Vendredi de la 2ᵉ semaine de l’Avent
Commentaires
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
| Regem ventúrum Dóminum, veníte, adorémus. | Le Roi qui doit venir, le Seigneur, venez, adorons-le. |
Ainsi était désolée la terre au jour où le Messie la vint délivrer et sauver. Les vérités étaient si fort diminuées chez les enfants des hommes, que le genre humain penchait à sa ruine. La connaissance du vrai Dieu allait s’obscurcissant de plus en plus ; l’idolâtrie embrassait toute la création dans les objets de son culte adultère ; une morale hideuse était la conséquence d’une si grossière religion ; l’homme était sans cesse armé contre l’homme ; et l’ordre social n’avait d’autres garanties que l’esclavage et l’extermination. Au milieu de tant de peuples, on avait peine à trouver quelques hommes qui cherchassent Dieu ; ils étaient rares sur la terre, comme les olives oubliées sur l’arbre après la récolte, comme les grappes que le vendangeur néglige sur le cep ; tels furent, dans le Judaïsme, ces vrais Israélites que le Sauveur prit pour disciples, et tels, dans la Gentilité, les Mages qui vinrent d’Orient demander le Roi nouveau-né, et plus tard Corneille le Centurion que l’Ange du Seigneur envoya vers saint Pierre. Mais avec quelle fidélité et quelle joie ils reconnurent le Dieu incarné ! Quels cris d’allégresse ils firent éclater, quand ils connurent qu’ils avaient été réservés pour voir de leurs yeux le Sauveur promis ! Or, tout ceci se renouvellera à l’approche des jours où le Messie devra reparaître. La terre sera désolée de nouveau, la race humaine sera dans l’abaissement. Les hommes corrompront encore leurs voies, et avec une malice d’autant plus grande, que le Verbe dévie aura lui à leurs yeux. Cependant, une grande tristesse, une impuissance de vivre saisira les nations ; elles se sentiront vieillir avec la terre qui les porte ; et il ne leur viendra pas en pensée que les destinées du monde touchent à leur fin. Il y aura de grands scandales : les Etoiles du ciel, c’est-à-dire plusieurs de ceux qui étaient Docteurs en Israël, feront défaut, et leur lumière se changera en ténèbres. Il y aura des jours d’épreuve, et la foi diminuera ; en sorte qu’au moment où le Fils de l’homme paraîtra, il aura peine à en trouver encore sur la terre. Gardez-nous, Seigneur, de voir ces jours de tentation, ou fortifiez dans nos cœurs la docilité envers votre sainte Église, qui sera le seul fanal de vos fidèles au milieu d’une si éclatante défection. Donnez-nous, ô Sauveur ! d’être du nombre de ces olives choisies, de ces grappes de prédilection par lesquelles vous compléterez l’heureuse récolte qui doit remplir vos celliers durant l’éternité. Gardez en nous le dépôt de la foi que vous y avez placé ; que le contact des nouveautés ne l’altère point ; que notre œil soit toujours fixé vers cet Orient que nous indique la sainte Église, et où vous paraîtrez tout d’un coup avec gloire. A l’aspect de votre triomphe, nous pousserons des cris d’allégresse, et bientôt, semblables à des aigles qui se rassemblent autour d’une proie, nous volerons au-devant de vous à travers les airs, comme parle votre Apôtre ; et nous serons toujours avec vous [13]. C’est alors qu’on entendra retentir la gloire du Juste jusqu’aux extrémités de cette terre qu’il vous plaira de conserver, jusqu’à ce que les arrêts de votre miséricorde et ceux de votre justice aient reçu leur pleine exécution. O Jésus ! sauvez l’œuvre de vos mains, et soyez-nous propice en ce grand jour.
HYMNE DE L’AVENT.
(Bréviaire Mozarabe, en la IIᵉ Semaine de l’Avent.)
Fils unique du Père, vous descendez à nous par la Vierge, pour nous bénir de la rosée baptismale, et nous régénérer tous par la foi.
Parti des hauteurs du ciel, un Dieu a pris la forme d’un homme, pour retourner ensuite, vainqueur de la mort, en nous laissant les joies d’une vie nouvelle.
