Litanies Majeures
25 avril
Messe 1
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Présentation
Présentation
Abstinence conseillée.
Grégoire de Tours raconte que pendant l’automne 589, Rome fut affligée d’une inondation suivie d’une épidémie dont fut victime le pape Pélage II.
Pour conjurer la justice divine, Grégoire le Grand ordonna une procession solennelle accomplie d’une manière grandiose.
Tombant en temps pascal (et pouvant même être célébrée pendant l’Octave de Pâques, sauf le dimanche même de Pâques et le lundi), cette cérémonie pénitentielle garde un caractère festif (Alléluia à l’Introït, avant l’évangile et à la communion, préface pascale). C’est la raison pour laquelle, même si on faisait abstinence, on ne jeûne pas.
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Ce jour est remarquable dans les fastes de la Liturgie par la célèbre Procession dite de Saint-Marc. Cette appellation cependant n’est pas exacte, puisque la procession était déjà fixée au 25 avril, avant l’institution de la fête du saint Évangéliste, qui n’avait pas encore son jour spécial dans l’Église romaine au VIᵉ siècle. Le véritable nom de cette Procession est Litanie majeure. Le mot Litanie signifie Supplication, et s’entend d’une marche religieuse durant laquelle on exécute des chants qui ont pour but de fléchir le ciel. Ce mot désigne également le cri que l’on y fait entendre : « Seigneur, ayez pitié ! » c’est le sens des deux mots grecs : Kyrie, eleison. Plus tard on a appliqué le nom de Litanies à tout l’ensemble d’invocations qui ont été ajoutées à la suite des deux mots grecs, de manière à former un corps de prière liturgique que l’Église emploie dans certaines circonstances importantes.
La Litanie majeure, ou grande Procession, est ainsi nommée pour la distinguer des Litanies mineures, ou processions moindres sous le rapport de la solennité ou du concours. On voit par un passage de saint Grégoire le Grand que l’usage de l’Église Romaine était de célébrer chaque année une Litanie majeure, à laquelle tout le Clergé et tout le peuple prenaient part, et que cet était déjà ancien. Le saint Pontife ne fit autre chose que de fixer au 25 avril cette Procession, et d’indiquer la Basilique de Saint-Pierre pour lieu de la station.
Plusieurs auteurs liturgistes ont confondu avec cette institution les Processions que saint Grégoire ordonna plusieurs fois dans les calamités publiques, et qui sont totalement distinctes de celle d’aujourd’hui. Celle-ci avait lieu antérieurement, mais sans époque absolument déterminée, et elle n’est redevable à saint Grégoire que de son attribution au 25 avril. C’est donc à ce jour qu’elle est affectée, et non à la solennité de saint Marc établie postérieurement. S’il arrive que le 25 avril tombe dans la semaine de Pâques, la procession a lieu le jour même, à moins que ce jour ne soit celui de Pâques ; quant à la fête du saint Évangéliste, elle est alors renvoyée après l’Octave.
On demandera peut-être pourquoi saint Grégoire a choisi de préférence le 25 avril, pour y établir une Procession et une Station où tout respire la componction et la pénitence, dans une saison de l’année où l’Église est tout entière aux joies de la résurrection du Sauveur. Un savant liturgiste du siècle dernier, le chanoine Moretti, a le premier résolu ce problème. Dans une dissertation érudite il a constaté que l’Église Romaine, au Ve siècle et probablement dès le IVᵉ, célébrait solennellement la journée du 25 avril. La population se rendait en ce jour à la Basilique de Saint-Pierre, afin d’y célébrer l’anniversaire du jour où le Prince des Apôtres, entrant dans Rome, était venu apporter à la ville éternelle la dignité inamissible de capitale suprême de toute la chrétienté. De ce jour commencent en effet les vingt-cinq années, deux mois et quelques jours, que Pierre siégea dans Rome [3]. Le Sacramentaire Léonien contient encore la Messe de cette solennité tombée plus tard en désuétude. Saint Grégoire, le grand organisateur de la Liturgie, ne voulut pas qu’un jour si auguste passât chaque année sans réveiller chez les Romains le souvenir de l’événement qui fait la principale gloire de leur cité, et il ordonna que l’Église de Saint-Pierre fût le rendez-vous de la grande Litanie fixée pour jamais à ce jour. La coïncidence assez fréquente du 25 avril avec l’Octave de la Pâque ne permettait pas d’établir une fête proprement dite pour commémorer l’arrivée de saint Pierre à Rome ; saint Grégoire prit donc le seul parti qui restait à prendre pour conserver un si grand souvenir.
Mais le saint Pontife ne put empêcher le contraste très prononcé qui exista dès lors entre les allégresses du moment présent et les sentiments de pénitence qui doivent accompagner la Procession et la Station de la Litanie majeure, instituées l’une et l’autre dans le but d’implorer la miséricorde divine. Comblés de faveurs de toute espèce en ce saint Temps, inondés des joies pascales, ne nous plaignons pas cependant de la nécessité que la sainte Église nous impose de rentrer pour quelques heures dans les sentiments de componction qui conviennent à des pécheurs comme nous. Il s’agit de détourner les fléaux que les iniquités de la terre ont mérités, d’obtenir, en s’humiliant et en invoquant le crédit de la Mère de Dieu et des Saints, la cessation des maladies, la conservation des moissons ; de présenter enfin à la divine justice une compensation à l’orgueil, à la mollesse et aux révoltes de l’homme. Entrons dans ces sentiments, et reconnaissons humblement la part qu’ont nos propres péchés dans les motifs qui ont excité le courroux céleste ; et nos faibles supplications, unies à celles de la sainte Église, obtiendront grâce pour les coupables et pour nous qui sommes du nombre.
