Mercredi de la 1ʳᵉ semaine de l’Avent
Commentaires
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
| Regem ventúrum Dóminum, veníte, adorémus. | Le Roi qui doit venir, le Seigneur, venez, adorons-le. |
Parce que Jérusalem penche vers sa ruine, la force de l’intelligence s’éteint en elle avec toutes les autres forces. Elle ne sait plus où elle va, et elle ignore l’abîme qui doit l’engloutir. Ainsi sont les hommes qui ne méditent point l’Avènement du souverain Juge, ceux dont Moïse a dit dans le Cantique : Race sans conseil et sans prudence ; si du moins ils avaient la sagesse et l’intelligence pour prévoir la fin des choses ! Le Fils de Dieu vient présentement dans les langes de la faiblesse, dans l’humilité du serviteur, et, pour parler avec les Prophètes, comme la rosée qui tombe goutte à goutte et sans bruit ; mais il n’en sera pas toujours ainsi. Cette terre, qui supporte nos péchés et notre insensibilité, s’écroulera aussi en présence du Juge terrible. A quoi nous rattacherons-nous, si nous n’avons aimé qu’elle ? « Une mort subite arrivée sous vos yeux, dit saint Jean Chrysostome, une secousse de tremblement de terre, la seule menace d’une calamité imprévue vous consterne et vous abat : que sera-ce alors que la terre tout entière manquera sous vos pieds ; que vous verrez le bouleversement de la nature ; que vous entendrez le son de la trompette fatale ; que le souverain Maître de l’univers se montrera à vos regards dans la plénitude de sa Majesté ? Vous avez vu des malheureux traînés au supplice : combien de morts n’ont-ils pas eu à subir avant d’arriver au lieu de l’exécution ! Anéantis par l’épouvante, plusieurs n’ont plus à livrer au bourreau qu’un cadavre. » O terreur de ce dernier moment ! Comment ose-t-on t’affronter, quand, pour t’éviter, il suffit d’ouvrir aujourd’hui son âme à Celui qui vient doux et désarmé, demandant un asile à nos cœurs, et promettant, s’ils veulent le recevoir, de les sauver de la colère à venir ! O Jésus ! nous ne sommes pas de force à lutter contre vous au dernier jour ; maintenant vous êtes notre frère, notre ami, un petit Enfant qui va naître pour nous ; nous voulons donc faire alliance avec vous ; et quand nous vous aurons aimé dans votre premier Avènement, nous ne vous craindrons plus dans le dernier. Puissions-nous alors entendre retentir à notre oreille cette parole que vos Anges diront aux justes : Tout est bien !
HYMNE DE l’AVENT. (Bréviaire Romain, à l’Office de Matines.) [13]
Verbe souverain qui sortez du sein éternel du Père, et qui, par une naissance temporelle, venez au secours de l’univers,
Illuminez aujourd’hui nos cœurs, embrasez-les de votre amour ; qu’ils se détachent des choses qui passent, et deviennent sensibles aux célestes jouissances :
Afin qu’au jour où le Juge, du haut de son tribunal condamnera les coupables aux flammes, et, d’une voix amie, conviera les justes au ciel,
Nous ne soyons pas du nombre de ceux qui, voués à des feux éternels, seront lancés dans un noir tourbillon ; mais que, favorisés de la vue de Dieu, nous soyons admis à goûter les délices du Paradis.
Au Père, au Fils, et à vous, Esprit-Saint, soient à jamais dans tous les siècles, gloire et honneur, comme il fut toujours.
Amen.
PRIÈRE DU MISSEL MOZARABE.
(En la Messe du. IVᵉ Dimanche de l’Avent, Illation.)
C’est une chose digne et juste, et vraiment avantageuse pour nous, de faire retentir sans relâche vos louanges, ô Père tout-puissant ! vous qui nous avant créés dans un état de sainteté et de noblesse, daignâtes, par une miséricorde insigne, après que nous eûmes été séduits par la fraude de l’ancien serpent, nous arracher à la mort. Vous annonçâtes longtemps d’avance que votre Fils, que vous deviez nous envoyer dans la chair, viendrait sur cette terre et naîtrait d’une Vierge ; et vous chargeâtes vos Saints de proclamer d’une voix éclatante l’Avènement de ce Messie, afin que le monde, préparé par une longue attente, conçût une plus grande joie au jour ou, la plénitude des temps étant accomplie, le Sauveur lui serait enfin donné. Donc, nous vous prions et supplions que, de même que, dans votre clémence et miséricorde, vous n’avez pas voulu souffrir que votre créature pérît entièrement, mais l’avez rappelée à la vie par l’humble Avènement de votre Fils notre Seigneur ; de même, aujourd’hui, vous daigniez protéger, conserver, guérir, défendre et délivrer ce qu’une première fois vous avez retrouvé, réparé, rappelé à la vie ; afin qu’en ce terrible Avènement où il doit reparaître pour juger ceux par lesquels et pour lesquels il a été jugé lui-même, il retrouve ceux qu’il a rachetés en tel état de fidélité, qu’il puisse les posséder éternellement, lui qui les a acquis au prix de son sang.
