Sᵗᵉ Hedwige, Veuveabstinence

Textes liturgiques

3ᵉ dimanche de Carême

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Présentation

Présentation

L’assemblée liturgique se fait en ce jour à Saint-Laurent-hors-les-murs qui est l’une des cinq basiliques patriarcales de Rome. Dans cette église se trouvent les corps des deux diacres Laurent et Etienne. L’oraison du premier (10 août) nous fait demander d’éteindre en nous l’ardeur des vices comme ce Saint surmonta les flammes de ses tourments ; et celle du second (26 décembre) nous engage à aimer nos ennemis comme ce Saint qui pria pour ses persécuteurs. Ce sont ces deux vertus : chasteté et charité, que pratiqua surtout le patriarche Joseph, dont l’Église nous donne l’histoire dans le Bréviaire cette semaine. Joseph résista en effet aux sollicitations mauvaises de la femme de Putiphar et il aima ses frères jusqu’à leur rendre le bien pour le mal.
Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

La sainte Eglise, qui, au premier Dimanche de Carême, nous a proposé la tentation de Jésus-Christ au désert pour sujet de nos méditations, afin de nous éclairer sur la nature de nos propres tentations, et sur la manière dont nous en devons triompher, nous fait lire aujourd'hui un passage de l'Evangile de saint Luc, dont la doctrine est destinée à compléter notre instruction sur la puissance et les manœuvres de nos ennemis invisibles. Durant le Carême, le chrétien doit réparer le passé et assurer l'avenir ; il ne pourrait se rendre compte du premier, ni défendre efficacement le second, s'il n'avait des idées saines sur la nature des périls auxquels il a succombé, et sur ceux qui le menacent encore. Les anciens liturgistes ont donc reconnu un trait de la sagesse maternelle de l'Eglise dans le discernement avec lequel elle propose aujourd'hui à ses enfants cette lecture, qui est comme le centre des enseignements de la journée.

Nous serions assurément les plus aveugles et les plus malheureux des hommes, si, environnés comme nous le sommes d'ennemis acharnés à notre perte et très supérieurs à nous en force et en adresse, nous en étions venus à ne pas songer souvent à leur existence, peut-être même à n'y réfléchir jamais. Tel est cependant l'état dans lequel vivent un nombre immense de chrétiens de nos jours : tant « les vérités sont diminuées parmi les enfants des hommes ». Cet état d'insouciance et d'oubli sur un objet que les saintes Ecritures nous rappellent à chaque page, est tellement répandu, qu'il n'est pas rare de rencontrer des personnes aux yeux desquelles l'action continue des démons autour de nous n'est rien autre chose qu'une croyance gothique et populaire qui n'appartient point aux dogmes de la religion. Tout ce qu'en racontent l'histoire de l'Eglise et la vie des Saints est pour eux comme s'il n'existait pas. Pour eux, Satan semble n'être qu'une pure abstraction sous laquelle on aurait personnifié le mal.

S'agit-il d'expliquer le péché en eux-mêmes ou dans les autres? ils vous parlent du penchant que nous avons au mal, du mauvais usage de notre liberté ; et ils ne veulent pas voir que l'enseignement chrétien nous révèle en outre dans nos prévarications l'intervention d'un agent malfaisant, dont la puissance est égale à la haine qu'il nous porte. Cependant, ils savent, ils croient sincèrement que Satan a conversé avec nos premiers parents et les a entraînés dans le mal, en se montrant à eux sous la forme d'un serpent. Ils croient que ce même Satan a osé tenter le Fils de Dieu incarné, qu'il l'a enlevé par les airs jusque sur le sommet du temple, et de là sur une haute montagne. Ils lisent aussi dans l'Evangile et ils croient qu'un des malheureux possédés qui furent délivrés par le Sauveur était assiégé d'une légion entière d'esprits infernaux, que l'on vit, sur la permission qu'ils en reçurent, fondre sur un troupeau de porcs et le précipiter dans le lac de Génézareth. Ces faits et mille autres sont l'objet de leur foi ; et avec cela tout ce qu'ils entendent dire de l'existence des démons, de leurs opérations, de leur adresse à séduire les âmes, leur semble fabuleux. Sont-ils chrétiens, ou ont-ils perdu le sens? On ne saurait répondre, surtout lorsqu'on les voit se livrer de nos jours à des consultations sacrilèges du démon, à l'aide de moyens renouvelés des siècles du paganisme, sans qu'ils paraissent se rappeler, ni même savoir qu'ils commettent un crime que Dieu, dans l'ancienne loi, punissait de mort, et que la législation de tous les peuples chrétiens, durant un grand nombre de siècles, a frappé du dernier supplice.

Mais s'il est une époque de l'année où les fidèles doivent méditer ce que la foi et l'expérience nous apprennent sur l'existence et les opérations des esprits de ténèbres, c'est assurément ce temps où nous sommes, durant lequel nous avons tant à réfléchir sur les causes de nos péchés, sur les dangers de notre âme, sur les moyens de la prémunir contre de nouvelles chutes et de nouvelles attaques. Ecoutons donc le saint Evangile. Il nous apprend d'abord que le démon s'était emparé d'un homme, et que l'effet de cette possession avait été de rendre cet homme muet. Jésus délivre ce malheureux, et l'usage de la parole revient aussitôt que l'ennemi a été chassé. Ainsi, la possession du démon non seulement est un monument de l'impénétrable justice de Dieu ; mais elle peut produire des effets physiques sur ceux qui en sont l'objet. L'expulsion du malin esprit rend l'usage de la langue à celui qui gémissait sous ses liens. Nous n'insistons pas ici sur la grossière malice des ennemis du Sauveur, qui veulent attribuer son pouvoir surles démons à l'intervention de quelque prince de la milice infernale; nous voulons seulement constater le pouvoir des esprits de ténèbres sur les corps, et confondre par le texte sacré le rationalisme de certains chrétiens. Qu'ils apprennent donc à connaître la puissance de nos adversaires, et qu'ils évitent de leur donner prise sur eux, par l'orgueil de la raison.