Ce jour consacré à la réparation de la gloire divine ne pouvait se passer sans les expiations salutaires dont le chrétien doit accompagner l’offrande de son cœur repentant. L’abstinence de la viande a été exigée de tout temps à Rome en ce jour ; et lorsque la Liturgie Romaine eut été établie en France par Pépin et Charlemagne, la grande Litanie du 25 avril se trouvant dès lors en usage chez nous, le même précepte d’abstinence y fut promulgué. Le concile d’Aix-la-Chapelle de 836 ajouta l’obligation de suspendre en ce jour les œuvres serviles, et cette même disposition se retrouve dans les Capitulaires de Charles le Chauve. Quant au jeûne proprement dit, le Temps pascal ne l’admettant pas, il ne semble pas avoir été observé en ce jour, au moins dune manière générale. Amalaire, au IXᵉ siècle, atteste qu’on ne le pratiquait pas même à Rome de son temps.
Dans le cours de la Procession, on chante les Litanies dos Saints, suivies des nombreux Versets et Oraisons qui les complètent. La Messe de la Station est célébrée selon le rite du Carême, sans Gloria in excelsis et avec la couleur violette.
Mais qu’il nous soit permis de protester contre la négligence d’un grand nombre de chrétiens, de personnes même plus ou moins adonnées à la piété, et que l’on ne voit jamais assister à la Procession de Saint-Marc ni à celles des Rogations. Le relâchement sur ce point est à son comble, surtout dans les villes. Ces mêmes chrétiens ont accueilli cependant avec satisfaction la remise de l’abstinence qui a été obtenue pour certains diocèses ; il semble que cette indulgence devrait les rendre d’autant plus empressés à prendre part à l’œuvre de la prière, celle de la pénitence ayant été allégée par la dispense. La présence du peuple fidèle aux Litanies fait partie essentielle de ce rite réconciliateur, et Dieu n’est pas obligé de prendre en considération des prières auxquelles ne s’unissent pas ceux qui sont appelés à les lui offrir. C’est là un des mille points sur lesquels une prétendue dévotion privée a jeté dans l’illusion beaucoup de personnes. A son arrivée dans la ville de Milan, saint Charles Borromée trouva aussi que soi peuple laissait le clergé accomplir seul la Procession du 25 avril. Il se fit une loi d’y assister en personne, et il y marchait nu-pieds. Le peuple ne tarda pas à se presser sur les pas de son pasteur.
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Cette solennelle procession qui, autrefois, se rendait de Saint-Laurent in Lucina à Saint-Pierre, en parcourant la voie Flaminienne, le pont Milvius et en côtoyant le Tibre jusqu’à la région Vaticane, remplaçait primitivement l’antique fête des Ambarvales ou des Robigalia des païens. Celle-ci tombait le 25 avril, et la jeunesse romaine avait coutume d’aller au delà du pont Milvius pour sacrifier à Robigo, le dieu qui préservait les blés de la rouille. L’Église romaine, en adoptant cette habitude populaire, en a élevé la signification, enseignant que ce n’est pas la faveur de Robigo, mais la vie pieuse, l’humble prière et l’intercession des saints, surtout celle du Pastor ovium, saint Pierre, qui désarment la justice de Dieu irritée par nos péchés. Cette litanie s’appelle Litanie majeure parce qu’elle avait un caractère beaucoup plus solennel que les autres litanies stationnales ; le parcours était fort long, et toute la population de Rome, divisée en plusieurs groupes, y prenait part. Au temps de saint Grégoire, ce rite devait être déjà en usage, et le Saint, dès le jour précédent, avait coutume d’y préparer les âmes des fidèles par une prédication. La procession et la messe stationnale à Saint-Pierre arrivant toujours pendant le temps pascal, avaient ainsi un caractère nettement festif, à la différence des autres litanies processionnelles qui se faisaient durant le Carême, et où prédominait le concept de la pénitence.
Par la suite, durant la période carolingienne, s’introduisit à Rome un triduum de litanies pénitentielles, aux trois jours précédant l’Ascension. Ce rite semble venir de Vienne, en France, et être dû à l’évêque Mamert (vers 470) ; il comportait trois jours de jeûne comme en Carême. Ce caractère pénitentiel, importé à Rome par les Francs et affirmé encore aujourd’hui dans le Missel romain par les ornements violets et par la suppression de l’Hymne Angélique, contraste toutefois avec tout l’esprit de l’antique liturgie pascale à Rome, qui s’inspire de la joie la plus pure. Il s’agit d’une adjonction postérieure, alors que les irruptions des barbares avaient interrompu l’ancienne tradition classique, qui, sur l’ordre des conciles, avait interdit tout jeûne aux fidèles durant le cycle sacré de la joie pascale.
