : « Brisez, Seigneur, des lacs de nos péchés ; et, dans votre bonté, éloignez de nous les châtiments que nous méritons. »
La brebis est docile et douce, telle que doit être précisément l’âme à l’école de Celui qui est doux et humble de cœur. Le bon Pasteur nourrit une amoureuse sollicitude pour son troupeau, alors que les brebis qui s’éloignent de lui et qui ont la présomption de se suffire, soustraites à ses tendres soins, rencontrent le loup et périssent.
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
STATION A SAINT PIERRE ÈS LIENS
Le Bon Pasteur dans le temps de Carême.
Au début de chaque nouvelle période, l’Église nous donne une messe du Bon Pasteur (Cf. le deuxième dimanche après Pâques, le mardi de la Pentecôte, le troisième dimanche après la Pentecôte). Dans chaque temps liturgique, le Christ se manifeste comme Bon Pasteur et il le fait toujours d’une manière différente. L’image du Bon Pasteur est une image qu’aimait l’Église primitive ; des murs des catacombes ou de la couronne d’abside des basiliques, elle s’inclinait doucement vers les fidèles.
1. Le catéchuménat. — L’office d’aujourd’hui est l’ouverture du cours d’instruction des catéchumènes (je comparerais volontiers cet office à la messe du Saint-Esprit, à la rentrée des classes). Les candidats au baptême paraissent, pour la première fois, devant le Seigneur. Quels grands yeux ils doivent ouvrir et comme ils doivent regarder l’image du Bon Pasteur qui les reçoit aujourd’hui dans sa bergerie ! Ils ne peuvent encore se dire ses brebis, mais, avec la timidité des esclaves, ils lèvent les yeux vers le Christ, leur protecteur (Introït et Graduel). Comme nous comprenons l’oraison quand elle demande : « Convertis-nous et remplis notre cœur des enseignements célestes. »
Il faut remarquer aussi l’alternance dramatique des personnes qui parlent. A l’Introït, les catéchumènes parlent comme des esclaves ; dans la leçon, le Christ leur parle comme Pasteur : « Je m’occuperai moi-même de mes brebis. » Il les tire du paganisme et les conduit dans les grasses prairies d’Israël (de l’Église). Au Graduel, les catéchumènes parlent encore comme des esclaves, mais il semble qu’ils aient déjà moins de timidité. A l’Évangile, le Christ parle encore comme Pasteur. Plein d’amour, il invite ses brebis élues à entrer dans son royaume céleste sur la terre. « Venez les bénis de mon Père. » Même au Saint-Sacrifice proprement dit, où ne sont présents que les fidèles, le drame se continue. A l’Offertoire, ce sont les brebis qui parlent ; à la Communion, le Bon Pasteur les invite de nouveau. Célébrons donc la messe d’aujourd’hui avec des cœurs de catéchumènes.
2. La station. — A Saint-Pierre-les-liens. L’église, dans laquelle nous nous réunissons aujourd’hui en esprit, est un des 25 anciens titres qui furent fondés au quatrième siècle. Dans cette église, il y avait, dès la fin du IVᵉ siècle, un sanctuaire spécial consacré au souvenir de la captivité de saint Pierre à Jérusalem ; depuis le Ve siècle, on y conserve une chaîne de fer avec laquelle saint Pierre avait été enchaîné. Le 1ᵉʳ août est le jour anniversaire de la consécration de cette église, d’où la fête de Saint Pierre-les-liens. L’église de station semble avoir influé sur le texte de la messe : Pierre est le premier vicaire du Bon Pasteur (Leçon et Évangile). On lit dans l’Évangile : « J’étais en prison », et l’oraison sur le peuple demande « la délivrance des chaînes du péché ».