Depuis la promulgation de l'Evangile, le pouvoir de Satan sur les corps s'est trouvé restreint par la vertu de la Croix, dans les pays chrétiens ; mais il reprend une nouvelle extension, si la foi et les œuvres de la piété chrétienne diminuent. De là toutes ces horreurs diaboliques qui, sous divers noms plus ou moins scientifiques, se commettent d'abord dans l'ombre, sont ensuite acceptées dans une certaine mesure par les gens honnêtes, et pousseraient au renversement de la société, si Dieu et son Eglise n'y mettaient enfin une digue. Chrétiens de nos jours, souvenez-vous que vous avez renoncé à Satan, et prenez garde qu'une ignorance coupable ne vous entraîne dans l'apostasie. Ce n'est pas à un être de raison que vous avez renoncé sur les fonts baptismaux: c'est à un être réel, formidable, et dont Jésus-Christ nous dit qu'il a été homicide dès le commencement.

Mais si nous devons redouter l'affreux pouvoir qu'il peut exercer sur les corps, et éviter tout contact avec lui dans les pratiques auxquelles il préside, et qui sont le culte auquel il aspire, nous devons aussi craindre son influence sur nos âmes. Voyez quelle lutte la grâce divine a dû engager pour l'arracher de votre âme. En ces jours, l'Eglise nous offre tous ses moyens pour triompher de lui : le jeûne uni à la prière et à l'aumône. Vous arriverez à la paix ; et votre cœur, vos sens purifiés, redeviendront le temple de Dieu. Mais n'allez pas croire que vous ayez anéanti votre ennemi. Il est irrité ; la pénitence l’a expulsé honteusement de son domaine, et il a juré de tout tenter pour y rentrer. Craignez donc la rechute dans le péché mortel ; et pour fortifier en vous cette crainte salutaire, méditez la suite des paroles de notre Evangile.

Le Sauveur nous y apprend que cet esprit immonde, chassé d'une âme, s'en va errant dans les lieux arides et déserts. C'est là qu'il dévore son humiliation, et qu'il sent davantage les tortures de cet enfer qu'il porte partout avec lui, et dont il voudrait se distraire, s'il le pouvait, par le meurtre des âmes que Jésus-Christ a rachetées. L'Ancien Testament nous montre déjà les démons vaincus, réduits à fuir dans des solitudes éloignées : c'est ainsi que le saint Archange Raphaël relégua dans les déserts de l'Egypte supérieure l'esprit infernal qui avait fait périr les sept maris de Sara. Mais l'ennemi de l'homme ne se résigne pas à rester ainsi toujours éloigné de la proie qu'il convoite. La haine le pousse, comme au commencement du monde, et il se dit : « Il faut que je retourne à ma maison d'où je suis sorti ». Mais il ne viendra pas seul ; il veut triompher, et pour cela il amènera, s'il le faut, avec lui sept autres démons plus pervers encore. Quel choc se prépare pour la pauvre âme, si elle n'est pas vigilante, fortifiée ; si la paix que Dieu lui a rendue n'a pas été une paix armée! L'ennemi sonde les abords de la place; dans sa perspicacité, il examine les changements qui se sont opérés pendant son absence. Qu'aperçoit-il dans cette âme où il avait naguère ses habitudes et son séjour ? Notre Seigneur nous le dit : le démon la trouve sans défense, toute disposée à le recevoir encore; point d'armes dirigées contre lui. Il semble que l'âme attendait cette nouvelle visite. C'est alors que, pour être plus sûr de sa conquête, l'ennemi va chercher ses renforts. L'assaut est donné ; rien ne résiste ; et bientôt, au lieu d'un hôte infernal, la pauvre âme en recèle une troupe ; « et, ajoute le Sauveur, le dernier état de cet homme devient pire que le premier ».

Comprenons l'avertissement que nous donne la sainte Eglise, en nous faisant lire aujourd'hui ce terrible passage de l'Evangile. De toutes parts, des retours à Dieu se ménagent ; la réconciliation va s'opérer dans des millions de consciences ; le Seigneur va pardonner sans mesure ; mais tous persévéreront-ils ? Lorsque le Carême reviendra dans un an convoquer les chrétiens à la pénitence, tous ceux qui, dans ces jours, vont se sentir arraches à la puissance de Satan, auront-ils maintenu leurs âmes franches et libres de son joug ? Une triste expérience ne permet pas à l'Eglise de l'espérer. Beaucoup retomberont, et peu de temps après leur délivrance, dans les liens du péché. Oh ! s'ils étaient saisis par la justice de Dieu en cet état ! Cependant, tel sera le sort de plusieurs, d'un grand nombre peut-être. Craignons donc la rechute ; et pour assurer notre persévérance, sans laquelle il nous eût peu servi de rentrer pour quelques jours seulement dans la grâce de Dieu, veillons désormais, prions, défendons les abords de notre âme, résignons-nous au combat ; et l'ennemi, déconcerté de notre contenance, ira porter ailleurs sa honte et ses fureurs.

Le troisième Dimanche de Carême est appelé Oculi, du premier mot de l'Introït de la Messe.

Dans l'Eglise primitive, on le nommait le Dimanche des scrutins, parce que c'était en ce jour que l'on commençait l'examen des Catéchumènes qui devaient être admis au Baptême dans la nuit de Pâques. Tous les fidèles étaient invités à se présenter à l'église pour rendre témoignage de la vie et des mœurs de ces aspirants à la milice chrétienne. A Rome, ces examens, auxquels on donnait le nom de Scrutins, avaient lieu en sept séances, à raison du grand nombre des aspirants au Baptême; mais le principal Scrutin était celui du Mercredi de la quatrième semaine. Nous en parlerons plus loin.

Le Sacramentaire Romain de saint Gélase nous donne la forme de la convocation des fidèles pour ces assemblées; elle est conçue en ces termes: « Frères très chers, vous savez que le jour du Scrutin dans lequel nos élus doivent recevoir l'instruction divine est proche; vous voudrez donc bien vous réunir avec zèle tel jour de cette semaine, à l'heure de Sexte, afin que nous soyons en mesure, avec l'aide de Dieu, d'accomplir sans erreur le mystère céleste qui ouvre la porte du royaume des cieux, et anéantit le diable avec toutes ses pompes. » Cette invitation se répétait, s'il était besoin, chacun des Dimanches suivants. Dans celui que nous célébrons aujourd'hui, le Scrutin ayant déjà procuré l'admission d'un certain nombre de candidats, on plaçait leurs noms dans les diptyques de l'autel, ainsi que ceux de leurs parrains et marraines, et on les récitait au Canon de la Messe.

La Station avait lieu et se tient encore dans la Basilique de Saint-Laurent-hors-les-murs. On voulait, en reveillant le souvenir du plus célèbre des Martyrs de Rome, rappeler aux Catéchumènes quels sacrifices la foi dans laquelle ils allaient s'enrôler pourrait exiger d'eux.

