Saint Amon, évêque
23 octobre
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Présentation
Présentation
Au diocèse de Nancy et de Toul, jusqu’en 1955.
St Amon, 2ᵈ Evêque de Toul (fin du IVᵉ siècle).
Amon, suivant Adson (Chroniqueur de la vie de saint Mansuy et de ses successeurs, sur l’ordre de saint Gérard) et les anciennes tables de l’Église de Toul, fut l’un des plus distingués disciples de saint Mansuy. Ce seul titre nous semblerait suffisant pour considérer le second évêque de Toul, comme originaire de cette cité ou du pays dont elle était la capitale : et cette particularité, sans ajouter à notre vénération, devrait augmenter pour lui notre affection et notre zèle. Le Père Benoit dit que l’inclination du nouvel évêque pour la solitude, le lit se retirer dans la forêt du Saintois, pour s’y livrer à la prière et à la méditation. Que ce désert qui n’est point joigne de la capitale du comté de Vaudémont (Vézelize) lui devint si cher, qu’il y fit bâtir un oratoire eu l’honneur de la sainte Vierge, et ensuite y ajouta plusieurs cellules pour y loger ceux de son clergé qui, ne pouvant souffrir d’être éloignés de leur évêque, étaient d’ailleurs bien aises de partager avec lui les douceurs de la retraite. C’est sans doute à ces tables de l’église de Toul que le bréviaire du diocèse de 1512, a emprunté les neuf leçons de l’office de saint Amon. Ces leçons ont été complètement changées dans le bréviaire du même diocèse de 1595 : Amon, y est-il dit, s’appliqua de tout son pouvoir à la conversion et à l’instruction des peuples, jusqu’à ce que la persécution de l’empereur Domitien, qui mourut l’an 98, la quinzième année de son règne, le contraignit à quitter Toul et à se retirer en quelque lieu désert, d’où cependant il pût encore veiller sur son troupeau. Il choisit, seulement au quatrième milliaire de la ville, une forêt qui, depuis, a porté son nom, où il trouva une grotte dans laquelle il pouvait se tenir et demeurer. Ses clercs et les fidèles du voisinage l’y visitaient secrètement, lui procuraient les objets nécessaires à sa subsistance, et recevaient de lui, en échange, l’enseignement chrétien et de paternelles exhortations à la persévérance dans la foi de Jésus-Christ. De là encore il pourvoyait à la conservation de son Église, et ce qu’il ne pouvait, personnellement ou par ses coopérateurs, lui procurer de secours spirituels, il conjurait le Seigneur dans de longues prières et de sublimes entretiens de le lui envoyer directement par un effet de sa puissance et de sa bonté.
Voilà deux récits contradictoires en ce qui regarde la cause de la retraite de saint A mon. Si l’on adopte l’opinion de l’origine apostolique du siège de Toul par saint Mansuy, c’est ce dernier récit qu’il faudra admettre. Si, au contraire, on pense que l’apôtre de Toul n’est venu dans cette cité des Leuci que vers la fin du quatrième siècle, on devra s’attacher de préférence à ce que rapportent de saint Amon les tables de l’Église de Toul et le bréviaire de 1512, d’autantt plus que, dans ce bréviaire, à l’office du successeur immédiat de saint Mansuy, se trouve une hymne qui n’est que sa légende mise en chant, et dont voici la sixième strophe :
Ortam labem hereticam
Exclusit a Tullensibus,
Atque fidem catholicam
Reformavit in omnibus.
Ces paroles pourront bien laisser croire à quelques personnes que saint Amon détruisit chez les Toulois une hérésie, qui ne peut étre que l’arianisme ; qu’ainsi la mission de saint Mansuy à Toul, ne remonterait pas au temps des apôtres ; et le séjour de saint Amon dans la capitale des Leuci, serait de l’époque des fameux anachorètes Paul et Antoine, ou plutôt encore de l’évêque de Tours, saint Martin qui joignait, aux fonctions du ministère sacré, les rigueurs de la vie cénobitique, et dont l’évêque de Toul aurait imité, jusqu’à un certain point, le genre de vie extraordinaire. — Que saint Amon ait fait construire, non loin de la grotte qui lui servait d’asile, un oratoire pour y offrir les augustes mystères, qu’il ait dédié cet oratoire à la sainte Vierge, selon que le raconte l’ancienne légende ; qu’il ait fait creuser un puits pour y puiser l’eau dont il avait besoin, rien absolument en tout cela que de naturel et de conforme aux temps historiques qui ont suivi de près l’époque du grand Constantin—et on peut admettre sans trop de répugnance que l’eau du puits ait acquis par la bénédiction et les mérites de l’homme de Dieu, la vertu de guérir de la fièvre. Ce fut, sans doute, pour perpétuer le souvenir des guérisons obtenues par cette eau, que les peintures et les gravures des temps postérieurs ont représenté saint Amon sur le bord d’un puits qu’il bénit de la main droite [1].
