Sᵗᵉ Hedwige, Veuveabstinence

Textes liturgiques

Le Précieux Sang

1er juillet

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Présentation

Présentation

L’Église, que les Apôtres ont rassemblée de toutes les nations qui sont sous le ciel, s’avance vers l’autel de l’Époux qui l’a rachetée de son Sang, et chante son miséricordieux amour. C’est elle qui est désormais le royaume de Dieu, la dépositaire de la vérité (Dom Guéranger).

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Jean-Baptiste a montré l’Agneau, Pierre affermi son trône, Paul préparé l’Épouse : œuvre commune, dont l’unité fut la raison qui devait les rapprocher de si près tous trois sur le Cycle. L’alliance étant donc maintenant assurée, tous trois rentrent dans l’ombre ; et seule, sur les sommets où ils l’ont établie, l’Épouse apparaît, tenant en mains la coupe sacrée du festin des noces.

Tel est le secret de la fête de ce jour. Son lever au ciel de la sainte Liturgie, en la saison présente, est plein de mystère. Déjà, et plus solennellement, l’Église a révélé aux fils de la nouvelle Alliance le prix du Sang dont ils furent rachetés, sa vertu nourrissante et les honneurs de l’adoration qu’il mérite. Au grand Vendredi, la terre et les cieux contemplèrent tous les crimes noyés dans le fleuve de salut dont les digues éternelles s’étaient enfin rompues, sous l’effort combiné de la violence des hommes et de l’amour du divin Cœur. La fête du Très-Saint-Sacrement nous a vus prosternés devant les autels où se perpétue l’immolation du Calvaire, et l’effusion du Sang précieux devenu le breuvage des humbles et l’objet des hommages des puissants de ce monde. Voici que l’Église, cependant, convie de nouveau les chrétiens à célébrer les flots qui s’épanchent de la source sacrée : qu’est-ce à dire, sinon, en effet, que les solennités précédentes n’en ont point sans doute épuisé le mystère ?

La paix faite par ce Sang dans les bas lieux comme sur les hauteurs ; le courant de ses ondes ramenant des abîmes les fils d’Adam purifiés, renouvelés, dans tout l’éclat d’une céleste parure ; la table sainte dressée pour eux sur le rivage, et ce calice dont il est la liqueur enivrante : tous ces apprêts seraient sans but, toutes ces magnificences demeureraient incomprises, si l’homme n’y voyait les avances d’un amour dont les prétentions entendent n’être dépassées par les prétentions d’aucun autre amour. Le Sang de Jésus doit être pour nous à cette heure le Sang du Testament, le gage de l’alliance que Dieu nous propose [58], la dot constituée par l’éternelle Sagesse appelant les hommes à cette union divine, dont l’Esprit de sainteté poursuit sans fin la consommation dans nos âmes. Et c’est pourquoi la présente fête, fixée toujours à quelqu’un des Dimanches après la Pentecôte, n’interrompt point l’enseignement qu’ils ont mission de nous donner en ce sens, mais le confirme merveilleusement au contraire.

« Ayons donc confiance, ô mes Frères, nous dit l’Apôtre ; et, par le Sang du Christ, entrons dans le Saint des Saints. Suivons la route nouvelle dont le secret est devenu nôtre, la route vivante qu’il nous a tracée au travers du voile, c’est-à-dire de sa chair. Approchons d’un cœur vrai, d’une foi pleine, purs en tout, maintenant ferme la profession de notre inébranlable espérance ; car celui qui s’est engagé envers nous est fidèle. Excitons-nous chacun d’exemple à l’accroissement de l’amour [59]. Et que le Dieu de paix qui a ressuscité d’entre les morts notre Seigneur Jésus-Christ, le grand pasteur des brebis dans le Sang de l’Alliance éternelle, vous dispose à tout bien, pour accomplir sa volonté, pour que lui-même fasse en vous selon son bon plaisir par Jésus-Christ, à qui soit gloire dans les siècles des siècles [60] ! »

Nous ne devons pas omettre de rappeler ici que cette fête est le monument de l’une des plus éclatantes victoires de l’Église au dernier siècle. Pie IX avait été chassé de Rome, en 1848, par la Révolution triomphante ; dans ces mêmes jours, l’année suivante, il voyait rétablir son pouvoir. Les 28, 29 et 30 juin, sous l’égide des Apôtres, la fille aînée de l’Église, fidèle à son glorieux passé, balayait les remparts de la Ville éternelle ; le 2 juillet, fête de Marie, s’achevait la conquête. Bientôt un double décret notifiait à la Ville et au monde la reconnaissance du Pontife, et la manière dont il entendait perpétuer par la sainte Liturgie le souvenir de ces événements. Le 10 août, de Gaète même, lieu de son refuge pendant la tourmente, Pie IX, avant d’aller reprendre le gouvernement de ses États, s’adressait au Chef invisible de l’Église et la lui confiait par l’établissement de la fête de ce jour, lui rappelant que, pour cette Église, il avait versé tout son Sang. Peu après, rentré dans sa capitale, il se tournait vers Marie, comme avaient fait en d’autres circonstances saint Pie V et Pie VII ; le Vicaire de l’Homme-Dieu renvoyait à celle qui est le Secours des chrétiens l’honneur de la victoire remportée au jour de sa glorieuse Visitation, et statuait que la fête du 2 juillet serait élevée du rite double-majeur à celui de seconde classe pour toutes les Églises : prélude à la définition du dogme de la Conception immaculée, que l’immortel Pontife projetait dès lors, et qui devait achever l’écrasement de la tête du serpent.

A LA MESSE.

L’Église, que les Apôtres ont rassemblée de toutes les nations qui sont sous le ciel, s’avance vers l’autel de l’Époux qui l’a rachetée de son Sang, et chante dans l’Introït son miséricordieux amour. C’est elle qui est désormais le royaume de Dieu, la dépositaire de la vérité.

Gage de paix entre le ciel et la terre, objet des plus solennels hommages et centre lui-même de toute Liturgie, protection assurée contre les maux de la vie présente, le Sang de l’Homme-Dieu dépose dès maintenant dans les âmes et les corps de ceux qu’il a rachetés le germe des joies éternelles.

L’Église demande, dans la Collecte, au Père qui nous a donné son Fils unique, que ce germe divin ne reste pas stérile en nous et arrive à son plein développement dans les cieux.

On fait mémoire du Dimanche après la Pentecôte, qui cède à la fête du Précieux Sang les premiers honneurs de cette journée [61].

ÉPÎTRE.

L’Épître qu’on vient de lire est la confirmation de ce que nous avons dit du caractère de cette fête. C’est par son propre Sang que le Fils de Dieu est entré dans les cieux ; le Sang divin reste pour nous l’introducteur à l’Alliance éternelle. Ainsi l’ancienne Alliance, fondée sur l’observation des préceptes du Sinaï, avait-elle consacré dans le sang le peuple et la Loi, le tabernacle et les vases qu’il devait contenir ; mais tout cela n’était que figure. « Or, dit saint Ambroise, c’est à la vérité que nous devons tendre. Ici est l’ombre, ici l’image, là-haut la vérité. Dans la Loi c’était l’ombre, l’image se trouve dans l’Évangile, la vérité au ciel. Jadis on sacrifiait un agneau ; maintenant c’est le Christ : mais ici sous les signes des Mystères, tandis qu’au ciel il est sans voiles. Là seulement donc est la pleine perfection à laquelle se doivent arrêter nos pensées, parce que toute perfection est dans la vérité sans image et sans ombre » [62]. Là seulement sera le repos. Là, dès ce monde, aspirent les fils de Dieu : sans y atteindre pleinement, ils s’en rapprochent chaque jour ; car là seulement se trouve la paix qui fait les saints. « Seigneur Dieu, dit à son tour un autre grand Docteur, saint Augustin, donnez-nous cette paix, la paix du repos, la paix du septième jour, du sabbat sans couchant. Car, il est vrai, tout cet ordre de la nature et de la grâce est bien beau pour vos serviteurs, et bien bonnes sont les réalités qu’il recouvre ; mais ses images, ses modes successifs, n’auront qu’un temps, et, leur évolution accomplie, il passera. Les jours que vous avez remplis de vos créations se composent de matin et de soir, le septième excepté qui n’a pas de déclin, parce que vous l’avez sanctifié dans votre reposa jamais. Or ce repos, quel est-il, sinon celui que vous prenez en nous, quand nous-mêmes reposons en vous dans la paix féconde qui couronne en nous la série de vos grâces ? Repos sacré, plus productif que tout labeur, les parfaits seuls vous connaissent, ceux-là qui ont laissé le travail divin accomplir en eux l’œuvre des six jours » [63].