Ce Dimanche est célèbre, dans l'Eglise grecque, par la solennelle adoration de la Croix qui précède la semaine appelée Mésonestime, c'est à-dire milieu des jeûnes.

A LA MESSE.

Le Catéchumène admis à la grâce du Baptême, le Pénitent qui espère sa prochaine réconciliation, expriment dans l'Introït l'ardeur de leurs désirs. Ils confessent leur misère avec humilité; mais ils sont remplis d'espérance en Celui qui bientôt brisera leurs liens.

INTROÏT.

Oculi mei semper ad Dominum, quia ipse evellet de laqueo pedes meos : respice in me, et miserere mei, quoniam unicus et pauper sum ego.

Ps. Ad te, Domine, levavi animam meam : Deus meus, in te confido, non erubescam. Gloria. Oculi.

Mes yeux sont toujours vers le Seigneur ; car c'est lui qui dégagera mes pieds des filets qu'on m'a tendus ; regardez-moi, mon Dieu, et ayez pitié de moi : car je suis seul et je suis pauvre.

Ps. Vers vous, Seigneur, j'ai élevé mon cœur; c'est en vous, mon Dieu, que je me confie ; je n'aurai point à en rougir. Gloire au Père. Mes yeux.

Au moment de livrer une lutte aussi terrible à l'ennemi des hommes, l'Eglise, dans la Collecte, demande d'être assistée du secours de la droite de Dieu.

COLLECTE.

Quaesumus, omnipotens Deus, vota humilium respice : atque ad defensionem nostram, dexteram tua; majestatis extende. Per Dominum nostrum Jesum Christum. Amen.

Dieu tout-puissant, daignez regarder favorablement les vœux de notre humilité, et étendre pour nous protéger le bras de votre Majesté. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

La deuxième et la troisième Collectes, ci-dessus, au premier Dimanche de Carême, page 144.

ÉPÎTRE.

Lectio Epistolœ beati Pauli Apostoli ad Ephesios. Cap. V.

Fratres, Estote imitatores Dei, sicut filii charissimi : et ambulate in dilectione, sicut et Christus dilexit nos, et tradidit semetipsum pro nobis oblationem et hostiam Deo in odorem suavitatis. Fornicatio autem, et omnis immunditia, aut avaritia, nec nominetur in vobis, sicut decet sanctos : aut turpitudo, aut stultiloquium, aut scurrilitas, quæ ad rem non pertinet; sed magis gratiarum actio. Hoc enim scitote intelligentes, quod omnis fornicator, aut immundus, aut avarus, quod est idolorum servitus, non habet haereditatem in regno Christi et Dei. Nemo vos seducat inanibus verbis; propter hæc enim venu ira Dei in filios diffidentiae. Nolite ergo effici participes eorum. Eratis enim aliquando tenebræ : nunc autem lux in Domino. Ut filii lucis ambulate : fructus enim lucis est in omni bonitate, et justifia, et veritate.

Lecture de l'Epître de saint Paul, Apôtre, aux Ephésiens. Chap. V.

Mes Frères, soyez les imitateurs de Dieu, comme ses enfants bien-aimés, et marchez dans la charité comme Jésus-Christ nous a aimés, et s'est livré lui-même pour nous, s'offrant à Dieu comme une oblation et une victime d'agréable odeur. Qu'on n'entende même pas nommer parmi vous la fornication, ni quelque impureté que ce soit, ni l'avarice, ainsi qu'il convient à des saints. Qu'on n'entende chez vous ni paroles déshonnêtes, ni propos insensés, ni bouffonneries, ce qui ne convient pas à votre état, mais plutôt les paroles d'actions de grâces. Car sachez que nul fornicateur, nul impudique, nul avare, ce qui est une idolâtrie, ne sera héritier du royaume de Jésus-Christ et de Dieu. Que personne ne vous séduise par de vains discours; car c'est pour ces choses que la colère de Dieu tombe sur les enfants de l'infidélité. N'ayez donc rien de commun avec eux. Car vous étiez autrefois ténèbres, et maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Marchez comme les fils de la lumière. Or le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité.

L’Apôtre, s'adressant aux fidèles d'Ephèse, leur rappelle qu'ils étaient autrefois ténèbres, et qu'ils sont devenus lumière dans le Seigneur. Quelle joie pour nos Catéchumènes d'apprendre que le même sort leur est réservé! Jusqu'à présent, ils ont vécu dans la dépravation païenne, et maintenant ils possèdent les arrhes de la sainteté par leur admission au Baptême. Asservis naguère à ces faux dieux dont le culte était l'aliment du vice, ils entendent aujourd'hui l'Eglise exhorter ses enfants à imiter la sainteté du Dieu des chrétiens ; et la grâce qui les rendra capables d'aspirer à reproduire en eux les perfections divines est sur le point de leur être communiquée. Mais il leur faudra combattre pour se maintenir à cette élévation ; et deux ennemis surtout chercheront à se relever : l'impureté et l'avarice. Le premier de ces vices, l'Apôtre ne veut même pas qu'il soit nommé désormais; le second, il le tiétrit en le comparant au culte des idoles, auquel les élus vont renoncer. Tels sont les enseignements que l'Eglise prodigue à ses futurs enfants ; mais nous qui avons été sanctifiés dès notre entrée en ce monde, sommes-nous demeurés fidèles à notre Baptême ? Nous avons été lumière ; pourquoi sommes-nous ténèbres aujourd'hui ? que sont devenus les traits de la ressemblance divine qui avait été imprimée en nous? Hâtons-nous de les faire revivre, en renonçant à Satan et à ses idoles; et faisons en sorte que la pénitence nous rétablisse dans cet état de lumière dont le fruit consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité.

Le Graduel exprime les sentiments de l'âme environnée d'ennemis et implorant le secours du Seigneur qui s'apprête à les renverser.

Le Trait est formé du Psaume CXXII°, cantique de confiance et d'humilité. L'aveu sincère de notre misère fait toujours descendre sur nous la miséricorde de Dieu.

GRADUEL.

Exsurge, Domine, non prœvaleat homo : judicentur gentes in conspectu tuo.

V/. In convertendo inimicum meum retrorsum, infirmabuntur, et peribunt a facie tua.

Levez-vous, Seigneur; que l'homme ne prévale pas : que les nations soient jugées en votre présence.

