Sᵗᵉ Hedwige, Veuveabstinence

Textes liturgiques

Matines de la 4ᵉ semaine de Carême

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Présentation

Présentation

Ne sont repris ici que les leçons et répons de l’office de Matines de la 4ᵉ semaine de Carême.

Une partie des traductions a déjà été publiée sur le Forum Catholique par Alexandre. Un grand merci à ce dernier pour le travail réalisé.

In I Nocturno
1ᵉʳ Nocturne
Lectio i
1ʳᵉ leçon
De libro Exodi
Lecture du livre de l’Exode
Cap. 3, 1-6
Móyses autem pascébat oves Iethro sóceri sui sacerdótis Mádian ; cumque minásset gregem ad interióra desérti, venit ad montem Dei Horeb. Apparuítque ei Dóminus in flamma ignis de médio rubi ; et vidébat quod rubus ardéret et non comburerétur. Dixit ergo Móyses : Vadam, et vidébo visiónem hanc magnam, quare non comburátur rubus. Cernens autem Dóminus quod pérgeret ad vidéndum, vocávit eum de médio rubi, et ait : Móyses, Móyses ! Qui respóndit : Adsum. At ille : Ne apprópies, inquit, huc : solve calceaméntum de pédibus tuis ; locus enim, in quo stas, terra sancta est. Et ait : Ego sum Deus patris tui, Deus Abraham, Deus Isaac, et Deus Iacob. Abscóndit Móyses fáciem suam : non enim audébat aspícere contra Deum.
Moïse conduisait les brebis de Jéthro, son beau-père, prêtre de Madian ; et ayant mené son troupeau au fond du désert, il vint à la montagne de Dieu, nommée Horeb. Alors le Seigneur lui apparut dans une flamme de feu qui sortait du milieu d’un buisson, et il voyait brûler le buisson sans qu’il fût consumé. Moïse dit donc : « Il faut que j’aille reconnaître quelle est cette merveille que je vois, et pourquoi ce buisson ne se consume point. » Mais le Seigneur, le voyant venir pour considérer ce phénomène, l’appela du milieu du buisson, et lui dit : « Moïse, Moïse ! » Il lui répondit : « Me voici. » Et Dieu dit : « N’approchez pas d’ici ; ôtez vos souliers de vos pieds, parce que le lieu où vous êtes est une terre sainte. » Il dit encore : « Je suis le Dieu de votre père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. » Moïse se cacha le visage, parce qu’il n’osait regarder Dieu.
R/. Locútus est Dóminus ad Móysen, dicens : Descénde in Ægýptum, et dic Pharaóni, * Ut dimíttat pópulum meum : indurátum est cor Pharaónis : non vult dimíttere pópulum meum, nisi in manu forti.
R/. Le Seigneur parla à Moïse [1], disant : Descend en Egypte, et dit à Pharaon : * Qu’il laisse aller mon peuple ; le cœur de Pharaon est endurci, il ne veut pas laisser aller mon peuple, s’il n’y est contraint par une main forte.
V/. Clamor filiórum Israël venit ad me, vidíque afflictiónem eórum : sed veni, mittam te ad Pharaónem.
V/. La clameur des enfants d’Israël est venue jusqu’à moi et j’ai vu leur affliction, mais viens, et je t’enverrai à Pharaon.
R/. Ut dimíttat pópulum meum : indurátum est cor Pharaónis : non vult dimíttere pópulum meum, nisi in manu forti.
R/. Qu’il laisse aller mon peuple ; le cœur de Pharaon est endurci, il ne veut pas laisser aller mon peuple, s’il n’y est contraint par une main forte.
Lectio ii Cap. 3, 7-10
2ᵉ leçon
Cui ait Dóminus : Vidi afflictiónem pópuli mei in Ægýpto, et clamórem eius audívi propter durítiam eórum qui præsunt opéribus : et sciens dolórem eius, descéndi ut líberem eum de mánibus Ægyptiórum, et edúcam de terra illa in terram bonam et spatiósam, in terram quæ fluit lacte et melle, ad loca Chananǽi, et Hethǽi, et Amorrhǽi, et Pherezǽi, et Hevǽi, et Iebusǽi. Clamor ergo filiórum Israël venit ad me : vidique afflictiónem eórum, qua ab Ægýptiis opprimúntur. Sed veni, et mittam te ad Pharaónem, ut edúcas pópulum meum, fílios Israël de Ægýpto.
Le Seigneur lui dit : « J’ai vu l’affliction de mon peuple, qui est en Égypte ; j’ai entendu le cri qu’il jette à cause de la dureté de ceux qui président aux travaux. Et, sachant quelle est sa douleur, je suis descendu pour le délivrer des mains des Égyptiens, et pour le faire passer de cette terre en une terre bonne et spacieuse ; en une terre où coulent le lait et le miel, au pays des Chananéens, des Héthéens, des Amorrhéens, des Phérézéens, des Hévéens et des Jébuséens. Le cri des enfants d’Israël est donc venu jusqu’à moi ; J’ai vu leur affliction et de quelle manière ils sont opprimés par les Égyptiens. Mais venez, j vous enverrai vers le Pharaon, afin que vous fassiez sortir de l’Égypte mon peuple, les enfants d’Israël. »
R/. Stetit Móyses coram Pharaóne, et dixit : Hæc dicit Dóminus : * Dimítte pópulum meum, ut sacríficet mihi in desérto.
R/. Moïse se présenta [2] devant Pharaon et lui dit : Voici ce que dit le Seigneur : * Laisse aller mon peuple, afin qu’il me sacrifie dans le désert.
V/. Dóminus Deus Hebræórum misit me ad te, dicens.
V/. Le Seigneur, Dieu des Hébreux, m’a envoyé te dire :
R/. Dimítte pópulum meum, ut sacríficet mihi in desérto.
R/. Laisse aller mon peuple, afin qu’il me sacrifie dans le désert.
Lectio iii Cap. 3, 11-15
3ᵉ leçon
Dixítque Móyses ad Deum : Quis sum ego, ut vadam ad Pharaónem, et edúcam fílios Israël de Ægýpto ?. Qui dixit ei : Ego ero tecum : et hoc habébis signum, quod míserim te : Cum edúxeris pópulum de Ægýpto, immolábis Deo super montem istum. Ait Móyses ad Deum : Ecce, ego vadam ad fílios Israël, et dicam eis : Deus patrum vestrórum misit me ad vos. Si díxerint mihi : Quod est nomen eius ? quid dicam eis ? Dixit Deus ad Móysen : Ego sum qui sum. Ait : Sic dices fíliis Israël : Qui est, misit me ad vos. Dixítque íterum Deus ad Móysen : Hæc dices fíliis Israël : Dóminus Deus patrum vestrórum, Deus Abraham, Deus Isaac, et Deus Iacob, misit me ad vos ; hoc nomen mihi est in ætérnum, et hoc memoriále meum in generatiónem et generatiónem.
Moïse dit à Dieu : « Qui suis-je, pour aller vers le Pharaon et pour faire sortir d’Égypte les enfants d’Israël ? » Dieu lui répondit : « Je serai avec vous, et ceci sera pour vous le signe que c’est moi qui vous ai envoyé. Lorsque vous aurez tiré mon peuple de l’Égypte, vous offrirez à Dieu un sacrifice sur cette montagne. » Moïse dit à Dieu : « J’irai donc vers les enfants d’Israël, et je leur dirai : ‘Le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous’. Mais s’ils me disent : ‘Quel est son nom ?’ que leur répondrai-je ? » Dieu dit à Moïse : « Je suis Celui qui est. Voici, ajouta-t-il, ce que vous direz aux enfants d’Israël : ‘Celui qui est m’a envoyé vers vous’. » Dieu dit encore à Moïse : « Vous direz ceci aux enfants d’Israël : ‘Le Seigneur, le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob, m’a envoyé vers vous.’ Voilà mon nom pour l’éternité, et voilà mon mémorial de génération en génération. »
R/. Cantémus Dómino : glorióse enim honorificátus est, equum et ascensórem proiécit in mare : * Adiútor et protéctor factus est mihi Dóminus in salútem.
R/. Chantons [3] le Seigneur car il s’est glorieusement signalé ; il a précipité dans la mer le cheval et celui qui le montait. * Le Seigneur est devenu mon aide et mon protecteur pour me sauver.
V/. Dóminus quasi vir pugnátor. Omnípotens nomen eius.
V/. Le Seigneur est comme un combattant, le tout-puissant est son nom.
* Adiútor et protéctor factus est mihi Dóminus in salútem. Glória Patri. * Adiútor et protéctor factus est mihi Dóminus in salútem.
* Le Seigneur est devenu mon aide et mon protecteur pour me sauver. Gloire au Père. * Le Seigneur est devenu mon aide et mon protecteur pour me sauver.
