Sᵗᵉ Hedwige, Veuveabstinence

Textes liturgiques

Fête de la Trinité

Textes de la Messe

Commentaires

Présentation

Présentation

Les commentaires, trop longs pour être mis sur cette page, se trouvent ici

Cette fête apparu localement en France et à Liège au tout début du Xᵉ siècle [1], elle semblait la conclusion logique des fêtes de Pâques : après avoir revécu la Rédemption par Notre-Seigneur, la venue du Saint-Esprit, une célébration particulière en l’honneur de la Trinité semblait aller de soit.

Rome refusa catégoriquement cette fête au départ : Alexandre Iᵉʳ (+1073) déclare « Ce n’est pas l’usage de Rome de consacrer un jour particulier à honorer la très sainte Trinité, puisqu’à proprement parler elle est honorée chaque jour » [2]. Alexandre III (+1181) confirmera ce rejet [3]. C’est le pape français Jean XXII, qui à Avignon, accepta en 1334 cette fête qui était désormais répandue dans tout son pays. Depuis elle remplace donc définitivement le 1ᵉʳ dimanche après la Pentecôte, qu’on commémorait à la Messe et à l’Office jusqu’en 1960 [4].

Dom Guéranger nous explique : « Tous les hommages que la Liturgie rend à Dieu ont pour objet la divine Trinité. Les temps sont à elle comme l’éternité ; elle est le dernier terme de notre religion tout entière. Chaque jour, chaque heure lui appartiennent. Les fêtes instituées en commémoration des mystères de notre salut aboutissent toujours à elle. Celles de la très sainte Vierge et des Saints sont autant de moyens qui nous conduisent à la glorification du Seigneur unique en essence et triple en personnes. Quant à l’Office divin du Dimanche en particulier, il fournit chaque semaine l’expression spécialement formulée de l’adoration et du service envers ce mystère, fondement de tous les autres et source de toute grâce. On comprend dès lors comment il se fait que l’Église ait tardé si longtemps d’instituer une fête spéciale en l’honneur de la sainte Trinité. La raison ordinaire de l’institution des fêtes manquait ici totalement. Une fête est le monument d’un fait qui s’est accompli dans le temps, et dont il est à propos de perpétuer le souvenir et l’influence : or, de toute éternité, avant toute création, Dieu vit et règne, Père, Fils et Saint-Esprit. Cette institution ne pouvait donc consister qu’à établir sur le Cycle un jour particulier où les chrétiens s’uniraient d’une manière en quelque sorte plus directe dans la glorification solennelle du mystère de l’unité et de la trinité dans une même nature divine » [5].

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Nous avons vu les saints Apôtres, au jour de la Pentecôte, recevoir l’effusion de l’Esprit-Saint, et bientôt, fidèles à l’ordre du Maître [1], ils vont partir pour aller enseigner toutes les nations, et baptiser les hommes au nom de la sainte Trinité. Il était donc juste que la solennité qui a pour but d’honorer Dieu unique en trois personnes suivît immédiatement celle de la Pentecôte à laquelle elle s’enchaîne par un lien mystérieux. Cependant, ce n’est qu’après de longs siècles qu’elle est venue s’inscrire sur le Cycle de l’Année liturgique, qui va se complétant par le cours des âges.

Tous les hommages que la Liturgie rend à Dieu ont pour objet la divine Trinité. Les temps sont à elle comme l’éternité ; elle est le dernier terme de notre religion tout entière. Chaque jour, chaque heure lui appartiennent. Les fêtes instituées en commémoration des mystères de notre salut aboutissent toujours à elle. Celles de la très sainte Vierge et des Saints sont autant de moyens qui nous conduisent à la glorification du Seigneur unique en essence et triple en personnes. Quant à l’Office divin du Dimanche en particulier, il fournit chaque semaine l’expression spécialement formulée de l’adoration et du service envers ce mystère, fondement de tous les autres et source de toute grâce.

On comprend dès lors comment il se fait que l’Église ait tardé si longtemps d’instituer une fête spéciale en l’honneur de la sainte Trinité. La raison ordinaire de l’institution des fêtes manquait ici totalement. Une fête est le monument d’un fait qui s’est accompli dans le temps, et dont il est à propos de perpétuer le souvenir et l’influence : or, de toute éternité, avant toute création, Dieu vit et règne, Père, Fils et Saint-Esprit. Cette institution ne pouvait donc consister qu’à établir sur le Cycle un jour particulier où les chrétiens s’uniraient d’une manière en quelque sorte plus directe dans la glorification solennelle du mystère de l’unité et de la trinité dans une même nature divine.

La pensée s’en présenta d’abord à quelques-unes de ces âmes pieuses et recueillies qui reçoivent d’en haut le pressentiment des choses que l’Esprit-Saint opérera plus tard dans l’Église. Dès le VIIIᵉ siècle, le savant moine Alcuin, rempli de l’esprit de la sainte Liturgie, comme ses écrits en font foi, crut le moment venu de rédiger une Messe votive en l’honneur du mystère de la sainte Trinité. Il paraît même y avoir été incité par un désir de l’illustre apôtre de la Germanie, saint Boniface. Cette Messe, simplement votive, n’était toutefois qu’un secours pour la piété privée, et rien n’annonçait que l’institution d’une fête en sortirait un jour.

Cependant la dévotion à cette Messe s’étendit peu à peu, et nous la voyons acceptée en Allemagne par le concile de Seligenstadt, en 1022. Mais à cette époque déjà, une fête proprement dite de la Sainte-Trinité avait été inaugurée dans l’une des églises de la pieuse Belgique, dans celle-là même qu’une autre grâce prédestinait à enrichir le Cycle chrétien d’un de ses signes les plus resplendissants. Étienne, évêque de Liège, instituait solennellement la fête de la Sainte-Trinité dans son Église en 920, et faisait composer un Office complet en l’honneur du mystère. La disposition du droit commun qui réserve aujourd’hui au Siège apostolique l’institution des nouvelles fêtes n’existait pas encore, et Riquier, successeur d’Etienne sur le siège de Liège, maintint l’œuvre de son prédécesseur.

Elle s’étendit peu à peu, et il paraît que l’Ordre monastique lui fut promptement favorable ; car nous voyons, dès les premières années du XIᵉ siècle, Bernon, abbé de Reichnaw, s’occuper de sa propagation. A Cluny, la fête s’établit d’assez bonne-heure dans le cours du même siècle, comme on le voit par l’Ordinaire de cet illustre monastère rédigé en 1091, où elle se trouve mentionnée comme étant instituée depuis un temps déjà assez long.

Sous le pontificat d’Alexandre II, qui siégea de 1061 à 1073, l’Église Romaine, qui souvent sanctionna, en les adoptant, les usages des Églises particulières, fut mise en mesure de porter un jugement sur cette nouvelle institution. Le Pontife, dans une de ses Décrétales, tout en constatant que la fête est déjà répandue en beaucoup de lieux, déclare que l’Église Romaine ne l’a pas acceptée, par cette raison que chaque jour l’adorable Trinité est sans cesse invoquée par la répétition de ces paroles : Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, et dans un grand nombre d’autres formules de louange [2].

Cependant la fête continuait à se répandre, comme l’atteste le Micrologue ; et dans la première partie du XIIᵉ siècle, le docte abbé Rupert, que l’on peut appeler avec raison l’un des princes de la science liturgique, proclamait déjà la convenance de cette institution, s’exprimant à son sujet comme nous le ferions aujourd’hui, dans ces termes remarquables : « Aussitôt après avoir célébré la solennité de l’avènement du Saint-Esprit, nous chantons la gloire de la sainte Trinité dans l’Office du Dimanche qui suit, et cette disposition est très à propos ; car aussitôt après la descente de ce divin Esprit, commencèrent la prédication et la croyance, et, dans le baptême, la foi et la confession du nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » [3].

En Angleterre, l’établissement de la fête de la Sainte-Trinité eut pour auteur principal le glorieux martyr saint Thomas de Cantorbéry ; ce fut en 1162 qu’il l’institua dans son Église, en mémoire de sa consécration épiscopale qui avait eu lieu le premier Dimanche après la Pentecôte. Pour la France, nous trouvons, en 1260, un concile d’Arles présidé par l’archevêque Florentin, qui, dans son sixième canon, inaugure solennellement la fête, en y ajoutant le privilège d’une Octave. Dès 1230, l’Ordre de Cîteaux, répandu dans l’Europe entière, l’avait instituée pour toutes ses maisons ; et Durand de Mende, dans son Rational, donne lieu de conclure que le plus grand nombre des Églises latines, dans le cours du XIIIᵉ siècle, jouissaient déjà de la célébration de cette fête. Parmi ces Églises, il s’en trouvait quelques-unes qui la plaçaient, non au premier, mais au dernier Dimanche après la Pentecôte, et d’autres qui la célébraient deux fois : d’abord en tète de la série des Dimanches qui suivent la solennité de la Pentecôte, et une seconde fois au Dimanche qui précède immédiatement l’Avent. Tel était en particulier l’usage des Églises de Narbonne, du Mans et d’Auxerre.

On pouvait dès lors prévoir que le Siège apostolique finirait par sanctionner une institution que la chrétienté aspirait à voir établie partout. Jean XXII, qui occupa la chaire de saint Pierre jusqu’en 1334, consomma l’œuvre par un décret dans lequel l’Église Romaine acceptait la fête de la Sainte-Trinité et l’étendait à toutes les Églises.

Si l’on cherche maintenant le motif qui a porté l’Église, dirigée en tout par l’Esprit-Saint, à assigner ainsi un jour spécial dans l’année pour rendre un hommage solennel à la divine Trinité, lorsque toutes nos adorations, toutes nos actions de grâces, tous nos vœux, en tout temps, montent vers elle, on le trouvera dans la modification qui s’introduisait alors sur le calendrier liturgique. Jusque vers l’an 1000, les fêtes des Saints universellement honorés y étaient très rares. Après cette époque, elles y apparaissent plus nombreuses, et il était à prévoir qu’elles s’y multiplieraient toujours davantage. Un temps devait venir où l’Office du Dimanche, qui est spécialement consacré à la sainte Trinité, céderait fréquemment la place à celui des Saints que ramène le cours de l’année. Il devenait donc nécessaire, pour légitimer en quelque sorte ce culte des serviteurs au jour consacré à la souveraine Majesté, qu’une fois du moins dans l’année, le Dimanche offrit l’expression pleine et directe de cette religion profonde que le culte tout entier de la sainte Église professe envers le souverain Seigneur, qui a daigné se révéler aux hommes dans son Unité ineffable et dans son éternelle Trinité.

L’essence de la foi chrétienne consiste dans la connaissance et l’adoration de Dieu unique en trois personnes. C’est de ce mystère que sortent tous les autres ; et si notre foi s’en nourrit ici-bas comme de son aliment suprême, en attendant que sa vision éternelle nous ravisse dans une félicité sans fin, c’est qu’il a plu au souverain Seigneur de s’affirmer tel qu’il est à notre humble intelligence, tout en demeurant dans sa « lumière inaccessible » [4]. La raison humaine peut arriver à connaître l’existence de Dieu comme créateur de tous les êtres, elle peut prendre une idée de ses perfections en contemplant ses œuvres ; mais la notion de l’être intime de Dieu ne pouvait arriver jusqu’à nous que parla révélation qu’il a daigné nous en faire.

Or, le Seigneur voulant nous manifester miséricordieusement son essence, afin de nous unir à lui plus étroitement et de nous préparer en quelque façon à la vue qu’il doit nous donner de lui-même lace à face dans l’éternité, nous a conduits successivement de clarté en clarté, jusqu’à ce que nous fussions suffisamment éclairés pour reconnaître et adorer l’Unité dans la Trinité et la Trinité dans l’Unité. Durant les siècles qui précèdent l’Incarnation du Verbe éternel, Dieu semble préoccupé surtout d’inculquer aux hommes l’idée de son unité ; car le polythéisme devient de plus en plus le mal du genre humain, et la notion même de la cause spirituelle et unique de toutes choses se fût éteinte sur la terre, si la bonté souveraine n’eût opéré constamment pour sa conservation.

Ce n’est pas cependant que les livres de l’ancienne alliance soient entièrement muets sur les trois divines personnes, dont les ineffables relations sont éternelles en Dieu ; mais ces textes mystérieux demeuraient inaccessibles au vulgaire, tandis que, dans l’Église chrétienne, l’enfant de sept ans répond à qui l’interroge qu’en Dieu trois personnes divines n’ont qu’une même nature el qu’une même divinité. Lorsque, dans la Genèse, Dieu dit au pluriel : « Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance » [5], l’Israélite s’incline et croit, mais sans comprendre ; éclairé par la révélation complète, le chrétien adore distinctement les trois personnes dont l’action s’est exercée dans la formation de l’homme, et, la lumière de la foi développant sa pensée, il arrive sans effort à retrouver en lui-même la ressemblance divine. Puissance, intelligence, volonté : ces trois facultés sont en lui, et il n’est qu’un seul être.
Salomon dans les Proverbes, le livre de la Sagesse, l’Ecclésiastique, parle avec magnificence de la Sagesse éternelle. Son unité avec l’essence divine et sa distinction personnelle éclatent en même temps dans un langage abondant et sublime ; mais qui percera le nuage ? Isaïe a entendu la voix des Séraphins retentir autour du trône de Dieu. Ils criaient alternativement dans une jubilation éternelle : « Saint, Saint, Saint est le Seigneur [6] ! » Qui expliquera aux hommes ce trois fois Saint dont la louange envoie ses échos jusqu’à notre terrestre région ? Dans les Psaumes, dans les écrits prophétiques, un éclair sillonne tout à coup le ciel ; une triple splendeur a ébloui le regard de l’homme ; mais l’obscurité devient bientôt plus profonde, et le sentiment de l’unité divine demeure seul distinct au fond de l’âme, avec celui de l’incompréhensibilité de l’être souverain.

Il fallait que la plénitude des temps fût accomplie ; alors Dieu enverrait en ce monde son Fils unique engendré de lui éternellement. Il a accompli ce dessein de sa divine munificence, « et le Verbe fait chair a habité parmi nous » [7]. En voyant sa gloire, qui est celle du Fils unique du Père [8], nous avons connu qu’en Dieu il y a Père et Fils. La mission du Fils sur la terre, en nous le révélant lui-même, nous apprenait que Dieu est Père éternellement ; car tout ce qui est en Dieu est éternel. Sans cette révélation miséricordieuse qui anticipe pour nous sur la lumière que nous attendons après cette vie, notre connaissance de Dieu serait demeurée par trop imparfaite. Il convenait qu’il y eût enfin relation entre la lumière de la foi et celle de la vision qui nous est réservée, et il ne suffisait plus à l’homme de savoir que Dieu est un.

Maintenant nous connaissons le Père, duquel, comme nous dit l’Apôtre, dérive toute paternité même sur la terre [9]. Pour nous, le Père n’est plus seulement un pouvoir créateur produisant les eues en dehors de lui ; notre œil respectueux, conduit par la foi, pénètre jusque dans le sein de la divine essence, et là nous contemplons le Père engendrant un Fils semblable à lui-même. Mais, pour nous l’apprendre, le Fils est descendu jusqu’à nous. Lui-même le dit expressément : « Nul ne connaît le Père, si ce n’est le Fils, et celui à qui il a plu au Fils de le révéler » [10]. Gloire soit donc au Fils qui a daigné nous manifester le Père, et gloire au Père que le Fils nous a révélé !

Ainsi la science intime de Dieu nous est venue par le Fils, que le Père, dans son amour, nous a donné [11] ; et afin d’élever nos pensées jusqu’à sa nature divine, ce Fils de Dieu, qui s’est revêtu de notre nature humaine dans son Incarnation, nous a enseigné que son Père et lui sont un [12], qu’ils sont une même essence dans la distinction des personnes. L’un engendre, l’autre est engendré ; l’un s’affirme puissance, l’autre sagesse, intelligence. La puissance ne peut être sans l’intelligence, ni l’intelligence sans la puissance, dans l’être souverainement parfait ; mais l’un et l’autre appellent un troisième terme.

Le Fils, qui a été envoyé par le Père, est monté dans les cieux avec sa nature humaine qu’il s’est unie pour l’éternité, et voici que le Père et le Fils envoient aux hommes l’Esprit qui procède de l’un et de l’autre. Par ce nouveau don, l’homme arrive à connaître que le Seigneur Dieu est en trois personnes. L’Esprit, lien éternel des deux premières, est la volonté, l’amour, dans la divine essence. En Dieu donc est la plénitude de l’être, sans commencement, sans succession, sans progrès, car rien ne lui manque. En ces trois termes éternels de sa substance incréée, il est l’acte pur et infini.

La sainte Liturgie, qui a pour objet la glorification de Dieu et la commémoration de ses œuvres, suit chaque année les phases sublimes de ces manifestations dans lesquelles le souverain Seigneur s’est déclaré tout entier à de simples mortels. Sous les sombres couleurs de l’Avent, nous avons traversé la période d’attente durant laquelle le radieux triangle laissait à peine pénétrer quelques rayons à travers le nuage. Le monde implorait un libérateur, un Messie ; et le propre Fils de Dieu devait être ce libérateur, ce Messie. Pour que nous eussions l’intelligence complète des oracles qui nous l’annonçaient, il était nécessaire qu’il fût venu. Un petit enfant nous est né [13], et nous avons eu la clef des prophéties. En adorant le Fils, nous avons adoré aussi le Père, qui nous l’envoyait dans la chair, et auquel il est consubstantiel. Ce Verbe de vie, que nous avons vu, que nous avons entendu, que nos mains ont touché [14] dans l’humanité qu’il avait daigné prendre, nous a convaincus qu’il est véritablement une personne, qu’il est distinct du Père, puisque l’un envoie et que l’autre est envoyé. Dans cette seconde personne divine, nous avons rencontré le médiateur qui a réuni la création à son auteur, le rédempteur de nos péchés, la lumière de nos âmes, l’Époux auquel elles aspirent.

