Lundi de la 3ᵉ semaine de Carême
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Présentation
Présentation
La Station est à Saint-Marc, ancienne église paroissiale de Rome, construite au IVᵉ siècle, par le Pape S. Marc en l’honneur de l’évangéliste son patron. Les dépouilles de ce Pape s’y trouvent avec les corps des SS. Martyrs Abdon et Sennen sous l’autel. On ne pouvait mieux choisir pour lire le récit du Syrien Naaman que ce sanctuaire au caractère nettement oriental, car S. Marc est le fondateur du siège patriarcal d’Alexandrie et Abdon et Sennen sont Perses. L’épisode de Naaman semble du reste faire allusion aux Égyptiens d’Alexandrie que Saint Marc guérit de la lèpre de l’infidélité par le baptême.
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
La Station est dans l’Église de Saint-Marc, bâtie au IVᵉ siècle en l’honneur de l’Évangéliste de ce nom, par le pape saint Marc, dont le corps y repose encore aujourd’hui.
LEÇON.
Hier, la sainte Église annonçait l’approche du Baptême pour nos Catéchumènes ; aujourd’hui, elle leur présente une histoire de l’Ancien Testament qui renferme un symbole de ce bain salutaire que leur a préparé la miséricorde divine. La lèpre de Naaman est la figure du péché ; cette hideuse maladie n’a pour l’officier syrien qu’un seul remède : il faut qu’il se baigne sept fois dans les eaux du Jourdain, et il sera guéri. Le Gentil, l’infidèle, l’enfant qui naît avec la tache originelle, tous peuvent devenir justes et saints, mais par l’eau seulement et par l’invocation de la glorieuse Trinité. Naaman trouve qu’un tel remède est trop vulgaire ; il doute, il hésite ; dans sa sagesse humaine, il voudrait un moyen plus digne de lui, un prodige sensible qui pût lui faire honneur autant qu’au Prophète. Au temps de la prédication apostolique, plus d’un Gentil raisonna de même ; mais ceux qui crurent avec simplicité à la vertu de l’eau sanctifiée par Jésus-Christ reçurent la régénération ; et la fontaine baptismale enfanta un nouveau peuple formé de tous les peuples qui sont sous le ciel. Naaman, figure de la gentilité, se résolut enfin à croire ; et sa foi fut récompensée par une guérison complète. Ses chairs putréfiées devinrent semblables à celles de l’enfant chez qui les sources de la vie n’ont point encore été altérées. Glorifions Dieu qui a donné cette vertu aux eaux, et qui, par sa grâce, produit dans les âmes dociles cette foi à laquelle il réserve une si précieuse récompense.
ÉVANGILE.
Nous venons d’entendre le Sauveur proclamer encore le mystère de la vocation des Gentils à la place des Juifs incrédules ; et notre Naaman est cité ici comme un exemple de cette miséricordieuse substitution. Jésus rappelle aussi la veuve de Sarepta, l’hôtesse d’Élie, dont nous avons lu l’histoire il y a quelques jours. Cette effrayante résolution du Seigneur de transporter sa lumière d’un peuple à l’autre irrite les pharisiens de Nazareth contre le Messie. Ils savent que Jésus, qui, à ce moment, n’était encore qu’au début de sa prédication, vient d’opérer de grandes merveilles dans Capharnaüm : ils voudraient le voir illustrer leur petite ville par quelques signes semblables ; mais Jésus sait qu’ils ne se convertiraient pas. Le connaissent-ils seulement ? Il a atteint au milieu d’eux l’âge de trente ans, « croissant toujours en âge et en sagesse devant Dieu et devant les hommes [5] » ; mais ces puissants du siècle ne faisaient guère attention à un pauvre ouvrier, au fils du charpentier. Savent-ils môme que, si Jésus a fait un long séjour à Nazareth, ce n’est cependant pas dans cette ville, mais à Bethléhem, qu’il est né ? Devant eux, dans la synagogue de Nazareth [6], il vient d’expliquer le prophète Isaïe avec une éloquence et une grâce merveilleuses ; il annonçait que le temps de la miséricorde était arrivé. Son discours, qui étonna et ravit l’assistance, a moins frappé les sages de la ville que le bruit des prodiges qu’il vient d’opérer dans un pays voisin. Ils veulent lui voir faire quelque miracle sous leurs yeux, comme un vain spectacle ; ils ne l’obtiendront pas. Qu’ils se rappellent le discours que Jésus a fait dans la synagogue, et surtout qu’ils tremblent en l’entendant annoncer le retour des Gentils. Mais le divin Prophète n’est point écouté dans sa propre ville ; et si sa puissance ne l’eût soustrait à la férocité de ses indignes compatriotes, le sang du Juste eût été répandu dès ce jour-là. C’est la triste gloire de l’ingrate Jérusalem, « que nul prophète ne doit périr, si ce n’est dans ses murs [7] ».