In II Nocturno
2ᵉ Nocturne
Lectio iv
4ᵉ leçon
Sermo sancti Basilíi Magni
Sermon de saint Basile le Grand
Homilia 1 de ieiunio, ante medium
Móysen per ieiúnium nóvimus in montem ascendísse : neque enim áliter ausus esset vérticem fumántem adire, atque in calíginem íngredi, nisi ieiúnio munítus. Per ieiúnium mandáta dígito Dei in tábulis conscrípta suscépit. Item supra montem ieiúnium legis latæ conciliátor fuit : inférius vero, gula ad idololatríam pópulum dedúxit, ac contaminávit. Sedit, inquit, pópulus manducáre et bíbere, et surrexérunt lúdere. Quadragínta diérum labórem ac perseverántiam, Dei servo contínuo ieiunánte ac oránte, una tantum pópuli ebríetas cassam irritámque réddidit. Quas enim tábulas Dei dígito conscríptas ieiúnium accepit, has ebríetas contrívit : Prophéta sanctíssimo indígnum existimánte, vinoléntum pópulum a Deo legem accípere.
Nous savons que Moïse gravit la montagne grâce au jeûne, car il n’aurait pas osé approcher de ce sommet fumant et entrer dans la nuée, s’il n’avait été fortifié par le jeûne. C’est grâce au jeûne qu’il reçut les lois gravées par le doigt de Dieu sur des tables. De même, sur la montagne, le jeûne obtint le don de la loi, mais au pied de cette montagne, la gourmandise fit tomber le peuple dans l’idolâtrie et le souilla de péché. « La foule s’assit pour manger et pour boire ; puis ils se levèrent pour se divertir. » [4] L’effort et la persévérance des quarante jours que le serviteur de Dieu avait passés dans la prière et le jeûne continuels, une seule ivresse du peuple les rendit inutiles et vains. Ces tables, en effet, gravées par le doigt de Dieu, que le jeûne avait accueillies, l’ivresse les brisa : le très saint prophète jugea qu’un peuple plein de vin était indigne de recevoir de Dieu une loi.
R/. In mare viæ tuæ, et sémitæ tuæ in aquis multis : * Deduxísti sicut oves pópulum tuum in manu Móysi et Aaron.
R/. Dans la mer a été votre route [5], et vos sentiers ont été de grandes eaux : * Vous avez conduit [6], comme des brebis, votre peuple par les mains de Moïse et d’Aaron.
V/. Transtulísti illos per mare Rubrum, et transvexísti eos per aquam nímiam.
V/. Vous les avez conduits [7] par la mer Rouge, et les avez fait passer à travers des eaux immenses.
R/. Deduxísti sicut oves pópulum tuum in manu Móysi et Aaron.
R/. Vous avez conduit [8], comme des brebis, votre peuple par les mains de Moïse et d’Aaron.
Lectio v
5ᵉ leçon
Uno témporis moménto ob gulam pópulus ille per máxima prodígia Dei cultum edóctus, in Ægyptíacam idololatríam turpíssime devolútus est. Ex quo si utrúmque simul cónferas, vidére licet, ieiúnium ad Deum dúcere, delícias vero salútem pérdere. Quid Esau inquinávit, servúmque fratris réddidit ? nonne esca una, propter quam primogénita véndidit ? Samuélem vero nonne per ieiúnium orátio largíta est matri ? Quid fortíssimum Samsónem inexpugnábilem réddidit ? nonne ieiúnium, cum quo in matris ventre concéptus est ? Ieiúnium concépit, ieiúnium nutrívit, ieiúnium virum effécit. Quod sane Angelus matri prǽcepit, monens quæcúmque ex vite procéderent, ne attíngeret, non vinum, non síceram bíberet. Ieiúnium prophétas génuit, poténtes confírmat atque róborat.
En un moment de temps, à cause de sa gourmandise, ce peuple que les plus grands prodiges avaient instruit du culte à rendre à Dieu, versa de la façon la plus honteuse dans l’idolâtrie des Égyptiens. Si l’on compare ces deux faits, on peut voir que le jeûne conduit à Dieu, tandis que les délices anéantissent le salut. Qu’est-ce qui corrompit Ésaü et le rendit serviteur de son frère ? N’est-ce pas un seul mets pour lequel il vendit son droit d’aînesse ? Et Samuel ? N’est-ce pas au contraire par le jeûne qu’il fut accordé à la prière de sa mère ? Qu’est-ce donc qui a rendu invincible le très fort Samson, sinon le jeûne avec lequel il fut conçu dans le sein de sa mère ? Le jeûne le conçut, le jeûne le nourrit, le jeûne en fit un homme. Un ange l’a sûrement prescrit à sa mère, l’avertissant de s’abstenir de tout ce qui provient de la vigne, de ne boire ni vin ni boisson fermentée. Le jeûne engendre les prophètes, affermit et fortifie les puissants.
R/. Qui persequebántur pópulum tuum, Dómine, demersísti eos in profúndum : * Et in colúmna nubis ductor eórum fuísti.
R/. Ceux qui poursuivaient votre peuple [9], Seigneur, vous les avez jetés au fond de la mer : * Et dans une colonne de nuée, vous avez été le guide.
V/. Deduxísti sicut oves pópulum tuum in manu Móysi et Aaron.
V/. Vous avez conduit [10], comme des brebis, votre peuple par les mains de Moïse et d’Aaron.
R/. Et in colúmna nubis ductor eórum fuísti.
R/. Et dans une colonne de nuée, vous avez été le guide.
Lectio vi
6ᵉ leçon
Ieiúnium legislatóres sapiéntes facit : ánimæ óptima custódia, córporis sócius secúrus, fórtibus viris muniméntum et arma, athlétis et certántibus exercitátio. Hoc prætérea tentatiónes propúlsat, ad pietátem armat, cum sobrietáte hábitat, temperántiæ ópifex est : in bellis fortitúdinem affert, in pace quiétem docet : nazarǽum sanctíficat, sacerdótem pérficit : neque enim fas est sine ieiúnio sacrifícium attíngere, non solum in mýstica nunc et vera Dei adoratióne, sed nec in illa, in qua sacrifícium secúndum legem in figura offerebátur. Ieiúnium Elíam magnæ visiónis spectatórem fecit : quadragínta namque diérum ieiúnio cum ánimam purgásset, in spelúnca meruit, quantum fas est homini, Deum vidére. Móyses íterum legem accípiens, íterum ieiúnia secútus est. Ninivítæ, nisi cum illis et bruta ieiunássent, ruínæ minas nequáquam evasíssent. In desérto autem quorúmnam membra cecidérunt ? nonne illórum, qui carnes appetivére ?
Le jeûne rend les législateurs sages ; il est pour l’âme la meilleure sauvegarde ; pour le corps, un compagnon sûr ; pour les hommes courageux, une protection et une arme ; pour les athlètes et les combattants, un entraînement. En outre, il écarte les tentations, dispose à la piété, habite avec la sobriété, est artisan de la tempérance. Dans la guerre, il apporte le courage ; dans la paix, il apprend la tranquillité. Il sanctifie le nazir, rend le prêtre parfait, car il n’est pas permis d’aborder le sacrifice sans être à jeun, et cela, non seulement aujourd’hui, en cette adoration sacramentelle et véritable de Dieu, mais même dans celle où, en figure, le sacrifice était offert selon la loi. C’est le jeûne qui rendit Élie digne de contempler sa grande vision ; car, après avoir purifié son âme par un jeûne de quarante jours, il mérite, dans une caverne, de voir Dieu autant que cela est permis à un homme. Lorsque Moïse reçut de nouveau la loi, il observa de nouveau un jeûne. Les Ninivites n’auraient échappé en aucune manière à la destruction qui les menaçait s’ils n’avaient jeûné et fait jeûner avec eux jusqu’aux animaux. Dans le désert, par contre, qui vit fléchir ses membres, sinon ceux qui eurent envie de viandes ?
R/. Móyses fámulus Dei ieiunávit quadragínta diébus et quadragínta nóctibus : * Ut legem Dómini mererétur accípere.
R/. Moïse, serviteur de Dieu [11], jeûna pendant quarante jours et quarante nuits, * Afin qu’il méritât de recevoir la loi du Seigneur.
V/. Ascéndens Móyses in montem Sínai ad Dóminum, fuit ibi quadragínta diébus et quadragínta nóctibus.
V/. Moïse monta sur la montagne de Sinaï, auprès du Seigneur ; et il fut là quarante jours et quarante nuits.
* Ut legem Dómini mererétur accípere. Glória Patri. * Ut legem Dómini mererétur accípere.
* Afin qu’il méritât de recevoir la loi du Seigneur. Gloire au Père. * Afin qu’il méritât de recevoir la loi du Seigneur.
In III Nocturno
3ᵉ Nocturne
Lectio vii
7ᵉ leçon
Léctio sancti Evangélii secúndum Ioánnem.
Lecture du saint Évangile selon saint Jean.
Cap. 6, 1-15
In illo témpore : Abiit Iesus trans mare Galilǽæ, quod est Tiberíadis : et sequebátur eum multitúdo magna, quia vidébant signa, quæ faciébat super his qui infirmabántur. Et réliqua.
En ce temps-là, Jésus s’en alla au delà de la mer de Galilée, ou de Tibériade ; et une multitude nombreuse le suivait, parce qu’ils voyaient les miracles qu’il opérait sur les malades. Et le reste. [12]
Homilía sancti Augustíni Epíscopi
Homélie de saint Augustin, évêque
Tract. 24 in Ioannem
Mirácula, quæ fecit Dóminus noster Iesus Christus, sunt quidem divína ópera, et ad intelligéndum Deum de visibílibus ádmonent humánam mentem. Quia enim ille non est talis substántia, quæ vidéri óculis possit ; et mirácula eius, quibus totum mundum regit, universámque creatúram adminístrat, assiduitáte viluérunt, ita ut pene nemo dignétur atténdere ópera Dei mira et stupénda in quólibet séminis grano : secúndum ipsam suam misericórdiam, servávit sibi quædam, quæ fáceret opportúno témpore præter usitátum cursum ordinémque natúræ ; ut non maióra, sed insólita vidéndo stupérent, quibus quotidiana vilúerant.