C’est pourquoi, nous dit l’Apôtre, interprétant lui-même à l’aide des autres Écritures le passage qui vient de lui être emprunté par la sainte Église, c’est pourquoi aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs [64]. Le Sang divin nous a rendus participants du Christ [65] : à nous de ne pas dissiper, comme un bien sans valeur, l’incorporation initiale qui nous unit au Chef divin ; mais livrons-nous, sans défiance ni réserve, à l’énergie de ce ferment précieux qui doit transformer en lui tout notre être. Craignons de manquer la promesse rappelée dans notre Épître, et qui est celle d’entrer dans le repos de Dieu, d’après saint Paul lui-même [66]. Elle regarde tous les croyants, affirme-t-il [67], et ce divin sabbat est pour le peuple entier du Seigneur [68]. Donc, pour y entrer, faisons diligence [69] ; n’imitons pas les Juifs que leur incrédulité exclut pour jamais de la terre promise [70].

Le Graduel nous ramène au grand témoignage de l’amour du Fils de Dieu, confié à l’Esprit-Saint avec le Sang et l’eau des Mystères ; témoignage qui se relie d’ici-bas à celui que rend dans les cieux la Trinité souveraine. Si nous recevons le témoignage des hommes, le témoignage de Dieu est plus grand, proclame le Verset. Qu’est-ce à dire, sinon encore une fois qu’il nous faut céder à ces invitations réitérées de l’amour ? Nul, pour s’y dérober, n’est recevable à arguer de son ignorance, ou d’un manque de vocation aux voies plus élevées que celles où se traînent nos tiédeurs. Écoutons l’Apôtre s’adressant à tous, dans cette même Épître aux Hébreux que l’Église nous fait lire en cette fête : « Oui, sans doute ; grandes et ineffables sont ces choses. Mais si vous êtes devenus peu capables de les comprendre, c’est par votre fait ; car, depuis le temps, vous devriez y être maîtres. Vous êtes réduits au lait des enfants, quand votre âge réclame la nourriture solide des parfaits. Quant à nous, dans nos instructions, faisant trêve aux discours qui n’ont pour but que d’inoculer les premiers éléments du Christ, nous devons nous porter plus avant, sans revenir sans cesse à poser le fondement, qui consiste à se dégager des œuvres mortes et à ouvrir sur Dieu les yeux de la foi. N’avez-vous pas été illuminés ? N’avez-vous pas goûté le don céleste ? N’avez-vous pas été faits participants de l’Esprit-Saint ? Quelle pluie de grâces, à tout moment, sur la terre de vos âmes ! Il est temps qu’elle rapporte en conséquence à Dieu qui la cultive. Assez tardé ; soyez de ceux qui par la patience et la foi hériteront des promesses, jetant votre espérance, comme une ancre assurée, au delà du voile, aux plus intimes profondeurs, où Jésus n’est entré devant nous que pour nous attirer à sa suite » [71].

ÉVANGILE.

C’est au grand Vendredi que nous entendîmes pour la première fois ce passage du disciple bien-aimé. En deuil au pied de la Croix où venait d’expirer son Seigneur, l’Église n’avait point alors assez de lamentations et de larmes. Aujourd’hui elle tressaille d’autres sentiments, et le même récit qui attirait ses pleurs la fait déborder dans ses Antiennes en allégresse et chants de triomphe. Si nous voulons en connaître la cause, demandons-la aux interprètes autorisés qu’elle-même a voulu charger de nous donner sa pensée en ce jour. Ils nous apprendront que la nouvelle Ève célèbre aujourd’hui sa naissance du côté de l’Époux endormi [72] ; qu’à dater du moment solennel où l’Adam nouveau permit à la lance du soldat d’ouvrir son Cœur, nous sommes devenus en vérité l’os de ses os et la chair de sa chair [73]. Ne soyons plus étonnés si, dès lors, l’Église ne voit plus qu’amour et vie dans ce Sang qui s’épanche.

Et toi, ô âme, rebelle longtemps aux touches secrètes des grâces de choix, ne te désole point ; ne dis pas : « L’amour n’est plus pour moi ! » Si loin qu’ait pu t’égarer l’antique ennemi par ses ruses funestes, n’est-il pas vrai qu’il n’est point de détour, point d’abîme peut-être, hélas ! Où ne t’aient suivie les ruisseaux partis de la source sacrée ? Crois-tu donc que le long trajet qu’il t’a plu d’imposer à leur poursuite miséricordieuse, en ait épuisé la vertu ? Fais-en l’épreuve. Et tout d’abord, baigne-toi dans ces ondes purifiantes ; puis, abreuve à longs traits au fleuve de vie cette pauvre âme fatiguée ; enfin, t’armant de foi, remonte le cours du fleuve divin. Car s’il est sûr que, pour arriver jusqu’à toi, il ne s’est point séparé de son point de départ, il est également assuré que, ce faisant, tu retrouveras la source elle-même.

Crois bien, en effet, que c’est là tout le secret de l’Épouse ; que, d’où qu’elle vienne, elle ne procède point autrement pour trouver la réponse à la demande posée au sacré Cantique : « Indiquez-moi, ô vous que chérit mon âme, le lieu de votre repos en ce Midi dont l’ardeur est si douce [74] ! » D’autant que, remontant ainsi le fleuve sacré, non seulement elle est sûre d’arriver au divin Cœur, mais encore elle renouvelle sans fin, dans ses flots, la beauté très pure qui fait d’elle pour l’Époux un objet de complaisance et de gloire [75]. Pour ce qui est de toi, recueille aujourd’hui précieusement le témoignage du disciple de l’amour ; et félicitant Jésus, avec l’Église son Épouse et ta mère, de l’éclat de sa robe empourprée [76], aie bien soin aussi de conclure avec Jean : « Nous donc aimons Dieu, puisqu’il nous a aimés lui-même le premier » [77].

L’Église, présentant les dons pour le Sacrifice, rappelle en ses chants que le calice offert par elle à la bénédiction des prêtres ses fils devient, par la vertu dès paroles sacrées, l’intarissable réservoir d’où s’épanche sur le monde le Sang du Seigneur.

La Secrète implore le plein effet de la divine Alliance, dont le Sang du Seigneur Jésus est venu le moyen et le gage, depuis que son effusion, renouvelée sans fin aux saints Mystères, a fait cesser le cri de vengeance que celui d’Abel faisait monter de la terre au ciel.

On fait mémoire du Dimanche. Le Prêtre ensuite entonne la Préface triomphante de la Croix, sur laquelle s’est conclue dans le Sang divin l’union ineffable.

L’Antienne de Communion chante le miséricordieux amour dont le Seigneur fit preuve à sa venue, ne se laissant pas détourner de ses projets divins par l’entassement de crimes qu’il devait dissoudre en son propre Sang, pour purifier l’Épouse. Grâce à l’adorable Mystère de la foi opérant dans le secret des cœurs, quand il reviendra visiblement, il ne restera plus de ce douloureux passé qu’un souvenir de triomphe.

Abreuvés d’allégresse aux fontaines du Sauveur, qui sont ses plaies sacrées, obtenons que le Sang précieux qui rougit nos lèvres demeure, jusqu’en l’éternité, la source vive où nous puiserons la béatitude et la vie.

