Sts Gordien et Epimaque, martyrs
10 mai
Commentaires
Présentation
Présentation
Martyrs vénérés sur la via Latina dans le cimetière qui portait leur nom. Ils sont mentionnés dans le Hiéronymien, même si les évangéliaires du VIIᵉ siècle et le Grégorien de Padoue ne connaissent que saint Gordien. Depuis leur fête est constante dans les livres liturgiques.
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Deux nouveaux martyrs montent de la terre en ce jour, et vont se perdre dans les splendeurs de l’auréole du vainqueur de la mort. C’est Rome encore qui les députe pour porter son hommage. Un magistrat, poursuivant d’office les chrétiens sous Julien l’Apostat, a rencontré la vraie foi ; aussitôt, descendant de son siège de juge, il est allé s’asseoir avec joie sur le banc des accusés. Bientôt ce néophyte a été appelé à verser son sang après tant d’autres martyrs. Gordien termine, avec les deux illustres frères Jean et Paul que nous fêterons au mois de juin, la période des persécutions païennes dans l’Occident. Sa sépulture dans les cryptes de la Voie Latine réveille le souvenir d’un autre martyr, fils de l’Église d’Alexandrie, dont les ossements à demi consumés par le bûcher étaient venus longtemps auparavant, à travers les mers, chercher un asile sous les arceaux hospitaliers de Rome souterraine. Épimaque a vu arriver aujourd’hui ce frère qui vient partager son repos glorieux, et leurs deux noms sont unis pour jamais. Leurs combats ne se sont livrés ni sur le même champ de bataille, ni à la même époque ; mais tous deux ont lutté vaillamment pour la même cause, et tous deux ont remporte la même victoire. Ils dorment maintenant ensevelis dans leur triomphe ; mais le divin Ressuscité leur garde un fidèle souvenir. Encore un peu de temps, et il accomplira sur eux cette parole solennelle qu’il a dite : « Je suis la Résurrection et la Vie. Celui qui « croit en moi, quand même il serait mort, vivra [1]. »
Dormez votre sommeil, saints martyrs ! « Attendez encore un peu de temps, jusqu’à ce « que le nombre de vos frères soit complet [2]. » Chaque siècle vous a donné de glorieux compagnons ; mais le monde penche vers son déclin, et ses derniers jours doivent être marqués par une abondante moisson de palmes et de couronnes. Quand le règne de l’homme de péché [3] sera inauguré, et que la dernière tempête battra le vaisseau de la sainte Église, montrez-vous aux regards des fidèles comme deux astres protecteurs, en retour des hommages annuels qui vous sont rendus en ce jour. Daignez aussi prier pour nous qui avons été appelés à vivre en ces temps où le soleil pâlit, et où l’on semble entendre déjà dans le lointain les premiers bruits de la tempête qui doit ravager le monde et être le prélude de sa fin. Fortifiez nos cœurs, ô saints martyrs ! et quelle que soit la destinée que le Seigneur a préparée pour nous, obtenez que nous soyons fidèles à celui, qui veut être pour nous, comme il l’a été pour vous, « la Résurrection et la Vie [4]. »
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Ces martyrs étaient ensevelis sur la voie Latine, et ils sont mentionnés dans les Itinéraires des pèlerins. Cependant les anciennes listes romaines ne font mémoire en ce jour que de la fête de Gordien. Épimaque doit avoir eu, au début, une messe distincte, et ce fut seulement dans le tardif Sacramentaire Grégorien que les deux stations liturgiques furent réunies. Hadrien Iᵉʳ restaura la basilique des martyrs, et ce fut probablement vers cette époque que les deux saints corps furent déposés dans une même tombe.
Le Hiéronymien associe aujourd’hui à leur mémoire celle des martyrs Quartus et Quintus qui, selon l’Itinéraire de Salzbourg : iuxta ecclesia, in cubiculo pausant. Comme on le voit, la liturgie médiévale de Rome tendait à réunir en une seule solennité les divers natalitia des saints ensevelis dans un même cimetière.
Voici la belle épigraphe que les anciens compilateurs d’inscriptions romaines ont lue sur la tombe du martyr Gordien. Il n’y est pas question d’Épimaque.
