Les pratiques que la dévotion à l’Enfant-Jésus a fait naître au fil des siècles.

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Présentation :
Ce chapelet a été composé par la vénérable sœur Marguerite Marie du Saint Sacrement. Révélé à la vénérable marguerite du saint sacrement, carmélite déchaussée (morte à l’âge de 29 ans au carmel de beaune le 26 mai 1648). Il l’exhorta à le faire connaître aux fidèles, promettant d’accorder des grâces spéciales à ceux qui le réciteraient avec l’intention d’honorer les mystères de la Divine Enfance. Ce chapelet est composé de trois Pater pour honorer la sainte famille et de douze Ave Maria pour honorer les douze premières années de la vie du Christ. Cette couronne peut être récitée tout particulièrement durant l’Avent, les fêtes de Noël et le 25ème jour de chaque mois pour honorer la naissance du fils de Dieu. Selon les paroles mêmes de la sœur, « ce jour est précieux par les grandes grâces que le divin Enfant daigne répandre ». « qu’on porte et récite le petit chapelet de l’enfant jésus comme un mémorial de la grandeur et de l’innocence de jésus dans la crèche et comme un lien qui nous unit à lui ». Sœur Marguerite du saint sacrement. Une indulgence de 300 jours est accordée pour tous ceux qui récitent le chapelet et une indulgence plénière le 25 du mois pour tous les fidèles confessés et communiés qui assistent à la messe et prient aux intentions ordinaires (Pape Pie VII, le 23 novembre 1819).Approuvé par SS Pie IX
Formule de bénédiction :
« éloignez, seigneur, de ceux qui portent et récitent cette couronne en l’honneur des 12 années de l’enfance de Jésus, les démons qui sèment le mal, chassez les ennemis tant de l’âme que du corps, gardez-les de tout danger, protégez-les toujours et faites qu’ils arrivent sûrement à la vie éternelle ». On le récite dans l’ordre suivant : 1 - On baise la médaille en disant : « saint enfant jésus, bénissez-nous » 2 - Trois fois : Notre Père… » 3 - Douze fois « je vous salue marie » 4 - Une fois « gloire au Père » On fait précéder chaque Pater et chaque Ave de ces paroles : « et le verbe s’est fair chair, et il a habité parmi nous ». On récite les trois notre père en l’honneur des trois personnes de la sainte famille. Les douze « je vous salue Marie » en mémoire des années de l’enfance du seigneur.1er Mystère « l’Annonciation»
O très doux Enfant-Jésus qui, pour notre salut éternel êtes descendu des splendeurs du Père et qui, conçu de l’Esprit Saint n’avez point dédaigné le sein d’une Vierge ; Verbe fait chair, né de Dieu, qui avez pris la forme d’un esclave, ayez pitié de nous. R/ Ayez pitié de nous, Jésus Enfant, ayez pitié de nous Je vous salue Marie…2ème mystère « la Visitation »
O très doux enfant jésus qui, par l’intermédiaire de la vierge votre mère, avez visité Elisabeth pour sanctifier dès le sein de sa mère, votre précurseur Jean Baptiste et le remplir du Saint esprit, ayez pitié de nous. R/ Ayez pitié de nous Enfant-Jésus, ayez pitié de nous Je vous salue Marie …3ème Mystère « la naissance »
O très doux enfant jésus qui, enfermé neuf mois dans les entrailles de la vierge marie avez été si vivement désiré par elle et par saint joseph, et vous êtes offert à Dieu pour le salut du monde, ayez pitié de nous. R/ Ayez pitié de nous, Enfant-Jésus, ayez pitié de nous Je vous salue Marie…4ème Mystère « L’adoration des bergers »
O très doux enfant jésus né à Bethléem de la vierge marie, enveloppé de langes, couché dans une crèche, annoncé par les Anges et visité par les pasteurs, ayez pitié de nous. R/ Ayez pitié de nous, enfant jésus, ayez pitié de nous Je vous salue Marie…5ème Mystère « l’adoration des Mages »
O très doux enfant jésus qui avez été révélé aux rois mages par l’étoile qui leur servit de guide, et qui avez reçu sur le sein de votre Mère leurs adorations et leurs présents mystérieux : l’or, l’encens et la myrrhe, ayez pitié de nous. R/ Ayez pitié de nous, enfant jésus, ayez pitié de nous Je vous salue Marie…6ème Mystère « la circoncision »
