Translation de St Mansuy, Evêque
15 juin
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Présentation
Présentation
Pour la fête même de Saint Mansuy, on se reportera au 4 septembre.
La fête de la Translation reprend les textes de la fête du saint sauf :
– trois oraisons propres
– l’évangile des Saducéens, en version plus courte que le jour de la Translation de St Nicolas, sur la résurrection de la chair.
Historique
Historique
Fondation de l’abbaye et translation du corps de saint Mansuy
Le corps de saint Mansuy fut, comme nous l’avons dit, déposé dans le petit oratoire que ce vénérable évêque avait fait construire suivant son biographe Adson, en l’honneur du prince des apôtres, hors des murs de la ville. La perte des annales de Toul ne permet pas de savoir par qui, jusqu’au dixième siècle, il fut gardé. Il y eut néanmoins constamment quelque prêtre chargé de la desserte de cette chapelle et de veiller sur les précieux restes qu’elle renfermait ; on y avait, en effet, tout près établi un cimetière dans lequel on releva des tombeaux, où des objets significatifs avaient été déposés, et dont nous avons pensé que plusieurs avaient bien pu renfermer les cendres d’évêques dont les noms ne seraient point arrivés jusqu’à nous. Ce qui est certain, dit le Père Benoit, c’est que saint Gauzelin, évêque de Toul, de 922 à 962, la remit à des moines qu’il avait tirés de Saint-Epvre, ce qui prouve qu’à la chapelle étaient adjoints des logements pour les gardiens.
Saint Gérard, ayant considérablement augmenté les revenus et les bâtiments du monastère commencé par son bienheureux prédécesseur, l’érigea en abbaye, dès la première année de son épiscopat, c’est-à-dire, l’an 963. De plus, et afin de mieux marquer sa grande vénération pour le premier évêque de notre Église, il fit faire une châsse magnifique, dans laquelle il mit ses reliques après les avoir tirées du lieu où elles étaient auparavant.
D’après le Père Benoît, cette translation aurait été la seconde ; une première dit-il, ayant précédé, sur laquelle on ne sait rien de particulier et celle de 1104 étant comptée pour la troisième. Nous ne connaissons pas les documents sur lesquels le pieux capucin a basé son calcul ; mais nous avons lieu de supposer qu’il s’est trompé, puisqu’il en fait immédiatement suivre l’exposition, d’un procès-verbal de cette translation de 1104, dont la minute avait été déposée, avec le corps du bienheureux, dans une nouvelle châsse, et où il est marqué que celle faite par la piété de saint Gérard était la première : Voici la traduction française de cette pièce écrite en latin :
Inspiré de Dieu et de saint Mansuy, le seigneur Théomar, d’heureuse mémoire, abbé de cette église, ordonna la confection de cette châsse. Gobert, orfèvre de Metz, en fit le travail, Gilbert, pieux laïc la procura, Arnould, soldat de Jérusalem, où il mourut moine, fournit la plus forte portion du prix, tous désirant obtenir par les mérites et les prières de ce bienheureux, une part dans le royaume de Dieu. Or le très-saint corps a été placé dans cette châsse, avec son chef et dans toute son intégrité, en présence des pères de la patrie et d’une foule considérable de peuple, levé qu’il fut d’une autre châsse où, dans une première translation il avait été placé par saint Gérard. L’an de l’incarnation 1104, le 17 des calendes de juillet, Pibon étant évêque, Henri quatrième, roi, et Notre Seigneur Jésus-Christ régnant. [1]
En 1444, Louis d’Haraucourt, soixante-dixième évêque de Toul donna commission, à Henri de Vaucouleurs, évêque de Christopole, son suffragant, d’ouvrir la châsse de saint Mansuy, et d’en tirer les reliques pour les placer ailleurs, ce qui fut exécuté avec toute la dévotion possible en présence d’un grand nombre d’abbés et d’autres personnes.
Hugues des Hazards, qui gouverna l’Église de Toul de 1506 à 1517 et qui fut abbé commendataire de saint Mansuy, ne l’ayant en rien cédé à ses prédécesseurs, dans les sentiments de confiance et de vénération envers l’apôtre du Toulois, fit travailler un riche et magnifique reliquaire, en forme de buste représentant le saint évêque, puis y renferma le précieux chef et quelques autres parties des ossements de ce bienheureux.
Enfin la cathédrale de Toul qui ne possédait aucune relique de son illustre fondateur, fit instance auprès des religieux de l’abbaye qui les gardait, à l’effet d’en obtenir quelque partie. Sa demande fut accueillie et l’an 1629, il lui fut octroyé une omoplate du précieux corps [2], que l’on conserva dans un buste, disposé derrière l’autel majeur de cette église et où, très-probablement il resta jusqu’à la révolution.
