Samedi des Quatre-Temps de Septembre
Commentaires
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Dom Guéranger ne donne pas un cométaire particulier pour chacun des trois jours des Quatre-Temps de Septembre, seulement une explication générale qu’on retrouvera ici.
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Veillée stationnale à Saint-Pierre.
La messe nocturne d’aujourd’hui, à Saint-Pierre, conserve le dernier souvenir des antiques veillées qui, durant les trois premiers siècles, se célébraient chaque dimanche. Cet usage remonte jusqu’aux temps apostoliques, mais à Rome la dernière persécution de Dioclétien dut en rendre impossible l’observance ; — déjà Sixte II avait été surpris tandis qu’il présidait une synaxe dominicale dans une trichera sur le cimetière de Callixte, et il avait payé de la vie son acte de courage — aussi au IVᵉ siècle, l’antique rite vigilial ayant presque complètement disparu à Rome, seules survécurent dans l’usage commun d’alors les vigiles des apôtres Pierre et Paul, de saint Laurent, des saints Jean et Paul, de quelques autres martyrs et celles qui suivaient les samedis des Quatre-Temps.
Maintenant encore, la messe de ce jour, avec ses sept lectures et le verset de psaume à l’offertoire : In die clamavi et nocte, conserve quelques traits de son caractère nocturne primitif.
L’introït est tiré du psaume 94, et invite l’âme à s’humilier devant la majesté du Dieu juste et miséricordieux ; juste, parce que dans les flammes de sa sainteté il venge tout ce qu’il trouve de défectueux en ses fils ; miséricordieux, parce que, même dans l’exercice de cette justice, il s’inspire d’un immense amour. « Venez, adorons Dieu, prosternons-nous devant le Seigneur, pleurons en présence de Celui qui nous a créés, car c’est le Seigneur notre Dieu, à qui est bien connue la faiblesse de notre être. » Elle lui est connue, parce que, dans l’excès de sa condescendance, il a voulu se recouvrir lui aussi de cette chair humaine et subir l’épreuve de notre vie tourmentée.
Après la prière litanique [1] qui, aujourd’hui, n’est plus à sa place, puisque, à cause des ordinations, à Rome, elle était retardée jusqu’après la lecture de l’Apôtre, on récite, en guise de conclusion, la belle collecte suivante : « Dieu éternel et tout-puissant qui, au moyen du jeûne salutaire, réparez les corps non moins que les âmes ; nous conjurons humblement votre majesté, afin que, apaisé par les pieuses prières de tout un peuple qui célèbre le jeûne solennel, vous nous accordiez les secours de la vie présente et la gloire de la vie future. » Suit la lecture du Lévitique, qui rattache le jeûne de cette semaine au jeûne hébraïque correspondant à la solennité de l’Expiation, qui se célébrait précisément le dixième jour du septième mois. Il semble toutefois que cette relation du jeûne des féries d’automne avec la solennité de l’Expiation juive soit seulement postérieure ; elle daterait du temps où, à de nombreuses institutions liturgiques de la première heure, on voulut attribuer une origine biblique.
La pénitence dont il est question ici consistait surtout dans le jeûne, qui cessait au coucher du soleil. Donnant à tout ce passage un sens spirituel beaucoup plus étendu, nous pouvons affirmer la nécessité universelle de la pénitence pour toute l’humanité prévaricatrice : Nisi poenitentiam egeritis, omnes similiter peribitis.
Le graduel est tiré du psaume 78, et il est commun au samedi des Quatre-Temps de mars, après la première lecture. C’est un chant de pénitence qui s’accorde admirablement avec le passage du Lévitique récité tout à l’heure. La collecte sacerdotale met fin à la première lecture.
La seconde lecture du Lévitique, qui, dans le texte sacré, fait suite à la précédente, décrit la solennité des Tabernacles, laquelle durait une semaine entière et se terminait par la fête de l’Expiation. Pendant ce temps, en souvenir des tentes dressées dans le désert durant les quarante premières années qui suivirent la sortie d’Égypte, le peuple d’Israël demeurait dans des cabanes recouvertes de palmes et de branches d’arbres, ce à quoi fait justement allusion le psaume 117 : « Fêtez dans les tabernacles ombragés le jour solennel. »
Suit le graduel, tiré du psaume 83, exactement comme aux Quatre-Temps de mars. La collecte du président de l’assemblée met fin au chant responsorial.