3. La messe (Sicut oculi) : Introït. — Sous l’impression des chaînes de saint Pierre, les catéchumènes (et nous aussi) paraissent devant le Christ comme des esclaves enchaînés ; ils lèvent les yeux vers lui, pour qu’il étende la main pour le pardon, qu’il ait pitié d’eux et leur accorde la grâce du baptême (c’est un véritable Introït). Dans l’oraison, nous demandons la « conversion » — cette grâce est demandée pour les catéchumènes, les pénitents et les fidèles — : « que le jeûne de quarante jours favorise notre progrès. » La leçon et l’Évangile se correspondent parfaitement. Ces deux textes envisagent d’abord les catéchumènes, mais ils pensent aussi aux fidèles : le Bon Pasteur qui cherche ceux qui sont dispersés (Baptême), les conduit « dans les grasses prairies sur les monts d’Israël (l’Église) et les nourrit » (Eucharistie). En même temps, le Bon Pasteur développe son programme de Carême : Ce qui était perdu, je le rechercherai ; ce qui était dispersé, je le ramènerai (catéchumènes) ; ce qui était brisé, je le panserai (les pénitents) ; ce qui était faible, je le fortifierai ; ce qui était fort, je le conserverai (les fidèles). Ces paroles contiennent tout le travail de renouvellement de l’Église dans le temps de Carême. Le Graduel — « Notre protecteur, regarde vers nous » — se rattache très bien à la leçon. Le Bon Pasteur est vraiment le protecteur de ses brebis. L’Évangile nous montre l’image du Bon Pasteur au moment de la parousie. Nous en retirerons trois enseignements importants :
1. La charité envers le prochain est la mesure du jugement. Nous nous rappelons que l’Église, le dimanche de la Quinquagésime, nous a indiqué (Épître) la charité comme le but de notre travail de Carême.
2. Nous devons voir, en tout, le Christ. L’Église nous donne le Christ, l’autel est le Christ ; à l’Évangile, parle et paraît le Christ ; le prochain est le Christ.
Ce n’est que lorsque nous aurons bien compris cela que nous pénétrerons le vrai sens de la liturgie. A l’Offertoire, nous réalisons la parole du Christ : nos dons aux pauvres sont reçus par le Christ. Aussi, regardons docilement vers le Christ pour comprendre ses commandements, et, tout d’abord, son commandement principal : la charité. La communion, elle aussi, est un de ces chants classiques que nous n’entendrons parfaitement que s’ils sont chantés pendant qu’on distribue la sainte Eucharistie.
4. Le psaume 3 — Confiance en Dieu. — Bien que, dans le missel actuel, le psaume 3 ne paraisse plus, il est cependant supposé dans toute son extension.
Ce psaume est attribué par la tradition au chantre royal, David. Nous ferons bien de nous rallier à l’opinion générale et d’admettre que ce chant doit son origine à la fuite du roi David devant son fils rebelle, Absalon. A la nouvelle du soulèvement, David s’enfuit, avec l’armée relativement peu nombreuse de ses fidèles, par delà le mont des Oliviers. Là, sur le mont des Oliviers, malgré le grand danger, il s’arrêta pour se reposer. Il se leva le lendemain avec un grand sang-froid. C’est à ce moment que ses pensées de la nuit durent prendre la forme d’un chant et ce chant c’est notre psaume 3. C’est un spectacle sublime de voir un homme, au moment où tout semble crouler devant lui, diriger, avec confiance et calme, ses pensées vers Dieu et trouver, dans cette méditation, la tranquillité de l’âme et la paix du cœur. Le chantre royal décrit magistralement ce qui se passe en lui. Les sentiments de son âme se développent graduellement. Chaque phase de ces sentiments s’explique dans une strophe. On peut, sans faire violence au psaume, le diviser en quatre strophes égales :
Seigneur, qu’ils sont nombreux ceux qui m’oppriment, quelle multitude s’est élevée contre moi !
Nombreux sont ceux qui disent à mon sujet :
« Plus de salut pour lui auprès de son Dieu. «Mais toi, Seigneur, tu es mon bouclier,
tu es ma gloire et tu relèves ma tête.
A haute voix, je crie vers le Seigneur
et déjà il m’exauce de sa sainte montagne.Je me suis couché et me suis endormi
et je me suis levé, car le Seigneur me protégeait ; Je ne crains pas devant le peuple innombrable
qui m’assiège de toute part.Seigneur, lève-toi ; sauve-moi, mon Dieu,
car tu as frappé tous ceux qui étaient injustement mes adversaires,
tu brises les dents des méchants.