V/. Lorsque mon ennemi sera mis en fuite, ils tomberont dans l'abattement, et périront devant votre face.

TRAIT

Ad te levavi oculos meos, qui habitas in cœlis.

V/. Ecce sicut oculi servorum in manibus dominorum suorum :

V/. Et sicut oculi ancillae in manibus dominae suae : ita oculi nostri ad Dominum Deum nostrum, donec misereatur nostri.

V/. Miserere nobis, Domine, miserere nobis.

J'ai élevé vers vous mes regards, ô vous qui habitez dans lescieux.

V/. Comme les yeux des serviteurs sont fixés sur les mains de leurs maîtres,

V/. Et les yeux de la servante sur les mains de sa maîtresse : ainsi nous arrêtons nos yeux sur le Seigneur notre Dieu, jusqu'à ce qu'il prenne pitié de nous.

V/. Ayez pitié de nous, Seigneur, ayez pitié de nous.

EVANGILE.

Sequentia sancti Evangelii sccundum Lucam. Cap. XI.

In illo tempore : Erat Jesus ejiciens daemonium, et illud erat mutum. Et cum ejecisset dæmonium, locutus est mutus, et admiratce sunt turbae. Quidam autem ex eis dixerunt : In Beelzebub principe dæmoniorum, ejicit daemonia. Et ahi tentantes, signum de cœlo quærebant ab eo. Ipse autem ut vidit cogitationes eorum, dixit eis : Omne regnum in seipsum divisum desolabitur, et domus supra domum cadet. Si autem et Satanas in seipsum divisus est, quomodo stabit regnum ejus ? Quia dicitis in Beelzebub principe daemoniorum me ejicere dæmonia. Si autem ego in Beelzebub ejicio dremonia, filii vestri in quo ejiciunt ? Ideo ipsi judices vestri erunt. Porro si in digito Dei ejicio dæmonia, profecto pervenit in vos regnum Dei Cum fortis armatus custodit atrium suum, in pace sunt ea quæ possidet. Si autem fortior eo superveniens vicerit eum, universa arma ejus auferet, in quibus confidebat, et spolia ejus distribuer. Qui non est cæcum, contra me est; et qui non colligit mecum, dispergit. Cum immundus spiritus exierit de homine, ambulat per loca inaquosa, quajrens requiem : et non inveniens, dicit : Revertar in domum meamunde exivi. Et cum venerit, invenit eam scopis mundatam et ornatam. Tunc vadit et assumit septem alios spiritus secum, nequiores se, et ingressi habitant ibi. Et fiunt novissima hominis illius pejora prioribus. Factum est autem, cum hæc diceret, extollens vocem quaedam mulier de turba, ixit illi: Beatus venter qui te portavit, et ubera quæ suxisti. At ille dixit : Quinimo beati qui audiunt verbum Dei, et custodiunt illud.

La suite du saint Evangile selon saint Luc. Chap. XI.

En ce temps-là, Jésus chassa un démon, et ce démon était muet. Et lorsqu'il eut chassé le démon, le muet parla, et la foule fut dans l’admiration. Mais quelques-uns d'entre eux dirent : C'est par Béelzébuth, prince des démons, qu'il chasse les démons. Et d'autres, pour le tenter, lui demandaient un signe du ciel. Mais lui, ayant vu leurs pensées, leur dit : Tout royaume divisé contre lui-même sera dévasté, et toute maison divisée contre elle-même s'écroulera. Si donc Satan est divisé contre lui-même, comment son royaume tiendra-t-il debout ? Cependant vous dites que c'est par Bcelzébuth que je chasse les démons. Mais si je . chasse les démons par Béelzébuth, par qui vos enfants les chassent-ils ? C'est pourquoi ils seront vos juges. Que si je chasse les démons par le doigt de Dieu, le royaume de Dieu est donc venu jusqu'à vous. Lorsque le fort armé garde sa maison, tout ce qu'il possède Mais s'il survient un plus fort que lui qui le surmonte, il emporte toutes ses armes dans lesquelles il se confiait, et il distribue ses dépouilles. Qui n'est pas avec moi est contre moi, et qui ne recueille pas avec moi dissipe. Lorsqu un esprit immonde est sorti d'un homme, il s'en va errant par des lieux arides, cherchant le repos; et comme il ne le trouve pas, il dit : Je retournerai dans ma maison d'où je suis sorti. Et quand il revient, il la trouve nettoyée et parée. Alors il s'en va prendre avec lui sept autres esprits plus méchants que lui, et, étant entrés dans cette maison, ils y demeurent. Et le dernier état de cet homme devient pire que le premier. Comme il disait ces choses, une femme élevant la voix du milieu de la foule, lui dit: Heureux le sein qui vous a porté, et les mamelles qui vous ont nourri ! Et Jésus dit : Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la pratiquent !

Le démon dont Jésus délivra le possédé de notre Evangile rendait cet homme muet ; et la sortie de l'esprit de ténèbres affranchit la langue du malheureux qu'il tyrannisait. Ce fait nous donne une image du pécheur captif de son redoutable vainqueur, et réduit par lui au mutisme. Si ce pécheur parlait pour confesser ses fautes, pour demander grâce, il serait délivré. Que de démons muets, répandus de toutes parts, empêchent les hommes de faire cet aveu salutaire qui les sauverait ! Cependant, la sainte Quarantaine avance dans son cours, les jours de grâce s'écoulent; profitons du temps favorable ; et si nous sommes dans l'amitié de Dieu, prions instamment pour les pécheurs, afin qu'ils parlent, qu'ils s'accusent et qu'ils soient pardonnes.

Ecoutons aussi dans une religieuse terreur ce que nous apprend le Sauveur sur nos ennemis invisibles. Avec leur puissance, leur adresse, leurs moyens de nuire, qui pourrait subsister devant eux, si Dieu ne nous soutenait pas, s'il n'avait pas député ses Anges pour veiller sur nous et pour combattre avec nous ? Par le péché cependant, nous nous étions livrés à ces impurs et odieux esprits; nous avions préféré leur empire tyrannique au joug si suave et si léger de notre compatissant Rédempteur. Maintenant nous sommes affranchis, ou nous allons bientôt l'être; remercions notre libérateur; mais prenons garde de ne plus retomber au pouvoir de ces hôtes infernaux. Le Sauveur nous avertit du péril qui nous menace. Ils reviendront, ils essaieront de forcer la demeure de notre âme sanctifiée par l'Agneau de la Pâque. Si nous sommes vigilants, si nous sommes fidèles, ils se retireront pleins de confusion ; mais si nous étions tièdes et lâches, si nous perdions de vue le prix de la grâce et les obligations qui nous enchaînent à celui qui nous a sauvés, notre perte serait certaine; et. selon la terrible parole de Jésus-Christ, « le second état deviendrait pire que le premier ».

