Saint Mansuy, évêque
4 septembre
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Présentation
Présentation
Diocèse de Nancy et de Toul & Diocèse de St Dié.
Gravure de Jacques Callot : Mansuy ressuscite le fils du gouverneur de Toul
Saint Mansuy est le premier évêque de Toul. On place ordinairement son apostolat dans la seconde moitié du IVᵉ siècle. De sa vie, on a retenu peu de choses. Il construisit, hors des murs de Toul, près d’une vaste nécropole gallo-romaine, une église qui fut dédiée à saint Pierre. C’est là qu’il reçut la sépulture, et après lui ses successeurs immédiats.
Le tombeau de saint Mansuy fut entouré d’une grande vénération par les fidèles du diocèse qu’il avait organisé.
C’est pour en assurer la garde que plus tard, au Xᵉ siècle, fut fondée l’abbaye bénédictine de Saint-Mansuy. Celle-ci a disparu à la Révolution ; les reliques du premier évêque ont été depuis longtemps distribuées à de nombreuses églises, mais une chapelle abrite aujourd’hui encore le tombeau, refait au XVIᵉ siècle, et marque l’emplacement du premier édifice chrétien élevé sur notre sol.
Le 15 juin, on fêtait la translation de ses reliques.
Historique
Historique
D’après l’Abbé Guillaume, Histoire de diocèse de Toul et de celui de Nancy, t.1, p. 79 sqq.
L’Église de Toul a toujours reconnu et honoré comme apôtre et premier évêque saint Mansuy [1], qui la fonda au prix de ses prières et de ses sueurs. Dans ce que nous avons dit de l’antiquité de cette Église, nous avons exposé, d’après des documents anciens échappés, comme par miracle, aux ravages des hommes et du temps, que, venu d’Irlande, sa patrie [2] à Rome, où il se fit disciple de saint Pierre (il faut entendre ici sans doute St Damase), Mansuy reçut du prince des apôtres (le Pape) la consécration épiscopale et fut envoyé, par lui, dans nos contrées, pour y annoncer l’Évangile du salut.
D’après l’historien Adson [3] Mansuy, conduit par l’esprit de Dieu et appuyé sur la mission qu’il avait reçue du vicaire de Jésus-Christ, vint à Toul. Il trouva cette cité arrosée de claires eaux, environnée de fertiles pâturages, remarquable par l’enceinte de ses murailles, par les portes et les tours dont elle était fortifiée ; mais encombrée et souillée par d’infâmes simulacres. Il y commença le ministère de la prédication, non pas toutefois avec plus de facilité, avec plus de succès que ses collègues en d’autres régions. Il rencontra de sérieux obstacles ; il fut repoussé par le gouverneur de la province ; il dut essuyer les effets de ses préventions et de ses dédains. Aurait-il pu ne s’y pas attendre et s’en étonner ? Il avait présente à la pensée la parole du Maître : Je vous envoie comme de douces brebis au milieu de loups affamés ; il avait aussi son exemple : jamais le Sauveur n’entreprit œuvre importante sans avoir passé de longues heures en intime communication avec le Père qui est aux cieux.
Mansuy se fixa non loin des murs de la ville ; il se construisit une modeste cabane à l’ombre d’arbres touffus, puis s’adonna aux exercices de la plus fervente piété, ne cessant d’adresser, au Seigneur, les vœux les plus ardents pour la conversion des habitants du pays devenu la portion de son héritage. Il ne fut pas longtemps sans être remarqué. La curiosité dirigea vers son ermitage quelques citoyens avec lesquels il ne manqua pas d’entrer en relations, et bientôt on connut à Toul et dans les environs la présence du ministre de Dieu. Il ne fut pas longtemps non plus sans se trouver dans le cas de prouver sa mission par un de ces prodiges que le Maître de la nature seul peut opérer par lui-même ou par le ministère d’hommes qu’il a faits ses ambassadeurs et les dispensateurs de ses bienfaits.