Offrons à Dieu, en cette journée, cette solennelle Supplication, empruntée à la Liturgie gothique :
| PRECES. | |
| Missale Gothicum. In Dominica III Quadragesimæ. | |
| Rogamus te, Rex sæculorum, Deus sancte, jam miserere : peccavimus tibi. | Roi des siècles, Dieu saint, nous avons péché contre vous ; nous vous en prions, ayez enfin pitié. |
| V/. Audi clamantes, Pater altissime, et quæ precamur, clemens attribue : exaudi nos, Domine. | V/. Père très haut, écoutez nos cris ; dans votre bonté, octroyez nos demandes ; exaucez-nous, Seigneur. |
| R/. Jam miserere. | R/. Ayez enfin pitié. |
| V/. Bone Redemptor, supplices quæsumus de toto corde flentes : requirimus, adsiste propitius. | V/. Rédempteur plein de bonté, nous vous supplions, pleurant de tout notre cœur ; nous sommes devant vous, soyez propice ; assistez-nous. |
| R/. Jam miserere. | R/. Ayez enfin pitié. |
| V/. Emitte manum , Deus omnipotens : et invocantes potenter protege ex alto, piissime. | V/. Dieu tout-puissant, étendez votre main du haut du ciel : ô miséricordieux, dans votre puissance, protégez ceux qui vous invoquent. |
| R/. Jam miserere. | R/. Ayez enfin pitié. |
| V/. Fertilitatem et pacem tribue : remove bella, et famem cohibe, Redemptor sanctissime. | V/. Donnez la fertilité et la paix, écartez les guerres, repoussez la famine, ô Rédempteur très saint ! |
| R/. Jam miserere. | R/. Ayez enfin pitié. |
| V/. Induire lapsis : indulge perditis : dimitte noxia : ablue crimina : acclines tu libera. | V/. Pardonnez à ceux qui sont tombés ; pardonnez à ceux qui se sont perdus ; remettez les fautes, lavez les crimes ; délivrez ceux qui sont devant vous prosternés. |
| R/. Jam miserere. | R/. Ayez enfin pitié. |
| V/. Gemitus vide : fletus intellige : extende manum : peccantes redime. | V/. Voyez les gémissements, considérez les pleurs, étendez la main, rachetez ceux qui ont péché. |
| R/. Jam miserere. | R/. Ayez enfin pitié. |
| V/. Hanc nostram , Deus, hanc pacem suscipe : supplicum voces placatus suscipe : et parce, piissime. | V/. Acceptez, ô Dieu ! cette réconciliation ; accueillez ces voix suppliantes, et pardonnez, vous plein de bonté. |
| R/. Rogamus te, Rex sæculorum, Deus sancte, jam miserere : peccavimus tibi. | R/. Roi des siècles, Dieu saint, nous avons péché contre vous, nous vous en prions, ayez enfin pitié de nous. |
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Collecte à Saint-Adrien.
Station à Saint-Marc.
La diaconie de Saint-Adrien s’élève sur le Forum, dans l’ancienne salle du Sénat et elle fut dédiée par le pape Honorius Iᵉʳ à la mémoire de ce célèbre martyr de Nicomédie, qui, durant la période byzantine, eut des églises, des monastères et un culte très populaire à Rome même.