O très doux Enfant-Jésus qui avez été circoncis au bout de huit jours et appelé du glorieux nom de Jésus, et qui par votre nom aussi bien que par votre sang avez été proclamé sauveur du monde, ayez pitié de nous. R/ Ayez pitié, enfant jésus, ayez pitié de nous Je vous salue Marie…7ème Mystère « la présentation »
O très doux Enfant-Jésus présenté au temple par la bienheureuse vierge votre mère avec saint joseph, embrassé par le saint vieillard Siméon et révélé à israël par Anne la prophétesse, ayez pitié de nous. R/ Ayez pitié de nous, enfant jésus, ayez pitié de nous Je vous salue Marie…8ème Mystère « la fuite en Egypte »
O très doux enfant jésus recherché par l’impie Hérode qui voulait vous mettre à mort, transporté par saint joseph avec votre mère en Egypte, soustrait à un cruel massacre et glorifié par le saint des saints innocents, ayez pitié de nous. R/ Ayez pitié de nous, enfant jésus, ayez pitié de nous Je vous salue Marie...9ème Mystère « le séjour en Egypte »
O très doux enfant jésus qui êtes demeuré en Egypte avec Marie votre sainte Mère et le Patriarche saint Joseph jusqu’à la mort d’Hérode, ayez pitié de nous. R/ Ayez pitié de nous, enfant jésus, ayez pitié de nous Je vous salue Marie…10ème Mystère « le retour d’Egypte »
O très doux Enfant-Jésus qui, revenant d’Egypte dans la terre d’Israël avez souffert toutes les fatigues d’un pénible voyage avant de vous retirer enfin dans la ville de Nazareth, ayez pitié de nous Ayez pitié de nous, enfant jésus, ayez pitié de nous Je vous salue marie…11ème Mystère « La vie cachée à Nazareth »
O très doux enfant jésus qui avez demeuré dans la sainte maison de Nazareth, humblement soumis à vos parents et qui, au sein de la pauvreté et des travaux, croissiez en âge, en sagesse et en grâces, ayez pitié de nous. R/ Ayez pitié de nous, enfant jésus, ayez pitié de nous Je vous salue Marie…12ème Mystère « Jésus au milieu des docteurs »
O très doux Enfant-Jésus conduit à l’âge de douze ans à Jérusalem, cherché par vos parents avec tant de douleurs, et retrouvé trois jours plus tard avec une grande joie au milieu des docteurs, ayez pitié de nous. R/ Ayez pitié de nous, Enfant-Jésus, ayez pitié de nous Je vous salue Marie… V/Et le Verbe s’est fait chair R/ Et il a habité parmi nous. PRIONS Dieu tout puissant et éternel, Seigneur du Ciel et de la terre, qui vous révélez aux petits enfants, accordez nous, nous vous en prions, qu’en célébrant avec dignité le souvenir des très saints Mystères de votre Fils, l’Enfant-Jésus, et en les imitant, nous puissions parvenir au Royaume des Cieux promis aux petits enfants par le même Jésus Christ Notre Seigneur.post-les-douze-lundis-de-lenfant-jesus.html
I - Père éternel, je vous offre pour votre honneur, pour votre gloire, pour mon salut et pour celui de tout le monde, le mystère de la naissance de notre divin Rédempteur. Gloire au Père …
II - Père éternel, je vous offre pour votre honneur, pour votre gloire, et pur mon saut éternel les souffrances de la Très sainte Vierge Marie et de Saint Joseph dans le long et pénible voyage de Nazareth à Bethléem, et l’angoisse de leur cœur de ne pas trouver où se mettre à couvert, alors qu’était sur le point de naître le Sauveur du monde. Gloire au Père…
III - Père éternel, je vous offre pour votre honneur, pour votre gloire et pour mon salut éternel, la crèche où naquit Jésus, la paille qui lui servit de lit, le froid qu’il souffrit, les langes qui l’enveloppèrent, les larmes qu’il versa. Gloire au Père…
IV - Père éternel, je vous offre pour votre honneur, pour votre gloire et pour mon salut éternel, la douleur que ressentit l’Enfant-Jésus lors de la circoncision en offrant le sang précieux qu’il répandit alors une première fois pour le salut de tout le genre humain. Gloire au Père…
V - Père éternel, je vous offre pour votre honneur, pour votre gloire et pour mon salut éternel, l’humilité, la patience, la mortification, la charité, toutes les vertus de l’Enfant-Jésus et je vous remercie, je vous aime et je vous bénis infiniment pour cet ineffable mystère de l’incarnation du Verbe. Gloire au Père…