Les miracles accomplis par notre Seigneur Jésus-Christ sont vraiment des œuvres divines et ils invitent l’esprit humain à s’élever des événements visibles à la connaissance de Dieu. Dieu, en effet, n’est pas de telle substance qu’il puisse être vu des yeux du corps. D’autre part, ses miracles, grâce auxquels il régit le monde entier et prend soin de toute la création, sont, par leur fréquence, devenus communs, au point que personne, pour ainsi dire, ne daigne prêter attention à l’action admirable et étonnante de Dieu dans n’importe quelle semence. C’est pourquoi, en sa miséricorde même, il s’est réservé d’opérer, en temps opportun, certains prodiges en dehors du cours habituel et ordinaire de la nature : ainsi la vue de faits, non plus grands, mais insolites, frappera tout de même d’étonnement ceux pour qui les miracles quotidiens sont devenus quelconques.
R/. Spléndida facta est fácies Móysi, dum respíceret in eum Dóminus : * Vidéntes senióres claritátem vultus eius, admirántes timuérunt valde.
R/. La face de Moïse était devenue rayonnante de lumière, depuis que le Seigneur l’avait regardé : * Les anciens d’Israël voyant la face de Moïse rayonnante, l’admirèrent et furent saisis de crainte.
V/. Cumque descendísset de monte Sínai, portábat duas tábulas testimonii, ignorans quod cornúta esset fácies eius ex consórtio sermónis Dei.
V/. Et lorsque [13] Moïse descendit de la montagne de Sinaï, il tenait les deux tables du témoignage, et il ignorait que sa face était rayonnante de lumière depuis l’entretien du Seigneur avec lui.
R/. Vidéntes senióres claritátem vultus eius, admirántes timuérunt valde.
R/. Les anciens d’Israël voyant la face de Moïse rayonnante, l’admirèrent et furent saisis de crainte.
Lectio viii
8ᵉ leçon
Maius enim miráculum est gubernátio tótius mundi, quam saturátio quinque míllium hóminum de quinque pánibus. Et tamen hoc nemo mirátur : illud mirántur hómines, non quia maius est, sed quia rarum est. Quis enim et nunc pascit univérsum mundum, nisi ille, qui de paucis granis ségetes creat ? Fecit ergo quo modo Deus. Unde enim multiplicat de paucis granis ségetes, inde in mánibus suis multiplicávit quinque panes : potéstas enim erat in mánibus Christi. Panes autem illi quinque, quasi sémina erant, non quidem terræ mandáta, sed ab eo, qui terram fecit, multiplicáta.
Car c’est un plus grand miracle de gouverner le monde entier que de rassasier de cinq pains cinq mille personnes. Et pourtant, nul ne s’étonne du premier prodige, tandis que l’on est rempli d’admiration pour le second, non parce qu’il est plus grand, mais parce qu’il est rare. Qui, en effet, maintenant encore, nourrit le monde entier, sinon celui qui, de quelques grains, fait sortir les moissons ? Jésus a donc agi à la manière de Dieu. En effet, par cette même puissance qui d’un petit nombre de grains multiplie les moissons, il a multiplié entre ses mains les cinq pains. Car la puissance était entre les mains du Christ. Ces cinq pains étaient comme des semences non plus confiées à la terre, mais multipliées par celui qui a fait la terre.
R/. Ecce mitto Angelum meum, qui præcédat te, et custódiat semper : * Observa et audi vocem meam, et inimícus ero inimícis tuis, et affligéntes te afflígam : et præcédet te Angelus meus.
R/. Voici [14] que j’enverrai mon Ange, afin qu’il te précède et te garde toujours : * Observe et écoute ma voix, et je serai un ennemi pour ton ennemi, et j’affligerai ceux qui t’affligeront, et mon Ange te précédera.
V/. Israël, si me audíeris, non erit in te deus recens, neque adorábis deum aliénum : ego enim Dóminus.
V/. Israël [15], si tu m’écoutes, il n’y aura pas au milieu de toi de dieu nouveau, et tu n’adoreras pas de dieu étranger, car c’est moi qui suis le Seigneur.
R/. Observa et audi vocem meam, et inimícus ero inimícis tuis, et affligéntes te afflígam : et præcédet te Angelus meus.
R/. Observe et écoute ma voix, et je serai un ennemi pour ton ennemi, et j’affligerai ceux qui t’affligeront, et mon Ange te précédera.
Lectio ix
9ᵉ leçon
Hoc ergo admótum est sénsibus, quo erigerétur mens : et exhíbitum óculis, ubi exercerétur intelléctus : ut invisíbilem Deum per visibília ópera mirarémur, et erécti ad fidem, et purgáti per fidem, étiam ipsum invisíbilem vidére cuperemus, quem de rebus visibílibus invisíbilem nosceremus. Nec tamen sufficit hæc intuéri in miráculis Christi. Interrogémus ipsa mirácula, quid nobis loquántur de Christo : habent enim, si intelligántur, linguam suam. Nam quia ipse Christus Verbum Dei est : étiam factum Verbi, verbum nobis est.
Ce prodige a donc été présenté à nos sens pour élever notre esprit ; il a été placé sous nos yeux pour exercer notre intelligence. Alors, admirant le Dieu invisible à travers ses œuvres visibles, élevés jusqu’à la foi et purifiés par la foi, nous désirerons même voir l’Invisible en personne ; cet Invisible que nous connaissons à partir des choses visibles. Et pourtant, il ne suffit pas de considérer cela dans les miracles du Christ. Demandons aux miracles eux-mêmes ce qu’ils nous disent du Christ ; en effet, si nous les comprenons, ils ont leur langage. Car le Christ en soi est la Parole de Dieu, l’action de la Parole aussi est parole pour nous.
R/. Atténdite, pópule meus, legem meam : * Inclináte aurem vestram in verba oris mei.
R/. Appliquez-vous [16] à la loi, ô mon peuple,. * Inclinez votre oreille aux paroles de ma bouche
V/. Apériam in parábolis os meum : loquar propositiónes ab inítio sǽculi.
V/. J’ouvrirai ma bouche en paraboles, je dirai des choses cachées dès le commencement [17]
* Inclináte aurem vestram in verba oris mei. Glória Patri. * Inclináte aurem vestram in verba oris mei.
* Inclinez votre oreille aux paroles de ma bouche Gloire au Père. * Inclinez votre oreille aux paroles de ma bouche
Lectio i
1ʳᵉ leçon
Léctio sancti Evangélii secúndum Ioánnem.
Lecture du saint Évangile selon saint Jean.
Cap. 2, 13-25
In illo témpore : Prope erat Pascha Iudæórum, et ascéndit Iesus Ierosólymam : et invénit in templo vendéntes boves, et oves, et colúmbas. Et réliqua.
En ce temps-là : La Pâque des Juifs était proche, Jésus monta à Jérusalem. Et il trouva dans le temple les vendeurs de bœufs, de brebis et de colombes. Et le reste. [18]
Homilía sancti Augustíni Epíscopi
Homélie de saint Augustin, Évêque.
Tract. 10 in Ioannem, post initium
Quid audívimus, fratres ? Ecce templum illud figúra adhuc erat, et eiécit inde Dóminus omnes qui sua quærébant, qui ad núndinas vénerant. Et quæ ibi vendébant illi ? Quæ opus habébant hómines in sacrifíciis illíus témporis. Novit enim cáritas vestra, quod sacrifícia illi pópulo pro eius carnalitáte, et corde adhuc lapídeo, tália data sunt, quibus tenerétur, ne in idóla deflúeret : et immolábant ibi sacrifícia, boves, oves et colúmbas. Nostis, quia legístis.
Que venons-nous d’entendre, mes frères ? Ce temple n’était que figuratif, et le Seigneur en chassa tous ceux qui, cherchant leurs intérêts, y étaient venus faire le trafic. Et qu’y vendaient-ils ? Ce dont les hommes avaient besoin pour les sacrifices de ce temps-là. Car votre charité n’ignore pas que c’était à cause de ses instincts grossiers et de son cœur de pierre, que de tels sacrifices avaient été donnés à ce peuple, pour le retenir sur le penchant qui l’entraînait au culte des idoles. Les Juifs immolaient donc dans le temple des bœufs, des brebis et des colombes. Vous le savez, car vous l’avez lu.
R/. Vos, qui transitúri estis Iordánem, ædificáte altáre Dómino. * De lapídibus, quos ferrum non tétigit : et offérte super illud holocáusta, et hóstias pacíficas Deo vestro.
R/. Vous [19] qui devez passer le Jourdain, élevez un autel au Seigneur, * Avec des pierres que le fer n’aura pas touchées ; et offrez sur cet autel des holocaustes, et des hosties pacifiques à votre Dieu.
V/. Cumque intravéritis terram, quam Dóminus datúrus est vobis, ædificáte ibi altáre Dómino.
V/. Lorsque vous serez entrés dans la terre que le Seigneur votre Dieu vous donnera, vous bâtirez là un autel au Seigneur.
