Sts Tryphon, Respice et Nymphe, vierge, martyrs
10 novembre
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Présentation
Présentation
St Tryphon, martyr phrygien, est inscrit au martyrologe hiéronymien le 3 juillet avec plusieurs des saints du 10 novembre.
La fête du 10 novembre est sans doute due à la reconstruction de la basilique Saint-Tryphon en 1006 où se tenait la station du samedi suivant les cendres : St Tryphon appartenant au groupe des Anargyres ou thaumaturges orientaux, l’évangile choisi pour ce jour de carême est un évangile où Notre-Seigneur apparaît comme thaumaturge. Elle a été détruite en 1738.
On ne sait rien de sûr au sujet de Respice.
Nymphe, martyr de Palerme. Sa dépouille fut ramenée à Rome, d’où sa popularité.
Fête inscrite au calendrier au XIIᵉ siècle, devint commémoraison lors de l’inscription de la fête de St André Avellin en 1725.
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Rome nous invite à donner avec elle, en ce jour, un souvenir au groupe des Martyrs qui forment la protection et la richesse de son grand hôpital du Saint-Esprit, où ils reposent sous l’autel majeur. L’église de Saint-Augustin, voisine de l’ancienne église stationnale de saint Tryphon, possède elle-même une partie des précieux restes de ce dernier.
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Station à Saint-Tryphon.
Saint Tryphon, et un enfant nommé Respice, furent, croit-on, martyrisés à Nicée durant la persécution de Dèce (250). Au temps de Justinien, il y avait une église de saint Tryphon à Constantinople ; Rome en possédait également une fort ancienne, où se tenait la station le samedi précédant le Iᵉʳ dimanche de Carême. Cela démontre la faveur dont jouissait le culte de ce Saint, qui appartient d’ailleurs au groupe des anargyres ou thaumaturges orientaux.
Il est remarquable que l’Évangile du jour de la station quadragésimale à Saint-Tryphon nous montre Jésus sous l’aspect de thaumaturge, alors que tous ceux qui touchaient la frange de son vêtement retrouvaient immédiatement la santé. L’allusion au saint Anargyre est manifeste.
Les Byzantins fêtent saint Tryphon le Iᵉʳ février, et les Arméniens le jour suivant. De l’Orient, le culte de ce martyr se répandit en Italie.
Comment ses reliques sont-elles venues à Rome, nous l’ignorons. On croit qu’elles sont conservées dans la vieille église du Saint-Esprit in Sassia, d’où, il y a quelques années, on retira une partie d’entre elles, que Benoît XV donna à la cathédrale de Cerignola dont saint Tryphon est le céleste patron.
Nymphe, selon les Actes, serait une martyre de Palerme. Sa fête a pénétré dans le calendrier romain parce que son corps était vénéré dans l’église de Sainte-Marie in Monticelli, dans la région de l’Arenula, avec celui des saints Mamilien ou Marcellien, Eustase et Quod-vult-Deus, que le pape Urbain III y aurait transférés de Porto.
Il est cependant probable qu’on doit distinguer deux différentes saintes du même nom. Quoiqu’il en soit, Clément VII donna au Sénat de Palerme une partie du corps de la martyre Nymphe conservé à Sainte-Marie in Monticelli, et le Sénat, en remerciement, fit don à cette église de cinq mille écus qui servirent à la restaurer, et, avec elle, le tombeau des martyrs qui y étaient ensevelis.
La messe révèle la rédaction du haut moyen âge, époque où se conservait encore la bonne tradition liturgique.
L’introït Clamaverunt et la première lecture sont les mêmes que pour la fête des martyrs Pierre et Marcellin le 2 juin.
Prière. — « Accordez-nous, Seigneur, de célébrer toujours la naissance de vos martyrs Tryphon, Respice et Nymphe ; et que leurs prières servent à nous faire éprouver la grâce de votre protection. »
Un coupable n’ose pas se présenter au juge sans un puissant médiateur qui plaide efficacement sa cause. Ainsi faisons-nous, nous aussi, pour excuser notre lâcheté dans le service divin, nous nous présentons au Seigneur accompagnés des martyrs aux membres sanglants et mutilés, afin que la pourpre de leurs souffrances recouvre et pare notre honteuse nudité.
La lecture évangélique est la même que pour les martyrs Jean et Paul le 26 juin. Le Sauveur insiste sans cesse pour que nous ne nous laissions pas effrayer par les menaces des hommes, et pour que nous ne redoutions pas trop ceux qui peuvent nous causer des préjudices matériels. La crainte se combat par la crainte : pour ne pas craindre les hommes, il faut craindre beaucoup Dieu.
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
Les saints Tryphon, Respice et Nymphe. — Saint Tryphon subit héroïquement le martyre sous l’empereur Décius (vers l’an 250). Le tribun Respice se convertit à la suite de son martyre et mourut lui aussi en donnant au Christ le témoignage de son sang. — La vierge Nymphe mourut martyre à Palerme, au IVᵉ siècle. Tous trois furent enterrés à Rome dans l’église stationnale Saint Tryphon. Lorsque l’église tomba en ruines, on transféra les reliques ainsi que la station à l’église voisine, dédiée à saint Augustin, où elles reposent aujourd’hui. (Voir le samedi après le mercredi des cendres).
ce même 10 novembre, Sts ryphon, Respice et Nymphe, Vierge, Martyrs
eodem die 10 novembris · Ss. Tryphonis, Respicii et Nymphæ Virg. · Martyrum
Commemoratio · Commémoraison
Office du jour
Office
Leçon des Matines avant 1960
Neuvième leçon. Sous le règne de Dèce, Tryphon fut saisi par les satellites de cet empereur, au moment où il prêchait la foi du Christ et convertissait à son culte tous ceux qui l’écoutaient. On le tourmenta d’abord sur le chevalet, on le déchira au moyen d’ongles de fer ; ensuite on lui perça la plante des pieds avec des clous rougis au feu. On le frappa à coups de bâtons et on lui brûla les flancs en y appliquant des torches ardentes. Voyant la constance du Martyr au milieu de toutes ces souffrances, le tribun Respice se convertit aussitôt à la foi du Christ le Seigneur, et déclara publiquement qu’il était Chrétien. Après avoir infligé à celui-ci de cruels supplices, on le traîna avec Tryphon devant l’idole de Jupiter ; mais à peine Tryphon eut-il prié, que la statue tomba. Accablés, pour ce fait, de coups de verges plombées, ils achevèrent leur très glorieux martyre, le quatrième jour des ides de novembre. Le même jour, une vierge, nommée Nymphe, ayant déclaré à haute voix que Jésus-Christ est le vrai Dieu, ajouta la palme du martyre à la couronne de la virginité.