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Le Bhx Schuster, ne commentant que le Liber Sacramentorum, s’en tient au Missel, on trouvera le commentaire de la messe de la Férie au 1ᵉʳ Dimanche ici.
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
Chants de l’Avent. — L’Église attend avec d’ardents désir le Rédempteur.
« Notre Roi va venir, le Christ,
Celui que Jean annonça : l’Agneau va venir
Devant Lui, les rois fermeront leur bouche,
Les gentils l’adoreront » (Répons).
« Dans les temps passés depuis longtemps, Ezéchiel donna sa prophétie :
Je vis une porte fermée.
Et voici que le Dieu éternel passa par cette porte pour le salut du monde
Et elle fut de nouveau fermée. »
Le Prophète fait ici allusion à la Vierge
Qui après son enfantement resta Vierge.
« C’est là la porte que tu as vue,
Le Seigneur seul doit passer par cette porte » (Répons).
Au lever du soleil, l’Église chante : « De Sion vient la doctrine, de Jérusalem la « Parole du Seigneur ».
Au coucher du soleil, nous entendons la parole du Précurseur : « Après moi vient un plus fort que moi et je ne suis pas digne de délier les courroies de sa chaussure » !
Le bréviaire pendant l’Avent. — Il n’est pas un temps dans l’année dont l’office au bréviaire puisse se comparer avec celui de l’Avent. Nulle part on ne trouve tant de poésie, de sentiment, de variété. Nous sommes sous le charme d’une vision lyrique. Voici quel est le sens et la manière du bréviaire de l’Avent : une attente faite de contemplation joyeuse et de sentiment profond, un respect sincère pour le Roi qui va venir, un grand zèle à préparer dignement sa réception, un tendre désir de son retour, un jour, dans la gloire.
Les Matines sont la prière dramatique du jour, elles expriment, de la manière la plus parfaite, les sentiments qu’éprouve l’Église pendant l’Avent. L’Invitatoire nous donne la pensée principale du temps : nous allons au-devant du Roi qui va venir. Les hymnes chantent son triple avènement. L’Avent est le temps le plus poétique, le plus lyrique de l’année ; c’est pourquoi tout l’office contient des antiennes propres. Mais ce qu’il y a de plus beau, ce sont les répons qui sont d’une abondance et d’une richesse incomparables. Il faut ajouter à ces éléments la belle unité des leçons.
Le Prophète Isaïe nous conduit, à travers les longues nuits des quatre semaines de l’Avent, jusqu’à Noël. Le héraut du désert du Jourdain, lui aussi, fait entendre sans cesse les avertissements de sa voix austère. Ce qui donne a la poésie de l’Avent son charme et son complément c’est le tendre culte de Marie. On entend à travers tout l’Avent comme un doux Ave Maria, dont l’antienne de magnificat du premier dimanche donne les premiers accents : « Ne crains pas, Marie... »
Les antiennes de Vêpres, de Laudes, et des Petites Heures, nous annoncent, par avance, le doux bonheur de Noël et comptent parmi les plus beaux passages de tout le livre. Il est temps aujourd’hui d’examiner de plus près l’Ordinaire de l’Avent (c’est-à-dire les textes qui ne changent pas). C’est dans ces textes que s’exprime de la manière la plus claire l’esprit de l’Avent.
A tierce :
« Voici venir le temps, dit le Seigneur, où je susciterai à David un rejeton juste ; il règnera comme Roi et sera sage ; il exercera le droit et la justice sur la terre » (Jér. XXIII, 5).
Viens nous racheter, Seigneur Dieu des armées,
Montre-nous ton visage et nous serons sauvés.
A sexte :
« En ces jours, Juda sera racheté et Israël habitera dans la confiance ; et voici le nom dont on l’appellera (le Sauveur) : notre Seigneur juste (Jér. XXIII, 6).