R/. De lapídibus, quos ferrum non tétigit : et offérte super illud holocáusta, et hóstias pacíficas Deo vestro.
R/. Avec des pierres que le fer n’aura pas touchées ; et offrez sur cet autel des holocaustes, et des hosties pacifiques à votre Dieu.
Lectio ii
2ᵉ leçon
Non ergo magnum peccátum, si hoc vendébant in templo, quod emebátur ut offerétur in templo : et tamen eiécit inde illos. Quid si ibi ebriósos inveníret, quid fáceret Dóminus, si vendéntes ea quæ lícita sunt, et contra iustítiam non sunt (quæ enim honéste emúntur, non illícite vendúntur) éxpulit tamen, et non est passus domum oratiónis fíeri domum negotiatiónis ?
Il semble donc que ce n’était pas un grand péché de vendre dans le temple ce qui s’achetait pour être offert dans le temple, et cependant Jésus-Christ en chassa les marchands. Qu’aurait donc fait le Seigneur, s’il avait trouvé là des hommes plongés dans l’ivresse, lui qui expulsa ceux qui vendaient des choses qu’il est pourtant permis de vendre, et qui ne blessaient point la justice (car ce qu’on achète honnêtement, se vend licitement) ; qu’aurait-il fait, lui qui ne souffrit pas que la maison de la prière devint une maison de négoce ?
R/. Audi, Israël, præcépta Dómini, et ea in corde tuo quasi in libro scribe : * Et dabo tibi terram fluéntem lac et mel.
R/. Écoute, Israël [20], les préceptes du Seigneur, et écris-les dans ton cœur comme dans un livre ; * Et je te donnerai une terre où coulent du lait et du miel.
V/. Obsérva ígitur, et audi vocem meam : et inimícus ero inimícis tuis.
V/. Observe [21] donc et écoute ma parole, et je serai un ennemi pour ton ennemi.
R/. Et dabo tibi terram fluéntem lac et mel.
R/. Et je te donnerai une terre où coulent du lait et du miel.
Lectio iii
3ᵉ leçon
Si negotiatiónis domus non debet fíeri domus Dei, potatiónis debet fíeri ? Nos autem quando ista dícimus, strident déntibus suis advérsus nos : et consolátur nos Psalmus, quem audístis : Stridérunt in me déntibus suis. Nóvimus et nos audíre unde curémur : etsi ingeminántur flagélla Christo, quia flagellátur sermo ipsíus. Congregáta sunt, inquit, in me flagélla, et nesciébant. Flagellátus est flagéllis Iudæórum : flagellátur blasphémiis falsórum Christianórum : multíplicant flagélla Dómino Deo suo, et nésciunt. Faciámus nos, quantum ipse ádiuvat. Ego autem, cum mihi molésti essent, induébam me cilício, et humiliábam in ieiúnio ánimam meam.
Si la maison de Dieu ne doit pas devenir une maison de trafic, doit-elle devenir un lieu d’ivresse ? Quand nous parlons de la sorte, les coupables grincent des dents contre nous ; mais nous trouvons notre consolation dans les paroles du Psaume que vous venez d’entendre : « Ils ont grincé des dents contre moi. » [22] Nous savons entendre les paroles qui peuvent nous guérir, bien que leurs fouets tombent à coups redoublés sur le Christ, car c’est sa parole qui est flagellée : « Leurs fouets, dit-il, se sont réunis contre moi, et ils ne le savaient pas. » [23] Jésus-Christ a été flagellé par les verges des Juifs, il est flagellé encore par les blasphèmes des faux chrétiens ; ceux-ci multiplient les coups contre le Seigneur leur Dieu, et ils ne le savent point. Pour nous, faisons, autant que lui-même nous en donne la grâce, ce qui est marqué au même Psaume : « Mais moi, pendant qu’ils me tourmentaient, j’étais revêtu d’un cilice, j’humiliais mon âme par le jeûne. » [24]
R/. Sicut fui cum Móyse ita ero tecum, dicit Dóminus : * Confortáre, et esto robústus : introdúces pópulum meum ad terram lacte et melle manántem.
R/. Comme [25] j’ai été avec Moïse, ainsi je serai avec toi, ait le Seigneur fà Josué] ; * Prends courage et sois fort : tu introduiras mon peuple dans une terre où coulent le lait et le miel.
V/. Noli timére, quóniam tecum sum : ad quæcúmque perréxeris, non dimíttam te, neque derelínquam.
V/. Ne crains point, parce que je suis avec toi ; en quelque lieu que tu ailles, je ne te laisserai, ni ne t’abandonnerai.
* Confortáre, et esto robústus : introdúces pópulum meum ad terram lacte et melle manántem. Glória Patri. * Confortáre, et esto robústus : introdúces pópulum meum ad terram lacte et melle manántem.
* Prends courage et sois fort : tu introduiras mon peuple dans une terre où coulent le lait et le miel. Gloire au Père. * Prends courage et sois fort : tu introduiras mon peuple dans une terre où coulent le lait et le miel.
Lectio i
1ʳᵉ leçon
Léctio sancti Evangélii secúndum Ioánnem.
Lecture du saint Évangile selon saint Jean.
Cap. 7, 14-31
In illo témpore : Iam die festo mediánte, ascéndit Iesus in templum, et docébat. Et mirabántur Iudǽi. Et réliqua.
En ce temps-là, lorsqu’on était déjà au milieu de la fête, Jésus monta au temple, et il enseignait. Et les Juifs s’étonnaient. Et le reste. [26]
Homilía sancti Augustíni Episcopi
Homélie de saint Augustin, Évêque.
Tract. 29 in Ioánnem, sub initium
Ille qui latébat, docébat, et palam loquebátur, et non tenebátur. Illud enim ut latéret, erat causa exémpli, hoc potestátis. Sed cum docéret, mirabántur Iudǽi. Omnes quidem, quantum árbitror, mirabántur, sed non omnes convertebántur. Et unde admirátio ? Quia multi nóverant ubi natus, quemádmodum fúerit educátus. Numquam eum víderant lítteras discéntem : audiébant autem de lege disputántem, legis testimónia proferéntem, quæ nemo posset proférre, nisi legísset, nemo légeret, nisi lítteras didicísset : et ídeo mirabántur. Eórum autem admirátio, magístro facta est insinuándæ altius veritátis occásio.
Celui qui s’était caché, enseignait, il parlait en public et on ne s’emparait pas de sa personne. Il s’était caché pour nous donner l’exemple ; et il ne permettait pas qu’on s’emparât de lui pour montrer sa puissance. Quand il enseignait, « lesjuifs s’étonnaient » ; autant que je puis en juger, tous s’étonnaient, mais tous ne se convertissaient pas. Et d’où venait leur surprise ? De ce que beaucoup savaient où il était né, comment il avait été élevé. Jamais ils ne l’avaient vu apprendre les Écritures, pourtant ils l’entendaient disserter sur la loi, citer à l’appui de ses paroles des passages de la loi, que personne ne pouvait citer sans les avoir lus, et que personne n’aurait pu lire sans avoir étudié, et c’est pourquoi ils s’étonnaient. Leur surprise fut, pour le divin Maître, l’occasion de leur insinuer profondément la vérité.
R/. Quid me quǽritis interfícere, hóminem qui vera locútus sum vobis ? * Si male locútus sum, testimónium pérhibe de malo : si autem bene, cur me cædis ?
R/. Pourquoi [27] cherchez-vous à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité ? *
V/. Multa bona ópera operátus sum vobis : propter quod opus vultis me occídere ?
V/. J’ai fait [28] devant vous beaucoup d’oeuvres excellentes, pour laquelle de ces œuvres voulez-vous me faire mourir ?
R/. Si male locútus sum, testimónium pérhibe de malo : si autem bene, cur me cædis ?
R/. Si j’ai mal parlé [29], rends témoignage du mal, mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ?
Lectio ii
2ᵉ leçon
Ex eórum quippe admiratióne et verbis, dixit Dóminus profúndum áliquid, et diligéntius ínspici et díscúti dignum. Quid ergo Dóminus respóndit eis, admirántibus quómodo sciret lítteras, quas non didícerat ? Mea, inquit, doctrína non est mea, sed eius qui misit me. Hæc est profúnditas prima : vidétur enim paucis verbis quasi contrária locútus. Non enim ait : Ista doctrína non est mea : sed, Mea doctrína non est mea. Si non tua, quómodo tua ? si tua, quómodo non tua ? Tu enim dicis utrúmque : et mea doctrína, et non mea.
En effet, leur étonnement et les paroles qu’il leur inspire, donnent lieu au Seigneur de leur révéler une vérité profonde, bien digne d’être soigneusement méditée et expliquée. Que répond donc le Seigneur à ceux qui s’étonnaient qu’il sût les écritures sans les avoir apprises ? « Ma doctrine n’est pas de moi, mais de celui qui m’a envoyé. » Voici une première profondeur, car ce peu de paroles semble renfermer une contradiction. En effet, il ne dit pas : Cette doctrine n’est pas la mienne ; mais il dit : « Ma doctrine n’est pas de moi. » Si cette doctrine n’est pas de vous, comment est-elle la vôtre ? Et si elle est la vôtre, comment se fait-il qu’elle ne vienne pas de vous ? Vous dites pourtant l’un et l’autre : « c’est ma doctrine », et, « elle n’est pas de moi. »
R/. Adduxi vos per desértum quadragínta annis ego Dóminus, et non sunt attríta vestiménta vestra : * Manna de cælo plui vobis, et oblíti estis me, dicit Dóminus.