C’est pourquoi nous vous prions, ô Rédempteur ! Descendez dans votre miséricorde, et répandez en nos cœurs les clartés de la lumière déifiante.
Gloire soit à Dieu le Père, à son Fils unique, et à l’Esprit consolateur, dans les siècles éternels.
Amen.
PRIÈRE DU MISSEL GALLICAN.
(In Adventu Domini, Collecta.)
Dieu tout-puissant, daignez faire que nos âmes soient enflammées de votre Esprit , suivant le désir qu’elles en ont ; afin que, rassasiés du don céleste, nous puissions, comme des lampes brillantes, luire en présence de Jésus-Christ votre Fils , qui va bientôt paraître.
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Le Bhx Schuster, ne commentant que le Liber Sacramentorum, s’en tient au Missel, on trouvera le commentaire de la messe de la Férie au 2ᵈ Dimanche ici.
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
[Note sur les commentaires de Dom Pius Parsch]
Le serviteur de Dieu
Lecture de l’Avent. — Le Prophète nous montre maintenant le Messie comme Rédempteur, comme « serviteur de Dieu » (une des plus belles prophéties) (XLII, 1-17).
« Voici mon serviteur que j’ai choisi,
Mon élu en qui mon âme se complaît.
Je mets mon esprit sur Lui
Afin qu’il apporte le salut aux nations.
Il ne criera point en élevant la voix,
Il ne fera pas acception de personne
Et ne se fera pas entendre dans les rues.
Il ne brisera pas le roseau froissé
Et n’éteindra pas la mèche qui fume encore.
Avec fidélité, il annoncera la justice, Il ne sera pas triste ni violent.
Il établira la justice sur la terre
Et les îles seront dans l’attente de sa loi. »
Puis le Père céleste parle lui-même à son Fils :
« Moi, le Seigneur, je t’ai appelé dans la justice,
Je te prends par la main et je te protège.
Je fais de toi le Sauveur du peuple
Et la lumière des nations, pour ouvrir les yeux des aveugles
Et délivrer les prisonniers de la prison,
Du cachot, ceux qui sont assis dans les ténèbres. »
Nous les rachetés, nous chantons un cantique de reconnaissance en l’honneur de son avènement :
« Chantez au Seigneur un cantique nouveau,
Un cantique à sa gloire, des extrémités de la terre,
Que la mer mugisse et tout ce qui la remplit,
Les îles et leurs habitants.
Que le désert se réjouisse et tous ceux qui le parcourent,
Que les habitants des rochers tressaillent,
Qu’ils exultent du sommet des montagnes. Qu’on rende gloire à Dieu
Et qu’on annonce sa louange dans les nations. »
Chants de l’Avent. — Les chants de l’Église prennent un accent de joie.
« Voici que va venir le Seigneur, notre protecteur, le Saint d’Israël,
Il a sur sa tête la couronne du royaume,
Il dominera de la mer jusqu’à la mer, du fleuve jusqu’à l’extrémité de la terre ».
« Comme une mère console ses enfants, ainsi je veux vous consoler, dit le Seigneur.
Et de Jérusalem vous viendra du secours, de la ville que j’ai choisie ;
Vous verrez et votre cœur se réjouira, A Sion j’apporterai le salut
Et ma gloire à Jérusalem » (Répons).
Les antiennes du lever et du coucher du soleil sont pleines de l’attente de l’Avenir : « Dites aux pusillanimes : ayez courage, voici que le Seigneur notre Dieu va venir » (Ant. Ben.). « Chantez au Seigneur un cantique nouveau, que sa louange retentisse depuis les extrémités de la terre » (Ant.. Magn.).
Præfatio communis. · Préface commune.
In aliquibus diœcesibus et in Gallis, præfatio de Adventu. · Dans quelques diocèses et en France, Préface de l’Avent.
Office du jour
Office
Leçons des Matines
Du Prophète Isaïe. Cap. 24, 1-16.