Fais-nous voir, Seigneur, ta miséricorde et donne-nous ton salut ;
Souviens-toi de nous, Seigneur, dans ta bienveillance pour ton peuple,
Visite-nous dans ton salut.
A none :
« Son temps est tout près de venir et ses jours ne seront pas éloignés, le Seigneur aura pitié de Juda et Israël sera sauvé » (Is. XIV, 1).
Sur toi, Jérusalem, le Seigneur se lèvera comme le soleil
Et sa gloire apparaîtra en toi.
Viens, Seigneur, ne tarde pas,
Remets à ton peuple ses méfaits.
Messe de la Férie pour la 1ʳᵉ semaine de l’Avent
Præfatio communis. · Préface commune.
In aliquibus diœcesibus et in Gallis, præfatio de Adventu. · Dans quelques diocèses et en France, Préface de l’Avent.
Office du jour
Office
Leçons des Matines
Du Prophète Isaïe. Cap. 3, 1-11.
Première leçon. Car voici que le dominateur, Seigneur des armées, enlèvera de Jérusalem le robuste et le fort, tout soutien de pain, et tout soutien d’eau ; [1] le fort et l’homme de guerre, le juge et le prophète, le devin et le vieillard ; le chef de cinquante [2] et le vénérable de visage, et le conseiller, et l’habile d’entre les architectes, et celui qui a l’intelligence du langage mystique. [3] Et je leur donnerai des enfants pour princes, et des efféminés les domineront.
R/. Le Christ notre Roi viendra. * Lui que Jean a prédit être l’Agneau qui doit venir. V/. * Devant lui, des rois fermeront leur bouche ; [4] c’est lui à qui les nations adresseront leurs prières. [5]
Deuxième leçon. Et le peuple se précipitera, l’homme sur l’homme, l’ami sur l’ami, et chacun sur son prochain ; l’enfant se soulèvera contre le vieillard, et le plébéien contre le noble. L’homme prendra son frère, né dans la maison de son père, disant : Tu as un vêtement, [6] sois notre prince ; et que cette ruine soit sous ta main. Il répondra en ce jour-là, disant : Je ne suis pas médecin, et dans ma maison il n’y a ni pain, ni vêtement ; ne m’établissez pas prince du peuple. [7]
R/. Longtemps avant le fait, Ézéchiel prophétisa [8] : J’ai vu une porte close : voici que Celui qui est Dieu avant les siècles s’avançait hors d’elle, pour le salut du monde : * Et elle était de nouveau fermée ; désignant la Vierge, parce qu’elle demeura vierge après l’enfantement. V/. La porte que vous avez vue, le Seigneur seul passera par elle. * Et elle était.
Troisième leçon. Car Jérusalem s’est écroulée, et Judas est renversé ; parce que leurs langues et leurs inventions sont contre le Seigneur afin d’irriter les yeux de sa majesté. La vue de leur visage leur a répondu, [9] et comme Sodome ils ont publié leur péché et ne l’ont pas caché : malheur à leur âme, parce que les maux qu’ils avaient faits leur ont été rendus. Dites au juste qu’il est heureux, parce qu’il goûtera les fruits de ses inventions. Malheur à l’impie livré au mal ; car il recevra le salaire des œuvres de ses mains.
R/. Voilà que des jours viennent, dit le Seigneur, et je susciterai à David un germe juste ; un Roi régnera, il sera sage, et il rendra le jugement et la justice sur la terre : [10] * Et voici le nom dont ils l’appelleront. * Le Seigneur notre juste. V/. En ces jours-là, Judas sera sauvé, et Israël habitera en assurance. * Et voici. Gloire au Père. * Le Seigneur.
A LAUDES.
Capitule. Is. 2, 3. Venez et montons à la montagne du Seigneur et à la maison du Dieu de Jacob, et il nous enseignera ses voies, et nous marcherons dans ses sentiers, parce que de Sion sortira la loi, et la parole du Seigneur, de Jérusalem.
Ant. au Bénédictus De Sion * sortira la loi, et la parole du Seigneur de Jérusalem. [11]
AUX VÊPRES.
Capitule. Gen. 49, 10. Le sceptre ne sera pas ôté de Juda, ni le prince de sa postérité, jusqu’à ce que vienne celui qui doit être envoyé, et lui-même sera l’attente des nations. Ant. au Magnificat Il vient * après moi un plus puissant que moi ; et je ne suis pas digne de délier les cordons de sa chaussure. [12]