V/ Le Verbe s’est fait chair R/ Et il a habité parmi nous. Prions : O Dieu, dont le fils unique a paru en ce monde dans la substance de notre chair, faites, nous vous en supplions que l’ayant reconnu extérieurement semblable à nous nous méritions d’être réformés par Lui, qui vit et règne avec vous dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. Tout spécialement le 25 de chaque mois, préparé par une neuvaine à l’Enfant-Jésus, essayer de communier, et passer cette journée dans la prière.post-huile-benite-du-saint-enfant-jesus-de-prague.html
Explication :
Selon le catéchisme de l’Eglise catholique, la tradition biblique et la pratique sacramentelle de l’Eglise reconnaissent dans l’onction par « le fruit des olives », un signe exprimant l’action guérissante de Dieu. Suivant cette tradition, le sanctuaire de l’Enfant-Jésus de Prague à Arenzano (Italie) bénie le 25 de chaque mois de l’huile qu’elle propose aux fidèles, huile prise dans la lampe qui brûle en permanence devant le trône de l’Enfant-Jésus dans le sanctuaire. Pour l’onction, il suffit d’une petite quantité d’huile à appliquer en forme de croix sur le front ou une autre partie du corps en récitant un Notre Père et le petit chapelet de l’Enfant-Jésus.Prière :
Seigneur Jésus, médecin divin (Marc 2,17), beaucoup de malades ont recours à toi « de qui sortait une force qui guérissait tout le monde » (Luc 6,19). Avec foi sincère moi aussi j’invoque ton aide dans ma souffrance et comme le lépreux rétabli en santé, je t’implore : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me guérir » (Matthieu 8, 2). Bon samaritain, verse encore sur mes blessures l’huile de ta consolation et aide-moi à faire, de même que toi, la volonté du Père, en rendant grâce pour toute chose, toujours, quoi qu’il arrive. Petit Roi tout-puissant, pour l’amour que tu portes aux faibles et aux souffrants, par l’intercession de tous les croyants, par cette huile avec laquelle je me signe animé d’un grand esprit de foi et d’un humble abandon confiant, fortifie-moi, guéris-moi, exauce-moi, afin que je puisse manifester à tout le monde ta miséricorde sans bornes. Amen.post-soeur-marie-marthe-et-jesus-enfant.html
Soeur Marie-Marthe et Jésus-Enfant
Il serait difficile d’exprimer l’ardent et naïf amour de Sœur Marie-Marthe pour son cher petit Jésus, comme de reproduire, aussi bien qu’on le voudrait, le délicieux commerce de leur intimité. Jésus-Enfant se rendait visible pour elle chaque matin à la Sainte Communion ; mais cela ne pouvait suffire à leur mutuel attachement… Jésus se plaisait en la compagnie habituelle de cette âme dans laquelle, comme en un cristal limpide, pouvaient se refléter la pureté et la simplicité de sa Divine Enfance. Sous l’écorce rustique de notre chère Sœur, il y avait, en effet, quelque chose de si pur, de si frais, de si candide ! « Sa confiance est simple et tout enfantine”, écrit la Supérieure de Sœur Marie-Marthe. “Elle va à Notre-Seigneur comme un tout petit enfant au meilleur des Pères.” C’est avec un charme réel et beaucoup d’intérêt que l’on découvre ce nouveau trait caractéristique de sa physionomie morale. A s’en tenir à l’aspect principalement mis en relief jusqu’ici, on n’aurait de l’âme de notre Sœur qu’une connaissance fort incomplète : un peu austère dans sa ‘mission’ de prière et de réparation, l’élue de Jésus Crucifié est, par ailleurs, un touchant exemple d’exquise intimité avec Dieu, la Très Sainte Vierge, les Saints… et tout spécialement avec Jésus-Enfant. Sœur Marie-Marthe partage la vie humiliée, souffrante, pénitente, rédemptrice de Jésus-Crucifié. Mais aussi, en la société de Jésus-Enfant, elle mène une vie d’enfance, simple, joyeuse, dilatée. Ces rapports, commencés dès le bas-âge, devinrent, dans le Cloître, d’une familiarité ravissante: pour les choses matérielles comme pour les choses de l’âme. Que de fois, à bout de forces, ou limitée par le temps, implora-t-elle le secours de son petit Jésus ! Un jour qu’elle était souffrante et encore à jeun vers une heure de l’après-midi, Sœur Marie-Marthe délibérait en elle-même si elle devait chercher une auxiliaire pour son ouvrage, très en retard : “Bon Maître, vous voyez où j’en suis, que faut-il faire ?