St François de Paule, confesseur
2 avril
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Présentation
Présentation
Mort au Plessis-lès-Tours le 2 avril 1507, béatifié dès 1513, canonisé en 1519 par Léon X. Fête introduite en 1557 comme semi-double mais supprimée par St Pie V en 1568. Sixte-Quint la rétablit en 1585 comme double, Clément VII la ramena au rite semi-double en 1602. Paul V en fit à nouveau un double en 1613 comme fête de fondateur d’ordre.
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Le fondateur d’une milice d’humilité et de pénitence, François de Paule, nous offre aujourd’hui son exemple et son patronage. Sa vie fut toujours innocente ; et néanmoins nous le voyons embrasser, dès sa première jeunesse, une pénitence si austère, qu’il semblerait trop sévère de l’exiger des plus grands pécheurs de nos jours. Cependant les droits de la justice divine n’ont rien perdu de leur rigueur : car Dieu ne change pas ; et l’offense que lui ont faite nos péchés ne nous sera pas remise, si elle n’est pas réparée. Les saints ont expié toute leur vie et avec la plus grande sévérité des fautes légères ; et l’Église a tant de peine à arracher à notre mollesse, en ces jours, quelques œuvres de pénitence mitigées à l’excès !
Est-ce la foi qui fait défaut dans nos âmes ? Est-ce la charité qui languit dans nos cœurs ? C’est l’un et l’autre, sans doute ; et la cause d’un tel affaiblissement est dans l’amour de la vie présente qui nous fait insensiblement perdre l’unique point de vue que nous devrions considérer : celui de l’éternité. Combien de chrétiens de nos jours sont semblables, dans leurs sentiments, à ce roi de France qui, après avoir obtenu du Pontife Romain que saint François de Paule vînt habiter près de lui, se jeta aux pieds du serviteur de Dieu, en le suppliant de lui prolonger la vie ! Louis XI, cependant, était un grand pécheur ; mais ce qui le préoccupait n’était pas le désir de faire pénitence de ses crimes ; c’était l’espoir d’obtenir du saint quelques jours de plus d’une vie déjà trop longue pour le compte redoutable qui devait la suivre. Cet amour de la vie, nous le portons à un excès pitoyable. On repousse le jeûne et l’abstinence, non parce que l’obéissance à la loi de l’Église mettrait la vie en péril, non parce que la santé en serait compromise : on sait trop bien que les prescriptions du Carême cèdent en présence de semblables motifs ; mais on se dispense du jeûne et de l’abstinence, parce que la mollesse dans laquelle on vit rend insupportable jusqu’à l’idée d’une légère privation, d’un dérangement dans les habitudes. On trouve des forces plus que suffisantes pour les affaires, pour les fantaisies même et pour les plaisirs ; et quand il s’agit d’accomplir les lois que l’Église n’a portées que dans l’intérêt des âmes et des corps, tout semble impossible ; et l’on accoutume la conscience à ne plus même s’inquiéter de ces prévarications annuelles, qui finissent par éteindre dans l’âme du pécheur jusqu’à l’idée de la nécessité où il est de faire pénitence pour être sauvé.
Apôtre de la Pénitence, François de Paule, votre vie fut toujours sainte ; et nous sommes pécheurs. Cependant nous osons, en ces jours, recourir à votre puissant patronage, pour obtenir de Dieu que cette sainte carrière ne se termine pas sans avoir produit en nous un véritable esprit de pénitence, qui serve d’appui à l’espoir que nous avons conçu de notre pardon. Nous admirons les merveilles dont votre vie fut remplie, et cette longévité des Patriarches qui parut en vous, afin que la terre pût jouir plus longtemps du fruit de vos exemples. Maintenant que vous êtes dans la gloire éternelle, souvenez-vous de nous et bénissez le peuple fidèle qui implore votre suffrage. Par vos prières, faites descendre sur nous la grâce de la componction qui animera les œuvres de notre pénitence. Bénissez et conservez le saint Ordre que vous avez fondé. Notre patrie eut l’honneur de vous posséder, ô François ! C’est de son sein que votre âme bénie s’éleva vers les cieux, laissant à la piété de nos pères sa dépouille mortelle, qui devint bientôt pour la France une source de laveurs et un gage de votre protection. Mais hélas ! ce corps sacré, temple de l’Esprit-Saint, nous ne le possédons plus ; la rage des hérétiques le poursuivit, il y a trois siècles, et un bûcher sacrilège le réduisit en cendres. Homme de mansuétude et de paix, pardonnez aux fils ce crime de leurs pères ; et, témoin dans les cieux des miséricordes divines, soyez-nous propice, et ne vous souvenez des iniquités anciennes que pour appeler sur la génération présente ces faveurs célestes qui convertissent les peuples, et font revivre chez eux la foi et la piété des anciens jours.
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Fête en l’honneur de l’humble thaumaturge de la « Charité » (+ 1508), date seulement de 1585, sous Sixte-Quint. Deux temples insignes, dans la Ville sainte, rappellent le séjour qu’y fit saint François de Paule, quand, par ordre de Sixte IV, il se rendit en France à la cour de Louis XI. L’église dédiée à la Très Sainte Trinité sur l’antique Collis ortorum ou Pincio, fut construite en 1493, par Charles VIII, roi de France, pour les religieux Minimes, là même où leur saint Fondateur aurait prédit que serait un jour le siège de sa famille à Rome. Un second temple, sous le vocable de Saint-François de Paule, s’élève sur l’Esquilin, près du Titre d’Eudoxie, et, comme la Sainte-Trinité sur le Pincio, est remarquable par ses œuvres d’art et la richesse de ses marbres. Dans le couvent voisin habita durant plusieurs années le vénérable Bernard Clausi.