La lecture suivante, de Michée, décrit l’infinie bonté de Dieu qui pardonne au pécheur et submerge ses fautes au plus profond de la mer pour ne se souvenir que de sa miséricorde et des promesses qu’il a faites à Abraham et à sa descendance spirituelle.
Le graduel tiré du psaume 89 est commun à la grande pannuchis de mars. Suit la belle collecte sacerdotale où est mis en relief le double caractère du jeûne chrétien, grâce auquel se refrène la chair par la pénitence corporelle, afin que l’esprit reconquière contre elle tout son empire, cette vigueur en somme qui est nécessaire pour dominer la violence des passions déréglées : « Faites, Seigneur, que, tandis que nous nous abstenons des aliments corporels, nous fassions aussi jeûner les vices qui sollicitent notre âme. Par notre Seigneur. »
Suit un passage de Zacharie, où, aux anciennes menaces de vengeance contre les pécheurs, s’opposent les plus tendres promesses pour celui qui, repentant, retourne au Seigneur. La vraie conversion est intime et intérieure ; elle consiste dans la pratique de la loi divine, dont on doit observer surtout le contenu spirituel. De son côté, le Seigneur fera que les jours de deuil de jadis, comme les jeûnes hébraïques des IVᵉ, VIIᵉ et Xᵉ mois, se convertissent en autant de sources de joie et de prospérité pour le nouveau peuple qui aime la vérité et la paix.
Le répons-graduel, pris au psaume 140, le psaume vespéral par excellence, est commun, lui aussi, à la pannuchis de mars. Ensuite vient la collecte sacerdotale où, par les mérites du jeûne public et solennel que célèbre la communauté chrétienne de Rome — il ne faut jamais perdre de vue qu’il s’agit d’une institution liturgique purement romaine — on implore le pardon des péchés.
Suit, comme aux autres pannuchis de décembre et de mars, la lecture de Daniel avec le Cantique des Bénédictions, qui sert comme de chant de transition entre l’office de vigile et la messe. Après les Benedictiones, venait la grande litanie avec les ordinations des nouveaux diacres et prêtres titulaires romains. Après la chirotesia [2] l’archidiacre leur imposait les oraria, ou étoles, prises sur la tombe de saint Pierre, comme le pallium des évêques. Après la Communion, le Pape remettait aux nouveaux prêtres un des pains consacrés afin que, pendant huit jours, ils en déposassent un fragment dans leur calice, pour signifier que leur sacrifice était comme une extension et une continuation de celui du Pontife consécrateur. Ce rite se retrouve aussi en Orient.
Après la messe, le clergé et les fidèles des respectifs titres urbains accueillaient les nouveaux prêtres titulaires et les conduisaient triomphalement à leur siège. Le Pape avait déjà fait aux ordonnés de splendides présents en nature, baume, grain, vin, huile, ornements sacrés et vases liturgiques. En avant du cortège marchaient quelques valets avec des encensoirs et des candélabres, afin de dissiper les ténèbres de la nuit à travers les étroites rues de Rome, ornées pour la circonstance de guirlandes, de lauriers et de tentures. La foule présente acclamait : Vivat ! N.N. presbyterum sanctus Petrus elegit.
Le nouvel élu s’avançait sur un cheval blanc recouvert du caparaçon de peluche blanche qui constituait l’insigne honorifique spécial de tout le clergé de Rome. Comme pour la consécration du Pape, ainsi pour la solennelle chevauchée des nouveaux prêtres titulaires, les chantres exécutaient le long de la route les laudes traditionnelles, et la fête se terminait par un splendide banquet, préparé dans les salles dépendantes de l’église titulaire du nouvel ordonné.
Cette tradition de l’ordination des prêtres titulaires de Rome et de leur cavalcade d’installation à l’occasion des Quatre-Temps a laissé de longues traces dans les usages de la Cour pontificale. En effet, jusqu’à ces derniers siècles, la création des nouveaux cardinaux coïncidait régulièrement avec les jeûnes des Quatre-Temps, et ils commençaient leurs nouvelles fonctions par une pompeuse cavalcade, de la porte du Peuple au Vatican.
Dans le passage de l’épître aux Hébreux qui précède la lecture évangélique, il est question du rite juif de la solennité de l’Expiation, alors que le grand prêtre pénétrait, une fois par an, dans le Saint des saints, pour y offrir le sang du sacrifice. De la répétition de ce rite annuel, l’Apôtre conclut à son inefficacité et à son inutilité ; tandis que Jésus, Pontife éternel du Nouveau Testament, par un sacrifice unique mais parfait, a sanctifié le peuple chrétien, lui ouvrant définitivement les portes du céleste sanctuaire.