On ajoute comme mémoire la Postcommunion du Dimanche, dont l’Évangile se dit aussi, après la bénédiction du Prêtre, en place de celui de saint Jean.

A VÊPRES.

Hier, ouvrant la fête, l’Église chantait : « Quel est celui-ci qui vient de Bosra en Édom, avec sa robe richement teinte ? Il est beau dans ce vêtement ! — C’est moi, était-il répondu, dont la parole est toute de justice, moi qui viens défendre et sauver ». Celui qui parlait ainsi était vêtu d’une robe teinte de sang, et le nom qu’on lui donne, c’est le Verbe de Dieu. « Pourquoi donc, reprenait l’Église, votre robe est-elle rouge, et vos vêtements comme les habits de ceux qui foulent le vin dans le pressoir ? — J’ai été seul à fouler le vin, et nul d’entre les hommes ne m’a prêté aide ». Ainsi apparaissait, par la vertu du Sang divin, celui auquel le Psalmiste avait dit : « Levez-vous dans votre gloire et votre beauté, et marchez au triomphe [78] ! » Après l’Époux, un autre dialogue nous montrait ce matin l’Épouse, puisant elle-même dans ce Sang précieux la surhumaine beauté qui convient au banquet des noces de l’Agneau. Car les Antiennes des Laudes mettaient en scène, ainsi qu’il suit, les membres de l’Église, spécialement les Martyrs, en qui sa gloire rayonne davantage : « Ceux-ci que l’on voit revêtus de robes blanches, qui sont-ils, et d’où sont-ils venus ? — Ceux-là sont venus de la grande tribulation, et ont lavé leurs robes dans le Sang de l’Agneau, C’est pourquoi ils sont devant le trône de Dieu et le servent jour et nuit. Ils ont vaincu le dragon par le Sang de l’Agneau et la parole du Testament. — Bienheureux ceux qui lavent leurs robes dans le Sang de l’Agneau ! »

L’Église ce soir revient à son Seigneur, en reprenant aux secondes Vêpres les Antiennes des premières.

Si cette fête doit passer comme toute fête ici-bas, son objet reste et fait le trésor du monde. Qu’elle soit pour chacun de nous, comme elle l’est pour l’Église, un monument des plus sublimes faveurs du ciel. Puisse chaque année, en ramenant son passage sur le Cycle, trouver en nos cœurs de nouveaux fruits d’amour éclos sous la rosée féconde du Précieux Sang.

Bhx cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Bhx cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Aujourd’hui le Missel note l’octave de saint Jean-Baptiste, qui pourtant, dans le calendrier romain, apparaît seulement durant le bas moyen âge. Dans la réforme liturgique accomplie sous Pie X, on fixa au contraire à ce jour la fête du Précieux Sang, déjà instituée sous Pie IX et attribuée au premier dimanche de juillet.

Le sens de cette fête est analogue au sens de celle du Sacré-Cœur. Le Sang représente le prix de la commune rédemption que l’amour de Dieu ne voulut pas être inférieur à Lui-même. Il existe une relation intime entre le Cœur et le Sang, non seulement parce que, au dire de saint Jean, du Cœur blessé de Jésus jaillit après sa mort le sang et l’eau ; mais parce que le premier calice où ce Sang divin fut consacré et vivifié fut le Cœur du Verbe incarné.

Le bienheureux Gaspar del Bufalo fut à Rome l’apôtre de la dévotion au Précieux Sang, sous le vocable duquel il fonda une congrégation de missionnaires. Son corps repose dans l’antique diaconie de Sainte-Marie in Trivio, et dans la Ville éternelle les vieillards se souviennent du fervent missionnaire.

La messe est d’une facture tout à fait récente. Dans l’ancien rit romain, la messe du dimanche de la Passion était consacrée à rappeler au souvenir des fidèles l’efficace du Sang de Jésus-Christ.

L’introït emprunte son antienne au cantique des Bienheureux dans l’Apocalypse (V, 9-10) : « Par votre Sang, Seigneur, vous nous avez rachetés de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation, et, de nous, vous avez formé le royaume de notre Dieu ». La rédemption est universelle, parce que Dieu est la charité par essence, et celle-ci n’a ni mesure ni bornes. Quels que soient le rang et la condition de vie où l’on se trouve, la plus héroïque sainteté est donc possible, et les fastes de l’Église le démontrent.

Suit le psaume 88. Tandis que, dans le royaume céleste, c’est-à-dire dans ce royaume dont parlait saint Jean tout à l’heure, les anges très purs entonnent le trisagion à la gloire de la sainteté de Dieu, les âmes rachetées dans le Sang de l’Agneau élèvent un autre cantique, beaucoup plus adapté à leur humble condition : « Je chanterai éternellement les miséricordes du Seigneur ; et mes lèvres annonceront à tous les âges votre vérité ».

Voici la première collecte : « Seigneur éternel et tout-puissant qui avez établi votre Fils Rédempteur du monde, et qui avez voulu être apaisé par son Sang ; faites que vénérant par un culte solennel le prix de notre rachat, nous évitions par ses mérites tous les maux ici-bas, pour obtenir ensuite dans le ciel la plénitude de son efficacité ».

La première lecture (Hebr., IX, 11-15) commune à la messe du dimanche de la Passion, dont cette fête récente constitue en quelque sorte une répétition. Après le sacrifice du Calvaire, il est impossible de désespérer de son salut. Si l’efficacité du sang des victimes légales de l’Ancien Testament était si grande, combien supérieure ne sera pas celle du Sang du Christ qui, dans les ardeurs du Paraclet, s’offrit tout entier à la sainteté et à la justice du Père pour le rachat du monde ? Chaque fois donc que nous levons les yeux vers l’image du Crucifix et que nous contemplons ses plaies et son sang, disons-lui avec confiance et amour : vulnera tua, merita mea. Mes mérites, Seigneur, ce sont les plaies que vous avez voulu souffrir pour moi.

Le répons est tiré de la Iʳᵉ Épître de saint Jean, v, 6-8. « Voici que vient Jésus-Christ, qui n’est pas tel par le seul baptême dans l’eau du Jourdain, — comme le prétendait la fausse Gnose, — mais par l’eau et par le sang, — c’est-à-dire par la réalité de son humanité unie hypostatiquement à la divinité et reconnue authentiquement par la divine Trinité sur les eaux du Jourdain ». « Ils sont trois ceux qui sont témoins au ciel. Le Père, le Verbe et l’Esprit Saint, et ces trois sont un ». « Ils sont trois, ceux qui attestent la divinité de Jésus à l’occasion de son immersion dans le Jourdain. Le Saint-Esprit, l’eau — c’est-à-dire le baptême — et le sang, — c’est-à-dire sa véritable humanité, — et ces trois témoignages en constituent un seul ».

Le verset alléluiatique forme la suite du passage précédent : « Alléluia. Si nous recevons le témoignage humain, combien plus grand est le témoignage divin ! »

A vrai dire, celui qui a choisi ces passages pour la fête du Précieux Sang s’est arrêté trop exclusivement à la mention du sang, sans tenir compte du contexte de l’épître de saint Jean. Ici l’Apôtre veut démontrer, contre les gnostiques, la divinité du Christ, en soutenant qu’il est tel dès sa conception en vertu de l’union hypostatique, et non pas simplement parce qu’au moment de son baptême lui aurait été conférée la divinité en raison de ses mérites, comme le voulaient les hérétiques. « Non, dit Jean, Jésus est né Fils de Dieu, et il ne l’est pas devenu plus tard. Non in aqua solum, sed in aqua et sanguine ».