R/. Je vous [30] ai conduit durant quarante ans à travers le désert, moi le Seigneur, et vos vêtements ne se sont pas usés : * Je vous ai fait pleuvoir la manne du ciel, et vous m’avez oublié, dit le Seigneur.
V/. Ego edúxi vos de terra Ægýpti, et de domo servitútis liberávi vos.
V/. C’est moi [31] qui vous ai retiré de la terre d’Egypte, et de la maison de servitude, je vous ai délivré.
R/. Manna de cælo plui vobis, et oblíti estis me, dicit Dóminus.
R/. Je vous ai fait pleuvoir la manne du ciel, et vous m’avez oublié, dit le Seigneur.
Lectio iii
3ᵉ leçon
Si ergo intueámur diligénter quod ipse in exórdio dicit sanctus Evangelísta : In princípio erat Verbum, et Verbum erat apud Deum, et Deus erat Verbum : inde pendet huius solútio quæstiónis. Quæ est doctrína Patris, nisi Verbum Patris ? Ipse ergo Christus doctrína Patris, si Verbum Patris. Sed quia Verbum, non potest esse nullíus, sed alicúius : et suam doctrínam dixit seípsum, et non suam, quia Patris est Verbum. Quid enim tam tuum quam tu ? Et quid tam non tuum quam tu, si alicúius est, quod es ?
Si nous examinons avec attention ce que le saint Évangéliste dit de lui-même en son premier chapitre : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu » [32], nous trouverons dans ces paroles le principe de solution de cette difficulté. Quelle est la doctrine du Père, si ce n’est le Verbe du Père ? Le Christ est donc lui-même la doctrine du Père, puisqu’il est le Verbe du Père. Comme un verbe ne peut être le verbe de personne, mais doit l’être de quelqu’un, il a pu dire également, d’une part, qu’il était lui-même sa propre doctrine, et d’autre part, qu’elle n’était pas de lui, puisqu’il est le Verbe du Père. Et, en effet, qu’y a-t-il qui soit plus à vous que vous-même ? et qu’y a-t-il aussi qui soit moins à vous que vous-même, si ce que vous êtes est de quelque autre ?
R/. Móyses fámulus Dei ieiunávit quadragínta diébus et quadragínta nóctibus : * Ut legem Dómini mererétur accípere.
R/. Moïse, serviteur de Dieu [33], jeûna pendant quarante jours et quarante nuits, * Afin qu’il méritât de recevoir la loi du Seigneur.
V/. Ascéndens Móyses in montem Sínai ad Dóminum, fuit ibi quadragínta diébus et quadragínta nóctibus.
V/. Moïse monta sur la montagne de Sinaï, auprès du Seigneur ; et il fut là quarante jours et quarante nuits.
* Ut legem Dómini mererétur accípere. Glória Patri. * Ut legem Dómini mererétur accípere.
* Afin qu’il méritât de recevoir la loi du Seigneur. Gloire au Père. * Afin qu’il méritât de recevoir la loi du Seigneur.
Lectio i
1ʳᵉ leçon
Léctio sancti Evangélii secúndum Ioánnem.
Lecture du saint Évangile selon saint Jean.
Cap. 9, 1-38
In illo témpore : Prætériens Iesus, vidit hóminem cæcum a nativitáte : et interrogavérunt eum discípuli eius : Rabbi, quis peccávit, hic, aut paréntes eius, ut cæcus nascerétur ? Et réliqua.
En ce temps-là, Jésus, en passant, vit un homme aveugle de naissance. Et ses disciples lui demandèrent : Maître, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? Et le reste. [34]
Homilía sancti Augustíni Epíscopi
Homélie de saint Augustin, Evêque.
Tract. 44 in Ioánnem, circa initium
Ea quæ fecit Dóminus noster Iesus Christus, stupénda atque miránda, et ópera, et verba sunt : ópera, quia facta sunt : verba, quia signa sunt. Si ergo quid signíficet hoc quod factum est, cogitémus : genus humánum est iste cæcus. Hæc enim cǽcitas cóntigit in primo hómine per peccátum, de quo omnes oríginem dúximus, non solum mortis, sed étiam iniquitátis. Si enim cǽcitas est infidélitas, et illuminátio fides : quem fidélem, quando venit Christus, invénit ? Quandóquidem Apóstolus natus in gente prophetárum dicit : Fúimus et nos aliquándo natúra fílii iræ, sicut et céteri. Si fílii iræ, fílii vindíctæ, fílii pœnæ, fílii gehénnæ : quómodo natúra, nisi quia peccánte primo hómine vítium pro natúra inolévit ? Si vítium pro natúra inolévit, secúndum mentem omnis homo cæcus natus est.
Les faits surprenants et merveilleux de la vie de notre Seigneur Jésus-Christ, sont à la fois des œuvres et des paroles, des œuvres, parce que ces faits se sont réellement passés, des paroles, parce qu’ils sont des signes. Si donc nous réfléchissons à la signification de ce miracle, nous verrons que l’aveugle représente, le genre humain. Cette cécité a été chez le premier homme le résultat du péché, et il nous a communiqué à tous, non seulement le germe de la mort, mais encore celui de l’iniquité. Si la cécité est l’infidélité, si l’illumination est la foi, quel est celui que le Christ a trouvé fidèle au moment de sa venue sur la terre, puisque l’Apôtre, né de la race des Prophètes, dit lui-même : « Nous étions autrefois par nature enfants de colère, comme tous les autres. » [35] Si nous étions enfants de colère, nous étions aussi enfants de la vengeance, enfants du châtiment, enfants de la géhenne. Comment l’étions-nous par nature, si ce n’est que, par le péché du premier homme, le vice est passé pour nous comme en nature ? Si le vice est devenu pour nous une seconde nature, tout homme naît aveugle, quant à son âme.
R/. Spléndida facta est fácies Móysi, dum respíceret in eum Dóminus : * Vidéntes senióres claritátem vultus eius, admirántes timuérunt valde.
R/. La face de Moïse était devenue rayonnante de lumière, depuis que le Seigneur l’avait regardé : * Les anciens d’Israël voyant la face de Moïse rayonnante, l’admirèrent et furent saisis de crainte.
V/. Cumque descendísset de monte Sínai, portábat duas tábulas testimonii, ignorans quod cornúta esset fácies eius ex consórtio sermónis Dei.
V/. Et lorsque [36] Moïse descendit de la montagne de Sinaï, il tenait les deux tables du témoignage, et il ignorait que sa face était rayonnante de lumière depuis l’entretien du Seigneur avec lui.
R/. Vidéntes senióres claritátem vultus eius, admirántes timuérunt valde.
R/. Les anciens d’Israël voyant la face de Moïse rayonnante, l’admirèrent et furent saisis de crainte.
Lectio ii
2ᵉ leçon
Venit Dóminus : quid fecit ? Magnum mystérium commendávit. Exspuit in terram, de salíva sua lutum fecit : quia Verbum caro factum est, et inúnxit óculos cæci. Inúnctus erat, et nondum vidébat. Misit illum ad piscínam, quæ vocátur Síloë. Pertínuit autem ad Evangelístam commendáre nobis nomen huius piscínæ, et ait : Quod interpretátur Missus. Iam quis sit missus agnóscitis. Nisi enim ille fuísset missus, nemo nostrum esset ab iniquitáte dimíssus. Lávit ergo óculos in ea piscína, quæ interpretátur Missus ; baptizátus est in Christo. Si ergo quando eum in seípso quodámmodo baptizávit, tunc illuminávit : quando inúnxit, fortásse catechúmenum fecit.
Le Seigneur est venu : Qu’a-t-il fait ? Il a voulu attirer notre attention sur un grand mystère. « Il cracha à terre et il fit de la boue avec sa salive », parce que le Verbe s’est fait chair, « et il oignit les yeux de l’aveugle. » Les yeux de cet homme étaient couverts de cette boue, et il ne voyait pas encore. Le Sauveur l’envoya à la piscine qui porte le nom de Siloé. L’Évangéliste a cru devoir nous faire remarquer le nom de cette piscine et il nous dit « qu’on l’interprète par Envoyé. » Vous savez déjà qui a été envoyé. S’il n’avait pas .été envoyé, nul d’entre nous n’eût été délivré du péché. L’aveugle lava donc ses yeux dans cette piscine dont le nom signifie Envoyé : il fut baptisé dans le Christ. Si donc le Sauveur l’a baptisé en quelque sorte lorsqu’il lui rendit la vue, on peut dire qu’il l’avait fait catéchumène quand il oignit ses yeux.
R/. Ecce mitto Angelum meum, qui præcédat te, et custódiat semper : * Observa et audi vocem meam, et inimícus ero inimícis tuis, et affligéntes te afflígam : et præcédet te Angelus meus.
R/. Voici [37] que j’enverrai mon Ange, afin qu’il te précède et te garde toujours : * Observe et écoute ma voix, et je serai un ennemi pour ton ennemi, et j’affligerai ceux qui t’affligeront, et mon Ange te précédera.
