Samedi de la 2ᵉ semaine de l’Avent
Commentaires
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
Dom Guéranger, l’Année Liturgique
| Regem ventúrum Dóminum, veníte, adorémus. | Le Roi qui doit venir, le Seigneur, venez, adorons-le. |
Encore un peu de temps, et le triomphateur de la mort va paraître, et nous dirons, dans la joie de notre cœur : C’est là notre Dieu ; nous l’avons attendu, et il nous sauvera ; nous avons supporté ses délais, et nous nous réjouirons maintenant dans le Salut qu’il vient opérer. Préparons donc la voie du Seigneur, pour le recevoir dignement ; et dans cette œuvre de préparation, aidons-nous du secours de Marie. Ce jour du samedi lui est consacre ; elle nous y accordera d’autant plus volontiers sa faveur. Considérons-la pleine de grâce, portant en elle celui que nous désirons aussi porter en nous. Si nous lui demandons par quel moyen elle a pu se rendre digne d’une si haute distinction, elle nous dira qu’en elle a été simplement accomplie la Prophétie que l’Église redit plusieurs fois au temps de l’Avent : Toute vallée sera remplie. L’humble Marie a été la vallée bénie du Seigneur ; vallée fraîche et fertile, en laquelle Dieu a semé le divin froment, Jésus notre Sauveur : car il est écrit dans le Psaume que les vallées seront abondantes en froment [5]. O Marie ! c’est par votre humilité que vous avez attiré les regards de votre Créateur. Si, du haut du ciel où il habite, il eût aperçu une vierge plus humble dans son amour, il l’eût choisie de préférence à vous : mais vous avez ravi son cœur,ô divine vallée toujours verdoyante et émaillée de la fleur des vertus ! Que ferons-nous, pécheurs, collines altières ? Il nous faut nous abaisser, par amour et par reconnaissance, devant le Dieu qui s’abaisse lui-même. Marie, obtenez-nous cette grâce. Faites que nous disions désormais à toutes les volontés du Seigneur notre Dieu ce que vous avez dit vous-même : Nous sommes les serviteurs du Seigneur ; qu’il nous soit fait selon son bon plaisir.
PROSE EN L’HONNEUR DE LA SAINTE VIERGE.
(Tirée du Missel de Cluny de 1523.)
Gabriel, envoyé des cieux, fidèle messager de la parole, converse en un saint langage avec la Vierge bienheureuse.
Sa parole bonne et suave se répand en la sainte demeure : et le nom d’Eva, se changeant sur ses lèvres, devient Ave, Salut !
Donc, selon le pacte nouveau, voici que le Verbe se fait chair ; mais toujours demeure intact le sein pudique de la Vierge.
Celle qui enfante n’a point vu le père ; et sans que l’homme l’ait ternie, sans souffrance et sans labeur, elle met au jour un fils.
Écoute : c’est un signe nouveau ; crois seulement, et c’est assez ; il n’est pas de notre faiblesse de percer un si profond mystère.
C’est un signe grand et sublime ; c’est le prodige du buisson enflammé ; que nul indigne n’en approche sans déposer sa chaussure.
C’est la verge stérile, qui, sans rosée, d’une façon nouvelle et inouïe, a produit le fruit avec la fleur. Ainsi enfanta la Vierge.
Béni est un fruit si doux ; fruit de joie et non de deuil ; non, Adam ne sera pas séduit, s’il ose le porter à sa bouche.
Notre Jésus, le bon Jésus, pieux fardeau d’une Mère si tendre, Jésus, qui dans le ciel a son trône, va naître dans une étable.
C’est pour nous qu’il prendra naissance ; qu il daigne effacer nos péchés ; car notre pèlerinage s’écoule parmi les périls.
Amen.
PRIÈRE DU BRÉVIAIRE MOZARABE.
(Au Vendredi de la troisième Semaine de l’Avent.)
Qui pourra, ô Fils de Dieu, scruter vos voies ? Dire les sentiers par lesquels vous êtes entré dans la Vierge de laquelle vous devez naître, et ceux par lesquels vous remonterez au ciel ? Mais parce que vous seul connaissez toutes choses, vous dont le Nom demeure au-dessus des bornes de l’univers : donnez-nous de toujours concevoir et dire à votre sujet des choses exemptes d’erreur ; afin que vous qui descendez des sommets de votre force, pour secourir ce qu’il y a de plus humble, vous nous rendiez dignes de vos bienfaits. Amen.
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum
Le Bhx Schuster, ne commentant que le Liber Sacramentorum, s’en tient au Missel, on trouvera le commentaire de la messe de la Férie au 2ᵈ Dimanche ici.
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique
[Note sur les commentaires de Dom Pius Parsch]
Cieux répandez votre rosée
Lecture de l’Avent. — Le Prophète voit de nouveau le Messie que son Père céleste fait Roi (Is. XLV, 1-8) :
« Le Seigneur parla ainsi à mon oint (Cyrus)
Dont je prends la main droite
Pour lui soumettre les nations,
Pour mettre les rois en fuite,
Pour ouvrir devant lui toutes les portes,
Afin qu’aucune ne soit fermée devant lui :
Je marche devant toi et j’abaisse les grands de la terre,
Je ferai sauter les portes d’airain
Et je briserai les verrous de fer.
Je te livre les richesses secrètes
Et les trésors cachés.