La lecture évangélique (Ioan., XIX, 30-35) est la même que pour la fête du Sacré-Cœur de Jésus. Le Sauveur, dans sa Passion, a répandu son Sang en grande abondance. Or on se demande pourquoi Jean rapporte en termes si solennels la dernière effusion de son sang mêlé à de l’eau, quand déjà le Cœur de Jésus avait cessé de battre ? A cause de son symbolisme, répondent les Pères. La fausse gnose prétendait que la divinité avait abandonné Jésus au moment où il s’écria sur la Croix : Deus meus, Deus meus, ut quid dereliquisti me ? Jean au contraire, qui avait déjà soutenu précédemment que le témoignage rendu par l’Esprit Saint à la divinité de Jésus dans les eaux du Jourdain était identique à celui qui ressortait du symbolisme de l’eau et du sang jaillis de son cœur après la mort, rapporte ici le prodige, l’authentiquant de la garantie propre de l’Apôtre du Verbe.

L’antienne pour l’offrande des oblations est tirée de la Iʳᵉ Épître aux Corinthiens (X, 16) et contient probablement une allusion à la coupe qui, au banquet pascal, était appelée le calice de bénédiction. Jésus fit du symbole une réalité, et la coupe de bénédiction devint l’Eucharistie. « Le calice de bénédiction sur lequel nous prononçons la consécration, n’est-il pas la Communion au Sang du Christ ? Et le pain que nous brisons n’est-il pas la Communion au Corps du Christ ? »

La collecte sur les oblations s’inspire de l’Épître ad Hebræos : « Par les mérites de ces divins Mystères, faites que nous puissions, Seigneur, nous unir ainsi au Médiateur du testament nouveau, Jésus, pour renouveler ensuite dignement sur vos autels l’offrande de son Sang, beaucoup plus éloquent que le sang d’Abel ».

L’antienne pour la Communion est tirée de l’Épître aux Hébreux et nous rappelle le caractère différent de la double parousie du Christ. (Hebr., IX, 28) : « Une première fois le Christ s’offrit comme victime d’expiation pour les péchés de l’humanité. La seconde fois, Il apparaîtra sans avoir de péchés à expier, mais pour conduire au salut tous ceux qui attendent sa venue ».

La prière d’action de grâces s’inspire des textes bien connus d’Isaïe (XII, 4) et de saint Jean (IV, 14) ; mais il semble que le rédacteur de la messe les ait joints l’un à l’autre avec peu de bon goût littéraire : « Admis, Seigneur, à votre table sacrée, nous avons puisé avec joie les eaux aux sources du salut ; nous vous demandons donc que le sang du Rédempteur devienne en nous comme une source d’eau qui s’élève jusqu’à la vie éternelle ».

Dans la sainte Écriture, la grâce est à bon droit comparée à l’eau qui est... pretiosa et casta, comme chantait saint François, De même, en effet, que l’eau est limpide, qu’elle rafraîchit, féconde et purifie, ainsi l’œuvre du Divin Paraclet apaise la concupiscence, expie les fautes, ramène l’âme à sa vérité native et lui confère la force de s’élever à Dieu et d’agir conformément à ce nouvel état surnaturel de fille du Très-Haut.

Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique

Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique

Le sang divin, le prix de la Rédemption.

Cette fête populaire dépasse le Vendredi-Saint, le jour de la mort du Seigneur, les fêtes de la Croix et la fête du Sacré-Cœur ; elle met devant nos yeux la valeur immense du divin sang rédempteur. Tout le mois de juillet est consacré au « Précieux Sang » (c’est intentionnellement que cette fête a été placée le premier jour du mois).

Cette fête n’appartient pas à la liturgie strictement classique car elle est née de la réflexion, de la méditation. L’antique liturgie aime dans ses fêtes l’action plutôt que la pensée. D’un autre côté cette fête correspond aux aspirations de l’âme moderne qui s’attache si volontiers à la méditation de la Passion du Christ. Cette fête a en outre l’avantage de nous placer au centre même de notre foi, la Rédemption Conformément à cet esprit, nous allons rassembler les Images différentes que l’Église, au bréviaire et au missel, nous donne du Précieux Sang. Nous les partagerons en trois groupes : 1. Images figuratives, extraites de l’Ancien Testament ; 2. Images historiques, l’histoire du Précieux Sang du Seigneur ; 3. Images symboliques

1. Trois images figuratives.
a) L’Église nous ramène au berceau de l’humanité. Caïn et Abel offrent chacun un sacrifice. Le sacrifice d’Abel est agréable à Dieu, mais pas celui de Caïn. Ce fut l’origine du péché de jalousie et finalement du fratricide. La terre altérée but le sang d’Abel. Mais le sang cria vengeance contre le meurtrier. C’est une figure du sang du Christ qui, sur le Calvaire, crie non pas vengeance mais rédemption.
b) Quelques millénaires plus tard. Le peuple d’Israël est opprimé par les Égyptiens. Dieu ordonne au peuple d’immoler un agneau pascal et d’enduire de son sang les montants des portes. L’ange de la mort passera devant ces maisons sans entrer. Mais, là où les portes ne seront pas marquées de sang, tous les premiers-nés masculins seront tués, depuis le premier-né du roi jusqu’à celui de la servante. Ce sang sur les montants des portes est une figure du sang du Christ. « Le sang d’un agneau peut-il sauver un homme ? Non ; mais il a de la puissance comme figure du sang rédempteur ». Quand le meurtrier voit le seuil de notre âme marqué du sang du Christ, il passe sans s’arrêter ; notre âme est sauvée.
c) Le Prophète Isaïe voit, dans sa vision, un homme qui écrase des raisins dans le pressoir (C’était la coutume en Orient de piétiner les raisins rouges dans le pressoir). Le Prophète interroge cet homme : « Pourquoi ton vêtement est-il si rouge ? » « J’ai dû fouler seul le pressoir, et parmi les peuples personne n’est avec moi ». Celui qui foule le pressoir est le Christ dont l’habit est rougi par le sang rédempteur.

2. Images historiques. — L’Église nous montre les premières gouttes de sang qui brillèrent sur le couteau le jour de la circoncision de Jésus. Sur le mont des Oliviers, nous voyons, dans la nuit, au clair de lune, le visage divin couvert du sang de l’agonie. L’infortuné Judas, désespéré, jette dans le temple l’argent du sang ; « J’ai trahi le sang innocent ». L’Église nous conduit ensuite à la colonne de la flagellation et nous montre le Seigneur dans sa plus profonde humiliation. Sous les coups cruels, le sang divin jaillit de tous côtés sur le sol. Le Christ est conduit devant Pilate. Celui-ci montre à la foule le corps ensanglanté : Ecce homo. Nous marchons à travers les rues de Jérusalem et nous suivons les traces sanglantes qui nous conduisent jusqu’au Golgotha. Du bois de la Croix ruisselle le sang. Un soldat ouvre le côté du Seigneur, et il en coule du sang et de l’eau.

3. Deux images symboliques.
a) Adam dort d’un sommeil extatique. Dieu ouvre son côté, prend une côte et en forme Ève, la mère des vivants. Nous considérons en esprit le second Adam, l’Adam divin, le Christ. Il dort du sommeil de la mort. De son côté ouvert coulent du sang et de l’eau. C’est le symbole du baptême et de l’Eucharistie, le symbole de la seconde Ève, la mère de tous les vivants. Par le sang et l’eau le Christ voulait sauver tous les nombreux enfants de Dieu et les mener à la fin éternelle.
b) Nous voyons une cérémonie du culte juif au jour de la Fête de l’Expiation. Le grand-prêtre pénètre une fois par an dans le Saint des Saints, et asperge l’arche d’alliance avec le sang des taureaux et des boucs en signe d’expiation pour les péchés du peuple. L’Église nous présente cette image en lui donnant une signification plus élevée : le grand-prêtre divin, le Christ, entre une fois pour toutes, le Vendredi Saint, dans le Saint des Saints du ciel, qui n’est pas fait de main d’homme ni aspergé avec le sang des taureaux et des boucs ; il procure au peuple avec son propre sang une éternelle rédemption. Cette image est mise sous nos yeux par l’Épître du jour

Une image finale : L’Église nous conduit au dernier acte du sacrifice. Nous voyons un office célébré au ciel : au centre, sur l’autel, l’Agneau, immolé mais vivant, empourpré de son sang ; autour de lui, la foule innombrable des élus, en vêtements blancs, lavés dans le sang de l’Agneau. La foule des saints chante l’hymne de la Rédemption : « Vous nous avez rachetés par votre sang, nous qui venons de toute tribu, de tout peuple, de toute nation ! » — Maintenant, de la méditation passons aux actes. Nous sommes assez heureux pour posséder réellement parmi nous ce Divin Sang, pour l’offrir au Père céleste en faveur des âmes du monde entier ; oui, nous pouvons le faire fructifier.