Suit le graduel, tiré du psaume 116, qu’on a coutume à Rome de chanter après que sont accomplies les ordinations sacrées. Le temps automnal fait que la parabole évangélique de ce jour sur le figuier stérile (Luc., 13, 6-17) est loin d’être hors de saison. Ce figuier est le symbole de la Synagogue et de ces âmes qui, prévenues de Dieu par des grâces abondantes, se contentent de rites extérieurs mais vains qui, à l’égal des feuilles, cachent la stérilité de l’arbre, sans rapporter aucun fruit véritable d’œuvres vertueuses. Le règne de Dieu ne consiste ni en paroles ni en cérémonies, il est essentiellement spirituel et intérieur.
Saint Grégoire le Grand commenta au peuple la lecture évangélique de ce jour dans la basilique de Saint-Laurent, ou, selon quelques manuscrits, à Saint-Pierre même, à l’occasion de la veillée nocturne. Cette dernière particularité est toutefois moins probable, puisque tout le contexte du discours ne contient aucune allusion à cette circonstance très importante. Il ne convient donc pas d’y insister beaucoup, d’autant plus que les anciennes listes d’évangiles ont été plusieurs fois modifiées.
Le verset de l’offertoire est tiré de l’habituel psaume vigilial 87, chanté ordinairement en toutes ces solennelles pannuchis romaines. L’âme élève sa prière vers le Seigneur non seulement le jour, mais aussi la nuit, et cela pour plusieurs raisons. Outre l’exemple que nous en a donné Jésus lui-même quand, après les fatigues du ministère évangélique accompli durant le jour, il montait le soir sur quelque sommet et erat pernoctans in oratione Dei, la prière nocturne correspond à un vrai besoin de l’âme. Si l’âme est toute embrasée d’amour de Dieu, elle ne peut pas se résigner à laisser s’écouler stériles les longues heures de la nuit sans rendre au Seigneur l’hommage de la reconnaissance et de la parfaite charité. C’est au nom de ces âmes qu’Isaïe a dit : Anima mea desideravit te in nocte [3].
Si au contraire l’âme est encore dans la voie des progressants et, en outre, est enveloppée par les ténèbres des tentations, — une nuit obscure spirituelle, — en cet état la prière assidue est encore nécessaire, puisque le Psalmiste, décrivant précisément cet état d’âme, dit : In die clamavi et nocte coram te [4].
Enfin si l’âme se sent abattue sous le poids écrasant de ses fautes, en ce cas aussi son salut est dans la prière, à l’imitation du Psalmiste pénitent qui chantait : lavabo per singulas noctes lectum meum, lacrymis meis stratum meum rigabo [5]. C’est pour tous ces motifs que l’Église, enseignée par le Christ et par les Apôtres, a institué la prière nocturne comme une partie de l’office divin, à la célébration solennelle et splendide de laquelle se vouent de préférence les Ordres monastiques, conformément à ce qui est écrit : non extinguetur in nocte lucerna eius [6].
La secrète est commune au dimanche dans l’octave de Noël. On y demande deux grâces symbolisées par la sainte Eucharistie : la consécration constante de toutes nos facultés au service de Dieu — voici le sens primitif de la devotio des latins — et aussi l’achèvement de cette consécration dans le ciel, quand Dieu, au moyen de la Vision béatifique, prendra entière et perpétuelle possession de l’âme fidèle, confirmée dans la charité, de telle sorte qu’il sera alors omnia in omnibus.
Le verset pour la Communion est tiré du texte du Lévitique lu précédemment (23, 41 et 43). « Le septième mois, vous célébrerez la fête commémorative du temps où je fis habiter sous les tentes les fils d’Israël, alors que moi, le Seigneur, votre Dieu, je les tirai de l’Égypte. » Cette solennité prélude à celle que nous célébrerons dans le tabernacle céleste, alors que les six mois étant écoulés qui figurent le temps pénible de la vie présente, Dieu nous introduira dans le sabbat de son repos. En ce septième temps, déjà sanctifié et béni par le Seigneur dès l’origine du monde, nous élèverons à Dieu un hymne d’action de grâces, et ce sera l’hymne de la revanche, le chant de ceux qui ont été sauvés des ondes de la mer Rouge, le cantique des rapatriés.