La basilique stationnale de Pallacine, dédiée par la suite à l’évangéliste Marc, fut érigée par le Pape du même nom, et est l’unique monument consacré dans Rome à la mémoire de ce dévot disciple de Paul et fidèle interprète de Pierre, qui, outre la part qu’il eut, avec les apôtres, dans la première évangélisation de la Ville éternelle, écrivit son évangile après la mort de ceux-ci à la prière des Romains.
Sous l’autel principal du titulus Marci repose le corps du fondateur, avec les reliques des martyrs Abdon et Sennen. Nous nous trouvons donc comme en un sanctuaire oriental au cœur de la ville, avec Marc d’une part, le grand fondateur du siège patriarcal d’Alexandrie — l’élément égyptien à Rome était important — et les Persans Abdon et Sennen de l’autre. La péricope scripturaire de ce jour tient précisément compte de ce caractère oriental des titulaires de la basilique, et nous fait lire pour cette raison l’histoire de Naaman le Syrien, qui, ayant laissé les bains voluptueux de Damas, guérit de la lèpre après s’être plongé dans le Jourdain. Ce passage s’adapte admirablement aux catéchumènes, qui, hier, en effet, ont commencé le cours d’instruction préparatoire au baptême. Pierre, observe Tertullien, a baptisé dans le Tibre, et, si les aspirants veulent guérir de la lèpre de l’infidélité et du péché originel, ils doivent s’humilier, abandonner les fleuves de Damas, c’est-à-dire les satisfactions de leur ancienne vie sensuelle, et se plonger dans les eaux limpides du saint Baptême.
L’introït est tiré du psaume 55. Le fidèle oppose à la gloire humaine, la gloire qui lui est réservée en Dieu ; sa parole ne disparaîtra jamais, et toutes les menaces des hommes ne pourront modifier le splendide programme de salut que le Seigneur a promulgué.
Dans la collecte, on revient avec insistance sur la qualité de notre jeûne, qui ne doit rien avoir de commun avec le Ramadan des fils de l’Islam ou avec celui d’Israël. Le jeûne chrétien consiste essentiellement à refréner les passions et à s’abstenir du péché.
Suit la lecture du livre IV des Rois (V, 1-15) avec la guérison de Naaman le Syrien, opérée par le prophète Élisée moyennant un septuple bain dans le Jourdain. L’étranger, couvert de lèpre, mais cependant orgueilleux au milieu de toute la misère de ses plaies, se considère presque offensé de ce que le Voyant d’Israël n’emploie pas à son égard des rites solennels et des moyens hors du commun ; bien plus, qu’il ne sorte même pas pour lui parler, mais qu’il lui ordonne simplement de se laver dans le Jourdain. Et pourtant il en est ainsi. Voulant vaincre le démon superbe, Dieu s’est complu à le faire par des moyens humbles, c’est-à-dire par l’œuvre des Sacrements et des Sacramentaux, afin d’humilier de plus en plus l’ennemi dans sa défaite. C’est pourquoi, si Naaman veut guérir, il doit d’abord déposer tout orgueil, se reconnaître impur, et aller pour cela se plonger dans le Jourdain, là précisément où, quelques siècles plus tard, Jean préludera à notre baptême chrétien par son baptême de pénitence.
Comme il est de règle, le répons provient du même psaume que l’introït : « O Dieu, mes jours vous sont connus ; devant vous j’ai recueilli mes larmes. Ayez pitié de moi que l’ennemi poursuit ; mes agresseurs me pressent tout le jour. »
Le passage évangélique qui suit est appelé par la lecture qui vient d’être faite au IVᵉ Livre des Rois. Dans la synagogue de Nazareth, le Sauveur reprochera à ses concitoyens d’avoir imité l’incrédulité de leurs ancêtres du temps d’Élisée, eux qui obligèrent le prophète à opérer des prodiges seulement en faveur des étrangers. Exemple terrible, qui nous donne matière à réflexion. Les grâces divines, répandues parfois si abondamment sur certaines âmes privilégiées, trouvent en elles très peu de correspondance, si bien que, par la suite, s’y ajoute la paresse et le dégoût pour les choses les plus saintes. Ces sacrements, ces prédications, ces exercices de piété qui parfois touchent tant le cœur des pécheurs, n’ont plus aucune efficacité pour ces âmes religieuses attiédies, rendues comme apathiques par l’abondance des dons divins, à l’égal de ces malades qui ne digèrent plus la nourriture qu’ils prennent.
