Notre-Dame des Douleurs
15 septembre
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Présentation
Présentation
Cette fête, à l’origine propre à l’Ordre des Servites, trouve son origine dans la dévotion du XVIIᵉ siècle ; elle fut étendue à toute l’Église par le pape Pie VII en 1817, afin de rappeler les souffrances que venait de traverser l’Épouse du Christ, et d’abord célébrée comme fête mobile le 3ᵉ dimanche de septembre, puis fixée au 15 septembre, jour octave de la Nativité de la Sᵗᵉ Vierge, par la réforme de Pie X en 1914.
Rubrique avant 1955
Et fit commemoratio S. Nicomedis Mart. : · Et on fait mémoire de St Nicomède, Martyr :
¶ In missis votivis additur Allelúia
Post Septuagesimam, ommissis Allelúia et versu sequenti, dicitur · ¶ Aux messes votives on ajoute Allelúia
Après la Septuagésime, on omet l’Alléluia et son verset et on dit :
Tempore paschali omittitur graduale, et eius loco dicitur : · Pendant le temps pascal, on omet le graduel et à sa place on dit :
Iuxta Crucem lacrimósa,
Dum pendébat Fílius.
Près de la croix était en larmes,
Quand son Fils pendait au bois.
Contristátam et doléntem
Pertransívit gládius.
Toute triste et toute dolente,
Un glaive le transperça.
Fuit illa benedícta
Mater Unigéniti !
La femme entre toutes bénie,
La Mère du Fils de Dieu !
Pia Mater, dum vidébat
Nati poenas íncliti.
Cette tendre Mère pleurait
Son Fils mourant sous ses yeux.
Matrem Christi si vidéret
In tanto supplício ?
Verrait la Mère du Seigneur
Endurer si grand supplice ?
Christi Matrem contemplári
Doléntem cum Fílio ?
Contempler en cette souffrance
La Mère auprès de son Fils ?
Vidit Iesum in torméntis
Et flagéllis súbditum.
Elle vit Jésus dans la peine
Et sous les fouets meurtri.
Natum Moriéndo desolátum,
Dum emísit spíritum.
Mourir tout seul, abandonné,
Et soudain rendre l’esprit.
Me sentíre vim dolóris
Fac, ut tecum lúgeam.
Fais-moi sentir grande tristesse
Pour que je pleure avec toi.
In amándo Christum Deum,
Ut sibi compláceam.
Dans l’amour du Seigneur mon Dieu :
Que je lui plaise avec toi.
Crucifixi fige plagas
Cordi meo válida.
Les plaies de Jésus crucifié
En mon cœur très fortement.
Tam dignáti pro me pati,
Poenas mecum dívide.
Aussi donne-moi de souffrir
Une part de ses tourments.
Crucifíxo condolére,
Donec ego víxero.
Comme toi près du crucifié,
Tant que je vivrai !
Et me tibi sociáre
In planctu desídero.
Me tenir, debout avec toi,
Dans ta plainte et ta souffrance.
Mihi iam non sis amára :
Fac me tecum plángere.
Ne sois pas envers moi trop dure,
Fais que je pleure avec toi.
Passiónis fac consórtem
Et plagas recólere.
Revivre le douloureux sort
Et les plaies, au fond de moi.
Fac me Cruce inebriári
Et cruóre Fílii.
Que la croix me donne l’ivresse
Du sang versé par ton Fils.
Per te, Virgo, sim defénsus
In die iudícii.
O Vierge, assure ma tutelle
A l’heure de la justice.
Da per Matrem me veníre
Ad palmam victóriæ.
Puisse ta Mère me conduire
À la palme des vainqueurs.
Fac, ut ánimæ donétur
Paradísi glória. Amen. Allelúia.
À mon âme, fais obtenir
La gloire du paradis. Amen. Alléluia.
Credo · Credo
Pro S. Nicomede · Pour St Nicomède
Præfatio de B. Maria Virg. Et te in Transfixióne. · Préface de la Sainte Vierge Et en la Transfixion.
Pro S. Nicomede · Pour St Nicomède
Office du jour
Leçons des Matines
AU DEUXIÈME NOCTURNE.
Sermon de saint Bernard, Abbé.
Quatrième leçon. Le martyre de la Vierge nous est révélé tant par la prophétie de Siméon que par l’histoire même de la passion du Seigneur. « Celui-ci, dit le saint vieillard, en parlant de l’enfant Jésus, a été établi en signe que l’on contredira ; et un glaive traversera votre âme, » ajoutait-il en s’adressant à Marie. Oui, ô bienheureuse Mère, un glaive a vraiment percé votre âme, car ce n’est qu’en passant par votre cœur, qu’il a pu pénétrer la chair de votre Fils. Et même, quand ce Jésus, qui est vôtre, eut rendu l’esprit, la lance cruelle n’atteignit pas son âme, c’est votre âme qu’elle traversa l’âme de Jésus n’était déjà plus là, mais la vôtre ne pouvait s’en détacher.
R/. Jésus portant sa croix, * Une troupe de femmes le suivaient, pleurant et se la mentant sur lui. V/. Filles de Jérusalem, pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants. * Une troupe.