La série des mystères qui lui sont propres étant consommée, nous avons célébré la venue de l’Esprit sanctificateur, annoncé comme devant venir perfectionner l’œuvre du Fils de Dieu. Nous l’avons adoré et reconnu distinct du Père et du Fils, qui nous l’envoyaient avec la mission de demeurer avec nous [15]. Il s’est manifesté dans des opérations toutes divines qui lui sont propres ; car elles sont l’objet de sa venue. Il est l’âme de la sainte Église, il la maintient dans la vérité que le Fils lui a enseignée. Il est le principe de la sanctification dans nos âmes, où il veut faire sa demeure. En un mot, le mystère de la sainte Trinité est devenu pour nous, non seulement un dogme intimé à notre pensée par la révélation, mais une vérité pratiquement connue de nous par la munificence inouïe des trois divines personnes, adoptés que nous sommes par le Père, frères et cohéritiers du Fils, mus et habités par l’Esprit-Saint.

Nous commencerons donc cette journée par rendre gloire au Dieu unique en trois personnes, en nous unissant à la sainte Église qui, à l’Office de Prime, récite aujourd’hui, et tous les Dimanches qui ne sont pas occupés par quelque fête [16], le magnifique Symbole connu sous le nom de Symbole de saint Athanase, dont il reproduit avec tant de majesté et de précision la doctrine résumée des enseignements divins.

Symbolum AthanasianumLE SYMBOLE DE SAINT ATHANASE.
Quicúmque vult salvus esse, * ante ómnia opus est, ut téneat cathólicam fidem :Quiconque veut être sauvé doit, avant tout, tenir la foi catholique :
Quam nisi quisque íntegram inviolatámque serváverit, * absque dúbio in ætérnum períbit.Et celui qui ne l’aura pas gardée entière et inviolable, périra certainement pour l’éternité.
Fides autem cathólica hæc est : * ut unum Deum in Trinitáte, et Trinitátem in unitáte venerémur.Or la foi catholique consiste à révérer un seul Dieu dans la Trinité, et la Trinité dans l’Unité,
Neque confundéntes persónas, * neque substántiam separántes.sans confondre les Personnes ni diviser la substance :
Alia est enim persóna Patris, ália Fílii, * ália Spíritus Sancti :Car autre est la personne du Père, autre celle du Fils, autre celle du Saint-Esprit.
Sed Patris, et Fílii, et Spíritus Sancti una est divínitas, * æquális glória, coætérna maiéstas.Mais la divinité du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, est une : la gloire égale, la majesté coéternelle.
Qualis Pater, talis Fílius, * talis Spíritus Sanctus.Tel qu’est le Père, tel est le Fils, tel est le Saint-Esprit.
Increátus Pater, increátus Fílius, * increátus Spíritus Sanctus.Le Père est incréé, le Fils incréé, le Saint-Esprit incréé.
Imménsus Pater, imménsus Fílius, * imménsus Spíritus Sanctus.Immense est le Père, immense le Fils, immense le Saint-Esprit ;
Ætérnus Pater, ætérnus Fílius, * ætérnus Spíritus Sanctus.Éternel le Père, éternel le Fils, éternel le Saint-Esprit.
Et tamen non tres ætérni, * sed unus ætérnus.Et néanmoins il n’y a pas trois éternels, mais un seul éternel ;
Sicut non tres increáti, nec tres imménsi, * sed unus increátus, et unus imménsus.Comme aussi ce ne sont pas trois incréés, ni trois immenses, mais un seul incréé, un seul immense.
Simíliter omnípotens Pater, omnípotens Fílius, * omnípotens Spíritus Sanctus.De même tout-puissant est le Père, tout-puissant le Fils, tout-puissant le Saint-Esprit ;
Et tamen non tres omnipoténtes, * sed unus omnípotens.Et néanmoins il n’y a pas trois tout-puissants, mais un seul tout-puissant.
Ita Deus Pater, Deus Fílius, * Deus Spíritus Sanctus.Ainsi le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu ;
Ut tamen non tres Dii, * sed unus est Deus.Et néanmoins il n’y a pas trois Dieux, mais un seul Dieu.
Ita Dóminus Pater, Dóminus Fílius, * Dóminus Spíritus Sanctus.Ainsi le Père est Seigneur, le Fils est Seigneur, le Saint-Esprit est Seigneur ;
Et tamen non tres Dómini, * sed unus est Dóminus.Et néanmoins il n’y a pas trois Seigneurs, mais un seul Seigneur.
Quia, sicut singillátim unamquámque persónam Deum ac Dóminum confitéri christiána veritáte compéllimur : * ita tres Deos aut Dóminos dícere cathólica religióne prohibémur.Car de même que la vérité chrétienne nous oblige de confesser que chacune des trois personnes prises à part est Dieu et Seigneur : de même la religion catholique nous défend de dire trois Dieux ou trois Seigneurs.
Pater a nullo est factus : * nec creátus, nec génitus.Le Père n’est ni fait, ni créé, ni engendré d’aucun autre.
Fílius a Patre solo est : * non factus, nec creátus, sed génitus.Le Fils est du Père seul : ni fait, ni créé, mais engendré.
Spíritus Sanctus a Patre et Fílio : * non factus, nec creátus, nec génitus, sed procédens.Le Saint-Esprit est du Père et du Fils : ni fait, ni créé, ni engendré, mais procédant.
Unus ergo Pater, non tres Patres : unus Fílius, non tres Fílii : * unus Spíritus Sanctus, non tres Spíritus Sancti.Il n’y a donc qu’un seul Père, et non trois Pères ; un seul Fils, et non trois Fils ; un seul Saint-Esprit, et non trois Saints-Esprits.
Et in hac Trinitáte nihil prius aut postérius, nihil maius aut minus : * sed totæ tres persónæ coætérnæ sibi sunt et coæquáles.Et dans cette Trinité il n’y a ni antérieur, ni postérieur, ni plus grand, ni moindre ; mais les trois personnes sont toutes coéternelles et égales entre elles ;
Ita ut per ómnia, sicut iam supra dictum est, * et únitas in Trinitáte, et Trínitas in unitáte veneránda sit.En sorte qu’en tout et partout, comme il a été dit ci-dessus, on doit révérer l’Unité en la Trinité, et la Trinité en l’Unité.
Qui vult ergo salvus esse, * ita de Trinitáte séntiat.Celui donc qui veut être sauvé doit penser ainsi de la Trinité.
Sed necessárium est ad ætérnam salútem, * ut Incarnatiónem quoque Dómini nostri Iesu Christi fidéliter credat.Mais il est nécessaire encore pour le salut éternel, qu’il croie fidèlement l’Incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ.
Est ergo fides recta ut credámus et confiteámur, * quia Dóminus noster Iesus Christus, Dei Fílius, Deus et homo est.Or la droiture de la foi consiste à croire et à confesser que notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, est Dieu et homme.
Deus est ex substántia Patris ante sǽcula génitus : * et homo est ex substántia matris in sæculo natus.Il est Dieu, étant engendré de la substance de son Père avant les siècles, et il est homme, étant né de la substance d’une mère dans le temps ;
Perféctus Deus, perféctus homo : * ex ánima rationáli et humána carne subsístens.Dieu parfait et homme parfait, subsistant dans une âme raisonnable et un corps d’homme,
Æquális Patri secúndum divinitátem : * minor Patre secúndum humanitátem.Égal au Père selon la divinité, moindre que le Père selon l’humanité.
Qui licet Deus sit et homo, * non duo tamen, sed unus est Christus.Bien qu’il soit Dieu et homme, il n’est néanmoins qu’un seul Christ, et non deux.
Unus autem non conversióne divinitátis in carnem, * sed assumptióne humanitátis in Deum.Il est un, non que la divinité ait été changée en l’humanité ; mais parce que Dieu a pris l’humanité et se l’est unie.
Unus omníno, non confusióne substántiæ, * sed unitáte persónæ.Il est un enfin, non par confusion de substance, mais par unité de personne.
Nam sicut ánima rationális et caro unus est homo : * ita Deus et homo unus est Christus.Car de même que l’âme raisonnable et la chair est un seul homme, ainsi Dieu et l’homme est un seul Christ :
Qui passus est pro salúte nostra : descéndit ad ínferos : * tértia die resurréxit a mórtuis.Qui a souffert pour notre salut, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts ;
Ascéndit ad cælos, sedet ad déxteram Dei Patris omnipoténtis : * inde ventúrus est iudicáre vivos et mórtuos.Qui est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu te Père tout-puissant, et de là viendra juger les vivants et les morts ;
Ad cuius advéntum omnes hómines resúrgere habent cum corpóribus suis ; * et redditúri sunt de factis própriis ratiónem.A l’avènement duquel tous les hommes ressusciteront avec leurs corps, et rendront compte de leurs actions personnelles :
Et qui bona egérunt, ibunt in vitam ætérnam : * qui vero mala, in ignem ætérnum.Et ceux qui auront fait le bien iront dans la vie éternelle ; et ceux qui auront fait le mal iront dans le feu éternel.
Hæc est fides cathólica, * quam nisi quisque fidéliter firmitérque credíderit, salvus esse non póterit.Telle est la foi catholique, et quiconque ne la gardera pas fidèlement et fermement ne pourra être sauvé.

A LA MESSE.

Bien que le Sacrifice de la Messe soit toujours célébré en l’honneur de la sainte Trinité, l’Église aujourd’hui, dans ses chants, ses prières et ses lectures, glorifie d’une manière plus expresse le grand mystère qui est le fondement de la croyance chrétienne. On fait mémoire cependant du premier Dimanche après la Pentecôte, afin de ne pas interrompre l’ordre de la Liturgie. L’Église emploie dans cette solennité la couleur blanche, en signe d’allégresse, et pour exprimer la simplicité et la pureté de l’essence divine.

L’Introït n’est pas tiré des saintes Écritures. C’est une formule de glorification propre à ce jour, et la sainte Trinité y est représentée comme la source divine des miséricordes qui ont été répandues sur les hommes.

Dans la Collecte, la sainte Église demande pour nous la fermeté dans la foi qui nous fait confesser en Dieu l’Unité et la Trinité. C’est la première condition du salut, le premier lien avec Dieu. Avec cette foi nous vaincrons nos ennemis et nous triompherons de tous les obstacles.

ÉPÎTRE.

Nous ne pouvons arrêter notre pensée sur les conseils divins, sans éprouver une sorte de vertige. L’éternel et l’infini éblouissent notre faible raison, et cette raison en même temps les reconnaît et les confesse. Or, si les desseins de Dieu sur les créatures nous dépassent déjà, comment la nature intime de ce souverain être nous serait-elle connue ? Cependant nous distinguons et nous glorifions dans cette essence incréée le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

C’est que le Père s’est révélé lui-même en nous envoyant son Fils, objet de son éternelle complaisance ; c’est que le Fils nous a manifesté sa personnalité en prenant notre chair, que le Père et le Saint-Esprit n’ont pas prise avec lui ; c’est que le Saint-Esprit, envoyé par le Père et le Fils, est venu remplir en nous la mission qu’il a reçue d’eux. Notre œil mortel plonge respectueusement dans ces profondeurs sacrées, et notre cœur s’attendrit en songeant que si nous connaissons Dieu, c’est par ses bienfaits qu’il a formé en nous la notion de ce qu’il est. Gardons cette foi avec amour, et attendons dans la confiance le moment où elle s’évanouira pour faire place à la vision éternelle de ce que nous aurons cru ici-bas.

Le Graduel et le Verset alléluiatique respirent l’allégresse et l’admiration, en présence de cette haute majesté qui a daigné faire descendre ses rayons jusqu’au sein de nos ténèbres.

ÉVANGILE.

Le mystère de la sainte Trinité manifesté par la mission du Fils de Dieu en ce monde et par la promesse de l’envoi prochain du Saint-Esprit, est intimé aux hommes dans ces solennelles paroles que Jésus prononce avant de monter au ciel. Il a dit : « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé » [17] ; mais il ajoute que le baptême sera donné au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Il faut désormais que l’homme confesse non plus seulement l’unité de Dieu, en abjurant le polythéisme, mais qu’il adore la Trinité des personnes dans l’unité d’essence. Le grand secret du ciel est une vérité divulguée maintenant par toute la terre.

Mais si nous confessons humblement Dieu connu tel qu’il est en lui-même, nous avons aussi à rendre l’hommage d’une éternelle reconnaissance à la glorieuse Trinité. Non seulement elle a daigné imprimer ses traits divins sur notre âme, en la faisant à sa ressemblance ; mais, dans l’ordre surnaturel, elle s’est emparée de notre être et l’a élevé à une grandeur incommensurable. Le Père nous a adoptés en son Fils incarné ; le Verbe illumine notre intelligence de sa lumière ; le Saint-Esprit nous a élus pour son habitation : c’est ce que marque la forme du saint baptême. Par ces paroles prononcées sur nous avec l’infusion de l’eau, la Trinité toute entière a pris possession de sa créature. Nous rappelons cette sublime merveille chaque fois que nous invoquons les trois divines personnes en imprimant sur nous le signe de la croix. Lorsque notre dépouille mortelle sera apportée dans la maison de Dieu pour y recevoir les dernières bénédictions et les adieux de l’Église de la terre, le prêtre suppliera le Seigneur de ne pas entrer en jugement avec son serviteur ; et afin d’attirer sur ce chrétien déjà entré dans son éternité les regards de la miséricorde divine, il représentera au souverain Juge que ce membre de la race humaine « fut marqué durant sa vie du sceau de la sainte Trinité ». Vénérons en nous cette auguste empreinte ; elle sera éternelle. La réprobation même ne l’effacerait pas. Qu’elle soit donc notre espoir, notre plus beau titre, et vivons à la gloire du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

Dans l’Offertoire, l’Église prélude au Sacrifice qui se prépare, en invoquant sur l’oblation le nom des trois personnes, et en proclamant toujours la divine miséricorde.

La sainte Église demande, dans la Secrète, que l’hommage de nous-mêmes que nous offrons en ce Sacrifice à la divine Trinité ne lui soit pas présenté seulement aujourd’hui, mais qu’il devienne éternel par notre admission au ciel, où nous contemplerons sans voiles le glorieux mystère de Dieu unique en trois personnes.

Dans l’Antienne de la Communion, l’Église continue d’exalter la miséricorde du grand Dieu qui a fait servir ses propres bienfaits à nous éclairer et à nous instruire sur son essence incompréhensible.

Deux choses nous sont nécessaires pour arriver à Dieu : la lumière de la foi qui le fait connaître à notre intelligence, et l’aliment divin qui nous unit à lui. La sainte Église, dans la Postcommunion, demande que l’un et l’autre nous conduisent à cette heureuse fin de notre création.

Le dernier Évangile est celui du premier Dimanche après la Pentecôte, que le prêtre lit en place de celui de saint Jean [18].

Il convient que l’Orient fasse lui-même entendre sa voix à l’honneur de la Trinité sainte. L’évêque saint Siméon, mis à mort dans la grande persécution de Sapor II, en 340, entonnera pour l’Église syrienne ce chant sacré dont il est l’auteur : vénérable écho de la foi des martyrs, le plus ancien monument de l’hymnographie orthodoxe en ces contrées où fut le berceau du monde. Une main fraternelle a bien voulu extraire pour nous cette perle, offerte à la Trinité souveraine comme prémices de doctes travaux.

HYMNE A LA TRINITÉ.

Louange à vous, Seigneur, qui nous avez crées dans votre liberté au commencement.
Louange à vous, Seigneur, qui nous avez appelés votre ressemblante et vivante image.
Louange à vous, Seigneur, qui nous avez ennoblis par le don de la liberté et de la raison.
Louange à vous, Père plein de justice, qui avez voulu nous posséder dans votre amour.
Louange à vous, Fils très saint, qui avez pris notre corps pour nous sauver.
Louange à vous, Esprit de vie, qui nous avez enrichis de vos dons.
Louange à vous, Seigneur, qui nous avez rassemblés et ramenés des erreurs de l’idolâtrie.
Louange à vous, Seigneur, qui nous avez conduits à la science de votre Divinité.
Louange à vous, Seigneur, qui avez fait de nous des instruments raisonnables pour votre service.
Louange à vous, Seigneur, qui nous avez conviés à la splendide demeure du ciel.
Louange à vous, Seigneur, qui nous avez instruits des célestes hiérarchies.
Louange à vous, Seigneur, qui nous avez jugés dignes de vous louer avec les Anges.
Que toute bouche vous célèbre, Père, Fils, et Saint-Esprit.
Que des hauteurs et des bas lieux louange soit à la Trinité.
Que dans le siècle présent et futur soit à vous la louange et des esprits et des créatures revêtues d’un corps :
Du temps jusqu’à l’éternité, dans les siècles des siècles. Amen.

Ajoutons cette Hymne du Bréviaire maronite.

HYMNUS AD HORAM TERTIAM.

Gloire à vous, ô Père, Dieu caché, impénétrable. A vous aussi est due la louange, Fils unique, incompréhensible. A vous nos chants, Esprit-Saint, inexprimable, complément de la Trinité indivise et qu’on ne peut sonder.

Le Père engendre, le Fils est engendré de son sein, et l’Esprit procède du Père et du Fils. Le Père est créateur, il a tiré le monde du néant ; le Fils est créateur, avec le Père il a fait tout ce qui est ;

L’Esprit-Saint Paraclet, sceau de toutes choses, parfait tout ce qui est, a été, ou sera. Le Père est l’intelligence, le Fils la parole, l’Esprit la voix : trois noms de trois personnes, qui n’ont toutefois qu’une seule volonté, une seule puissance.

Telle est la foi de la sainte Église, qu’elle a apprise par l’écho des mystères célébrés dans les cieux : Saint, Saint, que trois fois soit dit Saint le Dieu un, célébré par les habitants du ciel et de la terre.