…” Aussitôt, un radieux enfant de six ou sept ans se présente à elle : “Si tu le veux, Je viendrai à ton aide !… – Oh ! oui, bon Maître, je compte sur Vous !… – Je suis ami de la paix, reprend l’Enfant-Dieu, et ennemi du trouble… Je veux que tu te tiennes auprès de Moi.” Avec Jésus, et sous son divin regard, tout est bientôt achevé : table desservie, vaisselle, balayage du Chœur et du Réfectoire, préparation du goûter des élèves… A deux heures, notre Sœur était libre pour la lecture. Jésus demeura près de son épouse jusqu’à trois heures, où Il disparut, la laissant dans une joie céleste. A cinq heures, l’heureuse Privilégiée, entrant au Chœur pour l’Oraison, retrouva son cher petit Jésus. Parfois, avec une bénignité incroyable, Jésus-Enfant offrait Lui-même ses services : “Commande-Moi, et Je ferai ce que tu voudras. – Eh bien ! mon bon Maître, aidez-moi à faire mon Réfectoire …” Et Sœur Marie-Marthe voyait l’Enfant divin devant elle, faisant le nettoyage et préparant les tables… “Je veux que tu continues à tout faire pour Moi”, lui disait-Il. “Ne demande personne pour t’aider dans ton emploi, alors Je me ferai Moi-même ton aide.” Et Celui qui a pour serviteurs les Anges se mettait à l’évier !” “Le temps passe alors avec la rapidité de l’éclair, tandis que le cœur de la trop favorisée Converse s’embrase d’amour pour son ‘divin petit Aide, si beau… si aimable…’. Ce coin de la maison devient un Ciel : les Anges sont là, visiblement aussi, pour faire la cour à leur Maître, et notre Sœur trouve que la vaisselle est trop tôt achevée.” “Toujours naïve, elle croit que, si quelque Sœur venait à ce moment, elle verrait l’Enfant-Jésus lavant les assiettes et elle, les rinçant… alors, elle ferme bien la porte, afin que personne ne se doute de ce qui se passe en ce lieu béni.” (Manuscrit.) De fait, les Sœurs Converses étaient fort étonnées et ne pouvaient comprendre comment Sœur Marie-Marthe arrivait à se tirer seule d’affaire dans un emploi si chargé… On sait maintenant où elle cherchait du secours ! On sait aussi que se tenaient là d’amicales conversations. Jésus disait : “Nous faisons la Sainte Enfance, nous deux… les deux petits enfants ensemble… – O bon petit Jésus ! que je vous aime !…”, répondait-elle… Et Jésus semblait heureux : “Quand tu Me parleras ainsi, lors même que tu ne Me verras pas, Je serai encore plus content, parce que Je t’écoute toujours.” En se retirant, Il lui demandait avec tendresse : “Mon épouse, n’es-tu pas contente de Moi ?… Est-ce que Je ne t’aide pas bien ?…” Non moins gracieuses les scènes qui se déroulaient dans l’enclos du Monastère. C’était pour notre Sœur un moment délicieux que celui de la récolte des fruits. Elle s’entretenait continuellement et tout haut avec le Bien-Aimé de son âme. Avant d’aller au jardin, elle disait avec simplicité : “Mon petit Jésus, venez avec moi travailler, puisque je ne puis pas rester au Chœur avec Vous…” Parfois, de grand matin, ‘son cher petit Jésus’ l’avertissait Lui-même : “Il est l’heure, hâte-toi !…” Elle se hâtait, portant au jardin deux immenses corbeilles. Jésus l’avait accompagnée… Elle le voyait, ramassant les fruits avec elle ! A eux deux, la besogne est bientôt faite et les paniers pleins de belles prunes !… Mais, qu’ils sont lourds !… Sœur Marie-Marthe ne peut les soulever : “Bon Maître, je ne puis pas porter ces gros paniers toute seule… mais si Vous m’aidez, cela ira bien.” Son divin petit Aide ne la laisse pas dans l’embarras et tous deux reviennent au Monastère, partageant le fardeau. Si nous passons aux choses de l’âme, même familiarité. Certaines Retraites annuelles furent spécialement ensoleillées par la compagnie de Jésus-Enfant. “Pour faire ton examen, disait, en 1878, le céleste Directeur, il faut considérer ce qui, dans la conduite, n’a pas été conforme à Moi.” Et l’adorable Enfant, dévoilant et montrant son Cœur, expliqua à son épouse comment “dans ce petit Cœur étaient renfermées toutes les connaissances qu’Il avait, étant plus grand, ses Plaies, sa Passion… et toutes les grâces qu’Il lui avait faites jusqu’ici”. L’heureuse âme voyait avec ravissement le Cœur du doux Emmanuel et “le petit doigt sur le petit Cœur de Jésus”. “Pour croire à toutes ces choses, ajoutait le bon Maître, il faut avoir la simplicité de l’enfant, qui croit tout ce qu’on lui dit sans raisonner avec la sagesse humaine. Un enfant se tient confiant auprès de son père et de sa mère, parce qu’il sait qu’on l’aime bien et qu’on lui pardonne tout !