Dans la collecte d’action de grâces, on demande au Seigneur que la divine grâce dont l’Eucharistie est la source vive, obtienne en nous sa pleine efficacité ; en sorte que cette union mystique de notre âme avec Dieu, telle qu’elle est en ce moment symbolisée par le Sacrement, atteigne dans le ciel toute sa perfection. La divine Eucharistie est, en effet, une grâce — étymologiquement, Eucharistie signifie la bonne grâce — et une promesse. C’est une grâce, en tant qu’elle nous rend capables de participer à la nature divine, en nous entraînant à une vie de sainteté et de perfection ; mais en même temps elle est aussi une promesse, parce que Jésus, au dire de saint Jean, donne gratiam pro gratia, et quand, au ciel, Il soustraira à notre foi les Espèces du Sacrement, Il donnera à notre amour, précisément grâce à l’Eucharistie, tout ce que notre cœur, ici-bas, se promettait d’atteindre.
La liturgie de ce jour insiste à ce point sur le souvenir de la fête juive de l’Expiation et des Tabernacles, pour nous persuader de la nécessité de la pénitence, sans laquelle on ne peut arriver à la gloire. Pour être efficace, cette pénitence doit être toutefois unie aux peines de Jésus qui, au moyen de sa passion, a sanctifié et rendu méritoires toutes nos souffrances.
La fête des Tabernacles doit nous inspirer en outre un abandon filial à la divine Providence, laquelle, pendant quarante années, a fait habiter sous les tentes dans le désert le peuple d’Israël, le nourrissant chaque jour d’un aliment miraculeux, et sans que, durant un si long laps de temps, ses vêtements eux-mêmes ne vinssent à s’user.
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
On trouvera le commentaire général de Dom Pius Parsch sur les Quatre-Temps de Septembre ici. C’est aujourd’hui une journée de réconciliation et d’action de grâces.
La Messe (Venite). — Le samedi des Quatre-Temps doit être un grand jour d’action de grâces pour tous les bienfaits du trimestre passé. C’est justement en automne, à l’époque où nous récoltons les fruits de la nature, que nous devons prendre davantage conscience des bienfaits de Dieu, aussi bien temporels que spirituels. Autrefois, la messe était un sacrifice d’action de grâces et en même temps un renouvellement de l’alliance avec Dieu. A la messe, l’Église nous montre précisément que les Quatre-Temps sont le prolongement de la fête juive de l’ombre, de la fête de l’Expiation et de la fête des Tabernacles, donc des jours de pénitence et d’action de grâces ! La messe se célébrait dans la nuit du samedi au dimanche, était obligatoire pour tous les fidèles et particulièrement solennelle. Nous nous réunissons à Saint-Pierre.
Comme Introït, nous chantons l’invitatoire des matines de la nuit ; c’est en même temps un hommage de respect au Divin Roi sur son trône, — une prostration selon l’usage de l’ancien temps (cf. le vendredi-saint).
Les lectures nous font pénétrer la signification profonde des Quatre-Temps ; en union avec la fête juive du septième mois, avec la fête de l’Expiation et avec celle des Tabernacles, les Quatre-Temps de septembre sont une pénitence pour les fautes passées et une action de grâces pour la moisson et pour la rédemption ; tel est aussi le contenu des leçons.
La première donne les prescriptions de Moïse au sujet de la fête juive de l’Expiation ; la seconde, les prescriptions concernant la fête des Tabernacles, la grande fête d’action de grâces des Juifs. Les deux Graduels sont un écho des leçons correspondantes : le premier commence par : « Pardonne » (jour d’expiation) ; le second est emprunté au joyeux psaume 83, ayant pour objet le Temple : « Qu’ils sont aimables, tes tabernacles ! » (tes tentes).
Les deux leçons suivantes sont tirées des prophètes Michée et Zacharie ; c’est l’affirmation consolante que Dieu est prêt à pardonner les péchés et à témoigner de la « bonté » à son peuple, à condition que celui-ci lui soit fidèle. Dieu accepte le jeûne que nous lui offrons avec joie : « Le jeûne du quatrième, du cinquième, du septième et du dixième mois seront pour la maison de Juda des jours de réjouissance et d’allégresse et de joyeuse solennité » ; c’est là l’esprit de nos Quatre-Temps.
La cinquième leçon est déjà, comme aux autres samedis de Quatre-Temps, un office du matin : l’assemblée des fidèles récite les Laudes ; les trois jeunes gens dans la fournaise sont l’image de la résurrection et du martyre.