Pour en revenir à la fête des Robigalia, le 25 avril, remarquons qu’au XIIᵉ siècle il y avait, à Rome, deux processions : l’une commençait à la basilique de Saint-Marc de Pallacina et toutes les collégiales de la cité y prenaient part ; l’autre partait du Latran, et la cour papale y intervenait avec les seuls chapitres des basiliques patriarcales. Après que le Pape avait récité la collecte, un sous-diacre prenait sur l’autel la croix stationnale et la présentait à baiser à tous, puis la procession s’acheminait vers Sainte-Marie-la-Neuve au Forum où elle faisait un premier arrêt. Quand le Pontife s’était quelque peu reposé, le cortège se rendait à Saint-Marc, et on y faisait une nouvelle pause. De là, la procession se dirigeait vers le mausolée d’Adrien, où elle s’arrêtait encore, et enfin se remettait en route pour le Vatican. Un dernier arrêt avait lieu dans la petite basilique de Sancta Maria de Virgariis, presque au pied de l’atrium. De là le Pape montait à la basilique Vaticane, où il célébrait la messe stationnale et recevait l’offrande dite presbyterium, de vingt sous de Pavie pro missa bene cantata. Aux cardinaux, aux diacres, sous-diacres, acolytes et chantres, le chapitre Vatican faisait aussi à cette occasion une large distribution d’aumônes [4].
Collecte au titre de Lucine.
On chantait d’abord une pieuse antienne d’introït, prise du psaume 43, et qui, à Rome, se récite régulièrement avant toute collecte stationnale : « Levez-vous, ô Seigneur, et aidez-nous ; ah ! délivrez-nous, non à cause de nos mérites, que nous n’osons point mettre en avant, mais en raison de votre ineffable miséricorde. » Puis, après la prière de bénédiction récitée par le célébrant sur l’assemblée, le cortège se mettait en ordre de procession, parcourant la même route qu’au temps des Robigalia classiques.
Cette persistance des éléments classiques traditionnels dans les usages chrétiens à Rome sert à nous faire comprendre toujours mieux le sens prudent et discret de l’Église qui, plutôt que de supprimer violemment deux coutumes populaires profondément enracinées dans le cœur des peuples, leur a donné une signification spirituelle et a ainsi pu les conserver en se les assimilant. Nous avons eu nous-même l’occasion de le constater, puisque nous avons retrouvé, en quelques points du diocèse de Saint-Paul, des usages tout à fait païens qui, depuis des siècles, ont pris, pour ces populations simples, un sens absolument innocent. C’est ainsi que nous avons retrouvé la fête classique des Rosalia à Civitella San Paolo, où, à la solennité des calendes de mai, des vierges canéphores portent en procession sur leur tête des pyramides de fleurs entrelacées de rubans de soie. Le cortège, comme dans les anciennes stations romaines, va célébrer le sacrifice eucharistique solennel dans l’église cimitériale de Saint-Laurent, dont le pavé est alors tout semé de rosés et d’herbes aromatiques. Le sens a été changé et sanctifié, puisqu’il s’agit de la solennité des deux apôtres Philippe et Jacques, mais le rite est demeuré celui des Rosalia de l’ancienne Rome.
A Leprignano, les lointains descendants des antiques Capenates font porter en procession, le 25 avril, à tous les enfants, garçons et filles du village, des bonshommes de pâte sucrée, qui reçoivent ensuite la bénédiction du prêtre. Ces fantoches sont un souvenir de ceux dont les païens se servaient pour éloigner des moissons le mauvais œil de Robigo lors de la procession des Ambarvalia.
La procession.
La Schola cantorum, durant la première partie du trajet le long de la voie Flaminienne, et en côtoyant le cimetière du martyr Valentin, exécutait une série d’antiennes conservées dans les anciens recueils, mais aujourd’hui tombées malheureusement en oubli, parce qu’absentes du Missel romain. Nous donnons ici une simple idée de cette antiphonie abandonnée :
| Deprecamur te, Domine, in omni misencordia tua, ut auferatur furor tuus et ira tua a civitate tua ista et de domo sancta tua, quoniam peccavimus. Alleluia. | Nous vous supplions Seigneur, dans votre grande miséricorde, de détourner votre colère de cette cité qui est vôtre et de votre sainte demeure, car nous avons péché. Alléluia. |
| Salvator mundi, salva nos supplices tuos ; defende populum tuo sanguine redemptum ; libera nos, Christe, a periculis, donans nobis vitam aeternam. | Sauveur du monde, sauvez-nous, nous qui vous supplions ; défendez le peuple racheté par votre sang ; délivrez-nous, ô Christ, des périls, en nous donnant la vie éternelle. |
| Placet Ierusalem, civitas sancta, ornamento Martyrum decorata, cuius plateae sonant laudes de die in diem. | Qu’elle est belle, Jérusalem (Rome), la Cité sainte, ornée des Martyrs comme parure, et dont les places, chaque jour, retentissent de louanges. |
