Sainte Odile, vierge
14 décembre
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Présentation
Présentation
Aux diocèses de Strasbourg et St-Dié, et au diocèse de Nancy et Toul avant 1955.Odile (née vers 662 à Obernai), décédée vers 720 à Hohenbourg était la fille du duc d’Alsace Adalric (connu aussi sous le nom tudesque d’Ethic ou Etichon) et de Berswinde, nièce de saint Léger. Vers 700, Odile devient abbesse du monastère de Hohenbourg (mont Sainte-Odile, Vosges) fondé par son père. Elle fut canonisée au XIᵉ siècle par le pape saint Léon IX, et proclamée « patronne de l’Alsace » par le pape Pie XII en 1946.
La vie de sainte Odile, nous est connue grâce à un texte anonyme écrit peu avant 950. Son père, le duc d’Alsace Adalric, aurait préféré avoir un garçon, d’autant plus qu’Odile était née aveugle. C’en était trop pour le duc, qui décida de faire mourir cette enfant qui déshonorait sa famille. Mais Bereswinde, la femme d’Adalric, confia Odile à une nourrice qui l’éleva pendant douze ans, avant de l’envoyer au monastère de Balme (aujourd’hui Baume-les-Dames, situé entre Besançon et Montbéliard).
L’enfant n’était pas encore baptisée. Or saint Erhard, un moine irlandais et évêque d’Ardagh (Comté de Longford), itinérant en Bavière, eut une vision dans laquelle Dieu lui ordonnait de se rendre à Baume-les-Dames afin de procéder à ce baptême. Ce qu’il fit quelques jours plus tard et, au moment où l’huile sainte touchait les yeux d’Odile, celle-ci retrouva la vue.
Le miracle fit grand bruit, mais ne calmait toujours pas Adalric. Loin de se réjouir, lorsqu’Odile revint le voir accompagnée de son frère Hugues, il se mit dans une telle fureur qu’il tua ce dernier. Plus tard, il se repentit et donna à Odile son château de Hohenbourg, qu’elle transforma en monastère. Le château étant construit sur une montagne, beaucoup de fidèles, notamment les malades, pouvaient difficilement y accéder. Odile fit construire pour eux un second établissement appelé Niedermünster, autrement dit le monastère d’en bas. On situe la date de la mort d’Odile vers l’an 720.
Le site d’Hohenbourg est plus connu sous le nom de mont Sainte-Odile, qui reçoit chaque année des dizaines de milliers de visiteurs. Odile est la sainte patronne de l’Alsace. Sa fête était célébrée autrefois le 13 décembre, mais on a préféré la séparer de sainte Lucie, fêtée le même jour, d’autant que toutes deux étaient invoquées par les fidèles pour guérir les maladies oculaires.
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Odile est la cinquième des Vierges sages qui nous conduiront, à la lueur de leurs lampes, au berceau de l’Agneau, leur Époux. Elle n’a pas donné son sang pour lui, comme Bibiane, Barbe, Eulalie et Lucie ; elle ne lui a offert que ses larmes et son amour ; mais la blancheur de sa couronne de lis se marie agréablement à la pourpre des roses qui ceignent le front de ses compagnes. Son nom est grand dans la France orientale : au delà du Rhin, sa mémoire est demeurée chère au peuple fidèle ; et mille ans écoulés sur son glorieux tombeau n’ont point attiédi la tendre vénération dont il est l’objet, ni diminué le nombre des pieux pèlerins qui, chaque année, se pressent sur les sommets de la sainte montagne où il repose. Le sang illustre de cette vierge est celui même de la race des Capétiens, celui de la famille impériale des Habsbourg ; tant de rois et d’empereurs sont les descendants du vaillant duc d’Alsace Adalric, ou Eutichon, père de la douce Odile.
Elle vint en ce monde privée de la lumière des yeux. Le père repoussa loin de lui cette enfant que la nature sembla n’avoir disgraciée que pour faire éclater plus merveilleusement en elle le pouvoir de la grâce divine. Un cloître reçut la petite exilée que l’on avait arrachée des bras de sa mère ; mais Dieu, qui voulait signaler en elle la vertu du divin sacrement de la régénération, permit que le baptême lui fût différé jusqu’à l’âge de treize ans. Le moment enfin arriva où Odile allait recevoir le sceau des enfants de Dieu. Mais, ô merveille ! la jeune fille obtint tout à coup la vue du corps, au sortir de la fontaine baptismale ; et ce don n’était qu’une faible image de la lumière que la foi avait à ce moment allumée dans son âme. Ce prodige rendit Odile à son père et au monde ; elle dut alors soutenir mille combats pour protéger sa virginité qu’elle avait vouée à l’Epoux céleste. Les grâces de sa personne et la puissance de son père attirèrent autour d’elle les plus illustres prétendants. Elle triompha ; et l’on vit Adalric lui-même élever, sur les rochers de Hohenbourg, le monastère où Odile devait servir le Seigneur, présider un nombreux essaim de vierges sacrées, et soulager toutes les misères humaines.