Le moyen âge nous a laissé plusieurs Séquences pour la fête de la Sainte-Trinité. Elles sont très surchargées de termes métaphysiques, et généralement peu mélodieuses et peu poétiques. On y parle le langage de l’École avec une rudesse qui risquerait de n’être pas goûtée des lecteurs d’aujourd’hui. Nous nous bornerons donc à en insérer une seule, celle d’Adam de Saint-Victor, qui, dans sa forme scolastique, conserve encore cette majesté et cette mélodie qui sont le caractère des compositions du grand poète.

SÉQUENCE.
Profitentes Unitatem,
Veneremur Trinitatem
Pari reverentia,
Tres personas asserentes
Personali differentes
A se differentia.
Confessons l’Unité divine,
vénérons la Trinité
d’un culte pareil :
reconnaissant trois personnes
que distingue
une personnelle différence.
Hæc dicuntur relative,
Quum sint unum substantive,
Non tria principia.
Sive dicas tres vel tria,
Simplex tamen est usia,
Non triplex essentia.
Elles reçoivent leur nom de leur relation,
étant un substantivement,
et non trois principes.
En employant pour elles le nombre de trois,
tu dois reconnaître que leur nature est simple,
que leur essence n’est pas triple.
Simplex esse, simplex posse,
Simplex velle, simplex nosse,
Cuncta sunt simplicia.
Non unius quam duarum
Sive trium personarum
Minor efficacia.
Être simple, pouvoir simple,
vouloir simple, savoir simple,
tout y est simple ;
la puissance d’une des personnes
n’est pas moindre que ne l’est
celle de deux, ni celle de trois.
Pater, Proles, sacrum Flamen,
Deus unus : sed hi tamen
Habent quædam propria.
Una virtus, unum numen,
Unus splendor, unum lumen,
Hoc una quod alia.
Le Père, le Fils, l’Esprit-Saint,
un seul Dieu ; mais chacun
possède ce qui lui est propre.
Une seule vertu, une seule divinité,
une seule splendeur, une seule lumière ;
ce que l’un possède, l’autre le possède aussi.
Patri Proles est æqualis,
Nec hoc tollit personalis
Amborum distinctio.
Patri compar Filioque,
Spiritalis ab utroque
Procedit connexio.
Le Fils est égal au Père,
et la distinction personnelle des deux
n’enlève pas cette égalité.
Égal au Père et au Fils,
l’Esprit est le lien
qui procède de l’un et de l’autre.
Non humana ratione
Capi possunt hæ personæ,
Nec harum discretio.
Non hic ordo temporalis,
Non hic situs, aut localis
Rerum circumscriptio.
L’humaine raison ne saurait
comprendre ces trois personnes,
ni la dissemblance qui les constitue.
Là il n’y a ni succession de temps,
ni lieu pour circonscrire la chose.
Nil in Deo præter Deum,
Nulla causa prætereum
Qui creat causalia.
Effectiva vel formalis
Causa Deus,et finalis,
Sed numquam materia.
En Dieu, rien que Dieu ;
en lui, nulle cause que
celle qui produit les êtres.
Dieu est cause effective et formelle,
cause finale,
mais jamais matière.
Digne loqui de personis
Vim transcendit rationis,
Excedit ingenia.
Quidsit gigni, quid processus,
Me nescire sum professus :
Sed fide non dubia.
Parler dignement des divines personnes
est au-dessus des forces de la raison,
et dépasse le génie.
Génération et procession dans la divine essence,
je confesse que ma raison ne le saisit pas,
mais ma foi le croit sans aucun doute.
Qui sic credit, non festinet,
Et a via non declinet
Insolenter regia.
Servet fidem, formet mores,
Nec attendat ad errores
Quos damnat Ecclesia.
Que celui qui croit ne soit pas impatient,
qu’il n’ait pas l’imprudence
de s’écarter de la voie royale.
Qu’il garde la foi, qu’il règle sa vie,
et n’ait aucun penchant
vers les erreurs que l’Église condamne.
Nos in fide gloriemur,
Nos in una modulemur
Fidei constantia :
Trinæ sit laus Unitati,
Sit et simplæ Trinitati
Coæterna gloria !
Amen.
Glorifions-nous dans notre foi,
que notre constance dans cette foi unique
inspire nos chants mélodieux :
à l’Unité en trois personnes soit l’éternel honneur !
A la Trinité dans l’essence simple,
gloire coéternelle !
Amen.

Unité indivisible, Trinité distincte en une seule nature, Dieu souverain qui vous êtes révélé aux hommes, daignez souffrir que nous osions répandre en votre présence nos adorations, et épancher l’action de grâces qui déborde de nos cœurs, lorsque nous nous sentons inondés de vos ineffables clartés. Unité divine, Trinité divine, nous ne vous avons pas contemplée encore, mais nous savons que vous êtes ; car vous avez daigné vous manifester à nous. Cette terre que nous habitons entend chaque jour proclamer distinctement l’auguste mystère dont la vue est le principe de la félicité des êtres glorifiés dans votre sein. La race humaine a dû attendre de longs siècles avant que la divine formule lui fût pleinement révélée ; mais la génération à laquelle nous appartenons est en possession, confesse avec transport Unité et Trinité dans votre essence infinie. Autrefois la parole de l’écrivain sacré, pareille à l’éclair qui sillonne la nue et laisse après lui l’obscurité plus profonde, traversait l’horizon de la pensée. Il disait : « J’ignore la vraie Sagesse, je n’ai pas la science de ce qui est saint. Quel homme est monté aux cieux et en est redescendu ? Quel est celui qui tient dans ses mains la tempête ? Qui retient les eaux comme dans une enveloppe ? Qui a fixé les confins de la terre ? Sais-tu quel est son nom ? Connais- tu le nom de son fils [19] ? »

Seigneur Dieu, grâce à votre infinie miséricorde, nous connaissons aujourd’hui votre nom : vous vous appelez le Père, et celui que vous engendrez éternellement s’appelle le Verbe, la Sagesse. Nous savons aussi que du Père et du Fils procède l’Esprit d’amour. Le Fils, revêtu de notre chair, a habité cette terre et il a vécu au milieu des hommes ; l’Esprit ensuite est descendu, et il reste avec nous jusqu’à la consommation des destinées de la famille humaine ici-bas. Voilà pourquoi nous osons confesser l’Unité et la Trinité ; car, ayant entendu le divin témoignage, nous avons cru ; et « parce que nous avons cru, nous parlons en toute assurance » [20]. Recevez donc notre confession en ce jour, Seigneur, comme vous reçûtes celle de votre insigne martyre qui, atteinte à la gorge de trois coups du glaive, baignée dans les flots de son sang généreux, vous envoyait son âme, en marquant, par le geste sublime de ses doigts, qu’elle confessait, dans Rome encore païenne, l’Unité de votre nature et la Trinité de vos personnes.

Vos Séraphins, ô Dieu, ont été entendus par le prophète. Ils chantaient : « Saint, Saint, Saint est le Seigneur des armées [21] ! » Nous ne sommes que des hommes mortels ; mais, plus heureux qu’Isaïe sans être prophètes comme lui, nous pouvons articuler la parole angélique, et dire : « Saint est le Père, Saint est le Fils, Saint est l’Esprit ». Ils soutenaient leur vol par deux de leurs ailes ; de deux autres ils voilaient respectueusement leur face, et les deux dernières couvraient leurs pieds. Nous aussi, fortifiés par l’Esprit divin qui nous a été donné, nous essayons de soulever sur les ailes du désir le poids de notre mortalité ; nous couvrons par le repentir la responsabilité de nos fautes, et voilant sous le nuage de la foi l’œil débile de notre intelligence, nous recevons au dedans la lumière qui nous est infuse. Dociles à la parole révélée, nous nous conformons à ce qu’elle enseigne ; elle nous apporte la notion, non seulement distincte, mais lumineuse du mystère qui est la source et le centre de tous les autres. Les Anges et les Saints contemplent au ciel, avec cette ineffable timidité que le prophète a rendue en nous montrant leur regard tempéré sous leurs ailes. Nous, nous ne voyons pas encore, nous ne pourrions voir, mais nous savons, et cette science éclaire nos pas, et nous fixe dans la vérité. Nous nous gardons de « scruter la majesté », de peur « d’être écrasés sous la gloire » [22] ; mais repassant humblement ce que le ciel a daigné nous révéler de ses secrets, nous osons dire :

Gloire soit à vous, Essence unique, acte pur, être nécessaire, infini, sans division, indépendant, complet de toute éternité, tranquille, et souverainement heureux. En vous nous reconnaissons, avec l’inviolable Unité, fondement de toutes vos grandeurs, trois personnes distinctement subsistantes ; mais dans leur production et leur distinction, la même nature leur est commune, en sorte que la subsistance personnelle qui les constitue chacune et les distingue l’une de l’autre, n’amène entre elles aucune inégalité. O béatitude infinie dans cette société des trois personnes contemplant en elles-mêmes les ineffables perfections de l’essence qui les réunit, et la propriété de chacune des trois qui anime divinement cette nature que rien ne saurait ni borner ni troubler ! O merveille de cette essence infinie, lorsqu’elle daigne agir en dehors d’elle-même, créant des êtres dans sa puissance et sa bonté, les trois personnes opérant de concert, en sorte que celle qui intervient par un mode qui lui est propre, le fait en vertu d’une volonté commune ! Qu’un amour spécial soit donc rendu à la divine personne qui, dans l’action commune aux trois, daigne se révéler plus spécialement aux créatures ; et en même temps, grâces soient rendues aux deux autres qui s’unissent dans une même volonté à celle qui daigne se manifester en notre faveur !

Gloire soit à vous, ô Père, Ancien des jours [23], innascible, sans principe, mais communiquant essentiellement et nécessairement au Fils et au Saint-Esprit la divinité qui réside en vous ! Vous êtes Dieu et vous êtes Père. Celui qui vous connaît comme Dieu et qui vous ignore comme Père, ne vous connaît pas tel que vous êtes. Vous produisez, vous engendrez, mais c’est dans votre propre sein que vous êtes générateur ; car rien de ce qui est hors de vous n’est Dieu. Vous êtes l’être, la puissance ; mais vous n’avez jamais été sans un Fils. Vous vous dites à vous-même tout ce que vous êtes, vous vous traduisez, et le fruit de la fécondité de votre pensée, égal à vous-même, est une seconde personne qui sort de vous ; c’est votre Fils, votre Verbe, votre parole incréée. Une fois vous avez parlé, et votre parole est éternelle comme vous, comme votre pensée dont elle est l’expression infinie. Ainsi le soleil qui brille à nos yeux n’a jamais été sans sa splendeur. Cette splendeur est par lui, elle est avec lui ; elle émane de lui sans le diminuer, pas plus qu’elle ne s’isole de lui. Pardonnez, ô Père, à notre faible intelligence d’emprunter une comparaison aux êtres que vous avez créés. Et si nous nous étudions nous-mêmes que vous avez créés à votre image, ne sentons-nous pas que notre pensée elle-même, pour être distincte dans notre esprit, a besoin du terme qui la fixe et la détermine ?

O Père, nous vous avons connu par ce Fils que vous engendrez éternellement, et qui a daigné se révéler à nous. Il nous a appris que vous êtes Père et qu’il est Fils, et qu’en même temps vous êtes avec lui une même chose [24]. Si un Apôtre s’écrie : « Seigneur, montrez-nous le Père », il répond : « Qui me voit, voit mon Père » [25]. O Unité de la nature divine, où le Fils, distinct du Père, n’est pas moins que le Père ! O complaisance du Père dans le Fils, par lequel il a conscience de lui-même ; complaisance d’amour intime qu’il proclame à nos oreilles mortelles sur les bords du Jourdain et sur le sommet du Thabor [26] !

O Père, nous vous adorons, mais aussi nous vous aimons : car un Père doit être aimé de ses fils, et nous sommes vos fils. Un Apôtre ne nous enseigne-t-il pas que toute paternité procède de vous, non seulement au ciel, mais sur la terre [27] ? Nul n’est père, nul n’a l’autorité paternelle dans la famille, dans l’État, dans l’Église, que par vous, en vous, et par imitation de vous. Bien plus, vous avez voulu « que nous fussions non seulement appelés vos fils, mais que cette qualité fût réelle en nous » [28] ; non par génération comme il en est de votre unique Verbe, mais par une adoption qui nous rend ses « cohéritiers » [29]. Votre Fils divin dit en parlant de vous : « J’honore mon Père » [30] ; nous vous honorons aussi, Père souverain, Père de majesté immense, et du fond de notre néant, en attendant l’éternité, nous vous glorifions en union avec les saints Anges et les Bienheureux de notre race. Que votre œil paternel nous protège, qu’il daigne se complaire aussi dans ces fils que vous avez prévus, que vous avez élus, que vous avez appelés à la foi, et qui osent, avec l’Apôtre, vous nommer « le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation » [31].

Gloire soit à vous, ô Fils, ô Verbe, ô Sagesse du Père ! Émané de son essence divine, le Père vous a donne naissance « avant l’aurore » [32] ; il vous a dit : « Je t’ai engendré aujourd’hui » [33], et cet aujourd’hui qui n’a ni veille ni lendemain, est l’éternité. Vous êtes Fils et Fils unique, et ce nom exprime une même nature avec celui qui vous produit ; il exclut la création, et vous montre consubstantiel au Père, dont vous sortez avec une parfaite similitude. Et vous sortez du Père, sans sortir de l’essence divine, étant coéternel à votre principe ; car en Dieu, rien de nouveau, rien de temporel. En vous, la filiation n’est point une dépendance ; car le Père ne peut être sans le Fils, pas plus que le Fils sans le Père. S’il est noble au Père de produire le Fils, il n’est pas moins noble au Fils d’épuiser et de terminer en lui-même par sa filiation la puissance génératrice du Père.

O Fils de Dieu, vous êtes le Verbe du Père. Parole incréée, vous lui êtes aussi intime que sa pensée, et sa pensée est son être. En vous cet être se traduit tout entier dans son infinité, en vous il se connaît. Vous êtes le fruit immatériel produit par l’intellect divin du Père, l’expression de tout ce qu’il est, soit qu’il vous garde mystérieusement « dans son sein » [34], soit qu’il vous produise au dehors. Quels termes emploierons-nous pour vous définir dans votre magnificence, ô Fils de Dieu ! L’Esprit-Saint daigne nous aider dans les livres qu’il a dictés ; nous oserons donc dire dans le langage qu’il nous suggère : « Vous êtes l’éclat de la gloire du Père, la forme de sa substance [35]. Vous êtes la splendeur de la lumière éternelle, le miroir sans imperfection de la majesté de Dieu, la réfraction de son éternelle bonté » [36].

Avec la sainte Église réunie à Nicée, nous osons vous dire encore : « Vous êtes Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu. » Avec les Pères et les Docteurs nous ajoutons : « Vous êtes le flambeau éternellement allumé au flambeau éternel. Votre lumière ne diminue en rien celle qui se communique à vous, et en vous elle n’a rien d’inférieur à celle qui l’a produite. »

Mais lorsque cette ineffable fécondité qui donne un Fils éternel au Père, au Père et au Fils un troisième terme, a voulu se manifester au dehors de la divine essence, et ne pouvant plus rien produire qui fût égal à celle-ci, a daigné appeler du néant la nature intellectuelle et raisonnable, comme la plus approchante de son principe, et la nature matérielle comme la moins éloignée du néant, la production intime de votre personne dans le sein du Père, ô Fils unique de Dieu, s’est révélée au monde dans l’acte créateur. Le Père a fait toutes choses, mais « c’est dans sa Sagesse », c’est-à-dire par vous, « qu’il les a faites » [37]. Cette mission d’opérer que vous avez reçue du Père, dérive de la génération éternelle par laquelle il vous produit de lui-même. Vous vous êtes élancé de votre repos mystérieux, et les créatures visibles et invisibles sont sorties du néant à votre commandement. Agissant dans un intime concert avec le Père, vous avez répandu sur les mondes, en les créant, quelque chose de cette beauté et de cette harmonie dont vous êtes le reflet dans l’essence divine. Mais votre mission n’était pas épuisée par la création. L’ange et l’homme, êtres intelligents et libres, étaient appelés à voir et à posséder Dieu éternellement. Pour eux, l’ordre naturel ne suffisait plus ; il fallait qu’une voie surnaturelle leur fût ouverte pour les conduire à leur fin. Cette voie, c’était vous-même, ô Fils unique de Dieu. En prenant en vous la nature humaine, vous vous unissiez à votre ouvrage, vous releviez jusqu’à Dieu l’ange et l’homme, et dans votre nature finie vous apparaissiez comme le type suprême de la création que le Père avait accomplie par vous. O mystère ineffable ! Vous êtes le Verbe incréé, et en même temps « le premier-né de toute créature » [38], devant être manifesté en son temps, mais ayant précédé dans l’intention divine tous les êtres qui ont été créés pour cire ses sujets.

La race humaine appelée à vous posséder en son sein comme le divin intermédiaire rompit avec Dieu : le péché la précipita dans la mort. Qui pouvait désormais la relever, la rendre à sa sublime destinée ? Vous seul encore, ô Fils unique du Père ! Nous n’eussions jamais osé l’espérer ; mais « le Père a tant aimé le monde qu’il a donné « son Fils unique » [39], non plus seulement comme médiateur, mais comme rédempteur de nous tous. O notre premier-né, vous lui demandiez « qu’il vous restituât votre héritage » [40], et cet héritage, vous avez dû le racheter. Le Père alors vous confia la mission de Sauveur pour notre race perdue. Votre sang sur la croix fut notre rançon, et nous sommes renés à Dieu et à nos premiers honneurs ; c’est pourquoi nous nous faisons gloire, nous vos rachetés, ô Fils de Dieu, de vous appeler Notre Seigneur.