| Benedicat nos trina maiestas Domini ; benedicat nos Spiritus Sanctus qui in specie columbae in Iordane fluvio super Christum requievit ; ille nos benedicat, qui de caelis dignatus est descendere in terras et de suo sancto sanguine nos redemit ; benedicat Dominus sacerdotium nostrum et introitum nostrum. Alléluia. | Que la majesté Trine du Seigneur nous bénisse ; que nous bénisse l’Esprit Saint qui, sous la forme d’une colombe, reposa sur le Christ dans le fleuve du Jourdain. Qu’il nous bénisse celui qui a daigné descendre des cieux sur la terre et qui nous a rachetés avec son sang sacré. Que le Seigneur bénisse notre sacerdoce et notre entrée (dans son temple). Alléluia. |
| De Ierusalem exeunt reliquiae et salvatio de monte Sion ; propterea protectio erit huic civitati, et salvabitur propter David famulum eius. Alleluia. | De Jérusalem sortent les restes précieux, et de la montagne de Sion, les élus ; aussi cette cité sera-t-elle protégée et sauvée à cause de David, le serviteur de Dieu. Alléluia. |
| Ambulate, Sancti, viam quam elegistis ; festinate ad locum qui vobis praeparatus est ; nos in terra canimus, Sanctorum laudes dicimus ; nos sanctos portamus ; in caelis gaudent angeli. Alleluia. | Avancez-vous, ô saints, dans la voie choisie par vous ; hâtez-vous vers le lieu qui vous a été préparé ; nous, sur la terre, nous chantons, nous disons les louanges des saints ; nous portons les saints ; au ciel, les Anges se réjouissent. Alléluia. |
| Cognoscimus, Domine, quia peccavimus ; veniam petimus quam non meremur ; manum tuam porrige lapsis, qui latroni confitenti, paradisi ianuam aperuisti. Alleluia. | Nous reconnaissons, Seigneur, que nous avons péché ; nous demandons un pardon que nous ne méritons pas ; tendez la main à ceux qui sont tombés ; vous qui ouvrîtes la porte du paradis au larron repentant. Alléluia. |
| Salvator mundi, salva nos omnes. Sancta Dei Genitrix, semper Virgo Maria, ora pro nobis. Precibus quoque Apostolorum Martyrumque omnium et confessorum atque sanctarum Virginum, suppliciter petimus, ut a malis omnibus eruamur, bonisque omnibus nunc et semper perfrui mereamur. Alleluia. | Sauveur du monde, sauvez-nous tous. Sainte Mère de Dieu, Marie toujours Vierge, priez pour nous. Par l’intercession des Apôtres, de tous les Martyrs, des Confesseurs et des Vierges saintes, nous vous supplions humblement de nous délivrer de tous nos maux, et de nous faire jouir de tous les biens maintenant et à jamais. |
| Christe, qui regnas in caelos et sedes ad dexteram Patris et habitas inter Angelos et Archangelos, Thronos et Dominationes ; et Apostoli tui te laudant, et Martyres tibi hymnum cantant ; Confessores in paradiso voce concordant et dicunt : O Beati omnes qui gloriam Deo dicunt, et habitant cum eo in pace ; quia omnes qui propter Deum laboraverunt in terrenis, illos perducis ad caelestia regna. Nos autem oportet te laudare et benedicere, quia nos de terra ad caelos vocare dignatus es. Alleluia. | O Christ, qui régnez dans les cieux, siégez à la droite du Père et habitez au milieu des Anges et des Archanges, des Trônes et des Dominations ; vos Apôtres vous louent et vos martyrs vous chantent un hymne ; les Confesseurs, au Paradis, unissent leurs voix pour dire : O bienheureux tous ceux qui chantent la gloire de Dieu et qui habitent avec lui dans la paix ; car tous ceux qui, pour Dieu, ont travaillé sur la terre, vous les introduisez dans le céleste royaume. Quant à nous, il nous faut vous louer et vous bénir, puisque vous avez daigné nous appeler de la terre au ciel. Alléluia. |
| Domine Rex, Deus Abraham, dona nobis pluviam super faciem terrae ut discat populus iste quia tu es Dominus Deus noster. Numquid est in idolis gentium qui pluat, nisi tu Deus ? Non caeli possunt dare pluviam, nisi tu volueris. Tu es Dominus Deus noster, quem expectabamus ; dona nobis pluviam. | Seigneur Roi, Dieu d’Abraham, répandez la pluie sur la face de la terre, afin que ce peuple apprenne que vous êtes le Seigneur notre Dieu. Y a-t-il une seule parmi les idoles des nations qui puisse faire pleuvoir ? N’êtes-vous pas le seul, ô Dieu ? Les cieux ne sauraient donner la pluie si vous ne le voulez. Vous êtes le Seigneur notre Dieu sur qui nous comptons ; donnez-nous la pluie. |
| Peccavimus, Domine, peccavimus Tibi ; parce peccatis nostris et salva nos ; qui gubernasti Noe super undas diluvii, exaudi nos ; qui Ionam de abysso revocasti, libera nos ; qui Petro mergenti manum porrexisti, auxiliare nobis, Christe Fili Dei. | Nous avons péché, Seigneur, nous avons péché contre vous ; pardonnez-nous nos péchés et sauvez-nous ; vous qui avez guidé Noé sur les ondes du déluge, exaucez-nous ; vous qui avez ramené Jonas de l’abîme, délivrez-nous ; vous qui avez tendu la main à Pierre qui enfonçait, venez à notre aide, ô Christ, Fils de Dieu. [6] |
La litanie.