Voulons-nous éviter un si grand malheur ? méditons cette autre parole du Sauveur dans notre Evangile : « Qui n'est pas avec moi est contre moi ». Ce qui fait que l'on retombe dans les liens du démon, que l'on oublie tout ce que l'on doit au divin libérateur, c'est qu'on ne prend pas franchement parti pour Jésus-Christ en présence des occasions où le devoir exige que le chrétien se prononce avec fermeté. On ménage, on dissimule, on temporise : cependant l'énergie de l'âme s'affaiblit; Dieu ne donne plus qu'avec mesure ses grâces d'abord si abondantes ; et la rechute devient imminente. Marchons donc d'un pas ferme et assuré, et souvenons-nous que le soldat de Jésus-Christ doit toujours se faire honneur de son divin Chef.

L'Offertoire célèbre la douceur des consolations que l'âme enlevée au pouvoir de Satan goûte à suivre les volontés du divin Pasteur.

OFFERTOIRE.

Justitiae Domini rectae, laetificantes corda, et judicia ejus dulciora super mel et favum : nam et servus tuus custodit ea.

Les préceptes du Seigneur sont droits et répandent la joie dans les cœurs. Ses commandements sont plus doux que le rayon de miel. O Dieu ! votre serviteur les garde avec fidélité.

Dans la Secrète, l'Eglise exprime la confiance que lui inspire le Sacrifice qui va s'offrir, et dont la vertu purifiante sur le Calvaire a effacé les péchés des hommes.

SECRÈTE.

Haec hostia, Domine, quæsumus, emundet nostra delicta : et ad sacrificium celebrandum, subditorum tibi corpora mentesque sanctificet. Per Dominum nostrum Jesum Christum. Amen.

Que cette hostie, Seigneur, nous purifie de nos péchés, et qu'elle sanctifie les corps et les âmes de vos serviteurs, afin qu'ils célèbrent dignement ce Sacrifice. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

La deuxième et la troisième Secrètes se trouvent ci-dessus, au premier Dimanche de Carême, page 153.

Empruntant encore les paroles de David, l'Eglise exprime dans l'Antienne de la Communion le bonheur de l'âme unie à Dieu dans le sacrement d'amour. C'est le sort auquel seront appelés bientôt les heureux Catéchumènes dont l'admission au Baptême vient d'être prononcée ; ce sera aussi celui des Pénitents qui auront lavé dans leurs larmes les souillures de leur vie passée.

COMMUNION.

Passer invenit sibi domum, et turtur nidum, ubi reponat pullos suos : altaria tua, Domine virtutum, Rexmeus et Deus meus : beati qui habitant in domo tua : in saeculum saeculi laudabunt te.

Le passereau a trouvé sa retraite ; la tourterelle le nid où déposer ses petits ; vos autels sont en ma demeure, Seigeur des armées, mon Roi et mon Dieu ! Heureux ceux qui habitent dans votre maison ! ils vous loueront dans les siècles des siècles.

L'Eglise, dans la Postcommunion, supplie le Seigneur, au nom des Mystères auxquels les fidèles ont participé, de vouloir bien absoudre les pécheurs, et les délivrer des périls éternels qu'ils ont eu le malheur d'encourir.

POSTCOMMUNION.

A cunctis nos, quaesumus Domine, reatibus et periculis propitiatus absolve : quos tanti mysterii tribuis esse participes. Per Dominum nostrum Jesum Christum. Amen.

Daignez, Seigneur, nous délivrer de tous péchés et de tous périls, nous que vous rendez participants d'un si grand mystère. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

La deuxième et la troisième Postcommunions, ci-dessus, au premier Dimanche de Carême, page 154.

A VÊPRES.

Les Psaumes se trouvent au Dimanche, ci-dessus, page 112.

CAPITULE.

Fratres : estote imitatores Dei, sicut tilii charissimi : et ambulate in dilectione, sicut et Christus dilexit nos, et tradidit semetipsum pro nobis, oblationem et hostiam Deo in odorem suavitatis.

R/. Deo gratias.

Mes Frères, soyez les imitateurs de Dieu, comme ses enfants bien-aimés, et marchez dans la charité, comme Jésus-Christ nous a aimés, et s'est livré lui-même pour nous, s'offrant à Dieu comme une oblation et une victime d'agréable odeur.

R/. Rendons grâces à Dieu.

L'Hymne et le Verset ci-dessus, page 120.

ANTIENNE DE Magnificat

Extollens vocem quædam mulier de turba, dixit : Beatus venter qui te portavit, et ubera quæ suxisti. At Jesus ait illi : Quinimo beati qui audiunt verbum Dei, et custodiunt illud.

Une femme, élevant la voix du milieu de la foule, dit : Heureux le sein qui vous a porté et les mamelles qui vous ont nourri ! Mais Jésus lui dit : Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la pratiquent !

ORAISON.

Quaesumus, omnipotens Deus, vota milium respice : atque ad defensionem nostram, dexteram tuæ majestatis extende. Per Dominum nostrum Jesum Christum. Amen.

Dieu tout-puissant, daignez regarder favorablement les vœux de notre humilité, et étendre pour nous protéger le bras de votre Majesté. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

Le Bréviaire Mozarabe nous fournit cette belle prière, au commencement de la troisième semaine de Carême.

CAPITULA.

(Brev. Gothicum. In Dominica III Quadragesimae.)

Quarti nunc et decimi diei de nostrorum dierum decimis curriculo jam peracto, ad te levamus oculos nostros, Domine, qui habitas in cœlis ; impende jam et misericordiam miseris, et medelam porrige vulneratis; tu nobis adgressum iter placidum effice : tu cor nostrum in mandatorum tuorum semitis dirige : per te lucis inveniamus viam : per te luminosa amoris tui capiamus incendia : tu laboribus requiem, tu laborantibus tribue mansionem ; ut horum dierum observatione tibi placentes, gloriae tuae mereamur esse participes.