Au Seigneur, le salut ;
que sur ton peuple soit ta bénédiction !
5. La prière des Heures. Toute la journée, nous restons sous l’impression des pensées de l’Évangile. Le soleil levant nous montre aujourd’hui le juge éternel : « Venez, les bénis de mon Père, prenez possession du royaume qui vous a été préparé avant la constitution du monde »(Ant. de Benedictus). Au coucher du soleil, nous entendons de nouveau la voix du souverain juge : « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait » (Ant. Magnificat). Chantons encore un chant de pénitence : « Dans le jeûne et les larmes les prêtres prieront : Épargne, Seigneur, épargne ton peuple et n’abandonne pas ton héritage à la ruine. Entre le vestibule et l’autel les prêtres pleureront et diront : Épargne, Seigneur, épargne ton peuple et n’abandonne pas ton héritage à la ruine. »
[1] Et il séparera les uns d’avec les autres, comme le berger sépare les brebis d’avec les boucs ; et il placera les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche. Alors le Roi dira à ceux qui sont à sa droite : Venez, les bénis de mon Père, possédez le royaume qui vous a été préparé dès l’établissement du monde. Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais sans asile, et vous m’avez recueilli ; j’étais nu, et vous m’avez vêtu ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venu à moi. Alors les justes lui répondront : Seigneur, quand est-ce que nous vous avons vu avoir faim, et que nous vous avons donné à manger ; avoir soif, et que nous vous avons donné à boire ? Quand est-ce que nous vous avons vu sans asile, et que nous vous avons recueilli ; ou nu, et que nous vous avons vêtu ? Ou quand est-ce que nous vous avons vu malade ou en prison, et que nous sommes venus à vous ? Et le Roi leur dira : En vérité, je vous le dis, toutes les fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. Il dira ensuite à ceux qui seront à gauche : Retirez-vous de moi, maudits, allez au feu éternel, qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. Car j’ai eu faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’ai eu soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais sans asile, et vous ne m’avez pas recueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas vêtu ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité. Alors ils lui répondront, eux aussi : Seigneur, quand est-ce que nous vous avons vu avoir faim, ou avoir soif, ou sans asile, ou nu, ou malade, ou en prison, et que nous ne vous avons pas assisté ? Alors il leur répondra : En vérité, je vous le dis, toutes les fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait. Et ceux-ci iront au supplice éternel, mais les justes à la vie éternelle. »
[2] Jc 2, 26
[3] Mt 25, 41
[4] Mt 25, 44
[5] 2 Cor 6, 2
[6] 1 Co 13, 3
[7] Ps 10, 6
[8] 2 Cor 6, 4
[9] 2 Cor 6, 4
[10] Mt 25, 40
[11] Joël 2, 17
[12] Luc. XV, 7.
[13] Luc, XIII, 3.
[14] Voir la Préface des Apôtres .
Lundi de la 1ʳᵉ semaine de Carême, Station à St-Pierre-aux-Liens
Feria II · Statio ad S. Petrum ad Vincula
Præfatio de Quadragesima. · Préface du Carême .
Office du jour
Office
A MATINES
Hymne : Ex more docti mýstico (matines du Carême)
A LAUDES
Hymne : O sol salútis, íntimis (laudes du Carême)
| Ad Bened. Ant. Veníte, benedícti * Patris mei, percípite regnum, quod vobis parátum est ab orígine mundi. | Ant. au Bénédictus Venez, les bénis * de mon Père, recevez le royaume qui vous a été préparé depuis la création du monde. |
Benedictus
AUX VÊPRES
Hymne : Audi, benígne Cónditor (vêpres du Carême)
| Ad Magnificat Ant. Quod uni * ex mínimis meis fecístis, mihi fecístis, dicit Dóminus. | Ant. au Magnificat Ce que vous avez fait à chacun * des plus petits des miens, c’est à moi que vous l’avez fait, dit le Seigneur. |
Magnificat