La litanie conserve encore le type de la très ancienne prière qui terminait les vigiles nocturnes, et servait comme de transition entre l’office vigilial et l’offrande du sacrifice eucharistique. La partie la plus ancienne de la litanie est celle qui suit les invocations des Saints ; elle peut dater, au moins dans ses éléments primordiaux, du IIIᵉ siècle. L’intercession des Saints fut ajoutée dans le haut moyen âge, et est inspirée, comme le Canon de la Messe, par les souvenirs locaux des grands martyrs romains. Les autres Églises, les célèbres monastères de l’antiquité, avaient chacun leur litanie propre ; mais la forme romaine finit par prévaloir et par s’imposer définitivement à presque toutes les Églises occidentales.
Quand le cortège approchait de la basilique Vaticane, on entonnait la litanie qui servait de prélude à la messe.
Kyrie eleison… Sancta Maria.
En souvenir des anciennes litanies septénaires, déjà en usage dans la liturgie romaine dès le temps de saint Grégoire, chaque invocation, aujourd’hui encore [7], est chantée deux fois, d’abord par les chantres, ensuite par le chœur des fidèles.
Sancta Dei Genetrix… Sancte Raphaël.
Saint Ambroise et les anciens Pères connaissent d’autres noms d’Anges, Uriel, etc., tirés des traditions hébraïques. Rome ignore officiellement les apocryphes.
Suivent les diptyques des Apôtres, dans le même ordre qu’au Canon romain :
Sancte Petre… Sancte Mathia.
Barnabé précède, à titre d’apôtre et de compagnon de saint Paul, les deux évangélistes Luc et Marc, disciples, respectivement, de Paul et de Pierre. Barnabé a ce privilège dans les diptyques également, il y est nommé immédiatement après Etienne et Mathias, alors que Luc et Marc sont absents.
Sancte Barnabe… Sancte Vincenti.
Fabien doit sa renommée au fait que sa fête tombe le même jour que celle de saint Sébastien, très vénéré à Rome, et dont la célébrité rejaillit sur le nom du saint pape. La renommée des deux martyrs milanais suivants est due à la solennité qui entoura la découverte de leurs corps par saint Ambroise :
Sancti Gervasi et Protasi….
Saint Sylvestre et saint Martin sont les premiers personnages qui, tout en n’étant pas martyrs, mais seulement Confesseurss, au sens primitif du mot, ont reçu un culte public et liturgique. Le culte des Confesseurs, c’est-à-dire de ceux qui, pour la confession de la Foi, avaient souffert l’exil, la prison ou d’autres peines, sans cependant mourir dans les tourments, est une extension du culte des Martyrs.
Sancte Silvester… Sancte Martine.
Saint Nicolas est entré dans les litanies au moyen âge, en raison de la popularité de son culte. Il est l’unique représentant de l’épiscopat oriental dans les litanies romaines.
Sancte Nicolae… Sancta Maria Magdalena.
L’ordre est un peu troublé. Comme dans les litanies de la vigile pascale, venaient d’abord les martyres romaines Agnès et Cécile, puis les siciliennes Agathe et Lucie, et enfin la matrone Anastasie.
Sancta Agatha… A morte perpetua.
La mort perpétuelle est la sentence d’éternelle réprobation en châtiment de l’obstination finale du pécheur.
L’énumération qui suit, des divers mystères de la Rédemption, est fort importante au point de vue liturgique, parce qu’elle paraît s’inspirer du texte primitif de l’anaphore eucharistique et de l’anamnèse après la Consécration, où il en est également fait mémoire. Dans l’anamnèse romaine on ne mentionne pas la Nativité, mais il est possible que le texte primitif en parlât, tout comme notre litanie.
Per mysterium….
Ici encore, le sens des mots Ordres ecclésiastiques est le sens antique, et vise non pas les groupements de religieux (les anciens n’en connaissent qu’un, le monachisme bénédictin) mais les divers degrés des ministres de l’autel. On ne fait pas mémoire de l’évêque diocésain, parce que le type de cette litanie est parfaitement le type romain et qu’à Rome l’évêque est le Pape, « le Seigneur Apostolique » comme on l’appelait dans le haut moyen âge :
Ut Domnum Apostolicum…
On demande l’humiliation des adversaires de la religion, non par haine ni par vengeance, mais afin qu’ils rentrent en eux-mêmes et se convertissent à Dieu. Les succès faciles enorgueillissent l’esprit et ne sont pas, à la vérité, la condition la plus propice pour ramener une âme au Seigneur, tandis qu’au contraire les désastres, les adversités, la douleur, préservent l’âme de la vanité et lui font reconnaître plus facilement son insuffisance.
Ut inimicos sanctae Ecclesiae humilare digneris….
Le « service saint », dans le très ancien langage liturgique, est le service sacerdotal, la liturgie des Grecs. Cette terminologie rappelle celle de l’anaphore eucharistique primitive, où, immédiatement après la consécration des divins mystères, le chœur des prêtres concélébrants rendait à Dieu d’humbles grâces pour leur avoir accordé d’environner l’autel et d’y vaquer à son saint service. Le nosmetipsos des litanies, en tant qu’il se distingue du cuncto populo christiano et étant au pluriel, peut donc très bien représenter comme un dernier écho de cette vénérable prière traditionnelle :
Ut nosmetipsos in tuo sancto servitio ….