Déjà quatorze jours sur cette carrière qui forme la dîme de l'année, sont écoulés; nous levons nos yeux vers vous, Seigneur, qui habitez les cieux. Répandez votre miséricorde sur les misérables : appliquez le remède aux blessés; rendez-nous sereine cette voie où nous sommes entrés ; dirigez notre cœur dans le sentier de vos préceptes. Faitesnous trouver le chemin de la lumière. Eclairez-nous et embrasez-nous de votre amour. Donnez le repos après le travail, l'habitation tranquille après les fatigues, afin que, nous étant rendus agréables à vos yeux par l'observance de ces saints jours, nous méritions d'être participants de votre gloire.

3ᵉ Dimanche de Carême, Station à St Laurent hors les murs

Dominica Tertia in Quadragesima · Statio ad S. Laurentium extra muros

1ʳᵉ Classe

IntroïtAnt. ad Introitum. Ps. 24, 15-16.
Oculi mei semper ad Dóminum, quia ipse evéllet de láqueo pedes meos : réspice in me, et miserére mei, quóniam únicus et pauper sum ego.
Mes yeux sont constamment tournés vers le Seigneur ; car c’est lui qui retirera mes pieds du filet : regardez-moi et ayez pitié de moi ; car je suis délaissé et pauvre.
Ps. ibid., 1-2.
Ad te, Dómine, levávi ánimam meam : Deus meus, in te confído, non erubéscam.
Vers vous, Seigneur, j’ai élevé mon âme : mon Dieu, je mets ma confiance en vous ; que je n’aie pas à rougir.
V/.Glória Patri.
CollecteOratio.
Quǽsumus, omnípotens Deus, vota humílium réspice : atque, ad defensiónem nostram, déxteram tuæ maiestátis exténde. Per Dóminum nostrum.
Nous vous en prions, Dieu tout-puissant, ayez égard aux vœux de nos cœurs humiliés, et pour nous défendre, étendez le bras de votre majesté. Par Notre-Seigneur.
ÉpîtreLéctio Epístolæ beáti Páuli Apóstoli ad Ephésios.
Lecture de l’Épître de Saint Paul Apôtre aux Éphésiens.
Ephes. 5, 1-9.
Fratres : Estóte imitatóres Dei, sicut fílii caríssimi : et ambuláte in dilectióne, sicut et Christus diléxit nos, et trádidit semetípsum pro nobis oblatiónem, et hóstiam Deo in odórem suavitátis. Fornicátio autem et omnis immundítia aut avarítia nec nominétur in vobis, sicut decet sanctos : aut turpitúdo aut stultilóquium aut scurrílitas, quæ ad rem non pértinet : sed magis gratiárum áctio. Hoc enim scitóte intelligéntes, quod omnis fornicátor aut immúndus aut avárus, quod est idolórum sérvitus, non habet hereditátem in regno Christi et Dei. Nemo vos sedúcat inánibus verbis : propter hæc enim venit ira Dei in fílios diffidéntiæ. Nolíte ergo éffici partícipes eórum. Erátis enim aliquándo ténebræ : nunc autem lux in Dómino. Ut fílii lucis ambuláte : fructus enim lucis est in omni bonitáte et iustítia et veritáte.
Mes frères : Soyez donc les imitateurs de Dieu comme des enfants bien-aimés, et marchez dans l’amour, comme le Christ, qui nous a aussi aimés, et qui s’est livré lui-même pour nous à Dieu, comme une oblation et un sacrifice d’agréable odeur. Que la fornication, et toute impureté, ou l’avarice ne soient pas même nommés parmi vous, comme il convient à des saints ; non plus que ce qui est déshonnête, les propos insensés, les paroles bouffonnes, toutes choses qui sont malséantes ; qu’on entende plutôt des actions de grâces. Car, sachez-le bien, aucun fornicateur, aucun impudique, aucun avare, ce qui est une idolâtrie, n’a d’héritage dans le royaume du Christ et de Dieu. Que personne ne vous séduise par de vains discours ; car c’est à cause de ces choses que la colère de Dieu vient sur les hommes rebelles. N’ayez donc aucune part avec eux. Car vous étiez autrefois ténèbres ; mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Marchez comme des enfants de lumière ; car le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité.
GraduelGraduale. Ps. 9, 20 et 4.
Exsúrge, Dómine, non præváleat homo : iudicéntur gentes in conspéctu tuo.
Levez-vous, Seigneur ; que l’homme ne triomphe pas ; que les nations soient jugées devant votre face.
V/. In converténdo inimícum meum retrórsum, infirmabúntur, et períbunt a facie tua.
Parce que vous avez fait retourner mon ennemi en arrière, ils vont être épuisés, et ils périront devant votre face.
TraitTractus. Ps. 122, 1-3.
Ad te levávi óculos meos, qui hábitas in cælis.
J’ai levé les yeux vers vous, qui habitez dans les cieux.
V/. Ecce, sicut óculi servórum in mánibus dominórum suórum.
Comme les yeux des serviteurs sont fixés sur les mains de leurs maîtres.
V/. Et sicut óculi ancíllæ in mánibus dóminæ suæ : ita óculi nostri ad Dóminum, Deum nostrum, donec misereátur nostri.
Et comme les yeux de la servante sont fixés sur les mains de sa maîtresse, ainsi nos yeux sont tournés vers le Seigneur, notre Dieu, jusqu’à ce qu’il ait pitié de nous.
V/. Miserére nobis, Dómine, miserére nobis.
Ayez pitié de nous, Seigneur, ayez pitié de nous.
Évangile+ Sequéntia sancti Evangélii secundum Lucam.
Lecture du Saint Evangile selon saint Luc.
Luc. 11, 14-28.
In illo témpore : Erat Iesus eíciens dæmónium, et illud erat mutum. Et cum eiecísset dæmónium, locútus est mutus, et admirátæ sunt turbæ. Quidam autem ex eis dixérunt : In Beélzebub, príncipe dæmoniórum, éicit dæmónia. Et alii tentántes, signum de cælo quærébant ab eo. Ipse autem ut vidit cogitatiónes eórum, dixit eis : Omne regnum in seípsum divísum desolábitur, et domus supra domum cadet. Si autem et sátanas in seípsum divísus est, quómodo stabit regnum eius ? quia dícitis, in Beélzebub me eícere dæmónia. Si autem ego in Beélzebub eício dæmónia : fílii vestri in quo eíciunt ? Ideo ipsi iúdices vestri erunt. Porro si in dígito Dei eício dæmónia : profécto pervénit in vos regnum Dei. Cum fortis armátus custódit átrium suum, in pace sunt ea, quæ póssidet. Si autem fórtior eo supervéniens vícerit eum, univérsa arma eius áuferet, in quibus confidébat, et spólia eius distríbuet. Qui non est mecum, contra me est : et qui non cólligit mecum, dispérgit. Cum immúndus spíritus exíerit de hómine, ámbulat per loca inaquósa, quærens réquiem : et non invéniens, dicit : Revértar in domum meam, unde exivi. Et cum vénerit, invénit eam scopis mundátam, et ornátam. Tunc vadit, et assúmit septem alios spíritus secum nequióres se, et ingréssi hábitant ibi. Et fiunt novíssima hóminis illíus peióra prióribus. Factum est autem, cum hæc díceret : extóllens vocem quædam múlier de turba, dixit illi : Beátus venter, qui te portávit, et úbera, quæ suxísti. At ille dixit : Quinímmo beáti, qui áudiunt verbum Dei, et custódiunt illud.
En ce temps-là, Jésus chassait un démon, et ce démon était muet. Et lorsqu’il eut chassé le démon, le muet parla, et les foules furent dans l’admiration. Mais quelques-uns d’entre eux dirent : C’est par Béelzébub, prince des démons, qu’il chasse les démons. Et d’autres, pour le tenter, lui demandaient un signe qui vînt du ciel. Mais lui, ayant vu leurs pensées, leur dit : Tout royaume divisé contre lui-même sera dévasté, et la maison tombera sur la maison. Si donc Satan est aussi divisé contre lui-même, comment son règne subsistera-t-il ? Car vous dites que c’est par Béelzébub que je chasse les démons. Or si c’est par Béelzébub que je chasse les démons, par qui vos fils les chassent-ils ? C’est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges. Mais si c’est par le doigt de Dieu que je chasse les démons, assurément le royaume de Dieu est arrivé jusqu’à vous. Lorsque l’homme fort, armé, garde sa maison, ce qu’il possède est en paix. Mais si un plus fort que lui survient et triomphe de lui, il emportera toutes ses armes, dans lesquelles il se confiait, et il distribuera ses dépouilles. Celui qui n’est point avec moi est contre moi, et celui qui ne recueille pas avec moi dissipe. Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il va par des lieux arides, cherchant du repos ; et n’en trouvant pas, il dit : Je retournerai dans ma maison, d’où je suis sorti. Et quand il arrive, il la trouve balayée et ornée. Alors il s’en va, et prend avec lui sept autres esprits, plus méchants que lui, et entrant dans cette maison, ils y habitent. Et le dernier état de cet homme devient pire que le premier. Or il arriva, tandis qu’il disait ces choses, qu’une femme, élevant la voix du milieu de la foule, lui dit : Heureux le sein qui vous a porté et les mamelles qui vous ont allaité. Mais il dit : Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent.

