St Chrysogone, martyr
24 novembre
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Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Rome honore aujourd’hui l’un de ses illustres fils, Chrysogone, qui donna sa vie pour le Christ à Aquilée, sous l’empire de Dioclétien. La splendide église qui porte son nom, au Transtevere, garde le chef vénéré du Martyr, et elle remonte, quant à sa première origine, au temps même du triomphe de la foi sur l’idolâtrie. Chrysogone instruisit dans cette foi sainte la bienheureuse Anastasie, comme lui Martyre, et dont la mémoire se relie d’une façon si touchante au jour même de la naissance du Sauveur ; on sait comment, de temps immémorial, la deuxième Messe de Noël, celle de l’Aurore, se célèbre en l’église de Sainte-Anastasie. Chrysogone et sa fille spirituelle ont leurs noms prononcés tous les jours aux diptyques sacrés.
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Saint Chrysogone, martyr.
Station au titre de Chrysogone.
Chrysogone, appelé par les Grecs Megalomartyr (Grand Martyr), semble être un martyr d’Aquilée, qui, dès le IVᵉ siècle, eut une basilique à Rome, comme pour conserver le souvenir de sa résidence à cet endroit du Transtévère.
Dans les cimetières suburbains, on ne rencontre aucune trace de culte en relation avec un souvenir funéraire de ce Saint ; il faut donc en conclure qu’il ne s’agit pas d’un martyr romain. Cependant Chrysogone fait partie de cette série de martyrs considérés comme romains à cause de leur culte établi dès l’antiquité dans l’une des basiliques de la Ville.
Il semble que le titulus Chrysogoni remonte au IVᵉ siècle ; tout au moins la base de la statue du Bon Pasteur, retrouvée en ce lieu au XVIIᵉ siècle, peut aisément être attribuée à cette époque.
II y a quelques années, on retrouva l’ancienne abside et une partie du transept du titulus, dont le niveau primitif correspond à peu près à celui de l’antique excubitorium des gardes, lequel remonte au IIᵉ siècle. L’inscription que transcrivirent les anciens auteurs de recueils épigraphiques est remarquable : In throno sancti Chrysogoni.
SEDES • CELSA • DEI • PRAEFERT • INSIGNIA • CHRISTI
QVOD • PATRIS • ET • FILII • CREDITVR • VNVS • HONOR
Les emblèmes du Christ resplendissent sur le trône même du Tout-Puissant,
parce qu’au Père et au Fils est due une même adoration.
La mosaïque devait sans doute représenter l’étimasie [1] habituelle ; quant aux vers, ils trahissent une préoccupation antiarienne.
Le nom de Chrysogone est entré dans les diptyques romains du Canon, ce qui nous garantit la faveur dont jouissait dans l’antiquité le culte de ce martyr, dont l’image en mosaïque, avec le nom CHRYSOGONUS, apparaît aussi à Ravenne, tant sur la voûte de la chapelle épiscopale de saint Pierre Chrysologue, que dans la théorie de saints qui orne la nef de Saint-Martin in caelo aureo (Saint-Apollinaire-le-Neuf).
La messe In virtute est du commun, sauf les collectes qui sont spéciales.
Collecte. — « Seigneur, exaucez nos supplications, afin que, nous reconnaissant coupables, nous soyons délivrés de nos iniquités, grâce à l’intercession de votre bienheureux Martyr Chrysogone. »
L’antique discipline de l’Église, durant les trois premiers siècles, reconnaissait aux confesseurs et aux martyrs détenus dans les prisons le privilège d’intercéder auprès de l’évêque, et d’obtenir en faveur des pénitents publics une rémission de leur peine, ou leur rentrée dans la communion de l’Église. Aux martyrs déjà couronnés par Dieu dans le ciel, la liturgie attribue la même prérogative. Leur sang, en vertu de celui du Christ pour qui il fut répandu, peut laver, non seulement leurs taches personnelles, mais aussi celles des fidèles qui recourent à leur intercession.
Selon la liste des évangiles de Wurzbourg, aujourd’hui le texte assigné pour la messe stationnale était tiré de saint Jean (15, 17-25) : Hæc mando vobis, ut diligátis ínvicem… Quia ódio habuérunt me gratis, que nous avons déjà rapporté pour la fête des saints Simon et Jude le 28 octobre. [*]
Pour cette fête, les Sacramentaires assignent une préface propre.
Postcommunion. — « Que par la participation à votre sacrement, Seigneur, nous soyons purifiés de nos fautes cachées et délivrés des pièges de nos ennemis. »
De quels ennemis s’agit-il ici ? D’ennemis visibles, à l’époque où l’empire romain était attaqué de tous côtés par les barbares, ou bien des assauts des démons ? Nous pouvons aussi envisager comme probable la signification matérielle de ce combat, et c’est pourquoi aujourd’hui la sainte liturgie demande pour nous au Seigneur une double grâce : dans nos âmes, la purification de toute faute ; et, au dehors, échapper à un châtiment semblable à celui que Dieu infligea autrefois, par la main des Barbares et de cet Attila qui s’attribuait à lui-même le nom de fléau de Dieu : flagellum Dei.
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
Saint Chrysogone, jeté en prison à Rome, sous l’empereur Dioclétien, y demeura deux ans, secouru par sainte Anastasie (fêtée le 25 décembre). Celle-ci, ayant beaucoup à souffrir à cause de sa foi chrétienne, de la part de son époux, Publius, demanda au saint d’intercéder pour elle auprès de Dieu ; ils se consolèrent réciproquement par un échange de lettres. Plus tard, l’empereur donna l’ordre de mettre à mort tous les chrétiens emprisonnés, à l’exception de Chrysogone qui devait lui être amené. L’empereur lui dit alors : “Je t’ai fait venir, Chrysogone, pour te combler d’honneurs si tu consens à adorer les dieux.” A quoi le saint répondit : “Je n’adore que le vrai Dieu ; quant aux idoles qui n’ont ni réalité ni vie et ne sont que des images du démon, je les hais et je les maudis.” Cette réponse mit l’empereur dans une telle colère qu’il donna l’ordre de le décapiter, ce qui eut lieu à Grado (près d’Aquilée), le 24 novembre. Son corps fut jeté à la mer ; mais, ayant été aussitôt rejeté sur le rivage, il fut enterré par le prêtre Zoïle dans sa propre maison (vers 304). L’Église de Rome l’a toujours entouré d’un grand honneur ; c’est pourquoi son nom figure au Canon. A Rome, il existe une église stationnale qui lui est dédiée.
ce même 24 novembre, St Chrysogone, Martyr
eodem die 24 novembris · S. Chrysogoni · Mart.
Commemoratio · Commémoraison