Suit le psaume 69, ajouté à la litanie au moyen âge, et qui reflète bien les conditions de tremblante anxiété parmi lesquelles saint Mamert inaugura à Vienne la litanie pénitentielle des Rogations.
Les versets qui suivent le psaume, d’origine variée, conservent pourtant, très tranché, le type de l’antique prière, ou litanie diaconale, telle qu’on l’observe encore dans les liturgies grecques, et telle qu’on l’employa à Rome jusqu’au VIIᵉ siècle environ.
Saint Benoît lui aussi ordonna dans son Cursus qu’à la fin de chacune des heures de l’office divin, parmi les diverses commémoraisons l’on fît celle des absents.
La prière sacerdotale.
Les diverses collectes qui suivent sont du haut moyen âge, mais elles se trouvent ici hors de place. La litanie processionnelle formait un seul rite avec la messe qui, pour cette raison, n’avait ni introït ni prière litanique. Le célébrant récitait immédiatement la collecte qui mettait fin à la litanie. Il faut donc bien remarquer que celle-ci n’était pas, comme une chose isolée et complète par elle-même. On allait en procession à Saint-Pierre pour y célébrer le Sacrifice eucharistique solennel.
A la messe stationnale dans la basilique Vaticane.
Comme nous l’avons dit, la litanie, en tant que rite extraordinaire .pour obtenir de Dieu d’échapper à quelque calamité publique, se terminait régulièrement, à Rome, dès le temps de saint Grégoire, dans la basilique Vaticane, près du tombeau du Pastor Ecclesiae, c’est-à-dire du Patron par excellence de la Ville Éternelle. Les autres stations à Sainte-Marie-Majeure et au Latran, les trois jours précédant l’Ascension, sont d’origine postérieure et représentent un mélange d’usages romains et francs.
L’introït de la messe de ce jour — qui ne doit pas être primitif, puisque la litanie remplaçait régulièrement l’introït dans toutes les processions — exprime la confiance du Juste qui sait que sa prière a été bien accueillie par Dieu. L’antienne est prise du psaume 17.
Dans la collecte, au comble des afflictions qui nous accablent, nous présentons à Dieu notre humble confiance — rappelons-nous les circonstances durant lesquelles furent instituées les Rogations — et nous demandons l’aide de son bras. Le vrai mal, et aussi le principe de tous les autres maux, c’est le péché. Toute autre peine peut revêtir un caractère pénitentiel, et, entre les mains de Dieu, devenir facilement un instrument de conversion pour les âmes.
La lecture qui suit, de la lettre de saint Jacques (V, 16-20), est choisie fort à propos. Elle traite de l’efficacité de la prière, à laquelle le Seigneur a promis une universelle puissance, telle une clef d’or ouvrant le cœur divin. Cela ne veut pas dire que seule l’oraison des Saints obtienne son effet et que celle des pauvres âmes ne vaille rien, — puisque l’Apôtre tient à nous faire remarquer précisément qu’Elie était un homme passible, semblable à nous, quand il ouvrit et ferma à son gré les cataractes du ciel, — mais que la prière doit être assidue, et faite avec foi.
La lecture évangélique de saint Luc (XI, 5-13) s’accorde bien avec le caractère de la litanie de ce jour, ou supplication publique et solennelle de pénitence. Il s’agit d’obtenir du Seigneur, au moyen de la prière instante et pleine de foi, ce que nous ne méritons pas à cause de nos péchés. Puis, d’une façon particulière, il est question d’obtenir, pour la fête de la Pentecôte qui approche, l’Esprit bon que Dieu donne à ceux qui le craignent.
Telle est l’estime que nous devons avoir pour la prière. Même au milieu de la nuit, jusqu’à être importuns ; précisément parce que nos misères et nos faiblesses sont si nombreuses, et que Dieu a décidé de nous transmettre sa grâce seulement sur les ailes de la prière. Ascendit oratio et descendit Dei miseratio, comme l’expliquait au peuple le docteur d’Hippone.
L’offertoire tire son verset du psaume 108 : « Mes lèvres célébreront hautement le Seigneur, et je le louerai au milieu d’une grande assemblée ; parce qu’il se tient à la droite du pauvre, pour soustraire ma vie aux embûches de mes persécuteurs. » : Ce pauvre c’est Jésus. Le Seigneur a soustrait sa vie aux embûches de la Synagogue, en le ressuscitant des morts. La grande assemblée où le Sauveur veut célébrer son hymne d’action de grâces, c’est l’Église catholique, à la différence de l’antique judaïsme, au caractère exclusivement national, et, par suite, restreint aux étroites limites de la Palestine.
La collecte sur les oblations a un caractère général. On y demande que les dons eucharistiques brisent les chaînes de nos passions — et c’est là un des effets les plus importants de la sainte Communion, celui d’éteindre ou de refroidir le feu de la concupiscence — et qu’ils nous rendent propice la divine miséricorde, satisfaisant d’abord à nos dettes vis-à-vis de sa sainte justice.
L’antienne pour la Communion est tirée de la lecture évangélique du jour.