Credo

OffertoireAnt. ad Offertorium. Ps. 18, 9, 10, 11 et 12.
Iustítiæ Dómini rectæ, lætificántes corda, et iudícia eius dulci ora super mel et favum : nam et servus tuus custódit ea.
Les justices du Seigneur sont droites, elles réjouissent les cœurs et ses jugements sont plus doux que le miel, et qu’un rayon plein de miel ; aussi votre serviteur les observe.
SecrèteSecreta.
Hæc hóstia, Dómine, quǽsumus, emúndet nostra delícta : et, ad sacrifícium celebrándum, subditórum tibi córpora mentésque sanctíficet. Per Dóminum.
Nous vous en supplions, Seigneur, que cette hostie nous délivre de nos fautes et qu’elle sanctifie les corps et les âmes de vos serviteurs pour la célébration de ce sacrifice. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Præfatio de Quadragesima. · .

CommunionAnt. ad Communionem. Ps. 83, 4-5.
Passer invénit sibi domum, et turtur nidum, ubi repónat pullos suos : altária tua, Dómine virtútum, Rex meus, et Deus meus : beáti, qui hábitant in domo tua, in sǽculum sǽculi laudábunt te.
Le passereau se trouve une maison, et la tourterelle un nid pour y placer ses petits ; que je trouve vos autels, Seigneur des armées, mon roi et mon Dieu. Heureux ceux qui habitent dans votre maison ; ils vous loueront dans les siècles des siècles.
PostcommunionPostcommunio.
A cunctis nos, quǽsumus, Dómine, reátibus et perículis propitiátus absólve : quos tanti mystérii tríbuis esse partícipes. Per Dóminum.
Nous vous supplions, Seigneur, de nous délivrer miséricordieusement de toute faute et de tout danger, nous que vous avez faits participants à un si grand mystère. Par Notre-Seigneur.
Office du jour

Office

AUX PREMIÈRES VÊPRES.

Capitulum Ephes. 5, 1-2.Capitule
Fratres : Estóte imitatóres Dei, sicut fílii caríssimi : et ambuláte in dilectióne, sicut et Christus diléxit nos, et trádidit semetípsum pro nobis oblatiónem et hóstiam Deo in odórem suavitátis.Mes frères : Soyez donc les imitateurs de Dieu comme des enfants bien-aimés : et marchez dans l’amour, comme le Christ, qui nous a aussi aimés, et qui s’est livré lui-même pour nous à Dieu, comme une oblation et un sacrifice d’agréable odeur.
Hymnus Hymne
Audi, benígne Cónditor,
Nostras preces cum flétibus,
In hoc sacro ieiúnio
Fusas quadragenário.
Écoutez, Créateur bienveillant,
nos prières accompagnées de larmes,
répandues au milieu des jeûnes
de cette sainte Quarantaine.
Scrutátor alme córdium,
Infírma tu scis vírium :
Ad te revérsis éxhibe
Remissiónis grátiam.
Vous qui scrutez le fond des cœurs,
vous connaissez notre faiblesse :
nous revenons à vous ;
donnez-nous la grâce du pardon.
Multum quidem peccávimus,
Sed parce confiténtibus :
Ad nóminis laudem tui
Confer medélam lánguidis.
Nous avons beaucoup péché ;
pardonnez-nous à cause de notre aveu :
pour la gloire de votre Nom,
apportez le remède à nos langueurs.
Concéde nostrum cónteri
Corpus per abstinéntiam ;
Culpæ ut relínquant pábulum
Ieiúna corda críminum.
Faites que la résistance de notre corps
soit abattue par l’abstinence,
et que notre cœur soumis à un jeûne
spirituel ne se repaisse plus du péché.
Præsta, beáta Trínitas,
Concéde, simplex Unitas ;
Ut fructuósa sint tuis
Ieiuniórum múnera.
Amen.
Exaucez-nous, Trinité bienheureuse,
accordez-nous, Unité simple,
que soit profitable à vos fidèles
le bienfait du jeûne.
Amen.
V/. Angelis suis Deus mandávit de te.V/. Dieu a ordonné à ses Anges.
R/. Ut custódiant te in ómnibus viis tuis.R/. De te garder dans toutes ses voies.
Ad Magnificat Ant. Dixit autem pater * ad servos suos : Cito proférte stolam primam, et indúite illum, et date ánulum in manu eius, et calceaménta in pédibus eius.Ant. au Magnificat Mais le père dit * à ses serviteurs : Apportez vite sa robe de fête, et habillez-le, mettez un anneau à sa main et des chaussures à ses pieds.