Le verset ad offerendum est tiré du psaume 54 : « Écoutez, ô Dieu, ma prière, ne rejetez pas de vous mon cri, mais tournez-vous vers moi et m’écoutez. » Dieu écoute toujours la prière d’un cœur humble et droit ; même quand l’indignité du suppliant rend inopportunes certaines grâces de spéciale importance qu’il ose demander, Dieu ne rend pas son oraison inutile, mais il lui accorde ce qui est plus essentiel, c’est-à-dire le retour à la grâce sanctifiante moyennant la conversion du cœur.
La prière de ce jour sur les oblations est fort belle : « Ce qui est pour nous un acte dû, de culte et de sacrifice, hommage de notre dévotion, vous, Seigneur, faites que cela devienne aussi sacrement de rédemption. »
L’antienne pour la communion est elle aussi comme un cri de victoire. Elle est tirée du psaume 13 : « Qui enverra de Sion le Sauveur à Israël ? Quand le Seigneur délivrera son peuple de la servitude, Jacob exultera et Israël tout entier fera fête. »
La collecte eucharistique répète, en d’autres termes, un concept qui revient souvent dans les formules correspondantes de la liturgie romaine : « Faites, Seigneur, que, en plus de la participation matérielle à votre sacrement, nous expérimentions aussi son efficacité au moyen de la foi et de la dévotion actuelle. »
La bénédiction finale sur le peuple s’exprime ainsi : « Que votre miséricorde, Seigneur, vienne à notre secours, afin que votre droite victorieuse nous fasse échapper aux fléaux imminents mérités par nos péchés » ; allusion à Rome, continuellement exposée aux sièges des Goths, des Visigoths, des Lombards, démantelée par les tremblements de terre, dépeuplée par la famine, décimée par la peste, durant les Ve, VIᵉ et VIIᵉ siècles.
Si Venise se glorifie des reliques de saint Marc, Rome peut, à plus juste titre, lui adresser le salut en usage dans la sérénissime république : Pax tibi, Marce, Evangelista meus. « Meus » en effet, à bon droit, puisque saint Marc et saint Luc exercèrent ensemble leur apostolat dans la Ville éternelle, à la suite des deux princes des apôtres Pierre et Paul ; ils y écrivirent leur évangile, et l’antiquité chrétienne se plaisait en particulier à donner à Marc le glorieux titre d’interprète de Pierre.
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
STATION A SAINT-MARC
Le médecin d’Israël.
Des païens (Naaman) cherchent le médecin d’Israël ; les Juifs cherchent à le faire mourir. Ainsi le thème du Baptême et celui de la Passion coïncident.
Les antiennes du lever et du coucher du soleil sont les suivantes : « En vérité, je vous le dis, aucun prophète n’est considéré dans son pays » (Ant. Bened.). « Jésus passa au milieu d’eux et s’en alla » (Ant. Magn.). L’Église veut que nous passions toute la journée avec Jésus, à Nazareth. Là, ses compatriotes le reçurent avec des sentiments hostiles et voulurent même le faire mourir. C’est un prélude de la mort sur la Croix.
1. La Station. — A Saint-Marc. Le saint de station est le pape saint Marc, qui gouvernait l’Église romaine en 336. La liturgie fait mémoire de lui le 7 octobre. Il ne régna que huit mois, sous l’empereur Constantin. Au sujet de son activité, on signale seulement qu’il bâtit deux églises ; il consacra notre église de station et celle de Sainte-Balbine. Dans l’église où nous nous rendons aujourd’hui, on honore aussi l’évangéliste du même nom, saint Marc.