Nous laissons encore la parole à Adson. Un jour que les Toulois se livraient à la joie d’une fête et à leurs jeux accoutumés, le fils du gouverneur (Regulus) tomba, par accident du haut des remparts, dans la Moselle qui, alors, en baignait le pied et se trouvait assez profonde en cet endroit. Tous les efforts tentés pour sauver cet enfant furent inutiles, son corps même ne put être retrouvé. A l’allégresse générale succéda promptement un deuil universel ; le gouverneur et son épouse, qui n’avaient que cet enfant, demeurèrent comme frappés de mort ; ils invoquèrent leurs idoles, mais ces vains simulacres demeurèrent immobiles, sans oreilles et sans voix. Cependant la reine succombant à sa douleur, s’endormit pendant quelque temps. Elle crut voir en songe l’homme dont on l’avait entretenue. Il était debout devant elle et lui parlait en ces termes : O Reine, tu pleures à bon droit ; mais si tu connaissais ton créateur, si toi-même et ton époux vous acceptiez mes paroles avec foi, bientôt vous mériteriez de recouvrer votre fils, non pas mort, mais plein de vie. A son réveil, la mère affligée s’empressa de faire part de cette vision à son époux. Celui-ci mu, sans doute, par quelque secret mouvement de la grâce, mit aussitôt ses officiers à la recherche du saint personnage qu’ils ne rencontrèrent qu’au bout de plusieurs jours. Découvert enfin et amené en présence du gouverneur, ce père désolé lui promit par serment que lui, sa maison et ses subordonnés embrasseraient la religion qu’il annonçait, s’il parvenait à lui rendre son fils, englouti sous les flots. L’homme de Dieu se fit conduire à l’endroit d’où l’enfant était tombé dans la Moselle ; là, s’étant prosterné, il invoqua le nom de Celui à qui toute puissance a été donnée, et bientôt apparut sur l’eau, le corps du jeune homme que l’on s’empressa de retirer et d’apporter aux pieds du ministre sacré. De nouveau, et comme le Sauveur en présence du sépulcre de Lazare, Mansuy pria, il demanda la résurrection du défunt, non point pour soi, mais pour le peuple qui l’entourait, afin que ce peuple le reconnût comme l’envoyé de Dieu. Le Ciel ne resta point sourd à la prière de la foi ; l’âme de l’enfant rentra dans le corps qu’elle avait quitté ; ce corps s’agita ; à la parole de l’évêque, il se leva plein de vie et Mansuy le remit à ses parents, en présence d’une foule considérable de personnes émerveillées. Le peuple de Toul ne différa plus ; il salua comme envoyé du ciel le nouvel arrivé, et confessa le nom de Jésus-Christ. Le gouverneur tint parole à son tour. Mansuy ayant instruit des vérités chrétiennes les citoyens de Toul et leur chef, leur administra solennellement à tous le baptême. Les habitants des environs voulurent prendre part à cet heureux changement ; la joie régna dans la cité et dans tout le pays, et Mansuy fut proclamé le premier pasteur de l’Eglise qu’il venait de fonder. Le saint évêque éleva au Seigneur, dans l’enceinte des murailles de la ville, un temple qu’il consacra sous l’invocation de la Bienheureuse Marie toujours Vierge, et de saint Etienne, premier martyr. Il en construisit, au côté oriental de celui-ci, un second qui fut dédié à saint Jean-Baptiste, et où l’on établit le baptistère. Il forma des clercs, ordonna des prêtres et des diacres qu’il plaça dans d’autres églises bâties par ses soins en divers lieux de son diocèse, afin qu’ils y rendissent à Dieu le culte et les louanges dus à sa divine Majesté. Il avait fait construire en l’honneur du prince des Apôtres, hors des murs de la ville et tout près de sa première cellule, un petit oratoire qui disparut pour faire place à une célèbre abbaye de Bénédictins, sous le nom de Saint-Mansuy. Ce fut dans ce modeste sanctuaire que les restes mortels de notre premier évêque furent primitivement déposés.
Saint Mansuy travailla pendant près de quarante ans dans le pays leuquois, au ministère de son apostolat [4]. Il mourut le troisième de septembre, jour auquel sa fête est annuellement célébrée dans le diocèse [5] qui lui doit le bienfait de la foi et des richesses spirituelles qui l’accompagnent toujours.