V/. Israël, si me audíeris, non erit in te deus recens, neque adorábis deum aliénum : ego enim Dóminus.
V/. Israël [38], si tu m’écoutes, il n’y aura pas au milieu de toi de dieu nouveau, et tu n’adoreras pas de dieu étranger, car c’est moi qui suis le Seigneur.
R/. Observa et audi vocem meam, et inimícus ero inimícis tuis, et affligéntes te afflígam : et præcédet te Angelus meus.
R/. Observe et écoute ma voix, et je serai un ennemi pour ton ennemi, et j’affligerai ceux qui t’affligeront, et mon Ange te précédera.
Lectio iii
3ᵉ leçon
Audístis grande mystérium. Intérroga hóminem : Christiánus es ? Respondet tibi : Non sum. Si pagánus es, aut Iudǽus ? Si autem díxerit, Non sum : adhuc quæris ab eo, Catechúmenus, an fidélis ? Si respónderit tibi, Catechúmenus : inúnctus est, nondum lotus. Sed unde inúnctus ? Quære, et respóndet. Quære ab illo, in quem credat ? Eo ipso quo catechúmenus est, dicit : In Christum. Ecce modo loquor et fidélibus et catechúmenis. Quid dixi de sputo et luto ? Quia Verbum caro factum est ; hoc catechúmeni áudiunt : sed non eis sufficit ad quod inúncti sunt : festínent ad lavácrum, si lumen inquírunt.
Ce que vous venez d’entendre est un grand mystère. Demande à un homme : Es-tu chrétien ? Il te répond : Je ne le suis pas. Tu lui demandes encore : Es-tu païen ou juif ? S’il te répond : Je ne le suis pas ; tu continues de l’interroger : Es-tu catéchumène ou fidèle ? [39] S’il te répond : Catéchumène, il a été oint, mais non encore lavé. Comment a-t-il été oint ? Interroge-le, et il te répondra. Demande-lui en qui il croit ? Par cela même qu’il est catéchumène, il te dira : Je crois au Christ. Je m’adresse maintenant aux fidèles et aux catéchumènes. Qu’ai-je dit de la salive et de la boue ? Que le Verbe s’est fait chair. C’est ce qui est enseigné aux catéchumènes ; mais il ne leur suffit pas d’avoir été oints : qu’ils se hâtent vers le bain salutaire, s’ils recherchent la lumière.
R/. Atténdite, pópule meus, legem meam : * Inclináte aurem vestram in verba oris mei.
R/. Appliquez-vous [40] à la loi, ô mon peuple,. * Inclinez votre oreille aux paroles de ma bouche
V/. Apériam in parábolis os meum : loquar propositiónes ab inítio sǽculi.
V/. J’ouvrirai ma bouche en paraboles, je dirai des choses cachées dès le commencement.
* Inclináte aurem vestram in verba oris mei. Glória Patri. * Inclináte aurem vestram in verba oris mei.
* Inclinez votre oreille aux paroles de ma bouche Gloire au Père. * Inclinez votre oreille aux paroles de ma bouche
Lectio i
1ʳᵉ leçon
Léctio sancti Evangélii secúndum Lucam.
Lecture du saint Évangile selon saint Luc.
Cap. 2, 13-25
In illo témpore : Ibat Iesus in civitátem, quæ vocátur Naim : et ibant cum eo discípulus eius, et turba copiósa. Et réliqua.
En ce temps-là, Jésus se rendait dans une ville appelée Naïm ; et ses disciples allaient avec lui, ainsi qu’une foule nombreuse. Et le reste. [41]
Homilía sancti Ambrósii Epíscopi
Homélie de saint Ambroise, Évêque.
Lib. 5 Comment. in Luc. c. 7, post initium
Et hic locus ad utrámque redúndat grátiam ; et ut cito flecti divínam misericórdiam matris víduæ lamentatióne credámus, eius præcípue, quæ únici fílii vel labóre, vel morte frangátur ; cui tamen víduæ gravitátis méritum exsequiárum turba concíliet : et ut hanc víduam populórum turba septam, plus vidéri esse quam féminam, quæ resurrectiónem únici et adolescéntis fílii suis lácrimis merúerit impetráre : eo quod sancta Ecclésia pópulum iuniórem a pompa fúneris atque a suprémis sepúlcri, suárum révocet ad vitam contemplatióne lacrimárum : quæ flere prohibétur eum, cui resurréctio debebátur.
Cet endroit de l’Évangile se rapporte à l’une et à l’autre grâce (dont nous allons parler). Il a d’abord pour but de nous donner l’assurance que la miséricorde divine se laisse vite fléchir par les gémissements d’une mère veuve, et surtout d’une mère brisée par la maladie ou la mort de son fils unique, d’une veuve enfin dont le mérite et la gravité sont prouvés par la foule qui l’accompagne aux funérailles. Il est destiné encore à nous faire voir plus qu’une simple femme dans cette veuve, entourée d’une grande foule de peuple, qui mérita d’obtenir par ses larmes la résurrection d’un jeune homme, son fils unique ; parce que cette veuve est l’image de la sainte Église, qui, en considération de ses larmes, obtient de rappeler du sein des pompes funèbres ou des profondeurs du sépulcre, pour le faire revenir à la vie, un jeune peuple qu’on lui a défendu de pleurer, parce que la résurrection lui est promise.
R/. Locútus est Dóminus ad Móysen, dicens : Descénde in Ægýptum, et dic Pharaóni, * Ut dimíttat pópulum meum : indurátum est cor Pharaónis : non vult dimíttere pópulum meum, nisi in manu forti.
R/. Le Seigneur parla à Moïse [42], disant : Descend en Egypte, et dit à Pharaon : * Qu’il laisse aller mon peuple ; le cœur de Pharaon est endurci, il ne veut pas laisser aller mon peuple, s’il n’y est contraint par une main forte.
V/. Clamor filiórum Israël venit ad me, vidíque afflictiónem eórum : sed veni, mittam te ad Pharaónem.
V/. La clameur des enfants d’Israël est venue jusqu’à moi et j’ai vu leur affliction, mais viens, et je t’enverrai à Pharaon.
R/. Ut dimíttat pópulum meum : indurátum est cor Pharaónis : non vult dimíttere pópulum meum, nisi in manu forti.
R/. Qu’il laisse aller mon peuple ; le cœur de Pharaon est endurci, il ne veut pas laisser aller mon peuple, s’il n’y est contraint par une main forte.
Lectio ii
2ᵉ leçon
Qui quidem mórtuus in lóculo materiálibus quátuor ad sepúlcrum ferebátur eleméntis, sed spem resurgéndi habébat, quia ferebátur in ligno. Quod etsi nobis ante non próderat, tamen posteáquam Iesus id tétigit, profícere cœpit ad vitam : ut esset indício, salútem pópulo per crucis patíbulum refundéndam. Audíto ígitur Dei verbo, stetérunt acérbi illi fúneris portitóres, qui corpus humánum letháli fluxu natúræ materiális urgébant. Quid enim áliud, nisi quasi in quodam féretro, hoc est, suprémi fúneris instruménto, iacémus exánimes, cum vel ignis immódicæ cupiditátis exǽstuat, vel frígidus humor exúndat, vel pigra quadam terréni córporis habitúdine vigor hebetátur animórum ; vel concréta noster spíritus labe, puræ lucis vácuus mentem alit ? Hi sunt nostri fúneris portitóres.
Le mort était porté au tombeau dans un cercueil par les quatre éléments matériels [43] ; mais il avait l’espoir de ressusciter puisqu’il était porté dans du bois. Bien que le bois ne nous ait pas été utile autrefois, il a néanmoins, depuis que Jésus-Christ l’a touché, commencé à servir pour la vie ; afin de montrer que le salut devait être rendu au monde par le gibet de la croix. En entendant la parole de Dieu, ils s’arrêtèrent donc, ces impitoyables conducteurs de convois funèbres qui poussaient le corps humain (vers la dissolution), par suite du cours mortel de la nature matérielle. Et nous, ne gisons-nous pas inanimés sur la civière mortuaire, c’est-à-dire sur un instrument des dernières pompes funèbres, lorsque le feu des passions déréglées nous brûle, ou que la froideur inonde nos âmes> ou bien quand nous sentons la vigueur de notre esprit s’émousser sous le poids de ce corps terrestre et paresseux, ou encore lorsque la pure lumière faisant défaut à notre esprit, il nourrit notre âme d’un air épais et vicié ? Voilà les porteurs qui nous mènent au tombeau.
R/. Stetit Móyses coram Pharaóne, et dixit : Hæc dicit Dóminus : * Dimítte pópulum meum, ut sacríficet mihi in desérto.
R/. Moïse se présenta [44] devant Pharaon et lui dit : Voici ce que dit le Seigneur : * Laisse aller mon peuple, afin qu’il me sacrifie dans le désert.
V/. Dóminus Deus Hebræórum misit me ad te, dicens.
V/. Le Seigneur, Dieu des Hébreux, m’a envoyé te dire :
R/. Dimítte pópulum meum, ut sacríficet mihi in desérto.
R/. Laisse aller mon peuple, afin qu’il me sacrifie dans le désert.
