L’Immaculée Vierge Marie de la Médaille Miraculeuse
27 novembre
Textes de la Messe au propre de Paris
Office du jour
Office au propre de Paris
Leçons des Matines avant 1960
Au premier nocturne.
De l’Apocalypse de saint Jean Apôtre. Cap. 12, 1-18.
Première leçon. Un grand signe parut dans le ciel : une femme revêtue du soleil, la lune sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête. Elle était enceinte, et elle criait, dans le travail et les douleurs de l’enfantement. Un autre signe parut encore dans le ciel : tout à coup on vit un grand dragon rouge ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes, sept diadèmes ; de sa queue, il entraînait le tiers des étoiles du ciel, et il les jeta sur la terre. Puis le dragon se dressa devant la femme qui allait enfanter afin de dévorer son enfant, dès qu’elle l’aurait mis au monde. Or, elle donna le jour à un enfant mâle, qui doit gouverner toutes les nations avec un sceptre de fer ; et son enfant fût enlevé auprès de Dieu et auprès de son trône, et la femme s’enfuit au désert, où Dieu lui avait préparé une retraite, afin qu’elle y fût nourrie pendant mille deux cent soixante jours.
Deuxième leçon. Et il y eut un combat dans le ciel Michel et ses anges combattaient contre le dragon ; et le dragon et ses anges combattaient ; mais ils ne purent vaincre, et leur place même ne se trouva plus dans le ciel. Et il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, celui qui est appelé le diable et Satan, le séducteur de toute la terre, il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui. Et j’entendis dans le ciel une voix forte qui lui disait : « Maintenant le salut, la puissance et l’empire sont à notre Dieu, et l’autorité à son Christ ; car il a été précipité, l’accusateur de nos frères, celui qui les accuse jour et nuit devant notre Dieu. Eux aussi l’ont vaincu par le sang de l’Agneau et par la parole à laquelle ils ont rendu témoignage, et ils ont méprisé leur vie jusqu’à mourir. C’est pourquoi, réjouissez-vous, cieux, et vous qui y demeurez ! Malheur à la terre et à la mer ! car le diable est descendu vers vous, avec une grande fureur, sachant qu’il ne lui reste que peu de temps. »
Troisième leçon. Quand le dragon se vit précipité sur la terre, il poursuivit la femme qui avait mis au monde l’enfant mâle. Et les deux ailes du grand aigle furent données à la femme pour s’envoler au désert, en sa retraite, où elle est nourrie un temps, des temps et la moitié d’un temps, hors de la présence du serpent. Alors le serpent lança de sa gueule, après la femme, de l’eau comme un fleuve, afin de la faire entraîner par le fleuve. Mais la terre vint au secours de la femme ; elle ouvrit son sein et engloutit le fleuve que le dragon avait jeté de sa gueule. Et le dragon fût rempli de fureur contre la femme, et il alla faire la guerre au reste de ses enfants, à ceux qui observent les commandements de Dieu et qui gardent le commandement de Jésus. Et il s’arrêta sur le sable de la mer.
Au deuxième nocturne.
Quatrième leçon. En l’an du Christ mil huit cent trente, selon des témoignages dignes de fois, la sainte Mère de Dieu apparut à une religieuse appelée Catherine Labouré, de la Société des Filles de la Charité de saint Vincent de Paul, et lui ordonna de faire frapper une médaille en l’honneur de son Immaculée Conception. Les indications sur la médaille furent données par une vision portant, sur l’avers, l’image de la Mère de Dieu. Elle y écrase de son pied virginal la tête du serpent, et étend les mains ouvertes sur le globe terrestre placé sous ses pieds et l’éclaire de rayons ; sur le pourtour de la médaille était inscrite cette prière : O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. Sur le revers devait figurer le saint nom de Marie, dominée par le signe de la croix, ajoutés en dessous les deux Cœurs, l’un couronné d’épines, l’autre percé d’un glaive. La jeune fille obéit aux ordres de la sainte Vierge et des événements apportèrent la preuve des faits divinement connus. A peine la nouvelle médaille fut-elle diffusée dans le peule qu’aussitôt les fidèles commencèrent à la vénérer à l’envi et à la porter, comme un acte de dévotion rendu à la sainte Mère de Dieu, en France d’abord, et bientôt, avec l’approbation des évêques, dans le monde entier. La vénération et la confiance augmentant, de nombreux miracles se produisirent sous le regard de la Vierge, comme des guérisons corporelles et l’arrachement des âmes de la boue des vices.
Cinquième leçon. Parmi ces faits dignes de mémoire, il faut rappeler d’abord ce qui advint à Alphonse Ratisbonne à Rome le treize des calendes de février (20 janvier) 1842, selon le témoignage légitime de l’autorité ecclésiastique. Né à Strasbourg dans une famille juive, Alphonse fit halte à Rome au cours d’un voyage en Orient. Là, il se lia d’amitié avec un homme de la noblesse, revenu de l’hérésie au catholicisme et qui, pris de pitié pour le jeune homme, s’efforça de toute son énergie de l’amener à la vraie religion du Christ. Il n’obtint aucun résultat par ses paroles ; il n’obtint qu’une chose : que le juif porte au cou la médaille miraculeuse. Entre temps, on adressait des prières à la Vierge Immaculée. La Vierge ainsi priée ne fit pas attendre longtemps son secours. En effet, alors qu’il était entré par hasard dans l’église S.-André delle Fratte vers midi, Alphonse trouva soudain le sanctuaire dans l’obscurité, à l’exception de la seule chapelle S.-Michel, d’où brillait une lumière très vive. Alors que, saisi par la peur, il détourna les yeux, voici que la bienheureuse Vierge Marie lui apparut avec un visage d’une grande douceur, et vêtue comme sur la Médaille miraculeuse.