Délivrés de la mort, purifiés du péché, vous avez daigné nous rendre toutes nos grandeurs. Car vous êtes désormais le Chef, et nous sommes vos membres. Vous êtes le Roi, et nous sommes vos heureux sujets. Vous êtes le PASTEUR, et nous sommes les brebis de votre unique bercail. Vous êtes l’Époux, et l’Église notre mère est votre épouse. Vous êtes le Pain vivant descendu du ciel, et nous sommes vos conviés. O Fils de Dieu, ô Emmanuel, ô fils de l’homme, béni soit le Père qui vous a envoyé ; mais soyez béni avec lui, vous qui avez rempli sa mission, et qui avez daigné nous dire que « vos délices sont d’être avec les enfants des hommes [41] ! »

Gloire soit à vous, ô Esprit-Saint, qui émanez à jamais du Père et du Fils dans l’unité de la substance divine ! L’acte éternel par lequel le Père se connaît lui-même produit le Fils qui est l’image infinie du Père, et le Père est épris d’amour pour cette splendeur sortie de lui avant tous les siècles. Le Fils, contemplant le principe dont il émane éternellement, conçoit pour ce principe un amour égal à celui dont il est l’objet. Quel langage pourrait décrire cette ardeur, cette aspiration mutuelle, qui est l’attraction et le mouvement d’une personne vers l’autre, dans l’immobilité éternelle de l’essence ! Vous êtes cet amour, ô Esprit divin, sortant du Père et du Fils comme d’un même principe, distinct de l’un et de l’autre, mais formant le lien qui les unit dans les ineffables délices de la divinité : Amour vivant, personnel, procédant du Père par le Fils, dernier terme qui complète la nature divine et consomme éternellement la Trinité. Au sein impénétrable du grand Dieu, la personnalité vous vient à la fois du Père dont vous êtes l’expression par un nouveau mode de production [42], et du Fils qui, recevant du Père, vous donne de lui-même [43] ; car l’amour infini qui les unit étroitement est des deux et non d’un seul. Jamais le Père ne fut sans le Fils, jamais le Fils ne fut sans le Père ; mais jamais aussi le Père et le Fils n’ont été sans vous, ô Esprit-Saint ! Éternellement ils se sont aimés, et vous êtes l’amour infini qui règne en eux, et auquel ils communiquent leur divinité. Votre procession de l’un et de l’autre épuise la vertu productive de l’essence incréée, et ainsi les divines personnes réalisent le nombre trois ; en dehors d’elles, il n’y a que le créé.

Il fallait qu’en la divine essence fût, non pas seulement la puissance et l’intelligence, mais aussi le vouloir duquel procède l’action. Le vouloir et l’amour sont une seule et même chose, et vous êtes, ô divin Esprit, ce vouloir et cet amour. Quand la glorieuse Trinité opère en dehors d’elle-même, l’acte conçu par le Père, exprimé par le Fils, s’accomplit par vous. Par vous aussi, l’amour que le Père et le Fils ont l’un pour l’autre, et qui se personnalise en vous, s’étend aux êtres qui seront créés. Par son Verbe, le Père les connaît ; par vous, ô Esprit amour, il les aime, en sorte que toute création procède de la bonté divine.

Émanant du Père et du Fils, sans perdre l’égalité que vous avez éternellement avec eux, vous êtes envoyé par l’un et l’autre vers la créature. Le Fils, envoyé par le Père, revêt pour l’éternité la nature humaine, et sa personne, par les opérations qui lui sont propres, nous apparaît distincte de celle du Père. De même, ô Esprit-Saint, nous vous reconnaissons distinct du Père et du Fils, lorsque vous descendez pour remplir sur nous la mission qui vous a été départie par l’un et l’autre. Vous inspirez les prophètes [44], vous intervenez en Marie dans la divine Incarnation [45], vous vous reposez sur la fleur de Jessé [46], vous conduisez Jésus au désert [47], vous le glorifiez par les miracles [48]. Son Épouse, la sainte Église, vous reçoit, elle, et vous lui enseignez toute vérité [49], et vous demeurez en elle, comme son ami, jusqu’au dernier jour du monde [50]. Nos âmes sont marquées de votre sceau [51], vous les animez de la vie surnaturelle [52] ; vous habitez jusqu’à nos corps, qui deviennent votre temple [53] ; enfin vous êtes pour nous le don de Dieu [54], la fontaine jaillissante jusque dans la vie éternelle [55]. Grâces distinctes vous soient donc rendues, ô Esprit divin, pour les opérations distinctes que vous accomplissez en notre faveur !

Et maintenant, après avoir adoré tour à tour les divines personnes, en parcourant leurs bienfaits sur le monde, nous osons encore élever notre œil mortel vers cette triple Majesté qui resplendit dans l’unité de votre essence, ô souverain Seigneur, et nous confessons encore une fois, avec saint Augustin, ce que nous avons appris de vous-même sur vous-même. « Trois est leur nombre : un aimant celui qui est de lui, un aimant celui de qui il est, et enfin l’amour lui-même » [56]. Mais il nous reste à remplir un devoir de reconnaissance, en célébrant l’ineffable conduite par laquelle vous avez daigné empreindre en nous l’image de vous-même. Ayant résolu éternellement de nous donner société avec vous [57], vous nous avez préparés selon un type emprunté à votre être divin [58]. Trois facultés dans notre âme unique rendent témoignage de notre origine qui est de vous ; mais ce faible miroir de votre être, qui est la gloire de notre nature, n’était qu’un prélude aux desseins de votre amour. Après nous avoir donné l’être naturel, vous aviez résolu dans votre conseil, ô Trinité divine, de nous communiquer encore l’être surnaturel. Dans la plénitude des temps, Le Père nous envoie son Fils, et ce Verbe Incréé apporte la lumière à notre intelligence ; le Père et le Fils nous envoient l’Esprit, et l’Esprit apporte l’amour à notre volonté ; et le Père qui ne peut être envoyé vient de lui-même, et il se donne à notre âme dont il transforme la puissance. C’est dans le saint Baptême, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, que s’accomplit dans le chrétien cette production des trois divines personnes, en correspondance ineffable avec les facultés départies à notre âme, comme l’esquisse du chef-d’œuvre que l’action surnaturelle de Dieu peut seule achever.

O union par laquelle Dieu est en l’homme et l’homme est en Dieu ! Union par laquelle nous arrivons à l’adoption du Père, à la fraternité avec le Fils, à l’hérédité éternelle ! Mais cette habitation de Dieu dans la créature, c’est l’amour éternel qui l’a gratuitement formée, et elle se maintient aussi longtemps que l’amour de réciprocité ne fait pas défaut dans l’homme. Le péché mortel aurait la force de la briser ; la présence des divines personnes qui avaient établi leur séjour dans l’âme [59] et qui demeuraient unies à elle, cesserait au même instant où la grâce sanctifiante s’éteindrait. Dieu alors ne serait plus dans l’âme que par son immensité, et l’âme ne le posséderait plus. Alors Satan rétablirait en elle le règne de son odieuse trinité : « la concupiscence de la chair, la concupiscence des yeux, et l’orgueil de la vie » [60]. Malheur à quiconque oserait défier Dieu par une si sanglante rupture, substituer ainsi le mal au souverain bien ! C’est la jalousie du Seigneur méprisé, expulsé, qui a creusé les gouffres de l’enfer et allumé les flammes éternelles.

Mais cette rupture est-elle donc sans réconciliation possible ? Oui, s’il s’agit de l’homme pécheur, incapable de renouer avec l’adorable Trinité les relations qu’une avance gratuite avait préparées et qu’une bonté incompréhensible avait consommées. Mais la miséricorde de Dieu, qui est, comme l’enseigne l’Église dans la sainte Liturgie [61], l’attribut suprême de sa puissance, peut opérer un tel prodige, et elle l’opère chaque fois qu’un pécheur est converti. A ce mouvement de l’auguste Trinité qui daigne ainsi descendre de nouveau dans le cœur de l’homme repentant, une joie immense, nous dit l’Évangile, s’empare des Anges et des Saints jusque dans les hauteurs du ciel [62] ; car le Père, le Fils et le Saint-Esprit ont signalé leur amour et cherché leur gloire en rendant juste celui qui avait été pécheur, en venant habiter en cette brebis naguère égarée, en ce prodigue employé la veille à la garde des animaux immondes, en ce larron qui tout à l’heure, sur la croix, insultait encore avec son compagnon l’innocent crucifié.

Soient donc adoration et amour à vous, Père, Fils et Saint-Esprit, Trinité parfaite qui avez daigné vous révéler aux mortels, Unité éternelle et incommensurable qui avez délivré nos pères du joug des faux dieux. Gloire à vous comme il était au commencement, avant tous les êtres créés ; comme il est maintenant, à cette heure où nous attendons la vraie vie qui consiste à vous contempler face à face ; comme il sera dans les siècles des siècles, lorsque l’éternité bienheureuse nous aura réunis dans votre sein infini. Amen.

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Autrefois, selon le rit romain, ce dimanche qui suivait la veillée nocturne à Saint-Pierre, était consacré au repos [63] : Dominica vacat. Mais vers le VIIIᵉ siècle, les calendriers romains commencent à noter une octave de la Pentecôte — à l’imitation certainement du dimanche in Albis — avec la lecture évangélique du colloque du Seigneur et de Nicodème (Joan., III, 1-16) où il est question de l’efficacité de l’action du Saint-Esprit dans la régénération baptismale. Presque en même temps apparaît en usage la leçon actuelle de l’évangile selon saint Luc (VI, 36-42). Toutefois en 1334, l’un et l’autre passages devinrent à peu près inutiles, en raison de la fête nouvelle de la Très Sainte Trinité, qui fut introduite par Jean XXII dans le rit romain.

L’idée d’une solennité spéciale en l’honneur de ce mystère, fondement de notre foi chrétienne, est belle, et le moment de sa célébration, à l’expiration du temps pascal, est heureusement choisi. On sentait comme le besoin de manifester toute notre reconnaissance à l’Auguste Triade, qui a daigné accomplir avec tant de miséricorde et tant d’honneur pour nous, l’œuvre de notre Rédemption. Pour l’amour de nous, le Père éternel a daigné nous donner comme hostie et victime d’expiation son Fils unique lui-même ; Jésus nous a aimés in finem, c’est-à-dire jusqu’à s’immoler lui-même pour nous ; l’Esprit Saint s’est donné à nous si intimement qu’il est appelé donum, le don, précisément parce qu’il nous atteste l’amour du Père et du Fils à notre égard.

De plus, la révélation du dogme de la Très Sainte Trinité est un de ces secrets que les Hébreux avaient seulement entrevus mystérieusement, mais qui ne fut expressément révélé que dans la Nouvelle Loi. Il regarde la vie intime de Dieu ; or, les choses intimes ne se disent pas à tous, mais seulement aux amis. La connaissance de Dieu trine dans les Personnes et un dans son essence, marque le plus haut sommet de la science théologique et confère au peuple chrétien une perfection et une dignité si grandes qu’on peut bien dire qu’en ce dogme réside l’honneur, la gloire et le salut de l’Église. C’est donc fort à propos, après que l’Esprit Saint est venu instruire le troupeau des fidèles, les initiant à la possession intégrale de la vérité divine [64], que la famille chrétienne s’élève à la contemplation et à l’adoration in Spiritu et veritate [65] de l’auguste Triade, qui constitue la fin première et essentielle de l’Incarnation du Sauveur et de la rédemption du monde.

De même que, très opportunément, la fête de la sainte Trinité termine le cycle de la liturgie sotériologique, ainsi sommes-nous baptisés nous-mêmes avec l’invocation trinitaire, et dans la même invocation, répétée par le prêtre à notre lit de mort et près de notre cercueil, nous clôturons le cours de notre vie mortelle : « Proficiscere... de hoc mundo in nomine Dei Patris etc. » [66] ; « insignitus est signaculo Sanctæ Trinitatis » [67].

L’Église s’est inspirée de ces nobles motifs quand elle a institué la présente fête. Il est vrai que la liturgie catholique n’est qu’une hymne ininterrompue à la louange de l’auguste Trinité ; en sorte qu’une fête établie pour célébrer exclusivement et spécialement ce mystère semblerait presque l’abaisser au niveau d’une simple dévotion. Mais tel n’est pas le concept de la solennité de ce jour, laquelle n’est pas tant la fête de la Très Sainte Trinité que la confession annuelle et solennelle, humble et reconnaissante, du plus grand de tous les dogmes, du mystère principal de la foi catholique.

L’antienne pour le psaume d’introït s’inspire, dans sa dernière partie, du livre de Tobie (XII, 6). C’est un hymne de louange à Dieu Un et Trine, lequel reflète sur la création, moyennant l’effusion de sa grâce, les splendeurs de cette unité d’essence dans la trinité des Personnes. En effet, c’est la puissance du Père qui communique l’être à toutes choses, selon l’archétype idéal qu’il en conçoit dans son Verbe. Or, quelle est la fin dont Dieu s’inspire en créant ? Il crée par son Esprit, c’est-à-dire par amour, comme le chanta si bien le poète :

Amor che muove il sole e l’altre stelle. [68]

Le psaume d’introït est le 8ᵉ, où sont exaltés le beau et le bien divins, répandus avec tant de magnificence dans la création.

La collecte manque de la saveur classique ; elle est un peu trop longue, la période est peu mélodieuse ; mais en revanche, sa signification est très profonde. On y rappelle au commencement que Dieu a élevé le peuple chrétien seul à la dignité de connaître la gloire de l’Auguste Triade et de lui rendre l’adoration convenable dans l’unité de son essence ; c’est pourquoi on demande que le mérite de cette inébranlable foi catholique nous vaille la grâce d’échapper à tout péril.

De quelle manière rendons-nous à l’Auguste Trinité le culte que nous lui devons, c’est-à-dire le culte parfait, convenant à une si grande majesté ? Les Pères répondent : per Christum [69], le pontife et l’adorateur par excellence : in Spiritu Sancto [70], dans sa grâce, dans sa sainteté, qu’il communique à l’Église.

Suit un passage de l’épître aux Romains (XI, 33-36) où l’Apôtre, ayant touché le problème de la prédestination humaine s’élève en un vol rapide jusqu’à la contemplation de la sublimité et de la transcendance de la nature divine, qui contient véritablement la raison dernière de toutes choses. Le dernier verset exprime la confession du mystère trinitaire, dont il éclaire les attributs : Ex ipso [71] c’est la puissance du Père ; per ipsum [72] se rapporte au Verbe éternel ; in ipso [73] désigne le Saint-Esprit, l’Esprit d’amour.

Le répons-graduel — que le soliste exécutait jadis sur les degrés de l’ambon — est tiré de Daniel ; c’est comme la continuation de celui qui a suivi la lecture du même prophète durant la précédente veillée à Saint-Pierre.

On y loue Dieu qui, si élevé qu’il soit, puisqu’il est assis sur les plus hautes ailes des Chérubins, pénètre jusque dans la profondeur des abîmes par la grandeur de sa sagesse, de sa puissance et de sa bonté. De même qu’au ciel les saints Anges forment le trône de la sainteté de Dieu, ainsi, sur la terre, ces Chérubins sur lesquels siège, pacifique, le Tout-Puissant, ce sont les prêtres à qui le Seigneur se confie tout entier, et remet le soin de ses intérêts.

« Béni soit Dieu, tant au ciel par les chœurs des anges, qu’ici-bas sur la terre, où la marche de l’univers à travers les siècles est tout un chant à sa gloire. » Même le péché, même le mal qui se commet dans le monde, ne peut se soustraire à cette loi universelle de la louange de Dieu. Il entre dans le plan du divin conseil, soit parce que sa sanction vengeresse dans l’enfer glorifie grandement la justice et la sainteté de Dieu offensées par l’impie, soit encore parce que le mal, loin de faire obstacle aux desseins de Dieu, peut, entre ses mains, se changer en cause de bien ; c’est ainsi que l’impiété des persécuteurs remplissait le ciel de martyrs, et que les égarements du jeune Augustin préparaient le futur pénitent qui écrirait par la suite le livre de ses émouvantes confessions.

Le verset alléluiatique est le même que celui de la nuit précédente, après la lecture de Daniel. Le Seigneur est appelé le Dieu de nos pères, pour indiquer que leurs âmes vivent près de Lui — Il n’est pas le Dieu des morts mais des vivants — et qu’il est l’auteur des magnifiques promesses messianiques faites aux Patriarches et aux Prophètes.

Le court passage évangélique contient la révélation claire et explicite du mystère de la Très Sainte Trinité, faite par Jésus quand il enseigna à ses apôtres la formule baptismale (Matth., XXVIII, 18-20). C’est la condamnation anticipée de toutes les erreurs anciennes et modernes relativement à la divinité de Jésus et du Saint-Esprit. Administrer le baptême au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit équivaut à reconnaître que ces trois Personnes divines, nous adoptant pour fils, nous confèrent une identique grâce et ont une même puissance et une même nature divine.

L’antienne pour l’offertoire, tout comme l’introït, s’inspire du livre de Tobie ; c’est une bénédiction à l’auguste Trinité, laquelle, nous adoptant pour fils et pour héritiers, a exalté à notre égard sa miséricorde.

La prière d’introduction à l’anaphore contient une phrase qui demande à être méditée profondément. On prie Dieu de sanctifier par l’invocation de son saint Nom l’offrande eucharistique, et de faire que, grâce à elle, nous devenions nous-mêmes par notre vie sainte, une oblation perpétuelle à l’auguste Trinité. C’est là le véritable esprit de la liturgie eucharistique : en revivre le contenu, participant ainsi à la sainteté de ce sacrifice dont l’Apôtre a écrit : Una enim oblatione consummavit in sempiternum sanctificatos [74].

L’antienne pour la Communion provient également du passage du livre de Tobie cité plus haut. Nous publions la gloire de la sainte Trinité devant tous les hommes, alors que, dans notre intelligence, dans notre mémoire, dans notre volonté, dans nos actes, nous conservons resplendissante l’image divine.

Dans la collecte d’action de grâces, nous supplions le Seigneur de faire que la sainte Communion que nous avons reçue comme le sceau de notre profession de foi envers la divine Trinité, nous fasse échapper à tout péril de l’âme et du corps.