Après la Communion on demande au Seigneur que la nourriture eucharistique, qui nous réconforte dans la douleur, soit aussi un gage des consolations futures. Les Azymes eucharistiques sont un pain de douleur et de larmes, parce qu’elles commémorent la passion du Christ et la nôtre en union avec lui. Elles contiennent toutefois le germe de la gloire future dans la résurrection finale, et préludent à cet autre aliment dont Dieu nourrira les élus dans la vision béatifique.
Que devons-nous instamment demander à Dieu dans la prière ? Ne vous promettez pas, disait saint Augustin aux fidèles, ce que l’Évangile ne vous promet pas.
Dieu ne s’est pas engagé à nous donner ces grâces temporelles que nous pourrions désirer peut-être, en raison de notre jugement puéril, — car relativement à l’âge parfait de la vie éternelle nous sommes tous des enfants — mais il veut absolument que nous lui demandions, et il désire nous donner, avant tout, le Spiritum bonum dont parle aujourd’hui l’Évangile, et qui est le motif et la source de tous les autres dons spirituels dont il désire enrichir notre âme. Cet esprit bon est le Paraclet, et l’on dit qu’il est le motif de tous les autres dons, en tant qu’il est Amour, et l’amour est le premier motif pour lequel l’amitié se démontre au moyen du don. C’est pourquoi, de la part de Dieu, son amour même est son premier don.
Le Seigneur donne l’Esprit Saint aux humbles, aux purs, à ceux qui craignent Dieu.
Voilà les meilleures dispositions pour se préparer à la solennité de la Pentecôte. Le Paraclet, comme il nous l’atteste lui-même au Livre de la Sagesse, a horreur des hypocrites, des menteurs ; la Sagesse éternelle n’entre pas dans les âmes perverses, ni dans un corps qui veut vivre esclave du péché. C’est la raison pour laquelle l’Esprit de Dieu n’habitera jamais avec l’homme charnel ; c’est pourquoi aussi il se complaît tant à demeurer avec les humbles et les simples de cœur.
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
Lève-toi, Seigneur, aide-nous et délivre-nous à cause, de ton nom.
L’Église romaine compte encore aujourd’hui quatre jours de prières : les grandes litanies, le 25 avril (procession de la Saint-Marc), et les petites litanies, les trois jours qui précèdent l’Ascension (les Rogations). Ce sont des jours que l’Église consacre à la prière ininterrompue, afin d’implorer la miséricorde de Dieu dans tous les besoins temporels et spirituels, et particulièrement pour obtenir sa bénédiction sur les fruits de la terre.
Dans l’ancienne Église, ces jours de prière étaient souvent prescrits. Tantôt, ils étaient réguliers et revenaient tous les ans ; tantôt, ils étaient extraordinaires et on les prescrivait pour des besoins particuliers, par exemple pour détourner la peste. Les grandes litanies remontent à l’époque qui précéda saint Grégoire 1ᵉʳ (vers 600). Ce pape en fixe la date au 25 avril, jour qui, d’après la tradition, était celui où saint Pierre vint pour la première fois à Rome. Il institua l’église de Saint-Pierre comme église de station. La Rome païenne célébrait ce jour-là les robigalia, processions en l’honneur du dieu Rubigus, invoqué contre la rouille des blés. Les litanies se substituèrent à ces fêtes. La fête de saint Marc n’a aucune relation avec les grandes litanies ; elle ne fut assignée que plus tard au 25 avril. C’est pourquoi la procession a lieu le 25 avril, même quand la fête de saint Marc doit être transférée à un autre jour. La cérémonie consiste dans la procession des litanies et l’office de station qui suit. Dans la procession, nous avons un dernier reste des processions de station que les chrétiens de jadis aimaient tant et qu’ils faisaient presque quotidiennement pendant le Carême et la semaine de Pâque. Ils se rassemblaient dans une église, dite église de réunion (ecclesia collecta ; c’est de là que vient le nom de l’oraison dite collecte). De là, ils se rendaient en procession avec l’évêque et le clergé dans une autre église ; en chemin, ils récitaient les litanies des saints avec le Kyrie eleison. La seconde église s’appelait église de station (statio). C’est là qu’on célébrait la sainte messe. Les quatre jours de litanies nous ont conservé cet usage vénérable qui doit nous être cher. En effet, nous ne devons pas seulement prier instamment, mais en communauté. A cette prière instante et commune le Christ a promis la force et le succès. A la procession, on chante les antiques litanies des saints dans lesquelles nous implorons pour tous nos besoins l’intercession de toute l’Église triomphante. Les oraisons terminales des litanies sont très belles et très édifiantes.
