Sts Nabor et Félix, Martyrs
12 juillet
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Présentation
Présentation
Le même jour où l’Église fête saint Jean Gualbert, elle commémore deux martyrs Milanais (+304), très populaires à Milan au IVᵉ siècle. Saint Ambroise, l’évêque de Milan, en fut le panégyriste dans son commentaire sur l’évangile de saint Luc. Ils étaient chrétiens de Milan, quand ils furent arrêtés et, peu de jours après, décapités ne voulant pas renier le Christ auquel ils avaient donné leur vie. Leur culte s’est étendu au point que leur office pénétra dans le calendrier romain au XIIᵉ siècle.
Fête simple dans la réforme de St Pie V, réduite au rang de commémoraison lors de l’institution de la fête de St Jean Gualbert en 1602.
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Toute l’Église fait écho en ce jour au solennel hommage que Milan continue de rendre, après seize siècles, à deux vaillants témoins du Christ. « Nos martyrs Félix et Nabor, dit saint Ambroise [1], sont le grain de sénevé de l’Évangile. Ils possédaient la bonne odeur de la foi, mais sans qu’elle fût manifestée ; vint la persécution, ils déposèrent leurs armes, inclinèrent la tête, et frappés du glaive, ils répandirent jusqu’aux confins du monde entier la grâce qui se cachait en eux, en sorte que maintenant on peut dire à bon droit que leur voix a éclaté par toute la terre [2] ».
Honorons-les, et méritons leurs suffrages par la prière que l’Église adresse aujourd’hui à Dieu en mémoire de leurs glorieux combats.
Bhx cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Bhx cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Le culte de ces Martyrs était très populaire à Milan au IVᵉ siècle. Paulin en parle dans la vie de saint Ambroise — Sancti Martyres Nabor et Felix celeberrime frequentabantur [3] — et parfois le saint Docteur en parle aussi, lui qui retrouva les corps des martyrs Gervais et Protais qui gisaient ignorés sous le pavement de la basilique sépulcrale des saints Nabor et Félix : Granum sinapis Martyres nostri sunt : Felix, Nabor et Victor. Habebant odorem Fidei, sed latebat. Venit persecutio, arma posuerunt, colla flexerunt, contusi gladio, per totius terminos mundi gratiam sui sparsere martyrii [4]. Le culte envers ces martyrs milanais s’était donc répandu dès lors dans toutes les Églises ; c’est ainsi qu’au moyen âge leur office pénétra même dans le Calendrier romain.
La messe est du Commun Salus autem ; cependant les collectes sont propres, tirées probablement du Léonien. Voici celle qui, dans le concept primitif de la liturgie, met fin en ce jour à la prière litanique de la Grande Doxologie. « Comme, Seigneur, ne nous manquent jamais les fêtes des martyrs à célébrer, — la mention explicite de Nabor et Félix semble une adjonction postérieure qui altère quelque peu le sens, —qu’ainsi ne nous fasse jamais défaut leur intercession ».
Sur les oblations : « Que les suffrages de vos martyrs Nabor et Félix vous rendent agréables, Seigneur, nos oblations ; et puisque nous les offrons en souvenir de leur triomphe, qu’ainsi leurs mérites vous les fassent accepter ».
Après la Communion. — Cette collecte se trouve dans le Sacramentaire Léonien à la fin du mois d’avril, sous le n° XLIII. « Comme aujourd’hui nous réjouit, Seigneur, l’anniversaire de vos saints et la grâce du divin Sacrement, ainsi accordez-nous de jouir d’un si grand bien pour toute l’éternité ».
Cette phrase est un peu obscure, mais il n’est pas difficile d’en pénétrer le sens. Ici le Sacramentaire Léonien demande que la fête des saints et le don de l’Eucharistie, qui, dans la vie mortelle, représentent le gage d’une félicité future qui nous est promise, réalisent dans l’éternité le plein accomplissement de cette divine promesse.
Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique
Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique
Les saints Nabor et Félix. — « A Milan, la mort des saints martyrs Nabor et Félix qui souffrirent au cours de la persécution de Maximien. Les saints étaient deux soldats chrétiens qui servaient dans les légions de l’empereur Maximien Hercule ; accusés de professer la foi des chrétiens, ils furent traduits devant les juges à Milan, et décapités à Lodi (Italie), en 303 ou 304. Les restes des saints martyrs furent déposés à Milan » (Martyrologe). Au XIIᵉ siècle, lorsque l’empereur Frédéric Barberousse eut conquis Milan, il donna les corps des saints Nabor et Félix à l’archevêque de Cologne, Reinald. Celui-ci les fit aussitôt transporter à Cologne avec les corps des trois saints rois mages. Ils y sont encore conservés dans une magnifique chapelle de la cathédrale.
Ce même 12 juillet, Sts NABOR ET FÉLIX, Martyrs
Eodem die 12 Iulii · Ss. NABORIS ET FELICIS · Martyrum
Commemoratio · Commémoraison
Post Septuagesimam, ommissis Allelúia et versu sequenti, dicitur · Après la Septuagésime, on omet l’Alléluia et son verset et on dit :
¶Post Septuagesimam in fine sequentæ antiphonæ Allelúia omittitur. · ¶Après la Septuagésime, on omet l’Allelúia à la fin de l’antienne qui suit.
Office du jour
Office
Leçon des Matines avant 1602.
Il n’y avait pas de leçon propre pour les Sts Nabor et Félix, le bréviaire reprenait la leçon du Commun de plusieurs Martyrs.
Sermon de saint Augustin, Évêque.
Troisième leçon. Toutes les fois que nous célébrons, mes très chers frères, les fêtes des saints Martyrs, espérons de telle sorte obtenir du Seigneur, par leur intercession, des grâces temporelles, qu’en imitant ces Martyrs, nous méritions de recevoir ensuite les biens éternels. Ceux-là célèbrent en vérité les joyeuses solennités des saints Martyrs, qui suivent les exemples des Martyrs. Les fêtes des Martyrs sont, en effet, des exhortations au martyre, des invitations à imiter sans regret ce qu’on célèbre avec joie.