Il faut distinguer soigneusement la dévotion des dévotions. La dévotion, selon sa signification étymologique, est la consécration entière et irrévocable du chrétien à l’auguste Triade, à l’honneur et à la gloire de laquelle doivent être dirigées toutes ses affections, ses paroles et ses actions. Les dévotions, au contraire, consistent en des actes particuliers de piété, moyennant lesquels se révèle, s’épanche et se nourrit la dévotion. Celle-là est essentielle et nécessaire, celles-ci sont relatives et très souvent de caractère libre. La dévotion du chrétien est solennellement affirmée près des fonts baptismaux, et elle commence par la possession que la Très Sainte Trinité prend de l’âme du fidèle, pour y demeurer comme en un temple. Malheur à qui profane ce temple, et qui, par le péché, en chasse l’auguste Triade !

Autrefois l’Église romaine, à l’imitation des Églises orientales, célébrait aujourd’hui la fête commémorative de tous les saints : Dominica in nativitate Sanctorum. Mais vers le VIIIᵉ siècle, la grande vigile nocturne à Saint-Pierre, avec le dimanche aliturgique qui la suivait, déplacèrent cette solennité qui finalement, sous Grégoire IV, fut assignée au Iᵉʳ novembre.

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

PREMIER DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE.

Le premier dimanche après la Pentecôte nous fait entrer dans le « tempus per annum », le temps pendant l’année, un temps qui n’est pas festival. Par ailleurs, cependant, les premiers dimanches sont tantôt supprimés par des fêtes, tantôt influencés par elles. Tout d’abord, nous ne pouvons pas célébrer le premier dimanche parce que l’Église a fixé, d’une manière permanente, ce jour-là, la fête de la Sainte Trinité. Le dimanche est simplement commémoré par les oraisons et le dernier Évangile. Dans les trois premiers jours de la semaine, quand il n’y a pas de fête ou qu’il n’y a qu’une fête de degré inférieur, on peut en reprendre la célébration.

FÊTE DE LA SAINTE TRINITÉ.

Bénie soit la Très-Sainte Trinité.

Les fêtes et les temps que nous avons célébrés jusqu’ici se rapportaient à l’histoire du salut et, particulièrement, à la vie de Jésus-Christ. Ainsi, de Noël jusqu’à Pâques, nous avons parcouru toute la vie du Seigneur. La Sainte Eucharistie que nous avons célébrée durant ces fêtes était, pour ainsi dire, l’accomplissement par la grâce de ces faits du salut. Maintenant, viennent quelques fêtes qui sont d’un genre tout différent. Ce sont des fêtes de la foi. Un mystère de la foi en est l’objet. Dans ces fêtes de la foi, la relation avec le sacrifice de la messe est moins étroite. C’est à l’occasion et en l’honneur du mystère de ces fêtes que l’Église célèbre la Sainte Eucharistie. La première fête de cette série est celle de la Sainte Trinité, qui a pour objet le mystère le plus impénétrable de notre foi.

1. Pensées de la fête. — La vérité de foi que célèbre cette fête est la suivante : Il n’y a qu’un seul Dieu, et ce Dieu unique est en trois Personnes ; le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu ; cependant, il n’y a pas trois dieux, mais un seul Dieu, éternel, infini, incompréhensible. Le Père n’est pas plus Dieu que le Fils et le Saint-Esprit. Le Père est la première Personne divine ; le Fils est la seconde Personne divine, éternellement engendrée de la substance du Père ; le Saint-Esprit est la troisième Personne divine, procédant éternellement du Père et du Fils. Ce profond mystère ne peut être approfondi par aucun esprit créé. Nous nous contenterons de nous incliner humblement et de dire : Seigneur, nous croyons ; aidez notre faible foi.

Pourquoi célèbre-t-on cette fête précisément maintenant ? Cette fête est la conclusion de celles que nous avons célébrées jusqu’ici. Les trois divines Personnes ont coopéré à l’œuvre de la Rédemption. Le Père a envoyé son Fils sur la terre : « Dieu a tant aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique ». Le Père nous a aussi appelés à la foi. Le Fils, notre Sauveur Jésus-Christ, s’est fait Homme ; il est mort pour nous ; il nous a rachetés et faits enfants de Dieu. Quant au Saint-Esprit, il est, après le départ du Seigneur, notre docteur, notre chef, notre guide, notre consolateur. Pour tant de bienfaits, nous chantons volontiers un Te Deum. Or, la fête de la Sainte Trinité est comme un Te Deum après les grandes fêtes de l’Église ; elle résume Noël, l’Épiphanie, Pâques, l’Ascension, la Pentecôte. Mais, en plaçant cette fête le premier dimanche après la Pentecôte, l’Église veut nous rappeler que chaque dimanche, à proprement parler, est une fête de la Sainte Trinité. Chaque dimanche est consacré à la Sainte Trinité. Chaque dimanche, nous devons nous rappeler, avec reconnaissance, les bienfaits que nous a accordés la Sainte Trinité. Le Père nous a créés, il nous a appelés. Le Fils nous a rachetés ; le dimanche est le « jour du Seigneur », le jour de sa Résurrection. Le Saint-Esprit nous a sanctifiés, il a fait de nous ses temples ; c’est un dimanche que le Saint-Esprit est descendu sur la jeune Église. Le dimanche est donc bien un jour de la Sainte Trinité.

Nous pouvons encore considérer que notre vie est entièrement pénétrée par la Sainte Trinité, que les sacrements et les bénédictions sont conférés au nom de la Sainte Trinité. Songeons seulement au baptême (« Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit »), au sacrement de pénitence « Je t’absous au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit »). La vie des chrétiens commence et s’achève au nom de la Sainte Trinité. C’est pourquoi commençons et achevons chaque œuvre, chaque prière, par le signe de la croix, avec ces paroles : « Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ».

Parcourons maintenant les nombreuses prières de l’Église adressées à la Sainte Trinité. Il y a, d’abord, le Gloria Patri « Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit. Comme il était au commencement, il l’est maintenant et toujours et dans les siècles des siècles ». Cette prière est, de toutes, la plus fréquemment employée dans l’Église. Chaque psaume se termine par le Gloria, et chaque Heure de l’Office commence par le Gloria. On peut dire que le Gloria est comme le son de cloche régulier qui retentit constamment dans la sainte Église. Il est certain que le prêtre le récite une cinquantaine de fois par jour. Le Gloria Patri est la petite doxologie ; la grande doxologie est le Gloria in excelsis, qui est un sublime chant de louange à la Sainte Trinité. Le magnifique « Te Deum » est, lui aussi, un chant de louange et d’action de grâces au Dieu unique en trois Personnes. L’Église le récite presque tous les jours à la fin des matines. Il y a encore un grand nombre de prières à la Sainte Trinité ; nous les trouvons réunies à la messe. Il y a encore la profession de foi, le Credo de la messe, qui est à la fois une prière et une solennelle profession de foi à la Trinité. La plus belle prière est la sainte messe elle-même ; c’est une prière de louange, d’action de grâces et de demande au Dieu unique en trois personnes.

2. La messe (Benedicta sit). — La messe est facile à comprendre. L’Introït exprime les pensées et les sentiments du prêtre quand il s’avance vers l’autel, du peuple quand il entre dans l’église. Quand nous pénétrons aujourd’hui dans l’église, nous voyons devant nous, dans sa puissance, sa grandeur et sa beauté infinies, la Sainte Trinité. C’est pourquoi nous chantons : « Bénie soit la Sainte Trinité, car elle nous a témoigné de la miséricorde ». Le psaume de l’Introït est un cantique de la nature ; le nom de Dieu (un en trois Personnes) y est célébré parce qu’il est admirable dans tout l’univers, dans les yeux de l’enfant et dans les étoiles du ciel.

Dans l’Oraison, l’Église parle d’une double grandeur : une puissante unité et une harmonieuse pluralité dans la Trinité. Cela doit être le modèle de notre vie, de notre caractère, où l’on doit trouver un reflet de la Trinité. Notre vie doit posséder une forte unité, en même temps qu’une belle et aimable harmonie.

Dans l’Épître, saint Paul est rempli d’étonnement quand sa grande foi ose pénétrer dans les profondeurs de la divinité : « O profondeur de la richesse... » C’est à peine s’il trouve des mots pour décrire le mystère infini et impénétrable de la Sainte Trinité.

Au Graduel et à l’Alléluia, nous entendons un triple « Benedictus ». Quand nous examinons de plus près ces textes, il nous faut parcourir un chemin immense : d’abord, nous contemplons Dieu dans les profondeurs de la mer, et, en même temps, nous le voyons trôner au-dessus des chérubins. Nous le considérons, aussi, dans le destin de nos pères. Dans le sort des générations, dans les voies des hommes la Sainte Trinité s’est montrée admirable.

A l’Évangile, nous lisons le passage principal de la Sainte Écriture où les trois divines Personnes sont nommées côte à côte. Le Christ donne à ses Apôtres l’ordre de baptiser : « Allez, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit... ».

Quand nous nous rendons à l’Offrande, notre propre personne doit être la victime que nous offrirons à la Sainte Trinité. Quand nous recevons la sainte communion, l’Église nous dit encore : le pain du ciel est un don d’amour de la Sainte Trinité. Le Christ m’a racheté ; le Père, par mon élection, a participé à ma rédemption ; le Saint-Esprit y a coopéré. — Quand nous rentrerons chez nous et pendant toute la journée, que cette pensée retentisse dans notre âme : Bénie soit la Sainte Trinité, car elle nous a témoigné de la miséricorde !

IntroïtAnt. ad Introitum. Tob. 12, 6.
Benedícta sit sancta Trínitas atque indivísa Unitas : confitébimur ei, quia fecit nobíscum misericórdiam suam.
Bénie soit la sainte Trinité et son indivisible unité : glorifions-la, parce qu’elle a fait éclater sur nous sa miséricorde.
Ps. 8, 2.
Dómine, Dóminus noster, quam admirábile est nomen tuum in univérsa terra !
Seigneur notre Maître, que votre nom est admirable dans toute la terre !
V/.Glória Patri.
CollecteOratio.
Omnípotens sempitérne Deus, qui dedísti fámulis tuis in confessióne veræ fídei, ætérnæ Trinitátis glóriam agnóscere, et in poténtia maiestátis adoráre Unitátem : quǽsumus ; ut, eiúsdem fídei firmitáte, ab ómnibus semper muniámur advérsis. Per Dóminum nostrum.
Dieu tout-puissant et éternel, vous avez donné à vos serviteurs, dans la confession de la vraie foi, de reconnaître la gloire de l’éternelle Trinité, et d’adorer une parfaite Unité en votre majesté souveraine : faites, nous vous en prions, qu’affermis par cette même foi, nous soyons constamment munis contre toutes les adversités.

Et non fit commemoratio dominicæ · Et on ne fait pas mémoire du dimanche

Ante 1960 : Deinde fit commemoratio de dominica prima post Pentecosten · Avant 1960 : Ensuite on fait mémoire du 1ᵉʳ dimanche après la Pentecôte

Collecte
Deus, in te sperántium fortitúdo, adésto propítius invocatiónibus nostris : et, quia sine te nihil potest mortális infírmitas, præsta auxílium grátiæ tuæ ; ut, in exsequéndis mandátis tuis, et voluntáte tibi et actióne placeámus. Per Dóminum.
O Dieu, vous êtes la force de ceux qui espèrent en vous, soyez propice à nos demandes : et puisque la faiblesse de l’homme ne peut rien sans vous, donnez-nous le secours de votre grâce ; afin que fidèles à observer vos commandements, nous puissions vous plaire de volonté et d’action.
ÉpîtreLéctio Epístolæ beáti Pauli Apóstoli ad Romános.
Lecture de l’Épître de saint Paul Apôtre aux Romains.
Rom. 11, 33-36.
O altitúdo divitiárum sapiéntiæ et sciéntiæ Dei : quam incomprehensibília sunt iudícia eius, et investigábiles viæ eius ! Quis enim cognovit sensum Dómini ? Aut quis consiliárius eius fuit ? Aut quis prior dedit illi, et retribuétur ei ? Quóniam ex ipso et per ipsum et in ipso sunt ómnia : ipsi glória in sǽcula. Amen.
Ô profondeur des richesses de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses jugements sont incompréhensibles, et ses voies impénétrables ! Car qui a connu la pensée du Seigneur ? ou qui a été son conseiller ? Ou qui lui a donné le premier, et recevra de lui en retour ? Car c’est de lui, et par lui, et en lui que sont toutes choses ; à lui la gloire dans tous les siècles. Ainsi soit-il.
GraduelGraduale. Dan. 3, 55-56.
Benedíctus es, Dómine, qui intuéris abýssos, et sedes super Chérubim.
Vous êtes béni, Seigneur, vous qui contemplez les abîmes, et qui êtes assis sur les chérubins.
V/. Benedíctus es, Dómine, in firmaménto cæli, et laudábilis in sǽcula.
V/. Vous êtes béni, Seigneur, dans le firmament du ciel, et vous êtes louable dans tous les siècles.
AlléluiaAllelúia, allelúia.
Alléluia, alleluia.
V/.Ibid., 52. Benedíctus es, Dómine, Deus patrum nostrórum, et laudábilis in sǽcula. Allelúia.
V/. Vous êtes béni, Seigneur, Dieu de nos pères ; et vous êtes louable dans tous les siècles. Alléluia.
Évangile+ Sequéntia sancti Evangélii secúndum Matthǽum.
Suite du Saint Évangile selon saint Mathieu.
Matth. 28, 18-20.
In illo témpore : Dixit Iesus discípulis suis : Data est mihi omnis potéstas in cælo et in terra. Eúntes ergo docéte omnes gentes, baptizántes eos in nómine Patris, et Fílii, et Spíritus Sancti : docéntes eos serváre ómnia, quæcúmque mandávi vobis. Et ecce, ego vobíscum sum ómnibus diébus usque ad consummatiónem sǽculi.
En ce temps-là : Jésus dit à ses disciples : Toute puissance m’a été donnée dans le ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, et leur enseignant à observer tout ce que je vous ai commandé. Et voici que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation des siècles.

Credo

OffertoireAnt. ad Offertorium. Tob. 12, 6.
Benedíctus sit Deus Pater, unigenitúsque Dei Fílius, Sanctus quoque Spíritus : quia fecit nobíscum misericórdiam suam.
Béni soit Dieu le Père, et le Fils unique de Dieu, et aussi le Saint-Esprit, parce qu’il a fait éclater sur nous sa miséricorde.
SecrèteSecreta.
Sanctífica, quǽsumus, Dómine, Deus noster, per tui sancti nóminis invocatiónem, huius oblatiónis hóstiam : et per eam nosmetípsos tibi pérfice munus ætérnum. Per Dóminum nostrum.
Nous vous en supplions, Seigneur, notre Dieu, sanctifiez au moyen de l’invocation de votre saint nom, cette hostie que nous vous offrons : et perfectionnez-nous grâce à elle afin que nous soyons vôtres pour l’éternité.

Et non fit commemoratio dominicæ · Et on ne fait pas mémoire du dimanche

Secrète
Ante 1960 : Pro Dominica
Avant 1960 : Pour le Dimanche
Hóstias nostras, quǽsumus, Dómine, tibi dicátas placátus assúme : et ad perpétuum nobis tríbue proveníre subsídium. Per Dóminum nostrum.
Nos hosties vous sont offertes, recevez-les favorablement, Seigneur : et faites qu’elles nous servent à obtenir un secours perpétuel.

Præfatio de Ssma Trinitate. · Préface de la Sainte Trinité.

Vere dignum et iustum est, æquum et salutáre,
nos tibi semper et ubíque grátias ágere :
Dómine, sancte Pater, omnípotens ætérne Deus :
· Il est vraiment juste et nécessaire,
c’est notre devoir et c’est notre salut,
de vous rendre grâces toujours et partout,
Seigneur, Père saint, Dieu éternel et tout-puissant :

Qui cum Unigénito Fílio tuo et Spíritu Sancto
unus es Deus, unus es Dóminus :
non in uníus singularitáte persónæ,
sed in uníus Trinitáte substántiæ.
· Avec votre Fils unique, et le Saint-Esprit,
vous êtes un seul Dieu, un seul Seigneur,
non dans l’unité d’une seule personne,
mais dans la Trinité d’une seule substance.

Quod enim de tua glória,
revelánte te, crédimus,
hoc de Fílio tuo, hoc de Spíritu Sancto,
sine discretióne sentímus.
· Car ce que nous croyons au sujet de votre gloire,
sur la foi de votre révélation,
de votre Fils et du Saint-Esprit,
nous le croyons aussi, sans aucune différence.

Ut, in confessióne veræ sempiternǽque Deitátis,
et in persónis propríetas,
et in esséntia únitas,
et in maiestáte adorétur æquálitas.
· En sorte que, confessant la vraie et éternelle Divinité,
nous adorons et la propriété dans les personnes
et l’unité dans l’essence
et l’égalité dans la majesté.

Quam laudant Angeli atque Archángeli,
Chérubim quoque ac Séraphim,
qui non cessant clamáre cotídie,
una voce dicéntes :
· C’est elle que louent les Anges et les Archanges,
les Chérubins et les Séraphins,
qui ne cessent chaque jour de chanter
en disant d’une voix unanimes.

CommunionAnt. ad Communionem. Tob. 12, 6.
Benedícimus Deum cæli et coram ómnibus vivéntibus confitébimur ei : quia fecit nobíscum misericórdiam suam.
Bénissons le Dieu du ciel, et glorifions-le devant tous les hommes, parce qu’il a fait éclater sur nous sa miséricorde.
PostcommunionPostcommunio.
Profíciat nobis ad salútem córporis et ánimæ, Dómine, Deus noster, huius sacraménti suscéptio : et sempitérnæ sanctæ Trinitátis eiusdémque indivíduæ Unitátis conféssio. Per Dóminum.
Que la réception de ce sacrement contribue au salut de notre corps et de notre âme, Seigneur notre Dieu : et aussi notre profession de foi en la sainte et éternelle Trinité, et en son indivisible Unité.