Qui le croirait, à cette époque d’exaltation politique et antireligieuse, on vit, à Toul, célébrer une cérémonie digne des années les plus belles de la religion. Le 6 août 1792, M. Lalande, évêque de la Meurthe, vint exprès de Nancy à Toul pour y procéder à la translation des reliques de saint Mansuy. Demeurées dans l’abbaye devenue, par ordre de l’assemblée nationale, veuve de ses paisibles habitants, elles y furent exposées, pendant trois jours, dans une chapelle ardente, à la vénération des fidèles ; après ce temps, le clergé constitutionnel de la ville, suivi de son évêque et des autorités civiles et militaires se rendit processionnellement à l’abbaye. Le maire de Toul et le commandant de la garde nationale prirent, sur leurs épaules, la châsse où étaient enfermées les reliques, et la portèrent ainsi, en grande pompe, au son de toutes les cloches, jusque devant le portail de la ci-devant cathédrale, devenue paroisse Saint-Étienne. Là, le clergé reprit la châsse et l’alla placer dans le chœur de l’église. L’évêque célébra pontificalement la messe et chanta le Te Deum en présence de tout le cortège qui l’entourait.
Cette démonstration, si solennelle, n’empêcha pas l’administration du district de Toul, de se présenter à la cathédrale le 18 octobre suivant, d’y laisser à peine le temps d’achever l’office, d’en faire sortir, avec défense d’y rentrer, tous les chanoines et membres de l’ancien clergé qui s’y trouvaient, puis de s’emparer des clefs et de mettre sous scellé le trésor, les archives et tout le mobilier. Quelques mois après, lors de la spoliation de la vénérable basilique, M. Aubry, qui en avait été vicaire, sauva les plus insignes reliques du trésor, entre autres le chef de notre apôtre qu’il déposa ensuite dans l’église Saint-Gengoult, dont il devint curé, et où il a été conservé jusqu’à ce jour.
(Abbé Guillaume, Histoire du Diocèse de Toul et de celui de Nancy, 1866)
Ep. et Conf.
Primi Tullensi Episcopi
Patroni Secundarii Diœcesis Nanceiensis et Tullensis
Evêque et Confesseur
Premier Evêque de Toul,
Patron secondaire du Diocèse de Nancy et de Toul
duplex
double
Et fit commemoratio Ss. Viti, Modesti atque Crescentiæ Mm. : · Et on fait mémoire des Sts Vite, Modeste et Créscence, Martyrs :
Tempore paschali omittitur graduale, et eius loco dicitur : · Pendant le temps pascal, on omet le graduel et à sa place on dit :
Præfatio propria de S. Mansueto · Préface propre de St Mansuy
Vere dignum et iustum est, æquum et salutáre,
nos tibi semper et ubíque grátias ágere,
Dómine, sancte Pater, omnípotens, ætérne Deus : · Il est vraiment juste et nécessaire, c’est notre devoir notre salut,
de vous rendre grâces toujours et partout,
Seigneur, Père saint, Dieu éternel et tout-puissant :
Qui nos, secúndum misericórdiam tuam magnam,
de tenebris ad lucem vocáre dignátus es,
et de potestáte Sátanæ eréptos,
in fílios adoptiónis assúmere. · Car dans votre grande miséricorde,
vous avez daigné nous appeler des ténèbres à la lumière,
et nous arracher au pouvoir de Satan,
pour nous mettre au nombre de vos enfants d’adoption.
Tua enim misericórdia, Dómine,
tua grátia,
verbum fídei in nobis, Pontíficis tui ministério,
seminátum est,
et labóre fecundátum. · C’est par un effet de votre miséricorde, Seigneur,
c’est par un effet de votre grâce,
que la parole de la foi par le ministère de votre Évêque,
a été semée au milieu de nous
et que ses travaux l’ont rendue féconde.
Nunc ergo, Pater sancte,
confírma hoc quod operátus es in nobis,
tuúmque gregem custódi :
ut sanctificátum in veritáte,
perfectum in unitáte,
consummáre digneris in glória,
per Christum Dóminum nostrum. · Maintenant donc, Père saint,
affermissez l’œuvre que vous avez accomplie en nous,
et gardez votre troupeau,
afin qu’après l’avoir sanctifié dans la vérité
et rendu parfait dans l’unité,
vous le fassiez parvenir à son achèvement dans la gloire,
par Jésus-Christ Notre-Seigneur.
Per quem maiestátem tuam laudant Angeli,
adórant Dominatiónes, tremunt Potestátes.
Cæli cælorúmque Virtútes ac beáta Séraphim
sócia exsultatióne concélebrant.
Cum quibus et nostras voces ut admítti iúbeas, deprecámur,
súpplici confessióne dicentes. · C’est par Lui que les Anges louent votre majesté,
que les Dominations vous adorent, que les Puissances se prosternent en tremblant.
Les Cieux, les Vertus des cieux et les bienheureux Séraphins
s’associent à eux dans cette commune louange.
Daignez ordonner, nous vous en conjurons, que nos voix
suppliantes puissent se méler aux leurs en disant.