Tu dois savoir que je suis le Seigneur
Qui te nomme par ton nom, moi le Dieu d’Israël,
Pour l’amour de Jacob mon serviteur et de mon peuple élu d’Israël,
Je t’ai appelé par ton nom
Et je t’ai donné un nom important
Avant que tu me connusses.
Je suis le Seigneur et il n’yen a pas d’autre
Et en dehors de moi il n’y a pas de Dieu.
Je t’ai ceint quand tu ne me connaissais pas.
Et l’on doit savoir, de l’Orient
Et de l’Occident, qu’il n’y a personne en dehors de moi.
Je suis le Seigneur et personne autre
N’a créé la lumière et les ténèbres,
C’est moi qui apporte la paix et crée le malheur :
Je suis le Seigneur qui ai tout fait cela.
Cieux répandez votre rosée et que les nuées fassent pleuvoir le Juste.
Que la terre s’ouvre et fasse germer le Sauveur
Et qu’elle produise en même temps la justice.
Moi le Seigneur, je produis cela. »
Nous entendons ici l’appel de l’Avent (le Rorate) à sa place première.
Chants de l’Avent. — Nous chantons à l’office de nuit un répons mystérieux :
« Le Seigneur sortira de Samarie
Vers la porte qui regarde vers l’Orient
Et il viendra vers Bethléem en marchant sur les flots de la Rédemption de Juda
Et alors tout homme trouvera le salut, Car voici qu’il vient
Et son trône sera fondé sur la miséricorde,
Et il siégera sur ce trône dans la vérité » (Répons).
Avec impatience, nous attendons le Seigneur,
« Hâte-toi, Ô Seigneur, ne tarde pas, Délivre ton peuple,
Viens, Ô Seigneur, ne tarde pas davantage,
Remets les iniquités de ton peuple » (Répons).
Puis nous le voyons faire son entrée dans la gloire.
« Voici que le Seigneur vient, il descend dans la splendeur, accompagné de son armée,
Il visite son peuple dans la paix Et lui accorde la vie éternelle.
Voici que notre Seigneur va venir dans sa puissance » (Répons).
Au lever du soleil, nous avons la vision de l’Église, de tous les peuples : « Le Seigneur élèvera un signe de victoire parmi tous les peuples et rassemblera les enfants dispersés d’Israël. » Les Vêpres du samedi sont déjà les premières Vêpres du dimanche suivant.
Præfatio communis. · Préface commune.
In aliquibus diœcesibus et in Gallis, præfatio de Adventu. · Dans quelques diocèses et en France, Préface de l’Avent.
Office du jour
Office
Leçons des Matines
Du Prophète Isaïe. Cap. 24, 1-12.
Première leçon. Seigneur, vous êtes mon Dieu, je vous exalterai et je louerai votre nom, parce que vous avez fait des merveilles, [que vous avez] fidèlement accompli [vos] desseins anciens. Amen. Vous avez réduit une cité en un monceau de pierres, une ville puissante en une ruine, vous avez fait que la demeure des étrangers ne soit pas une cité, et qu’elle ne soit jamais rebâtie. C’est pour cela qu’un peuple puissant vous louera, qu’une cité de nations redoutables vous craindra. Parce que vous êtes devenu une force pour le pauvre, une force pour l’indigent dans sa tribulation, un espoir contre la tempête, un ombrage contre la grande chaleur [1].
Deuxième leçon. Car l’esprit des violents est de même qu’un tourbillon, qui fond sur une muraille. Comme une grande chaleur dans la soif, vous humilierez l’insolence tumultueuse des étrangers ; et, comme par la chaleur brûlante [du soleil] sous un nuage, vous ferez sécher la race des puissants. Et le Seigneur des armées fera à tous les peuples, sur cette montagne, un festin de [viandes] grasses, un festin de vin, de viandes moelleuses, d’un vin pur de toute lie [2]. Il jettera sur cette montagne la chaîne même qui liait tous les peuples, et la toile qu’il avait ourdie pour envelopper tout es les nations.
Troisième leçon. Il précipitera la mort pour jamais ; et il enlèvera, le Seigneur Dieu, les larmes de toute face, et il enlèvera l’opprobre de son peuple de la terre entière ; parce que le Seigneur a parlé. Et [son peuple] dira en ce jour-là : Voici, c’est notre Dieu, celui-ci ; nous l’avons attendu et il nous sauvera ; c’est le Seigneur, nous l’avons attendu patiemment, nous exulterons et nous nous réjouirons dans son salut [3]. Parce que la main du Seigneur se reposera sur cette montagne, et Moab sera brisé sous lui, comme sont brisées des pailles par un chariot [4]. Et il étendra ses mains sous lui, comme les étend celui qui nage pour nager ; et il humiliera sa gloire, en brisant ses mains. Les remparts de ses hautes montagnes s’écrouleront, et ils seront abattus, et renversés par terre jusque dans la poussière.
A LAUDES.
Capitule. Is. 2, 3. Venez et montons à la montagne du Seigneur et à la maison du Dieu de Jacob, et il nous enseignera ses voies, et nous marcherons dans ses sentiers, parce que de Sion sortira la loi, et la parole du Seigneur, de Jérusalem.
Ant. au Bénédictus Le Seigneur élèvera son étendard * parmi les nations, et il réunira les fugitifs d’Israël.