Fête du Très Précieux Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ

In Festo Pretiosissimi Sanguinis D. N. I. C.

Le 1ᵉʳ juillet · Iʳᵉ classe (avant 1960 : double de Iʳᵉ classe) · (avant 1934 : double de IIᵉ classe)

IntroïtAnt. ad Introitum. Apoc. 5, 9-10.
Redemísti nos,Dómine, in sánguine tuo, ex omni tribu et lingua et pópulo et natióne : et fecísti nos Deo nostro regnum.
Vous nous avez rachetés, Seigneur, par votre Sang, de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation : et vous nous avez fait royaume pour notre Dieu.
Ps. 88, 2.
Misericórdias Dómini in ætérnum cantábo : in generatiónem et generatiónem annuntiábo veritátem tuam in ore meo.
Je chanterai éternellement les miséricordes du Seigneur : de génération en génération ma bouche annoncera votre vérité.
V/.Glória Patri.
CollecteOratio.
Omnípotens sempitérne Deus, qui unigénitum Fílium tuum mundi Redemptórem constituísti, ac eius Sánguine placári voluísti : concéde, quǽsumus, salútis nostræ prétium sollémni cultu ita venerári, atque a præséntis vitæ malis eius virtúte deféndi in terris ; ut fructu perpétuo lætémur in cælis. Per eúndem Dóminum.
Dieu tout-puissant et éternel, vous avez établi votre Fils unique rédempteur du monde, et vous avez voulu que votre justice soit apaisée par son sang : faites-nous la grâce, nous vous en prions, de vénérer d’un culte solennel ce prix de notre salut, et d’être ici-bas préservés par sa vertu des maux de la vie présente ; de manière à jouir éternellement de ses fruits dans les cieux. Par le même.

In Missis votivis omittantur verba sollémni cultu. · ¶Aux Messes votives, on omet les mots d’un culte solennel.

ÉpîtreLéctio Epístolæ beáti Pauli Apóstoli ad Hebrǽos.
Lecture de l’Épître du B. Apôtre Paul aux Hébreux.
Hebr. 9, 11-15.
Fratres : Christus assístens Póntifex futurórum bonórum, per ámplius et perféctius tabernáculum non manufáctum, id est, non huius creatiónis : neque per sánguinem hircórum aut vitulórum, sed per próprium sánguinem introívit semel in Sancta, ætérna redemptióne invénta. Si enim sanguis hircórum et taurórum et cinis vítulæ aspérsus inquinátos sanctíficat ad emundatiónem carnis : quanto magis sanguis Christi, qui per Spíritum Sanctum semetípsum óbtulit immaculátum Deo, emundábit consciéntiam nostram ab opéribus mórtuis, ad serviéndum Deo vivénti ? Et ídeo novi Testaménti mediátor est : ut, morte intercedénte, in redemptiónem earum prævaricatiónum, quæ erant sub prióri Testaménto, repromissiónem accípiant, qui vocáti sunt ætérnæ hereditátis, in Christo Iesu, Dómino nostro.
Mes Frères : le Christ ayant paru comme grand prêtre des biens à venir, c’est en passant par un tabernacle plus excellent et plus parfait, qui n’est pas construit de main d’homme, c’est-à-dire, qui n’appartient pas à cette création-ci et ce n’est pas avec le sang des boucs et des taureaux, mais avec son propre sang, qu’il est entré une fois pour toutes dans le saint des Saints, après avoir acquis une rédemption éternelle. Car si le sang des boucs et des taureaux, si la cendre d’une génisse, dont on asperge ceux qui sont souillés, sanctifient de manière à procurer la pureté de la chair, combien plus le sang du Christ qui, par l’Esprit-Saint, s’est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il notre conscience des œuvres mortes, pour servir le Dieu vivant ? Et c’est pour cela qu’il est médiateur d’une nouvelle alliance, afin que, sa mort ayant eu lieu pour le pardon des transgressions commises sous la première alliance, ceux qui ont été appelés reçoivent l’héritage éternel qui leur a été promis, en Jésus-Christ Notre-Seigneur.
GraduelGraduale. 1. Ioann. 5, 6 et 7-8.
Hic est, qui venit per aquam et sánguinem, Iesus Christus : non in aqua solum, sed in aqua et sánguine.
C’est lui qui est venu par l’eau et par le sang, Jésus-Christ ; non par l’eau seulement, mais par l’eau et par le sang.
V/. Tres sunt, qui testimónium dant in cælo : Pater, Verbum et Spíritus Sanctus ; et hi tres unum sunt. Et tres sunt, qui testimónium dant in terra : Spíritus, aqua et sanguis : et hi tres unum sunt.
Il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel : le Père, le Verbe et le Saint-Esprit : et ces trois sont un. Et il y en a trois qui rendent témoignage sur la terre : l’esprit, l’eau et le sang : et ces trois sont uns.
Alléluia
Allelúia, allelúia. V/. Ibid., 9. Si testimónium hóminum accípimus, testimónium Dei maius est. Allelúia.
Allelúia, allelúia. V/. Si nous recevons le témoignage des hommes, le témoignage de Dieu est plus grand. Alléluia.

In missis votivis post Septuagesimam, ommissis Allelúia et versu sequenti, dicitur · ¶ Aux messes votives après la Septuagésime, on omet l’Alléluia et son verset et on dit :

TraitTractus. Ephes., 1, 6-8.
Gratificávit nos Deus in dilécto Fílio suo, in quo habémus redemptiónem per sánguinem eius.
Dieu nous a rendus agréables à ses yeux en son Fils bien-aimé, en qui nous avons la rédemption par son sang.
V/. Remissiónem peccatórum, secúndum divítias grátiæ eius, quæ superabundávit in nobis.
La rémission des péchés, selon les richesses de sa grâce qui a surabondé en nous.
V/. Rom. 3, 24-25. Iustificáti gratis per grátiam ipsíus, per redemptiónem, quæ est in Christo Iesu.
Étant justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est en Jésus-Christ.
V/. Quem propósuit Deus propitiatiónem per fidem in sánguine ipsíus.
C’est lui que Dieu avait destiné à être une victime de propitiation, par la foi en son sang.

