St Agapit, martyr
18 août
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Présentation
Présentation
Décollation de St Agapit - Caravage
Au 4ᵉ jour dans l’Octave de l’Octave de l’Assomption, mémoire de St Agapit, martyr du IIIᵉ siècle.
« Avec la fête de saint Agapit, martyr de Préneste à une trentaine de kilomètres de Rome, nous demeurons encore dans la mouvance des fêtes de saint Laurent. En effet le pape Félix III (483-492) érigea une basilique en son honneur iuxta basilicam sancti Laurentii. Au VIᵉ siècle, on trouve une oraison de la fête de saint Agapit dans le sacramentaire de Vérone. Sa célébration est attestée ensuite tant par l’évangéliaire de 645 que par les sacramentaires grégorien et gélasien. Elle devait se perpétuer jusqu’à nos jours » [1].
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Palestrina, l’ancienne Préneste, députe à la cour de Marie son valeureux et doux martyr Agapit. Par son jeune âge et sa fidélité, il nous rappelle cet autre gracieux athlète, l’acolythe Tarcisius, dont la victoire accompagne de si près au 15 août le triomphe de la Reine du monde, qu’elle s’éclipse en la gloire de celle-ci. Au temps où Valérien persécutait l’Église, à la veille des combats de Sixte et de Laurent, Tarcisius, portant le Corps du Seigneur, est rencontré par des païens qui prétendent le contraindre à leur montrer ce qu’il porte ; mais, serrant sur son cœur le trésor du ciel, il se laisse broyer sous leurs coups « plutôt que de livrer à ces chiens enragés les membres divins » [2]. Agapit, à quinze ans, parcourt au milieu des tourments et des prodiges l’arène que vient de rouvrir à l’ambition des disciples de Jésus le césar Aurélien. Si jeune qu’il fût, le martyr avait pu voir la fin honteuse de Valérien ; or, l’édit nouveau qui lui valut de rejoindre Tarcisius aux pieds de Marie n’était pas encore promulgué dans tout l’empire, qu’Aurélien à son tour était foudroyé par ce Christ de qui seul tiennent leurs couronnes les empereurs et les rois.
Bhx cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Bhx cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Agapit est un martyr de Préneste, recensé aujourd’hui dans le Martyrologe Hiéronymien : In civitate Prenestina, milliario XXXIII, Agapiti.
Félix III lui éleva un sanctuaire près de la basilique de Saint-Laurent ; aussi sa fête pénétra-t-elle dans le Sacramentaire Léonien. Il s’agit donc d’un culte populaire et ancien, même dans la Ville éternelle.
On croit généralement que saint Agapit souffrît le martyre sous Aurélien ; — sa basilique sépulcrale se trouvait in agro, un peu en dehors de Préneste, et on en a découvert les ruines grandioses. Plusieurs inscriptions sépulcrales sollicitent l’intercession d’Agapit ; en voici une fort importante :
...ILLVM • (c’est-à-dire le défunt) • ACCEPTUM • HABEAS • AGABITE • SANCTE • ROGAMVS
EN • PVERVM • PLACIDIANVM • MERENTER • VERSIBVS • DIXI
L’invocation contenue dans une autre inscription, tracée entre 542 et 565, est belle, elle aussi :
DOMINE • AGAPITE • ORA • PRO • ME
Le corps de saint Agapit a été transporté à Corneto en 1437.
La messe est du Commun Lætabitur, sauf l’Évangile et les collectes.
L’Évangile est emprunté à la messe de saint Laurent. Les collectes sont les suivantes :
Prière. — « Que votre Église, Seigneur, ait à se féliciter de la confiance qu’elle a placée dans le bienheureux martyr Agapit, afin que, par ses glorieuses prières, elle puisse persévérer dans votre service et jouir d’une paisible sécurité ». Comme les martyrs ont remporté une victoire décisive sur l’antique adversaire, ils jouissent dans le ciel d’une puissance spéciale pour protéger leurs fidèles des embûches diaboliques.
La liste de Würzbourg assigne pour lecture évangélique le passage Sint lumbi vestri, etc., comme pour le Commun des Confesseurs.
Sur les oblations. — « Recevez, Seigneur, les offrandes que nous vous présentons aujourd’hui, en la fête de celui par le patronage duquel nous espérons être exempts de tout péril ».
Voici une belle collecte, tirée du Gélasien : Munera tibi, Domine, pro sancti Martyris Agapiti passione deferimus ; qui dum finitur in terris, factus est caelesti fide perpetuus [3].
Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique
Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique
Saint Agapit. — Jour de mort : 18 août 257 environ. Tombeau : A Préneste (Italie) ; transféré plus tard à Corneto. Vie : La prière des Heures rapporte ceci : Agapit de Préneste n’avait que 15 ans, mais il aspirait déjà ardemment au martyre. Sur l’ordre de l’empereur Aurélien (vers 257) il fut, à cause de son intrépidité à confesser la foi, cruellement frappé de fouets armés de plomb, puis jeté dans une cave obscure et laissé pendant quatre jours sans nourriture. Il fut alors de nouveau battu de verges et pendu la tête en bas au-dessus d’un feu dégageant une abondante fumée afin qu’il pérît asphyxié ; on versa encore sur lui de l’eau bouillante et on lui brisa les mâchoires. Les fauves lâchés contre lui ne lui firent aucun mal ; il fut enfin décapité à Préneste.
Pratique : Un enfant de 15 ans, un vrai héros ! Que dit-il à la jeunesse d’aujourd’hui ? Le Christ ne vous demande pas de pareilles souffrances, ni votre sang, ni la mort ; mais il vous demande une volonté forte, capable de dire non aux attraits du péché, capable de se soumettre à l’obéissance. Ainsi vous avez l’occasion d’être de jeunes héros.
[1] Cf. Pierre Jounel, Le Culte des Saints dans les Basiliques du Latran et du Vatican au douzième siècle, École Française de Rome, Palais Farnèse, 1977.
[2] Damas, in Callisti.
[3] Nous vous apportons nos offrandes, Seigneur, pour la passion du saint Martyr Agapit ; qui, alors qu’il a connu la fin terrestre, est devenu éternel par la foi céleste.
Commemoratio · Commémoraison
Office du jour
Office
Leçons des Matines avant 1960.
Aux Matines du 4ᵉ jour dans l’Octave de l’Assomption, on commémorait St Agapit par la neuvième leçon
Neuvième leçon. Au temps où Aurélien gouvernait l’empire, et sur l’ordre de cet empereur, Agapit, de Préneste, âgé de quinze ans et très désireux du martyre, fut cruellement flagellé avec des nerfs de bœuf, à cause de son attachement à la religion ; on le jeta ensuite dans un affreux cachot, où il passa quatre jours sans rien manger. A sa sortie de prison, on couvrit sa tête de charbons ardents ; et comme il continuait de rendre grâces à Dieu, il fut frappé de nouveaux coups et suspendu par les pieds au-dessus d’un grand feu, afin d’être étouffé par la fumée. Alors on lui versa sur le ventre de l’eau bouillante et on lui brisa les mâchoires. A ce moment le juge tomba du haut de son tribunal et mourut peu après. Voyant cela, l’empereur, furieux, ordonna d’exposer aux bêtes le saint jeune homme, et comme elles n’osaient le toucher, il fut décapité à Préneste.