Quand nous entrons dans l’église, nous remarquons immédiatement la grande mosaïque au fond de l’abside (de Grégoire IV, 827-844) : au milieu, se tient le Christ levant la main droite ; à sa gauche, le pape saint Marc, saint Agapit et sainte Agnès ; à sa droite, saint Felicissimus, l’évangéliste saint Marc et Grégoire IV (avec un nimbe carré, pour montrer qu’il était encore en vie) ; à l’arrière-plan, on voit les douze agneaux symboliques, qui viennent des deux villes de Jérusalem (Juifs) et de Bethléem (païens) et s’avancent vers l’Agneau de Dieu. Aujourd’hui, l’église est ornée de revêtements d’un marbre très beau et très rare, comme on en voit dans peu d’églises de Rome. Elle possède aussi de nombreuses reliques qui, à l’occasion de l’office de station qu’on célèbre aujourd’hui, sont exposées à la vénération des fidèles.
2. La messe (In Deo). — Ce qui donne de l’importance à ce jour, c’est que les fidèles sont invités au scrutin pour mercredi. L’invitation se fait en ces termes : « Très chers frères, vous savez que le jour du scrutin, dans lequel nos élus seront instruits de la doctrine divine, est imminent. C’est pourquoi, rassemblez-vous avec un soin pieux et venez mercredi, à la troisième heure, afin que nous puissions accomplir, dans un service sans faute et avec l’assistance de Dieu, le mystère par lequel le diable, avec ses pompes, sera anéanti et la porte du royaume du ciel sera ouverte. »
Les lectures de la messe concernent les catéchumènes. Ces catéchumènes ont été choisis dans le paganisme, comme Naaman, pour être purifiés dans l’eau du Jourdain (le Baptême). Naaman est le type de l’Église des Gentils. Quant à Israël, il rejette son Rédempteur hors de la ville et veut le faire mourir. Les chants annoncent les combats, les combats spirituels que les catéchumènes auront à supporter avant d’arriver à la victoire, mais aussi la douleur contrite des pénitents : « Tu as laissé mes larmes arriver jusqu’à ta face. » Pensons aussi aux combats de notre chef, le Christ. Pour nous, la communauté croyante en qui doit se renouveler la grâce du Baptême, nous avons aussi quelques enseignements à recevoir :
1. Les scrutins nous avertissent de nous éprouver nous-mêmes et d’examiner notre conscience, afin de renouveler le « mystère céleste « du Baptême.
2. Les chants sont l’expression de la détresse de notre âme ; notre pauvre âme a des ascensions et des chutes, elle est vite déprimée, mais elle ne doit pas perdre le courage et la confiance. C’est ce qu’exprime très bien le psaume d’introït (55) : « Avant le haut du jour (du jour de combat), je suis effrayé, mais je me confie en Dieu. » Le leitmotiv du jour doit être : « Entre les mains de Dieu, je remets mon sort, je ne crains rien » et « Dieu accepte avec bonté mes larmes » (Graduel).
3. Les lectures nous présentent un saisissant contraste : le païen vient de loin en Israël pour chercher la guérison ; le Christ, dans sa patrie, est rejeté par ses propres concitoyens. Le païen trouve la guérison chez le « médecin »d’Israël ; les habitants de Nazareth repoussent leur « médecin ». C’est un sérieux avertissement pour nous qui sommes les concitoyens du Seigneur.
4. Dans Naaman, nous admirons notre élection parmi un si grand nombre qui ne sont pas appelés.
5. La pensée principale de la messe est : l’humilité et l’obéissance procurent le salut (leçon), sans humilité pas de salut (Évangile). L’épreuve du puissant Syrien fut l’humiliation. Il ne fut même pas reçu par le Prophète ; il dut se baigner sept fois dans le Jourdain. Le Christ nous adresse, nous aussi, à l’Église et exige que nous courbions notre orgueil. Toutes les institutions de l’Église sont une école d’humilité (par ex. la confession). Le Christ lui-même a pris le premier le chemin de l’humiliation.