Tempore paschali omittitur graduale, et eius loco dicitur : · Pendant le temps pascal, on omet le graduel et à sa place on dit :

Alléluia
Allelúia, allelúia. V/. Apoc. 5, 9. Dignus es, Dómine, accípere librum, et aperíre signácula eius : quóniam occísus es, et redemísti nos Deo in sánguine tuo.
Allelúia, allelúia. V/. Vous êtes digne, Seigneur, de prendre le livre et d’en ouvrir les sceaux ; car vous avez été égorgé et par votre sang, vous nous avez rachetés pour Dieu.
Allelúia. V/. Exodi 12, 13. Erit autem sanguis vobis in signum : et vidébo sánguinem, et transíbo vos : nec erit in vobis plaga dispérdens. Allelúia.
Allelúia. V/. Or le sang de l’Agneau vous servira de marque ; et je verrai ce sang et je passerai outre, et al plaie de mort ne vous touchera point. Alléluia.
Évangile+ Sequéntia sancti Evangélii secundum Ioánnem.
Suite du Saint Évangile selon saint Jean.
Ioann. 19. 30-35.
In illo témpore : Cum accepísset Iesus acétum, dixit : Consummátum est. Et inclináto cápite trádidit spíritum. Iudǽi ergo (quóniam Parascéve erat), ut non remanérent in cruce córpora sábbato (erat enim magnus dies ille sábbati), rogavérunt Pilátum, ut frangeréntur eórum crura et tolleréntur. Venérunt ergo mílites : et primi quidem fregérunt crura et altérius, qui crucifíxus est cum eo. Ad Iesum autem cum venissent, ut vidérunt eum iam mórtuum, non fregérunt eius crura, sed unus mílitum láncea latus eius apéruit, et contínuo exívit sanguis et aqua. Et qui vidit, testimónium perhíbuit ; et verum est testimónium eius.
En ce temps-là : Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit : "Tout est consommé", et inclinant la tête il rendit l’esprit. Or, comme c’était la Préparation, de peur que les corps ne restassent sur la croix pendant le sabbat, car le jour de ce sabbat était très solennel, les Juifs demandèrent à Pilate qu’on rompît les jambes aux crucifiés et qu’on les détachât. Les soldats vinrent donc, et ils rompirent les jambes du premier, puis de l’autre qui avait été crucifié avec lui. Mais quand ils vinrent à Jésus, le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes. Mais un des soldats lui transperça le côté avec sa lance, et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau. Et celui qui l’a vu en rend témoignage, et son témoignage est vrai.

Credo

OffertoireAnt. ad Offertorium. 1. Cor. 10. 16.
Calix benedictiónis, cui benedícimus, nonne communicátio sánguinis Christi est ? et panis, quem frángimus, nonne participátio córporis Dómini est ?
Le Calice de bénédiction, que nous bénissons, n’est-il pas la communion au sang du Christ ? et le pain que nous rompons n’est-il pas la communion au corps du Seigneur ?
SecrèteSecreta.
Per hæc divína mystéria, ad novi, quǽsumus, Testaménti mediatórem Iesum accedámus : et super altária tua, Dómine virtútum, aspersiónem sánguinis mélius loquéntem, quam Abel, innovémus. Per eúndem Dóminum.
Nous vous en supplions, Dieu des vertus, que par ces divins mystères, nous puissions avoir accès auprès de Jésus le médiateur de la nouvelle alliance, et que nous renouvelions sur vos autels l’effusion de ce sang plus éloquent que celui d’Abel.

Præfatio de Cruce. · Préface de la Sainte Croix.

CommunionAnt. ad Communionem. Hebr. 9, 28.
Christus semel oblítus est ad multórum exhauriénda peccáta : secúndo sine peccáto apparébit exspectántibus se in salútem.
Le Christ s’est offert une fois, pour effacer les péchés de beaucoup ; une seconde fois il apparaîtra sans péché pour donner le salut à ceux qui l’attendent.
PostcommunionPostcommunio.
Ad sacram, Dómine, mensam admíssi, háusimus aquas in gáudio de fóntibus Salvatóris : sanguis eius fiat nobis, quǽsumus, fons aquæ in vitam ætérnam saliéntis : Qui tecum vivit.
Admis à la table sacrée, nous avons puisé avec joie des eaux aux fontaines du Sauveur ; faites, nous vous en supplions, Seigneur, que son Sang devienne pour nous une source d’eau vive jaillissant jusqu’à la vie éternelle.
Office du jour

Office

Aux 1ʳᵉˢ Vêpres.

Ant. 1 Quis est iste * qui venit de Edom tinctis véstibus de Bosra ? iste formósus in stola sua.Ant. 1 Quel est celui * qui vient d’Édom, de Bosra, les vêtements teints ? il est beau dans sa robe [1].
Ant. 2 Ego * qui loquor iustítiam et propugnátor sum ad salvándum.Ant. 2 C’est moi * qui parle justice, et combats pour sauver [2].
Ant. 3 Vestítus erat * veste aspérsa sánguine, et vocátur nomen eius Verbum Dei.Ant. 3 Il était vêtu * d’une robe teinte de sang, et le nom dont on l’appelle est le Verbe de Dieu [3].
Ant. 4 Quare ergo * rubrum est induméntum tuum, et vestiménta tua sicut calcántium in torculári ?Ant. 4 Pourquoi donc * votre robe est-elle rouge, et vos vêtements sont-ils comme les vêtements de ceux qui foulent dans un pressoir ? [4]
Ant. 5 Tórcular * calcávi solus, et de Géntibus non est vir mecum.Ant. 5 J’ai foulé * le pressoir tout seul, et d’entre les nations, il n’y a pas un homme avec moi [5].
Capitulum Hebr. 9. 11-12.Capitule
Fratres : Christus assístens Póntifex futurórum bonórum, per ámplius et perféctius tabernáculum non manufáctum, id est, non huius creatiónis : neque per sánguinem hircórum aut vitulórum, sed per próprium sánguinem introívit semel in Sancta, ætérna redemptióne invénta.Mes Frères : le Christ ayant paru comme grand prêtre des biens à venir, c’est en passant par un tabernacle plus excellent et plus parfait, qui n’est pas construit de main d’homme, c’est-à-dire, qui n’appartient pas à cette création-ci et ce n’est pas avec le sang des boucs et des taureaux, mais avec son propre sang, qu’il est entré une fois pour toutes dans le saint des Saints, après avoir acquis une rédemption éternelle.
Hymnus Hymne
Festívis résonent cómpita vócibus,
Cives lætítiam fróntibus éxplicent,
Tædis flammíferis órdine pródeant
Instrúcti púeri et senes.
Que les places résonnent de chants de fête,
Que la joie brille au front des habitants,
Que les enfants comme les vieillards, à la lueur
Des torches, s’avancent en procession.
Quem dura móriens Christus in árbore
Fudit multíplici vúlnere sánguinem,
Nos facti mémores dum cólimus, decet
Saltem fúndere lácrimas.
Le Christ, mourant sur un arbre cruel
Répand ce Sang par tant de plaies,
Nous en célébrons la mémoire,
Versons au moins des larmes.
Humáno géneri pernícies gravis
Adami véteris crímine cóntigit :
Adami intégritas et píetas novi
Vitam réddidit ómnibus.
L’Adam ancien par son crime avait
Gravement perdu le genre humain :
L’Adam nouveau, saint et pieux,
Redonne la vie à tous les hommes.
Clamórem válidum summus ab ǽthere
Languéntibus Géniti si Pater áudiit,
Placári pótius sánguine débuit,
Et nobis véniam dare.
Si le Père souverain a entendu des cieux
Le cri puissant du Fils expirant,
C’est par son Sang qu’il fut apaisé,
Et qu’il nous accorda le pardon.
Hoc quicúmque stolam sánguine próluit,
Abstérgit máculas ; et róseum decus,
Quo fiat símilis prótinus Angelis
Et Regi pláceat, capit.
Quiconque lave sa robe dans ce Sang
Efface les taches ; et prend l’éclat
Empourpré qui le rend soudain semblable
Aux Anges et agréable au Roi.
A recto instábilis trámite póstmodum
Se nullus rétrahat, meta sed última
Tangátur ; tríbuet nóbile præmium,
Qui cursum Deus ádiuvat.
Que personne ensuite n’ait l’audace de quitter
La voie droite : qu’il gagne le but suprême ;
Dieu qui nous aide dans la course
Lui donnera la noble récompense.
Nobis propítius sis, Génitor potens,
Ut, quos unígenæ sánguine Fílii
Emísti, et plácido Flámine récreas,
Cæli ad cúlmina tránsferas. Amen.
Soyez-nous propice, Père puissant,
Élevez aux sommets des cieux
Les rachetés par le Sang du Fils unique
Créés à nouveau par l’Esprit de paix. Amen.
V/. Redemísti nos, Dómine, in sánguine tuo.V/. Vous nous avez rachetés, Seigneur, par votre sang [6].
R/. Et fecísti nos Deo nostro regnum.R/. Et vous avez fait de nous un royaume pour notre Dieu.
Ad Magnificat Ant. Accessístis * ad Sion montem, et civitátem Dei vivéntis, Ierúsalem cæléstem, et Testaménti novi mediatórem Iesum, et sánguinis aspersiónem mélius loquéntem quam Abel.Ant. au Magnificat Vous vous êtes approchés * de la montagne de Sion, de la cité du Dieu vivant, de la Jérusalem céleste, et du médiateur de la nouvelle alliance, Jésus, et d’une aspersion de sang plus éloquente que celle du sang d’Abel [7].
OratioPrière
Omnípotens sempitérne Deus, qui unigénitum Fílium tuum mundi Redemptórem constituísti, ac eius Sánguine placári voluísti : concéde, quǽsumus, salútis nostræ prétium sollémni cultu ita venerári, atque a præséntis vitæ malis eius virtúte deféndi in terris ; ut fructu perpétuo lætémur in cælis. Per eúndem Dóminum.Dieu tout-puissant et éternel, vous avez établi votre Fils unique rédempteur du monde, et vous avez voulu que votre justice soit apaisée par son sang : faites-nous la grâce, nous vous en prions, de vénérer d’un culte solennel ce prix de notre salut, et d’être ici-bas préservés par sa vertu des maux de la vie présente ; de manière à jouir éternellement de ses fruits dans les cieux. Par le même.
Et nulla fit commemoratio. On fait aucune mémoire.