… Je te demande de ne pas perdre le temps de ta Retraite à chercher tes fautes, mais de l’employer à Me considérer.” Et, au dernier jour de la solitude de 1885, où la présence de Jésus s’était faite plus tendre encore : “Si tu ne Me quittes pas, assurait le Divin Enfant, Je ne te quitterai jamais.” C’est à la Sainte Communion surtout que Sœur Marie-Marthe doit aller comme un petit enfant à la table du Père : “Si tu as faim, disait Notre-Seigneur à sa Servante, viens te nourrir ; mais pour cela, il faut que tu sois petit enfant… L’âme-enfant est une âme sans malice, innocente, simple et confiante. Quand l’âme est dans cet état d’enfance, elle peut venir à Moi tout droit: il n’y a aucun obstacle.” “Le cœur de cette heureuse fille ne peut penser qu’à son Jésus”, écrit la Supérieure. “La vue du Divin Enfant, travaillant avec elle et la suivant pas à pas, ne la quitte presque jamais. Elle nous dit avec simplicité : “Ma Mère, je suis aussi près de Lui que je suis près de vous.” (Manuscrit.) Les jours de fête étaient ordinairement marqués, pour notre Sœur, de quelques faveurs spéciales de la part de Jésus-Enfant : “Me voici, disait-Il ; c’est un jour de fête, Je viens te réjouir, mon épouse ! Apprends de ce petit Enfant qu’il faut devenir semblable à Lui, toute petite enfant. Voilà la grâce que Je te fais… Reconnais mes dons… regarde aussi la misère et ne la perds jamais de vue. – Comment voulez-vous que je ne regarde pas ma misère, bon petit Jésus ?” s’écriait l’heureuse Privilégiée. “Mais soyez ma lumière, car je ne puis tenir ma promesse sans Vous !” Fille de Saint François d’Assise et de Saint François de Sales, Sœur Marie-Marthe goûtait, plus qu’aucune autre, peut-être, la fête de Noël, si chère à ses deux Patriarches. L’Enfant-Jésus s’y découvrait à elle avec des charmes toujours nouveaux et une beauté si merveilleuse que les heures s’envolaient sans qu’elle en eût conscience ! Elle se livrait sans contrainte aux joies de cette contemplation, et le matin la retrouvait au Chœur, à genoux, dans la même position que la veille, n’ayant rien entendu ni compris, sinon les tendresses du Divin Nouveau-Né. Une année, elle eut la vision de toute la Cour angélique et des Bienheureux entourant la Crèche : “Ma fille, pour jouir de Moi, il faut que tu sois comme ceux que tu vois là… c’est-à-dire que la terre ne te soit plus rien, mais que ton cœur et ta pensée soient toujours avec Moi.” Une autre nuit de Noël, ce fut la Très Sainte Vierge qui apporta Jésus à l’enfant de ses prédilections : “Ma fille, Je te le donne ; mais il faut être petit enfant comme Lui… Les petits enfants veulent être avec les petits enfants.” Et l’adorable Emmanuel, mettant le comble au bonheur de notre Sœur, murmurait ces ineffables paroles : “Quand Je n’aurais qu’un cœur comme le tien pour y prendre mes délices, alors que tous les autres seraient ingrats, Je ne regretterais pas d’être venu sur la terre…”Sœur Cécile Marie
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Jésus Christ est pleinement Dieu et pleinement homme. Il possède toute les vertus à un degré suréminent. Il est l’homme le plus sage, le plus juste, le plus prudent, le plus chaste, le plus fort qui puisse exister. Parmi toutes les vertus qu’il possède, il y en a deux qu’il a lui-même explicitement recommandée à notre imitation : sa charité et son humilité. « Apprenez de moi, dit-il, car je suis doux et humble de cœur » (Mt. 11,29). L’humilité de Notre Seigneur était grande : « Jésus a tellement pris la dernière place que personne ne pourra jamais lui la ravir » comme l’a dit si bien l’abbé Huvelin, directeur spirituel du Bienheureux Charles de Foucault. Rien de plus vrai, en effet.