Après une longue vie consacrée tout entière à la prière, à la pénitence et aux œuvres de miséricorde, la vierge arriva au moment de cueillir la palme. C’était aujourd’hui même, treize Décembre, en la fête de la vierge Lucie. Les sœurs de Hohenbourg se pressaient autour de leur sainte Abbesse, avides de recueillir ses dernières paroles. Une extase l’avait enlevée au sentiment des choses d’ici-bas. Craignant qu’elle n’allât à son Époux céleste avant d’avoir reçu le divin Viatique qui doit nous introduire dans la possession de Celui qui est notre dernière fin, les filles crurent devoir enlever leur mère à ce sommeil mystique qui semblait la rendre insensible aux devoirs du moment. Odile revint à elle, et leur dit avec tendresse : « Chères mères et chères sœurs, pourquoi m’avez-vous troublée ? pourquoi imposer de nouveau à mon âme le poids du corps qu’elle avait quitté ? Par la faveur divine, j’étais en la compagnie de la vierge Lucie, et les délices dont je jouissais étaient si grandes que ni la langue ne les saurait raconter, ni l’oreille les entendre, ni l’œil humain les contempler. » On se hâta de donner à la compagne de Lucie le pain dévie et le breuvage sacré. Aussitôt qu’elle les eut reçus, elle s’envola vers sa céleste sœur ; et le treize Décembre réunit pour jamais la mémoire de l’Abbesse de Hohenbourg à celle de la Martyre de Syracuse.
L’Église de Strasbourg, dont Odile est une des premières gloires, lui consacre le récit suivant dans le Propre diocésain. En insérant ici cette Légende, nous faisons nos réserves sur ce qu’elle contient au sujet de la Règle qui fut suivie dans le monastère de Hohenbourg. Mabillon, qui revendique sainte Odile pour la Règle de saint Benoît, observe avec raison qu’il n’existait pas alors de Règle qui fût désignée sous le nom de Règle canoniale.
Odile, l’honneur et la protection de sa patrie, fut le premier enfant d’Adalric, duc d’Alsace, et de Bérésinde son épouse. Comme elle était venue au monde privée de la vue, son père la repoussa ; mais sa mère, dans un sentiment plus tendre, la confia secrètement à une nourrice. Elle fut ensuite élevée dans le monastère de Baume, non loin de Besançon. On lui enseigna dans cet asile les saintes lettres, et elle croissait en âge et en sagesse. Déjà elle était arrivée à l’âge adulte, quand elle fut baptisée par le bienheureux évêque Erhard ; et, à ce moment, elle recouvra miraculeusement la vue. Quelques années après, elle rentra dans la maison et dans les bonnes grâces de son père. Dans ce palais, on la vit mépriser tout ce que le monde recherche, cultiver l’amour de la pauvreté au milieu de l’opulence, garder la solitude d’une anachorète au sein même d’une cour bruyante. Elle repoussa avec constance les alliances qui lui furent offertes, et ce ne fut qu’après de longs et rudes combats qu’elle obtint enfin de son père la permission de se consacrer à Dieu avec d’autres vierges. Adalric fit bâtir à ses frais sur le sommet d’une haute montagne une église et un monastère auquel il attacha de riches domaines, et il y installa Odile pour le gouverner.
Cet asile de sainteté était à peine ouvert que l’on vit un grand nombre de vierges y affluer : la tradition en porte le nombre à cent trente. Elles vécurent d’abord en ce lieu sans aucune règle déterminée ; imiter Odile était toute leur loi. Plus tard, les sœurs délibérèrent sur le choix qu’elles avaient à faire entre la règle monastique et la règle canoniale ; la très sage Abbesse décida la question en faveur de cette dernière, étant mue à cette résolution par les conditions particulières du lieu. Indulgente envers toutes, Odile n’était dure qu’à l’égard d’elle-même. Du pain d’orge et de l’eau, avec quelques légumes, c’était toute la sustentation de sa vie. La contemplation des choses divines l’attirait continuellement ; elle, y consacrait la plus grande partie de la nuit ; le reste était donné au sommeil. Une peau d’ours lui servait de lit, une pierre d’oreiller.