Et non fit commemoratio dominicæ · Et on ne fait pas mémoire du dimanche

Postcommunion
Ante 1960 : Pro Dominica
Avant 1960 : Pour le Dimanche
Tantis, Dómine, repléti munéribus : præsta, quǽsumus ; ut et salutária dona capiámus, et a tua numquam laude cessémus. Per Dóminum nostrum.
Nous sommes nourris, Seigneur, de si grands biens : faites, nous vous en supplions, que nous profitions de ces dons salutaires et que nous ne cessions jamais de vous louer.
Office du jour

Office

 AUX PREMIÈRES VÊPRES.

Ant. 1 Glória tibi, Trínitas * æquális, una Déitas, et ante ómnia sǽcula, et nunc et in perpétuum.Ant. 1 Gloire à vous, Trinité * égale, Divinité une qui êtes avant tous les siècles, et maintenant et toujours.
<popup844|width=500|height=250>
Ant. 2 Laus et perénnis glória * Deo Patri, et Fílio, Sancto simul Paráclito, in sæculórum sǽcula.Ant. 2 Louange et gloire éternelle * soient à Dieu le Père, et au Fils, et en même temps au saint Paraclet, dans les siècles des siècles.
<popup845|width=500|height=250>
Ant. 3 Glória laudis * résonet in ore ómnium, Patri, genitǽque Proli, Spirítui Sancto páriter resúltet laude perénni.Ant. 3 Qu’une louange * résonne sur les lèvres de tous à la gloire du Père et du Fils qu’il engendre, et qu’une même louange éternelle s’adresse au Saint-Esprit.
<popup846|width=500|height=250>
Ant. 4 Laus Deo Patri, * parilíque Proli, et tibi, Sancte, stúdio perénni, Spíritus, nostro résonet ab ore, omne per ævum.Ant. 4 Louange à Dieu le Père * et au Fils qui lui est égal, et que notre bouche fasse toujours retentir votre louange avec un constant amour, ô Esprit-Saint.
<popup847|width=500|height=250>
Ant. 5 Ex quo ómnia, * per quem ómnia, in quo ómnia : ipsi glória in sǽcula.Ant. 5 Tout est de lui, * tout est par lui, tout est en lui : à lui la gloire dans tous les siècles [6].
<popup881|width=500|height=250>
Capitulum Rom. 11, 33.Capitule
O altitúdo divitiárum sapiéntiæ et sciéntiæ Dei : quam incomprehensibília sunt iudícia eius, et investigábiles viæ eius.Ô profondeur des richesses de la sagesse et de la science de Dieu : Que ses jugements sont incompréhensibles, et ses voies impénétrables.
Hymnus Hymne
Iam sol recédit ígneus :
Tu, lux perénnis, Unitas,
Nostris, beáta Trínitas,
Infúnde amórem córdibus.
Déjà le soleil se feu s’en va :
ô vous, lumière éternelle, Unité,
Trinité bienheureuse, versez
votre amour dans nos cœurs.
Te mane laudum cármine,
Te deprecámur véspere ;
Dignéris ut te súpplices
Laudémus inter cǽlites.
Le matin, nous chantons vos louanges,
le soir, nous vous prions encore ;
daignez, nous vous en supplions,
que nous vous louions parmi les habitants des cieux.
Patri, simúlque Fílio,
Tibíque, Sancte Spíritus,
Sicut fuit, sit iúgiter
Sæclum per omne glória.
Amen.
Au Père, en même temps au Fils,
et à vous, Esprit-Saint,
comme autrefois, ainsi toujours
gloire dans tous les siècles.
Amen.
V/. Benedicámus Patrem et Fílium cum Sancto Spíritu.V/. Bénissons le Père et le Fils ainsi que l’Esprit-Saint.
R/. Laudémus et superexaltémus eum in sǽcula.R/. Louons-le et exaltons-le souverainement dans les siècles.
Ad Magnificat Ant. Grátias * tibi Deus, grátias tibi, vera et una Trínitas, una et summa Déitas, sancta et una Unitas.Ant. au Magnificat Grâces * à vous, ô Dieu, grâces à vous, Trinité une et véritable, Divinité une et souveraine, unique et sainte Unité.
<popup875|width=500|height=250>
OratioPrière
Omnípotens sempitérne Deus, qui dedísti fámulis tuis in confessióne veræ fídei, ætérnæ Trinitátis glóriam agnóscere, et in poténtia maiestátis adoráre Unitátem : quǽsumus ; ut, eiúsdem fídei firmitáte, ab ómnibus semper muniámur advérsis. Per Dóminum nostrum.Dieu tout-puissant et éternel, vous avez donné à vos serviteurs, dans la confession de la vraie foi, de reconnaître la gloire de l’éternelle Trinité, et d’adorer une parfaite Unité en votre majesté souveraine : faites, nous vous en prions, qu’affermis par cette même foi, nous soyons constamment munis contre toutes les adversités.
Ante 1960 Avant 1960
Et fit Commemoratio Dominicæ occurrentis : On fait mémoire du Dimanche occurrent :
Ant. Lóquere, Dómine, quia audit servus tuus.Ant. Parlez, Seigneur, parce que votre serviteur écoute [7].
V/. Vespertína orátio ascéndat ad te, Dómine.V/. Que la prière du soir s’élève vers vous, Seigneur.
R/. Et descéndat super nos misericórdia tua.R/. Et que votre miséricorde descende sur nous.
OratioPrière
Deus, in te sperántium fortitúdo, adésto propítius invocatiónibus nostris : et, quia sine te nihil potest mortális infírmitas, præsta auxílium grátiæ tuæ ; ut, in exsequéndis mandátis tuis, et voluntáte tibi et actióne placeámus. Per Dóminum.O Dieu, vous êtes la force de ceux qui espèrent en vous, soyez propice à nos demandes : et puisque la faiblesse de l’homme ne peut rien sans vous, donnez-nous le secours de votre grâce ; afin que fidèles à observer vos commandements, nous puissions vous plaire de volonté et d’action.

 A MATINES

 A LAUDES.

 AUX DEUXIÈMES VÊPRES.

Ant. 1 Glória tibi, Trínitas * æquális, una Déitas, et ante ómnia sǽcula, et nunc et in perpétuum.Ant. 1 Gloire à vous, Trinité * égale, Divinité une qui êtes avant tous les siècles, et maintenant et toujours.
<popup844|width=500|height=250>
Ant. 2 Laus et perénnis glória * Deo Patri, et Fílio, Sancto simul Paráclito, in sæculórum sǽcula.Ant. 2 Louange et gloire éternelle * soient à Dieu le Père, et au Fils, et en même temps au saint Paraclet, dans les siècles des siècles.
<popup845|width=500|height=250>
Ant. 3 Glória laudis * résonet in ore ómnium, Patri, genitǽque Proli, Spirítui Sancto páriter resúltet laude perénni.Ant. 3 Qu’une louange * résonne sur les lèvres de tous à la gloire du Père et du Fils qu’il engendre, et qu’une même louange éternelle s’adresse au Saint-Esprit.
<popup846|width=500|height=250>
Ant. 4 Laus Deo Patri, * parilíque Proli, et tibi, Sancte, stúdio perénni, Spíritus, nostro résonet ab ore, omne per ævum.Ant. 4 Louange à Dieu le Père * et au Fils qui lui est égal, et que notre bouche fasse toujours retentir votre louange avec un constant amour, ô Esprit-Saint.
<popup847|width=500|height=250>
Ant. 5 Ex quo ómnia, * per quem ómnia, in quo ómnia : ipsi glória in sǽcula.Ant. 5 Tout est de lui, * tout est par lui, tout est en lui : à lui la gloire dans tous les siècles.
<popup848|width=500|height=250>
Capitulum Rom. 11, 33.Capitule
O altitúdo divitiárum sapiéntiæ et sciéntiæ Dei : quam incomprehensibília sunt iudícia eius, et investigábiles viæ eius.Ô profondeur des richesses de la sagesse et de la science de Dieu : Que ses jugements sont incompréhensibles, et ses voies impénétrables.
Hymnus Hymne
Iam sol recédit ígneus :
Tu, lux perénnis, Unitas,
Nostris, beáta Trínitas,
Infúnde amórem córdibus.
Déjà le soleil se feu s’en va :
ô vous, lumière éternelle, Unité,
Trinité bienheureuse, versez
votre amour dans nos cœurs.
Te mane laudum cármine,
Te deprecámur véspere ;
Dignéris ut te súpplices
Laudémus inter cǽlites.
Le matin, nous chantons vos louanges,
le soir, nous vous prions encore ;
daignez, nous vous en supplions,
que nous vous louions parmi les habitants des cieux.
Patri, simúlque Fílio,
Tibíque, Sancte Spíritus,
Sicut fuit, sit iúgiter
Sæclum per omne glória.
Amen.
Au Père, en même temps au Fils,
et à vous, Esprit-Saint,
comme autrefois, ainsi toujours
gloire dans tous les siècles.
Amen.
V/. Benedíctus es, Dómine, in firmaménto cæli.V/. Vous êtes béni, Seigneur, dans le firmament du ciel [31].
R/. Et laudábilis et gloriósus in sǽcula.R/. Et louable et glorieux dans les siècles.
Ad Magnificat Ant. Te Deum * Patrem ingénitum, te Fílium unigénitum, te Spíritum Sanctum Paráclitum, sanctam et indivíduam Trinitátem, toto corde et ore confitémur, laudámus, atque benedícimus : tibi glória in sǽcula.Ant. au Magnificat O Dieu * le Père non engendré, ô Fils unique, ô Esprit-Saint Consolateur, en vous nous reconnaissons de tout notre cœur, nous acclamons, nous louons et nous bénissons une sainte et indivisible Trinité : à vous gloire dans tous les siècles.
<popup875|width=500|height=250>
OratioPrière
Omnípotens sempitérne Deus, qui dedísti fámulis tuis in confessióne veræ fídei, ætérnæ Trinitátis glóriam agnóscere, et in poténtia maiestátis adoráre Unitátem : quǽsumus ; ut, eiúsdem fídei firmitáte, ab ómnibus semper muniámur advérsis. Per Dóminum nostrum.Dieu tout-puissant et éternel, vous avez donné à vos serviteurs, dans la confession de la vraie foi, de reconnaître la gloire de l’éternelle Trinité, et d’adorer une parfaite Unité en votre majesté souveraine : faites, nous vous en prions, qu’affermis par cette même foi, nous soyons constamment munis contre toutes les adversités.
Ante 1960 Avant 1960
Et fit Commemoratio Dominicæ occurrentis : On fait mémoire du Dimanche occurrent :
Ant. Nolíte iudicáre, ut non iudicémini : in quo enim iudício iudicavéritis, iudicabímini, dicit Dóminus.Ant. Ne jugez point et vous ne serez point jugés ; car vous serez jugés, dit le Seigneur, selon que vous aurez jugé les autres [32].
V/. Dirigátur, Dómine, orátio mea.V/. Seigneur, que ma prière soit dirigée [33].
R/. Sicut incénsum in conspéctu tuo.R/. Comme un encens en votre présence..
OratioPrière
Deus, in te sperántium fortitúdo, adésto propítius invocatiónibus nostris : et, quia sine te nihil potest mortális infírmitas, præsta auxílium grátiæ tuæ ; ut, in exsequéndis mandátis tuis, et voluntáte tibi et actióne placeámus. Per Dóminum.O Dieu, vous êtes la force de ceux qui espèrent en vous, soyez propice à nos demandes : et puisque la faiblesse de l’homme ne peut rien sans vous, donnez-nous le secours de votre grâce ; afin que fidèles à observer vos commandements, nous puissions vous plaire de volonté et d’action.

AUX PREMIÈRES VÊPRES.

Ant. 1 Glória tibi, Trínitas * æquális, una Déitas, et ante ómnia sǽcula, et nunc et in perpétuum.Ant. 1 Gloire à vous, Trinité * égale, Divinité une qui êtes avant tous les siècles, et maintenant et toujours.
Ant. 2 Laus et perénnis glória * Deo Patri, et Fílio, Sancto simul Paráclito, in sæculórum sǽcula.Ant. 2 Louange et gloire éternelle * soient à Dieu le Père, et au Fils, et en même temps au saint Paraclet, dans les siècles des siècles.
Ant. 3 Glória laudis * résonet in ore ómnium, Patri, genitǽque Proli, Spirítui Sancto páriter resúltet laude perénni.Ant. 3 Qu’une louange * résonne sur les lèvres de tous à la gloire du Père et du Fils qu’il engendre, et qu’une même louange éternelle s’adresse au Saint-Esprit.
Ant. 4 Laus Deo Patri, * parilíque Proli, et tibi, Sancte, stúdio perénni, Spíritus, nostro résonet ab ore, omne per ævum.Ant. 4 Louange à Dieu le Père * et au Fils qui lui est égal, et que notre bouche fasse toujours retentir votre louange avec un constant amour, ô Esprit-Saint.
Ant. 5 Ex quo ómnia, * per quem ómnia, in quo ómnia : ipsi glória in sǽcula.Ant. 5 Tout est de lui, * tout est par lui, tout est en lui : à lui la gloire dans tous les siècles [6].
Capitulum Rom. 11, 33.Capitule
O altitúdo divitiárum sapiéntiæ et sciéntiæ Dei : quam incomprehensibília sunt iudícia eius, et investigábiles viæ eius.Ô profondeur des richesses de la sagesse et de la science de Dieu : Que ses jugements sont incompréhensibles, et ses voies impénétrables.
Hymnus Hymne
Iam sol recédit ígneus :
Tu, lux perénnis, Unitas,
Nostris, beáta Trínitas,
Infúnde amórem córdibus.
Déjà le soleil se feu s’en va :
ô vous, lumière éternelle, Unité,
Trinité bienheureuse, versez
votre amour dans nos cœurs.
Te mane laudum cármine,
Te deprecámur véspere ;
Dignéris ut te súpplices
Laudémus inter cǽlites.
Le matin, nous chantons vos louanges,
le soir, nous vous prions encore ;
daignez, nous vous en supplions,
que nous vous louions parmi les habitants des cieux.
Patri, simúlque Fílio,
Tibíque, Sancte Spíritus,
Sicut fuit, sit iúgiter
Sæclum per omne glória.
Amen.
Au Père, en même temps au Fils,
et à vous, Esprit-Saint,
comme autrefois, ainsi toujours
gloire dans tous les siècles.
Amen.
V/. Benedicámus Patrem et Fílium cum Sancto Spíritu.V/. Bénissons le Père et le Fils ainsi que l’Esprit-Saint.
R/. Laudémus et superexaltémus eum in sǽcula.R/. Louons-le et exaltons-le souverainement dans les siècles.
Ad Magnificat Ant. Grátias * tibi Deus, grátias tibi, vera et una Trínitas, una et summa Déitas, sancta et una Unitas.Ant. au Magnificat Grâces * à vous, ô Dieu, grâces à vous, Trinité une et véritable, Divinité une et souveraine, unique et sainte Unité.
OratioPrière
Omnípotens sempitérne Deus, qui dedísti fámulis tuis in confessióne veræ fídei, ætérnæ Trinitátis glóriam agnóscere, et in poténtia maiestátis adoráre Unitátem : quǽsumus ; ut, eiúsdem fídei firmitáte, ab ómnibus semper muniámur advérsis. Per Dóminum nostrum.Dieu tout-puissant et éternel, vous avez donné à vos serviteurs, dans la confession de la vraie foi, de reconnaître la gloire de l’éternelle Trinité, et d’adorer une parfaite Unité en votre majesté souveraine : faites, nous vous en prions, qu’affermis par cette même foi, nous soyons constamment munis contre toutes les adversités.
Ante 1960 Avant 1960
Et fit Commemoratio Dominicæ occurrentis : On fait mémoire du Dimanche occurrent :
Ant. Lóquere, Dómine, quia audit servus tuus.Ant. Parlez, Seigneur, parce que votre serviteur écoute [7].
V/. Vespertína orátio ascéndat ad te, Dómine.V/. Que la prière du soir s’élève vers vous, Seigneur.
R/. Et descéndat super nos misericórdia tua.R/. Et que votre miséricorde descende sur nous.
OratioPrière
Deus, in te sperántium fortitúdo, adésto propítius invocatiónibus nostris : et, quia sine te nihil potest mortális infírmitas, præsta auxílium grátiæ tuæ ; ut, in exsequéndis mandátis tuis, et voluntáte tibi et actióne placeámus. Per Dóminum.O Dieu, vous êtes la force de ceux qui espèrent en vous, soyez propice à nos demandes : et puisque la faiblesse de l’homme ne peut rien sans vous, donnez-nous le secours de votre grâce ; afin que fidèles à observer vos commandements, nous puissions vous plaire de volonté et d’action.

AUX DEUXIÈMES VÊPRES.