Buste de St Mansuy, © M. Heilig, collections du Musée de Toul
On y remarque le surhuméral, ornement propre aux évêques de Toul.
Mgr Turinaz avec le surhuméral
Mgr Bernard avec le surhuméral
Mgr Papin avec le surhuméral (2009)
Dans le Diocèse de Nancy et de Toul, Missel de Toul (1750) jusqu’en 1860 : le 3 septembre, 1860-1914 : le dimanche 31 Octobre ou celui suivant le plus proche de ce jour, 1914-1955 : le 3 septembre, 1955… : le 4 septembre, Solemnité le premier dimanche de septembre, Saint Mansuy
In Diœcesi Nanceiensi et Tullensi · In Missale Tullensi (1750) usq. 1860 : die 3 septembris · 1860-1914 : Dom. incidente in 31 Aug. aut hanc diem proprius sequente · 1914-1955 : die 3 septembris · 1955… : die 4 septembris · Solemnitas in prima dominica septembris · Sancti Mansueti
Ep. et Conf.
Primi Tullensi Episcopi
Patroni Secundarii Diœcesis Nanceiensis et Tullensis
Evêque et Confesseur
Premier Evêque de Toul,
Patron secondaire du Diocèse de Nancy et de Toul
II classis (ante CR 1960 : duplex I classis cum Octava)
IIᵉ classe (avant 1960 : double Iᵉ classe avec Octave)
Chrísto duci mancipáta
Novæ legis foédere,
2 Si vos fecit alma fides
Veros regni cohærédes
Fausto cæli múnere ;
3 Date plausus, date laudes ;
Mansuétus vestros patres
Fide clarus ímbuit.
4 Hic est qui, Dei minister,
Primus Pastor, verus Pater,
Omnes Christo génuit.
5 Novum portans Genti lumen,
Sic osténdit verum Numen,
Sic errántes ínstruit.
6 Hic plantávit et rigávit ;
Increméntum Deus dedit ;
Fides fructus prótulit.
7 Iam profána ruunt fana :
Simulácra cadunt vana ;
Sola crux erígitur,
8 Unus Deus adorátur :
Uno fonte Gens lavátur ;
Una fides cólitur.
9 Nos, o Christe, quem amávit,
Quem Leucánís nuntiávit,
Ad quem felix evolávit,
Ad te da conscéndere.
10 Fac ut fides, quam vulgávit,
Semen verbi, quod plantávit,
Ferat fructus, quos optávit ;
Nec seníscat témpore. Amen. Allelúia.
Race acceptant pour chef le Christ
En une nouvelle alliance,
2 Si votre foi a fait de vous
De vrais héritiers du Royaume
Par un riche don du ciel,
3 Applaudissez et louez Dieu :
L’illustre Mansuy enseigna
La foi chrétienne à vos pères.
4 C’est lui qui, ministre de Dieu,
En premier évêque et vrai père,
Vous a enfantés au Christ.
5 Portant la nouvelle lumière,
Au peuple il montra le vrai Dieu,
Et il dissipa l’erreur.
6 II a semé et arrosé,
Dieu a donné l’accroissement,
La foi produisit ses fruits.
7 Les temples des faux dieux s’écroulent
Et les idoles disparaissent
Seule, la Croix est debout.
8 Un seul Seigneur est adoré,
Un seul baptême purifie,
Et règne une seule foi.
9 O Jésus-Christ, vous qu’il aima,
Qu’il a fait connaître aux Lorrains,
Vers vous, heureux, il prit son vol.
Faites-nous monter vers vous.
10 Faites que la foi propagée,
La parole par lui semée,
Portent les fruits qu’il souhaitait
Sans vieillir avec le temps. Amen. Alléluia !
Credo
Præfatio de S. Mansueto. · Préface de saint Mansuy.
Dans le Diocèse de St Dié
Primi Leucorum Episcopi.
Premier Evêque des Leuques.
· On dit la même messe qu’à Nancy sans la séquence, et avec la Préface des Saints.