6. De nouveau, dans cette messe, apparaît le thème de la Passion : le Christ est rejeté par ses propres compatriotes.
3. La prière des Heures. — Saint Ambroise nous donne de l’Évangile une explication édifiante. Le saint docteur nous montre la laideur de l’envie chez les habitants de Nazareth : « Celui-là attend vainement le secours de la miséricorde divine, qui envie, chez les autres, les fruits de la vertu. Le Seigneur est l’adversaire des envieux et, de ceux qui combattent chez les autres les bienfaits de Dieu, il éloigne sa puissance miraculeuse. Ce que le Christ fait dans sa vie terrestre est un modèle de ce qu’il accomplit toujours comme Dieu. Et ce qu’il accomplit d’une manière invisible nous est montré par ses actes visibles. » Dans la veuve, vers laquelle est envoyé Élisée, nous pouvons voir une figure de l’Église des Gentils : « Ce peuple qui, auparavant, était lépreux, ce peuple qui était couvert de plaies avant d’avoir été plongé dans le fleuve mystique, ce peuple, après avoir été lavé par le sacrement de Baptême des taches extérieures et intérieures, n’est plus couvert de lèpre, mais a commencé à devenir une vierge sans souillure et sans ride. » (Ces paroles nous montrent nettement les relations de cette messe avec le Baptême).
4. Le psaume 13. — Plainte au sujet de l’impiété universelle. — Le psaume provient, sans doute, de l’époque de l’exil. C’est la protestation des opprimés contre la méchanceté des impies. Ordre des idées.
I. Le psalmiste se plaint de la méchanceté des impies et en vient à songer à la corruption universelle des hommes (péché originel) 1-3 a :
II.
— a) La corruption des impies est exposée dans 3 b ;
— b) mais ces versets n’appartiennent pas au psaume, ils ont été tirés de Rom. III, 13-16 et introduits dans le psaume.
III. Dieu punira les méchants, 4-6.
Strophe de conclusion : Prière pour demander la délivrance de l’exil.
L’insensé dit dans son cœur :
« Il n’y a pas de Dieu. ».
Ils sont corrompus, ils commettent des actions abominables ;
Il n’en est aucun qui fasse le bien, aucun.
Le Seigneur regarde du haut du ciel vers les hommes,
il regarde pour voir s’il y en a un de sage, un craignant Dieu.
Mais tous sont égarés, tous ensemble sont pervertis,
il n’en est aucun qui fasse le bien, aucun.
Leur gosier est un sépulcre ouvert,
ils se servent de leur langue pour tromper,
un venin d’aspic est sous leurs lèvres.
Leur bouche est pleine de malédiction et d’amertume ;
ils ont les pieds agiles pour répandre le sang.
L’affliction et le malheur sont dans leurs voies,
ils ne connaissent pas le chemin de la paix ;
la crainte du Seigneur n’est pas devant leurs yeux.
Ne réfléchiront-ils pas ceux qui commettent l’iniquité,
qui dévorent mon peuple comme un morceau de pain ?
Ils n’invoquent pas Dieu.
mais alors ils trembleront d’épouvante
quand le Seigneur se placera à côté des hommes pieux.
Anéanti sera leur projet contre les pauvres,
car le Seigneur est leur espérance.
Ah ! que vienne de Sion le secours pour Israël !
Quand le Seigneur ramènera les captifs de son peuple,
Jacob sera dans la joie, Israël dans l’allégresse.
Præfatio de Quadragesima. · Préface du Carême.
Office du jour
Office
A MATINES
A LAUDES
| Ad Bened. Ant. Amen dico vobis, * quia nemo prophéta accéptus est in pátria sua. | Ant. au Bénédictus En vérité, je vous le dis, * aucun prophète n’est reçu dans sa patrie. |
AUX VÊPRES
| Ad Magnificat Ant. Iesus autem, tránsiens * per médium illórum, ibat. | Ant. au Magnificat Jésus passa * au milieu d’eux et s’en alla. |