La messe de station (Exaudivit). — La messe de station nous offre dans toutes ses parties la promesse consolante que notre prière persévérante sera exaucée, et elle nous donne dans l’Eucharistie le gage du succès de cette prière. L’Introït nous donne la joyeuse assurance que nos prières seront exaucées par Dieu, qu’elles trouveront « accès » auprès de lui (Introivit — Introitus). Dans l’Épître, saint Jacques, qui a tant prié, qui, à force de prier, avait des durillons aux genoux, nous dit que « la prière d’un juste peut beaucoup ». L’exemple d’Élie doit affermir notre confiance. Mais l’Épître parle aussi de pénitence. A l’Évangile, le Seigneur lui-même nous instruit de la puissance que possède une prière persévérante. L’Évangile forme comme un triptyque. Au centre, la parole divine, si consolante : « Demandez et vous recevrez... » De chaque côté, deux images : l’ami importun et l’enfant qui demande, ou bien : l’ami qui donne à contrecœur et le père plein de sollicitude. L’Évangile se réalise au Saint-Sacrifice. Nous sommes les enfants qui demandent, les amis qui frappent à la porte du Père céleste, à la porte du divin ami qui est loin de se montrer importuné, à la porte de notre frère Jésus-Christ, et nous recevons le « pain » divin, gage des dons éternels. A l’Offertoire, nous remercions déjà Dieu par avance d’avoir exaucé notre prière, surtout en ce qui concerne les besoins de notre âme. A la Communion, nous entendons encore une fois le Seigneur nous exhorter à la prière persévérante et, comme gage du succès de cette prière, le divin « ami » nous donne le « pain » du ciel que nous demandons, le « Père » céleste donne à ses enfants le pain de la grâce.
Office du jour
Office
Le 25 avril, on fait l’office de saint Marc. De litaniis maioribus nihil fit in Officio : Des Litanies majeures on ne fait rien à l’Office (Rubrique au 25 avril, bréviaire de Jean XXIII). Néanmoins, ceux qui sont tenus à l’Office et qui ne participent pas à la procession sont tenus de dire les Litanies des Saints avec leurs prières.
Nous donnons ici l’office du lundi des Litanies mineures (lundi avant l’Ascension), supprimé du bréviaire en 1960 et qui donnait le commentaire de l’Évangile de la Messe des Rogations.
Leçons des Matines avant 1960
Lecture du saint Évangile selon saint Luc. Cap. 11, 5-13.
En ce temps-là : Jésus dit à ses disciples : Si l’un de vous a un ami, et qu’il aille le trouver au milieu de la nuit, pour lui dire : Mon ami, prête-moi trois pains. Et le reste.
Homélie de saint Ambroise, Évêque.
Première leçon. Il est commandé en un autre endroit de prier sans cesse, non seulement durant le jour, mais même la nuit. Vous voyez, en effet, que cet homme qui alla trouver son ami au milieu de la nuit, lui demandant trois pains, et persistant à les demander, ne fut pas privé de l’objet de sa prière. Que signifient ces trois pains, si ce n’est l’aliment des célestes mystères ? Si vous aimez le Seigneur votre Dieu, vous pourrez mériter ses dons non seulement pour vous, mais encore pour les autres. Qui est plus notre ami que celui qui a livré son corps pour nous ?
Deuxième leçon. C’est à cet ami que David, au milieu de la nuit, a demandé ces pains, et il les a reçus. Car il les demandait, quand il disait : « Au milieu de la nuit je me levais pour vous louer ; » c’est pourquoi il a mérité ces pains qu’il nous a présentés pour nous en nourrir. Il les demanda encore, lorsqu’il dit : « Je laverai chaque nuit mon lit de mes pleurs. » Il ne craignait pas d’interrompre le sommeil de celui qu’il sait veiller toujours. Aussi, nous souvenant de ces paroles des Écritures, implorons le pardon de nos péchés en persévérant jour et nuit dans la prière.
Troisième leçon. Car si un homme aussi saint que David, occupé du gouvernement de tout un royaume, louait Dieu sept fois le jour, et était appliqué sans cesse à lui offrir les sacrifices du matin et du soir, que nous faut-il faire, nous qui devons prier d’autant plus que nous défaillons plus souvent, à cause de la fragilité de la chair et de l’esprit ; nous qui, las de la route et fatigués cruellement par notre course en ce monde et par les détours de cette vie, devons prier afin que le pain qui refait ne puisse nous manquer, lui qui fortifie le cœur de l’homme. Ce n’est pas seulement au milieu de la nuit que le Seigneur nous apprend qu’il faut veiller, mais à tous les instants pour ainsi dire. En effet il vient et le soir, et à la seconde et à la troisième veille, et il a coutume de frapper à la porte. « Heureux les serviteurs que le Seigneur, quand il viendra, trouvera veillant ! »
A LAUDES.
Ant. au Bénédictus Demandez, et il vous sera donné : * cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira, alléluia.
Messe 2
La Messe, Station à Saint-Pierre, Rubrique après 1960
Ad Missam · Statio Ad S. Petrum
¶ In Missa, quae processionem vel alias supplicationes sequitur, omittuntur psalmus Iudica me, Deus cum sua antiphona, necnon confessio cum absolutione, versibus sequentibus atque orationibus Aufer a nobis et Oramus te, Dómine. Celebrans igitur, cum ad altare accesserit, statim illud ascendit et osculatur in medio.
¶ A la Messe qui suit la procession ou les autres supplications, on omet le psaume Iudica me, Deus avec son antienne, ainsi que la confession avec l’absolution, les versets qui suivent et les oraisons Aufer a nobis et Oramus te, Dómine. Donc le Célébrant, quand il parvient à l’autel, y monte aussitôt et l’embrasse au milieu.
¶ In hac Missa non dicitur Glória in excélsis. · ¶ A cette Messe, on ne dit pas le Glória in excélsis.
Præfatio Paschalis. · Préface de Pâques [*]