Première leçon. Voici que le Seigneur dévastera la terre [1], et il la mettra à nu et il affligera sa face, et il dispersera ses habitants. Et, comme sera le peuple, ainsi sera le prêtre ; et, comme l’esclave, ainsi son maître ; comme la servante, ainsi sa maîtresse ; comme l’achetant, ainsi celui qui vend ; comme le prêteur, ainsi celui qui emprunte ; comme celui qui redemande, ainsi celui qui doit. Par la dévastation, sera dévastée la terre, et par le pillage, elle sera pillée ; car le Seigneur a prononcé cette parole.
R/. Voici que viendra le Seigneur, notre protecteur le Saint d’Israël. [2] * Ayant sur sa tête la couronne royale. V/. Et il dominera depuis une mer jusqu’à une autre mer, et depuis le fleuve [3] jusqu’aux limites de la terre. [4] * Ayant.
Deuxième leçon. La terre a pleuré, et elle s’est dissoute, et elle s’est affaiblie ; l’univers s’est dissout et la hauteur du peuple de la terre a été abaissée. Et la terre a été infectée par ses habitants, parce qu’ils ont transgressé les lois, changé le droit, rompu l’alliance éternelle. A cause de cela, la malédiction dévorera la terre, et ses habitants pécheront ; et à cause de cela, ceux qui la cultivent deviendront insensés, et peu d’hommes seront laissés [5].
R/. Comme une mère console ses enfants, ainsi je vous consolerai, dit le Seigneur ; et de Jérusalem, la ville que j’ai choisie, viendra pour vous le secours : [6] * Et vous verrez, et votre cœur se réjouira. V/. J’établirai dans Sion le salut, et dans Jérusalem, ma gloire. [7] * Et.
Troisième leçon. La vendange a pleuré, la vigne a langui, tous ceux qui se réjouissaient de cœur ont gémi. La joie des tambours a cessé, le bruit de ceux qui se livraient à l’allégresse s’est calmé, le doux son de la harpe est devenu muet. On ne boira pas de vin au milieu des chants ; amère sera toute liqueur pour ceux qui la boiront. Elle a été brisée, la cité de vanité ; toute maison a été fermée, personne n’y entrant. Il y aura une clameur sur les places publiques, au sujet du vin [8]. Toute allégresse a été abandonnée ; la joie de la terre a été transférée. Il n’est resté dans la ville qu’une solitude, et la calamité pèsera sur les portes. Car ce qui restera au milieu de la terre, au milieu des peuples, sera comme quelques olives qu’on abat de l’olivier quand elles y sont demeurées, et comme des grappes de raisin lorsque la vendange est finie. Ceux-ci élèveront leur voix, et entonneront des louanges ; lorsque le Seigneur aura été glorifié, ils feront entendre des cris de la mer. A cause de -cela, glorifiez le Seigneur par de [bonnes] doctrines ; [glorifiez] le nom du Seigneur, Dieu d’Israël. Des extrémités de la terre nous avons entendu des louanges, la gloire du juste.
R/. Jérusalem, tu planteras une vigne sur tes montagnes : tu tressailliras de joie, parce que le jour du Seigneur viendra ; lève-toi, Sion, retourne au Seigneur ton Dieu ; Jacob, réjouis-toi, et sois dans l’allégresse. [9] * Parce que ton Sauveur viendra du milieu des Nations. V/. Tressaille d’une joie parfaite, fille de Sion ; jubile, fille de Jérusalem. [10] * Parce que. Gloire au Père. * Parce que.
A LAUDES.
Capitule. Is. 2, 3. Venez et montons à la montagne du Seigneur et à la maison du Dieu de Jacob, et il nous enseignera ses voies, et nous marcherons dans ses sentiers, parce que de Sion sortira la loi, et la parole du Seigneur, de Jérusalem.
Ant. au Bénédictus Dites : Pusillanimes, * prenez courage : voici que notre Dieu viendra. [11]
AUX VÊPRES.
Capitule. Gen. 49, 10. Le sceptre ne sera pas ôté de Juda, ni le prince de sa postérité, jusqu’à ce que vienne celui qui doit être envoyé, et lui-même sera l’attente des nations.
Ant. au Magnificat Chantez au Seigneur * un cantique nouveau, et sa louange des extrémités de la terre. [12]