Le genre de vie que le Père Benoît, d’après les tables de l’Église de Toul, et le bréviaire de 1512 fait adopter à saint Amon depuis son élévation à l’épiscopat n’est admissible, que si on recule jusqu’au quatrième siècle l’arrivée de saint Mansuy à Toul. Un évêque du commencement du second siècle, avait à remplir d’autres devoirs que ceux de la vie érémitique ; la prédication de l’Évangile, la conversion des nombreux idolâtres du pays toulois, en un mot la destruction du paganisme ; voilà quels ont dû être les travaux auxquels saint Amon s’est livré sans relâche, et le but de son apostolat, comme successeur de saint Mansuy, si ce dernier a reçu sa mission de l’apôtre saint Pierre.
Combien d’années saint Amon dût-il passer dans sa retraite, combien d’années ensuite employa-t-il, jusqu’à sa mort, à l’exercice de son apostolat ? Il n’est pas plus possible de le dire que de fixer le temps auquel le Seigneur daigna le rappeler à lui. En supposant, dit M. de l’Aigle qui admettait la mission de saint Mansuy à Toul au temps de l’apôtre saint Pierre, en supposant que saint Amon ait gouverné l’Église de Toul aussi longtemps que son prédécesseur, c’est-à-dire, pendant quarante ans, sa mort serait arrivée vers l’an 130 sous l’empereur Adrien. Selon qu’il l’avait recommandé, son corps fut déposé auprès de celui de son saint prédécesseur et s’il fallait suivre, à la lettre, les tables de Toul, il l’eut été dans le même tombeau : in magistri sepulcro.
D’après le Père Benoit qui avait, sous les yeux, des actes de saint Amon, autres que ceux que nous a légués Dom Calmet, Frotaire, vingt-septième évêque de Toul, aurait fait, vers l’an 820, une translation des reliques de notre bienheureux. Plus tard, c’est-à-dire, de la fin du neuvième siècle au commencement du dixième, elles auraient été cachées en lieu souterrain, avec celles des saints Alchas et Celsin, troisième et quatrième évêques, pour les soustraire aux profanations des Normands, puis des Hongrois qui, dans ces temps, désolèrent le pays par les ravages qu’ils y firent. Selon toute apparence, elles en furent tirées par saint Gauzelin. Les mêmes actes rapportent, en effet, que ce prélat ayant élevé un magnifique autel en l’honneur du prince des apôtres, dans l’église de Saint-Mansuy qu’il avait réparée, y plaça la châsse où reposait le corps de saint Amon, pour l’exposer à la vénération des fidèles.
La légende ajoute qu’en 1026, l’évêque Hériman, pour satisfaire aux pressantes sollicitations de ses chanoines, tira les restes précieux de saint Amon du lieu où ils étaient conservés, les plaça dans une fort belle châsse et les fit apporter dans sa cathédrale avec le cilice que le bienheureux évêque avait longtemps porté. Dans un synode général, tenu depuis cette cérémonie, il ordonna qu’à l’avenir, la fête et la translation des reliques de saint Amon seraient célébrées dans tout le diocèse, par un office particulier, le même jour qui serait le onzième des calendes de novembre (22 octobre) [2].
¶ In missis votivis post Septuagesimam, ommissis Allelúia et versu sequenti, dicitur · ¶ Aux messes votives après la Septuagésime, on omet l’Alléluia et son verset et on dit
Tempore paschali omittitur graduale, et eius loco dicitur : · Pendant le temps pascal, on omet le graduel et à sa place on dit :