A Matines.

A Laudes.
Ant. 1 Hi qui amícti sunt * stolis albis, qui sunt, et unde venérunt ?Ant. 1 Ceux-ci, qui sont vêtus * de robes blanches, qui sont-ils ? et d’où viennent-ils ? [40]
Ant. 2 Hi sunt * qui venérunt de tribulatióne magna et lavérunt stolas suas in sánguine Agni.Ant. 2 Ce sont ceux * qui sont venus de la grande tribulation, et qui ont lavé leurs robes dans le sang de l’Agneau [41].
Ant. 3 Ideo sunt * ante thronum Dei et sérviunt ei die ac nocte.Ant. 3 C’est pourquoi ils sont * devant le trône de Dieu, et ils le servent nuit et jour [42].
Ant. 4 Et ipsi vicérunt * dracónem propter sánguinem Agni et propter testaméntum Verbi sui.Ant. 4 Ils ont vaincu * le dragon par le sang de l’Agneau et par le témoignage de leur parole [43].
Ant. 5 Beáti * qui lavant stolas suas in sánguine Agni.Ant. 5 Bienheureux * ceux qui lavent leurs vêtements dans le sang de l’Agneau [44].
Capitulum Hebr. 9. 11-12.Capitule
Fratres : Christus assístens Póntifex futurórum bonórum, per ámplius et perféctius tabernáculum non manufáctum, id est, non huius creatiónis : neque per sánguinem hircórum aut vitulórum, sed per próprium sánguinem introívit semel in Sancta, ætérna redemptióne invénta.Mes Frères : le Christ ayant paru comme grand prêtre des biens à venir, c’est en passant par un tabernacle plus excellent et plus parfait, qui n’est pas construit de main d’homme, c’est-à-dire, qui n’appartient pas à cette création-ci et ce n’est pas avec le sang des boucs et des taureaux, mais avec son propre sang, qu’il est entré une fois pour toutes dans le saint des Saints, après avoir acquis une rédemption éternelle.
Hymnus Hymne
Salvéte, Christi vúlnera,
Imménsi amóris pígnora
Quibus perénnes rívuli
Manant rubéntis sánguinis.
Salut, blessures du Christ,
gages d’un amour immense,
et d’où découlent intarissables
les ruisseaux d’un sang vermeil.
Nitóre stellas víncitis
Rosas odóre et bálsama,
Prétio lapíllos Indicos,
Mellis favos dulcédine.
Vous l’emportez en éclat sur les étoiles,
en parfum sur la rose et le baume,
en prix sur les pierreries de l’Inde,
en douceur sur les rayons de miel.
Per vos patet gratíssimum
Nostris asýlum méntibus ;
Non huc furor minántium
Umquam penétrat hóstium.
Par vous l’asile le plus doux
est ouvert à nos âmes ;
là ne pénètre jamais la fureur
des ennemis qui nous menacent.
Quot Iesus in prætório
Flagélla nudus éxcipit !
Quot scissa pellis úndique
Stillat cruóris gúttulas !
Que de coups de fouets, mis à nu,
Jésus a reçus dans le prétoire !
que de gouttes de sang ont perlé
de toute sa peau déchirée !
Frontem venústam, proh dolor !
Coróna pungit spínea,
Clavi retúsa cúspide
Pedes manúsque pérforant.
O douleur ! son front si beau,
une couronne d’épines le pique,
des clous à la pointe émoussée
percent ses pieds et ses mains.
Postquam sed ille trádidit
Amans volénsque spíritum,
Pectus ferítur láncea,
Geminúsque liquor éxsilit.
Après que par amour et volontairement
ce Sauveur a rendu l’esprit,
on frappe son côté d’une lance,
et un double ruisseau s’en échappe.
Ut plena sit redémptio,
Sub torculári stríngitur ;
Suíque Iesus ímmemor,
Sibi nil resérvat sánguinis.
Pour que la rédemption soit totale,
Il est broyé sous le pressoir,
et Jésus s’oubliant lui-même,
ne garde rien de son sang.
Veníte quotquot críminum
Funésta labes ínficit ;
In hoc salútis bálneo
Qui se lavat, mundábitur.
Venez, vous tous, souillés
par la funeste tache du péché :
dans ce bain de salut
celui qui se lave sera purifié.
Summi ad Paréntis déxteram
Sedénti habénda est grátia,
Qui nos redémit sánguine,
Sanctóque firmat Spíritu.
Amen.
A celui qui est assis à la droite du Père souverain
Grâce soit rendue,
qui nous a rachetés par son sang
et nous confirme par le Saint-Esprit.
Amen.
V/. Iustificáti in sánguine Christi.V/. Justifiés par le sang du Christ [45].
R/. Salvi érimus ab ira per ipsum.R/. Nous serons délivrés par lui de la colère.
Ad Bened. Ant. Erit sanguis Agni * vobis in signum, dicit Dóminus ; et vidébo sánguinem, et transíbo vos nec erit in vobis plaga dispérdens.Ant. au Benedictus Le sang de l’Agneau sera * un signe en votre faveur, dit le Seigneur, car je verrai le sang, et je passerai au delà de vous ; et la plaie de destruction ne nous atteindra pas [46].
OratioPrière
Omnípotens sempitérne Deus, qui unigénitum Fílium tuum mundi Redemptórem constituísti, ac eius Sánguine placári voluísti : concéde, quǽsumus, salútis nostræ prétium sollémni cultu ita venerári, atque a præséntis vitæ malis eius virtúte deféndi in terris ; ut fructu perpétuo lætémur in cælis. Per eúndem Dóminum.Dieu tout-puissant et éternel, vous avez établi votre Fils unique rédempteur du monde, et vous avez voulu que votre justice soit apaisée par son sang : faites-nous la grâce, nous vous en prions, de vénérer d’un culte solennel ce prix de notre salut, et d’être ici-bas préservés par sa vertu des maux de la vie présente ; de manière à jouir éternellement de ses fruits dans les cieux. Par le même.
Et ad Laudes tantum fit commemoratio Octavæ S. Ioannis Baptistæ :Et à Laudes seulement, on fait mémoire del’Octave de St Jean-Baptiste :
Ant. Apértum est os Zacharíæ, et prophetávit dicens : Benedíctus Deus Israël.Ant. La bouche de Zacharie s’ouvrit et il prophétisa, disant : Béni soit le Dieu d’Israël [47].
V/. Iste puer magnus coram Dómino.V/. Cet enfant sera grand devant le Seigneur [48].
R/. Nam et manus eius cum ipso est.R/. Car sa main est avec lui.
OratioPrière
Deus, qui præséntem diem honorábilem nobis in beáti Ioánnis nativitáte fecísti : da pópulis tuis spirituálium grátiam gaudiórum ; et ómnium fidélium mentes dirige in viam salútis ætérnæ. Per Dóminum.Dieu, vous nous avez rendu ce jour vénérable par la nativité du bienheureux Jean : accordez à votre peuple la grâce des joies spirituelles ; et dirigez les âmes de tous les fidèles dans la voie du salut éternel.