HAEC • QVICVMQVE • VIDES • NIMIO • PERFECTA • LABORE
DESINE • MIRARI • MINVS • EST • QVAM • MARTYR • HABETVR
HIC • AETATE • PVER • RVDIBVS • IAM • VICTOR • IN • ANNIS
TEMPORE • SVB • PAVCO • MATVRA • LAVDE • TRIVMPHANS
ASPERA • INNOCVO • MACVLAVIT • TELA • CRVORE
ET • SITIENS • TENERO • LVSIT • SIBI • SANGVINE • PRAEDO
SIC • VICTOR • SVPERAS • AVRAS • REGNVMQVE • PETIVIT
ET • NOS • CAELESTI • PLACIDOS • DE • SEDE • REVISIT
NOMINE • GORDIANVS • CHRISTI • QVEM • PALMA • CORONAT
MARMORE • CONCLVDENS • ARCAM • CINERESQVE • BEATOS
PRESBYTER • ORNAVIT • RENOVANS • VINCENTIVS • VLTRO
Toi qui admires ce mausolée, achevé au prix d’un si grand travail, ne t’étonne pas : il est très inférieur au mérite du martyr.
Celui-ci était encore au printemps de la vie quand, victorieux des ardeurs de la jeunesse, après une vie très courte il mérita une immense gloire.
Le persécuteur put bien souiller d’un sang innocent ses flèches atroces, s’exerçant sur la cible sanglante de ce corps. Le martyr s’envola vainqueur au royaume céleste, d’où maintenant il nous regarde avec bonté. C’est Gordien, que couronne la palme du Christ.
Le prêtre Vincent a restauré et décoré ce tombeau de marbre, pour y déposer les saintes reliques.
La messe est celle des martyrs au temps pascal : Sancti tui.
La lecture est la même que pour la fête des saints Soter et Caïus le 22 avril. Elle est tirée de l’Apocalypse (XIX, 1-9) et convient fort bien au triomphe des martyrs dans la sainte joie pascale.
Conformément à la liste des Évangiles de Würzbourg, in natale sancti Gordiani la lecture évangélique est tirée de saint Matthieu (XI, 34-42).
Qu’il est doux de s’endormir au monde, en face d’un tyran furieux, du bourreau, d’un peuple sacrilège qui, dans l’amphithéâtre, crie : Christianos ad leones, et, au même instant, de s’éveiller entre les bras des anges au ciel, en présence du Christ, pour recevoir de Lui l’éternelle couronne ! Après la grâce de la prédestination, le martyre est le don le plus grand que l’âme puisse recevoir de Dieu, et la voie la plus courte pour monter au ciel. C’est pourquoi quand on prononçait contre eux la sentence de mort, les anciens témoins de la Foi devant les tribunaux païens s’écriaient, avec une paix et une constance pleine de dignité, en présentant leur tête au glaive : Deo gratias.
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
Saint Gordien et saint Épimaque. — Saint Gordien était d’abord un juge païen. Il se fit chrétien et fut martyrisé sous Julien l’Apostat (362). Saint Épimaque fut brûlé dans de la chaux vive (304). Les deux saints furent ensevelis sur la voie Latine, à Rome. Une église s’éleva sur leur tombeau.
ce même 10 mai, Sts Gordien et Epimaque, Martyrs
Eodem die 10 maii · Ss. Gordiani et Epimachi · Martyrum
Commemoratio · Commémoraison
¶ Pro votiva extra Tempus Paschale Missa Sapiéntiam, de Communi plurimorum Martyrum II loco, cum Orationibus, ut supra. · ¶ Aux Messes votives en dehors du Temps pascal, Messe Sapiéntiam, du Commun de plusieurs Martyrs II, avec les oraisons ci-dessus.
Office du jour
Office
Leçon des Matines avant 1960
Neuvième leçon. Sous Julien l’Apostat, on amena au juge Gordien, pour qu’il le condamnât, un Prêtre nommé Janvier ; ce Prêtre l’instruisit dans la foi chrétienne et le baptisa à Rome, ainsi que sa femme et cinquante-trois autres personnes de la même famille. C’est pourquoi le préfet, ayant envoyé Janvier en exil, donna l’ordre à Clémentien, son lieutenant, de mettre Gordien en prison. Clémentien fit venir devant lui Gordien chargé de chaînes et n’ayant pu lui persuader de renoncer à la foi, après l’avoir fait battre longtemps avec des fouets garnis de plomb, il lui fit trancher la tête. Le corps du Martyr fut jeté aux chiens devant le temple d’Apollon ; mais les Chrétiens l’ensevelirent pendant la nuit sur la voie Latine, dans la même crypte où avaient été déposées les reliques du bienheureux Martyr Épimaque, apportées d’Alexandrie, où ce Saint, d’abord longtemps enchaîné dans une prison pour la confession du Christ, avait enfin été brûlé, et était ainsi parvenu à la couronne du martyre.