Dans l’Épître, saint Paul montre comment les cérémonies de l’Ancien Testament sont une préfiguration du Nouveau : notre fête de l’Expiation, c’est le vendredi-saint, où le Divin Grand-Prêtre est entré dans le Saint des saints du ciel avec son propre sang et nous a procuré une éternelle rédemption ; chaque messe est un souvenir du vendredi-saint. L’Épître nous introduit ainsi dans le sacrifice eucharistique.
Dans le Trait, nous chantons le psaume de Laudes et nous remercions Dieu de sa miséricorde dans l’œuvre de la rédemption et de sa fidélité à tenir ses promesses passées.
Maintenant paraît le Grand-Prêtre lui-même, d’abord « enseignant au jour du sabbat » (dans l’avant-messe), puis s’offrant lui-même en sacrifice (à la messe). Nous sommes le « figuier stérile dans le vignoble » et la femme courbée. Le maître, c’est Dieu ; le Christ est le jardinier qui intercède pour nous tant que nous sommes stériles. De même, nous ressemblons à la femme courbée, entièrement plongés dans les choses de la terre, « incapables de nous redresser » ; mais, aujourd’hui, au jour du « sabbat » chrétien, le Christ veut « nous délivrer des chaînes de Satan » et nous « redresser » spirituellement. L’Évangile est donc encore une image et un exposé de la grâce de la rédemption à laquelle nous participons dans la messe d’aujourd’hui.
A la Communion, nous évoquons encore une fois la fête des Tabernacles, mémorial de la délivrance d’Égypte et de la traversée du désert — l’Eucharistie est une réalité : le mémorial de la Rédemption et la vraie Manne.
SAMEDIdes Quatre-Temps de Septembre, Station à St-Pierre, Messe Complete
SABBATOQuatuor Temporum Septembris · Statio ad S. Petrum · Forma Missæ Longior
¶ Hæc forma adhibenda est in Missa conventuali et in Missa, in qua Ordines conferuntur ; in ceteris Missis adhiberi potest forma brevior ut infra.
¶ Ce formulaire dout être utilisé à la messe conventuelle et à la messe où l’on confère les ordinations ; pour les autres messes, on peut utiliser la forme brève qui suit.
¶ In sabbato Quatuor Temporum, Missa, in qua Ordines conferuntur, dicenda est de sabbato, etiam festo I vel II classis occurrente, et in ea additur oratio ritualis « In collatione Ordinum » sub unica conclusione cum oratione quæ sequitur Dóminus vobíscum, et omittuntur omnes commemorationes, nisi sint privilegiatæ.
¶ Le Samedi des Quatre-Temps, la messe où l’on confère les ordinations doit être celle du samedi, même si ce jour là tombe une fête de Iʳᵉ ou Iᵉ classe ; on y ajoute l’oraison « Pour la collation des Ordres » sous la même conclusion à l’oraison qui suit le Dóminus vobíscum, et on omet toutes les autres commémoraisons, sauf celles privilégiées
¶ Præcedens oratio sine Flectámus génua sumitur ad commemorandum sabbatum Quatuor Temporum · ¶ L’oraison précédente, sans le Flectámus génua, est prise s’il faut commémorer le Samedi des Quatre-Temps
Et benedíctum nomen glóriæ tuæ, quod est sanctum. Et laudábile et gloriósum in sǽcula.
Benedíctus es in templo sancto glóriæ tuæ. Et laudábilis et gloriósus in sǽcula.
Benedíctus es super thronum sanctum regni tui. Et laudábilis et gloriósus in sǽcula.
Benedíctus es super sceptrum divinitátis tuæ. Et laudábilis et gloriósus in sǽcula.
Benedíctus es, qui sedes super Chérubim, íntuens abýssos. Et laudábilis et gloriósus in sǽcula.
Benedíctus es, qui ámbulas super pennas ventórum et super undas maris. Et laudábilis et gloriósus in sǽcula.
Benedícant te omnes Angeli et Sancti tui. Et laudent te et gloríficent in sǽcula.
Benedícant te cæli, terra, mare, et ómnia quæ in eis sunt. Et laudent te et gloríficent in sǽcula.
Glória Patri, et Fílio, et Spirítui Sancto. Et laudábili et glorióso in sǽcula.
Sicut erat in princípio, et nunc, et semper : et in sǽcula sæculórum. Amen. Et laudábili et glorióso in sǽcula.
Benedíctus es, Dómine, Deus patrum nostrórum. Et laudábilis et gloriósus in sǽcula.
Bénis soit le nom de ta gloire qui est saint, à Toi louange et gloire éternellement.