Sixième leçon. Devant la céleste vision Alphonse changea subitement. Submergé alors de larmes, il se mit à haïr le manque de foi des juifs et confessa la vérité de la religion catholique, que peu de temps auparavant il détestait, et l’embrassa de tout son être, alors. Instruit sur les vérités chrétiennes, il reçut quelques jours après le saint baptême, à la joie commune de la Ville. Afin donc que soit rappelée la mémoire de la si douce puissance et générosité que la Mère de Dieu déploie par la Médaille miraculeuse, le pape Léon XIII accorda un Office et une Messe de la Manifestation de la même bienheureuse Vierge.
Au troisième nocturne.
Lecture du saint Évangile selon saint Jean. Cap. 2, 1-11.
En ce temps-là, il se fit des noces à Cana en Galilée, et la Mère de Jésus y était.. Et le reste.
Homélie de St Bernard, Abbé
Septième leçon. « Ils n’ont plus de vin ». Toute bonne et miséricordieuse, elle eut compassion de leur embarras. De la source de la bonté, que pouvait-il sortir d’autre que la bonté ? Oui, quoi d’étonnant à ce que des entrailles de bonté produisent de la bonté ? Qui a tenu un fruit dans sa main durant une demi-journée, n’en gardera-t-il pas le parfum le reste du jour ? Comme la Bonté doit donc avoir imprégné de sa force ces entrailles où elle a reposé durant neuf mois ! D’ailleurs elle avait aussi rempli son esprit avant de remplir ses entrailles et, en sortant de son sein, elle ne s’est pas retirée de son âme. La réponse du Seigneur pourrait peut-être paraître bien dure et bien rude. Mais il savait à qui il parlait et elle, elle n’ignorait pas qui lui parlait ainsi. Enfin, pour que tu saches comment elle accueillit cette réponse, et quelle confiance elle plaçait d’avance dans la bienveillance de son Fils, elle dit aux serviteurs : « Tout ce qu’il vous commandera, faites-le ». Huitième leçon. « Femme, qu’y a-t-il entre toi et moi ? » Ce qu’il y a entre toi et elle, Seigneur ? Mais n’est-ce pas ce qu’il y a entre un fils et sa mère ? Tu demandes ce que tu as à voir avec elle, alors que tu es « le fruit béni de son sein » [5] immaculé ? N’est-ce pas elle qui t’a conçu sans honte, et intacte t’a enfanté ? N’est-ce pas elle dont tu as habité les entrailles pendant neuf mois, « elle dont tu as sucé les mamelles virginales » [6] ? N’est-ce pas « avec elle que, déjà âgé de douze ans, tu es redescendu de Jérusalem, et tu lui étais soumis » [7] ? « Pourquoi donc, Seigneur, la peiner » [8] maintenant en lui demandant : « Qu’y a-t-il entre toi et moi ? » « Il y a beaucoup, et à tous égards ! » [9] Mais je m’aperçois maintenant clairement que ce n’est pas par irritation, ni comme si tu voulais choquer la discrète pudeur de la Vierge, que tu lui as dit : « Qu’y a-t-il entre toi et moi ? » En effet, lorsque les serviteurs viennent te trouver sur l’ordre de ta mère, c’est sans la moindre hésitation que tu accomplis ce qu’elle avait suggéré.
Neuvième leçon. De quoi l’humaine faiblesse pourrait-elle s’alarmer en abordant Marie ? En elle, rien d’austère, rien de terrifiant ; elle est toute suavité, offrant à tous du lait et de la laine. Relis attentivement le texte complet de l’histoire évangélique et si par hasard tu devais rencontrer en Marie quelque acrimonie, quelque dureté, quelque trace enfin de la plus légère indignation, alors, oui, méfie-toi, redoute de l’approcher. Que si, comme il est certain, tu ne trouves en tout ce qui la concerne que plénitude de charme et de tendresse, que comble de mansuétude et de miséricorde, alors dis merci à Celui dont la pitié infiniment douce t’a ménagé une médiatrice telle que rien ne légitime envers elle la moindre défiance. En un mot, elle s’est faite toute à tous, et, dans sa charité débordante, elle s’est rendue l’obligée des sages comme des insensés. A tous elle ouvre des bras miséricordieux, afin que, sans exception, tous reçoivent de sa plénitude : le prisonnier le rachat, le malade la guérison, l’affligé la consolation, le coupable le pardon, le juste la grâce, l’ange la joie ; toute la Trinité enfin, la gloire, et la personne du Fils la substance d’une chair humaine ; nul ainsi « ne se dérobe à sa chaleur » [10].
Textes de la Messe au supplément du Missel Pro aliquibus locis
¶ In missis votivis post Septuagesimam, ommissis Allelúia et versu sequenti, dicitur · ¶ Aux messes votives après la Septuagésime, on omet l’Alléluia et son verset et on dit
Tempore paschali omittitur graduale, et eius loco dicitur : · Pendant le temps pascal, on omet le graduel et à sa place on dit :