Animée d’une tendresse maternelle envers les pauvres et les malades, elle construisit un second monastère et un vaste hospice vers le bas de la montagne, afin d’y ménager à leur misère un asile plus commode. Et non seulement elle établit en cet endroit une communauté de vierges sacrées qui devaient donner leurs soins à ces infortunés ; mais elle-même les visitait chaque jour, leur servait à manger et leur prodiguait ses consolations, pansant même, sans dégoût, de ses propres mains, les ulcères des lépreux. Enfin, pleine de mérites et d’années, et sentant sa mort approcher, elle convoqua ses religieuses dans la chapelle de saint Jean-Baptiste, et les exhorta à demeurer fidèles à leurs saints engagements, et à ne jamais abandonner la voie qui conduit au ciel. Enfin, avant reçu dans ce saint lieu le Viatique du corps et du sang de Jésus-Christ, elle sortit de cette vie, le jour des ides de décembre, et, selon le calcul le plus probable, en l’année sept cent vingt. Le corps de la vierge fut enseveli dans cette même chapelle ; et dès lors son tombeau commença d’être entouré de la plus grande vénération, et resplendit de l’éclat des miracles.
Les voies du Seigneur furent admirables sur vous, ô Odile, et il daigna montrer en votre personne toute la richesse des moyens de sa grâce. En vous privant de la vue du corps qu’il devait plus tard vous rendre, il accoutuma l’œil de votre âme à ne s’attacher qu’aux beautés divines ; et lorsque la lumière sensible vous fut donnée, déjà vous aviez fait choix de la meilleure part. La dureté d’un père vous refusa les innocentes douceurs de la famille ; mais vous étiez appelée à devenir la mère spirituelle de tant de nobles filles qui, à votre exemple, foulèrent aux pieds le monde et ses grandeurs. Votre vie fut humble, parce que vous aviez compris les abaissements de votre Époux céleste ; votre amour pour les pauvres et les infirmes vous rendit semblable à notre divin Libérateur, qui vient prendre sur lui toutes nos misères. Ne vous vit-on pas retracer les traits sous lesquels il va bientôt se montrer à nous, lorsqu’un pauvre lépreux repoussé de tous fut accueilli par vous avec une si touchante compassion ? On vous vit le serrer dans vos bras, porter avec le courage d’une mère la nourriture à sa bouche défigurée ; n’est-ce pas là ce que vient faire ici-bas notre Emmanuel, descendu pour guérir nos plaies dans ses fraternels embrassements, pour nous faire part de la nourriture divine qu’il nous prépare à Bethléhem ? Pendant qu’il recevait les caresses de votre charité, le lépreux tout à coup sentit disparaître l’affreuse maladie qui le séquestrait du reste des humains. A la place de cette horrible puanteur qu’il exhalait, une odeur délicieuse s’échappe de ses membres renouvelés : n’est-ce pas là encore ce que Jésus vient opérer à notre égard ? La lèpre du péché nous couvrait ; elle se dissout par la grâce qu’il nous apporte, et l’homme régénéré répand autour de lui la bonne odeur de Jésus-Christ.
Au sein des joies que vous partagez avec Lucie, souvenez-vous de nous, ô Odile ! Nous savons combien votre cœur est compatissant. Nous n’avons point oublié la puissance de ces larmes qui retirèrent votre père du lieu des expiations, et ouvrirent les portes de la patrie céleste à celui qui vous avait exilée de la famille terrestre. Maintenant vous n’avez plus de larmes à répandre ; vos yeux ouverts à la lumière du Ciel contemplent l’Époux dans sa gloire, et vous êtes plus puissante encore sur son cœur. Souvenez-vous de nous qui sommes pauvres et infirmes ; obtenez la guérison de nos maladies. L’Emmanuel qui vient à nous se présente comme le médecin de nos âmes. Il nous rassure en nous disant que sa « mission n’est pas pour ceux qui se portent bien, mais pour ceux qui sont malades. » Priez-le de nous affranchir de la lèpre du péché, et de nous rendre semblables à lui. O vous dont le sang illustre a coulé dans les veines de tant de rois et d’empereurs, jetez un regard sur la France, et protégez-la ; aidez-la à recouvrer avec l’antique foi sa grandeur première. Veillez sur les débris du Saint Empire romain ; l’hérésie a dispersé les membres de ce grand corps ; mais il revivra, si le Seigneur, fléchi par vos prières, daigne ramener dans la Germanie l’unité de croyance et la soumission à la sainte Église. Priez afin que ces merveilles s’opèrent à la gloire de votre Époux, et que les peuples, las enfin de l’erreur et de la division, s’unissent pour proclamer le règne de Dieu sur la terre.
Dans le Diocèse de Strasbourg, Sainte Odile, Vierge, Patronne de l’alsace
In Diœcesi Argentoratensi · Sanctæ Odiliæ · Virginis · Patronnæ Alsatiæ
Et fit Commemoratio Feriæ. · Et on fait mémoire de la Férie.
Credo · Credo
Et fit Commemoratio Feriæ. · Et on fait mémoire de la Férie.
Et fit Commemoratio Feriæ. · Et on fait mémoire de la Férie.
Dans le Diocèse de Nancy et de Toul
Commemoratio · Commémoraison de
Dans le Diocèse de St Dié