Bénis sois-tu dans le temple saint de ta glore, à Toi louange et gloire éternellement.
Bénis sois-tu sur le saint trône de ton règne, à Toi louange et gloire éternellement.
Bénis sois-tu sur le sceptre de ta divinité, à Toi louange et gloire éternellement.
Bénis sois-tu qui siège sur les Chérubins, dominant l’abyme, à Toi louange et gloire éternellement.
Bénis sois-tu qui marches sur les ailes du vent et avances sur les flots de la mer, à Toi louange et gloire éternellement.
Que tous les Anges et tes sainst te bénissent, qu’ils te louent et te glorifient éternellement.
Que les cieus la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent te bénissent, qu’ils te louent et te glorifient éternellement.
Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, louange et gloire éternellement.
Comme il était au commencement, maintenant et dasn les siècles des siècles. Amen. louange et gloire éternellement.
Tu es bénis Seigneur, Dieu de nos pères, à Toi louange et gloire éternellement.
Orémus.
Prions.
Et dicuntur aliæ orationes forte occurrentes · Et on dit les autres oraisons occurentes
Præfatio Communis. · Préface commune.
¶ Hæc forma adhiberi potest extra Missam conventualem et Missam in qua Ordines conferuntur. · ¶ On peut utiliser ce formulaire, en dehors de la Messe conventuelle et de la Messe où l’on confère les Ordres.
¶ Præcedens oratio sine Flectámus génua sumitur ad commemorandum sabbatum Quatuor Temporum · ¶ L’oraison précédente, sans le Flectámus génua, est prise s’il faut commémorer le Samedi des Quatre-Temps
Orémus.
Prions.
Et dicuntur aliæ orationes forte occurrentes · Et on dit les autres oraisons occurentes
Præfatio Communis. · Préface commune.
Office du jour
Office
Leçons des Matines
Lecture du saint Évangile selon saint Luc.
En ce temps-là : Jésus dit à la foule cette parabole : Un homme avait un figuier planté dans sa vigne ; et il vint y chercher du fruit, et n’en trouva point. Et le reste.
Homélie de saint Grégoire, Pape.
Première leçon. Notre Seigneur et Rédempteur, dans son Évangile, s’adresse à nous tantôt par des paroles, tantôt par des faits ; quelquefois il parle d’une façon en paroles, d’une autre, en actions ; parfois il exprime la même chose en paroles qu’en actions. Vous avez en effet, mes frères, entendu parler de deux choses dans- la lecture de l’Évangile : d’un figuier stérile, et d’une femme courbée : au sujet de l’un et de l’autre, notre piété doit s’exercer. Le Sauveur cite le figuier en forme de comparaison, il guérit la femme par un miracle visible aux yeux. Mais le figuier stérile signifie la même chose que la femme courbée, et le figuier qui obtient un délai la même chose que la femme redressée.
Deuxième leçon.Que signifie le figuier, sinon la nature humaine ? Que signifie, que montre la femme courbée, si ce n’est la même nature ? Cette nature a été, et bien plantée comme le figuier, et bien créée comme la femme : mais tombée de son plein gré dans la faute, .elle ne conserve pas le fruit des soins de son maître ni l’état de rectitude. Se jetant en effet vers le péché de sa volonté, elle a perdu la droiture parce qu’elle n’a pas voulu porter les fruits de l’obéissance. Elle, créée à l’image de Dieu, en ne persistant pas dans sa dignité, a dédaigné de conserver l’état dans lequel elle avait été plantée ou créée. C’est pour la troisième fois que le maître de la vigne vient au figuier, parce qu’il a recherché le genre humain avant la loi, sous la loi, sous le règne de la grâce : en l’attendant, en l’avertissant, en le visitant.
Troisième leçon. Il est venu avant la loi, parce que chacun, par son intelligence naturelle, a appris comment il devait agir à l’égard de son prochain. Il est venu sous la loi, parce qu’il a enseigné par des préceptes. Il est venu après la loi, par la grâce, parce qu’il a montré, en la faisant paraître, la présence de sa bonté. Et cependant il se plaint de n’avoir pas, en trois ans, trouvé de fruit, parce que la loi naturelle, qui nous est innée, ne corrige pas les esprits de certains hommes pervers, que les préceptes ne les instruisent pas, que les miracles de son incarnation ne les convertissent pas. Qu’est-ce qui est signifié par celui qui cultive la vigne, sinon l’ordre des supérieurs ? Eux qui, en dirigeant l’Église, s’occupent assurément de la vigne du Seigneur.