Dieu le Verbe est descendu d’une gloire inimaginable, d’une béatitude parfaite, pour vivre parmi nous, pauvres pécheurs. Il a enduré patiemment les injures des hommes et, pire encore, les faiblesses et les trahisons de ses propres disciples. Il a accepté la mort cruelle des mains de ceux qui n’avaient aucun vrai pouvoir sur lui. Et tout cela, il l’a fait afin de nous sauver, afin d’accomplir la volonté de Dieu.
La Sainte Ecriture nous dit que cette humilité de Notre Seigneur, par laquelle il a pris « la forme d’un esclave » et s’est rendu « obéissant jusqu’à la mort de la croix », cette humilité est la cause même de sa gloire. Et maintenant il règne en majesté incomparable à la droite de son Père. Son humilité est la raison pour laquelle maintenant « au nom de Jésus tout genou [fléchit] dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. » (Phil. 2, 7-11).
Cette humilité n’a pas commencé avec son ministère public, mais dès son enfance. Le Dieu de l’univers est devenu un petit enfant. Le roi des rois n’est pas né dans un magnifique palais, mais dans une humble crèche. L’Enfant-Jésus n’a pas vécu entouré de richesses et des signes de sa puissance, mais dans un anonymat modeste dans sa famille de Nazareth. Tout en étant Dieu, il s’est soumis à ses parents terrestres, il a obéi à ses propres créatures ! « Le Tout-Puissant c’est laissé lier » comme l’a dit le Bienheureux Cardinal Newman.
Quel abaissement admirable ! Quel reproche à la sagesse de ce bas monde ! De nos jours, « l’orgueil de vie » est considéré comme une vertu. La poursuite du pouvoir, de l’argent et de la célébrité est tout ce qui compte. Il est triste de constater que, même parmi les chrétiens, l’humilité du roi des rois n’est souvent pas prise comme exemple de vie. Combien de dureté, de jugement téméraire, d’impatience et de présomption ne se trouvent-t-il pas dans nos cœurs ? N’est-il pas vrai que nous nous contentons trop souvent d’apparaître vertueux plutôt que de l’être vraiment ? Ne sommes-nous pas susceptibles et trop facilement découragés ? Ne sommes-nous pas avides d’être loués pour nos bonnes œuvres, qui ne sont en soi que notre simple devoir ? Ne sommes-nous pas jaloux des dons des autres, quand nous devrions plutôt nous réjouir de voir chez eux les bienfaits du Dieu qui opère « tout en tous » (1 Cor. 12,11) ? Ne prions nous pas trop rarement pour les grâces qu’il nous faut, pensant acquérir la sainteté plus par nos propres efforts que par l’action du Saint Esprit ?
Nous oublions si facilement que tout le bien qui est en nous vient de Dieu, et que nous n’avons pas de quoi nous vanter. Nous sommes une génération de suffisants. Nous oublions cette maxime de l’évangile : « Car quiconque s'élève sera abaissé, et quiconque s'abaisse sera élevé » (Luc 14,11).
O doux Enfant-Jésus, qui donnez votre grâce aux humbles et résistez aux superbes (Proverbes 3,34), donnez-moi la grâce de suivre votre exemple. Donnez-moi un cœur doux et humble, semblable au vôtre. Faites que j’apprenne à considérer les autres comme mieux que moi-même, selon votre commandement (Phil. 2,3). Gardez-moi de la présomption et du désespoir des orgueilleux. Je ne veux plus compter sur ma propre force, mais plutôt sur le pouvoir de votre grâce. Ne permettez pas que je sois séparé de vous par mon orgueil. Aidez-moi à accepter votre volonté dans ma vie. Faîtes que, à votre exemple et à celui de votre sainte mère, j’aime mieux servir plutôt que d’être servi. Que le monde pense ce qu’il veut de moi. Je ne veux plaire qu’à vous seul. Faîtes de moi votre bon serviteur, O Enfant Roi. Faîtes de moi un saint, même si vous êtes le seul qui le sait.
Ainsi soit-il.
Un chanoine