Ant. 1 Glória tibi, Trínitas * æquális, una Déitas, et ante ómnia sǽcula, et nunc et in perpétuum.Ant. 1 Gloire à vous, Trinité * égale, Divinité une qui êtes avant tous les siècles, et maintenant et toujours.
Ant. 2 Laus et perénnis glória * Deo Patri, et Fílio, Sancto simul Paráclito, in sæculórum sǽcula.Ant. 2 Louange et gloire éternelle * soient à Dieu le Père, et au Fils, et en même temps au saint Paraclet, dans les siècles des siècles.
Ant. 3 Glória laudis * résonet in ore ómnium, Patri, genitǽque Proli, Spirítui Sancto páriter resúltet laude perénni.Ant. 3 Qu’une louange * résonne sur les lèvres de tous à la gloire du Père et du Fils qu’il engendre, et qu’une même louange éternelle s’adresse au Saint-Esprit.
Ant. 4 Laus Deo Patri, * parilíque Proli, et tibi, Sancte, stúdio perénni, Spíritus, nostro résonet ab ore, omne per ævum.Ant. 4 Louange à Dieu le Père * et au Fils qui lui est égal, et que notre bouche fasse toujours retentir votre louange avec un constant amour, ô Esprit-Saint.
Ant. 5 Ex quo ómnia, * per quem ómnia, in quo ómnia : ipsi glória in sǽcula.Ant. 5 Tout est de lui, * tout est par lui, tout est en lui : à lui la gloire dans tous les siècles.
Capitulum Rom. 11, 33.Capitule
O altitúdo divitiárum sapiéntiæ et sciéntiæ Dei : quam incomprehensibília sunt iudícia eius, et investigábiles viæ eius.Ô profondeur des richesses de la sagesse et de la science de Dieu : Que ses jugements sont incompréhensibles, et ses voies impénétrables.
Hymnus Hymne
Iam sol recédit ígneus :
Tu, lux perénnis, Unitas,
Nostris, beáta Trínitas,
Infúnde amórem córdibus.
Déjà le soleil se feu s’en va :
ô vous, lumière éternelle, Unité,
Trinité bienheureuse, versez
votre amour dans nos cœurs.
Te mane laudum cármine,
Te deprecámur véspere ;
Dignéris ut te súpplices
Laudémus inter cǽlites.
Le matin, nous chantons vos louanges,
le soir, nous vous prions encore ;
daignez, nous vous en supplions,
que nous vous louions parmi les habitants des cieux.
Patri, simúlque Fílio,
Tibíque, Sancte Spíritus,
Sicut fuit, sit iúgiter
Sæclum per omne glória.
Amen.
Au Père, en même temps au Fils,
et à vous, Esprit-Saint,
comme autrefois, ainsi toujours
gloire dans tous les siècles.
Amen.
V/. Benedíctus es, Dómine, in firmaménto cæli.V/. Vous êtes béni, Seigneur, dans le firmament du ciel [31].
R/. Et laudábilis et gloriósus in sǽcula.R/. Et louable et glorieux dans les siècles.
Ad Magnificat Ant. Te Deum * Patrem ingénitum, te Fílium unigénitum, te Spíritum Sanctum Paráclitum, sanctam et indivíduam Trinitátem, toto corde et ore confitémur, laudámus, atque benedícimus : tibi glória in sǽcula.Ant. au Magnificat O Dieu * le Père non engendré, ô Fils unique, ô Esprit-Saint Consolateur, en vous nous reconnaissons de tout notre cœur, nous acclamons, nous louons et nous bénissons une sainte et indivisible Trinité : à vous gloire dans tous les siècles.
OratioPrière
Omnípotens sempitérne Deus, qui dedísti fámulis tuis in confessióne veræ fídei, ætérnæ Trinitátis glóriam agnóscere, et in poténtia maiestátis adoráre Unitátem : quǽsumus ; ut, eiúsdem fídei firmitáte, ab ómnibus semper muniámur advérsis. Per Dóminum nostrum.Dieu tout-puissant et éternel, vous avez donné à vos serviteurs, dans la confession de la vraie foi, de reconnaître la gloire de l’éternelle Trinité, et d’adorer une parfaite Unité en votre majesté souveraine : faites, nous vous en prions, qu’affermis par cette même foi, nous soyons constamment munis contre toutes les adversités.
Ante 1960 Avant 1960
Et fit Commemoratio Dominicæ occurrentis : On fait mémoire du Dimanche occurrent :
Ant. Nolíte iudicáre, ut non iudicémini : in quo enim iudício iudicavéritis, iudicabímini, dicit Dóminus.Ant. Ne jugez point et vous ne serez point jugés ; car vous serez jugés, dit le Seigneur, selon que vous aurez jugé les autres [32].
V/. Dirigátur, Dómine, orátio mea.V/. Seigneur, que ma prière soit dirigée [33].
R/. Sicut incénsum in conspéctu tuo.R/. Comme un encens en votre présence..
OratioPrière
Deus, in te sperántium fortitúdo, adésto propítius invocatiónibus nostris : et, quia sine te nihil potest mortális infírmitas, præsta auxílium grátiæ tuæ ; ut, in exsequéndis mandátis tuis, et voluntáte tibi et actióne placeámus. Per Dóminum.O Dieu, vous êtes la force de ceux qui espèrent en vous, soyez propice à nos demandes : et puisque la faiblesse de l’homme ne peut rien sans vous, donnez-nous le secours de votre grâce ; afin que fidèles à observer vos commandements, nous puissions vous plaire de volonté et d’action.

A MATINES

Invitatoire, Le vrai Dieu, unité dans la Trinité et Trinité dans l’Unité * Venez adorons., Hymne

Invitatorium · Deum verum, unum in Trinitáte, et Trinitátem in Unitáte, * Veníte, adorémus. · Hymnus

Summæ Parens cleméntiæ,
Mundi regis qui máchinam,
Uníus et substántiæ,
Trinúsque persónis Deus :
Père de souveraine clémence,
qui gouvernez la machine du monde,
Dieu à la substance unique
et Trine dans les personnes :
Da déxteram surgéntibus,
Exsúrgat et mens sóbria,
Flagrans et in laudem Dei
Grates repéndet débitas.
Tendez votre droite à ceux qui se lèvent
et que se dresse une âme sobre,
ardente à la louange de Dieu,
pour rendre les actions de grâces qui sont dues.
Deo Patri sit glória,
Natóque Patris único,
Cum Spíritu Paráclito,
In sempitérna sǽcula.
Amen.
Gloire soit au Père,
au Fils unique du Père
avec l’Esprit Paraclet,
dans les siècles éternels.
Amen.
In I Nocturno
Au 1ᵉʳ Nocturne
Ant. 1 Adésto, unus Deus * omnípotens, Pater, Fílius, et Spíritus Sanctus.
Ant. 1 Secourez-nous, ô Dieu unique * et tout-puissant, Père, Fils et Saint-Esprit.
Ant. 2 Te unum * in substántia, Trinitátem in persónis confitémur.
Ant. 2 O unité * dans la substance, Trinité dans les personnes, nous vous confessons.
Ant. 3 Te semper idem * esse, vívere, et intellígere profitémur.
Ant. 3 Étant toujours le même, * nous professons que vous êtes l’être, la vie et l’intelligence.
V/. Benedicámus Patrem et Fílium cum Sancto Spíritu.
V/. Bénissons le Père et le Fils, ainsi que l’Esprit-Saint.
R/. Laudémus et superexaltémus eum in sǽcula.
R/. Louons-le et exaltons-le souverainement dans les siècles.
ÉpîtreLectio i
1ʳᵉ leçon
De Isaía Prophéta.
Du Prophète Isaïe.
Cap. 6, 1-4.
In anno, quo mórtuus est rex Ozías, vidi Dóminum sedéntem super sólium excélsum et elevátum : et ea, quæ sub ipso erant, replébant templum. Séraphim stabant super illud : sex alæ uni, et sex alæ álteri : duábus velábant fáciem eius, et duábus velábant pedes eius, et duábus volábant. Et clamábant alter ad álterum, et dicébant : Sanctus, sanctus, sanctus Dóminus Deus exercítuum, plena est omnis terra glória eius. Et commóta sunt superliminária cárdinum a voce clamántis, et domus repléta est fumo.
En l’année où est mort le roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur un trône haut et élevé ; et ce qui était sous lui remplissait le temple [8]. Des Séraphins étaient au-dessus du trône : l’un avait six ailes, et l’autre six ailes ; avec deux ils voilaient leur face, et avec deux ils voilaient leurs pieds, et avec deux ils volaient [9]. Et ils se criaient l’un à l’autre, et ils disaient : Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu des armées, toute la terre est pleine de sa gloire. Et les linteaux des gonds furent ébranlés par la voix qui criait, et la maison fut remplie de fumée.
R/. Vidi Dóminum sedéntem super sólium excélsum et elevátum, et plena erat omnis terra maiestáte eius : * Et ea, quæ sub ipso erant, replébant templum.
R/. J’ai vu le Seigneur assis sur un trône haut et sublime, et la terre était pleine de sa majesté [10] : * Et ce qui était au-dessous de lui remplissait le temple.
V/. Séraphim stabant super illud : sex alæ uni, et sex alæ álteri.
V/. Des Séraphins se tenaient au-dessus du trône : l’un avait six ailes, et l’autre six ailes.
* Et ea, quæ sub ipso erant, replébant templum.
* Et ce qui était au-dessous de lui remplissait le temple.
ÉpîtreLectio ii
2ᵉ leçon
Cap. 6, 5-8.
Et dixi : Væ mihi, quia tácui, quia vir pollútus lábiis ego sum, et in médio pópuli pollúta lábia habéntis ego hábito, et Regem Dóminum exercítuum vidi óculis meis. Et volávit ad me unus de Séraphim, et in manu eius cálculus, quem fórcipe túlerat de altári. Et tétigit os meum, et dixit : Ecce tétigit hoc lábia tua, et auferétur iníquitas tua, et peccátum tuum mundábitur. Et audívi vocem Dómini dicéntis : Quem mittam ? et quis ibit nobis ? Et dixi : Ecce ego, mitte me.
Et je dis : Malheur à moi, parce que je me suis tu, parce que moi je suis un homme souillé par mes lèvres, et que j’habite au milieu d’un peuple qui a les lèvres souillées, et que j’ai vu le roi Seigneur des armées de mes yeux. Et vers moi vola un des Séraphins et dans sa main un caillou qu’avec des pincettes il avait enlevé de l’autel. Et il en toucha ma bouche et dit : Cela a touché tes lèvres, et ton iniquité sera effacée, et ton péché sera purifié. Et j’entendis la voix du Seigneur disant : Qui enverrai-je et qui ira pour nous [11] ? Et je dis : Me voici ; envoyez-moi.
R/. Benedíctus Dóminus Deus Israël, qui facit mirabília magna solus : * Et benedíctum nomen maiestátis eius in ætérnum.
R/. Béni le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui fait seul de grandes merveilles [12] : * Et béni le nom de sa majesté éternellement.
V/. Replébitur maiestáte eius omnis terra : fiat, fiat.
V/. Toute la terre sera pleine de sa majesté : qu’il en soit ainsi, qu’il en soit ainsi.
* Et benedíctum nomen maiestátis eius in ætérnum.
* Et béni le nom de sa majesté éternellement.
ÉpîtreLectio iii
3ᵉ leçon
Cap. 6, 9-12.
Et dixit : Vade, et dices pópulo huic : Audíte audiéntes, et nolíte intellígere : et vidéte visiónem, et nolíte cognóscere. Excǽca cor pópuli huius, et aures eius ággrava, et óculos eius claude, ne forte vídeat óculis suis, et áuribus suis áudiat, et corde suo intélligat, et convertátur, et sanem eum. Et dixi : Usquequo, Dómine ? Et dixit : Donec desoléntur civitátes absque habitatóre, et domus sine hómine, et terra relinquétur desérta, et longe fáciet Dóminus hómines, et multiplicábitur quæ derelícta fúerat in médio terræ.
Et il dit : Va, et tu diras à ce peuple : Écoutant, écoutez, et ne comprenez pas ; et voyez la vision, et ne la discernez pas ; aveugle le cœur de ce peuple, et rends ses oreilles sourdes, et ferme ses yeux ; de peur qu’il ne voie de ses yeux, et qu’il n’entende de ses oreilles, et que de son cœur il ne comprenne, et qu’il ne se convertisse et que je ne le guérisse. Et j’ai dit : Jusques à quand, Seigneur ? Et il a dit : Jusqu’à ce que les cités soient désolées, et sans un habitant, et que les maisons soient sans un homme ; et la terre sera laissée déserte. Et le Seigneur éloignera les hommes, et elle se multipliera, celle qui avait été délaissée au milieu de la terre.
R/. Benedícat nos Deus, Deus noster, benedícat nos Deus : * Et métuant eum omnes fines terræ.
R/. Que Dieu, notre Dieu, nous bénisse, que Dieu nous bénisse [13] : * Et que toute la terre soit remplie de sa crainte.
V/. Deus misereátur nostri, et benedícat nos Deus.
V/. Que Dieu ait pitié de nous, et qu’il nous bénisse.
* Et métuant eum omnes fines terræ. Glória Patri. * Et métuant eum omnes fines terræ.
* Et que toute la terre soit remplie de sa crainte. Gloire au Père. * Et que toute la terre soit remplie de sa crainte.
In II Nocturno
Au 2ᵈ Nocturne
Ant. 4 Te invocámus, * te laudámus, te adorámus, o beáta Trínitas.
Ant. 4 Nous vous invoquons, * nous vous louons, nous vous adorons, ô bienheureuse Trinité.
Ant. 5 Spes nostra, * salus nostra, honor noster, o beáta Trínitas.
Ant. 5 Vous êtes notre espérance, * notre salut, notre honneur, ô bienheureuse Trinité.
Ant. 6 Líbera nos, * salva nos, vivífica nos, o beáta Trínitas.
Ant. 6 Délivrez-nous, * sauvez-nous, donnez-nous la vie, ô bienheureuse Trinité.
V/. Benedíctus es, Dómine, in firmaménto cæli.
V/. Vous êtes béni, Seigneur, dans le firmament du ciel [14].
R/. Et laudábilis et gloriósus in sǽcula.
R/. Et louable et glorieux dans les siècles.
ÉpîtreLectio iv
4ᵉ leçon
Ex libro sancti Fulgéntii Epíscopi, de fide ad Petrum.
Du livre de saint Fulgence, Évêque : De la Foi à Pierre.
Inter Opera Augustini, tom. 3
Fides, quam sancti Patriárchæ atque Prophétæ ante incarnatiónem Fílii Dei divínitus accepérunt, quam étiam sancti Apóstoli ab ipso Dómino in carne pósito audiérunt, et Spíritus Sanctus magistério instrúcti non solum sermóne prædicavérunt, verum étiam ad instructiónem salubérrimam posterórum scriptis suis índitam reliquérunt ; unum Deum prǽdicat Trinitátem, id est, Patrem, et Fílium, et Spíritum Sanctum. Sed Trínitas vera non esset, si una eadémque persóna dicerétur Pater et Fílius et Spíritus Sanctus.
La foi que les saints Patriarches et les Prophètes ont reçue de Dieu avant l’incarnation de son Fils, la foi que les saints Apôtres ont recueillie de la bouche du Seigneur conversant dans la chair, que le Saint-Esprit leur a enseignée et qu’ils ont non seulement prêchée par la parole, mais consignée dans leurs écrits pour la salutaire instruction de la postérité, cette foi proclame, avec l’unité de Dieu, la Trinité qui est en lui, c’est-à-dire le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Mais il n’y aurait pas une véritable Trinité, si c’était une seule et même personne qui fût appelée Père, Fils et Saint-Esprit.
R/. Quis Deus magnus sicut Deus noster ? * Tu es Deus, qui facis mirabília.
R/. Quel Dieu est grand comme notre Dieu ? [15] * Vous êtes le Dieu qui faites des merveilles.
V/. Notam fecísti in pópulis virtútem tuam : redemísti in bráchio tuo pópulum tuum.
V/. Vous avez fait connaître parmi les peuples votre puissance : vous avez racheté votre peuple dans la force de votre bras.
* Tu es Deus, qui facis mirabília.
* Vous êtes le Dieu qui faites des merveilles.
ÉpîtreLectio v
5ᵉ leçon
Si enim, sicut est Patris, et Fílii, et Spíritus Sancti una substántia, sic esset una persóna ; nihil omníno esset in quo veráciter Trínitas dicerétur. Rursus quidem Trínitas esset vera, sed unus Deus Trínitas ipsa non esset, si quemádmodum Pater, et Fílius, et Spíritus Sanctus personárum sunt ab ínvicem proprietáte distíncti, sic fuíssent naturárum quoque diversitáte discréti. Sed quia in illo uno vero Deo Trinitáte, non solum quod unus Deus est, sed étiam quod Trínitas est, naturáliter verum est ; proptérea ipse verus Deus in persónis Trínitas est, et in una natúra unus est.
Si en effet le Père, le Fils et le Saint-Esprit étaient une seule et même personne comme ils sont une seule et même substance, il n’y aurait plus lieu à professer une trinité véritable. Pareillement il y aurait trinité, mais cette trinité ne serait plus un seul Dieu, si le Père, le Fils et le Saint-Esprit étaient séparés entre eux par la diversité de leurs natures, comme ils sont distincts par leurs propriétés personnelles. Mais comme il est véritable que cet unique vrai Dieu par sa nature non seulement est un, mais qu’il est Trinité, ce vrai Dieu est Trinité dans les personnes et un dans l’unité de la nature.
R/. Tibi laus, tibi glória, tibi gratiárum actio in sæcula sempitérna, * O beáta Trínitas.
R/. A vous louange, à vous gloire, à vous actions de grâces dans les siècles éternels, * O bienheureuse Trinité.
V/. Et benedíctum nomen glóriæ tuæ sanctum : et laudábile et superexaltátum in sǽcula.
V/. Et que votre nom saint et digne de louange, soit béni et souverainement exalté dans tous les siècles [16]
* O beáta Trínitas.
* O bienheureuse Trinité.
ÉpîtreLectio vi
6ᵉ leçon
Per hanc unitátem naturálem totus Pater in Fílio et Spíritu Sancto est, totus Fílius in Patre et Spíritu Sancto est, totus quoque Spíritus Sanctus in Patre et Fílio. Nullus horum extra quémlibet ipsórum est : quia nemo álium aut præcédit æternitáte, aut excédit magnitúdine, aut súperat potestáte : quia nec Fílio nec Spíritu Sancto, quantum ad natúræ divínæ unitátem pértinet, aut antérior aut maior Pater est ; nec Fílii ætérnitas atque imménsitas, velut antérior aut maior, Spíritus Sancti immensitátem æternitatémque aut præcédere aut excédere naturáliter potest.
Par cette unité de nature, le Père est tout entier dans le Fils et le Saint-Esprit ; le Fils tout entier dans le Père et le Saint-Esprit ; le Saint-Esprit tout entier dans le Père et dans le Fils. Aucune de ces trois personnes ne subsiste séparée et comme en dehors des deux autres, car il n’en est aucune qui précède les autres en éternité, ou qui les dépasse en grandeur, ou qui les surpasse en puissance. Le Père, en ce qui touche à l’unité de la nature divine, n’est ni plus ancien, ni plus grand que le Fils et que l’Esprit-Saint ; de même, l’éternité et l’immensité du Fils ne peut non plus, par la nécessité de la nature divine, surpasser l’éternité et l’immensité du Saint-Esprit.
R/. Magnus Dóminus, et laudábilis nimis : * Et sapiéntiæ eius non est númerus.
R/. Le Seigneur est grand et infiniment digne de louange [17] : * Et sa sagesse n’a point de bornes.
V/. Magnus Dóminus, et magna virtus eius : et sapiéntiæ eius non est finis.
V/. Grand est notre Dieu et grande est sa force, et sa sagesse n’a point de limites. [18].
* Et sapiéntiæ eius non est númerus. Glória Patri. * Et sapiéntiæ eius non est númerus.
* Et sa sagesse n’a point de bornes. Gloire au Père. * Et sa sagesse n’a point de bornes.
In III Nocturno
Au 2ᵈ Nocturne
Ant. 7 Cáritas * Pater est, grátia Fílius, communicátio Spíritus Sanctus, o beáta Trínitas.
Ant. 7 Charité * est le Père, le Fils est la grâce, l’Esprit-Saint en est la communication [19], ô bienheureuse Trinité.
Ant. 8 Verax est * Pater, véritas Fílius, véritas Spíritus Sanctus, o beáta Trínitas.
Ant. 8 Véridique est * le Père, le Fils est vérité, l’Esprit-Saint est vérité [20], ô bienheureuse Trinité.
Ant. 9 Pater, * et Fílius, et Spíritus Sanctus una substántia est, o beáta Trínitas.
Ant. 9 Le Père, * le Fils et le Saint-Esprit sont une seule substance, ô bienheureuse Trinité.
V/. Verbo Dómini cæli firmáti sunt.
V/. Le Verbe du Seigneur a affermi les cieux [21].
R/. Et Spíritu oris eius omnis virtus eórum.
R/. Et le Souffle de sa bouche leur a donné toute leur vertu.
ÉpîtreLectio vii
7ᵉ leçon
ÉpîtreLéctio sancti Evangélii secundum Matthǽum.
Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu.
Cap. 28, 18-20.
In illo témpore : Dixit Iesus discípulis suis : Data est mihi omnis potéstas in cælo et in terra. Eúntes ergo docéte omnes Gentes, baptizántes eos in nómine Patris, et Fílii, et Spíritus Sancti. Et réliqua.
En ce temps-là : Jésus dit à ses disciples : Toute puissance m’a été donnée dans le ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Et le reste.
Homilía sancti Gregórii Nazianzéni.
Homélie de saint Grégoire de Nazianze [22].