Cinquième leçon. La violence de la douleur a donc transpercé votre âme, et ce n’est pas sans raison que nous vous proclamons plus que martyre, puisque le sentiment de la compassion a surpassé en vous toutes les souffrances que peut endurer le corps. Ne fut-elle pas pour vous plus qu’un glaive, cette parole qui traversa réellement votre âme et « atteignit jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit » : « Femme, voilà votre fils ? » Quel échange ! Jean vous est donné à la place de Jésus, le serviteur au lieu du Seigneur, le disciple au lieu du Maître, le fils de Zébédée pour le Fils de Dieu, un homme à la place du vrai Dieu ! À cette parole, comment votre âme si aimante n’aurait-elle pas été transpercée, quand son souvenir seul déchire nos cœurs, bien qu’ils soient de pierre et d’airain ?
R/. Lorsqu’ils furent arrivés au lieu qui est appelé Calvaire, ils le crucifièrent ; * Près de la croix de Jésus, sa Mère se tenait debout. V/. Alors un glaive de douleur transperça son âme bienheureuse. * Près de la Croix.
Sixième leçon. Ne soyez donc pas surpris, mes frères, d’entendre que Marie a été martyre dans son âme. Celui-là seul peut s’en étonner, qui ne se souvient pas d’avoir entendu Paul compter entre les plus grands crimes des Gentils d’avoir été « sans affection. » Un tel défaut est resté loin du cœur de Marie, qu’il soit loin de ses serviteurs. Mais quelqu’un dira peut-être : Marie ne savait-elle pas d’avance que son Fils devait mourir ? Elle le savait sans aucun doute. N’espérait-elle pas qu’il ressusciterait bientôt ? Elle l’espérait avec confiance. Et cependant elle a été affligée de le voir crucifier ? Oui, profondément affligée. Mais qui êtes-vous, mon frère, et à quelle source puisez-vous votre sagesse, pour vous étonner davantage de voir Marie compatir que de voir le Fils de Marie pâtir ? Il aurait pu mourir de la mort du corps, et elle n’aurait pu ressentir celle du cœur ? Jésus est mort par une charité qu’on ne surpasse pas : et le martyre de Marie a eu son principe dans cette charité qui, après celle de Jésus n’a point d’égale.
R/. Joseph d’Arimathie * demanda le corps de Jésus, qui fut détaché de la croix et que sa Mère reçut dans ses bras. V/. La Sunamite affligée tint contre son sein et sur ses genoux son fils mort. * Demanda. Gloire au Père. * Demanda.
AU TROISIÈME NOCTURNE.
Lecture du saint Évangile selon saint Jean.
En ce temps-là : Étaient debout près de la croix de Jésus, sa mère, et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie-Madeleine. Et le reste.
Homélie de saint Ambroise, Évêque.
Septième leçon. La Mère de Jésus était debout près de la croix ; et quand les hommes s’enfuyaient, elle restait là, intrépide. Voyez si la Mère de Jésus a pu devenir timide, n’ayant point changé de sentiments ? Ses yeux pleins de tendresse contemplaient les blessures de son Fils, qu’elle savait être la rédemption de tous. Elle n’était pas indigne d’assister à ce spectacle, cette Mère qui n’aurait pas craint pour sa propre vie. Le Fils était suspendu en croix, la Mère s’offrait aux bourreaux.
R/. Qu’avez-vous ressenti, ô Mère des douleurs, * Quand Joseph enveloppa votre Fils du suaire et le déposa dans le sépulcre ? V/. Prêtez attention et voyez s’il est une douleur comme ma douleur. * Quand.
Huitième leçon. En face de la croix de son Fils, Marie, la Mère du Seigneur, se tenait debout. De tous les Évangélistes, saint Jean est le seul à m’apprendre ce détail. Les autres nous ont raconté comment, durant la passion, la terre avait tremblé, le ciel s’était couvert de nuages, le larron avait obtenu le paradis après l’humble aveu de ses fautes. Mais Jean m’a enseigné ce que je ne trouve dans nul autre : la manière dont le Sauveur crucifié adressa la parole à Marie. Il semble attacher plus d’importance aux pieux devoirs que Jésus, vainqueur des supplices, rendait à sa Mère, qu’à la promesse même du royaume des cieux. Le pardon que reçut le larron doit, il est vrai, exciter notre piété, mais il y a encore une douceur plus abondante à contempler le Christ honorant sa Mère d’une si grande affection. R/. * , y. Afin. Gloire au Père. Afin.
R/. Que dans votre cœur ne cessent de retentir les gémissements de votre Mère, * Afin que, dans leur plénitude, vous receviez miséricorde et bénédiction. V/. Salut, Reine magnanime, première rose des Martyrs, ô vous, le lis des Vierges. * Afin. Gloire au Père. * Afin.
Neuvième leçon. « Voici, dit-il, ton fils ; voici ta mère. » Le Christ, du haut de la croix, faisait son testament ; il partageait entre sa mère et son disciple les devoirs de la piété. Le Seigneur établissait non seulement un testament général1, mais encore un testament dans sa propre famille et, ce testament, Jean le signait en digne témoin d’un tel testateur. Testament excellent, où il s’agit non d’argent, mais de vie éternelle ; testament écrit non avec de l’encre, mais par l’Esprit du Dieu vivant, qui dit : « Ma langue est celle d’un écrivain qui écrit avec rapidité. »