Lectio iii
3ᵉ leçon
Sed quamvis supréma mortis spem vitæ omnis aboléverint, et túmulo próxima córpora iáceant defunctórum : verbo tamen Dei iam mórtua resúrgunt cadávera : vox redit, rédditur fílius matri, revocátur a túmulo, erípitur a sepúlcro. Quis iste est túmulus tuus, nisi mali mores ? Túmulus tuus perfídia est : sepúlcrum tuum guttur est. Sepúlcrum enim patens, est guttur eórum, unde verba mórtua proferúntur. Ab hoc sepúlcro te líberat Christus : ab hoc túmulo surges, si audias verbum Dei. Et si grave peccátum est, quod pœniténtiæ lácrimis ipse laváre non possis ; fleat pro te mater Ecclésia, quæ pro singulis tamquam pro únicis fíliis vídua mater intérvenit. Compátitur enim quodam spiritáli dolóre natúræ, cum suos líberos lethálibus vítiis ad mortem cernit urgéri.
Mais quoique les derniers devoirs rendus aux morts aient enlevé toute espérance de vie, et que les corps des défunts gisent déjà près du tombeau, cependant, à la parole de Dieu, les cadavres ressuscitent aussitôt, la voix leur revient, un fils est rendu à sa mère, il est rappelé du tombeau, arraché du sépulcre. Quel est pour toi ce tombeau, sinon les mauvaises habitudes ? Ton ’ tombeau, c’est ta déloyauté ; ton gosier est un sépulcre, (selon ces paroles) : « C’est un sépulcre ouvert que leur gosier » [45], d’où sont proférées des paroles de mort. Le Christ te délivre de ce sépulcre ; tu sortiras de ce tombeau si tu écoutes la parole de Dieu. Et s’il est un péché grave que tu ne puisses laver toi-même par les larmes de la pénitence, que l’Église ta mère pleure pour toi, elle qui intervient en faveur de chacun de ses enfants, comme une mère veuve pour son fils unique, car elle est pleine de compassion et éprouve une douleur spirituelle qui lui est propre, lorsqu’elle voit ses enfants entraînés à leur perte par des vices mortels.
R/. Cantémus Dómino : glorióse enim honorificátus est, equum et ascensórem proiécit in mare : * Adiútor et protéctor factus est mihi Dóminus in salútem.
R/. Chantons [46] le Seigneur car il s’est glorieusement signalé ; il a précipité dans la mer le cheval et celui qui le montait. * Le Seigneur est devenu mon aide et mon protecteur pour me sauver.
V/. Dóminus quasi vir pugnátor. Omnípotens nomen eius.
V/. Le Seigneur est comme un combattant, le tout-puissant est son nom.
* Adiútor et protéctor factus est mihi Dóminus in salútem. Glória Patri. * Adiútor et protéctor factus est mihi Dóminus in salútem.
* Le Seigneur est devenu mon aide et mon protecteur pour me sauver. Gloire au Père. * Le Seigneur est devenu mon aide et mon protecteur pour me sauver.
Lectio i
1ʳᵉ leçon
Léctio sancti Evangélii secúndum Ioánnem.
Lecture du saint Évangile selon saint Jean.
Cap. 11, 1-45
In illo témpore : Erat quidam languens Lázarus a Bethánia, de castéllo Maríæ et Marthæ soróris eius. Et réliqua.
En ce temps-là : Il y avait un malade, Lazare, de Béthanie, village de Marie et de Marthe, sa sœur. Et le reste. [47]
Homilía sancti Augustíni Episcopi
Homélie de saint Augustin, Évêque.
Tract. 49 in Ioánnem, post initium
In superiori lectióne meminístis, quod Dóminus éxiit de mánibus eórum, qui lapidáre illum volúerant, et discéssit trans Iordánem, ubi Ioánnes baptizábat. Ibi ergo Dómino constitúto, infirmabátur in Bethánia Lázarus : quod castéllum erat próximum Ierosólymis. María autem erat, quæ unxit Dóminum unguénto, et extérsit pedes eius capíllis suis, cuius frater Lázarus infirmabátur. Misérunt ergo soróres eius ad eum. Iam intellígimus quo misérunt, ubi erat Iesus : quóniam absens erat, trans Iordánem scílicet. Misérunt ad Dóminum, nuntiántes quod ægrotáret frater eárum, ut si dignarétur, veníret, et eum ab ægritúdine liberáret. Ille dístulit sanáre, ut posset resuscitáre.
Vous vous rappelez que dans la précédente leçon vous avez vu que le Seigneur s’échappa des mains de ceux qui voulaient le lapider, et se retira au-delà du Jourdain, où Jean baptisait. Le Seigneur se trouvant donc en cet endroit, Lazare tomba malade à Béthanie, bourg situé près de Jérusalem. « Or, Marie était celle qui oignit le Seigneur de parfum, et lui essuya les pieds avec ses cheveux ; et Lazare, alors malade, était son frère. Ses sœurs envoyèrent donc vers Jésus. » Nous comprenons déjà où elles envoyèrent, là où Jésus se trouvait, car il était absent, il avait passé au delà du Jourdain. Elles envoyèrent vers le Seigneur, lui annonçant que leur frère était malade, afin que s’il daignait consentir à cette démarche, il vînt le délivrer de sa maladie, Mais le Christ différa de le guérir, afin de pouvoir le ressusciter.
R/. In mare viæ tuæ, et sémitæ tuæ in aquis multis : * Deduxísti sicut oves pópulum tuum in manu Móysi et Aaron.
R/. Dans la mer a été votre route [48], et vos sentiers ont été de grandes eaux : * Vous avez conduit [49], comme des brebis, votre peuple par les mains de Moïse et d’Aaron.
V/. Transtulísti illos per mare Rubrum, et transvexísti eos per aquam nímiam.
V/. Vous les avez conduits [50] par la mer Rouge, et les avez fait passer à travers des eaux immenses.
R/. Deduxísti sicut oves pópulum tuum in manu Móysi et Aaron.
R/. Vous avez conduit [51], comme des brebis, votre peuple par les mains de Moïse et d’Aaron.
Lectio ii
2ᵉ leçon
Quid ergo nuntiavérunt soróres eius ? Dómine, ecce quem amas, infirmátur. Non dixérunt : Veni : amánti enim tantúmmodo nuntiándum fuit. Non ausæ sunt dícere : Veni, et sana. Non ausæ sunt dícere : Ibi iube, et hic fiet. Cur enim non et istæ, si fides illíus centuriónis inde laudátur ? Ait enim : Non sum dignus ut intres sub tectum meum ; sed tantum dic verbo, et sanábitur puer meus. Nihil horum istæ, sed tantúmmodo : Dómine, ecce quem amas, infirmátur. Súfficit ut nóveris : non enim amas, et déseris.
En quels termes ses sœurs s’adressèrent-elles au Sauveur ? « Seigneur, voilà que celui que vous aimez est malade » ; elles ne lui dirent pas : Venez. Il suffisait d’apprendre cette nouvelle à Celui qui les aimait. Elles n’osèrent pas lui dire : Venez et guérissez-le ; elles n’osèrent pas lui dire : Commandez du lieu où vous êtes, et il sera fait ici comme vous l’ordonnerez. Pourquoi ne lui faisaient-elles pas cette prière, qui a valu des éloges à la foi du centurion ? Or il s’exprima ainsi : « Je ne suis pas digne que vous entriez sous mon toit, mais dites seulement une parole et mon serviteur sera guéri. » Les sœurs de Lazare ne dirent rien de semblable, mais simplement : « Seigneur, voilà que celui que vous aimez est malade. » il suffit que vous le sachiez, car ceux que vous aimez, vous ne les abandonnez pas.
R/. Qui persequebántur pópulum tuum, Dómine, demersísti eos in profúndum : * Et in colúmna nubis ductor eórum fuísti.
R/. Ceux qui poursuivaient votre peuple [52], Seigneur, vous les avez jetés au fond de la mer : * Et dans une colonne de nuée, vous avez été le guide.
V/. Deduxísti sicut oves pópulum tuum in manu Móysi et Aaron.
V/. Vous avez conduit [53], comme des brebis, votre peuple par les mains de Moïse et d’Aaron.
R/. Et in colúmna nubis ductor eórum fuísti.
R/. Et dans une colonne de nuée, vous avez été le guide.
Lectio iii
3ᵉ leçon
Dicit áliquis : Quómodo per Lázarum peccátor significabátur, et a Dómino sic amabátur ? Audiat eum dicéntem : Non veni vocáre iustos, sed peccatóres. Si enim peccatóres Deus non amaret, de cælo ad terram non descénderet. Audiens autem Iesus, dixit eis : Infírmitas hæc non est ad mortem, sed pro glória Dei, ut glorificétur Fílius Dei. Talis glorificátio ipsíus non ipsum auxit, sed nobis prófuit. Hoc est ergo quod ait : Non est ad mortem, sed potius ad miráculum : quo facto créderent hómines in Christum, et vitárent veram mortem. Sane vidéte quemádmodum tamquam ex oblíquo Dóminus Deum se dixit : propter quosdam qui negant Fílium Dei Deum esse.