La messe de saint François de Paule est celle du Commun des simples Confesseurs, les collectes sont propres et la première lecture sont propres.
La première prière met en relief l’humilité profonde du thaumaturge de Paule, humilité qui attribua à la famille religieuse instituée par lui le titre d’Ordre des Minimes.
La première lecture est semblable à celle qui est assignée à la fête de saint Paul, premier ermite, le 15 janvier. Il faut tout donner pour posséder tout ; c’est-à-dire donner tout le créé et la créature pour gagner ainsi le Créateur.
L’humble simplicité et la candeur de l’âme sont les conditions les plus propices pour que la grâce de Dieu puisse agir sans rencontrer d’obstacle. Ainsi s’explique le nombre extraordinaire de prodiges opérés par saint François de Paule, parfois même sans un but de grande importance apparemment, comme, par exemple, le jour où, à table, il ressuscita des poissons déjà cuits et servis. Dans son amour humble et confiant, il possédait le cœur de Dieu, et, s’inspirant de la charité, il l’inclinait où il voulait.
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
Par charité.
Saint François : Jour de mort : 2 avril 1507. — Tombeau : Son corps reposait autrefois dans l’église du monastère de Plessis-les-Tours, mais il fut brûlé par les hérétiques. Image : On le représente, avec l’habit de son Ordre, comme un vieillard ; au-dessus de lui, formant auréole, se trouve inscrit le mot : Caritas. Vie : Saint François de Paule est le fondateur de l’Ordre des Minimes qui est une branche de l’Ordre franciscain. Ces « ermites de Saint-François d’Assise » doivent vivre ensemble dans des petites maisons et mener, étant les « plus petits » frères, une vie encore plus stricte, plus pauvre et plus humble que les frères « mineurs » de Saint-François. Le saint opéra de nombreux miracles.
Sa maxime : Le saint avait un mot de prédilection qui a été la caractéristique de sa personne et la racine de sa sainteté : Cette parole était : « par charité ». Ce petit mot avait une force merveilleuse pour lui et pour les autres. Quand on agissait « par charité », la pierre la plus lourde devenait légère. C’est « dans la charité » qu’il exhortait et réprimandait. « Dans la charité », il traversait la mer sans bateau. « Un jour, le saint voulait se rendre du continent italien en Sicile. Il y avait justement un bateau dans le port. François demanda au patron de l’emmener, lui et ses deux compagnons. » « Si vous payez, moines », répondit rudement celui-ci, « je vous passerai ». « Par charité » ; répondit humblement le saint, « je n’ai pas d’argent sur moi ». « Alors je n’ai pas de bateau pour vous »), répondit en ricanant le marin. « Par charité », répondit François, pardonnez-moi si je m’en vais. » Il s’écarta d’un jet de pierre, s’agenouilla et bénit la mer. Quelle ne fut pas la stupéfaction des témoins quand le saint se leva, s’avança sur les flots mouvants et, marchant de pied ferme sur les vagues, traversa le détroit ! — Nous prenons la messe du Carême avec mémoire du saint.
¶ Tempore paschali, omissis graduale et tractu, dicitur : · ¶ Aux messes votives pendant le temps pascal, on omet le graduel et à sa place on dit :
Office du jour
Office
Leçons des Matines avant 1960
Quatrième leçon. François naquit dans une humble condition à Paule, ville de Calabre. Ses parents, longtemps privés d’enfants, ayant fait un vœu, l’obtinrent du ciel par l’intercession du bienheureux François (d’Assise). Dès son adolescence, enflammé d’une divine ardeur, il se retira dans un lieu désert et il y mena pendant six ans un genre de vie très rude, mais que la méditation des choses célestes remplissait de douceur. Comme la renommée de ses vertus se répandait au loin, et qu’un grand nombre de personnes accouraient vers lui dans le but de servir Dieu, la charité fraternelle le décida à sortir de sa solitude ; il bâtit une église près de Paule, et c’est là qu’il jeta les fondements de son Ordre.
Cinquième leçon. François avait le don de la parole à un degré merveilleux ; il garda une perpétuelle virginité ; il pratiqua l’humilité au point de se dire le moindre de tous, et voulut que ses disciples portassent le nom de Minimes. Son vêtement était grossier, il marchait nu-pieds, et couchait sur la dure. Son abstinence fut admirable : il ne mangeait qu’une fois par jour, après le coucher du soleil, et sa nourriture n’était que du pain et de l’eau, auxquels il ajoutait à peine l’assaisonnement qui est permis en Carême ; i obligea ses frères à promettre, par un quatrième vœu, d’observer cette dernière pratique pendant toute l’année.
Sixième leçon. Dieu voulut attester la sainteté de son serviteur par de nombreux miracles, entre lesquels un des plus célèbres eut lieu lorsque François, repoussé par des matelots, étendit son manteau sur les flots et passa ainsi le détroit de Sicile avec son compagnon. Ayant reçu le don de prophétie, il annonça beaucoup d’événements futurs. Louis XI, roi de France, souhaita de le voir et lui donna de grandes marques d’estime. Enfin, âgé de quatre-vingt-onze ans, se trouvant à Tours, il s’en alla vers le Seigneur, l’an du salut mil cinq cent sept. Pendant les onze jours qu’on garda son corps sans l’ensevelir, il resta sans corruption, exhalant même une odeur suave. Le Pape Léon X a mis François de Paule au nombre des Saints.