Aux 2ᵉˢ Vêpres.

Avant 1934 et l’élévation de la fête au rang de Iʳᵉ classe, on disait ce jour les Iʳᵉˢ Vêpres de la Visitation avec mémoire du Précieux Sang et de l’Octave de St Jean. Depuis 1934, on dit les Vêpres du Précieux Sang ave mémoire de la Visitation.

Ant. 1 Quis est iste * qui venit de Edom tinctis véstibus de Bosra ? iste formósus in stola sua.Ant. 1 Quel est celui * qui vient d’Édom, de Bosra, les vêtements teints ? il est beau dans sa robe [49].
Ant. 2 Ego * qui loquor iustítiam et propugnátor sum ad salvándum.Ant. 2 C’est moi * qui parle justice, et combats pour sauver [50].
Ant. 3 Vestítus erat * veste aspérsa sánguine, et vocátur nomen eius Verbum Dei.Ant. 3 Il était vêtu * d’une robe teinte de sang, et le nom dont on l’appelle est le Verbe de Dieu [51].
Ant. 4 Quare ergo * rubrum est induméntum tuum, et vestiménta tua sicut calcántium in torculári ?Ant. 4 Pourquoi donc * votre robe est-elle rouge, et vos vêtements sont-ils comme les vêtements de ceux qui foulent dans un pressoir ? [52]
Ant. 5 Tórcular * calcávi solus, et de Géntibus non est vir mecum.Ant. 5 J’ai foulé * le pressoir tout seul, et d’entre les nations, il n’y a pas un homme avec moi [53].
Capitulum Hebr. 9. 11-12.Capitule
Fratres : Christus assístens Póntifex futurórum bonórum, per ámplius et perféctius tabernáculum non manufáctum, id est, non huius creatiónis : neque per sánguinem hircórum aut vitulórum, sed per próprium sánguinem introívit semel in Sancta, ætérna redemptióne invénta.Mes Frères : le Christ ayant paru comme grand prêtre des biens à venir, c’est en passant par un tabernacle plus excellent et plus parfait, qui n’est pas construit de main d’homme, c’est-à-dire, qui n’appartient pas à cette création-ci et ce n’est pas avec le sang des boucs et des taureaux, mais avec son propre sang, qu’il est entré une fois pour toutes dans le saint des Saints, après avoir acquis une rédemption éternelle.
Hymnus Hymne
Festívis résonent cómpita vócibus,
Cives lætítiam fróntibus éxplicent,
Tædis flammíferis órdine pródeant
Instrúcti púeri et senes.
Que les places résonnent de chants de fête,
Que la joie brille au front des habitants,
Que les enfants comme les vieillards, à la lueur
Des torches, s’avancent en procession.
Quem dura móriens Christus in árbore
Fudit multíplici vúlnere sánguinem,
Nos facti mémores dum cólimus, decet
Saltem fúndere lácrimas.
Le Christ, mourant sur un arbre cruel
Répand ce Sang par tant de plaies,
Nous en célébrons la mémoire,
Versons au moins des larmes.
Humáno géneri pernícies gravis
Adami véteris crímine cóntigit :
Adami intégritas et píetas novi
Vitam réddidit ómnibus.
L’Adam ancien par son crime avait
Gravement perdu le genre humain :
L’Adam nouveau, saint et pieux,
Redonne la vie à tous les hommes.
Clamórem válidum summus ab ǽthere
Languéntibus Géniti si Pater áudiit,
Placári pótius sánguine débuit,
Et nobis véniam dare.
Si le Père souverain a entendu des cieux
Le cri puissant du Fils expirant,
C’est par son Sang qu’il fut apaisé,
Et qu’il nous accorda le pardon.
Hoc quicúmque stolam sánguine próluit,
Abstérgit máculas ; et róseum decus,
Quo fiat símilis prótinus Angelis
Et Regi pláceat, capit.
Quiconque lave sa robe dans ce Sang
Efface les taches ; et prend l’éclat
Empourpré qui le rend soudain semblable
Aux Anges et agréable au Roi.
A recto instábilis trámite póstmodum
Se nullus rétrahat, meta sed última
Tangátur ; tríbuet nóbile præmium,
Qui cursum Deus ádiuvat.
Que personne ensuite n’ait l’audace de quitter
La voie droite : qu’il gagne le but suprême ;
Dieu qui nous aide dans la course
Lui donnera la noble récompense.
Nobis propítius sis, Génitor potens,
Ut, quos unígenæ sánguine Fílii
Emísti, et plácido Flámine récreas,
Cæli ad cúlmina tránsferas. Amen.
Soyez-nous propice, Père puissant,
Élevez aux sommets des cieux
Les rachetés par le Sang du Fils unique
Créés à nouveau par l’Esprit de paix. Amen.
V/. Te ergo quæsumus, tuis fámulis súbveni.V/. Nous vous supplions de secourir vos serviteurs [54].
R/. Quos pretióso sánguine redemísti.R/. Que vous avez rachetés par votre sang précieux.
Ad Magnificat Ant. Habébitis autem * hunc diem in monuméntum : et celebrábitis eum solémnem Dómino in generatiónibus vestris cultu sempitérno.Ant. au Magnificat Pour vous, * Ce jour sera un monument, et vous le célébrerez dans vos générations comme consacré au Seigneur par un culte éternel [55].
OratioPrière
Omnípotens sempitérne Deus, qui unigénitum Fílium tuum mundi Redemptórem constituísti, ac eius Sánguine placári voluísti : concéde, quǽsumus, salútis nostræ prétium sollémni cultu ita venerári, atque a præséntis vitæ malis eius virtúte deféndi in terris ; ut fructu perpétuo lætémur in cælis. Per eúndem Dóminum.Dieu tout-puissant et éternel, vous avez établi votre Fils unique rédempteur du monde, et vous avez voulu que votre justice soit apaisée par son sang : faites-nous la grâce, nous vous en prions, de vénérer d’un culte solennel ce prix de notre salut, et d’être ici-bas préservés par sa vertu des maux de la vie présente ; de manière à jouir éternellement de ses fruits dans les cieux. Par le même.
Et fit commemoratio sequentis tantum :On fait mémoire du suivant (Fête de la Visitation] :
Ant. Beáta es, María, quæ credidísti : perficiéntur in te quæ dicta sunt tibi a Dómino, allelúia.Ant. Vous êtes bienheureuse, Marie, vous qui avez cru : car ce qui vous a été dit par le Seigneur s’accomplira en vous, alléluia [56].
V/. Benedícta tu in muliéribus.V/. Vous êtes bénie entre les femmes [57].
R/. Et benedíctus fructus ventris tui.R/. Et le fruit de votre sein est béni.
OratioPrière
Fámulis tuis, quǽsumus, Dómine, cæléstis grátiæ munus impertíre : ut, quibus beátæ Vírginis partus éxstitit salútis exórdium ; Visitatiónis eius votiva sollémnitas, pacis tríbuat increméntum. Per Dóminum.Seigneur, nous vous prions d’accorder à vos serviteurs le don de la grâce céleste : et, comme l’enfantement de la bienheureuse Vierge a été le principe de leur salut ; qu’ainsi la pieuse solennité de sa Visitation leur procure un accroissement de paix.
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