Quelqu’un demandera : Comment Lazare pouvait-il être une figure du pécheur, et être aimé ainsi par le Seigneur ? Que celui-là écoute Jésus-Christ, disant : « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs. » Si Dieu n’aimait pas les pécheurs, il ne serait pas descendu du ciel sur la terre. « Or Jésus, entendant cela, leur dit : Cette maladie ne va pas à la mort, mais elle est pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu en soit glorifié. » Cette glorification du Fils de Dieu n’a pas augmenté sa gloire, mais elle nous a été utile. Il dit donc : « Cette maladie ne va pas à la mort », parce que la mort même de Lazare n’allait point à la mort, mais bien plutôt au miracle qui devait s’accomplir pour amener les hommes à croire en Jésus-Christ, et à éviter la véritable mort. Considérez ici comment notre Seigneur donne une preuve indirecte de sa divinité, contre ceux qui nient que le Fils soit Dieu lui-même.
R/. Móyses fámulus Dei ieiunávit quadragínta diébus et quadragínta nóctibus : * Ut legem Dómini mererétur accípere.
R/. Moïse, serviteur de Dieu [54], jeûna pendant quarante jours et quarante nuits, * Afin qu’il méritât de recevoir la loi du Seigneur.
V/. Ascéndens Móyses in montem Sínai ad Dóminum, fuit ibi quadragínta diébus et quadragínta nóctibus.
V/. Moïse monta sur la montagne de Sinaï, auprès du Seigneur ; et il fut là quarante jours et quarante nuits.
* Ut legem Dómini mererétur accípere. Glória Patri. * Ut legem Dómini mererétur accípere.
* Afin qu’il méritât de recevoir la loi du Seigneur. Gloire au Père. * Afin qu’il méritât de recevoir la loi du Seigneur.
Lectio i
1ʳᵉ leçon
Léctio sancti Evangélii secúndum Ioánnem.
Lecture du Saint Évangile selon saint Jean.
Cap. 9, 1-38
In illo témpore : Locútus est Iesus turbis Iudæórum, dicens : Ego sum lux mundi : qui séquitur me, non ámbulat in ténebris, sed habébit lumen vitæ. Et réliqua.
En ce temps-là, Jésus parla à la foule des Juifs disant : Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais Il aura la lumière de la vie. Et le reste. [55]
Homilía sancti Augustíni Epíscopi
Homélie de saint Augustin, Evêque.
Tract. 34 in Ioánnem, post initium
Quod ait Dóminus : Ego sum lux mundi : clarum puto esse eis, qui habent óculos, unde huius lucis partícipes fiant : qui autem non habent óculos, nisi in sola carne, mirántur quod dictum est a Dómino Iesu Christo : Ego sum lux mundi. Et forte non desit qui dicat apud semetípsum : Numquid forte Dóminus Christus est sol iste, qui ortu et occásu péragit diem ? Non enim defuérunt hærétici, qui ista sensérunt. Manichǽi solem istum óculis cárneis visíbilem, expósitum et públicum non tantum homínibus, sed étiam pecóribus ad vidéndum, Christum Dóminum esse putavérunt.
Ces paroles du Seigneur : « Je suis la lumière du monde », me semblent claires pour ceux qui ont les yeux à l’aide desquels on devient participant de cette lumière ; mais ceux qui n’ont d’autres yeux que ceux du corps s’étonnent que notre Seigneur Jésus-Christ ait dit : « Je suis la lumière du monde. » Peut-être même en est-il qui se disent intérieurement : Le Seigneur Jésus serait-il peut-être ce soleil qui fixe la durée du jour par l’alternative de son lever et de son coucher ? Il n’a pas manqué d’hérétiques pour soulever cette opinion. Les Manichéens ont cru que ce soleil visible aux yeux corporels, exposé à nos regards, et dont la lumière non seulement brille indifféremment pour tous les hommes, mais éclaire même les animaux, était le Christ, le Seigneur.
R/. Spléndida facta est fácies Móysi, dum respíceret in eum Dóminus : * Vidéntes senióres claritátem vultus eius, admirántes timuérunt valde.
R/. La face de Moïse était devenue rayonnante de lumière, depuis que le Seigneur l’avait regardé : * Les anciens d’Israël voyant la face de Moïse rayonnante, l’admirèrent et furent saisis de crainte.
V/. Cumque descendísset de monte Sínai, portábat duas tábulas testimonii, ignorans quod cornúta esset fácies eius ex consórtio sermónis Dei.
V/. Et lorsque [56] Moïse descendit de la montagne de Sinaï, il tenait les deux tables du témoignage, et il ignorait que sa face était rayonnante de lumière depuis l’entretien du Seigneur avec lui.
R/. Vidéntes senióres claritátem vultus eius, admirántes timuérunt valde.
R/. Les anciens d’Israël voyant la face de Moïse rayonnante, l’admirèrent et furent saisis de crainte.
Lectio ii
2ᵉ leçon
Sed cathólicæ Ecclésiæ recta fides ímprobat tale comméntum, et diabólicam doctrínam esse cognóscit : nec solum agnóscit credéndo, sed in quibus potest convíncit étiam disputándo. Improbémus ítaque huiúsmodi errórem, quem sancta ab inítio anathematizávit Ecclésia. Non arbitrémur Dóminum Iesum Christum hunc esse solem, quem vidémus oríri ab Oriénte, occídere in Occidénte : cuius cúrsui nox succédit, cuius rádii nube obumbrántur : qui certa de loco in locum motióne cómmigrat. Non est hoc Dóminus Christus. Non est Dóminus Christus sol factus, sed per quem sol factus est. Omnia enim per ipsum facta sunt, et sine ipso factum est nihil.
Mais la foi droite de l’Église catholique condamne une telle fiction, et la reconnaît pour une doctrine diabolique : non seulement elle proclame avec assurance que c’est une erreur, mais elle cherche à en convaincre ceux qu’elle peut, par ses raisonnements. Condamnons donc nous-mêmes cette erreur que la Sainte Église a frappée, dès le commencement, de ses anathèmes. Gardons-nous de penser que le Seigneur Jésus-Christ soit ce soleil que nous voyons se lever à l’orient et se couchera l’occident, à la course duquel succède la nuit, dont les rayons sont obscurcis par les nuages, et qui, par sa révolution déterminée, passe d’un lieu dans un autre. Non, ce n’est pas là le Christ, le Seigneur. Le Christ n’est point ce soleil qui a été fait, mais il est celui par qui le soleil a été fait ; car « par lui toutes choses ont été faites, et rien n’a été fait sans lui. » [57]
R/. Ecce mitto Angelum meum, qui præcédat te, et custódiat semper : * Observa et audi vocem meam, et inimícus ero inimícis tuis, et affligéntes te afflígam : et præcédet te Angelus meus.
R/. Voici [58] que j’enverrai mon Ange, afin qu’il te précède et te garde toujours : * Observe et écoute ma voix, et je serai un ennemi pour ton ennemi, et j’affligerai ceux qui t’affligeront, et mon Ange te précédera.
V/. Israël, si me audíeris, non erit in te deus recens, neque adorábis deum aliénum : ego enim Dóminus.
V/. Israël [59], si tu m’écoutes, il n’y aura pas au milieu de toi de dieu nouveau, et tu n’adoreras pas de dieu étranger, car c’est moi qui suis le Seigneur.
R/. Observa et audi vocem meam, et inimícus ero inimícis tuis, et affligéntes te afflígam : et præcédet te Angelus meus.
R/. Observe et écoute ma voix, et je serai un ennemi pour ton ennemi, et j’affligerai ceux qui t’affligeront, et mon Ange te précédera.
Lectio iii
3ᵉ leçon
Est ergo lux, quæ fecit hanc lucem. Hanc amémus, hanc intellégere cupiámus, ipsam sitiámus, ut ad ipsam duce ipsa aliquándo veniámus : et in illa ita vivámus, ut numquam omníno moriámur. Ista enim lux est, de qua prophetía olim præmíssa ita in Psalmo cécinit : Quóniam apud te est fons vitæ, et in lúmine tuo vidébimus lumen. Advértite quid de tali luce antíquus sanctórum hóminum Dei sermo præmíserit. Hómines, inquit, et iuménta salvos fácies, Dómine : sicut multiplicáta est misericórdia tua, Deus.
Il est donc la lumière qui a fait la lumière que nous voyons. Aimons cette divine lumière, désirons-en l’intelligence, ayons soif de cette lumière, afin que nous puissions sous sa conduite arriver un jour jusqu’à elle, et que nous vivions en elle de manière à ne jamais mourir complètement. C’est en parlant de cette lumière, qu’autrefois et longtemps avant qu’elle paraisse, le Prophète a chanté dans un Psaume : « En vous est une source de vie. et dans votre lumière, nous verrons la lumière. » [60] Remarquez ce que proclame à l’avance au sujet de cette lumière l’antique parole d’un des plus saints serviteurs de Dieu : « Vous sauverez, Seigneur, les hommes et les animaux, puisque vous avez, ô Dieu, multiplié votre miséricorde [61]. » [62]
R/. Atténdite, pópule meus, legem meam : * Inclináte aurem vestram in verba oris mei.
R/. Appliquez-vous [63] à la loi, ô mon peuple,. * Inclinez votre oreille aux paroles de ma bouche
V/. Apériam in parábolis os meum : loquar propositiónes ab inítio sǽculi.
V/. J’ouvrirai ma bouche en paraboles, je dirai des choses cachées dès le commencement.
* Inclináte aurem vestram in verba oris mei. Glória Patri. * Inclináte aurem vestram in verba oris mei.
* Inclinez votre oreille aux paroles de ma bouche Gloire au Père. * Inclinez votre oreille aux paroles de ma bouche
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