A MATINES avant 1960

A LAUDES.

Capitulum Ephes. 5, 1-2.Capitule
Fratres : Estóte imitatóres Dei, sicut fílii caríssimi : et ambuláte in dilectióne, sicut et Christus diléxit nos, et trádidit semetípsum pro nobis oblatiónem et hóstiam Deo in odórem suavitátis.Mes frères : Soyez donc les imitateurs de Dieu comme des enfants bien-aimés : et marchez dans l’amour, comme le Christ, qui nous a aussi aimés, et qui s’est livré lui-même pour nous à Dieu, comme une oblation et un sacrifice d’agréable odeur.
Hymnus Hymne
O sol salútis, íntimis,
Iesu, refúlge méntibus,
Dum, nocte pulsa, grátior
Orbi dies renáscitur.
O Jésus, soleil de salut,
resplendissez au plus intime de notre âme,
à cette heure où la nuit ayant disparu,
le jour renaît pour réjouir l’univers.
Dans tempus acceptábile,
Da lacrimárum rívulis
Laváre cordis víctimam,
Quam læta adúrat cáritas.
Dans ce temps riche de bienfaits
donnez-nous des ruisseaux de larmes ;
pour purifier la victime spirituelle,
qu’embrasera une joyeuse charité.
Quo fonte manávit nefas,
Fluent perénnes lácrimæ,
Si virga pœniténtiæ
Cordis rigórem cónterat.
La source d’où jaillirent nos fautes
répandra des larmes sans fin,
si la verge de la pénitence,
brise la dureté de nos cœurs.
Dies venit, dies tua,
In qua reflórent ómnia :
Lætémur et nos, in viam
Tua redúcti déxtera.
Le jour se lève, votre jour,
dans lequel tout va refleurir ;
réjouissons-nous, nous aussi,
ramenés par votre main sur la bonne voie.
Te prona mundi máchina,
Clemens, adóret, Trínitas,
Et nos novi per grátiam
Novum canámus cánticum.
Amen.
Que prosterné devant Vous, l’édifice
du monde vous adore, clémente Trinité,
et renouvelés par la grâce,
nous vous chanterons un cantique nouveau.
Amen.
V/. Angelis suis Deus mandávit de te.V/. Dieu a ordonné à ses Anges.
R/. Ut custódiant te in ómnibus viis tuis.R/. De te garder dans toutes ses voies.
Ad Bened. Ant. Cum fortis armátus * custódit átrium suum, in pace sunt ómnia quæ póssidet.Ant. au Bénédictus Quand l’homme fort en armes, * garde sa maison, tous ses biens sont en sûreté.

AUX DEUXIÈMES VÊPRES.

Capitulum Ephes. 5, 1-2.Capitule
Fratres : Estóte imitatóres Dei, sicut fílii caríssimi : et ambuláte in dilectióne, sicut et Christus diléxit nos, et trádidit semetípsum pro nobis oblatiónem et hóstiam Deo in odórem suavitátis.Mes frères : Soyez donc les imitateurs de Dieu comme des enfants bien-aimés : et marchez dans l’amour, comme le Christ, qui nous a aussi aimés, et qui s’est livré lui-même pour nous à Dieu, comme une oblation et un sacrifice d’agréable odeur.
Hymnus Hymne
Audi, benígne Cónditor,
Nostras preces cum flétibus,
In hoc sacro ieiúnio
Fusas quadragenário.
Écoutez, Créateur bienveillant,
nos prières accompagnées de larmes,
répandues au milieu des jeûnes
de cette sainte Quarantaine.
Scrutátor alme córdium,
Infírma tu scis vírium :
Ad te revérsis éxhibe
Remissiónis grátiam.
Vous qui scrutez le fond des cœurs,
vous connaissez notre faiblesse :
nous revenons à vous ;
donnez-nous la grâce du pardon.
Multum quidem peccávimus,
Sed parce confiténtibus :
Ad nóminis laudem tui
Confer medélam lánguidis.
Nous avons beaucoup péché ;
pardonnez-nous à cause de notre aveu :
pour la gloire de votre Nom,
apportez le remède à nos langueurs.
Concéde nostrum cónteri
Corpus per abstinéntiam ;
Culpæ ut relínquant pábulum
Ieiúna corda críminum.
Faites que la résistance de notre corps
soit abattue par l’abstinence,
et que notre cœur soumis à un jeûne
spirituel ne se repaisse plus du péché.
Præsta, beáta Trínitas,
Concéde, simplex Unitas ;
Ut fructuósa sint tuis
Ieiuniórum múnera.
Amen.
Exaucez-nous, Trinité bienheureuse,
accordez-nous, Unité simple,
que soit profitable à vos fidèles
le bienfait du jeûne.
Amen.
V/. Angelis suis Deus mandávit de te.V/. Dieu a ordonné à ses Anges.
R/. Ut custódiant te in ómnibus viis tuis.R/. De te garder dans toutes ses voies.
Ad Magnificat Ant. Extóllens vocem * quædam múlier de turba, dixit : Beátus venter qui te portávit, et úbera quæ suxísti. At Iesus ait illi : Quinímmo beáti, qui áudiunt verbum Dei, et custódiunt illud.Ant. au Magnificat Élevant la voix, * une femme dans la foule dit : Heureuses les entrailles qui vous ont porté et le sein qui vous a nourri. Mais Jésus lui dit : Heureux plutôt ceux qui entendent la parole de Dieu et qui la gardent.
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