Tractatus de fide, post initium

Épître
Quis catholicórum ignórat Patrem vere esse Patrem, Fílium vere esse Fílium, et Spíritum Sanctum vere esse Spíritum Sanctum ? sicut ipse Dóminus ad Apóstolos suos dicit : Eúntes baptizáte omnes Gentes in nómine Patris, et Fílii, et Spíritus Sancti. Hæc est perfécta Trínitas in unitáte consístens, quam scílicet uníus substántiæ profitémur. Non enim nos secúndum córporum conditiónem, divisiónem in Deo fácimus ; sed secúndum divínæ natúræ poténtiam, quæ in matéria non est, et nóminum persónas vere constáre crédimus, et unitátem divinitátis esse testámur.
Quel Catholique ignore que le Père est vraiment Père, le Fils vraiment Fils, et l’Esprit-Saint vraiment Esprit-Saint ? Ainsi que le Seigneur lui-même l’a dit à ses Apôtres : « Allez, baptisez toutes les nations au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. » C’est là cette Trinité parfaite dans l’unité d’une unique substance, à laquelle nous faisons profession de croire. Car nous n’admettons point en Dieu de division à la manière des substances corporelles ; mais à cause de la puissance de la nature divine qui est immatérielle, nous faisons profession de croire, et à la distinction réelle des personnes que nous nommons, et à l’unité de la nature divine.
R/. Benedicámus Patrem et Fílium cum Sancto Spíritu : * Laudémus et superexaltémus eum in sǽcula.
R/. Bénissons le Père et le Fils avec le Saint-Esprit : * Louons-le et exaltons-le souverainement dans les siècles.
V/. Benedíctus es, Dómine, in firmaménto cæli : et laudábilis et gloriósus in sǽcula.
V/. Vous êtes béni, Seigneur, dans le firmament du ciel, et louable, et glorieux dans les siècles [23].
* Laudémus et superexaltémus eum in sǽcula.
* Louons-le et exaltons-le souverainement dans les siècles.
ÉpîtreLectio viii post 1960
8ᵉ leçon après 1960
Nec extensiónem partis alicúius ex parte, ut quidam putavérunt, Dei Fílium dícimus : nec verbum sinere, velut sonum vocis, accípimus : sed tria nómina et tres persónas uníus esse esséntiæ, uníus maiestátis atque poténtiæ crédimus. Et ídeo unum Deum confitémur : quia únitas maiestátis, plúrium vocábulo deos próhibet appellári.
Nous ne disons point, comme quelques-uns l’ont imaginé, que le Fils de Dieu est une extension de quelque partie de Dieu ; nous n’admettons pas non plus un Verbe sans réalité, tel qu’est le simple son de la voix ; mais nous croyons que les trois appellations et les trois personnes ont une même essence, une même majesté, une même puissance. Nous confessons donc un seul Dieu, parce que l’unité de la majesté nous défend de nommer plusieurs Dieux.
ÉpîtreLectio viii ante 1960
8ᵉ leçon avant 1960
Nec extensiónem partis alicúius ex parte, ut quidam putavérunt, Dei Fílium dícimus : nec verbum sinere, velut sonum vocis, accípimus : sed tria nómina et tres persónas uníus esse esséntiæ, uníus maiestátis atque poténtiæ crédimus. Et ídeo unum Deum confitémur : quia únitas maiestátis, plúrium vocábulo deos próhibet appellári. Dénique Patrem et Fílium cathólice nominámus ; duos autem Deos dícere, nec póssumus, nec debémus. Non quod Fílius Dei Deus non sit, immo verus Deus de Deo vero ; sed quia non aliúnde, quam de ipso uno Patre, Dei Fílium nóvimus, perínde unum Deum dícimus. Hoc enim Prophétæ, hoc Apóstoli tradidérunt : hoc ipse Dóminus dócuit, cum dicit : Ego et Pater unum sumus. Unum ad unitátem divinitátis, ut dixi, refert ; Sumus autem, persónis assígnat.
Nous ne disons point, comme quelques-uns l’ont imaginé, que le Fils de Dieu est une extension de quelque partie de Dieu ; nous n’admettons pas non plus un Verbe sans réalité, tel qu’est le simple son de la voix ; mais nous croyons que les trois appellations et les trois personnes ont une même essence, une même majesté, une même puissance. Nous confessons donc un seul Dieu, parce que l’unité de la majesté nous défend de nommer plusieurs Dieux. Enfin nous nommons distinctement, conformément aux règles catholiques du langage, le Père et le Fils, mais nous ne pouvons ni ne devons dire deux Dieux. Ce n’est pas que le Fils de Dieu ne soit Dieu, étant vrai Dieu de Dieu, mais parce que nous savons qu’il n’a point d’autre principe que son Père, nous disons qu’il n’y a qu’un Dieu. C’est là ce que nous ont transmis les Prophètes et les Apôtres ; c’est là ce que le Seigneur lui-même nous a enseigné, quand il a dit : « Moi et mon Père, nous sommes une seule chose » [24]. Par ces mots « une seule chose, » il exprime, comme je l’ai dit, l’unité de la divinité ; et par ceux-ci : « nous sommes, » il marque la pluralité des personnes.
R/. Duo Séraphim clamábant alter ad álterum : * Sanctus, sanctus, sanctus Dóminus Deus Sábaoth : * Plena est omnis terra glória eius.
R/. Deux Séraphins se criaient l’un à l’autre [25] : * Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu des armées : * Toute la terre est pleine de sa gloire.
V/. Tres sunt qui testimónium dant in cælo : Pater, Verbum, et Spíritus Sanctus : et hi tres unum sunt.
V/. Ils sont trois qui rendent témoignage dans le ciel : le Père, le Verbe et l’Esprit-Saint ; et ces trois sont une seule chose [26].
* Sanctus, sanctus, sanctus Dóminus Deus Sábaoth : Glória Patri. * Plena est omnis terra glória eius.
* Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu des armées : Gloire au Père. * Toute la terre est pleine de sa gloire.
ÉpîtreLectio ix post 1960
9ᵉ leçon après 1960
Dénique Patrem et Fílium cathólice nominámus ; duos autem Deos dícere, nec póssumus, nec debémus. Non quod Fílius Dei Deus non sit, immo verus Deus de Deo vero ; sed quia non aliúnde, quam de ipso uno Patre, Dei Fílium nóvimus, perínde unum Deum dícimus. Hoc enim Prophétæ, hoc Apóstoli tradidérunt : hoc ipse Dóminus dócuit, cum dicit : Ego et Pater unum sumus. Unum ad unitátem divinitátis, ut dixi, refert ; Sumus autem, persónis assígnat.
Enfin nous nommons distinctement, conformément aux règles catholiques du langage, le Père et le Fils, mais nous ne pouvons ni ne devons dire deux Dieux. Ce n’est pas que le Fils de Dieu ne soit Dieu, étant vrai Dieu de Dieu, mais parce que nous savons qu’il n’a point d’autre principe que son Père, nous disons qu’il n’y a qu’un Dieu. C’est là ce que nous ont transmis les Prophètes et les Apôtres ; c’est là ce que le Seigneur lui-même nous a enseigné, quand il a dit : « Moi et mon Père, nous sommes une seule chose. » Par ces mots « une seule chose, » il exprime, comme je l’ai dit, l’unité de la divinité ; et par ceux-ci : « nous sommes, » il marque la pluralité des personnes.
ÉpîtreLectio ix ante 1960
9ᵉ leçon avant 1960 [27]
ÉpîtreLéctio sancti Evangélii secundum Lucam.
Lecture du saint Évangile selon saint Luc.
Cap. 6, 36-42.
In illo témpore : Dixit Iesus discípulis suis : Estóte misericórdes, sicut et Pater vester miséricors est. Et réliqua.
En ce temps-là : Jésus dit à ses disciples : Soyez donc miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux. Et le reste.
Homilía sancti Augustíni Epíscopi.
Homélie de saint Augustin, Évêque.

Sermo 15 in Evang. Matthæi de verbis Dómini, post initium

Épître
Duo sunt ópera misericórdiæ, quæ nos líberant, quæ bréviter ipse Dóminus pósuit in Evangélio : Dimíttite, et dimittétur vobis : date, et dábitur vobis. Dimíttite, et dimittétur vobis, ad ignoscéndum pértinet : Date, et dábitur vobis, ad præstándum benefícium pértinet. Quod ait de ignoscéndo, et tu vis tibi ignósci quod peccas, et habes álium, cui tu possis ignóscere. Rursus, quod pértinet ad tribuéndum benefícium, petit te mendícus, et tu es Dei mendícus. Omnes enim quando orámus, mendíci Dei sumus : ante iánuam magni Patrisfamílias stamus, immo et prostérnimur, súpplices ingemíscimus, áliquid voléntes accípere ; et ipsum áliquid ipse Deus est. Quid a te petit mendícus ? Panem. Et tu quid petis a Deo, nisi Christum, qui dicit : Ego sum panis vivus, qui de cælo descéndi ? Ignósci vobis vultis ? ignóscite : Remíttite, et remittétur vobis. Accípere vultis ? date, et dábitur vobis.
Il y a deux œuvres de miséricorde qui délivrent les âmes et que le Seigneur nous propose brièvement dans l’Évangile : « Remettez et il vous sera remis, donnez et il vous sera donné. » Cette parole, « remettez et il vous sera remis » regarde le pardon des offenses ; cette autre, « donnez et il vous sera donné » regarde l’obligation de faire du bien au prochain. Pour ce qui concerne le pardon, d’une part, tu désires que ton péché te soit pardonné, et d’une autre part, tu as à pardonner à ton prochain. Et pour ce qui regarde le devoir de la bienfaisance, un mendiant te demande l’aumône, et tu es toi-même le mendiant de Dieu. Tous en effet, nous sommes, lorsque nous prions, les mendiants de Dieu ; nous nous tenons à la porte de ce père de famille grand et puissant, nous nous y prosternons, nous gémissons dans nos supplications, nous voulons recevoir un don : et ce don, c’est Dieu lui-même. Que te demande le mendiant ? Du pain. Et toi, que demandes-tu à Dieu, sinon le Christ qui a dit : « Je suis le pain vivant, qui suis descendu du ciel » [28]. Voulez-vous qu’il vous soit pardonné ? Remettez et il vous sera remis. Voulez-vous recevoir ? Donnez et l’on vous donnera.

A LAUDES.

Ant. 1 Glória tibi, Trínitas * æquális, una Déitas, et ante ómnia sǽcula, et nunc et in perpétuum.
Ant. 1 Gloire à vous, Trinité * égale, Divinité une qui êtes avant tous les siècles, et maintenant et toujours.
Ant. 2 Laus et perénnis glória * Deo Patri, et Fílio, Sancto simul Paráclito, in sæculórum sǽcula.
Ant. 2 Louange et gloire éternelle * soient à Dieu le Père, et au Fils, et en même temps au saint Paraclet, dans les siècles des siècles.
Ant. 3 Glória laudis * résonet in ore ómnium, Patri, genitǽque Proli, Spirítui Sancto páriter resúltet laude perénni.
Ant. 3 Qu’une louange * résonne sur les lèvres de tous à la gloire du Père et du Fils qu’il engendre, et qu’une même louange éternelle s’adresse au Saint-Esprit.
Ant. 4 Laus Deo Patri, * parilíque Proli, et tibi, Sancte, stúdio perénni, Spíritus, nostro résonet ab ore, omne per ævum.
Ant. 4 Louange à Dieu le Père * et au Fils qui lui est égal, et que notre bouche fasse toujours retentir votre louange avec un constant amour, ô Esprit-Saint.
Ant. 5 Ex quo ómnia, * per quem ómnia, in quo ómnia : ipsi glória in sǽcula.
Ant. 5 Tout est de lui, * tout est par lui, tout est en lui : à lui la gloire dans tous les siècles.
Capitulum Rom. 11, 33.
Capitule
O altitúdo divitiárum sapiéntiæ et sciéntiæ Dei : quam incomprehensibília sunt iudícia eius, et investigábiles viæ eius.
Ô profondeur des richesses de la sagesse et de la science de Dieu : Que ses jugements sont incompréhensibles, et ses voies impénétrables.
Hymnus
Hymne
Tu, Trinitátis Unitas,
Orbem poténter quæ regis,
Atténde laudis cánticum,
Quod excubántes psállimus.
O Vous, Unité de la Trinité,
qui gouvernez le monde dans votre puissance,
daignez prêter attention aux cantiques de louange
que nous vous chantons à notre réveil.
Ortus refúlget Lúcifer,
Præítque solem núntius :
Cadunt ténebræ nóctium :
Lux sancta nos illúminet.
Déjà levé, brille Lucifer,
messager qui devance le soleil :
les ténèbres de la nuit disparaissent :
qu’une lumière sainte nous éclaire.
Deo Patri sit glória,
Eiúsque soli Fílio,
Cum Spíritu Paráclito,
Nunc, et per omne sǽculum. Amen.
Gloire soit à Dieu le Père
et à son Fils unique,
ainsi qu’à l’Esprit Paraclet,
maintenant et dans tous les siècles.
Amen.
V/. Benedicámus Patrem et Fílium cum Sancto Spíritu.
V/. Bénissons le Père et le Fils, ainsi que l’Esprit-Saint.
R/. Laudémus et superexaltémus eum in sǽcula.
R/. Louons-le et exaltons-le souverainement dans les siècles.
Ad Bened. Ant. Benedícta sit * sancta, creátrix et gubernátrix ómnium, sancta et indivídua Trínitas, nunc, et semper, et per infiníta sǽcula sæculórum.
Ant. au Benedictus Qu’elle soit bénie * maintenant et toujours, et dans les siècles infinis, la sainte et indivisible Trinité, qui a créé et qui gouverne toutes choses.
CollecteOratio
Prière
Omnípotens sempitérne Deus, qui dedísti fámulis tuis in confessióne veræ fídei, ætérnæ Trinitátis glóriam agnóscere, et in poténtia maiestátis adoráre Unitátem : quǽsumus ; ut, eiúsdem fídei firmitáte, ab ómnibus semper muniámur advérsis. Per Dóminum nostrum.
Dieu tout-puissant et éternel, vous avez donné à vos serviteurs, dans la confession de la vraie foi, de reconnaître la gloire de l’éternelle Trinité, et d’adorer une parfaite Unité en votre majesté souveraine : faites, nous vous en prions, qu’affermis par cette même foi, nous soyons constamment munis contre toutes les adversités.

Et fit Commemoratio Dominicæ : · On fait mémoire du Dimanche :

Ant. Estóte ergo misericórdes, sicut et Pater vester miséricors est, dicit Dóminus.
Ant. Soyez donc miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux, dit le Seigneur [29].
V/. Dóminus regnávit, decórem índuit.
V/. Le Seigneur a établi son règne, il a été revêtu de gloire [30].
R/. Induit Dóminus fortitúdinem, et præcínxit se virtúte.
R/. Le Seigneur a été revêtu de force, et il s’est ceint.
CollecteOratio
Prière
CollecteOratio
Prière
Deus, in te sperántium fortitúdo, adésto propítius invocatiónibus nostris : et, quia sine te nihil potest mortális infírmitas, præsta auxílium grátiæ tuæ ; ut, in exsequéndis mandátis tuis, et voluntáte tibi et actióne placeámus. Per Dóminum.
O Dieu, vous êtes la force de ceux qui espèrent en vous, soyez propice à nos demandes : et puisque la faiblesse de l’homme ne peut rien sans vous, donnez-nous le secours de votre grâce ; afin que fidèles à observer vos commandements, nous puissions vous plaire de volonté et d’action.
0:00